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Le Soudan en flammes : deux ans de guerre qui ont détruit le pays

Démarré par JacquesL, 13 Avril 2025, 06:53:18 PM

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JacquesL

Le Soudan en flammes : deux ans de guerre qui ont détruit le pays



par Viktor Mikhin

Ce mois-ci marque le deuxième anniversaire du début de la guerre civile au Soudan.

Le conflit, qui a éclaté en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), s'est transformé en l'une des plus graves crises humanitaires contemporaines. La guerre n'a pas seulement fait des milliers de victimes, mais elle a aussi détruit l'économie, les infrastructures et le système de santé du pays. Des millions de personnes ont été déplacées, et la menace de la famine plane sur des régions entières. Malgré quelques tentatives de la communauté internationale pour mettre fin aux violences, un cessez-le-feu reste hors de portée. Pourquoi la guerre continue-t-elle ? Quelles en sont les conséquences ? Et y a-t-il un espoir de paix ?

Un pays dévasté : des infrastructures en ruines

Ce qui a commencé comme une lutte pour le pouvoir entre l'armée soudanaise (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) est devenu l'une des pires crises humanitaires de l'histoire récente. La guerre a laissé le Soudan en ruines, détruisant ses infrastructures, son économie et son système de santé, tout en infligeant d'immenses souffrances à la population. Des millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, la famine menace, et les pays voisins peinent à faire face à l'afflux de réfugiés.

La guerre a réduit les infrastructures soudanaises à l'état de ruines, laissant derrière elle un pays à peine fonctionnel. À Khartoum, Omdurman et d'autres grandes villes, les services essentiels comme l'eau, l'électricité et les télécommunications sont gravement perturbés. Les écoles et universités ont été détruites ou transformées en postes militaires improvisés, privant toute une génération d'enfants soudanais d'éducation. Les routes et les ponts ont été bombardés ou bloqués, isolant des communautés entières. Le système bancaire s'est effondré, et de nombreuses entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités à l'étranger.

Sur le plan économique, le Soudan est en chute libre. La destruction des secteurs clés, notamment l'agriculture et l'industrie, a laissé des millions de personnes sans moyens de subsistance. Les agriculteurs ont dû abandonner leurs terres à cause des violences, aggravant encore la pénurie alimentaire. L'inflation a grimpé en flèche, rendant même les produits de première nécessité inaccessibles.

Selon l'ONU, plus de 60% des Soudanais vivent désormais sous le seuil de pauvreté, et aucun plan clair de relance économique n'existe tant que la guerre persiste. L'effondrement de l'économie soudanaise n'est pas seulement un problème national : il menace directement la stabilité régionale, car le désespoir économique engendre souvent violence, criminalité et instabilité.

Un système de santé à l'agonie

Le système de santé soudanais, déjà fragile avant la guerre, est aujourd'hui au bord de l'effondrement. Les hôpitaux et centres médicaux ont été bombardés, pillés ou transformés en bases militaires. Rien qu'à Khartoum, près de la moitié des hôpitaux ont été endommagés, privant des millions de personnes de soins urgents. Les réserves de médicaments s'épuisent, et les médecins doivent opérer sans anesthésie ni stérilisation adéquate. Le manque de traitements a entraîné une hausse des décès évitables, surtout chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.

Des maladies comme le choléra, la malaria et la dengue se propagent rapidement en raison des mauvaises conditions sanitaires et de la destruction des réseaux d'eau potable. La malnutrition fait également des ravages : des millions d'enfants souffrent de la faim. Les organisations humanitaires ont maintes fois averti que, sans intervention immédiate, le Soudan pourrait connaître l'une des pires crises sanitaires du XXIe siècle. Pourtant, l'aide humanitaire peine à atteindre les populations en raison des violences persistantes et des restrictions bureaucratiques imposées par les belligérants.

Une crise humanitaire sans précédent

L'ampleur des souffrances au Soudan est stupéfiante. Plus de 26 millions de personnes ont un besoin urgent d'aide humanitaire, dont au moins 12 millions de déplacés internes. Des familles entières ont dû fuir leurs maisons, souvent avec pour seul bagage les vêtements qu'elles portaient. Beaucoup vivent dans des camps surpeuplés, sans accès à la nourriture, à l'eau potable ou aux soins médicaux. Le Programme alimentaire mondial a alerté : le Soudan est au bord de la famine, et des millions de personnes risquent de mourir de faim dans les mois à venir.

Les réfugiés et la menace régionale

La guerre au Soudan a également provoqué l'une des plus graves crises de réfugiés de ces dernières années. Près d'un million de Soudanais ont fui vers les pays voisins, dont le Tchad, le Soudan du Sud, l'Éthiopie, l'Égypte et la République centrafricaine. Ces États, déjà fragilisés par des difficultés économiques et des instabilités internes, peinent à gérer l'afflux de déplacés. Les camps de réfugiés sont surpeuplés, sous-financés et manquent de l'essentiel : nourriture, eau et soins médicaux.

Au Tchad, la crise des réfugiés exerce une pression énorme sur les ressources locales, créant des tensions. Sans un soutien international massif, cette situation pourrait déstabiliser toute la région, déclenchant de nouveaux conflits et déplacements.

Un conflit sans vainqueurs, seulement des perdants

La guerre au Soudan rappelle une fois de plus les conséquences dévastatrices des conflits civils. Il n'y a pas de vainqueurs – seulement des morts, des destructions et des souffrances. Les Soudanais, qui espéraient autrefois un avenir meilleur, sont désormais pris dans un cycle sans fin de violence et de désespoir. L'histoire montre que les guerres civiles débouchent rarement sur des solutions politiques durables. Elles laissent plutôt des blessures profondes, dont la guérison prendra des générations. Plus la guerre dure, plus il sera difficile de reconstruire le Soudan. La communauté internationale doit comprendre que la prolongation de ce conflit ne mènera qu'à davantage d'instabilité, de morts et de souffrances.

Que faire ? Les chemins vers la paix

La communauté mondiale ne peut rester passive. La première urgence est un cessez-le-feu pour stopper les violences et ouvrir des couloirs humanitaires. Il faut exercer une pression sur les deux parties pour qu'elles entament des négociations, avec un rôle clé joué par les puissances régionales et internationales.

Parallèlement, l'aide humanitaire doit être renforcée financièrement et logistiquement. L'ONU, l'Union africaine et les pays donateurs doivent veiller à ce que les promesses d'aide atteignent réellement les populations. Trop d'engagements n'ont pas été tenus, laissant des millions de personnes sans nourriture, eau ni soins. Plus l'aide tarde, plus les victimes seront nombreuses.
Pour une paix durable, la communauté internationale doit collaborer étroitement avec l'Union africaine et les voisins du Soudan. Avec un soutien adéquat, les initiatives de paix menées par des pays africains pourraient jeter les bases d'une stabilité à long terme. La Déclaration de Djeddah, qui servait auparavant de cadre aux négociations entre factions soudanaises, doit être relancée et élargie. La diplomatie doit primer sur les actions militaires.

L'urgence d'agir

Il est tragique de constater qu'au XXIe siècle, une guerre meurtrière ravage le Soudan, transformant en deux ans un pays autrefois prometteur en un champ de ruines. Des millions de personnes ont été déplacées, des milliers sont mortes, et une nation entière est au bord de l'effondrement. La souffrance du peuple soudanais ne peut plus être ignorée. La communauté internationale doit agir concrètement : obtenir un cessez-le-feu, garantir l'acheminement de l'aide et intensifier les efforts diplomatiques pour mettre fin à ce conflit brutal.

De nombreux experts s'accordent à dire que pour arrêter la guerre, il faut :

• Un cessez-le-feu durable via une médiation internationale (ONU, Union africaine, Ligue arabe).
• Un dialogue direct entre les autorités soudanaises et les FSR, éventuellement avec la société civile.
• Une pression internationale forte, avec des sanctions contre les parties violant les trêves et un embargo sur les livraisons d'armes.
• La lutte contre les ingérences étrangères, en limitant le rôle des mercenaires et en stoppant les soutiens extérieurs (armes, financements).
• L'ouverture de couloirs humanitaires et l'acheminement de vivres et de médicaments, ainsi qu'un soutien accru aux réfugiés (plus de 8 millions de déplacés).
• Un règlement politique inclusif, avec la restauration d'un gouvernement civil (avant la guerre, un conseil de transition était en place) et des négociations impliquant toutes les régions (Darfour, Kordofan du Sud, etc.).

La guerre ne pourra être stoppée que par une combinaison de pression internationale, de négociations et d'une réelle volonté de paix des belligérants. Pour l'instant, ni les FAS ni les FSR ne sont prêts à faire des compromis, mais la catastrophe humanitaire pourrait finir par les forcer à négocier.

source : New Eastern Outlook

https://reseauinternational.net/le-soudan-en-flammes-deux-ans-de-guerre-qui-ont-detruit-le-pays/

JacquesL

Israël, des deux côtés de la guerre civile au Soudan, fait désormais face à l'Iran



par Robert Inlakesh

Les Émirats arabes unis et Israël espéraient remporter des victoires stratégiques au Soudan. Mais Téhéran pourrait avoir déjoué ces ambitions.

Les Émirats arabes unis et Israël espéraient remporter des victoires stratégiques au Soudan, en profitant de la chute de l'ancien dictateur du pays et de la descente vers la guerre civile. Mais des images satellite récemment publiées suggèrent que les liens renouvelés de Téhéran avec les forces armées soudanaises (SAF) du gouvernement central de la République du Soudan pourraient mettre à mal ces ambitions.

Les images satellites, initialement rapportées par la chaîne de télévision d'État russe RT, révèlent un vaste complexe de tunnels souterrains sous le contrôle des SAF, construit avec l'aide du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) d'Iran.

L'installation, dotée de 12 entrées fortifiées, est située sur un terrain montagneux et reflète les bases de missiles iraniennes conçues pour résister aux bombardements aériens.

Cela a accru les inquiétudes à Tel-Aviv et à Abou Dhabi concernant l'influence croissante de l'Iran au Soudan.

Contexte d'une guerre civile

Après la destitution du président soudanais Omar el-Béchir en avril 2019, suite à un coup d'État militaire déclenché par de vastes manifestations populaires, les acteurs régionaux, notamment les Émirats arabes unis et Israël, ont rapidement réagi pour tirer profit d'un pays en pleine mutation politique. [La crise humanitaire que traverse le pays est classée parmi les plus graves au monde.]

Malgré les efforts diplomatiques pour empêcher un conflit ouvert, le Soudan a sombré dans la guerre civile en avril 2023. Les SAF, dirigées par Abdel Fattah al-Burhan, ont affronté les Forces de soutien rapide (RSF) contre-coup d'État, une puissante faction paramilitaire enracinée dans les tristement célèbres milices Janjaweed qui étaient autrefois fidèles à Bashir et ont combattu au nom de son régime.

La RSF est dirigée par le chef de guerre milliardaire Mohamed Hamdan Dagalo, plus connu sous le nom de Hemedti.

Les Émirats arabes unis ont apporté leur soutien à Hemedti et au RSF – malgré leurs crimes de guerre bien documentés – dans le cadre de la campagne plus large d'influence d'Abou Dhabi dans la Corne de l'Afrique.

Le soutien des Émirats arabes unis était si important que la page Facebook officielle d'Hemedti aurait été gérée depuis les Émirats.

Israël, quant à lui, a travaillé en étroite collaboration avec l'administration Trump au cours de son premier mandat pour faire pression sur les nouveaux dirigeants du Soudan afin qu'ils normalisent leurs relations avec Tel-Aviv.

En échange, Washington a proposé de retirer le Soudan de la liste américaine des États soutenant le terrorisme, d'annuler ses dettes et de lever les sanctions.

Tandis que les négociations de normalisation progressaient, Israël renforçait son empreinte politique et ses services de renseignement au Soudan. Hemedti a signé un contrat de 6 millions de dollars avec un cabinet de lobbying canadien fondé par l'ancien agent de renseignement israélien Ari Ben-Menashe. Les RSF, qu'il finance, se sont positionnées comme opposantes aux «islamistes radicaux» et ont également ouvertement plaidé en faveur de la normalisation avec Israël.


Trump s'entretient par téléphone avec le président du Conseil de souveraineté du Soudan,
Abdel Fattah al-Burhan, le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok et le Premier
ministre israélien Benjamin Netanyahou, pour discuter de la reconnaissance d'Israël
par le Soudan, le 23 octobre 2020

[En janvier 2021, les nouveaux dirigeants du Soudan ont rejoint les traîtres arabes : Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc dans la normalisation des relations avec Israël.]

Lorsque la guerre civile a éclaté en 2023, Israël s'est rapidement présenté comme un médiateur potentiel, invoquant ses liens avec les deux camps. Le ministère israélien des Affaires étrangères a très tôt exprimé son soutien au général al-Burhan et aux Forces armées soudanaises. Mais en réalité, le Mossad était réputé favorable aux Forces armées soudanaises d'Hemedti et aurait entretenu des contacts étroits avec lui à Khartoum.

Un rapport d'enquête de Haaretz paru en 2022 affirmait que «une technologie de surveillance de pointe, fabriquée dans l'Union européenne et susceptible de faire pencher la balance au Soudan», avait été livrée par jet privé à la RSF, l'organisation anti-coup d'État. Le logiciel espion Predator proviendrait du consortium Intellexa, dont la société mère, Cytrox, a été fondée par l'ancien agent de renseignement israélien Tal Dilian.

Les motivations d'Israël au Soudan

Selon Israel Hayom, le quotidien le plus lu du pays, le Soudan était considéré comme la porte d'entrée stratégique d'Israël vers l'Afrique – et une solution possible à son dilemme intérieur : expulser d'Israël vers le Soudan quelque 150 000 demandeurs d'asile africains (se disant juifs noirs).

Israël et les Émirats arabes unis occupent également l'île stratégique de Socotra au Yémen, ce qui témoigne d'un programme commun dans la région.

Malgré les liens étroits de Téhéran avec Khartoum dans les années 1990, la République islamique a été progressivement expulsée d'Afrique du Nord-Est, conduisant à une rupture mutuelle des liens en 2016.

Cependant, la guerre civile semble avoir insufflé une nouvelle vie aux relations irano-soudanaises.

En juillet 2024, l'Iran avait officiellement rétabli ses liens avec les SAF – le gouvernement internationalement reconnu – suite aux appels à un soutien militaire urgent du général al-Burhan, dont les forces semblaient perdre la guerre contre les RSF.

En octobre, la SAF avait réussi à renverser la tendance en capturant des routes et des chaînes de montagnes d'importance stratégique.

En septembre 2024, le Centre international de Bruxelles a soutenu dans un rapport que la livraison par l'Iran de drones Mohajer-6 et Ababil pourrait avoir changé le cours de la guerre et pourrait profondément affecter les relations israélo-soudanaises.

Le rapport souligne également que, malgré la normalisation des relations avec Israël, le discours des Forces armées soudanaises (SAF) a pris un tournant nettement anti-israélien depuis le déclenchement de la guerre israélienne contre Gaza. L'engagement croissant de l'Iran, selon le rapport, «pourrait diversifier les partenariats iraniens en matière de sécurité et promouvoir sa «diplomatie des drones»».


Les funérailles du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh à l'Université de Téhéran, le 1er août 2024,
avec Ali Khamenei dirigeant la prière.

Les craintes israéliennes

En décembre, la Fondation conservatrice américaine Jamestown a rapporté que l'Iran visait à établir une base navale au Soudan et a affirmé que ses livraisons de drones aux SAF avaient déjà modifié l'équilibre dans les batailles clés.

En février, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Yusuf, et son homologue iranien, Abbas Araghchi, ont annoncé un accord visant à stimuler les échanges commerciaux, à renforcer la coordination diplomatique et à impliquer l'Iran dans les efforts de reconstruction d'après-guerre. En réaction, les responsables israéliens ont commencé à exprimer leurs inquiétudes aux médias locaux.

La principale crainte d'Israël est que le Soudan redevienne une plaque tournante pour les transferts d'armes du CGRI iranien vers des groupes comme le Hamas et le Hezbollah. Par le passé, le Soudan avait servi de corridor pour les transferts d'armes vers les militants palestiniens.

En décembre 2023 encore, Israël aurait mené une opération de renseignement ratée pour localiser un ancien général soudanais accusé de fournir des armes au Hamas.

Suite à la publication d'images satellite montrant une base souterraine fortifiée, de nouvelles images aériennes ont fait surface suggérant que le Soudan exploite des systèmes radar VHF iraniens «Malta AI Fajr-1» le long de sa côte de la mer Rouge.

Si ces développements se confirment, ils laissent entrevoir un réalignement régional plus large, dans lequel l'Iran, même s'il perd du terrain en Syrie, continue de construire des alliances aux dépens d'Israël.

source : MintPress News via La Cause du Peuple


https://reseauinternational.net/israel-des-deux-cotes-de-la-guerre-civile-au-soudan-fait-desormais-face-a-liran/

JacquesL

Soudan : l'OMS dénonce une «horrible» tuerie de masse dans une maternité à El-Facher



par TRT Français

L'OMS dénonce la mort de plus de 460 patients et accompagnateurs dans la ville soudanaise d'El-Facher prise par les paramilitaires des forces de soutien rapide (FSR).

L'Organisation mondiale de la santé a dénoncé, mercredi, le meurtre de plus de 460 personnes dans une maternité à El-Facher, dernier hôpital partiellement fonctionnel de cette ville soudanaise, prise par les paramilitaires en fin de semaine dernière.

L'OMS «est consternée et profondément choquée par les informations faisant état du meurtre tragique de plus de 460 patients et accompagnateurs à la maternité saoudienne d'El-Facher, au Soudan, à la suite des récentes attaques et de l'enlèvement de travailleurs de la santé», a indiqué son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué.

«Cessez le feu !» a-t-il ajouté.

Selon l'OMS, cette maternité était le seul hôpital encore partiellement opérationnel dans la ville.

Dimanche, elle a été attaquée «pour la quatrième fois en un mois», tuant une infirmière et blessant trois autres professionnels de santé, a déclaré l'organisation.


460 patients et accompagnateurs tués

Mardi, «plus de 460 patients et leurs accompagnateurs ont été abattus dans l'hôpital», a décrit l'OMS, ajoutant que six professionnels de santé avaient également été enlevés.

«Cette tragédie s'inscrit dans le contexte d'une crise qui s'aggrave rapidement à El-Facher, dans le nord du Darfour, où l'escalade de la violence, les conditions de siège et la recrudescence de la faim et des maladies tuent des civils, y compris des enfants, et font s'effondrer un système de santé déjà fragile».

«L'OMS condamne avec la plus grande fermeté ces attaques horribles contre le système de santé et appelle au respect du caractère sacré des soins», a ajouté l'organisation.

lien X

Après la prise d'El-Facher dimanche à ses rivaux, l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) contrôlent désormais l'ensemble du Darfour, vaste région de l'ouest du Soudan couvrant le tiers du pays.

Commandées par le général Mohamed Daglo, les FSR, qui ont installé au Darfour une administration parallèle, contrôlent l'ouest du Soudan et certaines parties du sud, avec leurs alliés. L'armée contrôle le nord, l'est et le centre du pays ravagé par plus de deux ans de guerre.


Risque de partition du Soudan

Les experts craignent à la fois une nouvelle partition du Soudan et un retour des massacres qui avaient, dans les années 2000, ensanglanté le Darfour entre pouvoir et milices.

De son côté, l'OMS pointe la montée de la malnutrition, qui affaiblit le système immunitaire et rend les personnes plus vulnérables aux maladies comme le choléra ou la malaria.

Le choléra se répand particulièrement rapidement en raison du manque d'accès à l'eau potable, selon l'institution. Cette année, 32 personnes sont mortes de cette maladie à El-Facher sur 272 cas rapportés, s'est alarmée l'OMS.

«Toutes les attaques contre les structures de santé doivent cesser immédiatement et sans condition. Tous les patients, le personnel de santé et les établissements de santé doivent être protégés en vertu du droit international humanitaire», a demandé le chef de l'OMS.

Sans compter l'attaque sur la maternité, l'OMS avait recensé depuis le début du conflit, en avril 2023, 185 attaques contre des structures de santé, ayant fait 1204 morts et 416 blessés.

Quarante-neuf de ces attaques ont eu lieu cette année seulement, faisant 966 morts.

source : TRT Français

https://reseauinternational.net/soudan-loms-denonce-une-horrible-tuerie-de-masse-dans-une-maternite-a-el-facher/

JacquesL

Israël trempe dans le génocide au Soudan : liens secrets avec les FSR



Hier un jeune algérien m'a remercié de la position que j'avais prise durant la guerre d'Algérie, je lui ai répondu : c'était pour votre pays mais c'était aussi et surtout pour le mien, la France. Il n'y avait en ce temps-là qu'une seule manière d'être Français dans l'honneur et elle était dans la dénonciation du rôle de ceux qui massacraient en Algérie y compris le ministre de la Justice de l'époque, un certain François Mitterrand, déjà ministre sous Vichy et qui a toujours été anticommuniste et le prouvait en faisant exécuter le communiste Yveton. Aujourd'hui de la même manière, je pense que la seule manière de ne pas déshonorer son appartenance au peuple juif et pouvoir refuser tout antisémitisme est de dénoncer ceux qui accomplissent de tels crimes génocidaires, non pas quoiqu'ils en disent en tant que juifs mais comme le pourri ukrainien pour leurs propres intérêts derrière l'impérialisme des USA face auquel on ne montre en France que trop de complaisance en cédant à une vision moralisatrice et religieuse du bien et du mal qui sert de caution à l'arbitraire des avidités les plus sordides. Ce qui se passe au Soudan dans ce lieu de haute culture et là où est né le parti communiste le plus puissant, le plus «féministe» d'Afrique est insupportable...

Danielle Bleitrach

*

Commentaires du traducteur

Je ne suis pas un spécialiste du complexe et meurtrier conflit au Soudan. Dans sa phase actuelle, il fait peut-être partie d'un des rares conflits de la planète qui se déroule en marge de l'affrontement global en gestation entre l'empire occidental et le monde multipolaire. À moins qu'il ne s'agisse déjà d'un conflit post-hégémonie occidentale entre mini-impérialismes régionaux.

Cet article n'a d'ailleurs pas pour intention de nous donner un cadre d'analyse qui fait cruellement défaut dans le discours médiatique et qu'on pourra plus facilement extraire d'autres sources (https://www.youtube.com/watch?v=vGovqclGsEI ; https://www.youtube.com/watch?v=Nn_6lZ11dzQ)

Publié par le réseau indépendant de journalistes palestiniens Quds News Network, l'article dont je vous propose la traduction corrobore les accusations d'interférence israélienne dans les massacres au Darfour, au Kordofan et autres provinces soudanaise.

Mais l'intérêt primordial de cet article est la précieuse contribution qu'il apporte au discours de tous ceux qui considèrent les actions génocidaires d'Israël en Palestine non pas comme une simple question nationale ou régionale mais comme un tournant historique dans le cadre juridique international mis en place après la seconde guerre mondiale. On voit ici comment l'impunité d'Israël a pour résultat la liquéfaction du droit international et conduit à la quasi-normalisation des pires atrocités – tant qu'elles ne s'attaquent pas de front aux intérêts occidentaux, bien entendu.

On rappellera tout de même, à l'occasion de cet article, l'ironie et le cynisme de la déclaration d'Anthony Blinken le 7 janvier. Quelques jours avant de rendre son portefeuille à Rubio, celui qui avait été la cheville ouvrière du génocide en Palestine accusait de génocide les FSR pour les exactions commises en particulier à El Fasher. Une autre variation sur le thème du deux poids deux mesures.

*

Selon les humanitaires et les soignants, des centaines de personnes ont été massacrées lorsque les FSR (Forces de Soutien Rapide) se sont emparées de la ville d'El Fasher, capitale du Darfour, la province occidentale du Soudan.

Le Réseau des Docteurs Soudanais parle de « véritable génocide », rapportant que les FSR, qui cherchent à arracher le contrôle du pays des mains de l'armée soudanaise, ont tué plus de 1500 personnes en moins de 3 jours, provoquant un exode massif de civils.

Pour le réseau, « ces massacres, regardés par le monde entier, ne sont que le prolongement de ce qui s'est déjà passé à El Fasher il y a plus d'un an et demi. Plus de 14 000 civils avaient été tués dans les bombardements, par la famine ou les exécutions ». Pour lui, ces attaques font partie d'une « campagne d'extermination délibérée et systématique ».

Des images satellites analysées au Laboratoire de Recherche Humanitaire de l'Université de Yale montrent des amoncellements de ce qui apparaît être des corps ainsi que de larges épanchements rougeâtres au sol apparus après la pénétration des FSR dans la ville.

Selon des estimations, au moins 2000 personnes ont été tuées depuis le début des massacres, y compris des volontaires et des employés du Croissant Rouge abattus dans une mosquée. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé que 460 personnes ont été exterminées à la maternité de l'hôpital Saoudien, un crime que le Directeur Général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié de « particulièrement horrible et choquant ».


Empreintes digitales d'Israël sur le lieu du crime

Au-delà du choc mondial provoqué par les atrocités à El Fasher, les indices de liens secrets entretenus par Israël avec les FSR se multiplient.

Une enquête récente de Sudan Transparency a révélé que les services secrets israéliens ont établi des canaux de communication avec le commandant des FSR, Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, depuis au moins 2021. L'enquête mentionne en particulier un vol secret qui a pris place en mai 2021, impliquant un haut responsable militaire retraité. Au cours d'une escale éclair de 45 minutes à Khartoum, il aurait livré du matériel de surveillance de pointe.

Le rapport établit que « au Soudan, Israël n'a pas entretenu des relations seulement avec les forces armées soudanaises (FAS), mais aussi avec le Commandant des FSR, Hemedti », ajoutant que « la livraison de matériel d'espionnage dernier cri » faisait partie de cette relation dissimulée.

Des chercheurs indépendants ont ainsi identifié des batteries de missiles multiples de type LAR-160, fabriquées en Israël, aux mains des FSR. Ces armes ont été développées par IMI (Industries Militaires Israéliennes).

Chercheur panafricain basé au Caire, Kribsoo Diallo, lors d'un interview avec QNN, considère que ces liens ont « un impact direct sur le champ de bataille ». « S'ils sont confirmés, on pourra dire que ces liens ont étayé les capacités opérationnelles des FSR en leur apportant du renseignement et des systèmes de communications avancés », dit-il, ajoutant que « cela pourrait expliquer leur aptitude à maintenir un siège aussi long à El-Fasher, et aussi à mettre en place des attaques hautement coordonnées sur les zones civiles ».


Les atrocités commises par les FSR suivent le mode d'emploi établi par Israël à Gaza

Beaucoup de commentateurs remarquent que les FSR utilisent de plus en plus le langage et les tactiques employées par Israël à Gaza, présentant les violences de masse comme « une nécessité militaire ».

Une enquête d'Al-Jazzera expose que les justifications légales avancées par les FSR pour attaquer les zones civiles sont alignées sur le style israélien. Par exemple, le camp de déplacés de Zamzam a été rebaptisé « zone militaire » avant d'être attaqué. Les experts juridiques arguent que cette pratique est le reflet des arguments invoqués à Gaza où les hôpitaux, les écoles et les abris sont bombardés sous prétexte qu'ils constitueraient des « bases du Hamas ».

Un conseiller des FSR a même déclaré aux médias israéliens que les opérations de l'armée soudanaises « sont similaires aux attaques terroristes des Palestiniens contre Israël ». Une rhétorique qui vise probablement à s'attirer la sympathie de Tel-Aviv.

Luigi Daniele est un professeur chevronné de droit humanitaire international à la Faculté de Droit de Nottingham. Pour lui, « les FSR ont adopté le langage d'Israël pour légitimiser la punition collective ». Il détaille : « déclarer des quartiers entiers ou des camps de réfugiés comme « zones militaires » a clairement pour but d'enlever aux civils qui y résident toute forme de protection, selon une tactique qui a été expérimentée à Gaza ».

Pour sa part, l'ambassadeur du Soudan auprès des nations unies, Mr Al-Harith Idris a déclaré devant le Conseil de Sécurité de l'ONU que les massacres à El-Fasher « constituent un génocide au regard de tous les standards légaux ». Il précise que « des femmes et des jeunes filles sont attaquées en plein jour », concluant que « ce à quoi nous assistons à El Fasher, c'est la continuation d'une campagne systématique de nettoyage ethnique commencée dès 2023 ».

Pour les organisations de défense des droits humains, le silence international autour de Gaza et du Soudan souligne la protection dont les auteurs d'exactions bénéficient grâce aux liens du renseignement et des alliances de politique étrangère. Selon Diallo, « ce que nous voyons à El Fasher n'est pas une simple tragédie locale, c'est la reproduction d'un schéma mondialisé où l'impunité est assurée grâce à la technologie militaire, la couverture politique et la coopération des services de renseignements ».


Enjeux stratégiques et facteur « Mer Rouge »

L'implication d'Israël au Soudan va bien au-delà de ses liens historiques avec l'armée soudanaise ou les accords de normalisation1. Le Soudan est une pièce maitresse pour toute visée stratégique sur la mer Rouge. Sa situation géographique2 permettrait à Israël non seulement de constituer un tampon de sécurité, mais lui donnerait un avantage géopolitique dans la surveillance des routes maritimes et l'opposition à l'influence iranienne ou chinoise.

Diallo explique à QNN que « le Soudan donne un point d'entrée à Israël dans la corne de l'Afrique, vers le Sahel. En tissant des liens avec à la fois le général Burhan et Hemedti, Israël s'assure de garder un levier et protège ses intérêts quelle que soit l'issue du combat entre les deux factions intérieures ».

Il conclue toutefois que cet exercice d'équilibriste « nuit à la reconnaissance internationale des responsabilités et transforme le conflit soudanais en scène d'affrontement des pouvoirs régionaux ».


Source : Quds News Network via Histoire et société

https://reseauinternational.net/israel-trempe-dans-le-genocide-au-soudan-liens-secrets-avec-les-fsr/


  • L'arrivée au pouvoir du duo Burhan/Hemedti en 2019, utilisant la révolution soudanaise qui avait renversé Omar el Bechir, a marqué le début d'une intense activité diplomatique israélienne. Omar Al Bechir avait rompu les relations diplomatiques avec Israël. Le général Bhuran les a rétablies dès 2020.
  • Le Soudan a une façade maritime sur la mer Rouge de plus de 500 kilomètres, entre l'Égypte et l'Érythrée.