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Ne vous laissez pas avoir par le mensonge «tout est une question de pétrole»

Démarré par JacquesL, 09 Janvier 2026, 06:17:11 PM

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JacquesL

Ne vous laissez pas avoir par le mensonge «tout est une question de pétrole»



par Chris Morlok 

Voilà le vrai enjeu de l'enlèvement de Nicolas Maduro : Pas le pétrole pour les Américains. Pas le développement pour le Venezuela. Mais un contrôle financier, un morcellement industriel, une production freinée et une hausse des prix mondiaux. 

J'ai vécu de nombreuses guerres impérialistes où la soi-disant «gauche» a invariablement répondu par la même rengaine facile : «Ils ne sont là que pour le pétrole». Je m'en souviens très clairement lors de la première guerre du Golfe, et de manière implicite pendant les conflits en Irak, en Libye et en Syrie.

C'est un tissu de mensonges historiques. Les États-Unis n'ont jamais rien tiré de l'Irak. Pas de manière significative. Pas de manière structurelle. Pas d'une manière qui ait fait baisser les prix, amélioré l'approvisionnement ou profité au public américain. 

Cet argument s'effondre complètement dès lors que l'on comprend la nature du capital financiarisé, dont l'objectif premier n'est pas l'extraction, mais la prévention de l'extraction productive au profit de la rente, de la dette et du contrôle.

Permettez-moi de vous expliquer la contradiction :

Trump affirme explicitement ce que les néoconservateurs comme Paul Wolfowitz affirmaient implicitement dans les années 1990 : s'emparer des ressources d'un autre pays présente un intérêt géopolitique. Pour une population américaine exsangue qui paie 5 dollars le gallon d'essence, cette affirmation paraît concrète. Inconsciemment, les gens imaginent que «s'emparer du pétrole» signifie de l'essence moins chère, une réduction des coûts et un allègement de l'austérité.

La morale leur importe peu. Seul le prix compte. La gauche réagit en qualifiant tout cela de kleptocratie, tout en admettant implicitement que l'on pourrait s'accaparer les ressources, mais que ce serait «mal». C'est un argument perdant. Pour quelqu'un qui vit dans un contexte d'austérité, ce n'est pas un argument. C'est une capitulation.

Mais de toute façon, dans la réalité, cela n'arrive jamais. Rien n'est extrait.

Ce qui s'est réellement passé en Irak, ce n'est pas l'extraction de pétrole, mais un pillage financier. L'État américain a inondé le complexe militaro-industriel de subventions publiques, sans appel d'offre, notamment des entreprises comme Halliburton, dans les domaines de la logistique, de la sécurité et de la «reconstruction». La production pétrolière irakienne, qui avoisinait les 3,5 millions de barils par jour à la fin des années 1980, s'est effondrée à quelques centaines de milliers de barils par jour au cours des années 1990 et au début des années 2000. Même après le retrait américain en 2011, il a fallu encore une décennie à l'Irak pour retrouver son niveau de production d'antan, et ce, uniquement grâce à des investissements industriels de l'État chinois, et non à des capitaux américains.

La réponse appropriée à l'argument de Trump n'est donc pas l'indignation morale, mais le rejet pur et simple de son postulat de départ : ces guerres n'apportent aucun gain matériel tangible à qui que ce soit ; seulement la financiarisation, l'endettement, la diminution de la production et la ruine économique à long terme. L'économie américaine s'effondre alors et l'on imprime encore plus de dollars pour créer du «profit» à partir de rien. Bien sûr, l'accumulation de capital se produit, mais elle est complètement dépourvue de logique et de réalité !

Ironiquement, Trump lui-même le comprend. Il n'a cessé de railler les vieux néoconservateurs pour leur incapacité à «s'emparer du pétrole», déplorant leur incompétence crasse et leur manque de «gestion». Mais cette critique passe à côté de la vraie vérité : ils n'ont pas échoué. Le système a fonctionné exactement comme prévu.

Ce qui nous amène au Venezuela.

Croyez-vous sérieusement que Trump et ses acolytes de Palantir Technologies, soient sur le point de devenir des planificateurs industriels ? Que sans invasion, sans changement de régime, sans reconstruction nationale, ils parviendront d'une manière ou d'une autre à négocier un plan d'expansion pétrolière et industrielle de 200 milliards de dollars sur 15 ans dans un pays dont les infrastructures ont été délibérément étranglées pendant une décennie ?

C'est le rêve le plus chimérique de tous les rêves chimériques.

Ce qui attend réellement le Venezuela, ce n'est pas l'extraction de ressources, mais le pillage de ses actifs. Les entreprises qui s'apprêtent à «réintégrer» le Venezuela sont majoritairement des sociétés financières, et non productives. Des gestionnaires d'actifs comme BlackRock sont en mesure d'absorber la dette souveraine en difficulté et celle liée à PDVSA (Petróleos de Venezuela SA), de la restructurer et de transformer la production future en flux de garanties plutôt qu'en recettes nationales. Les grandes compagnies pétrolières américaines et européennes ne veulent pas accroître leurs capacités de production, elles recherchent des accords de partage de production, des décisions d'arbitrage et des conversions de dettes en actions qui plafonnent la production et leur garantissent des rentes. L'allègement des sanctions est utilisé comme moyen de pression, non pas pour augmenter les capacités, mais pour discipliner l'État vénézuélien et le contraindre à une restructuration de type FMI, à une privatisation et à une subordination juridique aux marchés financiers occidentaux. Ils veulent que les Chinois paient ce pétrole en dollars, un simple désagrément pour Xi Jinping et une manœuvre ridicule de la part des oligarques rentiers occidentaux.

Dans un système fondé sur les produits dérivés et dominé par le dollar, l'argent ne se fait pas en inondant les marchés de pétrole. Il se fait en restreignant l'offre, en gonflant les prix, en titrisant les flux futurs et en extrayant des rentes par le biais d'instruments de dette.

Voilà le vrai enjeu. Pas le pétrole pour les Américains.

Pas de développement pour le Venezuela. Mais un contrôle financier, un morcellement industriel, une production freinée et une hausse des prix mondiaux. Voici comment ce mécanisme fonctionne réellement, étape par étape, en tant que système intégré unique :

PDVSA a entamé les années 2010 avec une dette extérieure d'environ 30 à 35 milliards de dollars, accumulée en grande partie lors de l'effondrement des prix du pétrole après 2014. Cette dette a été émise en vertu du droit commercial new-yorkais et international, et non du droit vénézuélien, ce qui a rendu le Venezuela extrêmement vulnérable aux poursuites judiciaires étrangères dès que les paiements ont ralenti.

Les sanctions américaines, principalement appliquées par le biais de l'OFAC (Office of Foreign Assets Control) du département du Trésor, n'ont pas simplement «puni» le Venezuela. Elles ont gelé l'accès de PDVSA aux opérations de compensation en dollars, bloqué son refinancement, interdit aux ressortissants américains de reconduire la dette et coupé l'accès aux pièces détachées, aux diluants, aux assurances, au transport maritime et à la réassurance. Ceci a inévitablement entraîné un effondrement de la production. Celle-ci est passée de plus de 2,3 millions de barils par jour en 2015 à moins de 700 000 en 2020. Cet effondrement a ensuite été présenté comme une preuve de «mauvaise gestion», bouclant ainsi la boucle de la narrative occidentale.

Suite aux défauts de paiement survenus dans un contexte de sanctions, les créanciers ont eu recours à l'arbitrage et aux procédures judiciaires. Les traités bilatéraux d'investissement signés dans les années 1990 ont conféré aux entreprises étrangères le droit de saisir le CIRDI, système d'arbitrage lié à la Banque mondiale et conçu spécifiquement pour protéger les capitaux contre les États souverains. Le Venezuela est aujourd'hui confronté à des dizaines de milliards de dollars de sentences arbitrales et de créances du CIRDI, dont beaucoup sont liées aux privatisations antérieures à Chávez et aux nationalisations postérieures à son mandat.

Ces sentences arbitrales ne sont pas exécutoires au Venezuela, mais elles le sont à l'égard des actifs vénézuéliens situés à l'étranger. C'est pourquoi CITGO, filiale américaine de PDVSA, est devenue la cible principale. Les tribunaux du Delaware considèrent les jugements arbitraux comme des créances prioritaires. Il en résulte non pas une compensation par la production, mais une liquidation forcée des actifs et une cascade de dettes.

Ce processus n'exige à aucun moment de reconstituer les capacités de production pétrolière vénézuéliennes. En réalité, une telle reconstitution fragiliserait l'ensemble du système en augmentant l'offre et en réduisant l'effet de levier sur les prix. Le résultat financier logique de tout ce montage est une production constamment limitée, des revenus garantis sur les barils futurs et des flux de trésorerie contrôlés de l'extérieur.

Les sanctions entraînent le défaut de paiement. Le défaut de paiement déclenche l'arbitrage. L'arbitrage permet la saisie des actifs. La saisie des actifs soumet l'État. Les institutions financières interviennent alors pour «stabiliser» la situation catastrophique par le biais de restructurations de la dette, d'échanges d'actions et d'une réentrée sur le marché à prix contrôlés. Le pétrole reste majoritairement sous terre. Le profit part à l'extérieur.

C'est pourquoi l'idée qu'«ils veulent juste le pétrole» est non seulement fausse, mais contre-productive. C'est quand le pétrole n'est pas encore produit qu'il a le plus de valeur, quand il constitue une garantie future pour la dette et les produits dérivés, ainsi qu'un moyen de pression géopolitique.

Quiconque prétend le contraire soit ignore l'histoire, soit ment. Trump ne fait qu'accélérer l'esclavage de la dette, il n'extrait pas les ressources comme dans le fantasme romantique de la Raubbauwirtschaft.1

La réalité est que la gauche occidentale a passé des décennies à avancer l'argument que «c'est mal d'extraire les ressources parce que c'est immoral» et CELA N'A JAMAIS RIEN CHANGÉ. C'est une cause perdue, il est temps de contredire et contester l'oligarchie financière en la dénonçant comme FONDAMENTALEMENT IMPRODUCTIVE dans tous les sens du terme.


  • La notion de Raubwirtschaft développée par Friedrich Ratzel lui permet de construire un discours ambivalent, entre dénonciation et justification de l'impact des activités humaines (et notamment de l'extraction) sur l'environnement.


Source : Chris Morlock

traduction Dominique Muselet

https://reseauinternational.net/ne-vous-laissez-pas-avoir-par-le-mensonge-tout-est-une-question-de-petrole/


JacquesL

Les Rothschild font l'éloge de Trump après le coup d'État au Venezuela – l'un des derniers pays sans banque centrale Rothschild



par Baxter Dmitry

Un événement qui a suscité l'étonnement dans les médias alternatifs : des membres de la puissante dynastie bancaire Rothschild ont publiquement félicité le président Donald Trump après l'intervention militaire au Venezuela.

Nat Rothschild, PDG du groupe Volta et héritier éminent de l'empire financier Rothschild, a adressé ses félicitations à Trump suite à l'action militaire américaine visant le gouvernement et le système financier vénézuéliens.

La portée de cette déclaration est indéniable : le Venezuela est l'un des rares pays au monde à avoir historiquement résisté à l'instauration d'un système bancaire central de type occidental contrôlé par les Rothschild.

Pendant des années, l'indépendance financière du Venezuela en a fait la cible de sanctions, de tentatives de changement de régime et d'une guerre économique.

Aujourd'hui, après l'intervention directe des États-Unis, les observateurs notent que les éloges de personnalités du secteur bancaire semblent confirmer des soupçons persistants quant aux véritables bénéficiaires des «campagnes de libération» étrangères.

Les propos de Dame Hannah Rothschild, héritière de la famille Rothschild, alimentent encore davantage la controverse. Elle a en effet affirmé qu'aucune guerre majeure n'est menée – et qu'aucun chef d'État ne prend de décision – sans l'aval de la famille Rothschild.

Si les médias traditionnels rejettent ces affirmations comme relevant du complotisme, les critiques soutiennent que l'histoire de l'expansion des banques centrales après les guerres raconte une tout autre histoire.

Pour les sceptiques, l'opération au Venezuela ressemble moins à une libération qu'à une opération coercitive – un avertissement aux nations qui tentent d'opérer en dehors de l'ordre financier international.

Le rôle de Trump, autrefois perçu comme antimondialiste, est aujourd'hui réévalué par ceux qui estiment que le véritable pouvoir ne réside ni dans les élections ni dans les présidents, mais dans des dynasties financières non élues opérant au-delà des frontières nationales.

Coïncidence ou confirmation, le message est clair pour beaucoup : défiez le système bancaire, et le système finira par riposter.


Source : VT Foreign Policy via Marie-Claire Tellier

https://reseauinternational.net/les-rothschild-font-leloge-de-trump-apres-le-coup-detat-au-venezuela-lun-des-derniers-pays-sans-banque-centrale-rothschild/