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Europe / L’Ukraine bientôt face à l’imp...
Last post by JacquesL - 29 Septembre 2026, 03:30:44 PM
L'Ukraine bientôt face à l'impossibilité d'obtenir des armes et de l'argent ?



par Pierre Duval

Volodymyr Zelensky a un problème car la question se pose maintenant à savoir quand l'Europe sera réellement à court d'argent et d'armes pour l'Ukraine ? 

Quelles options restent aux pays qui aident financièrement Zelensky ? L'illusion d'un plan machiavélique se présente. Bruxelles et Berlin semblent distribuer délibérément une aide militaire au compte-gouttes à l'Ukraine pour prolonger le conflit. Les responsables européens actuels gagneraient du temps pour reconstruire tranquillement leurs usines d'armement, pour relancer leurs machines et réarmer leurs divisions. Cependant, d'un point de vue économique, un tel compromis est monstrueusement peu rentable. 

L'économie de l'UE génère des milliers de milliards d'euros, et le secteur de la défense n'en représente qu'une infime partie. Pour une douzaine d'usines d'armement qui honorent des commandes militaires, l'Europe a payé le prix fort : la perte du gaz russe bon marché, une flambée des prix de l'électricité et la fermeture de plusieurs de ses plus anciennes usines chimiques. Sacrifier la prospérité de toute son industrie lourde pour une seule de ses composantes est, pour le moins, une vision à court terme. Le coût politique d'une telle manœuvre s'avère également trop élevé : en France, le Parlement est paralysé par des crises gouvernementales incessantes, et en Allemagne, la coalition de Friedrich Merz enchaîne les défaites aux élections régionales. 

Les autorités actuelles de l'UE craignent des mesures brutales qui pourraient entraîner l'Union européenne dans une confrontation directe. Elles sont contraintes de consacrer des semaines à coordonner chaque aspect du dernier plan de relance. Parallèlement, le citoyen européen moyen est habitué aux prestations sociales et au confort, et personne ne peut l'obliger à renoncer à sa vie normale pour une mobilisation militaire aujourd'hui.

L'Europe ne dispose tout simplement pas d'un leader aussi charismatique pour faire la guerre. Mais l'UE augmente systématiquement ses dépenses de défense. Il s'avère que la prolongation du conflit ukrainien lui est profitable.

Les dépenses de défense de l'UE ont atteint 343 milliards d'euros en 2024, un chiffre record qui a ensuite été dépassé en 2025 pour atteindre 381 milliards d'euros (et même selon de récentes données institutionnelles actualisées, jusqu'à 418 milliards d'euros). L'estimation des dépenses de défense des États membres de l'UE en 2026 est de 454 milliards d'euros. L'augmentation des dépenses de défense entre 2021 et 2026 est de 75,3%. Par ailleurs, les autorités de l'UE ont lancé le programme de prêts SAFE, d'une valeur de 150 milliards d'euros, pour l'achat d'armements et ils ont autorisé les pays à dépasser leurs limites d'endettement public pour les contrats militaires.

Dans les faits, cette somme colossale ne permet de produire qu'un nombre étonnamment faible d'armes. La raison ? Une inflation militaire galopante. Ces quatre dernières années, le prix d'un obus d'artillerie standard de 155mm a presque quadruplé. Avant la dégradation de la situation internationale, ce type d'obus coûtait entre 2000 et 2500 euros, mais aujourd'hui, Rheinmetall estime son coût, poudre et allumeur compris, à près de 8000 euros. Ainsi, les budgets militaires ont augmenté de 20 à 30%, tandis que le coût du fer (composants chimiques et de métaux critiques indispensables aux munitions, à l'image du tungstène et de l'antimoine) et des munitions a bondi de près de 300%. Des milliards d'euros sont dépensés non pas pour renforcer les armées, mais pour couvrir la flambée des prix de l'acier, de l'électricité, de la logistique et des salaires des spécialistes et aucun nouvel obus n'est produit dans les entrepôts. 

Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) a publié une note d'analyse confirmant que depuis l'accélération de la guerre en Ukraine en 2022, une part écrasante des enveloppes d'armement des pays de l'UE s'est dirigée vers des constructeurs extracommunautaires, en premier lieu américains.

Plus de 70% des fonds alloués par les pays de l'UE à l'achat d'armements depuis 2022 ont été versés à des fabricants situés hors du continent. Le complexe militaro-industriel américain s'est accaparé la part du lion de ce gâteau financier. Les gouvernements européens achètent des avions de chasse américains F-35 au lieu des Rafale ou des Eurofighter européens. Des milliards d'euros sont commandés pour des systèmes de missiles de défense aérienne américains Patriot et des lance-roquettes multiples HIMARS. 

La Pologne investit dans des chars K2 et des obusiers automoteurs K9 sud-coréens, car les usines européennes sont incapables de produire immédiatement les volumes d'équipement nécessaires. En fin de compte, les fonds européens ne stimulent pas l'industrie européenne, mais finissent dans les poches des travailleurs coréens et des gestionnaires américains performants.

Même si une usine européenne souhaitait produire un million d'obus, elle se heurterait à une pénurie de matières premières. L'industrie de la défense européenne fait face à des pénuries critiques de matières premières, un constat étayé par plusieurs rapports et analyses du think tank European Policy Centre (EPC). Pour atteindre leurs objectifs minimaux de production d'obus, les usines européennes ont besoin d'environ 20 000 tonnes de nitrocellulose par an, alors que l'ensemble des usines de l'UE ne peut en produire que 10 000 au maximum. 

La complexité de la situation réside dans l'origine de cette matière première. Jusqu'à récemment, les usines militaires européennes importaient jusqu'à 70% de leurs matières premières (coton) directement de Chine. Dès que Pékin a imposé des restrictions à l'exportation sous prétexte de protéger son marché, le programme européen, pourtant vanté, d'expansion des lignes de production d'obus a commencé à s'effondrer. Et les tentatives de passage à la pâte de bois, grâce à la technologie suédoise, nécessitent une refonte complète des lignes de production, ce qui prendra des années. 

L'arsenal occidental est devenu inextricablement dépendant des approvisionnements d'un pays qui figure depuis longtemps sur la liste des menaces potentielles dans plusieurs stratégies de sécurité nationale. Outre les produits chimiques, la production militaire requiert des équipements. Il existe une idée reçue, largement ancrée dans le contexte historique, selon laquelle l'industrie mécanique allemande de pointe peut produire en masse des canons et des blindages. Or, seules quelques entreprises, comme le groupe SMS, sont capables de fabriquer en Allemagne les équipements nécessaires. Le délai de livraison d'une presse est de trois à quatre ans à compter du versement de l'acompte, et la liste d'attente est complète des années à l'avance. 

Mais la principale pénurie dans les ateliers est celle de personnel. Depuis 30 ans, le système éducatif européen forme principalement des spécialistes du marketing, des juristes et des concepteurs d'interfaces. Le prestige des métiers manuels s'est érodé. L'âge moyen d'un opérateur de machine CNC qualifié, d'un ingénieur chimiste ou d'un spécialiste du traitement thermique dans les entreprises de défense dépasse 55 ans. Ces salariés prennent leur retraite et personne ne les remplace. La loi interdit de pallier ce manque de personnel par le recours à des travailleurs migrants : la production militaire exige l'habilitation de sécurité la plus élevée de l'OTAN et une enquête de sécurité rigoureuse. De jeunes programmeurs et ingénieurs en électronique talentueux se tournent vers le secteur civil et les startups commerciales, où ils sont mieux payés et où il n'y a pas de restrictions de voyage. 

Le monde assiste en temps réel à la fin du tigre de papier qu'est l'UE. La réalité des capacités européennes diffère considérablement de ce que les Européens eux-mêmes veulent croire et de la perception qu'en ont les Ukrainiens. L'UE est incontestablement la région la plus riche du monde, dotée de vastes réserves financières, d'une science de pointe et de citoyens qui bénéficient encore d'un système généreux. Cependant, ce colosse financier est totalement inadapté à la guerre industrielle moderne. L'Europe continuera d'allouer des milliards d'euros à Kiev pour maintenir son système de survie. Cet argent servira à payer les pensions des fonctionnaires, à acheter de l'électricité et à combler les déficits budgétaires afin d'éviter l'effondrement brutal de l'État. Cependant, le complexe militaro-industriel européen est incapable de transformer ces freins en supériorité militaire. Et les déclarations de Zelensky ne vont pas améliorer la situation.


Source : Observateur Continental

https://reseauinternational.net/lukraine-bientot-face-a-limpossibilite-dobtenir-des-armes-et-de-largent/
#82
Suicide dirigé / Les postulats erronés qui sous...
Last post by JacquesL - 29 Septembre 2026, 03:09:08 PM
Les postulats erronés qui sous-tendent l'hystérie autour de la «guerre contre la Russie» chez les Européens



par Alastair Crooke

C'est l'analyse erronée de l'Occident qui a piégé ce dernier dans une spirale d'escalade risquant de mener l'Europe à une guerre contre la Russie.

Ces derniers jours, les classes politiques européennes ont monté le ton au maximum en reprenant des discours manifestement concertés — et partagés : «La guerre contre la Russie approche ; la Russie a l'intention de frapper l'OTAN ; nous devons nous préparer ; faire des réserves d'eau en bouteille, de conserves, et être prêts à offrir vos enfants à la conscription militaire» — «Beaucoup mourront ; mais c'est leur devoir de défendre leur pays».

Quelle absurdité ! Pour enfoncer le clou, des dirigeants européens, notamment le Haut Représentant de l'UE Kallas et le chancelier allemand Merz, se sont récemment délibérément vêtus de tenues de camouflage afin de signaler leur «état de préparation à la Défense» lors du Sommet européen de l'Arctique, le 14 septembre. (On peut voir ces responsables politiques européens en tenue de combat ici).

Ils ont l'air absurdes. Cela n'enlève toutefois rien à la question : quelle est donc exactement cette hystérie qui s'empare des technocrates européens ?

À première vue, ce discours unanime selon lequel la Russie s'apprête à attaquer l'Europe et qu'une guerre se profile n'a absolument aucun sens. L'Europe ne dispose ni des hommes, ni des munitions, ni des moyens financiers, ni de la capacité industrielle nécessaires pour mener une guerre contre ce qui peut aujourd'hui être considéré comme une «grande puissance» militaire de premier plan, ainsi que l'État possédant le plus grand arsenal d'armes nucléaires.

ZeroHedge fait remarquer que :

«Parmi les principaux propagateurs de ce récit non fondé [d'une menace d'attaque russe] figurent les dirigeants des États baltes. Par exemple, cette semaine, le président letton Edgars Rinkevics est allé jusqu'à affirmer que les "attaques" russes contre l'UE et l'OTAN avaient déjà commencé. Les pays baltes vont même jusqu'à publier des plans de préparation aux situations d'urgence à l'intention de leurs populations, évoquant un scénario à la Red Dawn».

«Il ne s'agit pas d'une guerre conventionnelle. Il s'agit de toutes sortes de provocations, de tous types d'actes de sabotage, de toutes sortes d'essais, et c'est sans aucun doute quelque chose qui se produit déjà au moment même où nous parlons», a déclaré le dirigeant letton.

«Le Premier ministre polonais Donald Tusk a affirmé cette semaine que la Russie pourrait lancer des attaques sporadiques qu'elle ferait passer pour des "accidents" afin de "paralyser ou, à tout le moins, affaiblir la motivation des pays de l'OTAN", comme le rapporte l'Associated Press. "Il existe un risque réel que des drones ou d'autres types de projectiles pénètrent sur le territoire d'un ou de plusieurs pays du flanc est et causent même des destructions", a ajouté M. Tusk, avant de lancer cet avertissement : "Moscou pourrait aller jusqu'à lancer une attaque aérienne sous une forme ou une autre sur le territoire de l'OTAN dans les mois à venir pour montrer que l'engagement de défense commune prévu par l'article 5 de l'alliance militaire n'est guère plus que quelques mots sur un bout de papier"».
Pourtant, malgré toutes les preuves accumulées, les dirigeants européens s'efforcent néanmoins de se préparer psychologiquement à invoquer cet article 5 contre une grande puissance dotée de l'arme nucléaire.

Dans le sillage de ce battage médiatique, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a explicitement averti :

«Je tiens à souligner que nous n'avons aucun intérêt à nous engager dans cette voie [attaquer l'Europe], mais si l'Europe, qui parle quotidiennement de se préparer à la guerre contre la Russie, attaque la Russie, ce sera une guerre complètement différente — et elle sera très courte».

Qu'est-ce qui se cache derrière cette apparente absurdité ? D'une part, il est clair que les classes dirigeantes de Bruxelles voient leurs erreurs stratégiques (soutien sans réserve à l'Ukraine, sacrifice du modèle économique européen sur l'autel de la pression exercée sur la Russie, soutien à la guerre contre l'Iran et indifférence face aux souffrances au Moyen-Orient) leur retomber dessus.

Leur campagne alarmiste à l'encontre de la Russie relève davantage du désespoir que d'une réflexion mûrement pesée et d'une analyse rigoureuse des risques bien réels liés à une telle incitation à la guerre. L'establishment constate sans doute que la crise énergétique découlant de la guerre américano-israélienne contre l'Iran n'est plus «à venir», mais qu'elle est déjà là.

Ils voient le coût de la vie s'envoler, les emplois disparaître et l'effondrement imminent des marchés — principalement sur le marché obligataire (dont le niveau des taux d'intérêt définit la valeur de tous les autres actifs à risque). Face à cela, ces responsables politiques en péril ont peut-être conclu que susciter la peur était le seul moyen de détourner l'attention de leurs propres échecs, et peut-être de se donner l'espoir de survivre au cycle électoral.

La survie est une motivation essentielle, mais il est probable aussi que le moral des élites soit soutenu par deux affirmations fausses, qui semblent pourtant plausibles aux yeux de la classe politique.

La première idée fausse est que la Russie a lancé une guerre préventive en février 2022 pour s'emparer de Kiev et d'environ 60% de l'Ukraine.

Les événements antérieurs en Syrie expliquent la réalité : la Russie est officiellement intervenue dans le conflit civil syrien en septembre 2015, à la demande du président Assad. L'intervention russe s'est avérée de portée limitée : un déploiement aérien très restreint (28 à 34 appareils) et un effectif minimal de forces spéciales de combat (la contribution russe comprenait principalement des conseillers militaires, des contrôleurs aériens avancés et de la police militaire).

La présence russe en Syrie était délibérément symbolique : une déclaration d'intention sérieuse, plutôt qu'une volonté de s'engager dans une guerre terrestre. En réalité, l'objectif de Moscou était justement d'éviter tout combat terrestre direct. Néanmoins, les frappes aériennes russes — soutenues par les troupes terrestres iraniennes — ont aidé l'armée syrienne à chasser les forces djihadistes d'Alep. Cela a conduit à une trêve négociée par la Russie et la Turquie fin 2016, puis au processus de paix d'Astana qui a débuté peu après.

L'approche de Poutine à Alep a clairement défini le modèle de ses premières tactiques concernant l'Ukraine. La Russie a déployé, selon les estimations, entre 15 000 et 30 000 hommes à l'extérieur et aux alentours de Kiev, lors de l'assaut initial début 2022. Le discours européen selon lequel cette force avait pour but de s'emparer de Kiev début 2022 est risible : 40 000 soldats pourraient peut-être remplir la place principale d'une ville, mais sont-ils capables de prendre une ville de plus de trois millions d'habitants ? C'est ridicule.

Néanmoins, des commentateurs européens et américains — notamment le commentateur américain Robert Pape — affirment que l'échec de la tentative de prise de Kiev, combiné au corollaire supposé selon lequel Poutine s'attendait à ce que cette démonstration symbolique de «sérieuse intention» pousse l'OTAN à battre en retraite, suggère — selon Pape — que Poutine est pris au piège d'une escalade. Pape soutient que Poutine cherchait une victoire rapide en 2022, mais qu'ayant échoué, il est désormais «piégé» dans une escalade dont les perspectives de succès ne cessent de s'assombrir — d'où l'échec de Poutine. «Ce n'est qu'une question de temps».

Loin d'être un échec, la démonstration de force de Moscou en Syrie, aussi modeste fût-elle, a fonctionné — Astana s'est inspirée du modèle syrien. Fin mars 2022, le processus d'Istanbul avait abouti au Communiqué d'Istanbul, un cadre de règlement avec l'Ukraine. Cette dernière initiative a échoué pour une seule raison — Boris Johnson l'a torpillée — et la Russie a été contrainte de se réorganiser, ce qu'elle a fait avec succès, bien qu'au prix d'une longue guerre d'usure et de la perte inutile de centaines de milliers de vies ukrainiennes.

Non, c'est Boris Johnson qui a entraîné l'Europe dans un piège d'escalade.

Les Européens, semble-t-il, ont fondé leur «réussite» dans la guerre contre la Russie, d'une part, sur la notion d'un échec présumé de Kiev, et, d'autre part, sur une confiance exagérée dans les sanctions financières. L'ancien ministre français des Finances, Le Maire, dans un élan d'exaltation, a déclaré «une guerre économique et financière totale contre la Russie». Il a insisté sur le fait que les sanctions étoufferaient et feraient s'effondrer l'économie russe — or, dans les faits, la Russie est passée, après 2007, à un modèle économique national (autosuffisant) et continue de prospérer.

Alors, qui a piégé qui ? L'hypothèse fondamentale imaginée par l'Occident, selon laquelle la Russie aurait été piégée dans une escalade dès l'échec du plan inexistant de prise de Kiev, a complètement renversé la situation.

C'est l'analyse erronée de l'Occident qui a piégé ce dernier dans une spirale d'escalade risquant de mener involontairement l'Europe à une guerre contre la Russie — une guerre dont aucun Européen ne veut.


Alastair Crooke

Source : Strategic Culture Foundation

https://reseauinternational.net/les-postulats-errones-qui-sous-tendent-lhysterie-autour-de-la-guerre-contre-la-russie-chez-les-europeens/
#83
Europe / Moscou ferme la porte : commen...
Last post by JacquesL - 29 Septembre 2026, 03:00:37 PM
Moscou ferme la porte : comment Poutine et Lavrov ont durci la position de la Russie sur l'Ukraine en dix jours



par Larry Johnson

À la mi-septembre, le Kremlin laissait entendre que les négociations pourraient reprendre. Poutine avait déclaré que des pourparlers trilatéraux avec les États-Unis et l'Ukraine étaient peu probables avant les élections à la Douma d'État, mais que la Russie serait prête à renouer le contact après le scrutin. Les élections se sont terminées le 20 septembre. En l'espace d'une semaine, Poutine et Lavrov sont passés d'une ouverture conditionnelle à des positions rendant une fin négociée de la guerre plus difficile à atteindre que jamais cette année.


L'élément déclencheur : le 20 septembre

Le tournant a été la campagne de drones menée par l'Ukraine le jour des élections. Poutine a affirmé que plus de 1600 drones avaient pénétré dans la région de Moscou cette nuit-là, menant des frappes contre des bureaux de vote, notamment une école qu'il a qualifiée de quasi-détruite. La présidente d'une commission électorale territoriale a été tuée lorsque son domicile a été touché. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a qualifié ce raid d'inédit. Selon RT, deux civils ont été tués en banlieue et une raffinerie de pétrole a été endommagée. Quoi que l'on pense des récits russes des dégâts, l'impact politique à Moscou était évident.


Poutine : de «prêt après les élections» à «nous y réfléchirons à deux fois»

Lors de sa conférence de presse à Saint-Pétersbourg le 25 septembre, Poutine a radicalement modifié la stratégie de négociation. Il a énuméré une série d'escalades ukrainiennes : l'attaque du port de Saint-Pétersbourg pendant le forum économique de juin, une campagne contre les raffineries russes, une tentative de blocus des côtes russes de la mer Noire qui, selon lui, a endommagé plus de 100 navires, et des attaques contre des entrepôts commerciaux. Il a affirmé que la Russie avait riposté à chacune de ces attaques, avec une telle efficacité que Kiev cherche désormais à obtenir des cessez-le-feu partiels dans les secteurs de l'énergie et de l'aviation.

Poutine n'a pas perçu ces demandes comme une opportunité, mais comme la preuve que la pression russe porte ses fruits. Son message à Kiev était clair : aucune provocation, aucune escalade ne permettra à Kiev d'obtenir ce qu'elle souhaite, et elle ne fait qu'aggraver sa situation. Puis vint le passage clé. Les propositions, dit-il, restent sur la table, mais compte tenu de tout ce que l'Ukraine a fait, la Russie «y réfléchira à deux fois» avant de réagir. Toute décision, y compris celle de reprendre les négociations, sera fondée sur les intérêts de la Russie.

Cela représente un changement notable par rapport à il y a dix jours. Poutine n'a pas fermé la porte aux négociations, mais il a supprimé tout engagement implicite de les reprendre après les élections et a subordonné toute reprise à l'évaluation que la Russie fait elle-même de ce qu'elle a à y gagner.


Lavrov au Conseil de sécurité : pas de pause «sous quelque forme que ce soit»

Lavrov a clairement exprimé sa position à New York le 23 septembre. S'exprimant lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur l'Ukraine, il a déclaré : «Forts de nos dures expériences, nous ne suspendrons pas l'opération militaire spéciale pendant la durée des négociations, quel que soit leur format». Il a ajouté que les pays européens souhaitaient une pause pour gagner du temps et reconstituer les arsenaux ukrainiens, fortement réduits. Il a rejeté tout cessez-le-feu préalable à un accord, le jugeant non sérieux, et a insisté sur le fait que l'objectif était un règlement durable.

Le moment choisi constituait un refus catégorique. Le même jour, l'Ukraine et 51 pays signataires publiaient une déclaration exigeant de la Russie un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel afin que des négociations puissent débuter. Parmi eux figuraient l'UE et ses États membres, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, soulignait que 14 des 15 membres du Conseil de sécurité avaient soutenu, sous une forme ou une autre, les propositions de cessez-le-feu, laissant la Russie seule.

Lavrov est allé plus loin que les simples modalités du cessez-le-feu. Il a affirmé que l'Ukraine aurait conservé ses frontières de 1991 si les Européens ne s'étaient pas «livrés à leurs manœuvres douteuses». Ce discours présente la perte de territoire ukrainien comme irréversible et rejette la faute sur l'Europe. Ce n'est pas le discours d'un gouvernement qui se prépare à négocier sur les lignes de contrôle.


Lavrov à l'Assemblée générale : l'Europe comme ennemie

Dans son discours à l'Assemblée générale du 26 septembre, Lavrov a désigné l'Europe comme la principale menace. Il a affirmé que l'UE se militarisait en vue d'une guerre contre la Russie et qu'un renforcement militaire de cette ampleur pourrait à terme mener à un conflit. Il a suggéré que la quête de suprématie militaire de l'Allemagne pouvait être perçue comme une tentative de créer un «Quatrième Reich». Lors de sa conférence de presse ultérieure, il a soutenu qu'un renforcement militaire européen devait nécessairement être utilisé à terme, «car nous n'avons pas l'intention» d'attaquer. Il a qualifié les préparatifs de guerre européens de possible «prophétie autoréalisatrice». (NdT. Une prophétie autoréalisatrice est une prédiction qui se réalise elle-même simplement parce qu'elle a été formulée, car elle modifie le comportement des personnes pour la rendre vraie).


L'effet est d'exclure l'Europe de toute négociation.

Lavrov a déclaré aux Européens que ce sont eux qui préparent la guerre, que leurs appels au cessez-le-feu servent à réarmer l'Ukraine et qu'ils ont anéanti toute possibilité de règlement sur les frontières ukrainiennes de 1991. Moscou ne considère désormais que les États-Unis comme un interlocuteur légitime.

Même le canal américain n'a rien produit

Après sa rencontre avec Lavrov à New York, le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que la Russie et l'Ukraine avaient manifesté leur intérêt pour un cessez-le-feu limité concernant les infrastructures énergétiques et le transport de céréales, tout en reconnaissant qu'un accord serait difficile à conclure. Le ministère russe des Affaires étrangères n'a confirmé aucun accord, et le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué qu'aucune condition n'était actuellement réunie pour s'engager sur la voie de la paix, même si la Russie restait ouverte au dialogue.

L'évaluation que Poutine faisait des relations avec les États-Unis était glaciale. Il s'est félicité des entretiens entre Trump et Xi à Washington, mais a déclaré que les relations de la Russie avec les États-Unis étaient quasiment inexistantes, contrastant avec les 240 milliards de dollars d'échanges commerciaux annuels avec la Chine.


Pression en mer, dans l'air et sur le sol

Ce durcissement diplomatique s'accompagne d'une pression militaire accrue sur trois fronts simultanément. Moscou n'attend pas de négociations. Elle profite de cette période pour faire payer à l'Ukraine le prix d'un refus de ses conditions.

En mer, la Russie a rétabli un blocus de facto des ports ukrainiens de la mer Noire. Contrairement à 2022, elle n'a pas déployé de navires de guerre au large des côtes ukrainiennes et a préféré recourir à des missiles et des drones contre les ports et les navires marchands. Après les frappes de la mi-juillet, notamment le naufrage du vraquier Golden Leo, les armateurs et les assureurs ont renoncé à leurs opérations, et le trafic maritime à Odessa, Chornomorsk et Pivdennyi s'est effondré. Le 12 septembre, la Russie a bombardé la région d'Odessa avec des missiles de croisière, des missiles balistiques et 129 drones, et a affirmé avoir touché deux cargos à Chornomorsk, les accusant de transporter des armes. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères par intérim a accusé Moscou de vouloir transformer la mer Noire en un «second détroit d'Ormuz». À Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a inscrit la levée du blocus parmi les concessions exigées par Kiev et a clairement indiqué qu'il n'était pas pressé de l'accorder.

Dans les airs, la Russie a intensifié ses frappes sur Kiev et d'autres grandes villes, ciblant les transports, la production, l'énergie, l'eau et les communications. Le 23 septembre, jour de l'intervention de Lavrov au Conseil de sécurité, des heures d'attaques de drones sur Kiev ont touché les infrastructures ferroviaires, des entrepôts et des stations-service, faisant au moins deux morts et plus de 30 blessés. Zelensky a déclaré que la Russie avait utilisé un grand nombre de drones, y compris des modèles à réaction plus rapides. Les frappes ont également touché les réseaux d'électricité, d'eau et d'internet, interrompant partiellement la distribution d'eau sur la rive gauche de Kiev. Plus tôt en septembre, la Russie a mené six nuits consécutives de frappes sur Kiev et le sud et l'est de l'Ukraine. À l'approche de l'hiver, le réseau électrique devient un enjeu majeur. Zelensky a proposé une trêve sur les infrastructures énergétiques à Trump à l'ONU ; Moscou ne l'a pas acceptée.

Sur le terrain, les forces russes attaquent tout le long de la ligne de contact et progressent tandis que l'Ukraine recule. L'état-major ukrainien a recensé 277 engagements le 24 septembre, des secteurs de Sloviansk et Kramatorsk, au nord de Donetsk, jusqu'à Huliaipole, au sud, les assauts les plus intenses ayant eu lieu autour de Kostiantynivka et Pokrovsk. Les forces russes ont pris Shirokoe et Shevchenkovo, dans la région de Kharkiv, ainsi que Novoandreevka, dans la région de Zaporijia, le 14 septembre, et Olkhovatka, également dans la région de Kharkiv, le lendemain, encerclée par l'Ukraine. Chaque jour d'impasse diplomatique accroît la pression.


En résumé

Prises dans leur ensemble, les déclarations des dix derniers jours dressent le portrait d'une position russe plus dure :

  • Les pourparlers ne reprendront que selon le calendrier de Moscou et en fonction de son propre jugement quant à ses intérêts, et non comme suite aux promesses des élections.
  • Aucun cessez-le-feu d'aucune sorte pendant les négociations, y compris le cessez-le-feu inconditionnel soutenu par plus de 50 pays.
  • Les demandes de trêve partielle formulées par l'Ukraine sont perçues comme la preuve que la pression russe porte ses fruits, et non comme des opportunités.
  • L'Europe est présentée comme l'agresseur, exclue du partenariat et tenue responsable de la perte du territoire ukrainien.
  • La pression militaire s'accroît sur tous les axes : blocus de facto des ports ukrainiens, intensification des frappes sur les infrastructures de Kiev et assauts sur l'ensemble du front.

La direction est claire. Mi-septembre, Moscou évoquait la date de reprise des négociations. Le 26 septembre, la question était de savoir si ces négociations étaient encore souhaitables et, le cas échéant, à quelles conditions.


Source : A Son of the New American Revolution via La Cause du Peuple

https://reseauinternational.net/moscou-ferme-la-porte-comment-poutine-et-lavrov-ont-durci-la-position-de-la-russie-sur-lukraine-en-dix-jours/
#84
Questions mondiales. / 81e Assemblée générale des Nat...
Last post by JacquesL - 29 Septembre 2026, 02:09:34 PM
81e Assemblée générale des Nations unies : le seigneur de guerre mondial crache sur la paix mondiale



par Simon Chege Ndiritu

Le discours de Trump lors de la 81e Assemblée générale montre que la politique belliciste des États-Unis pourrait s'accélérer dans les faits. Quant à savoir si les autres nations réagiront de manière appropriée, c'est une autre histoire.

La menace militaire de Trump à l'Assemblée générale des Nations unies

Alors que la Charte des Nations unies, le document qui a fondé l'Organisation des Nations unies (ONU), accordait la priorité à l'instauration et au maintien de la paix entre les nations, le président américain Donald Trump a profité de son discours à la 81e Assemblée générale des Nations unies pour bafouer ce document fondateur en proférant une menace militaire à l'encontre de l'Iran. Il convient de rappeler que Trump a lancé une guerre illégale contre l'Iran fin février 2026, s'ajoutant ainsi aux autres guerres menées par son pays, telles que celles au Vietnam et en Irak. Les guerres menées par Washington à l'échelle mondiale, qui présentent le pays comme un État belliqueux à l'échelle mondiale, ainsi que le discours de Trump du 22 septembre 2026, tel que présenté dans l'extrait ci-dessous, constituent une parodie de la gouvernance multilatérale : «Un accord sera-t-il conclu avec l'Iran... ? Ou bien dois-je anéantir la République islamique et le faire rapidement, sans jamais leur donner la possibilité de tuer et de détruire à nouveau des populations et des pays ? Dois-je les précipiter en enfer, sans aucune chance de survie ni aucun espoir de grandeur future ou de générations à venir ?»

Au cours des 80 dernières années, les États-Unis ont mis en œuvre un système militariste, dépassant le Japon de la Seconde Guerre mondiale ou l'Allemagne nazie en termes de pertes humaines

La déclaration ci-dessus constitue une menace directe de recours à la violence contre un membre de l'ONU, en violation directe de l'article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies. Les États-Unis ont enfreint cet article plus que tout autre pays depuis la Seconde Guerre mondiale, en menant le plus grand nombre de guerres, d'interventions et d'opérations secrètes, et en imposant des sanctions unilatérales ayant entraîné un nombre de morts comparable à celui causé par le Japon ou l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale (nous y reviendrons plus tard). Les accusations de Trump à l'encontre de l'Iran, selon lesquelles ce pays aurait semé la mort et la destruction dans toute la région, relevaient de la projection, car l'Iran n'a pas déclenché de guerre depuis les années 1850. En revanche, une recherche sur Internet concernant le nombre de conflits militaires que les États-Unis ont déclenchés ou dans lesquels ils se sont engagés depuis 1945 donne près d'une centaine de résultats. Au cours des 80 dernières années, les États-Unis ont mis en œuvre un système militariste, dépassant le Japon de la Seconde Guerre mondiale ou l'Allemagne nazie en termes de pertes humaines.

Au cours des 81 dernières années, les États-Unis ont bombardé des dizaines de pays, tuant des millions de personnes sans même déclarer la guerre ; Washington s'est transformé en un zombie meurtrier sans cervelle. La seule autre nation qui s'en rapproche en termes d'état de guerre permanent est Israël, avant-poste militaire de Washington.


Une machine à tuer au service des profits de l'Occident – depuis 1945

Un examen minutieux du nombre de personnes que les États-Unis ont tuées au cours de guerres et par le biais de sanctions économiques, le plus souvent sans mandat de l'ONU ni du Congrès, révèle un bilan supérieur à celui de l'Allemagne nazie (40 millions) ou du Japon militariste (environ 10 millions), ce qui soulève des questions quant aux raisons pour lesquelles les instances internationales n'ont pas enquêté sur ces agissements. On peut également se demander s'il existe un organisme international capable de garantir la justice pour tous.

Des sources ayant enquêté sur le nombre de personnes tuées par la machine militaire américaine après la Seconde Guerre mondiale dans des pays tels que la Corée, le Vietnam, le Laos, l'Irak et l'Afghanistan, entre autres, ont estimé le nombre de morts entre 20 et 30 millions. James A. Lucas a estimé ce chiffre à 30 millions, tandis que David Swanson est parvenu à un total de plus de 20 millions. D'autres sources ont fait état de bilans de victimes considérables, le Vietnam et l'Irak totalisant à eux seuls respectivement environ 1 et 3 millions de morts, ce qui corrobore les chiffres avancés par Lucas et Swanson.

Outre les victimes des actions militaires, les États-Unis ont imposé de nombreuses sanctions économiques ; une étude de 2025 publiée dans The Lancet Global Health a révélé que les sanctions unilatérales américaines entraînaient environ 564 000 décès supplémentaires chaque année. Ce chiffre annuel, extrapolé sur les cinq décennies durant lesquelles les États-Unis ont largement recouru aux sanctions économiques contre divers pays, représente un total de 28 millions de décès.

On peut donc affirmer que les États-Unis ont causé la mort, par le biais de guerres irresponsables, d'interventions militaires et de sanctions économiques, de près de 60 millions de personnes, soit plus que le nombre de morts enregistrés en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. La seule raison pour laquelle les institutions occidentales ne sont pas troublées par ces pertes est probablement que ces décès ont eu lieu dans des pays riches en ressources, qui ont enrichi leurs entreprises.

Malgré l'indifférence de l'Occident face aux guerres qui remplissent les caisses de ses grandes entreprises et satisfont ses populations, le moment est venu où les victimes jugent cette injustice intolérable. Le fait que les Yéménites aient été plongés dans la pauvreté et le choléra par les bombardements, que l'Iran soit enlisé dans la stagnation économique depuis un demi-siècle à cause des sanctions, ou encore que la Russie ait été contrainte, par les sanctions, de vendre son pétrole à prix cassés, montre qu'un système atteint son point de rupture. Personne ne devrait s'attendre à ce que ces victimes, et d'autres encore, restent les bras croisés. La menace de Trump d'anéantir les Iraniens et de les envoyer en enfer, bien qu'elle soit une musique douce aux oreilles des racistes à travers l'Occident, marque l'un des moments les plus dangereux de ces dernières décennies. Voici pourquoi.

Premièrement, cela révèle qu'il n'existe aucun mécanisme interne aux États-Unis pour empêcher une administration aux allures de seigneur de guerre de lancer une arme nucléaire non seulement sur l'Iran, mais aussi sur le Yémen, la Russie ou tout autre endroit où le colonialisme américain est rejeté.

Deuxièmement, elle révèle que l'ONU et les autres mécanismes internationaux ne sont pas en mesure de demander des comptes aux États-Unis, d'abord pour les dizaines de millions de personnes qu'ils ont déjà tuées, mais aussi pour une éventuelle escalade, y compris des attaques nucléaires.


Chacun pour soi : les mécanismes de sécurité internationaux sont morts depuis longtemps

Contrairement au passé, où l'Occident avait soigneusement mis en place une façade selon laquelle les systèmes internationaux pouvaient protéger les nations, il est désormais clair qu'aucune nation n'est à l'abri de la barbarie américaine. En effet, aucun pays ne portera devant le Conseil de sécurité de l'ONU les menaces de Trump visant à déstabiliser la paix mondiale, d'autant plus que les États-Unis opposeraient leur veto à une telle procédure.

L'ONU a été qualifiée d'instrument du colonialisme multilatéral, notamment par le professeur Peter Kagwanja qui, dans une interview diffusée sur la chaîne kenyane Citizen TV, a souligné que cette institution n'avait pas pris de mesures contre les meurtres commis par l'Occident en Afrique, comme l'assassinat de Patrice Lumumba. Elle n'a jamais non plus pris de mesures contre l'assassinat de Mouammar Kadhafi, ni contre les guerres menées par Washington au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Asie de l'Est.

L'ONU a permis aux nations occidentales d'agir à leur guise. Il convient notamment de noter que les dirigeants du Canada et d'Europe n'ont pas condamné la menace de Trump, mais ont continué à manifester leur sympathie envers Israël, qui n'a pas été menacé mais mène un génocide à Gaza avec l'aide de l'Occident. Si les Iraniens savaient qu'ils n'ont que deux options — l'une étant la capitulation, et donc de se laisser dévaster par la machine de guerre américaine comme l'Irak auparavant, ou un combat jusqu'au bout qui pourrait conduire les États-Unis à recourir à l'arme nucléaire —, alors rien ne justifierait que le pays ne développe pas ses propres armes nucléaires pour se défendre. Il en va de même pour tous les autres pays riches en ressources. Si les États-Unis, le Canada et l'Union européenne veulent faire valoir qu'il est acceptable de détruire un pays en raison du danger potentiel qu'il pourrait représenter pour Israël à l'avenir, tout en permettant à Israël de bombarder tous les pays de la région ou aux États-Unis de tuer des dizaines de millions de personnes, il est alors légitime que tous les pays développent leurs propres armes nucléaires. On ne peut en tirer aucune autre conclusion, si ce n'est que les États-Unis sont un État guerrier mondial soutenu par l'Occident pour détruire et piller le reste du monde, tout en utilisant l'ONU comme un mécanisme permettant de se décharger de leur culpabilité.


Source : New Eastern Outlook

https://reseauinternational.net/81e-assemblee-generale-des-nations-unies-le-seigneur-de-guerre-mondial-crache-sur-la-paix-mondiale/
#85
Amérique / Un chat et une souris ont conc...
Last post by JacquesL - 29 Septembre 2026, 11:21:14 AM
Un chat et une souris ont conclu un pacte



par Seph

Les détails sur les spoliations US après l'annonce tonitruante, du vendredi 28 août 2026, de Trump



La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a célébré une rencontre «historique» avec Donald Trump à New York, posant pour une photo souriante avec le président américain, moins de neuf mois après qu'il a ordonné l'enlèvement de son patron, Nicolás Maduro.

Les anciens ennemis se sont rencontrés dans un hôtel cinq étoiles à quelques rues de la Trump Tower à Manhattan, mardi, en marge de l'assemblée générale de l'ONU. L'hôtel se trouve à environ 7 miles de la prison de Brooklyn où Maduro est détenu depuis qu'il a été arraché lors d'un raid des forces spéciales sur Caracas en janvier 2026.


Trump : «C'est un cadeau du Venezuela au peuple des États-Unis»

I – Les accords sur le pétrole

Peu après l'opération terroriste menée par les États-Unis au Venezuela le 3 janvier 2026, les deux pays ont conclu un accord prévoyant le transfert au Trésor américain des recettes issues de la vente du pétrole vénézuélien sous sanctions.

Trump a indiqué que l'accord avait été négocié par le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et Rodríguez.

L'accord accorde aux États-Unis 55% de la production effective de la nouvelle société privée, sous forme de participation au capital et de droits d'achat de pétrole au prix de revient (Ndlr – c'est presque gratuit).

Les achats américains de ce pétrole seront notamment destinés à la Réserve stratégique de pétrole des États-Unis ainsi qu'aux besoins de l'armée.

Ainsi, le gouvernement dirigé par Delcy Rodriguez a négocié avec Trump la livraison d'une participation directe aux États-Unis dans plus de 17 champs pétroliers stratégiques.

Selon deux responsables américains cités par les médias, le gouvernement de Donald Trump aurait conclu avec le gouvernement dirigé par Delcy Rodriguez un accord pour que les États-Unis obtiennent un intérêt direct dans la propriété de nombreux champs pétroliers vénézuéliens.

Trump a rendu l'accord public :


«Les États-Unis d'Amérique viennent de signer un accord avec le Venezuela sur le plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale», a-t-il écrit. Selon les mots de Delcy Rodriguez, qui a ratifié la tristement célèbre livraison, ce sont 17 champs pétroliers stratégiques.

L'accord couvre plus d'une douzaine de champs productifs qui rassemblent quelque 65 000 millions de barils de réserves prouvées.

Ce ne sont pas toutes des réserves vénézuéliennes — estimées à environ 300 milliards de barils — mais elles représentent à elles seules une masse massive de ressources. Axios affirme que l'accord pourrait plus que doubler les réserves de pétrole prouvées aux États-Unis. L'un des responsables américains consultés par ces médias a été particulièrement explicite : «Qualifier cet accord d'énorme serait faible. C'est énorme».

La propagande du gouvernement national, qui a rendu l'accord public à travers le réseau social de Delcy Rodríguez, vise à présenter cette livraison nationale comme une opportunité de «récupérer» l'industrie pétrolière.

Mais la réalité est exactement l'inverse : les États-Unis passent du contrôle des revenus pétroliers vénézuéliens à la mise en marche du contrôle direct des gisements et de leur exploitation.

Officiellement, l'argent de la vente du pétrole est censé appartenir au Venezuela, mais en réalité, il est contrôlé par des responsables américains, et toute tentative de transparence quant à son utilisation relève de l'impossible. :

Après avoir capturé le président Maduro, l'administration Trump a immédiatement assoupli les sanctions et même protégé les capitaux vénézuéliens des poursuites américaines. En échange, le Venezuela a commencé à transférer ses revenus pétroliers sur des comptes bancaires «contrôlés» par le Trésor américain. Trump est vraiment trop bon.

En juin, 2026 Rubio déclarait au Congrès qu'un audit continu était en cours pour contrôler l'ensemble des dépenses et des paiements au sujet du pétrole. Le gouvernement vénézuélien a également créé un site web, «Souveraineté transparente», qui publie des données sur les transactions pétrolières.

Mais l'accord sur la «souveraineté» s'est avéré tout sauf transparent ; le département d'État n'a fourni ni accords écrits ni résultats d'audit. Le site web Transparent Sovereignty ne recense qu'une seule transaction : une vente de fioul de 300 millions de dollars en mars 2026. Parallèlement, le Financial Times a calculé qu'en vertu de ce nouvel accord, le Venezuela avait vendu pour plus de 13 milliards de dollars de pétrole. Trump l' a reconnu : «13 milliards de dollars du Venezuela ? Je n'y pense même plus», a déclaré le président aux journalistes à bord d'Air Force One.

Il est à noter que sur les 13 milliards, le Venezuela n'a reçu que 480 millions. C'est du vol.

Le président Donald Trump a toujours été friand de l'idée de «s'emparer du pétrole d'autres pays par la force» et il affirme avoir atteint cet objectif au Venezuela. Les États-Unis ont toujours revendiqué, et continueront de revendiquer, d'importantes quantités de ces réserves.

Cet accord pétrolier illustre le pouvoir brut, sans contrôle et à l'échelle mondiale que confèrent les sanctions économiques au Trésor américain. L'exemple vénézuélien est plus révélateur encore : dans cet accord pétrolier avec le nouveau gouvernement vénézuélien. En résumé, l'administration Trump cherche avant tout à établir un contrôle économique direct sur le Venezuela.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. En effet, Ricardo Hausmann, professeur à l'université Harvard et ancien ministre vénézuélien de la Planification, a dénoncé un «accord honteux». Il a déclaré :

«Les Vénézuéliens ne respecteront pas cet accord illégitime et aucune grande compagnie pétrolière américaine ne le prendra au sérieux, car elle sait qu'il ne durera pas», en ajoutant que Rodríguez «n'a ni légitimité ni pouvoir constitutionnel pour engager le Venezuela dans un tel accord».



Delcy Rodríguez avec le secrétaire américain à l'Energie, Chris Wright, lors de la signature d'un accord pétrolier à Caracas le 2 septembre. Photographie : Juan Barreto/AFP/Getty Images


II – Cependant, les USA ne s'intéressent pas uniquement au pétrole, mais à toutes les autres richesses, notamment l'or du Venezuela

L'administration Trump soutient fermement la campagne militaire de Caracas pour prendre le contrôle de la région de Las Claritas, dans le sud de l'État de Bolívar, où d'importants gisements d'or, de diamants et de coltan ont été découverts et qui constitue un centre majeur de l'exploitation minière illégale. En effet, des groupes criminels organisés et armés contrôlent une partie de l'activité minière dans la région.

D'après le Wall Street Journal, un système de répartition des tâches a déjà été instauré entre Washington et Caracas : les États-Unis fournissent des renseignements, des technologies et un soutien militaire pour lutter contre les gangs, tandis que le Venezuela fournit des soldats pour les combattre.

Le nouveau gouvernement a adopté une loi minière visant à attirer les investissements étrangers, et l'administration Trump a immédiatement assoupli certaines restrictions sur les transactions aurifères vénézuéliennes et entamé des discussions préliminaires d'investissement avec des entreprises américaines. «Nous recevons des sommes considérables : des milliards et des milliards de dollars du Venezuela», se vante Trump.

En résumé, les USA font faire le sale boulot aux soldats vénézuéliens pour pouvoir piller les minerais précieux. 

En résumé, les USA organisent la spoliation généralisée. Actuellement des forces spéciales US sont au Venezuela pour organiser le pillage de ce pays pour le compte des multinationales et des banques US. Comment dans un tel contexte le peuple vénézuélien peut-il vivre décemment car ce pays a perdu sa souveraineté et sa liberté ?


III – La situation actuelle du Venezuela prouve la soumission

Pour gérer la vente du pétrole, Trump a proposé l'homme d'affaires très controversé Alejandro Betancourt, qui est responsable de North American Blue Energy Partners (NABEP), le deuxième producteur privé de pétrole du Venezuela. Ce voyou a été accepté par Rodriguez !!! (voir : https://reseauinternational.net/ou-va-le-venezuela/)


Alejandro Betancourt homme d'affaires de 46 ans qui vit au Royaume-Uni depuis plusieurs années est le nouvel intermédiaire entre Washington et le gouvernement vénézuélien

On peut dire que Trump et Marco Rubio dirigent désormais le Venezuela depuis Washington, contrôlant de fait le gouvernement et les finances du pays, ainsi que la distribution de ses ressources naturelles.

En effet, Marco Rubio entretient des contacts étroits avec la présidente Delcy Rodriguez et délivre des licences exemptant les entreprises des sanctions pour leurs activités au Venezuela. Il ne cache pas son intention de placer les réserves d'hydrocarbures et minières (or, fer, charbon, bauxite et diamants) du Venezuela, les plus importantes au monde, sous contrôle américain.

Ainsi sous la pression de Washington, Delcy Rodriguez a opéré de nombreux changements, adoptant une loi d'amnistie pour libérer les opposants à Maduro ou réformant le secteur pétrolier et minier pour l'ouvrir aux Banques et multinationales US. En conséquence, le Venezuela devient régressivement une colonie des USA.

De plus, Trump a envoyé des sections spéciales de l'armée US au Venezuela pour contrôler et piller les richesses de ce pays notamment l'or.

En ce qui concerne le pétrole :

Les USA ont à ce jour, spolié environ 20 milliards de $ sur la vente du pétrole, le Venezuela ne recevant quelques centaines de millions (Par exemple : le Venezuela a reçu seulement 480 millions sur une vente de 13 milliards de $), ce sont des miettes rien de plus.

On peut donc se poser la question comment va vivre le peuple vénézuélien avec cette aumône ?. En revanche : «Nous recevons des sommes considérables : des milliards et des milliards de dollars du Venezuela», se vante Trump !

C'est du vol que fait le gouvernement vertueux de ce pays face à cette spoliation ? il coopère !

Aujourd'hui, Trump fait main basse sur le pétrole et sur des minerais notamment l'or dont les réserves sont colossales.

Par ailleurs, l'or du Venezuela (31 tonnes d'or, environ 4 milliards de dollars) qui est ou était stocké en Angleterre aurait été transféré aux USA ! 


Conclusion

Ce qui s'est mis en place au Venezuela est un régime de domination entièrement nouveau, une forme brutale de protectorat néocolonial, où la puissance impérialiste décide des ressources stratégiques, des revenus, des investissements et d'une part importante des conditions économiques dans lesquelles l'État vénézuélien opère.

Avec la finalisation de cet accord, nous assistons à l'une des plus vastes opérations contemporaines de transfert de ressources stratégiques d'un pays d'Amérique latine à une puissance impérialiste.

La soi-disant «doctrine Donroe» de Trump — la tentative de renforcer l'hégémonie américaine sur l'hémisphère — trouve au Venezuela l'un de ses laboratoires les plus cruels.

Le gouvernement de s'est fait le garant politique de cette nouvelle relation de subordination, présentant comme «reprise économique» ce qui n'est en réalité qu'une ouverture accélérée aux entreprises impérialistes.

Le président américain a saisi la richesse naturelle d'une nation dans une version moderne de la diplomatie des canonnières pour enrichir ses copains milliardaires.

De son côté, Delcy Rodríguez est devenue la mandataire du gangster psychopathe Trump. Quelle promotion !

S'exprimant à la Maison Blanche, Trump a fait l'éloge de son improbable partenaire vénézuélien. «Delcy fait un très, très bon travail — très très respecté», a-t-il déclaré aux journalistes.

Nota : Delcy Rodríguez et son frère, Jorge, président de l'Assemblée nationale, font tout en tandem. Ce sont les Thénardier (cf : Victor Hugo – Les misérables) du Venezuela.


Le pétrole du Venezuela appartient au peuple vénézuélien, et non à l'impérialisme enragé de Trump.

Compte tenu de sa résistance légendaire, le peuple vénézuélien reprendra ce qui lui appartient.


Delcy et Jorge Rodriguez


Annexe

L'étrange épisode qatari

Il est intéressant de rappeler qu'au départ, l'argent du pétrole avait été déposé sur un compte mystérieux au Qatar. Il s'avère que ce n'était pas un hasard. Selon le Guardian du 22 janvier 2026, Delcy Rodriguez, devenue de façon inattendue présidente par intérim puis présidente en exercice du Venezuela, entretenait des liens très étroits avec le Qatar, où «des membres de la famille régnante la considéraient comme une amie».

Le journal affirme que le Qatar a usé de son influence à la Maison Blanche lors des négociations secrètes de Trump avec Rodriguez afin d'offrir davantage d'opportunités à Delcy et qu'elle devienne présidente par intérim.

Le 13 février 2026, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, annonçait la fermeture du compte qatari après le transit de plus de 500 millions de dollars.


https://reseauinternational.net/un-chat-et-une-souris-ont-conclu-un-pacte/
#86
Questions mondiales. / Le trumpisme coercitif et la ...
Last post by JacquesL - 29 Septembre 2026, 10:46:01 AM
Le trumpisme coercitif et la riposte multipolaire

Publié le septembre 28, 2026 par Wayan



Par Alastair Crooke – Le 8 septembre 2026 – Conflicts Forum

Un redécoupage géopolitique : Le pouvoir préserve-t-il la paix ou pousse-t-il à faire la guerre ? – Conférence donnée au Club de Discussion Valdai, Moscou, le 8 septembre 2026.
Avant d'aborder la thèse académique conventionnelle sur la concurrence dominante entre les trois Grandes Puissances, nous devons d'abord nous demander ce qui compte pour le peuple – le peuple russe, par exemple ?

Nous devrions d'abord parler des gens, plutôt que de simplement parler des attributs d'un État puissant. Qu'est-ce qui compte le plus pour un peuple ? Nous avons, d'une part, la réponse classique selon laquelle le matériel militaire, la taille de la population et le PIB résument tous les enjeux de survie.

D'un autre côté, je dirais que la chose qui compte le plus pour les peuples est leur souveraineté.

La force brute est en effet une composante de la survie, mais compter les chars et les avions de combat disponibles ne correspond pas à un état d'esprit souverain communautaire intégré au sein d'un peuple. Les Palestiniens ont une conscience souverainiste et elle survit encore, malgré le manque d'outils pour transformer cette impulsion en forme pratique – et malgré l'assaut génocidaire d'Israël.

À l'ère actuelle, nous avons affaire à un facteur primordial et incontournable lorsque l'on considère les civilisations souveraines — c'est que l'héritage civilisationnel occidental est tellement érodé que les anciennes normes morales considérées comme inhérentes à ce que c'est que d'être humain ont été dépouillées de tout sens cohérent dérivé du contexte d'où ils sont issus à l'origine.

De plus, avec l'effondrement des fondements civilisationnels occidentaux, la base morale et juridique même de tout Ordre multipolaire ne possède plus le référent civilisationnel passé lorsqu'il s'agit du pouvoir impérial d'aujourd'hui.

Il est bien sûr possible que certaines entités civilisationnelles puissent encore se regrouper pour convenir d'une sorte de cadre perdu dans lequel elles se coordonneraient, mais il s'agira probablement davantage d'un caractère pragmatique et dissuasif limitant la vulnérabilité (comme un contournement du goulot d'étranglement dominant basé sur le dollar), plutôt que d'une large vision allant au-delà des mérites d'une salle de discussion commune.

Un « trumpisme » qui en est venu à incarner un mode de coercition à la « Roy Cohen » ignore et méprise simplement le défi de tout axe concurrentiel émergent. Le résultat est le chaos moral mondial et l'anarchie dans la sphère géopolitique.

La modernité occidentale, basée sur le rationalisme matériel, est maintenant entrainée dans un dysfonctionnement et un déclin évident. Cela pousse l'Occident à générer une hostilité radicale envers les valeurs et les normes par lesquelles les êtres humains s'identifient communément (genre, affinité familiale et communautaire, etc.), tout cela pour des intérêts purement mercantiles.

Il embrasse donc cette amoralité radicale principalement pour préserver la primauté de ses ambitions de « dark state » cherchant à gouverner le monde, et deuxièmement, pour garantir la place de son oligarchie financière comme structure d'enrichissement.

Derrière l'iconoclasme impénitent de Trump, il est donc possible d'entrevoir un dessein clair pour la préservation de l'ambition d'une certaine structure de pouvoir de conserver la primauté mondiale. C'est-à-dire qu'il poursuit son but en recourant à des moyens radicalement amoraux – y compris le déclenchement de la misère économique, les bombardements aériens (« anéantissez-les ! ») ou même un génocide contre des souverainetés refusant de se soumettre, allant même jusqu'à insinuer l'utilisation d'armes nucléaires.

Alors pourquoi parlons-nous encore d'un ordre mondial ? Nous sommes d'accord, je pense, que les traités, conventions et lois sur lesquels le soi-disant « ordre mondial » était censé être fondé – depuis 1945 – ont été saccagés à notre époque.

Par conséquent, il devient difficile de voir une fin de partie. L'Occident et son hégémonie du dollar doivent-ils d'abord avoir complètement implosés avant qu'un groupe de puissances aux fondements moraux ait l'espace dans lequel il peut opérer ? Ou la guerre et une implosion financière majeure dans le paradigme occidental fait-elle partie des conditions préalables à un monde multipolaire ?

Les supra-élites occidentales ne peuvent tout simplement pas se résoudre à imaginer un monde dans lequel l'Occident ne donnerait pas ses ordres aux autres. Trump dit à ses amis qu'il est occupé à "gérer le monde". Il n'a pas dit cela facétieusement, mais sérieusement.

Je ne pense pas que nous allons passer sans heurts d'un ordre mondial unipolaire à un ordre mondial multipolaire – il n'y a pas assez de consensus dans le monde fracturé d'aujourd'hui. Je ne pense pas non plus qu'il s'agira de glisser de manière transparente dans de nouvelles structures, même si un groupe défensif de puissances peut s'avérer être le premier pas et qu'il y ait la volonté de le poursuivre avec détermination.

J'envisage l'effondrement de notre ordre mondial actuel un peu comme une étoile nova dans le Cosmos, explosant soudainement. Il se brise, et ce que vous obtenez est une énorme émanation d'énergie et de particules destructrices. La plupart de ces émanations sont susceptibles de s'avérer très dangereuses.

La question se résume ensuite à la question de la dissuasion — c'est là que s'inscrit la puissance cinétique — et à la manière de limiter la vulnérabilité de la communauté face aux émanations destructrices du pouvoir hégémonique.

Ce ne sont pas seulement les chars et combien d'argent vous dépensez, combien d'avions vous possédez, qui offrent la sécurité. Il y a une autre notion de puissance parfaitement illustrée par l'Iran.

Jusqu'à récemment, les gens disaient que « l'Iran était faible« . Eh bien, il a maintenant démontré son « pouvoir civilisationnel » – un ensemble de moyens de guerre asymétriques bien pensés, combinés à un bon niveau de conscience. C'est, je crois, un vrai pouvoir. Un pouvoir plus puissant que celui de ses rivaux régionaux qui ont peut-être plus de « matériel« , mais pas de colonne vertébrale psychologique.

L'Iran n'a pas de force aérienne, ni de marine, ni de base économique solide. Et pourtant, aujourd'hui, il réussit à défier les États-Unis et à devenir un acteur à la table mondiale. Il a indéniablement acquis un réel pouvoir.

Comment a-t-il fait cela ? D'où proviennent la force, l'unité et la résilience du peuple iranien ?

Il provient de ces fragments d'une tradition plus ancienne remontant à des époques antérieures — même à celles précédant l'Islam. Les récits moraux et les mythes de la culture traditionnelle fournissent à eux seuls à la fois les normes et la structure architecturale par lesquelles les hommes et les femmes peuvent accepter les souffrances passées, peuvent comprendre l'explication métaphysique de leur douleur historique et, à partir de là, regarder vers l'avenir — vers un eschaton, en d'autres termes. Le sens de la vie.

L'un des aspects les plus intéressants en Iran a été de voir comment, sous l'impact de la guerre et de l'effet de choc, cela a ramené les Iraniens à d'autres modes de pensée plus anciens. Les éloignant de l'orientation matérialiste et descendante de la pensée occidentale ; les ramenant à des modes ascendants plus anciens de vieilles cognitions — à des gens comme Shurawadi, Ibn Sinna et Mulla Sadra.

Ces différents modes de pensée holistique incitent les Iraniens à porter différemment leur attention, et donc leur conscience, sur le monde. Ce faisant, ils spatialisent le monde d'une manière très différente – parce que la façon dont vous disposez de votre conscience déterminera ce que vous voyez et comprenez.

Plutôt que de sombrer dans le nihilisme, les Iraniens visualisent une nouvelle spatialité qui en elle-même attire celui qui la perçoit vers l'avant, vers un avenir.

Cela représente le véritable noyau – outre les missiles et le leadership – qui assure la cohésion communautaire et la résilience nécessaires pour soutenir le sacrifice et favoriser une ambiance révolutionnaire.

Les Palestiniens sont prêts à sacrifier leur vie pour soutenir l'idéal d'une civilisation ; d'une manière palestinienne d'être ; d'une façon palestinienne de voir le monde.

Le « trumpisme » illustre à quel point nous, en Occident, avons perdu le contact avec la compréhension du rôle qu'une conscience forte joue dans la vitalité, l'énergie et la résilience d'un peuple. Par conséquent, nous laissons filer la civilisation occidentale, sacrifiant de plus en plus notre identité et nos traditions culturelles dans le seul but de préserver notre domination sur le monde.


Alastair Crooke

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/le-trumpisme-coercitif-et-la-riposte-multipolaire
#87
Syrie + Iraq + Jordanie / Re : Sous l’œil du delta
Last post by JacquesL - 27 Septembre 2026, 11:18:29 PM
Cet article est deux fois trop long, c'est pourquoi j'ai tardé un an et demi avant de le répercuter : il se perd en répétage de folklore satanique, qui n'a aucune valeur, sinon distrayante, de la poudre aux yeux.
#88
Syrie + Iraq + Jordanie / Sous l’œil du delta
Last post by JacquesL - 27 Septembre 2026, 10:05:57 PM
Sous l'œil du delta



par Le Bouc Émissaire
12 mars 2025
Pourquoi cette photo dérange ?

Trois personnes. Trois postures. Trois rôles bien huilés. On pourrait croire à une rencontre, une discussion, un échange. C'est tout sauf ça. Cette image ne parle pas, elle s'impose. Elle dicte. Comme un script déjà écrit dont on nous montrerait juste un extrait, histoire qu'on comprenne bien où est la caméra et qui a le dernier mot.

À gauche, la technocrate allemande. Tailleur neutre, regard opaque, posture contrôlée au millimètre. Pas de faux pas, pas d'hésitation. Elle sait pourquoi elle est là. Et surtout, elle sait que ce n'est pas elle qui décide. Son rôle est précis : donner l'illusion du dialogue, le vernis d'une décision prise à plusieurs. Mais dans l'histoire du monde, combien de figurants ont cru être dans le premier rôle ?

À droite, le «stratège» français. Crâne lisse, costume qui ne prend jamais un pli, posture verrouillée comme une porte blindée. Ce n'est pas un homme, c'est une serrure. Une serrure dont la clé se trouve ailleurs. Il n'écoute pas, il enregistre. Il ne parle pas, il confirme. Ce qu'il pense, on s'en fout. Ce qu'il veut, il le sait déjà : ne pas dévier d'un millimètre de la partition qui lui a été confiée. Ce même «stratège» qui, quelques mois plus tôt, s'est fait ridiculiser en Israël.

Petit retour en arrière. Deux policiers français arrêtés à Jérusalem. Traînés comme des malpropres, humiliés par les autorités locales sous les caméras du monde entier. Et lui, ce grand diplomate, ce représentant officiel, qu'a-t-il fait ? Rien. Rien d'autre que se tordre les mains et chialer avec ses yeux globuleux de Gollum.

Pourquoi ? Parce qu'il ne pouvait rien dire. Il n'en avait pas le droit. Il savait qu'il n'en avait pas le droit. On ne mord pas la main qui vous nourrit.

Et au centre ? L'homme à l'air imperturbable, sans âge, sans aspérité. Celui qu'on nous vend comme la nouvelle incarnation du pouvoir. Costume impeccable, colonne vertébrale aussi droite que les lignes de son discours à venir. Derrière lui, un drapeau. Rouge, frappé d'étoiles. Pas juste un décor, pas juste un emblème. Un rappel. Un sceau. Comme une marque gravée à chaud pour qu'on n'oublie pas d'où vient la marchandise.

Mais il y a autre chose. Un détail étrange. Une anomalie, une insulte à ciel ouvert.

Regardez bien les deux marionnettes de chaque côté. À gauche et à droite, les mains se meuvent d'une drôle de façon. Pas un tic nerveux, pas une simple gestuelle hasardeuse. Leurs doigts s'agencent avec une précision d'orfèvre, un calcul minutieux. Un triangle. Parfait. Synchro. Trop synchro. Un hasard ? Un problème de motricité collective ? Une mise en scène ? Un message ? Un signal ? Une signature ?

En maçonnerie, c'est le Delta lumineux, l'œil omniscient qui veille, symbole du savoir réservé aux initiés. Une marque de ceux qui ne gouvernent pas en apparence mais qui façonnent les événements en coulisses.



Dans le judaïsme ésotérique, il renvoie aux lettres du Nom sacré, à la construction d'un ordre supérieur, au pouvoir qui s'exerce par la structure, l'architecture invisible des nations.

Dans l'occultisme, c'est le triangle inversé, la trinité pervertie, le sceau du pouvoir caché qui impose sans jamais s'exposer.

Ici, aucun doute : ils ne parlent pas, ils montrent. Ils affichent leur allégeance. Ils désignent, sans l'ombre d'un scrupule, qui tient réellement les rênes.

Difficile de ne pas voir une immense farce s'étaler sur la tronche des péquenots français et allemands qui pensent encore que ces deux-là travaillent pour eux. Deux exécutants, deux pantins placés là pour rappeler qui tient réellement les ficelles. Et eux, en bons petits valets, désignent clairement, sans trembler. Ils se plantent là, bien droits, et balancent en pleine face à ceux qui savent lire que le spectacle est sous contrôle.

Et comme toujours, faut-il le rappeler, ceux qui tiennent les fils ne prennent jamais la pose. Et ce n'est pas une coïncidence. Ces signes, ces triangles, ces postures, ces symboles ostensibles, on les retrouve partout.

Rien n'est accidentel. À chaque allocution, chaque sommet, chaque photo officielle, les marionnettes du Nouvel Ordre Mondial affichent leurs codes en pleine lumière. Ce n'est pas de l'improvisation. C'est voulu.

Pourquoi ? Pour faire parler, pour narguer, pour tester.

Macron, la biatch du NOM, nous l'a fait à de nombreuses reprises. Mais sa plus belle performance reste celle de 2017, le soir de son élection, posé devant la pyramide du Louvre, baigné dans une lumière rougeâtre comme un vampire prêt à s'abreuver.



Et il n'est pas le seul. Tous les «dirigeants», un par un, passent par la même case. Ils ont un ordre : mettre une pièce dans la machine à complotistes. Il faut occuper les esprits. Faire rager ceux qui voient, donner des os à ronger aux fouineurs, les enfermer dans l'idée qu'ils ont «démasqué le système». Leur faire croire qu'ils ont compris, alors qu'ils n'ont fait que confondre les pantins et leurs maîtres.

C'est pratique. Ça permet de banaliser ces signes et, mieux encore, de discréditer tous ceux qui les dénoncent. «Regardez ces dingos qui voient des Illuminati partout !» Pendant ce temps, les vrais décideurs poursuivent leur œuvre.

Mais le plus troublant, c'est que ce n'est pas une mise en scène anodine. Ce n'est pas juste un jeu destiné à provoquer ou semer le doute. C'est un véritable serment d'allégeance. Un rituel. Un pacte avec une force qui dépasse l'entendement humain.

Et si le monde comprenait réellement à quoi ces signes font référence, à quelles entités ils jurent fidélité, il virerait à la panique générale. Parce qu'à ce niveau-là, ce n'est plus du symbolisme. C'est de l'occulte. C'est monstrueux.

Et ça continue, à chaque sommet, à chaque signature, à chaque mise en scène. Parce que, comme toujours, ceux qui tiennent les fils ne sont jamais dans le cadre.

Baphomet, c'est le logo officieux du pouvoir occulte, une signature qui traverse les siècles et les régimes sans jamais disparaître. D'abord une figure floue, une invention sortie du procès des Templiers au XIVe siècle, utilisée comme prétexte pour les accuser d'hérésie et les envoyer au bûcher. Puis, au fil du temps, il mute, devient une icône ésotérique, récupérée par les occultistes, les sociétés secrètes, et surtout, les structures qui aiment jouer à cache-cache avec la vérité.

Sa représentation classique ? Une silhouette hybride, mi-homme, mi-bouc, bras tendus vers le ciel et la terre, symbolisant l'union des contraires. Mais ce n'est pas un simple symbole mystique. C'est une signature. Un sceau. Un marquage de territoire.



Aujourd'hui, il est partout, mais de manière détournée. Dans les logos, les postures, les mises en scène, les symboles cachés à peine dissimulés. Le triangle des mains jointes ? C'est lui. Les cornes stylisées sur des affiches officielles ? C'est encore lui. Chaque fois qu'une main invisible orchestre un jeu truqué, son empreinte est là, subtile ou arrogante, mais toujours présente.

Parce qu'au fond, Baphomet, c'est le clin d'œil qu'ils se font entre eux, le rappel que le spectacle est sous contrôle.

Baphomet, encore et toujours. Le même sceau, la même marque, la même trappe béante sous le tapis. Ça ne date pas d'hier. Depuis un siècle, il trône sur les empires, tamponne les nations, grave son sceau sur chaque étendard sous lequel on croit se battre pour une cause. Et là, en plein cadre, on nous le ressort, en triangle parfait, bien en évidence, comme une signature sur un contrat déjà signé d'avance.

Et comme d'habitude, les sales gosses de la mondialisation sont à la manœuvre. France et Allemagne, main dans la main, dans leur rôle favori : idiots utiles en chef.

Encore une fois, le schéma est le même. Comme en 14-18. Comme en 39-45. Deux puissances européennes se convainquant qu'elles jouent leur propre partition, alors qu'elles ne sont que les petits soldats d'une guerre qui n'est pas la leur. L'histoire bégaie, toujours au même endroit.

Le rôle est simple : frapper, diviser et laisser le champ libre. Comme toujours. Détruire tout ce qui pourrait faire obstacle à l'expansion de l'État imposteur d'Israël. Briser les voisins un par un, affaiblir, fragmenter, laisser le chaos faire le reste. Et ces deux abrutis réfractaires sont encore persuadés d'agir pour leur propre intérêt.

Et comme un spectacle ne serait pas complet sans un grand final ridicule, voilà que l'Occident nous vend son dernier tour de passe-passe.

Le nouveau «président» syrien. Ou plutôt, le jihadiste le plus recherché de la planète. Wanted partout, fiché dans tous les services de renseignement dignes de ce nom. On connaît son CV par cœur : massacres, attentats, alliances avec tout ce que la guerre a produit de plus abject. Et pourtant, aujourd'hui, comme si on venait tous de se faire flashouiller la tronche façon Men in Black, il devient un homme «fréquentable».



Les médias nous l'annoncent comme un «acteur clé de la transition», un «interlocuteur légitime». Transition vers quoi ? Vers plus de chaos ? Vers un démembrement complet de la région ?
Ce qu'on nous vend, ce n'est pas de la politique, c'est du foutage de gueule à l'état pur.

C'est comme si on nous tartinait leurs excréments sur la tronche en nous disant que c'est un masque de beauté. Et qu'au passage, ces soins nous coûtaient 100 €. Il paraît que pour 100 balles, t'as plus rien. Oui, c'est vrai. Sauf un masque de beauté du N.O.M.

Alors quoi ? Un sommet ? Une négociation de haut vol ? Une alliance secrète ? Rien de tout ça. C'est bien plus simple. C'est une reconnaissance de terrain. Une mise en place. Un marquage. Une photo pour dire : «C'est acté».

Ce qui se joue ne se décide pas là. Ces trois-là n'ont aucun pouvoir. Ils ne dirigent rien, ils valident, officialisent, signent à blanc. Les vraies décisions ne se prennent pas sous les projecteurs. Tout est ficelé bien avant, à huis clos, loin des regards. On ne gouverne pas, on exécute. Et pour que la farce fonctionne, il faut une mise en scène millimétrée.

Le vrai pouvoir, lui, ne s'amuse pas à faire des triangles avec ses doigts. Il veille. Il ajuste. Il orchestre.

Alors, pourquoi cette photo dérange ? Parce qu'elle ne masque même plus le jeu. On croit assister à une négociation ? Erreur. C'est une allégeance. Le scénario est écrit bien avant qu'on appuie sur le déclencheur.

Ces mises en scène diplomatiques ne sont que des annonces à ciel ouvert. Pas des débats, pas des confrontations, encore moins des décisions. Juste des étapes obligées pour acter la suite d'un plan qui, lui, ne change jamais.

Et la suite, c'est quoi ? Toujours la même. Un soutien inconditionnel, total, absolu, à tout ce qui sert Israël. Partout, tout le temps, sans la moindre hésitation. La seule règle éternelle, gravée dans la marche du monde, projetée vers l'infini et au-delà.

Le reste ? Un écran de fumée, un décor bien huilé pour endormir la galerie. Et devinez quoi ? Vous êtes dans la galerie.

Mais ne bougez surtout pas. Le spectacle continue. Et il paraît même que le prochain acte sera encore plus grandiose.




Source : Le Bouc Émissaire

https://reseauinternational.net/sous-loeil-du-delta/
#89
Politique française / Lettre ouverte aux belliciste...
Last post by JacquesL - 27 Septembre 2026, 09:39:27 PM
Lettre ouverte aux bellicistes français

Publié le septembre 26, 2026 par Le Saker Francophone

Par Emmanuel Leroy − Septembre 2026



Messieurs, Il ne vous aura pas échappé que le 15 avril 2026 était lancé à Kiev un groupe informel baptisé Military Expert Council « ARES » (Allied Reform and Expert Support) auprès du commandant en chef Oleksandr Syrskyï (ce dernier remplacé le 21 juillet dernier à la suite du scandale Fedorov par le général Mykhaïlo Drapatyï).

ARES comme son nom l'indique, est exclusivement axé sur la guerre, et plus spécialement celle d'Ukraine et sur les leçons que l'Occident doit en tirer au plus vite avant que celle-ci ne s'achève sur les rives du Dniepr voire jusqu'à Odessa. Vous qui semblez tant fascinés par cette guerre que votre plus cher désir serait d'envoyer de jeunes soldats français dans les steppes d'Ukraine pour y tuer des Russes et pour venger la Bérézina, sans imaginer une seconde qu'il sera plus probable de les voir mourir dans leur caserne à Dieuze ou à Bayonne frappés dès les premières minutes de la guerre par des missiles hypersoniques, que sur un champ de bataille.

Vous qui êtes des observateurs scrupuleux de tout ce qui a trait à cette guerre, vous devez sans doute vous souvenir de l'exercice de l'OTAN Hedgehog qui s'est déroulé en Estonie en mai 2025 où une petite équipe de dronistes ukrainiens – on parle d'une dizaine de soldats – a mis en déroute deux bataillons de l'OTAN en moins d'une journée. Le résultat fut si choquant que l'on en parle encore dans les états-majors occidentaux car cet exercice a prouvé au monde entier qu'il n'existe aujourd'hui que deux armées disposant de l'expertise réelle – pas sur Powerpoint – d'une guerre moderne, ce sont l'armée ukrainienne et l'armée russe. Et sans nul doute, cet épisode aura joué un rôle déterminant pour lancer ARES et tirer du sang ukrainien qui coule encore, les leçons dont l'Occident a besoin pour forger ses armées de demain.

Comme vous êtes toujours attentifs à ce que disent et font vos maîtres anglo-saxons, vous aurez sans doute remarqué la composition très orientée de ce Conseil d'experts militaires baptisé du nom du dieu de la guerre Arès. Elle mérite en effet que l'on y regarde de plus près.

Le président est le général britannique Richard Shirreff montrant par là le rôle prééminent de la Grande-Bretagne dans ce conflit, bien au-delà de sa puissance géopolitique résiduelle. Shirreff a été le numéro 2 de l'OTAN entre 2011 et 2014 et son titre de gloire, tout un programme, est d'avoir publié en 2016 un roman intitulé « 2017 : War with Russia ». Au moins ça a le mérite d'être clair. Cet homme-là ne nous refera pas le coup de Chamberlain à Munich.

Mais comme l'empreinte godone est forte dans cette enceinte, on y trouve encore un Britannique en la personne de Martin Connel, vice-amiral à la retraite, spécialiste de l'aéronavale et de la guerre sous-marine mais qui dispose aussi de fortes attaches avec les USA car il fut attaché naval à Washington et un des acteurs-clé du programme AUKUS, autrement dit qu'il fut aussi un agent actif pour saborder la vente des sous-marins français à l'Australie en 2021 (contrat du siècle !). Eternelle perfidie...

Mais nous trouvons aussi le général étatsunien David Petraeus, ancien patron de la CIA, docteur en relations internationales, enseignant à West Point et général de terrain durant le conflit irakien entre 2003 et 2008. C'est en Irak, devant les succès de la rébellion face aux forces d'occupation, qu'il publiera un manuel interarmées de contre-insurrection, largement inspiré des écrits du colonel Trinquier durant la guerre d'Algérie. Depuis qu'il ne fait plus la guerre en battle-dress, Petraeus est aussi associé (Partner) depuis 2013 du fonds vautour KKR spécialisé dans la prédation économique sur les zones en crise et plus si affinités... Autrement dit, il a changé de costume mais pas d'activité.

Mais dans ce groupe nous trouvons aussi un Allemand, l'amiral Manfred Nielson, ex-chef de la marine de guerre teutonne, spécialiste des armes sous-marines (encore un), passé par le Collège de défense de l'OTAN (Rome) et ancien DSACT (Deputy Supreme Allied Commander Transformation) de l'OTAN basé à Norfolk (Virginie, USA), c'est-à-dire l'organisme qui prépare les guerres du futur. Pourtant le poste de patron de cette direction de l'OTAN chargée d'anticiper les conflits de demain est, depuis 2009, confiée à des étoilés français, mais manifestement les instances de Londres préfèrent travailler avec les mangeurs de saucisses plutôt qu'avec des mangeurs de grenouilles. Il y en a qui n'ont toujours pas digéré les conséquences de la Guerre de cent ans.

Puis nous trouvons ensuite un Canadien, le général Andrew Leslie dont le principal titre de gloire a consisté à évacuer des civils en Croatie durant les guerres illégales de l'OTAN contre la Yougoslavie. Son profil le décrit comme « Chief of Transformation » de l'armée canadienne, donc comme un rouage parfaitement adapté à transposer les leçons de la guerre d'Ukraine dans les instances atlantistes. Pour les naïfs qui l'auraient oublié, Charles III est « roi du Canada, chef de l'Etat canadien ».

Ensuite nous avons le général Patrick Carpentier, spécialiste des radars (AWACS, NORAD et zone arctique) qui servit avec ses potes ricains sur la base de Thulé (aujourd'hui Pituffik) dans les années 80. Ce serait drôle de le voir demain empêcher les troupes de Trump de prendre le contrôle du Groënland ! Carpentier ? Avec un nom pareil vous allez croire que c'est notre piou-piou à nous qui va défendre l'honneur de la Macronerie dans cette arène anglo-saxonne ? Pas du tout ! Carpentier est un major-général, canadien lui aussi, qui n'a donc de comptes à rendre qu'à Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre et accessoirement Premier ministre du Canada, et à Charles le troisième son suzerain britannique.

Mais ce n'est pas tout, nous trouvons aussi dans la liste le général Pavel Macko, ancien chef d'état-major de l'armée de Bratislava et seul officier slovaque à avoir commandé une base opérationnelle de l'OTAN – commandant de 2011 à 2013 de la Joint Force Training Centre (JFTC) de Bydgoszcz en Pologne chargée d'analyser le retour d'expérience de la guerre de l'OTAN en Ukraine -. C'est un spécialiste de la logistique. Bien évidemment, il est passé aussi par l'expérience afghane avec le général Petraeus où il était intégré à l'état-major qui dirigeait les opérations sur l'Afghanistan.

Puis nous avons encore le commodore Hans Helseth de la marine royale norvégienne qui semble le plus discret des membres de l'ARES, comme s'il voulait faire oublier le rôle adjacent mais actif qu'ont joué les plongeurs norvégiens dans les opérations anglo-saxonnes en eaux profondes de la Baltique en 2022. La Norvège co-dirige avec le Royaume-Uni la « Maritime Capability Coalition » pour l'Ukraine qui a joué un rôle décisif pour créer et développer une armada de drones navals qui a posé – et qui pose encore – de sacrés problèmes à la Flotte russe de la Mer noire.

Et puis ? Et puis c'est tout ! Vous pensiez sans doute Messieurs, que la gloire des armées françaises, le souvenir de Napoléon, la guerre de Crimée, le sacrifice de Verdun, la tragédie d'Ouzbin et le retour au sein du commandement intégré de l'OTAN suffiraient pour vous offrir une place au sein de ce cénacle typiquement anglo-saxon ? Que nenni ! Vous n'avez rien compris et surtout vous n'avez rien appris. Savez-vous comment les officiers de West Point qualifient les soldats français en souvenir de mai 40 ? De « cowards » autrement dit de couards pour parler français même si cette défaite mémorable est largement due à la fuite préalable de l'armée anglaise à Dunkerque. Filer à l'anglaise ce n'est pas une clause de style...

Messieurs les bellicistes, vous êtes dans la même lignée que ce vice-amiral français, patron du porte-avions Charles de Gaulle, qui fêta le bicentenaire de la bataille de Trafalgar en 2005 en compagnie des Anglais en faisant jouer le « Rule Britannia » par son équipage au passage de la reine Elisabeth et en osant déclarer que les deux marines étaient comme « les deux doigts de la même main ». Les 1300 marins français tués traitreusement à Mers el Kébir ont dû se retourner dans leurs tombes.

Aujourd'hui vous êtes au service d'un Macron finissant exécutant les ordres de la caste financière qui a déclaré une guerre totale contre la Russie et depuis longtemps et vous attendez vos prébendes après avoir hurlé contre l'ours sur BFM, LCI et autres médias de grands chemins. Mais vous n'avez pas intégré que la guerre qui nous attend n'aura rien à voir avec celle qui se déroule actuellement en Ukraine. Vous poussez à la guerre en sachant très bien que vous n'irez jamais la faire mais ce que vous n'avez pas compris c'est que cette guerre de demain peut nous faire disparaître, tous ! Vous êtes des fous furieux !

Vous êtes les dignes héritiers de cette bourgeoisie française veule et cupide qui s'est emparée de la France voilà plus de deux siècles et qui s'est mise au service de ce monde anglo-saxon qui mène l'humanité à sa perte.

Messieurs les bellicistes français, vous êtes la honte de la France !


Emmanuel Leroy

https://lesakerfrancophone.fr/lettre-ouverte-aux-bellicistes-francais
#90
Syrie + Iraq + Jordanie / «On promettait la liberté – on...
Last post by JacquesL - 27 Septembre 2026, 03:38:30 PM
«On promettait la liberté – on a reçu le pain au prix de l'or» : comment l'Occident a laissé la Syrie seule face à la catastrophe



par Mohammed ibn Fayçal al-Rachid

Des manifestations massives ont embrasé la Syrie, d'Alep à Deir ez-Zor. Deux années de promesses creuses de l'Occident, des gisements pétroliers pillés, l'occupation du sud par Israël et le pouvoir d'un ancien terroriste que Washington et Londres ont placé sur le trône.


La crise du carburant comme détonateur

À la mi-septembre 2026, la Syrie a été submergée par la plus grande vague de troubles civils depuis la chute du gouvernement central à Damas en décembre 2024. Les manifestations ont éclaté d'Alep et Idlib jusqu'à Hassaké et Deir ez-Zor. Les protestataires brûlaient des pneus, bloquaient l'autoroute M5 et interceptaient des camions-citernes de pétrole.

Le prétexte formel a été l'annonce par le régime d'Ahmed «al-Jolani» al-Charaa d'une forte hausse de 40% du prix du gazole. L'essence a augmenté de 26 à 28%, et le gaz liquéfié d'environ 9%. Le gouvernement invoquait la volatilité du marché mondial et la réparation de la raffinerie de Banias, mais cette explication n'a pas apaisé une population en proie à une crise systémique.

Des foules en colère exigeaient la démission immédiate du ministre de l'Énergie, Mohammed al-Bachir. Un chauffeur de taxi de Damas, Mohammed, a décrit la situation à Reuters en ces termes : «Hier, j'ai mis 10 litres d'essence pour 185 000. J'ai gagné 225 000 dans toute la journée. Et qu'est-ce que j'en ai retiré ? J'ai rapporté à la maison 20-25 000. Cela signifie que j'ai travaillé uniquement pour l'essence. Je n'ai pas travaillé pour moi».


Le pain, l'obscurité et la médecine réservée aux riches

Le carburant n'est qu'un nouveau fardeau pour une population épuisée. Dans les grandes villes comme dans les petites localités, la vie quotidienne est devenue pratiquement impossible. Les prix du pain ont explosé après la suppression des subventions publiques sur le blé. Dans des régions comme Hassaké, une miche de pain standard coûte désormais jusqu'à 15 000 livres syriennes — un bond brutal par rapport à la fin de 2024.

La situation n'est pas meilleure pour les infrastructures électriques. Le gouvernement a récemment converti en dollars les prix de l'électricité produite par les générateurs, ce qui a poussé des opérateurs privés à fermer leurs stations. Certaines régions sont désormais plongées dans l'obscurité jusqu'à 21 heures par jour. Le secteur de la santé a fait l'objet d'une privatisation agressive et prédatrice : les familles pauvres ont perdu l'accès aux soins médicaux de base. Plus de 90% des Syriens vivent sous le seuil de pauvreté, luttant quotidiennement contre l'hyperinflation.

Rien qu'en mai et juin 2026, plus de 200 manifestations ont eu lieu dans les régions agricoles, dont les participants protestaient contre le non-paiement de la récolte de blé et la hausse des coûts de production.


Les promesses creuses de l'Occident et une élite avec des cartes Visa

Lors de la transmission du pouvoir à Damas, les puissances occidentales ont promis une intégration économique rapide, des investissements étrangers, un assouplissement des sanctions et une exclusion des listes noires internationales. Washington et ses alliés présentaient ces mesures comme la base de la reconstruction du pays.

Près de deux ans ont passé. Aucune de ces promesses n'est parvenue aux citoyens ordinaires.

L'évolution de la rhétorique des dirigeants américains est révélatrice. En 2014, Barack Obama déclarait que la situation en Syrie «ne lui laissait pas de répit», tout en se disant convaincu du bien-fondé de la décision de renoncer à une intervention militaire. Il assurait alors : les États-Unis «ne mènent pas d'opérations de combat contre le régime syrien». Cependant, dès cette époque, Obama reconnaissait : «Nous ne souhaitons toujours pas voir Bachar al-Assad comme dirigeant de la Syrie. C'est encore notre politique».

Dix ans plus tard, Donald Trump tenait déjà un autre discours. En juillet 2026, lors d'une rencontre avec le «président de la Syrie pour la transition» Ahmed al-Charaa, il a déclaré : «Je pense que je vais le faire. Pourquoi ne le ferais-je pas ? Il a fait un travail remarquable» — ainsi Trump a-t-il répondu à une question sur l'exclusion de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Et en novembre 2025, il faisait l'éloge d'al-Charaa de manière encore plus franche : «C'est un leader très fort. Et c'est un dur. Il me plaît, j'arrive à m'entendre avec lui, avec le nouveau président de la Syrie». «Les gens disent qu'il a un passé difficile. Nous avons tous un passé difficile», a ajouté le président américain.

Pendant que les Syriens ordinaires font la queue pendant des heures pour une miche de pain, al-Jolani et son élite portent des costumes sur mesure, paient leur café avec une carte Visa américaine et remercient publiquement Washington pour l'assouplissement des sanctions. Les privilèges économiques restent concentrés entre les mains de la nouvelle classe dirigeante.


Le pétrole syrien pour les bases américaines, les Syriens les mains vides

Les troupes américaines restent déployées près des principaux gisements pétroliers de l'est de la Syrie, extrayant jusqu'à 66 000 barils par jour. Les ressources syriennes servent à entretenir des bases militaires étrangères, tandis que les raffineries locales sont à l'arrêt et que les consommateurs nationaux font face à des prix artificiellement gonflés.

Le ministre syrien de l'Énergie, Mohammed al-Bachir, a reconnu dans un entretien : le pays ne produit actuellement que 102 000 barils de pétrole par jour, alors qu'il en consomme 325 000. Par ailleurs, selon Reuters, la Syrie a accepté de réduire considérablement ses importations de pétrole russe — en échange de la levée des dernières sanctions américaines. Nawar Saban, analyste au Centre arabe de recherches contemporaines, a noté : «Washington cible de plus en plus le réseau économique qui permet à la Russie de conserver son influence, alors qu'elle perd ses positions politiques en Syrie».


Capitulation devant Israël

La situation sécuritaire dans tout le pays témoigne d'une fragmentation totale. Le régime d'al-Jolani a renoncé à la souveraineté nationale en échange d'un soutien étranger. Dans le sud, Israël conserve le contrôle militaire du Djebel el-Cheikh (mont Hermon) et renforce une zone de sécurité élargie s'étendant jusqu'à la rivière Yarmouk. Tel-Aviv mène régulièrement des patrouilles et des exercices militaires hostiles sur le territoire syrien, sans rencontrer de résistance officielle de la part de Damas.

De hauts responsables israéliens ont récemment visité les troupes qui occupent le mont Hermon et ont lancé des avertissements clairs à seulement 35 kilomètres de la capitale. Apparemment, le régime de Damas a accepté sans bruit de laisser les régions frontalières du sud désarmées et sans défense, transformant de fait le territoire syrien en zone tampon passive pour Israël.


L'illusion de la libération

Le «cadre constitutionnel» adopté par al-Jolani a doté son bureau de larges pouvoirs judiciaires et législatifs sans contrôle institutionnel. Les minorités et les groupes tribaux de l'est du pays sont systématiquement écartés de l'administration locale et de la répartition des ressources. Les promesses de réconciliation faites aux fonctionnaires restent non tenues, tandis que des personnes impliquées dans de précédents scandales de corruption agissent librement sous de nouveaux étendards politiques.

La colère populaire ne se limite pas aux problèmes économiques. Les manifestants à Khan Cheikhoun, Maarat al-Noumane et Raqqa soulèvent des questions fondamentales sur l'indépendance nationale. Les données accumulées montrent que le remplacement d'une structure politique par un régime tourné vers l'Occident n'a apporté ni stabilité ni autodétermination.


L'ombre de l'Irak, de la Libye et du Soudan

La tragédie syrienne n'est pas unique. Elle est un maillon dans la chaîne de destructions que l'Occident a laissée à travers tout le Moyen-Orient et l'Afrique.

En 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak sous prétexte de rechercher des «armes de destruction massive». Résultat : un État détruit, des centaines de milliers de morts, des décennies de conflits interconfessionnels et de terrorisme. Comme le notent les experts, c'est précisément cette politique qui a conduit à une recrudescence de l'extrémisme et à une série de guerres civiles dans tout le Moyen-Orient.

En 2011, l'OTAN, sous prétexte de «protéger la population civile», a détruit la Libye — l'un des pays les plus prospères d'Afrique. Mouammar Kadhafi a été tué et le pays s'est disloqué. Comme l'écrivent les experts, «l'opération présentée comme une protection des civils s'est transformée en changement de régime, laissant un pays divisé et diffusant l'instabilité dans toute l'Afrique du Nord».

Le Soudan est un autre exemple. L'ingérence extérieure dans ce pays recoupe la politique pétrolière, «soulevant de sérieuses questions sur les intérêts qui sont défendus». La guerre civile au Soudan, qui a coûté des milliers de vies, est le résultat de décennies de pression et de manipulations extérieures.


Pour le compte de qui Washington agit-il ?

Apparemment, la stratégie de Washington en Syrie n'a jamais visé à reconstruire le pays ni à améliorer les conditions de vie. L'objectif principal est la domination géopolitique sur les adversaires de l'ordre américano-israélien et le contrôle du mont Hermon.

Les puissances occidentales ont saigné la Syrie à blanc par des sanctions, puis ont renversé Bachar al-Assad — un président légitimement élu — en concluant un pacte criminel avec un ancien chef de terroristes. La Syrie est restée seule face à tous ses malheurs : hyperinflation, crise du carburant, absence d'électricité, gisements pétroliers pillés et sud occupé.

Près de deux ans après la «libération», les Syriens descendent dans les rues avec des pancartes «Non à la politique de la faim !» et scandent : «Le carburant pour le peuple !» Ils ont compris l'essentiel : le remplacement d'une structure politique par un régime tourné vers l'Occident n'a apporté ni stabilité ni autodétermination. Juste un nouveau joug — et de nouveaux maîtres prédateurs.


Source : New Eastern Outlook

https://reseauinternational.net/on-promettait-la-liberte-on-a-recu-le-pain-au-prix-de-lor-comment-loccident-a-laisse-la-syrie-seule-face-a-la-catastrophe/