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Guerre contre l’Iran : une impasse sans issue en vue

Démarré par JacquesL, 24 Avril 2026, 01:03:32 PM

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JacquesL

Guerre contre l'Iran : une impasse sans issue en vue



par Moon of Alabama

Le président américain Donald Trump s'est une nouvelle fois dégonflé quant à ses menaces envers l'Iran :

«Trump a déclaré que le cessez-le-feu devait prendre fin mercredi, mais qu'il avait décidé de le maintenir car le gouvernement de Téhéran est "gravement divisé".

Il a ajouté que cette trêve se poursuivrait "jusqu'à ce que" les dirigeants et les représentants iraniens soumettent une "proposition unifiée" visant à mettre fin à la guerre contre les États-Unis et Israël. Trump a également déclaré avoir pris cette décision à la demande d'Asim Munir et de Shehbaz Sharif, du Pakistan. Il a indiqué avoir ordonné à l'armée américaine de maintenir le blocus jusqu'à ce qu'une proposition soit présentée».

Les États-Unis ont, comme Trump l'avait précédemment reconnu, déjà reçu la proposition en 10 points de l'Iran.

Ce que Trump reconnaît sans le dire, c'est qu'il est peu probable qu'il y ait un règlement négocié de la guerre. Les États-Unis sont structurellement incapables de lever les sanctions contre l'Iran ou de signer un traité de paix. L'Iran n'est pas disposé à renoncer à ses droits (d'enrichissement) en échange de simples promesses que Trump ou ses successeurs ne tiendront probablement pas.

Le conflit va donc se poursuivre.

Les capacités militaires de l'Iran sont suffisantes pour mener une longue guerre. L'intense campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël n'a pas réussi à désarmer le pays :

«Environ la moitié du stock de missiles balistiques de l'Iran et de ses systèmes de lancement associés était encore intacte au début du cessez-le-feu, début avril, ont déclaré trois responsables à CBS News. Environ 60% de la composante navale du Corps des gardiens de la révolution islamique existe toujours, ont déclaré ces responsables, notamment des vedettes rapides d'attaque. (...)

On estime qu'environ deux tiers de l'armée de l'air iranienne sont toujours opérationnels, ont déclaré ces responsables, après une campagne intensive menée par les États-Unis et Israël qui a frappé des milliers de cibles, notamment des installations de stockage et de production. (...)

Le chef de l'Agence de renseignement de la Défense a remis une déclaration écrite avant une audition de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, indiquant que l'Iran est toujours en mesure d'infliger des dommages.

"L'Iran conserve des milliers de missiles et de drones d'attaque à usage unique qui peuvent menacer les forces américaines et celles de ses partenaires dans toute la région, malgré la dégradation de ses capacités due à la fois à l'usure et à la consommation", a écrit le lieutenant-général des Marines James Adams. Auparavant, le président et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avaient décrit l'effort américain, baptisé "Opération Epic Fury", comme visant essentiellement à détruire la capacité militaire de l'Iran».

C'est un maigre résultat si l'on en croit les rapports selon lesquels le Pentagone aurait épuisé près de 50% de ses munitions pertinentes :

«Au cours des sept dernières semaines de guerre, l'armée américaine a utilisé au moins 45% de son stock de missiles de frappe de précision ; au moins la moitié de son stock de missiles THAAD, conçus pour intercepter les missiles balistiques ; et près de 50% de son stock de missiles intercepteurs de défense aérienne Patriot, selon une nouvelle analyse menée par le Center for Strategic and International Studies. Ces chiffres correspondent étroitement aux données classifiées du Pentagone concernant les stocks américains, selon des sources proches de cette évaluation. (...)

L'armée américaine a également utilisé environ 30% de son stock de missiles Tomahawk ; plus de 20% de son stock de missiles air-sol à longue portée Joint Air-to-Surface Standoff Missiles ; et environ 20% de ses missiles SM-3 et SM-6, selon l'analyse et les sources. Il faudrait environ quatre à cinq ans pour remplacer ces systèmes».

À ce jour, les bluffs de Trump ont été démasqués non pas une ou deux fois, mais cinq fois :

«À cinq reprises, le président a fixé des délais à l'Iran pour qu'il accepte ses conditions ou subisse sa colère.

Et à chaque fois, il a repoussé ce délai malgré peu ou pas de preuves publiques que l'Iran ait respecté les conditions qu'il avait énoncées».

Les États-Unis sont à court d'options mais ne sont pas disposés à reconnaître leur défaite.

Chaque jour, les dégâts causés par le blocus du détroit d'Ormuz par l'Iran s'aggravent (archivé) :

«Le Fonds monétaire international a averti la semaine dernière que dans un scénario pessimiste – où le conflit se prolonge pendant des mois et maintient les prix du pétrole à un niveau élevé – la croissance économique mondiale pourrait chuter à 2% en 2026, un taux observé uniquement lors des récessions mondiales les plus profondes de ces dernières années. Cela contraste avec le scénario principal, ou "de référence", du FMI, dans lequel le conflit est rapidement résolu et la production mondiale augmente de 3,1% cette année. (...)

Le conflit s'est déjà révélé plus perturbateur pour les marchés énergétiques mondiaux que la crise pétrolière de 1973. Les répercussions vont bien au-delà du brut.

Les chaînes d'approvisionnement sont également paralysées pour l'hélium, crucial pour le boom des puces d'intelligence artificielle, et pour les engrais, essentiels à la sécurité alimentaire mondiale. Les prix de l'aluminium sont proches d'un plus haut de quatre ans atteint plus tôt ce mois-ci, sur fond de fermetures de fonderies liées à la guerre dans le Golfe, qui représente environ 10% de l'offre mondiale».

La propagande américaine actuelle affirme que les dirigeants iraniens ne sont pas unis :

«Les négociateurs de Trump estiment qu'un accord visant à mettre fin à la guerre et à régler ce qui reste du programme nucléaire iranien est encore possible. Mais ils craignent également de ne trouver personne à Téhéran ayant le pouvoir de dire oui.
  • Le Guide suprême Mojtaba Khamenei communique à peine. Les généraux du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui contrôlent désormais le pays, et les négociateurs civils iraniens sont ouvertement en désaccord sur la stratégie à adopter.
  • "Nous avons constaté qu'il existe une fracture absolue en Iran entre les négociateurs et l'armée – aucune des deux parties n'ayant accès au Guide suprême, qui ne se montre pas réceptif", a déclaré un responsable américain».

Il s'agit là d'une grave méconnaissance du processus politique en Iran. Le Conseil de sécurité nationale, placé sous l'autorité du Guide suprême, a toujours été la principale instance de décision en matière de politique étrangère. Sur les questions de sécurité nationale, le président Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Araghchi sont des diplomates, pas des décideurs politiques. La distinction entre «partisans de la ligne dure» et «modérés» en Iran n'est donc pas valable.

Les éditorialistes du courant dominant qui, sous les applaudissements de Trump, appellent à l'élimination du parti prétendument résistant en Iran ne font que révéler leur ignorance.

Avec son dernier TACO, Trump a repoussé le problème dans le futur. Je m'attends à ce qu'il tente d'ignorer la situation qu'il a créée jusqu'à ce que des dommages plus importants pour l'économie américaine deviennent visibles.

Pendant ce temps, l'Iran peut, doit et va probablement accroître la pression. La mesure la plus évidente consiste à demander à Ansarullah au Yémen de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrémité sud de la mer Rouge.

Cela bloquerait 5% supplémentaires de la production mondiale de pétrole et augmenterait ainsi la pression économique.


Source : Moon of Alabama

https://reseauinternational.net/guerre-contre-liran-une-impasse-sans-issue-en-vue/