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Le Moyen-Orient se dirige vers la guerre

Démarré par JacquesL, 03 Septembre 2025, 04:07:15 PM

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JacquesL

Le Moyen-Orient se dirige vers la guerre

Publié le septembre 3, 2025 par Wayan


Par M.K. Bhadrakumar – Le 30 aout 2025 – Source Indian Punchline



Il y a des nouvelles extrêmement alarmantes sur la situation autour de l'Iran. En consultation avec l'administration Trump — ou plutôt par déférence pour le commandement de Washington — les pays du E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne) qui sont les signataires occidentaux restants de l'accord nucléaire iranien de 2015 connu sous le nom de JCPOA, ont lancé le processus de déclenchement du soi-disant mécanisme de relance dans le but de réimposer toutes les sanctions de l'ONU contre l'Iran au motif qu'il a violé les termes de l'accord vieux de dix ans.

Une déclaration conjointe publiée jeudi dans les trois capitales européennes a notifié au Conseil de sécurité des Nations Unies que Téhéran était "en non-exécution significative de ses engagements en vertu du JCPoA" et ont donné un préavis de 30 jours "avant le rétablissement éventuel des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies précédemment annulées."

La déclaration de l'E3 est manifestement un acte de sophisme puisque ce sont les États-Unis qui ont unilatéralement abandonné la JCOPA en 2018 et les trois puissances européennes elles-mêmes avaient négligé d'ignorer leurs propres engagements de lever les sanctions contre l'Iran au cours des 15 dernières années, ce qui avait finalement incité Téhéran à reprendre l'activité d'enrichissement d'uranium – bien que la partie iranienne était prête à rétablir la JCOPA depuis décembre 2022.

Une partie étrange de la décision de l'E3 est qu'ils ont court-circuité la procédure prescrite en ce qui concerne le mécanisme de relance, avec l'intention de réduire les deux autres pays membres permanents du Conseil de sécurité à de simples spectateurs sans aucun rôle dans l'affaire. Sans surprise, la Russie et la Chine se sont opposées à cela et, dans une longue déclaration vendredi, le ministère russe des Affaires étrangères a demandé (avec le soutien de la Chine) une prolongation du délai de six mois supplémentaires par le Conseil de sécurité à titre de mesure provisoire afin d'éviter une impasse aux conséquences dangereuses et tragiques.

Téhéran a salué la proposition russo-chinoise comme étant une « étape pratique. » L'Iran, bien sûr, a explicitement averti que toute tentative de ce type de la part de l'E3 de réimposer les sanctions de l'ONU à son encontre pourrait l'obliger à reconsidérer son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire.

Il reste à voir si l'E3 – ou plus précisément, le lien américano-israélien qui est la force motrice de cette décision précipitée – se prêtera à un compromis. Tout indique qu'Israël, avec le plein soutien de l'administration Trump, se prépare à se battre contre l'Iran et lance une deuxième tentative pour forcer un changement de régime à Téhéran et la restauration de l'ancienne dynastie Pahlavi pour remplacer le système islamique qui s'est établi après la Révolution islamique de 1979. En termes simples, il s'agit d'une tentative décisive des États-Unis et d'Israël pour provoquer un réalignement géopolitique dans la région moyen-orientale.

Les États-Unis et Israël ont tiré des leçons de l'échec lamentable de leur première tentative en juin de renverser le système islamique en Iran, et Israël a subi d'énormes pertes lorsque l'Iran a riposté. Cette fois-ci, les États-Unis et Israël semblent se préparer à un combat allant jusqu'au bout, bien que l'issue reste à voir. En effet, une guerre prolongée peut s'ensuivre. Les États-Unis réarment Israël avec des armes avancées. À un moment donné, assez tôt dans la guerre, on peut également s'attendre à une intervention américaine directe sous une forme ou une autre.

Contrairement à juin, lorsque l'administration Trump, dans un stratagème élaboré de tromperie, berçait Téhéran dans un état d'inattention lorsque l'attaque israélienne a commencé, cette fois-ci, l'Iran est sur ses gardes et a renforcé ses défenses. Ne vous y trompez pas, l'Iran ripostera quoi qu'il en soit. L'Iran reçoit également l'aide de la Russie pour renforcer son système de défense aérienne et il y a des rapports selon lesquels des conseillers russes aident les forces armées iraniennes à augmenter leur capacité à résister à l'agression américano-israélienne.

De nombreux experts occidentaux, dont Alastair Crooke, ont prédit qu'une attaque israélienne contre l'Iran pourrait être déclenchée assez rapidement. L'hypothèse israélo-américaine pourrait être que les opérations militaires de la Russie en Ukraine atteignent un point culminant d'ici l'automne, ce qui exclurait presque certainement toute possibilité pour Moscou de s'impliquer dans un conflit au Moyen-Orient, et cela, à son tour, leur donnerait les mains libres pour mener à bien le programme de changement de régime.

En outre, dans un renversement de politique, l'Iran a accepté l'offre de la Russie de fournir un système de défense aérienne intégré permanent. Un tel système sera peut-être en place d'ici le milieu de l'année prochaine et devrait être un multiplicateur de force pour l'Iran. Israël tentera très certainement d'attaquer l'Iran avant que le système intégré connecté aux satellites russes ne devienne pleinement opérationnel. Il reste à voir si l'administration Trump sera en mesure de résister aux pressions israéliennes, étant donné l'implication présumée du Mossad dans le scandale Epstein.

Une guerre au Moyen-Orient, d'une ampleur titanesque, sera sans précédent. Outre les pertes en vies humaines et les destructions à grande échelle, les troubles régionaux qui s'ensuivront affecteront également les régions environnantes — l'Inde en particulier. Le fait est qu'environ 6 millions d'Indiens vivent dans la région du Golfe. Leur sécurité et leur bien-être seront gravement menacés si les États du Golfe sont entraînés dans la guerre à un moment donné.

Il est fort probable que les représailles de l'Iran cette fois-ci impliquent le blocus du détroit d'Hormuz par lequel les pétroliers transportent environ 17 millions de barils de pétrole chaque jour, soit 20 à 30% de la consommation totale mondiale. Si cela se produit, le prix du pétrole montera en flèche et la sécurité énergétique de l'Inde, qui dépend fortement des importations de pétrole, en sera affectée. Les principales sources d'approvisionnement en pétrole de l'Inde sont la Russie (18-20%), l'Arabie saoudite (16-18%), les Émirats arabes unis (8-10%) et les États-Unis (6-7%).

De toute évidence, si les approvisionnements en pétrole de la région du Golfe sont perturbés, la dépendance de l'Inde vis-à-vis des flux pétroliers en provenance de Russie ne fera qu'augmenter. En fait, il y aura une ruée vers le pétrole russe et, paradoxalement, les plans les mieux conçus de Trump pour vider "le trésor de guerre de Poutine" resteront une chimère.

De manière significative, selon Kanal 13, un média israélien, la Russie a évacué son personnel diplomatique et leurs familles dans son ambassade à Tel Aviv en prévision d'un changement « dramatique » de la situation sécuritaire et de signes croissants d'un déclenchement des hostilités entre Israël et l'Iran.

M.K. Bhadrakumar

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/le-moyen-orient-se-dirige-vers-la-guerre

JacquesL

Snapback ou recul ? L'Europe risque la guerre au lieu de la paix

Publié le septembre 4, 2025 par Wayan


Par Elijah j. Magnier − Le 2 septembre 2025 − Source Blog de l'auteur




À New York, le compte à rebours a commencé. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni — le fameux E3 — ont officiellement déclenché le mécanisme onusien du « snapback » contre l'Iran, réactivant le régime de sanctions suspendu par l'accord nucléaire de 2015. Cette décision enclenche un processus de 30 jours au terme duquel, sauf blocage, des sanctions spécifiques de l'ONU seront automatiquement rétablies. Pour l'E3, il s'agit d'une étape jugée nécessaire afin de sauver la diplomatie nucléaire et d'éviter une nouvelle guerre après les douze jours de bombardements israélo-américains contre l'Iran. Les sanctions seront automatiquement rétablies le 27 septembre 2025, à moins que le Conseil n'intervienne pour bloquer la procédure.


Pour Téhéran, il s'agit d'un test des intentions réelles de l'Europe : s'agit-il de créer une pression pour négocier, ou simplement d'une nouvelle escalade déguisée en diplomatie afin de complaire à Washington et de fournir un prétexte supplémentaire pour une seconde guerre ? L'exigence de l'E3 est claire : l'Iran doit reprendre une pleine coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), révéler l'emplacement de ses 408 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 % et revenir à la table des négociations avec les États-Unis.

Or, l'E3 n'a jamais respecté sa propre part de l'accord de 2015. Après le retrait de Donald Trump en 2018, les Européens ont eux-mêmes cessé toute coopération avec Téhéran et accepté tacitement la guerre israélo-américaine contre les installations nucléaires iraniennes et l'assassinat de ses scientifiques et de ses citoyens. L'Europe est donc loin d'être en position d'exiger de l'Iran une quelconque conformité. L'écart est immense et, pour Téhéran, reconstruire la relation n'est pas envisageable sous la menace, même si la diplomatie — cet « art de l'impossible » — n'est pas totalement écartée.

L'ironie est flagrante. Lorsque le groupe E3 a été créé en 2003, son objectif était d'empêcher l'administration Bush de lancer une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Deux décennies plus tard, l'Europe est devenue beaucoup plus dépendante économiquement, politiquement et stratégiquement des États-Unis. L'Iran, autrefois considéré comme un partenaire énergétique crucial, est devenu marginalisé par une succession de sanctions.

Le contexte géopolitique s'est de nouveau déplacé avec l'alignement croissant de l'Iran sur la Russie dans le conflit ukrainien. Pour de nombreuses capitales européennes, faire pression sur Téhéran ne relève plus uniquement de la non-prolifération nucléaire, mais vise aussi à punir un allié de Moscou. S'aligner sur les faucons de Washington, même au prix de la diplomatie, est devenu le prix à payer pour maintenir l'unité transatlantique.

La réaction internationale plus large démontre combien les gouvernements redoutent une escalade. L'Allemagne a exhorté ses ressortissants à quitter l'Iran et à éviter tout voyage vers ce pays, un avertissement repris par l'Australie, l'Inde et plusieurs États européens et asiatiques, dont beaucoup facilitent désormais des évacuations via les pays voisins. Ces mesures traduisent une conviction partagée : le snapback ne restera pas un simple exercice procédural, mais pourrait provoquer des représailles israélo-américaines aux conséquences imprévisibles.

Washington, de son côté, a renforcé la défense d'Israël en transférant des batteries de missiles THAAD depuis les Émirats arabes unis vers le territoire israélien. Les missiles balistiques iraniens avaient infligé de lourds dégâts à Israël lors de la deuxième semaine de la guerre, et la prochaine confrontation s'annonce plus meurtrière encore. Téhéran accélère ses préparatifs. Plusieurs signaux indiquent qu'une deuxième guerre n'est pas à exclure — notamment si l'Iran continue de refuser les inspections intrusives de l'AIEA sur tous ses sites, y compris ceux où est stocké l'uranium enrichi à 60 % que les États-Unis et Israël n'ont pas réussi à détruire lors de leur dernière vague de frappes.



Elijah j. Magnier

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/snapback-ou-recul-leurope-risque-la-guerre-au-lieu-de-la-paix