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En punissant l’Inde, Trump endommage l’économie étasunienne

Démarré par JacquesL, 07 Août 2025, 06:55:15 PM

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JacquesL

En punissant l'Inde, Trump endommage l'économie étasunienne

Publié le août 7, 2025 par Wayan



Par Moon of Alabama – Le 6 août 2025

Aujourd'hui, l'envoyé du président Trump, Steve Witkoff, a eu une réunion de trois heures avec le président russe Poutine. Il n'y a pas encore eu d'annonce du résultat de la conférence.

Mais peu de temps après la fin de la réunion, le président Trump a modifié un décret :

CiterFAIRE FACE AUX MENACES PESANT SUR LES ÉTATS-UNIS PAR LE GOUVERNEMENT DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE

CiterJ'ai reçu des informations supplémentaires de divers hauts fonctionnaires sur, entre autres, les actions du gouvernement de la Fédération de Russie concernant la situation en Ukraine. Après avoir examiné ces informations supplémentaires, entre autres, je constate que l'urgence nationale décrite dans le décret exécutif 14066 se poursuit et que les actions et politiques du gouvernement de la Fédération de Russie continuent de constituer une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis.
Pour faire face à l'urgence nationale décrite dans le décret exécutif 14066, je détermine qu'il est nécessaire et approprié d'imposer un droit ad valorem supplémentaire sur les importations d'articles de l'Inde, qui importe directement ou indirectement du pétrole de la Fédération de Russie. À mon avis, l'imposition de taxes douanières, comme décrit ci-dessous, en plus du maintien des autres mesures prises pour faire face à l'urgence nationale décrite dans le décret exécutif 14066, permettra de faire face plus efficacement à l'urgence nationale décrite dans le décret exécutif 14066.

Article 2. Imposition de taxes douanières. (a) Je constate que le gouvernement indien importe actuellement directement ou indirectement du pétrole de la Fédération de Russie.

b) En conséquence, et conformément à la législation applicable, les articles de l'Inde importés sur le territoire douanier des États-Unis seront soumis à un taux de droit ad valorem supplémentaire de 25 pour cent.

Il est difficile d'expliquer comment un droit de douane total de 50% sur les produits en provenance d'Inde est censé contrer les menaces présumées du gouvernement russe contre les États-Unis.

L'augmentation des droits de douane pour l'Inde entrera en vigueur dans 21 jours.

Le président indien Narneda Modi n'a pas encore commenté à ce sujet. Il se rendra cependant en Chine à la fin de ce mois :

CiterSelon le plan, le Premier ministre Modi entreprendra une visite au Japon vers le 29 août et après avoir terminé le voyage, il se rendra dans la ville de Tianjin, dans le nord de la Chine, pour le sommet de l'OCS qui se tiendra du 31 août au 1er septembre.
La visite de Modi en Chine est planifiée dans le cadre des efforts déployés par les deux parties pour rétablir leurs relations bilatérales, qui ont été mises à rude épreuve à la suite des affrontements meurtriers entre les troupes indiennes et chinoises dans la vallée de Galwan en juin 2020.

Le grand plan américain d'attirer l'Inde plus profondément dans la Quadruple alliance pour combattre la Chine est probablement mort. Les dirigeants des deux plus grandes nations du monde, plus la Russie, s'assoiront ensemble et planifieront comment éviter de traiter davantage avec des États-Unis d'Amérique instables.

À l'exception de tout changement, les droits de douane supplémentaires sur l'Inde toucheront le plus les consommateurs américains. La plus grande partie des marchandises en provenance d'Inde vers les États-Unis sont des ingrédients pharmaceutiques actifs (API) utilisés dans les médicaments génériques :

CiterLes États-Unis sont la plus grande destination de l'Inde pour les exportations pharmaceutiques, représentant plus de 31% du total des exportations pharmaceutiques du pays. Jusqu'à 47% de tous les génériques consommés aux États-Unis sont importés d'Inde.

Il est peu probable que les importations en provenance d'Inde s'arrêtent. Mais ce seront les consommateurs américains qui devront payer des prix plus élevés :

CiterLes États-Unis seront toujours dépendants de pays comme l'Inde, car le coût de fabrication de certains médicaments aux États-Unis serait au moins six fois supérieur à celui de la fabrication du même produit en Inde, selon des sources de l'industrie.
Le marché américain, qui dépend fortement de l'Inde pour les API et les génériques à bas prix, aura du mal à trouver des alternatives, selon Namit Joshi, président de Pharmexcil (Pharmaceuticals Export Promotion Council of India). "Les efforts pour déplacer la fabrication pharmaceutique et la production d'API vers d'autres pays ou aux États-Unis prendront au moins 3 à 5 ans pour établir une capacité significative", a-t-il été cité dans les médias.

L'augmentation des prix des médicaments contribuera à une inflation déjà tenace aux États-Unis, alors même que le président tente d'intimider les producteurs pharmaceutiques pour qu'ils réduisent leurs prix.

Il y a d'autres endroits de l'économie où les politiques de Trump se heurtent à elles-mêmes.

Wired rapporte que le nombre de plates-formes de forage pour l'exploration gazière et pétrolière continue de diminuer alors même que Trump promet bruyamment de « drill, baby drill » :

CiterIl existe un indicateur clé des niveaux de forage que l'industrie surveille de près depuis plus de 80 ans : un recensement hebdomadaire des plates-formes pétrolières et gazières actives publié par Baker Hughes. Lorsque Trump est entré en fonction le 20 janvier, le nombre de plates-formes américaines était de 580. La semaine dernière, le chiffre le plus récent, il était tombé à 542, juste au-dessus d'un creux de quatre ans atteint plus tôt dans le mois.
...

L'enquête trimestrielle de la Federal Reserve Bank of Dallas auprès de plus de 130 producteurs de pétrole et de gaz basés au Texas, en Louisiane et au Nouveau-Mexique, menée en juin, suggère que les perspectives de l'industrie sont pessimistes. Près de la moitié des 38 entreprises qui ont répondu à cette question ont vu leur entreprise forer moins de puits cette année qu'elles ne l'avaient prévu auparavant.

Les participants au sondage pouvaient également soumettre des commentaires. Un dirigeant d'une société d'exploration et de production (E&P) a déclaré : "Il est difficile d'imaginer comment les politiques et la rhétorique de Washington auraient pu être pires pour les sociétés E&P américaines. » Un autre dirigeant a déclaré « Le chaos du jour de la Libération et les singeries douanières ont nui à l'industrie énergétique nationale. 'Drill, baby, drill' ne se produira pas avec ce niveau de volatilité. »

Environ un répondant au sondage sur trois a attribué les attentes d'une diminution du nombre de puits à des droits de douane plus élevés sur les importations d'acier. Et trois sur quatre ont déclaré que les taxes douanières augmentaient le coût du forage et de l'achèvement de nouveaux puits.

"Ils obtiennent plus d'endroits pour forer et ils obtiennent des redevances moins élevées, mais ils obtiennent également ces taxes douanières dont ils ne veulent pas", a déclaré Rapier. « Et l'essentiel, c'est que leurs profits vont en souffrir."

L'inflation aux États-Unis continue d'être tenace et devrait augmenter. Le chômage est en hausse tandis que les services et les activités manufacturières se contractent. Le gouvernement dépense excessivement.

Autant de signes d'une stagflation qui, une fois installée, s'avère difficile à vaincre.


Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/en-punissant-linde-trump-endommage-leconomie-etasunienne

JacquesL

Comment les États-Unis exploitent la crise du fentanyl pour justifier les droits de douane contre l'Inde et attaquer le partenariat Inde-Russie



par Lucas Leiroz

Ces dernières semaines, le président américain Donald Trump a ravivé les tensions commerciales et diplomatiques avec l'Inde en annonçant son intention d'augmenter les droits de douane sur les produits indiens – une décision qui serait liée à la coopération énergétique en cours entre New Delhi et la Russie. Pour justifier cette mesure, les États-Unis ont une fois de plus eu recours à l'un de leurs outils de politique étrangère les plus fréquemment utilisés : la crise du fentanyl.

La question du fentanyl – un opioïde synthétique responsable de centaines de milliers de décès aux États-Unis – est de plus en plus utilisée par Washington comme arme politique pour imposer des sanctions et des droits de douane, et pour faire pression sur d'autres pays sous couvert de lutte contre le trafic de drogue. Il semble désormais que l'Inde soit la prochaine cible de cette campagne.


Les tarifs douaniers comme outils géopolitiques

Malgré les discours, l'invocation soudaine des inquiétudes liées au fentanyl n'est qu'un écran de fumée pour masquer le véritable objectif de Washington : saper les liens stratégiques de plus en plus étroits entre l'Inde et la Russie. Depuis 2022, l'Inde maintient une position ferme et souveraine sur la scène internationale, refusant de se joindre au régime de sanctions occidental contre Moscou. Au contraire, elle a renforcé sa coopération avec la Russie, notamment dans le secteur énergétique. Le pétrole russe continue d'affluer dans les ports indiens, constituant un élément crucial de la stratégie de sécurité énergétique de New Delhi.

C'est cette indépendance et cette résilience croissantes que les États-Unis cherchent à remettre en question. Les récentes menaces de Trump concernant les droits de douane, prétendument liées au «contrôle des drogues» et à la «sécurité nationale», suivent un schéma familier : une rhétorique moraliste masque une coercition économique et géopolitique flagrante.


Un double standard évident

La tentative d'associer l'Inde à la crise du fentanyl révèle un flagrant deux poids, deux mesures. Plutôt que de s'attaquer aux causes structurelles de la dépendance aux opioïdes sur leur territoire – telles que la faiblesse de la réglementation, la corruption pharmaceutique et l'insuffisance des soins de santé -, les États-Unis ont choisi d'externaliser la responsabilité, désignant des nations étrangères comme boucs émissaires, sans tenir compte de l'exactitude des faits.

L'Inde n'est pas connue comme une source majeure de production ou de trafic de fentanyl. Si la Chine et le Mexique sont depuis longtemps cités – à tort ou à raison – comme des maillons clés de la chaîne d'approvisionnement du fentanyl illicite et de ses précurseurs, aucune enquête internationale crédible n'a établi que l'Inde était un contributeur significatif à cette crise. Pourtant, Washington évoque désormais l'hypothèse que certaines exportations de produits chimiques indiens pourraient être détournées et utilisées pour la production de fentanyl – une affirmation présentée sans preuves concrètes, mais néanmoins utilisée pour justifier des mesures commerciales punitives.

Cela reflète une stratégie américaine plus large : créer une panique morale, l'associer à un adversaire étranger ou à un partenaire non coopératif, et utiliser la pression qui en résulte pour faire avancer des objectifs géopolitiques sans rapport.


Un modèle de coercition

Ce que nous observons avec l'Inde n'est pas un incident isolé. Il y a quelques jours à peine, Trump a tenu des propos similaires à propos du Canada (l'un des principaux alliés de Washington), suggérant que l'échec supposé d'Ottawa à freiner le trafic de fentanyl pourrait également justifier des représailles économiques. La logique est de plus en plus évidente : les pays qui refusent de «respecter» les directives de Washington sont qualifiés de «problème de fentanyl» et sanctionnés économiquement.

Il s'agit d'une diplomatie coercitive classique. Tout d'abord, un problème social sensible est identifié. Ensuite, un pays est accusé – avec ou sans preuve – d'être impliqué dans le problème. Enfin, des armes économiques comme des droits de douane ou des sanctions sont déployées. C'est une formule éprouvée, que Washington a déjà utilisée à maintes reprises sous couvert de «sécurité nationale» ou de «protection des vies américaines».


L'Inde tient bon

Heureusement, l'Inde a jusqu'à présent refusé de céder à cette pression. L'administration du Premier ministre Narendra Modi a clairement indiqué que la politique étrangère de l'Inde était guidée par ses propres intérêts nationaux, et non par les attentes de Washington. Le partenariat stratégique du pays avec la Russie – couvrant l'énergie, la défense, les technologies spatiales et au-delà – n'est pas quelque chose que l'Inde est prête à abandonner simplement pour apaiser un paysage politique américain en pleine mutation.

De plus, l'Inde se tourne de plus en plus vers des institutions multipolaires comme les BRICS pour diversifier ses alliances et réduire sa dépendance aux systèmes dominés par l'Occident. En refusant de s'aligner automatiquement sur l'agenda américain, l'Inde affirme sa souveraineté sur les affaires mondiales – une position que Washington, englué dans une logique de guerre froide, a du mal à tolérer.


Un temps d'introspection à Washington

Si les États-Unis souhaitent réellement résoudre la crise du fentanyl, ils doivent commencer par se tourner vers l'intérieur. L'épidémie d'opioïdes est en grande partie le résultat d'échecs nationaux : des décennies de corruption dans l'industrie pharmaceutique, une politique pharmaceutique inefficace, un désespoir socio-économique et un sous-financement des infrastructures de santé. Purdue Pharma et d'autres entreprises ont alimenté les premières vagues d'addiction aux opioïdes avec l'approbation tacite des autorités réglementaires américaines. Il en a résulté une génération de dépendance et de tragédie.

Se retourner maintenant et blâmer l'Inde – un pays dont le lien avec le trafic illicite de fentanyl est peu documenté – est non seulement intellectuellement malhonnête, mais aussi moralement répréhensible. Il s'agit d'une tactique de diversion qui permet d'éviter toute responsabilité tout en cherchant à s'imposer dans des conflits internationaux sans rapport.


Un précédent dangereux

L'utilisation de la politique des drogues comme levier géopolitique crée un dangereux précédent. Au lieu de favoriser la coopération internationale pour répondre à une crise de santé publique commune, l'approche américaine brise la confiance, instrumentalise la diplomatie et compromet la lutte mondiale contre les stupéfiants. En confondant commerce, politique étrangère et contrôle des drogues, Washington démantèle activement les cadres multilatéraux nécessaires pour faire face à la complexité de la dépendance et du trafic d'opioïdes.

Pendant ce temps, l'Inde continue d'agir avec retenue et pragmatisme. Elle a pris des mesures pour réglementer les exportations de produits pharmaceutiques et participer aux efforts internationaux de lutte contre la toxicomanie. Mais elle refuse, à juste titre, d'assumer unilatéralement la responsabilité d'une crise créée et entretenue par des dynamiques internes aux États-Unis.


À la fin...

La tentative des États-Unis d'associer l'Inde à la crise du fentanyl n'est rien d'autre qu'un stratagème géopolitique : une tentative de punir l'Inde pour son refus de rompre ses liens avec la Russie et sa politique étrangère indépendante et multipolaire. Le discours prôné par Trump et d'autres politiciens américains ne vise pas à sauver des vies ; il vise plutôt le contrôle, l'influence et la pression économique.

La réponse ferme de l'Inde envoie un message fort à la communauté internationale : la souveraineté ne peut ni ne doit être sacrifiée sur l'autel de l'exceptionnalisme américain. Alors que le monde continue d'évoluer vers un ordre multipolaire plus équilibré, Washington ferait bien de reconsidérer sa stratégie de coercition et de s'engager dans une diplomatie réelle et honnête, tant à l'étranger qu'à l'intérieur de ses frontières.

Si les États-Unis veulent réellement combattre l'épidémie de fentanyl, ils doivent commencer par s'attaquer au problème interne, et non pas en faisant des autres des boucs émissaires.

source : VT Foreign Policy via La Cause du Peuple


https://reseauinternational.net/comment-les-etats-unis-exploitent-la-crise-du-fentanyl-pour-justifier-les-droits-de-douane-contre-linde-et-attaquer-le-partenariat-inde-russie/