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Suicide dirigé / The Atlantic : si nous ignoro...
Last post by JacquesL - 10 Mars 2025, 09:59:30 AM
The Atlantic : si nous ignorons son épuisement, l'Ukraine est en train de gagner

Publié le mars 10, 2025 par Wayan


Par Moon of Alabama – Le 8 mars 2025

Dans The Atlantic, deux historiens militaires affirment que :
CiterLa Russie est en train de perdre la guerre d'attrition

Les guerres sont rarement gagnées de manière aussi décisive, car l'attrition n'est pas seulement une condition de la guerre, mais un choix stratégique. Les petites puissances peuvent, par une application intelligente de l'attrition, réussir à faire avancer leurs propres objectifs.

Hmm ...

La guerre d'attrition ... :

Citer... est une stratégie militaire qui consiste pour les belligérants à tenter de gagner une guerre en épuisant l'ennemi, par des pertes continues en personnel, en matériel et en moral, jusqu'à son effondrement Il y a deux camps (ou plus) dans une guerre d'usure. Pour savoir quel camp gagne, il faut évaluer les capacités et les pertes de chaque camp. Le camp qui sera le premier à manquer des ressources nécessaires perdra la compétition.

Un article qui affirme que tel ou tel camp va perdre à cause de l'attrition devrait donc fournir des chiffres pour chaque camp du conflit et les comparer pour étayer son affirmation.

Bien sûr, les auteurs de l'article de The Atlantic ne le font pas.

Ils mentionnent l'état de l'économie russe, la perte de véhicules blindés par la Russie et la pénurie de main-d'œuvre russe – qui, selon eux, sont tous de mauvais chiffres. Mais ils ne parlent à aucun moment de l'état de l'économie ukrainienne, de ses pertes et de sa grave pénurie de main-d'œuvre.

Les sources qu'ils citent sont douteuses, voire risibles :

CiterLes pertes russes n'ont cessé d'augmenter. Selon le ministère britannique de la défense, en décembre 2022, elles s'élevaient à environ 500 par jour ; en décembre 2023, à un peu moins de 1 000 ; et en décembre 2024, à plus de 1 500. Pour la seule année 2024, la Russie compte près de 430 000 tués et blessés, contre un peu plus de 250 000 en 2023.

C'est en effet ce qu'affirme le British Defense Intelligence. Mais cela a-t-il un sens ? Les pertes russes durant la sanglante bataille de Bakhmut, fin 2022 début 2023, étaient estimées à 500-600 par jour. Les pertes actuelles, avec une ligne de front plutôt calme et aucune grande bataille en cours, seraient le triple de ces chiffres. Ce n'est tout simplement pas plausible. D'autres sources occidentales donnent un nombre de victimes russes bien inférieur.

Les pertes ukrainiennes ne sont par ailleurs pas mentionnées du tout.

Les auteurs passent ensuite d'une situation à l'autre. Après avoir souligné les pertes russes en ignorant les pertes ukrainiennes, ils soulignent maintenant les succès ukrainiens en matière de production :

CiterEn 2024, l'armée ukrainienne a reçu plus de 1,2 million de drones produits par l'Ukraine, soit deux fois que ce que l'Ukraine possédait, sans parler de ce qu'elle produisait, au début de la guerre. Les taux de production ukrainiens continuent d'augmenter ; l'Ukraine vise à produire 4 millions de drones rien que cette année.

Les auteurs omettent bien sûr de mentionner que la Russie produit encore plus de drones.

Le paragraphe suivant présente un autre tour de passe-passe que les auteurs tentent de faire croire à leurs lecteurs :

CiterLes drones sont essentiels car ils ont remplacé l'artillerie en tant que système le plus efficace sur le champ de bataille. Selon une estimation, les drones sont aujourd'hui à l'origine de 70 % des pertes russes. La solide industrie de défense ukrainienne innove plus rapidement et plus efficacement que celle de la Russie et de ses alliés.

Parce que « 70 % des pertes russes », c'est la thèse des auteurs, mais seulement jusqu'à ce que vous cliquiez sur la source, où vous découvrirez que ce chiffre s'applique aux deux camps :

CiterSelon Roman Kostenko, président de la commission de la défense et du renseignement du Parlement ukrainien, les drones, et non les grosses pièces d'artillerie lourde qui faisaient autrefois la réputation de la guerre, infligent environ 70 % de toutes les pertes russes et ukrainiennes. Dans certaines batailles, ils causent encore plus de dégâts – jusqu'à 80 % des morts et des blessés, selon les commandants.

Pour ma part, je doute de ce chiffre pour les deux camps. On voit beaucoup de vidéos de victimes de drones FPV, mais c'est uniquement parce que tous les drones sont équipés d'une caméra. L'artillerie, qui est historiquement à l'origine de 70 à 80 % des pertes sur le champ de bataille, n'a pas cessé de tirer et n'a pas perdu son effet. Chaque camp tire plus de 10 000 obus d'artillerie par jour. Cela représente plus de 7 millions d'obus par an. Un million de drones, dont beaucoup échouent, ajoutent aux dommages causés par l'artillerie, mais ne les remplacent pas. Les drones, comme toutes les autres armes, font partie du jeu, mais ne changent pas la donne.

Revenons à l'affirmation de The Atlantic selon laquelle la Russie est en train de perdre la guerre d'usure.

Les auteurs mentionnent de prétendus problèmes russes sur certains sujets et des succès ukrainiens sur d'autres sujets. Mais ils n'ont pas réussi à faire la moindre comparaison des pertes ou des succès des deux côtés. Leur conclusion :

CiterL'Ukraine n'est pas au bord de l'effondrement, et c'est la Russie, et non l'Ukraine, qui est en train de perdre la guerre d'usure, ...

... n'est étayée par aucune preuve.

Il est triste de constater que l'industrie de l'armement n'est pas en mesure de proposer une propagande plus fine que celle-là.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/the-atlantic-si-nous-ignorons-son-epuisement-lukraine-est-en-train-de-gagner
#22
Histoire / Re : La Pravda Américaine : C...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 10:32:04 PM
Les origines véritables de la seconde guerre mondiale

Selon Brands et selon Berg, on trouvait un ami proche de Lindbergh en la personne de Truman Smith, une personnalité haut placée dans les Renseignements militaires, dont le nom apparaît des dizaines de fois dans le journal maintenu par Lindbergh. Bien que limité par la discipline militaire, Smith partageait pleinement l'opinion entretenue par Lindbergh sur la situation mondiale, et des sentiments semblables apparaissaient très répandus dans l'ensemble du corps des officiers des armées des États-Unis. Smith correspondait fréquemment avec John Beaty, l'un de ses frères d'armes, et mes articles ont discuté de manière répétée de l'ouvrage publié par la suite par Beaty sur ces sujets controversés :

CiterIl y a quelques années, je suis tombé sur un livre qui m'était totalement inconnu, datant de 1951 et intitulé Iron Curtain Over America de John Beaty, un professeur d'université très respecté. Beaty avait passé ses années de guerre dans le renseignement militaire, étant chargé de préparer les rapports de briefing quotidiens distribués à tous les hauts responsables américains résumant les informations de renseignement acquises au cours des 24 heures précédentes, ce qui était évidemment un poste à responsabilité considérable.

 

En tant qu'anticommuniste zélé, il considérait une grande partie de la population juive américaine comme profondément impliquée dans des activités subversives, constituant ainsi une menace sérieuse pour les libertés traditionnelles américaines. En particulier, la mainmise juive croissante sur l'édition et les médias rendait de plus en plus difficile pour les points de vue discordants d'atteindre le peuple américain, ce régime de censure constituant le « rideau de fer » décrit dans son titre. Il accusait les intérêts juifs de pousser à une guerre totalement inutile contre l'Allemagne hitlérienne qui cherchait depuis longtemps de bonnes relations avec l'Amérique mais qui avait subi une destruction totale en raison de sa forte opposition à la menace communiste qui était soutenue par les Juifs d'Europe.
CiterÀ l'époque comme aujourd'hui, un livre prenant des positions aussi controversées avait peu de chance de trouver un éditeur new-yorkais, mais il fut quand même publié par une petite entreprise de Dallas, puis remporta un énorme succès, étant réimprimé dix-sept fois au cours des années suivantes. Selon Scott McConnell, le rédacteur en chef fondateur de The American Conservative, le livre de Beaty est devenu le deuxième texte conservateur le plus populaire des années 1950, ne se classant qu'après le classique emblématique de Russell Kirk, The Conservative Mind.
CiterLes livres d'auteurs inconnus qui sont publiés par de minuscules éditeurs se vendent rarement à beaucoup d'exemplaires, mais le travail a attiré l'attention de George E. Stratemeyer, un général à la retraite qui avait été l'un des commandants de Douglas MacArthur, et il a écrit une lettre d'approbation à Beaty. Beaty a commencé à inclure cette lettre dans son matériel promotionnel, suscitant la colère de l'ADL  [Anti Defamation League], dont le président national a contacté Stratemeyer, lui demandant de répudier le livre, qui a été décrit comme une « amorce pour les groupes marginaux déments » partout en Amérique. Au lieu de cela, Stratemeyer a donné une réponse cinglante à l'ADL, la dénonçant pour avoir proféré des « menaces voilées » contre « la liberté d'expression et de pensée » et tenté d'établir une répression à la mode soviétique aux États-Unis. Il déclara que tout « citoyen loyal » devrait lire The Iron Curtain Over America, dont les pages révélaient enfin la vérité sur la situation de notre pays, et il commença à promouvoir activement le livre dans tout le pays en attaquant la tentative juive de le faire taire. De nombreux autres généraux et amiraux américains de haut rang se sont rapidement joints à Stratemeyer pour appuyer publiquement le travail, tout comme quelques membres influents du Sénat américain, ce qui a conduit à ses énormes ventes nationales.

Tous ces livres, et de nombreux autres écrits par des universitaires et journalistes très réputés, avaient remis en cause notre narratif officiel de la seconde guerre mondiale, et leurs auteurs s'étaient vus en conséquence purgés de toute respectabilité et de tout accès aux médias dominants. Cela m'a naturellement amené à examiner le sujet central des origines de ce conflit, et j'ai découvert que l'un des éditoriaux publiés avant-guerre par Flynn produisait des révélations nettement plus explosives que les hypothèses ultérieures de 1940 selon lesquelles Roosevelt avait espéré utilisé la guerre en cours pour briguer un troisième mandat et rester en poste.

CiterLa plus évidente d'entre elles est peut-être la question des véritables origines de la guerre, qui a dévasté une grande partie de l'Europe, tué peut-être cinquante ou soixante millions de personnes et donné naissance à l'ère de la guerre froide qui a suivi, pendant laquelle les régimes communistes ont contrôlé la moitié du continent-monde eurasiatique. Taylor, Irving et bien d'autres ont complètement démystifié la mythologie ridicule selon laquelle la cause réside dans le désir fou d'Hitler de conquérir le monde, mais si le dictateur allemand n'avait manifestement qu'une responsabilité mineure, y avait-il vraiment un vrai coupable ? Ou cette guerre mondiale massivement destructrice s'est-elle produite d'une manière quelque peu similaire à celle la précédant, que nos histoires conventionnelles traitent comme étant principalement due à une série de bévues, de malentendus et d'escalades inconsidérées?
Au cours des années 1930, John T. Flynn était l'un des journalistes progressistes les plus influents d'Amérique, et bien qu'il ait commencé comme un fervent partisan de Roosevelt et de son New Deal, il est progressivement devenu un critique sévère, concluant que les divers plans gouvernementaux de FDR n'avaient pas réussi à relancer l'économie américaine. Puis, en 1937, un nouvel effondrement de l'économie a fait grimper le chômage aux mêmes niveaux que lorsque le président était entré en fonction pour la première fois, confirmant ainsi le verdict sévère de Flynn. Et comme je l'ai écrit l'année dernière :
CiterEn réalité, Flynn allègue que fin 1937, FDR s'était orienté vers une politique étrangère agressive visant à impliquer le pays dans une guerre étrangère importante, principalement parce qu'il pensait que c'était le seul moyen de sortir de sa situation économique et politique désespérée, un stratagème qui n'était pas inconnu pour les dirigeants nationaux au cours de l'histoire. Dans sa chronique du 5 janvier 1938 dans The New Républic, il avertit ses lecteurs incrédules de la perspective imminente d'un important renforcement de la marine et des moyens militaires, après qu'un important conseiller de Roosevelt lui aurait vanté, en privé, les mérites d'un grand conflit de « keynesianisme militaire » et d'une guerre majeure qui résoudraient les problèmes économiques apparemment insurmontables du pays. À cette époque, une guerre avec le Japon, qui portait peut-être sur des intérêts en Amérique latine, semblait être l'objectif recherché, mais l'évolution de la situation en Europe a rapidement convaincu FDR que fomenter une guerre générale contre l'Allemagne était la meilleure solution. Les mémoires et autres documents historiques obtenus ultérieurement par des chercheurs semblent généralement soutenir les accusations de Flynn en indiquant que Roosevelt a ordonné à ses diplomates d'exercer une énorme pression sur les gouvernements britannique et polonais pour éviter tout règlement négocié avec l'Allemagne, entraînant ainsi le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939.
Ce dernier point est important, car les opinions confidentielles des personnes les plus proches des événements historiques importants devraient avoir une valeur probante considérable. Dans un article récent, John Wear a rassemblé les nombreuses évaluations contemporaines qui impliquaient FDR en tant que figure centrale dans l'orchestration de la guerre mondiale par sa pression constante sur les dirigeants politiques britanniques, une politique au sujet de laquelle il a même admis en privé qu'elle pourrait signifier sa destitution si elle devait être révélée. Entre autres témoignages, nous avons les déclarations des ambassadeurs polonais et britannique à Washington et de l'ambassadeur américain à Londres, qui ont également transmis l'opinion concordante du Premier ministre Chamberlain lui-même. En effet, le vol et la publication par l'Allemagne de documents diplomatiques secrets polonais en 1939 avaient déjà révélé une grande partie de ces informations, et William Henry Chamberlin a confirmé leur authenticité dans son livre de 1950. Mais comme les médias grand public n'ont jamais rapporté aucune de ces informations, ces faits restent encore peu connus aujourd'hui.

Dans son best-seller national, publié une décennie plus tard, Flynn révèle avoir obtenu l'information publiée dans son éditorial de TNR de 1938 directement de la part d'un conseiller de Roosevelt, et il s'étend également sur les détails :

CiterAu moins de janvier 1938, j'ai parlé avec l'un des conseillers les plus proches du président. Je lui ai demandé si le président savait que nous étions en dépression. Il m'a répondu qu'évidemment, il le savait. Je lui ai demandé ce que le président se proposait de faire. Il m'a répondu : « reprendre les dépenses. » J'ai alors suggéré qu'il allait trouver difficile de trouver des objets de dépense pour le gouvernement fédéral. Il m'a répondu qu'il était au courant. Alors, ai-je demandé, sur quels postes le président veut-il lancer des dépenses ? Il a ri et a répondu en un seul mot : « des cuirassés. » Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a dit : « Vous savez que nous allons entrer en guerre. » Et lorsque j'ai posé la question de qui serait notre adversaire, il a dit « le Japon », et lorsque je lui ai demandé où et à quel sujet, il a répondu « en Amérique du Sud. » « Eh bien, » ai-je dit, « vous agissez avec logique sur ce sujet. Si votre seul espoir est de dépenser, et que la seule chose à laquelle vous pouvez consacrer des dépenses est la défense nationale, alors il vous faut un ennemi contre lequel nous défendre, et une perspective de guerre. »

Apparemment, le meilleur espoir de guerre absorbable par l'opinion publique du moment était contre les Japonais, qui venaient de couler le Panay, et comme les chances semblaient maigres de motiver le peuple étasunien à se battre contre le Japon, l'Amérique du Sud apparaissait comme un champ de bataille plus probable pour stimuler nos peurs et nos émotions. Il n'y a rien de bien nouveau là dedans. Les rois et les ministres ont joué avec cet instrument depuis des lustres, et se sont convaincus qu'ils agissaient avec sagesse et noblesse.
 

Trois générations plus tard, on continue de noircir le nom de Lindbergh

L'ouvrage de Brands omet la plus grande partie de ces éléments d'importance, mais il n'en dépasse pas moins très largement tout autre travail produit récemment par la pensée dominante et largement relayé, en tous cas pour ceux que j'ai été amené à connaître.

On comprend véritablement l'importance d'America First en considérant l'absurdité totale qu'elle essaye de remplacer, une absurdité qui s'est tellement enracinée dans nos médias au fil des générations que même les Étasuniens les mieux formés ne développent qu'une compréhension caricaturale ou totalement fausse de cette ère.

Par exemple, Brands a donné une conférence il y a quelques mois sur son nouveau livre au sein de la Hudson Library & Historical Society, qui a sans doute attiré le type de personnes réfléchies venant écouter une conférence publique sur un travail non-fictionnel sérieux. Il a laissé son auditoire poser des questions, mais l'une des premières questions a soulevé les allégations stupéfiantes et outrancières selon lesquels Lindbergh aurait été un eugéniste dérangé, qui avait en réalité assassiné son propre fils nouveau-né dans le cadre de ses recherches scientifiques diaboliques.

Brands a évidemment rejeté cette affirmation comme totalement fabulée, et fondée sur aucun fait concret, et de fait, une accusation aussi étrange ressemble à ce que l'on pourrait attendre de franges parmi les plus conspirationnistes de l'Internet. Mais au lieu de cela, c'était la thèse centrale de Suspect No. 1, un livre de quelque 550 pages écrit en 2020 par Lise Pearlman, une juge à la retraite. Non seulement cet ouvrage de pure démence a-t-il été publié par une maison d'édition respectable, et présente une pleine page de notices publicitaires éclatantes écrites par des auteurs de best-sellers et d'autres personnalités de premier plan, mais il a reçu également l'honneur singulier d'une critique et d'une discussion longue et favorable dans la prestigieuse édition papier du New York Times, ce qui a attiré mon attention et m'a amené à acheter et lire ce livre. En net contraste, l'ouvrage méticuleusement documenté par Brands sur Lindbergh est quant à lui resté totalement ignoré du Times.



De même, un autre podcaster politique populaire ayant interviewé Brands a expliqué avoir toujours eu une opinion très négative de Lindbergh, citant vaguement sa supposée « arrogance », un commentaire vraiment étrange vu comme le héros populaire fut toujours considéré comme remarquablement modeste par ses contemporains. Je soupçonne que cela représente simplement le résidu de plus de quatre-vingt années de traitement inlassablement hostile par une telle quantité de médias.

On trouve un bon exemple du type de livre ayant répandu une opinion aussi extrêmement négative de Lindbergh au fil des décennies avec The American Axis, publié en 2003 par Max Wallace, un chercheur juif sur l'Holocauste. J'ai bel et bien acheté ce livre il y a quelques années, mais ce n'est que récemment que j'ai décidé de le lire en conjonction avec l'ouvrage de Brands.



Bien qu'il ne soit pas empli de la démence absolue qui caractérise l'ouvrage de Pearlman, j'ai trouvé le livre de Wallace orienté, superficiel et faussé au fur et à mesure que l'auteur exposait sa thèse selon laquelle Lindbergh, de mèche avec l'industriel bien connu Henry Ford, constitua la direction du mouvement pro-nazi étasunien, l'« Axe Américain » du titre. Bien que Wallace considère clairement le milliardaire de Détroit comme personnalité principale de ce projet démoniaque, Lindbergh y subit également des critiques très dures, dont la plupart sont évidemment injustes et démystifiées aussi bien par Berg que par Brands.

Par exemple, Wallace a répété l'accusation calomnieuse selon laquelle Lindbergh surestima considérablement la puissance aérienne allemande à l'époque de la crise tchèque, en 1938, de manière délibérée, afin de persuader les Britanniques et les Français de conclure un accord sur les bases des exigences de Hitler à la conférence de Munich. Mais après une vingtaine de pages consacrées à cette accusation, Wallace ajoute quelques phrases reconnaissant que les sources de renseignements britanniques, françaises et étasuniennes avaient toutes produit des surestimations de capacités allemandes à la même période. Et même après cette concession dévastatrice, l'auteur continue de condamner Lindbergh, arguant que la célébrité internationale de ce dernier apportait à ses déclarations un poids nettement plus élevé que celui des rapports des agences de renseignements.

De même, l'indignation de Roosevelt face à la forte opposition publique manifestée par Lindbergh à ses tentatives d'impliquer les États-Unis dans la seconde guerre mondiale amena le président à dénigrer vicieusement celui qui le critiquait, en le qualifiant de Nazi dans sa correspondance et ses conversations privées. Mais au lieu de condamner ces accusations évidemment absurdes, Wallace préfère reprendre ces affirmations en les soutenant, comme l'indiquent ces deux passages issus du mois de mai 1940. Je pense qu'il voulait qu'elles restent à l'esprit de ses lecteurs comme des descriptions objectives des véritables idées entretenues par Lindbergh.

CiterLe 20 mai, le lendemain du discours de Lindbergh sur la défense aérienne, le président prenait son déjeuner avec son secrétaire au trésor, Henry Morgenthau. Après une brève discussion sur cette dernière allocution radiophonique, le président baissa sa fourchette, se tourna vers le collaborateur du Cabinet envers lequel il avait le plus de confiance, et déclara : « Si je devais mourir demain, je veux que vous sachiez ceci. Je suis absolument convaincu que Lindbergh est un nazi. »
Citer« Lorsque j'ai lu le discours de Lindbergh, j'ai ressenti qu'il n'aurait pas pu être mieux rédigé s'il avait été écrit par Goebbels en personne, » écrivit le président à Henry Stimson, un homme politique républicain à qui Roosevelt avait récemment demandé d'accepter le poste de secrétaire à la guerre. « Quelle tristesse que ce jeune ait totalement abandonné toute foi envers notre forme de gouvernement et accepté les méthodes nazies, du fait qu'elles seraient apparemment efficaces. »

Le livre écrit par Wallace ne m'a guère impressionné, mais il produit quelques informations très utiles au sujet de la destruction permanente de la réputation de Lindbergh, découlant de sa prise de responsabilité au sein du mouvement anti-guerre de l'avant seconde guerre mondiale, et de ses remarques très sincères concernant les puissantes forces juives auxquelles il était confronté dans l'autre camp.

Arnold Forster était à l'époque un jeune avocat juif, qui était le principal avocat de l'ADL, et interviewé par Wallace soixante années plus tard, à l'âge de 92 as, il « se souvient du discours de Lindbergh à Des Moines comme si c'était hier » :

CiterLorsque je l'ai entendu prononcer ces mots, je me suis senti — comme chaque Juif des États-Unis — comme si nous avions reçus un coup de pied au ventre.

Bien que Berg se montre nettement plus sceptique vis-à-vis de ce type de réaction à l'égard de Lindbergh, il transmet une anecdote semblable au sujet d'un gamin juif, distributeur de journaux pour le New York Daily News, qui était présent au rassemblement America First du mois d'octobre 1941 à Madison Square Garden :

Citer« Et là, au milieu de nombreux sympathisants explicites du nazisme, se trouvait le héros de mon enfance, Lindy, et ce spectacle m'a littéralement rendu malade, » se souvient-il. « Je me suis senti trahi. » Des millions d'autres avec lui.

La réalité factuelle des déclarations publiques prononcées par Lindbergh à Des Moines, précises et innocentes, ainsi que l'absence totale de tout sympathisant nazi sur l'estrade installée lors du rassemblement de New York, eurent moins d'impact que la réaction viscérale d'activistes juifs nombreux et extrêmement agités, qui se mirent à œuvrer sans relâche pour transformer le plus grand héros national étasunien en inhumain. Wallace explique que durant l'après-guerre,

CiterL'homme qui avait jadis dominé les gros titres des journaux étasuniens n'apparaissait plus que rarement aux yeux du public. En quelques années, de fait, on ne trouve plus aucune référence à sa personne dans l'index du New York Times.

Une exception se produisit en 1954, lorsque Lindbergh remporta le prix Pulitzer pour sa biographie The Spirit of St. Louis. Cela amena le magnat juif Jack Warner à produire une adaptation à l'écran à gros budget, en 1957, avec Jimmy Stewart, pour le trentième anniversaire du vol historique de Lindbergh. Mais malgré les acclamations des critiques pour un film empli d'exaltation, et malgré une campagne de publicité massive, le film fut un bide gigantesque, l'« échec le plus désastreux » de l'histoire du studio Warner Brothers. Selon Wallace, la pression exercée par les activistes juifs, toujours outragés par « la réputation durable d'antisémite de Lindbergh, » amena les salles à refuser même de planifier des projections du film.



Plus de quarante années plus tard, la situation n'a guère changé. Wallace explique que le réalisateur Steven Spielberg a acheté les droits sur la biographie de Berg de 1998, primée par le Pulitzer, et annoncé son projet de produire un film biographique à gros budget sur l'histoire de Lindbergh, son « héros d'enfance », une affirmation puissante de l'héroïsme de l'aviateur qui allait établir son héritage durable. Mais des vagues d'activistes juifs en colère ont rapidement dénoncé et attaqué Spielberg, préoccupés que le film, à l'instar de la biographie, pût minimiser l'antisémitisme de Lindbergh et ses sympathies envers le nazisme. Le titan juif de Hollywood a rapidement battu en retraite face à ce barrage, affirmant n'avoir rien su de l'antisémitisme de son sujet. Mais selon Berg, tout ceci est totalement faux, car le supposé antisémitisme de Lindbergh avait constitué le sujet central discuté par les deux hommes dès leur première rencontre.

Ces exemples indiquent à quel point des activistes juifs agités et organisés peuvent efficacement policer jusqu'aux personnalités les plus puissantes de leur propre communauté.

Le Complot contre les États-Unis, de Philip Roth

Des livres tels que ceux produits par Wallace ou Pearlman peuvent être lus par des personnes qui s'intéressent à des sujets non fictionnels sérieux, et influencer l'opinion de nos classes dominant l'opinion publique. En outre, leurs accusations explosives peuvent atteindre un public nettement plus large au travers de la couverture médiatique secondaire qu'ils reçoivent. Mais aucun de ces auteurs n'est célèbre, et je pense que leur impact final va rester relativement limité.

Mais Brands, en répondant il y a quelques mois à des questions durant l'une de ses conférences publiques, a noté la perception très répandue selon laquelle Lindbergh aurait été nazi, et désigne un livre en particulier, écrit par un auteur célèbre, qui a posé les bases de cette idée, un récit qui a sans doute influencé lourdement le grand public étasunien.

Le livre de Wallace est paru en 2003, et la même année, Philip Roth, lauréat du prix Pulitzer, publiait son roman Le Complot contre les États-Unis, une histoire alternative voyant Lindbergh se présenter aux élections présidentielles en 1940, réussir à gagner les clés du bureau ovale, et transformer les États-Unis en nation fasciste et antisémite alliée à l'Allemagne nazie.



Un livre écrit par un auteur aussi en vue, et portant sur un thème historique aussi explosif, ne pouvait naturellement qu'attirer une énorme attention de la part du public, et il a fait l'objet de critiques partout, et récemment inspiré en 2020 une mini-série télévisée portant le même titre, qui a eu des audiences encore plus importantes.

À partir de la fin des années 1950, Roth est devenu l'un des principaux auteurs juifs étasuniens, mais je ne m'étais jamais intéressé à aucun de ses livres. Je n'avais pas été sans lire les nombreuses critiques de son roman controversé de 2003 dans mes journaux et magazines, mais je n'avais pas lu le livre à l'époque. Cependant, lorsque j'ai commencé à mener mes propres recherches sur la seconde guerre mondiale et sur la bataille pour l'entrée étasunienne dans ce conflit, ma curiosité s'est portée sur l'histoire contrefactuelle produite par Roth au sujet des élections présidentielles de 1940, si bien que j'ai fini par commander et lire cet ouvrage.

Apparemment, dans de nombreux romans de Roth, le personnage principal du livre représente l'auteur en personne, et tel est particulièrement le cas dans ce livre. Le narrateur, employant la première personne, se nomme Philip Roth, est à l'instar de l'auteur âgé de sept ans au début de l'histoire, grandit dans la même ville du New Jersey, et a à une exception notable la même famille et les mêmes proches que l'auteur. De fait, dans un long essai paru dans le Times, Roth affirme que ce récit lui a permis de faire revivre ses parents décédés et de se souvenir d'une grande partie de son enfance. Le roman est donc fondamentalement une reconstruction par l'auteur de la manière dont sa propre vie se serait déroulée si Charles Lindbergh était devenu le candidat républicain en 1940 et avait remporté une victoire décisive sur Franklin Roosevelt.

À certains égards, ce scénario était nettement plus plausible que ce qu'en a sans doute supposé Roth, et peut-être plus plausible que les événements réels qui se sont déroulés au cours de cette années d'élections décisives. L'auteur produit un post-scriptum de trente pages à la fin du livre, intégrant des descriptions très conventionnelles de toutes les personnalités politiques majeures, mais très étrangement, je n'y ai trouvé aucune référence à Wendell Willkie, le candidat Républicain qui se présenta de facto en 1940. Peut-être que Roth a remarqué l'étrangeté du fait que les Républicains, de manière écrasante anti-interventionnistes, avaient désigné comme candidat un très obscur Démocrate fermement pro-interventionniste pour leur parti, assurant de la sorte que Roosevelt remporte ce troisième mandat sans précédent au vu de ce chamboulement total. Je doute que Roth sache que des agents de renseignements britanniques jouèrent un rôle majeur pour assurer cette désignation étrange, mais peut-être ne veut-il pas soulever de sombres soupçons de manœuvres politiques opaques parmi ses lecteurs.

En contraste frappant par rapport à Willkie, Lindbergh était Républicain de longue date, étroitement aligné avec les opinions tenues par son parti sur les principaux sujets de l'époque, et en tant que grand héros national, il aurait pu constituer un candidat tout à fait plausible. De fait, plusieurs sénateurs Républicains de premier plan avaient bel et bien suggéré qu'il entrât dans la course pour cette raison précise.

Selon le récit imaginé par Roth, Lindbergh se présente en 1940 comme candidat de fusion politique, et choisit pour vice-président le sénateur Démocrate du Montana, Burton K. Wheeler. Durant des décennies, Wheeler fut l'une des personnalités politiques étasuniennes les plus libérales, et il avait déjà été candidat à la vice-présidence pour le compte du Parti démocrate en 1924, avec pour candidat à la présidence le sénateur du Wisconsin Robert La Follette. En 1932, il était devenu l'un des premiers et des plus fervents soutiens de Roosevelt, mais avait ensuite rompu avec lui en raison des velléités de ce dernier à piper les dés au niveau de la Cour Suprême et de ses tentatives d'impliquer les États-Unis dans une nouvelle guerre mondiale. De fait, John L. Lewis, dirigeant syndicaliste de gauche et dirigeant de l'United Mine Workers, produisit un mouvement de « Lancement de Wheeler«  durant le cycle des élections présidentielles de 1940.
Et pourtant, en dépit du fait qu'ils étaient idéologiquement très différents, Wheeler fut un soutien enthousiaste de Lindbergh et du mouvement America First, et le ticket imaginaire Lindbergh-Wheeler inventé par Roth aurait sans doute été tout à fait formidable. Dans le récit produit par Roth, le slogan politique convaincant qu'ils emploient pour leur campagne de 1940 est « Votez pour Lindbergh ou votez pour la guerre ». Avec des sondages montrant que les électeurs étasuniens se positionnaient à 80 % contre l'implication des États-Unis dans le conflit européen en cours, je pense qu'ils auraient remporté exactement le type de victoire éclatante sur Roosevelt qu'imagine Roth.

Avant de lire le roman de Roth, il y a 5 ou six ans, j'avais eu la très forte impression qu'il dépeignait Lindbergh comme une personnalité fanatiquement antisémite et pro-nazie, et dans une certaine mesure, c'est ce que l'auteur indiquait dans les interviews qu'il a accordées par la suite. Mais de manière très étrange, son narratif semble suggérer quelque chose de très différent.

Un personnage important du récit est la tante inventée de Roth, sœur de sa mère, et fiancée puis épouse de l'un des rabbins conservateurs en vue du New Jersey, Lionel Bengelsdorf. Son époux devient un des premiers et enthousiastes soutiens de Lindbergh en 1940, prononce des discours devant les vastes rassemblements portant la campagne du candidat, et participe à des émissions radiophoniques nationales majeures au cours desquelles il exhorte tous les Étasuniens, Juifs et non-Juifs, à voter pour Lindbergh afin de sauver le pays d'une désastreuse guerre étrangère. Disposer d'un rabbin aussi éminent en soutien constitue un grand atout pour Lindbergh, si bien qu'à l'issue de l'élection, le rabbin Bengelsdorf devient une personnalité influente au sein de la nouvelle administration.

Il n'est peut-être pas entièrement impossible que des Nazis antisémites comptent des rabbins juifs parmi leurs alliés et soutiens politiques les plus proches, mais cela soulève des questions sur le sens exact de ces termes si souvent usités.

Dans le roman, les parents de Roth sont de fervents soutiens de Roosevelt qui détestent Lindbergh, si bien que le rôle important de sa tante à la Maison-Blanche occupée par Lindbergh provoque immanquablement des différends et des récriminations, peut-être presque aussi âpres que les bien plus courants schismes dans les familles juives de la même ère entre Stalinistes et Troskyistes.

La plupart des critiques se sont montrés absolument horrifiés par le récit de Roth des politiques suivies par Lindbergh une fois occupant de la Maison-Blanche. Parmi celles-ci, on trouva la signature de pactes de non-agression avec l'Allemagne nazie et le Japon impérial, ce qui remplit sa promesse de campagne centrale consistant à tenir les États-Unis hors des guerres étrangères. Cela constitue un contraste frappant avec Roosevelt qui s'est présenté en 1940 en promettant la paix pour ensuite délibérément embarquer les Étasuniens en guerre. Au lieu de cela, l'Administration Lindbergh revint à la tradition codifiée dans la doctrine Monroe, selon laquelle les États-Unis acceptent de se désintéresser des conflits d'Europe et d'Asie, en échange de quoi les nations principales de ces régions en font autant vis-à-vis de l'hémisphère Ouest.

J'avais vu des « bavardages » répandus selon lesquels Lindbergh transformait les États-Unis en État fasciste et nazi, mais la description faite par Roth des nouvelles politiques intérieures de Lindbergh est de nature très différente, y compris vis-à-vis des Juifs.

Les Juifs ne sont pas rassemblés pour être envoyés dans des camps de la mort, pas plus que dans des camps de concentration ordinaires. Je ne me souviens avoir lu aucune mention du moindre quota ethnique imposé, et encore moins à des lois à la Nuremberg. Au lieu de cela, la vie des Juifs étasuniens se poursuit comme auparavant, avec l'addition malgré tout de quelques éléments.

Le New Deal de Roosevelt avait notoirement établi le Civilian Conservation Corps (CCC), qui voyait les jeunes hommes envoyés au travail dans des régions rurales, et sous l'influence du rabbin Bengelsdorf, l'administration Lindbergh met en œuvre quelque chose d'assez semblable, mais visant en particulier les Juifs. L'Office of American Absorption se voit établi, et déroule un programme « De Simples Gars » qui voit les jeunes Juifs urbains envoyés vivre quelques mois dans des familles d'échange non-Juives dans le Sud et le Midwest. Cette politique a pour objectif d'aider à les « américaniser », tout en brisant l'insularité juive et la paranoïa ethnique.

Dans le roman, Roth décrit sa famille comme vivant dans un quartier juif quasiment à 100 %. Des problèmes se produisent donc lorsque son frère aîné revient d'une immersion de quelques mois dans une ferme de tabac située dans le Kentucky, et devenu absolument enthousiaste aussi bien du programme « Juste des Gars » et du président Lindbergh. Ce frère aura profité de son temps à travailler en extérieur et à développer un goût très développé pour le porc et le jambon, et il fait également montre de mépris envers le style de vie de ses parents, qu'il considère comme vivant comme des « Juifs dans un ghetto. » Cela débouche naturellement sur des disputes difficiles au sein de la famille.

La tante juive de Roth est également impliquée dans l'administration d'une politique plus vaste d'intégration juive relativement contrainte, le gouvernement encourageant les entreprises à transférer en grand nombre leurs employés juifs dans des régions non-juives, et distribuant cette minorité de 2% de manière bien plus égalitaire dans le pays, et en promouvant leur assimilation rapide.

Peut-être que l'on peut critiquer de telles politiques gouvernementales comme autoritaires. Mais cela est à mettre en regard des 120 000 japano-étasuniens envoyés en camps de concentration par Roosevelt, sachant que le plus souvent, cet emprisonnement durant la guerre aura débouché sur une perte totale de toutes leurs propriétés, acquises sur des générations.

Dans le récit de Roth, les politiques de paix à l'étranger et d'assimilation plus forte sur le plan intérieur déroulées par l'administration Lindbergh se révèlent extrêmement populaires au sein de l'électorat étasunien, avec un soutien allant jusqu'à 80-90% dans tous les groupes étasuniens, à la seule exception des Juifs, dont une vaste fraction reste intensément hostile.

Cette fervente opposition juive est aiguillonnée par Walter Winchell, le commentateur radio, un célèbre éditorialiste de ragots juif, dont les attaques amères et continues contre le président étasunien extrêmement populaire finissent par amener son commanditaire à annuler son émission, cependant que le libéral New York Times juif soutien de tout cœur cette décision. Mais alors que Roosevelt exerça des pressions sur les organes médiatiques pour qu'ils licencient tous ses critiques, Roth ne suggère jamais que Lindbergh soit le moins du monde impliqué dans le renvoi de Winchell.

Ces développements constituent les deux premiers tiers du roman de Roth, et je me demande si l'auteur s'est inquiété de s'être lui-même enfermé dans un coin.

Le récit qu'il a produit jusqu'à ce stade est raisonnablement nuancé, réaliste et plausible, mais en lieu et place de résultats terribles et dystopiques, la président Lindbergh produit une situation considérablement meilleure que celle qui fut vraiment celle des États-Unis, étant donné que ce pays est resté en paix. Bien que des Juifs particulièrement ethnocentrés puissent s'horrifier des pressions qu'ils subissaient désormais en vue d'une assimilation, et dénonçassent la possibilité que leurs enfants pussent développer un goût pour le porc, je ne vois guère de raisons pour que quelqu'un d'autres s'offusquât. Winchell et les autres dénoncent constamment les politiques de Lindbergh comme « fascistes », mais je ne vois pas Roth faire mention de violations graves à la forme de gouvernement traditionnellement constitutionnelle et démocrate qui caractérise les États-Unis.

Pourtant, des romans dépeignant une image exagérément rose d'une victoire de Lindbergh contre Roosevelt, débouchant sur des relations amiables avec une Allemagne nazie, sont promis à des critiques sévères dans les médias étasuniens, et à de dures attaques de la part des activistes juifs agités. C'est peut-être pour cette raison que Roth oriente à partir de là son récit dans une direction nettement plus sombre et finalement caricaturalement absurde.

Après avoir perdu sa plateforme médiatique, Winchell décide de se présenter à la présidence, et commence en 1942 une tournée de discours nationaux. Ses attaques publiques très méchantes contre le président en exercice très populaire, en des lieux hostiles tels que le Sud de Boston irlando-étasunien, finissent par provoquer des émeutes anti-juives dans certains quartiers, les premières de l'histoire des États-Unis. Winchell fini par être assassiné par le Ku Klux Klan au cours d'un rassemblement politique tenu à Louisville, dans le Kentucky.

Presque aussitôt, l'avion de Lindbergh disparaît subitement alors que le président le pilote de lui-même pour revenir d'un rassemblement dans le cadre de sa campagne. L'Allemagne nazie affirme que la disparition de Lindbergh s'inscrit dans un complot juif visant à s'emparer du contrôle du gouvernement étasunien, ce qui amène le vice président Wheeler et Henry Ford à organiser l'arrestation de nombreux Juifs étasuniens. Le gouvernement étasunien qu'ils contrôlent se prépare à déclarer la guerre au Canada et à entrer dans la guerre en cours comme allié de l'Allemagne nazie.

Heureusement pour les États-Unis, Anne Morrow, la première dame, parvient à s'échapper de sa prison secrète, et révèle la vérité des événements. Le fils de Lindbergh, loin d'avoir été kidnappé et assassiné en 1932 avait en réalité été enlevé par les Nazis allemands, et élevé dans le cadre des Jeunesses hitlériennes. Avec son fils gardé en otage en Allemagne, Lindbergh avait ensuite subi un chantage pour entrer dans sa campagne présidentielle de 1940, organisée par les Nazis, dont l'objectif ultime était l'extermination de tous les Juifs étasuniens. Mais lorsque le président Lindbergh a rechigné à mettre en œuvre cette Solution Finale aux États-Unis, il s'est à son tour vu kidnappé par les Nazis et expédié à Berlin.

Avec une résistance nationale organisée autour d'Anne Lindbergh, les loyalistes à Lindbergh s'assemblent avec les Démocrates de Roosevelt pour renverser en quelques jours la dictature secrètement imposée aux États-Unis. Quelques semaines plus tard, toujours en 1942, on tient des élections présidentielles spéciales, et Franklin Roosevelt abandonne son statut de retraité pour remporter son troisième mandat. Les Japonais attaquent alors Pearl Harbor et les États-Unis entrent en guerre contre l'Allemagne nazie, assurant en fin de compte une défaite nazie mondiale.

Si quelqu'un a déjà vu des ficelles plus grossières que cela pour terminer un roman supposé sérieux, écrit par un auteur de premier plan, j'aimerais bien qu'il me le fasse savoir. Le terme Deus ex machina ne suffirait pas à décrire les dernières quelque 40 pages de l'ouvrage de Roth. Je pense que les producteurs de films comme Spiderman, ou Captain America, auraient sans doute renvoyé à l'auteur des trames de cette nature, afin qu'elles soient revues et corrigées en profondeur.

Pour être juste avec l'auteur, il se peut que Roth ait été contraint par son éditeur ou par son agent d'apposer des conséquences extrêmement négatives à une présidence Lindbergh, et qu'en protestation, il ait décidé de dépeindre ces conséquences de manière tellement ridicule qu'elles puissent être vues comme une évidente satire. En comparaison avec le narratif produit par Roth, les affirmations de Pearlman selon lesquelles Lindbergh aurait utilisé son propre fils en bas âge pour mener des expériences médicales mortelles apparaissent quasiment rationnelles.

Mais malgré cela, les dizaines de critiques publiées sur The Plot Against America dans les publications dominantes et tenues par les élites étasuniennes se sont montrées extrêmement favorables, parfois même élogieuses, et à peine l'une d'entre elles fait mention de la très étrange fin que connaît le narratif historique de Roth. Le roman a remporté une récompense spéciale de la part de la Society of American Historians et a été classée par plusieurs publications comme faisant partie des meilleurs livres du XXIème siècle.

À l'époque, à la lecture de ces critiques, j'avais hoché la tête et pensé qu'elles m'apparaissaient comme relativement raisonnables. Mais en les relisant après avoir lu le livre, j'ai le sentiment de lire des journalistes soviétiques déclarant qu'un Brejnev comateux venait de remporter une médaille d'or olympique. La seule critique dont j'ai constaté qu'elle mettait en lumière ces étrangetés dans le roman de Roth a été produite par Bill Kauffmann, un libertarien opposé à la guerre, et elle est parue dans The American Conservative. J'en recommande la lecture.

Si l'on combine les ventes du livre de Roth, le très grand nombre de lecteurs des critiques lénifiantes qu'il a générées dans les médias, et le public de la mini-série de 2020 diffusée sur HBO, je pense qu'une partie très significative des connaissances que la plupart des Étasuniens contemporains connaissent ou pensent connaître au sujet de Lindbergh peut sans doute être retracé jusqu'à cette seule source.

Mais si ces éléments constituent la thèse la plus forte que l'establishment peut produire contre Lindbergh et les politiques qu'il aurait pu déployer, je pense que cela en dit beaucoup sur la perspicacité et la justesse de la vision de chacun des deux camps, dans les années 1940, sur le sujet d'America First.

Ron Unz

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-pravda-americaine-charles-a-lindbergh-et-le-mouvement-america-first
#23
Histoire / Re : La Pravda Américaine : C...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 10:08:34 PM
Oswald Garrison Villard et America First

Est également absente de l'ouvrage de Brands toute mention à Oswald Garrison Villard, qui fut longtemps le propriétaire et l'éditeur de The Nation, et qui à ce titre figura parmi les principales personnalités du libéralisme étasunien, cofondant aussi bien l'American Anti-Imperialist League et la NAACP (Association nationale pour la promotion des gens de couleur). Villard participa également à la fondation d'America First, mais n'eut semble-t-il que fort peu d'interactions avec Lindbergh, qui ne fait mention de lui que de manière superficielle dans son journal. Par conséquent, le fait que Brands se soit lourdement appuyé sur cette source explique sans doute la curieuse omission de Villard de son récit.

L'interview de Brands, longue de 75 minutes, sur Eye on the World, une émission de CBS, a été réalisée par John Batchelor, un nom qui m'est très familier. Batchelor a étudié sous la houlette de feu le professeur Stephen Cohen, des Universités de New York et de Princeton, et au fil des dernières années, il a invité Cohen toutes les semaines. Cela a permis à cet universitaire réputé de disposer d'au moins un accès aux médias dominants, après qu'il a subi une purge de quasiment tous les autres canaux médiatiques, en raison de sa forte opposition au glissement des États-Unis vers un grave conflit contre la Russie. Dans un article de 2021, j'ai discuté des tentatives de Cohen à cet égard, restées en échec, et j'ai noté à cet égard les échos sinistres subis par Villard presque quatre-vingts ans plus tôt.

CiterDes décennies durant, le professeur Stephen Cohen, de l'université de Princeton et de New York, avait été classé parmi l'un des plus éminents spécialistes étasuniens de la Russie, et sans doute le personnage le plus éminent en la matière dans les cercles de la gauche libérale. Dès les années 1970, ses chroniques Sovieticus étaient apparues de manière régulière dans les pages de The Nation, notre premier magazine d'opinion de gauche, et durant l'ère Gorbatchev et l'effondrement de l'URSS qui suivit, je l'avais souvent vu sur l'émission PBS Newshour, débattant de la politique étasunienne envers l'Union soviétique avec ses homologues conservateurs. Dans le même temps, ses nombreux ouvrages universitaires sur l'histoire russe et soviétique étaient commentés avec respect dans les publications tenues par l'élite dominante. Non seulement Cohen était-il le principal expert sur la Russie au sein de la Gauche étasunienne, mais aucun autre nom d'une stature comparable ne venait à l'esprit quand on en cherchait, et son second mariage, en 1988, avec Katrian vanden Heuvel, qui occupa le poste d'éditeur pour the Nation durant presque un quart de siècle, contribua encore davantage à établir l'impression de son influence.

 

Cohen avait dévolu l'ensemble de sa carrière à favoriser une relation amiable entre la Russie et les États-Unis. Mais lorsque Victoria Nuland et les autres néo-conservateurs gagnèrent en influence sous l'administration Obama, ils réduisirent ce rêve en morceaux en l'espace d'un instant, en orchestrant début 2014 le violent coup d'État qui a remplacé le gouvernement indépendant de l'Ukraine par un régime de quasi-marionnettes à la solde des États-Unis. Non seulement ce développement a-t-il menacé de faire progresser les limites de l'OTAN jusqu'à la frontière russe, en violation absolue des garanties jadis accordées à Gorbatchev, mais il semblait également que l'Occident s'apprêtait à prendre le contrôle de la Crimée, peuplée de manière écrasante par des Russes, qui héberge la plus importante base navale de la Russie, et seule la réaction rapide de Poutine put contrer ce risque en rattachant la péninsule à son pays au travers d'une annexion. Une guerre civile violente et un mouvement sécessionniste dans le reste de l'Ukraine éclatèrent rapidement, ôtant la vie à des milliers de Russes ethniques au fil des années qui ont suivi, tout en menaçant de manière régulière d'enflammer une guerre à grande échelle entre la Russie et l'Occident.

Malheureusement, les décisions éditoriales du propre magazine de Cohen peuvent avoir considérablement atténué l'impact de son très important message. L'expert avançait que nos lignes médiatiques et politiques faisaient monter le terrible risque d'une guerre contre la Russie nucléarisée, et pourtant je ne me souviens d'aucun article en page de garde de the Nation soulignant ce danger, et bien que son site internet ait hébergé ses podcasts hebdomadaires, et très occasionnellement ses articles, ces éléments restaient en général enterrés dans l'obscurité pour faire l'objet d'une couverture et d'une discussion au niveau le plus bas possible. Bien que cette attitude défensive ait pu s'avérer nécessaire pour éviter un tollé de la part d'abonnés en colère, le résultat évident en a été de minimiser la gravité du message émis par Cohen. Pourquoi les lecteurs de the Nation auraient-ils dû prendre au sérieux ses graves avertissements sur une guerre mondiale, si les éditeurs du même organe ne le faisaient apparemment pas ? De fait, lorsque je me suis arrangé à la fin de l'année 2019 pour commencer à republier et faire reparaître régulièrement les chroniques et les émissions radios de Cohen, ces éléments ont attiré beaucoup plus d'intérêt et de commentaires de soutien sur notre site qu'ils ne l'avaient fait sur le sien, ce qui démontre les lourds obstacles idéologiques auxquels il avait à faire face au sein de sa propre communauté.

Cohen peut avoir ou non été conscient du parallèle mystérieux entre sa propre impasse et une situation similaire qui s'est déroulée au sein de la même publication aux environs de sa date de naissance, en 1938. Entre 1900 et le milieu des années 1930, the Nation avait appartenu et avait vu sa ligne éditoriale gérée par Oswald Garrison Villard, un nom aujourd'hui tombé dans l'oubli, mais qui fut celui de l'un des personnages libéraux les plus en vue de son époque, cofondateur du NAACP et petit-fils du célèbre abolitionniste William Lloyd Garrison, également classé parmi les principaux anti-impérialistes et anti-militaristes étasuniens. Son père était un immigré allemand, et lorsqu'il publia des écrits critiquant l'implication étasunienne dans la première guerre mondiale, son magazine fut supprimé par voie judiciaire par les lois de censure de l'époque, qui en interdirent la distribution par courrier. Mais au milieu des années 1920, la majorité écrasante de l'élite et des Étasuniens ordinaires avait rallié sa position, et conclu que son opposition à la Grande Guerre avait été le positionnement correct depuis le début.

Bien qu'il finît par vendre the Nation en 1935, durant les creux de la Grande Dépression, le magazine qu'il avait géré durant plus de trois décennies continua de faire paraître son commentaire hebdomadaire, soutenant fermement les politiques du New Deal de Franklin D. Roosevelt, et critiquant fortement Hitler et les nazis. Mais en approchant de la fin des années 1930, il s'alarma du fait qu'une autre guerre mondiale se présentait à l'horizon, impliquant une fois de plus les États-Unis, et ses visions anti-guerre se mirent à diverger fortement de celles des autres auteurs, si bien que sa chronique étalée sur des décennies connut un point d'arrêt en 1940. Changer le cours d'une marée montante idéologique s'était avéré tout aussi difficile pour Villard à la fin des années 1930 que cela le fut pour Cohen trois générations plus tard.

La personnalité oubliée de John T. Flynn

Contrairement à Villard, John T. Flynn n'est pas totalement absent du livre de Brands, mais il n'y fait qu'une brève apparition au sein de quelques paragraphes proches de la fin du récit proposé par l'auteur. Après le discours très sincère prononcé à Des Moines par Lindbergh au mois de septembre 1941, et le déluge de controverse nationale qui en a suivi, Brands explique que la majorité des dirigeants d'America First voulait émettre une déclaration en soutien à ces remarques, mais que Flynn y objecta avec tellement de fermeté qu'ils finirent par ne pas se positionner publiquement. Flynn fut également la seule personnalité estimant que Lindbergh devait déclarer publiquement que ses déclarations controversées ne constituaient que son opinion personnelle.

Dans son journal privé, Lindbergh insiste sur le fait que Flynn était l'un des membres les plus libéraux du comité, mais explique que son extrême sensibilité à toute accusation d'antisémitisme l'amena à adopter des positions apparaissant incohérentes logiquement :

CiterFlynn affirme ne pas remettre en question la vérité de ce que j'ai dit à Des Moines, mais estime qu'il n'était pas souhaitable de faire mention du problème juif. Il m'est difficile de comprendre l'attitude de Flynn. Il perçoit aussi bien que moi que les Juifs figurent parmi les principales influences poussant notre pays à la guerre. Il l'a souvent dit, et il le dit encore. Il est tout à fait ouvert à en parler au sein d'un petit groupe privé. Mais apparemment, il préférerait nous voir entrer en guerre que déclarer en public ce que les Juifs sont en train de faire, nonobstant la tolérance et la modération utilisées pour le dire.

Bien que Brands n'en fasse pas mention, la position de Flynn est devenue nettement plus compréhensible lorsque l'on considère qu'il était président du chapitre d'America First pour la ville de New York. Non seulement cette ville était-elle très lourdement juive, mais comme il le reconnaissait en privé, la population juive locale était partisane avec véhémence de la guerre, et ce, de manière presque uniforme. Pourtant, il considérait que ces vérités ne pouvaient pas être dites face au public, et il a été terrifié lorsque Lindbergh les a dites.

Durant des années, Flynn fut l'un des journalistes progressistes les plus influents des États-Unis, et dans le même article de 2018, j'ai discuté de certains faits très surprenants que j'avais découverts après m'être mis à enquêter sur l'histoire perdue de cette époque.

CiterPrenons le cas de John T. Flynn, probablement inconnu aujourd'hui de tous les Américains sauf un sur cent, et encore. Suite à mes explorations idéologiques beaucoup plus larges, je l'avais parfois vu être salué comme une figure importante de l'ancienne droite, un des fondateurs de l'American First Committee et ami des sénateurs Joseph McCarthy et de la John Birch Society, bien que faussement diffamé par ses opposants en tant que proto-fasciste ou sympathisant des nazis. Ce genre de description semblait former dans mon esprit une image cohérente, bien que quelque peu contestée.

Alors, imaginez ma surprise de découvrir que, tout au long des années 1930, il avait été l'une des voix libérales les plus influentes de la société américaine, un écrivain en économie et en politique dont le statut aurait pu être, à peu de choses prés, proche de celui de Paul Krugman, mais avec une forte tendance à chercher le scandale. Sa chronique hebdomadaire dans The New Republic lui permit de servir de locomotive pour les élites progressistes américaines, tandis que ses apparitions régulières dans Colliers, hebdomadaire illustré de grande diffusion, atteignant plusieurs millions d'Américains, lui fournissaient une plate-forme comparable à celle d'une personnalité de l'âge d'or des réseaux de télévision.

Dans une certaine mesure, l'importance de Flynn peut être objectivement quantifiée. Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de mentionner son nom devant une libérale cultivée et engagée née dans les années 1930. Sans surprise, elle a séché, mais s'est demandé s'il aurait pu être un peu comme Walter Lippmann, le très célèbre chroniqueur de cette époque. Lorsque j'ai vérifié, j'ai constaté que dans des centaines de périodiques de mon système d'archivage, il n'y avait que 23 articles publiés par Lippmann dans les années 1930 mais 489 par Flynn.

L'importance de Flynn au début de sa carrière vient de son rôle capital au sein de la Commission sénatoriale Pecora en 1932, qui avait mis au pilori les notables de Wall Street pour l'effondrement du marché boursier en 1929 et dont les recommandations avaient finalement abouti à la création de la Securities and Exchange Commission et d'autres réformes financières importantes. Après une carrière impressionnante dans le journalisme de presse écrite, il était devenu chroniqueur hebdomadaire pour The New Republic en 1930. Bien que sympathisant, au départ, avec les objectifs de Franklin Roosevelt, il devint rapidement sceptique quant à l'efficacité de ses méthodes, notant la lenteur de l'expansion des projets de travaux publics et se demandant si la NRA [National Recovery Administration] tant vantée n'était pas, en fait, plus profitable au big business qu'aux travailleurs ordinaires.

Au fil des années, ses critiques à l'encontre de l'administration Roosevelt se firent plus sévères pour des raisons économiques et, finalement, de politique étrangère, ce qui entraîna une très forte hostilité de l'administration. Roosevelt a commencé à envoyer des lettres personnelles à des rédacteurs en chef exigeant que Flynn soit exclu de tout organe de presse américain de premier plan. En conséquence il a peut-être perdu la rubrique qu'il tenait à New Republic, immédiatement après la réélection de FDR en 1940, et son nom a disparu des périodiques grand public. Cependant, au fil des années, il a écrit plusieurs best-sellers qui attaquaient violemment Roosevelt. Après la guerre, sa signature apparaissait parfois dans des publications beaucoup moins influentes et plus traditionnelles. Il y a dix ans, le site libertarien Ludwig von Mises Institute a republié quelques livres de Flynn et une longue introduction du professeur Ralph Raico a esquissé une partie de ce contexte.

 

Les adeptes de ma bibliothèque locale à Palo Alto organisent une vente mensuelle de livres, au cours de laquelle les articles sont vendus pour une somme dérisoire. Je passe habituellement voir les rayons par curiosité pour ce que je pourrais trouver. Il y a quelques années, j'ai remarqué l'un des livres de Flynn sur FDR, publié en 1948, et l'ai acheté pour $0.25. Les documents présentés sur les pages jaunies du Mythe Roosevelt m'ont ouvert les yeux [L'ouvrage a été traduit par le Saker francophone, NdT].

N'importe qui peut écrire un livre pour ne rien dire. Si un obscur écrivain de droite formulait des accusations étonnantes contre un président libéral, je ne ferais peut-être pas beaucoup attention. Mais si Paul Krugman avait passé des années à exprimer des doutes croissants sur l'efficacité de la politique de Barack Obama, puis s'était finalement retourné contre lui et avait publié un best-seller national dénonçant son administration, ses opinions auraient certainement beaucoup plus de poids. Il en fut donc ainsi avec les accusations de Flynn contre Roosevelt.

Je ne suis pas expert de l'ère du New Deal, mais le travail de Flynn semblait écrit avec sobriété et persuasion, bien que dans un style journalistique provocateur, et il fait toutes sortes d'affirmations que je n'avais encore jamais vues. Mon système logiciel fournit des critiques de livres croisées et j'en ai lu une douzaine. Quelques-unes de l'époque de la publication du livre étaient extrêmement critiques, dénonçant le contenu du travail de Flynn comme un non-sens total écrit par quelqu'un de notoirement fou « haïssant Roosevelt ». Mais aucune réfutation spécifique n'a été fournie, et le ton général ressemblait beaucoup à celui des nombreux éditoriaux de  Wall Street des années 2000, qui ont publié des dénonciations générales de livres écrits par des fous « haïssant Bush ». En fait, toute la revue de 1949 consistait en une phrase unique : «Du pur venin d'un professionnel haïssant FDR». Cependant, d'autres revues plus récentes, certes tirées du camp des libertariens, ont été extrêmement favorables. Comme je n'ai pas une grande expertise, je ne peux pas juger efficacement.

Mais les affirmations de Flynn étaient extrêmement précises, détaillées et spécifiques, y compris de nombreux noms, dates et références. La plus étonnante, accusait les Roosevelt d'avoir manifesté un degré extraordinaire de corruption financière familiale, dont il a affirmé qu'il était peut-être sans précédent dans l'histoire américaine. Apparemment, malgré son passé riche et élitiste, le fils aîné de FDR, Elliott, n'a jamais fréquenté un collège et n'avait pratiquement aucune qualification professionnelle. Mais peu après l'accession à la présidence de son père, il a commencé à solliciter d'importants paiements personnels et des «investissements » auprès de riches hommes d'affaires qui avaient besoin des faveurs du gouvernement fédéral en pleine croissance, ce qui semble avoir été fait avec la pleine connaissance et l'approbation de FDR. La situation ressemblait un peu aux activités notoires de Billy Carter à la fin des années 1970, mais l'argent en jeu s'élevait à $50 millions actuels. Je n'en avais jamais entendu parler.

Le cas de la Première Dame, Eleanor Roosevelt, était encore plus choquant. Elle non plus n'avait jamais été à l'université et n'avait apparemment reçu que peu d'éducation formelle. Peu de temps après l'investiture de FDR, elle a entamé une grande campagne de publicité personnelle très bien payée pour des produits de consommation grand public tels que le savon [on en trouve encore sur youtube, NdT] et a encaissé toutes sortes d'autres paiements importants, au cours des années suivantes, de diverses entreprises, en particulier de celles qui dépendent de manière décisive des décisions réglementaires du gouvernement. Imaginez si de récentes premières dames, telles que Michelle Obama ou Laura Bush, étaient constamment vues dans les publicités télévisées pour des voitures, des couches ou des fast-foods. Les versements qu'Eleanor a personnellement reçus au cours de la douzaine d'années du mandat de FDR auraient atteint $150 millions actuels. C'était aussi quelque chose que je n'avais jamais soupçonné. Et tout cela se passait au plus profond de la Grande Dépression, quand une fraction énorme du pays était désespérément pauvre. Peut-être que Juan et Eva Peron n'ont tout simplement pas embauché les personnes compétentes en relations publiques ou ont simplement visé trop bas.

Évidemment, la croissance sans précédent des dépenses et du pouvoir réglementaire du gouvernement fédéral au cours des années du New Deal a accru les possibilités de ce type de corruption personnelle dans des proportions énormes. Mais Flynn note à quel point la situation semblait étrange puisque la fortune héritée de FDR montrait qu'il était entré en fonction en tant que l'un des plus riches présidents des temps modernes. Et pour autant que je sache, son successeur, Harry S. Truman, a quitté la Maison-Blanche à peu près aussi pauvre qu'il y était entré.

Certaines des autres affirmations choquantes de Flynn étaient plus faciles à vérifier. Il fait valoir que le New Deal était en grande partie un échec et, à l'appui de cette affirmation, il note que lorsque FDR est entré en fonction en 1933, il y avait 11 millions de chômeurs et qu'en 1938, après six ans de dépenses et de déficits gouvernementaux énormes et la création de l'imbroglio des programmes du New Deal il y avait... 11 millions de chômeurs. Cette revendication semble être exacte.

La rupture finale entre Flynn et FDR se produisit à cause de la politique étrangère menée par ce dernier à la fin des années 1930.

CiterUne telle politique étrangère interventionniste aurait représenté un renversement remarquable des promesses de Roosevelt. Tous mes livres d'introduction à l'histoire ont toujours indiqué qu'un Congrès à tendance isolationniste avait adopté diverses lois sur la  neutralité au milieu des années 1930, malgré la forte opposition de FDR, et que celles-ci étaient censées le menotter. Mais, selon Flynn, FDR avait non seulement initialement proposé cette législation sur la neutralité à ses alliés du Congrès, mais avait en réalité fait de son plaidoyer et de son soutien personnels pour ces lois l'une des pièces maîtresses de sa campagne de réélection de 1936, lui permettant de gagner le Mid West contre le gouverneur du Kansas, Alf Landon. Une fois encore, Flynn fournit une description très spécifique et détaillée de cette histoire. Sans surprise, Wikipédia fournit un compte-rendu opposé, totalement conventionnel.

Abstraction faite du niveau extraordinaire de corruption financière dans la famille, alléguée par Flynn, son portrait de FDR me rappelle plus le « W » [Bush fils] que tout autre président récent. Nous devons nous rappeler que « W » s'était présenté aux élections en promettant une politique étrangère « humble » et la suppression de divers types de profilage anti-musulman du gouvernement, mais il a rapidement fait volte-face lorsque les attentats du 11 septembre lui ont donné l'occasion d'entrer dans les livres d'histoire en tant que « président de guerre ».

L'arrière-plan de la publication du livre fournit une indication des obstacles à la publication auxquels se heurtent les critiques de la politique gouvernementale. En dépit de la réputation démesurée de Flynn et de ses précédents best-sellers, son manuscrit a été rejeté par pratiquement tous les grands éditeurs et, désespéré, il s'est finalement tourné vers une obscure maison d'édition irano-américaine. Pourtant, malgré un lancement aussi peu propice et son exclusion presque complète des principaux médias, son livre a rapidement atteint le deuxième rang sur la liste du New York Times. À peine une décennie plus tôt, il était au sommet de l'influence américaine et la liste noire des grands médias n'a apparemment pas encore complètement réussi à étouffer sa mémoire.

De nombreuses informations supplémentaires au sujet des activités politiques de Flynn et de son implication dans l'America First Committee sont disponibles dans An American First, un petit livre publié il y a presque un demi-siècle par Arlington House, une petite maison d'édition conservatrice. L'auteure est Michele Flynn Stenehjelm, une jeune historienne et archiviste qui se trouve être la petite-fille de Flynn, et elle s'est lourdement appuyé sur les archives de l'AFC pour produire son récit.



Le centrage écrasant qu'adopte Brands sur Lindbergh et son orientation biographique l'amènent à s'appuyer raisonnablement sur les Journaux de Guerre, complets et révélateurs, entretenus par ce dernier pour couvrir les mêmes événements. Bien que Flynn soit mentionné sur quelque dix-huit pages de cette compilation qui en compte un millier, j'ai remarqué que bien que son nom soit correctement désigné « John T. Flynn » dans le journal lui-même, l'index le désigne par erreur sous le nom de « John R. Flynn » ce qui souligne à quel point ce journaliste et personnalité publique, jadis très influent, était déjà quasiment totalement oublié dans les années 1970, lorsque le volume fut compilé et publié. Bien que rien, dans le récit produit par Stenehjelm ne vienne contredire les éléments de Lindbergh, il apporte évidemment une perspective bien plus détaillée et assez différente de ces mêmes événements d'importance.

Notre narratif dominant et faux sur la Seconde Guerre mondiale

Dans les interviews et conférences publiques au sujet de son nouvel ouvrage, Brands fait mention de ceci : les nombreuses autres guerres menées par les États-Unis ont toujours été sujettes au « révisionnisme », un réexamen critique réalisé des années après la fin du conflit, mais cela ne s'est pas produit pour la Seconde Guerre mondiale. Au lieu de cela, le plus grand conflit militaire de l'histoire humaine a été systématiquement entériné par les médias comme « la Bonne Guerre » menée par « la plus grande des Générations. » Au cours d'un long article de 2019, j'ai discuté de l'histoire véritable de ce conflit et j'ai également expliqué certaines des raisons pour lesquelles ce conflit est resté tellement protégé de toute réévaluation dans la pensée dominante.

Comme l'explique Brands, Lindbergh et ses alliés avaient affirmé que Hitler ne voulait pas la guerre, et cherchait au lieu de cela à rectifier certaines des clauses honteuses du Traité de Versailles, imposées à une Allemagne prostrée deux décennies plus tôt.

De fait, l'ensemble des prédécesseurs de Hitler ayant dirigé l'Allemagne démocratique de Weimar avaient mené des efforts semblables, mais là où ils échouèrent tous, lui obtint la réussite, en grande partie grâce au bluff, et en annexant également l'Autriche allemande et les Sudètes allemandes de Tchécoslovaquie, dans les deux instances avec un soutien écrasant des populations concernées.

L'exigence finale de Hitler, que la ville de Dantzig, allemande à 95%, fût rendue à l'Allemagne comme le désiraient ses habitants, était absolument raisonnable, et il fallut une bévue diplomatique funeste de la part des Britanniques pour amener les Polonais à refuser cette demande, ce qui provoqua la guerre. L'affirmation qui fut propagée par la suite, selon laquelle Hitler voulait conquérir le monde, était totalement absurde, et le dirigeant allemand avait en réalité mené tous les efforts possibles pour éviter la guerre contre la Grande-Bretagne ou la France. De fait, il s'était montré dans l'ensemble très amical envers les Polonais, et avait longtemps espéré gagner la Pologne à une alliance avec l'Allemagne contre la menace de l'Union soviétique de Staline.

Lorsque j'entrai à Harvard, je reçus un cours d'introduction à l'histoire, et l'un des principaux textes obligatoires au sujet de la Seconde Guerre mondiale était celui de A.J.P. Taylor, un historien réputé de l'université d'Oxford. Son célèbre ouvrage Les Origines de la Seconde Guerre Mondiale établissait précisément cette thèse, et je n'ai jamais pu trouver la moindre raison de remettre en question le jugement de mes professeurs à nous faire étudier ce texte.



CiterLe récent 70e anniversaire du début du conflit qui a consumé tant de dizaines de millions de vies a naturellement provoqué de nombreux articles historiques, et la discussion qui en a résulté m'a amené à sortir ma vieille copie du court volume de Taylor, que je relis pour la première fois en près de quarante ans. Je l'ai trouvé aussi magistral et persuasif qu'à l'époque où j'étais dans ma chambre de dortoir à l'université, et les brillants communiqués de presse de la couverture laissaient entrevoir certaines des acclamations que le travail avait immédiatement reçues. Le Washington Post a saluait l'auteur comme l'« le plus éminent historien britannique en vie », World Politics le qualifiait de « puissamment argumenté, brillamment écrit et toujours persuasif », The New Statesman, magazine britannique de gauche, le décrivait comme « un chef-d'œuvre : lucide, compatissant, magnifiquement écrit » et le Times Literary Supplement le caractérisait comme « simple, dévastateur, d'une grande clarté et profondément inquiétant ». En tant que best-seller international, il s'agit certainement du livre le plus célèbre de Taylor, et je peux facilement comprendre pourquoi il figurait encore sur ma liste de lectures obligatoires du collège près de deux décennies après sa publication originale.

Pourtant, en revisitant l'étude révolutionnaire de Taylor, j'ai fait une découverte remarquable. Malgré toutes les ventes internationales et les acclamations de la critique, les conclusions du livre ont vite suscité une grande hostilité dans certains milieux. Les conférences de Taylor à Oxford avaient été extrêmement populaires pendant un quart de siècle, mais comme résultat direct de cette controverse « l'historien vivant le plus éminent de Grande-Bretagne » fut sommairement purgé de la faculté peu de temps après. Au début de son premier chapitre, Taylor avait remarqué à quel point il trouvait étrange que plus de vingt ans après le début de la guerre la plus cataclysmique du monde, aucune histoire sérieuse n'ait été produite pour analyser attentivement ce déclenchement. Peut-être que les représailles qu'il a subies l'ont amené à mieux comprendre une partie de ce casse-tête.

Taylor n'était pas le seul à subir de telles représailles. En effet, comme je l'ai progressivement découvert au cours de la dernière décennie, son sort semble avoir été exceptionnellement doux, sa grande stature existante l'isolant partiellement des contrecoups de son analyse objective des faits historiques. Et ces conséquences professionnelles extrêmement graves étaient particulièrement fréquentes de notre côté de l'Atlantique, où de nombreuses victimes ont perdu leurs positions médiatiques ou académiques de longue date et ont disparu définitivement des yeux du public pendant les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

On trouve un parallèle frappant du cas de Taylor avec l'historien Harry Elmer Barnes, une personnalité qui m'était quasiment inconnue, mais à l'époque universitaire de grande influence et de stature importante :

CiterImaginez mon étonnement après avoir découvert que Barnes avait été l'un des premiers contributeurs du magazine Foreign Affairs, et le principal relecteur de cette vénérable publication depuis sa fondation en 1922, alors que son statut parmi les universitaires libéraux américains de premier plan se manifestait par ses nombreuses apparitions dans The Nation et The New Republic au cours des années 1920. En effet, on lui attribue un rôle central dans la « révision » de l'histoire de la Première Guerre mondiale, afin d'effacer l'image caricaturale de l'innommable méchanceté allemande, laissée en héritage de la malhonnête propagande de guerre produite par les gouvernements adversaires britannique et étasunien. Et sa stature professionnelle a été démontrée par ses trente-cinq livres ou plus, dont bon nombre d'ouvrages académiques influents, ainsi que par ses nombreux articles dans The American Historical Review, Political Science Quarterly et d'autres revues de premier plan.

Il y a quelques années, j'ai parlé de Barnes à un éminent universitaire américain dont les activités en sciences politiques et en politique étrangère étaient très similaires, et pourtant le nom ne lui disait rien. À la fin des années 1930, Barnes était devenu un critique de premier plan des propositions de participation américaine à la Seconde Guerre mondiale. En conséquence, il avait définitivement « disparu », ignoré par tous les grands médias, alors qu'une importante chaîne de journaux était fortement incitée à mettre fin brutalement, en mai 1940, à sa rubrique nationale publiée de longue date.

De nombreux amis et alliés de Barnes sont tombés au cours de la même purge idéologique, qu'il a décrite dans ses propres écrits, et qui s'est poursuivie après la fin de la guerre :

CiterPlus d'une douzaine d'années après sa disparition de notre paysage médiatique national, Barnes a réussi à publier La Guerre Perpétuelle pour une Paix Perpétuelle, un long recueil d'essais d'érudits et autres experts traitant des circonstances entourant l'entrée de l'Amérique dans la Seconde Guerre mondiale. Il a été édité et distribué par un petit imprimeur de l'Idaho. Sa propre contribution consistait en un essai de 30 000 mots intitulé « Le révisionnisme et le blackout historique », qui abordait les énormes obstacles rencontrés par les penseurs dissidents de cette période.

 

Le livre lui-même était dédié à la mémoire de son ami l'historien Charles A. Beard. Depuis le début du XXe siècle, Beard était une figure intellectuelle de haute stature et d'une très grande influence, cofondateur de The New School à New York et président de l'American Historical Association et de l'American Political Science Association. En tant que principal partisan de la politique économique du New Deal, il a été extrêmement loué pour ses opinions.

Pourtant, après qu'il se retourna contre la politique étrangère belliqueuse de Roosevelt, les éditeurs lui fermèrent leurs portes et seule son amitié personnelle avec le responsable de la presse de l'Université de Yale permit à son volume critique de 1948, Le président Roosevelt, et l'avènement de la guerre, 1941 de paraître. La réputation immense de Beard semble avoir commencé à décliner rapidement à partir de ce moment, de sorte que l'historien Richard Hofstadter pouvait écrire en 1968 : « La réputation de Beard se présente aujourd'hui comme une ruine imposante dans le paysage de l'historiographie américaine. Ce qui était autrefois la plus grande maison du pays est maintenant une survivance ravagée ». En fait, « l'interprétation économique de l'histoire », autrefois dominante, de Beard pourrait presque être considérée comme faisant la promotion de « dangereuses théories du complot », et je suppose que peu de non-historiens ont même entendu parler de lui.

Un autre contributeur majeur au volume de Barnes fut William Henry Chamberlin, qui pendant des décennies avait été classé parmi les principaux journalistes de politique étrangère des États-Unis, avec plus de quinze livres à son actif, la plupart d'entre eux ayant fait l'objet de nombreuses critiques favorables. Pourtant, America's Second Crusade, son analyse critique, publiée en 1950, de l'entrée de l'Amérique dans la Seconde Guerre mondiale, n'a pas réussi à trouver un éditeur traditionnel et a été largement ignorée par les critiques. Avant sa publication, sa signature apparaissait régulièrement dans nos magazines nationaux les plus influents, tels que The Atlantic Monthly et Harpers. Mais par la suite, son activité s'est presque entièrement limitée à des lettres d'information et à des périodiques de faible tirage, appréciés par un public conservateur ou libertarien restreint.

Aujourd'hui, sur internet, chacun peut facilement créer un site Web pour publier son point de vue, le rendant immédiatement accessible à tout le monde. En quelques clics de souris, les médias sociaux tels que Facebook et Twitter peuvent attirer l'attention de millions de personnes sur des documents intéressants ou controversés, en se passant ainsi totalement du soutien des intermédiaires établis. Il est facile pour nous d'oublier à quel point la dissémination d'idées dissidentes était extrêmement ardue à l'époque des rotatives, du papier et de l'encre, et de reconnaître qu'une personne exclue de son média habituel aura peut-être besoin de nombreuses années pour retrouver toute sa place.

Plusieurs années avant que A.J.P. Taylor s'aventurât dans ces eaux troubles, d'autres écrivains britanniques s'étaient confrontés à des périls idéologiques semblables, comme un historien maritime britannique distingué le découvrit en 1953 :

CiterL'auteur de Unconditional Hatred [Russell Grenfell, Haine inconditionnelle, ouvrage également traduit par le Saker Francophone, NdT] était le capitaine Russell Grenfell, un officier de marine britannique qui avait servi avec distinction pendant la Première guerre mondiale et qui, plus tard, aida à diriger le Collège d'état-major de la Marine royale, tout en publiant six livres de haut niveau sur la stratégie navale et en servant de correspondant naval au Daily Telegraph. Grenfell reconnaissait que de grandes quantités de mensonges accompagnent presque inévitablement toute guerre importante. Mais alors que plusieurs années s'étaient écoulées depuis la fin des hostilités, il s'inquiétait de plus en plus du fait que le poison persistant de cette propagande du temps de guerre pourrait menacer la paix future de l'Europe si un antidote n'était pas rapidement largement appliqué.

 

Sa considérable érudition historique et son ton mesuré brillent dans ce fascinant ouvrage, qui se concentre prioritairement sur les événements de la Seconde guerre mondiale, mais inclut de fréquentes digressions sur les guerres napoléoniennes, voire des conflits plus anciens. Un des plus intrigants aspects de sa présentation est qu'une grande partie de la propagande anti-allemande qu'il essaie de démystifier serait de nos jours perçue comme tellement absurde et ridicule qu'elle a en fait été presque entièrement oubliée, tandis qu'une grande partie de l'image extrêmement hostile que nous avons actuellement de l'Allemagne hitlérienne ne reçoit presque aucune mention, peut-être parce qu'elle n'avait pas encore été implantée, ou était alors considérée comme trop excentrique pour que quiconque la prenne au sérieux. Entre autres, il rapporte avec une désapprobation certaine que les principaux journaux britanniques avaient publié des articles à la une sur les horribles tortures infligées aux prisonniers allemands lors de procès pour crimes de guerre afin de les contraindre à toutes sortes de confessions douteuses.

L'ouvrage de Grenfell a été banni par tous les éditeurs en vue, et n'a été publié que par une petite maison d'édition irlando-étasunienne, et un livre écrit par un expert de premier plan sur la France a subi le même sort :

CiterSur les questions françaises, Grenfell fournit plusieurs références extensives à un livre de 1952 intitulé France : Les Années Tragiques, 1939-1947 par Sisley Huddleston, un auteur totalement inconnu pour moi, ce qui a stimulé ma curiosité. Une des utilités de mon système d'archivage de contenus est de fournir facilement le contexte approprié pour les écrivains oubliés depuis longtemps. Le nombre d'occurrences pour Huddleston dans The Atlantic Monthly, The Nation et dans The New Republic, en plus de ses trente livres de niveau reconnu sur la France, semblent confirmer qu'il a été durant des décennies l'un des principaux spécialistes de la France pour les lecteurs américains et britanniques instruits. En effet, son entretien exclusif avec le Premier ministre britannique Lloyd George à la Conférence de la paix de Paris devint un scoop international. Comme beaucoup d'autres écrivains, après la Seconde guerre mondiale son éditeur américain devint par nécessité Devin-Adair, qui publia une édition posthume de son livre en 1955.

 

Comme je l'avais conclu :

CiterOn peut facilement imaginer qu'un individu éminent et très respecté au sommet de sa carrière et de son influence publique pourrait soudainement perdre la raison et commencer à promouvoir des théories excentriques et erronées, assurant ainsi sa chute. Dans de telles circonstances, ses affirmations peuvent être traitées avec beaucoup de scepticisme et peut-être tout simplement ignorées.

Mais lorsque le nombre de ces voix très réputées mais contraires devient suffisamment important et que leurs affirmations semblent généralement cohérentes entre elles, nous ne pouvons plus négligemment rejeter leurs critiques. Leur position engagée sur ces questions controversées s'était avérée fatale pour leur réputation publique, et bien qu'ils aient dû reconnaître ces conséquences probables, ils ont néanmoins suivi cette voie, se donnant même la peine d'écrire de longs livres présentant leurs opinions et chercher un éditeur quelque part qui serait prêt à les publier.

John T. Flynn, Harry Elmer Barnes, Charles Beard, William Henry Chamberlin, Russell Grenfell, Sisley Huddleston et de nombreux autres chercheurs et journalistes de haut calibre et de réputation ont tous raconté une histoire assez cohérente de la Seconde Guerre mondiale, mais en totale contradiction avec celle de l'histoire actuelle, et ce, au détriment de leur carrière. Une décennie ou deux plus tard, le célèbre historien A.J.P. Taylor a réaffirmé ce même récit de base et a été purgé d'Oxford en conséquence. Je trouve très difficile d'expliquer le comportement de tous ces individus à moins qu'ils ne présentent un témoignage véridique.

Si un establishment politique au pouvoir et ses organes médiatiques offrent des récompenses somptueuses en termes de financement, de promotion et d'acclamation publique à ceux qui soutiennent sa propagande partisane tout en jetant dans l'obscurité ceux qui sont en désaccord, les déclarations des premiers doivent être considérées avec beaucoup de suspicion. Barnes a popularisé l'expression « historiens de cour » pour décrire ces individus malhonnêtes et opportunistes qui suivent les vents politiques dominants, et il n'y a guère à douter que nos médias contemporains en regorgent.
 

Les origines véritables de la Seconde Guerre mondiale
#24
Histoire / La Pravda Américaine : Charle...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 09:40:38 PM
La Pravda Américaine : Charles A. Lindbergh et le mouvement America First

Publié le mars 6, 2025 par jmarti

Par Ron Unz − Le 10 février 2025 − Source Unz Review




Charles Lindbergh : la première célébrité héroïque à l'échelle mondiale

 

Bien qu'enfant je ne me sois guère intéressé à l'histoire des États-Unis, j'ai toujours connu le nom de Charles A. Lindbergh grâce à l'histoire de ce pionnier de l'aviation qui a toujours été au moins mentionnée dans mes manuels scolaires.

Je savais vaguement que Lindbergh fut le premier à traverser l'Atlantique en vol solo de New York à Paris, et que cet exploit vaillant lui valut une célébrité mondiale. Quelques années plus tard, son histoire a pris une tournure tragique lorsque fut commis le kidnapping de son fils nouveau-né, et toute la nation pleura lorsqu'on retrouva le corps de l'enfant. L'affaire Lindbergh provoqua des changements dans les lois fédérales. Les choses prirent de nouveau une tournure sombre au début des années 1940, lorsque Lindbergh devint l'un des isolationnistes étasuniens les plus en vue, en opposition frontale contre l'entrée des États-Unis dans la seconde guerre mondiale, et plusieurs des déclarations antisémites publiques qu'il prononça détruisirent son image jadis héroïque et amenèrent à des accusations de soutien de sa part à l'Allemagne nazie.



Ces quelques faits épuisaient absolument tout ce que je savais de Lindbergh, dont la présence n'était guère répandue dans nos livres d'histoire et nos médias. Je n'avais jamais eu connaissance des débuts de l'aviation, si bien que j'associais vaguement Lindbergh aux frères Wright, et que je ne me posais guère de question sur la faible étendue de ce qu'on en relatait.

Mais de manière très sporadique, je voyais passer des critiques de nouveaux livres au sujet de Lindbergh dans mes journaux et magazines, et lorsque mon intérêt pour l'histoire des États-Unis et pour leur entrée dans le second conflit mondial a commencé à croître, il y a une vingtaine d'années, son rôle apparent dans cette controverse attira ma curiosité. Parmi ces ouvrages, on trouve Lindbergh, une biographie bien notée écrite en 1998 par A. Scott Berg, et j'en ai trouvé un exemplaire chez un libraire pour quelques dollars il y a quelques années, si bien que j'ai fini par le lire pour élargir mes connaissances au sujet d'une personnalité historique dont je ne savais que si peu de choses.

 

J'ai trouvé que la biographie produite par Berg méritait absolument son prix Pulitzer. Elle s'étale sur plus de 650 pages, et traite excellemment et en profondeur de son sujet, est bien écrite et fondée sur des recherches en archives exhaustives.

Bien que cette biographie ait fondamentalement surtout confirmé les faits fondamentaux que j'avais toujours connus, j'ai été choqué par l'étendue de la célébrité de Lindbergh aussi bien aux États-Unis que dans le reste du monde, en découvrant que durant les années 1920 et 1930, il avait une influence nettement plus étendue que celle que l'on trouve dans les brèves descriptions apparaissant dans les manuels scolaires que j'avais absorbés. Ces récits m'apparaissaient désormais comme très biaisés, comme si George Washington s'était trouvé relégué à quatre ou cinq phrases dans tous les manuels d'histoire des États-Unis.

Je pense que la plupart des gens ne réalisent pas à quel point notre monde s'est trouvé transformé par la création des médias modernes, ni à quel point cette transformation est récente. La vaste circulation de journaux quotidiens apportant des nouvelles concernant les derniers événements n'est apparue qu'entre le milieu et la fin du XIXème siècle, à peu près au moment où les magazines nationaux populaires commençaient à progresser à grands pas ; et ces modifications ont été suivies, durant les deux premières décennies du XXème siècle, par des médias encore plus puissants : les films et la radio. Cette histoire importante a été relatée par le professeur Paul Starr dans son ouvrage La Création des Médias de 2004, qui lui a valu le prix Pulitzer, et que j'ai lu l'an dernier — quoique j'aie trouvé son récit laborieux et ennuyeux.



De nos jours, chacun de nous connaît le rôle énorme joué par les célébrités dans la société étasunienne et dans le reste de l'Occident, où ces personnalités exercent souvent une influence populaire bien plus importante que celle de nos principales personnalités politiques, et surclasse d'autant plus nos universitaires ou nos auteurs. Mais l'élévation de célébrités à cette stature était impossible avant l'apparition des médias modernes. Et il m'était totalement échappé, jusqu'à ce que je lusse la biographie écrite par Berg, que le vol de Lindbergh au-dessus de l'Atlantique fit de lui la première grande célébrité internationale, qui transforma le pilote d'avion âgé de 25 ans en quelque chose de totalement nouveau dans l'histoire humaine.

La page Wikipédia consacrée à Lindbergh s'étend sur presque 25 000 mots, et l'une des sections qu'elle présente résume de nombreux faits frappants concernant les conséquences immédiates de son vol en solo. Alors que la nouvelle se répandait que son avion approchait de sa destination, en France, 150 000 Parisiens se déplacèrent jusqu'à l'aéroport pour l'attendre, chacun voulant s'approcher de son appareil. The United Press affirma qu'un million de Belges l'accueillirent à l'issue de son vol suivant, à destination de Bruxelles, apparemment le plus vaste accueil jamais réservé à un simple citoyen. Son étape suivante se trouvait en Grande-Bretagne, où une foule de 100 000 personnes attendit son arrivée à l'aéroport de Croydon. Les gens s'assemblaient en nombres colossaux et sans précédent, comparables aux foules les plus grandes ayant jamais accueilli les plus importants des rois, empereurs ou papes.

Le New York Times annonça la réussite de Lindbergh par un gros titre en première page : « Lindbergh l'a accompli! » Lorsque de son retour à New York, quelques semaines, plus tard, il fut reçu par le maire, qui lui accorda une grande parade dans la ville, et le gouverneur lui remit une médaille spéciale au cours d'une cérémonie à laquelle participèrent quelque 200 000 personnes. Les récits de l'époque mentionnent qu'environ 4 000 000 personnes virent Lindbergh ce jour-là, et selon Berg, les gens « se comportaient comme si Lindbergh avait marché sur l'eau, au lieu de voler au-dessus. »

Le gouvernement étasunien créa une décoration totalement nouvelle pour Lindbergh, la Distinguished Flying Cross, qui devint par la suite l'un des honneurs nationaux les plus élevés. Mais comme cela ne suffisait pas, une loi spéciale adoptée par le Congrès lui accorda également la Medal of Honor, jusqu'alors réservée aux plus grands héros combattants, que le président Calvin Coolidge présenta à Lindbergh lors d'une cérémonie tenue à la Maison-Blanche. Le magazine Times avait été fondé quelques années plus tôt, et le 2 janvier 1928, il désigna Lindbergh comme premier Homme de l'Année, lançant ainsi une tradition médiatique qui s'est étalée sur presque un siècle. Au moins 200 chansons furent écrites pour célébrer sa réussite.

Lindbergh publia bientôt son auto-biographie, qui fut traduite en de nombreuses langues étrangères et vendue à plus de 650 000 exemplaires durant la première année, à une époque où la population des États-Unis ne s'élevait qu'au tiers de sa taille actuelle. Lindbergh passa ensuite trois mois à voyager, parcourant plus de 35 000 km dans 82 différentes villes étasuniennes, prononçant 147 discours à 30 millions de personnes, ce qui représentait plus du quart de la population totale du pays. Ce fut plus du quart de la population étasunienne totale qui sortit pour voir et entendre Lindbergh en personne.

J'ai été totalement stupéfait d'apprendre ces faits, dont je n'avais jamais soupçonné l'existence. Je ne suis pas du tout expert sur ce type de sujet, mais je doute qu'une célébrité ultérieure, quelle qu'elle fût, ait jamais atteint le niveau de Lindbergh durant le siècle qui a suivi.

La performance de vol réussie par Lindbergh et l'échelle sans précédent de sa célébrité médiatique mondiale eurent également des conséquences très pratiques, en lançant l'énorme « Boom Lindbergh«  dans l'industrie de l'aviation mondiale. Dans les mois qui suivirent son triomphe, les candidatures au brevet de pilote triplèrent aux États-Unis, et durant les quelques années qui suivirent, le nombre de passagers aériens étasuniens augmenta du nombre impressionnant de 3 000 %, cependant que des compagnies d'aviation furent créées et financées en grand nombre. Ainsi, Lindbergh et son exploit auront sans doute joué un rôle considérable dans la création de l'industrie aérienne étasunienne, qui aurait sans cela pu prendre de nombreuses années supplémentaires avant d'exister.

La culture de la célébrité médiatique constituait un aspect totalement nouveau de notre société, et de nombreux observateurs s'attendaient à ce que l'intense intérêt populaire envers Lindbergh s'étiolât durant les mois ou l'année suivants, mais ils se trompaient. Le jeune aviateur, né dans le Midwest, était plutôt timide et contenu, qui ne semblait guère désirer toute cette attention de la part du public, mais ses réactions hésitantes provoquèrent chez les médias et le public un intérêt toujours croissant concernant tous les aspects de sa vie. De fait, durant la dizaine d'années qui suivirent, le statut de plus grand héros national étasunien allait incontestablement lui rester.

Au cours d'un voyage qu'il fit au Mexique à la fin 1927, il rencontra Anne Morrow, la jeune fille de l'ambassadeur des États-Unis Dwight Morrow, ancien haut dirigeant de Wall Street, et l'épousa en 1929 ; cette romance livresque relança l'attention des médias, ainsi que la naissance, moins d'une année plus tard, de leur premier né, Charles Jr.

Le bébé Lindbergh devint sur-le-champ l'un des nourrissons les plus en vue de toute l'histoire des États-Unis, et son kidnapping soudain, en 1932, produisit une vague sans précédent de colère et d'indignation publiques. Bien qu'une forte rançon fût versée, les restes du corps de l'enfant furent retrouvés par la suite dans une zone boisée proche du domicile des Lindbergh. On finit par arrêter un immigré allemand, et le juger, le déclarer coupable et l'exécuter pour ce que les médias étasuniens appelèrent « le crime du siècle. » Le célèbre journaliste H.L. Mencken décrivit l'affaire comme « la plus grosse histoire depuis la Résurrection. »

Ce fut le premier kidnapping de cette nature, aussi visible, de l'histoire nationale des États-Unis, qui provoqua une modification des lois fédérales pour donner du pouvoir aux unités d'enquête anti-criminelles de J. Edgar Hoover au sein du département de la Justice. L'attention publique qui en résulta contribua à ce que cette organisation devînt le très puissant FBI.

Contrarié par la chasse médiatique sans fin que subissait sa famille, et craignant pour la vie de ses autres jeunes enfants, Lindbergh attendit la conclusion du procès pour meurtre, puis emmena fin 1935 sa famille en exil volontaire à l'étranger, pour s'installer en Europe, principalement en Grande-Bretagne, durant plusieurs années, jusqu'à l'aube de la seconde guerre mondiale.

Lindbergh contre Roosevelt au sujet de la guerre ou de la paix

Je trouve tous ces aspects de la vie publique de Lindbergh très intéressants et importants, mais ma curiosité s'était au départ centrée sur son rôle plus tardif comme porte-parole de l'America First Committee (AFC), l'organisation nationale opposée à la guerre qui tenta en vain de s'opposer à l'entrée en guerre des États-Unis dans la seconde guerre mondiale. L'ouvrage de Berg ne consacre qu'un seul chapitre à ce sujet, ce qui n'est pas déraisonnable, car ces événements n'auront occupé qu'une ou deux années de la longue vie de son sujet. Mais ce chapitre ne fait guère qu'esquisser un récit que je tenais à découvrir de manière nettement plus détaillée.

J'ai donc été très heureux de découvrir le mois dernier une revue du Wall Street Journal, indiquant la publication d'un nouveau livre exclusivement consacré à ce sujet. L'auteur en est le professeur H.W. Brands, qui avait déjà publié plus de trente biographies et histoires populaires, dont deux ont été finalistes du prix Pulitzer, et le titre en est America First.

Dans cette revue, Roger Lowenstein fait la critique d'America First considérée comme « une étude révisionniste », mais cela n'a fait qu'éveiller mon intérêt, et il se trouve que l'ouvrage apporte exactement le type de récit détaillé que j'espérais trouver : un récit très détaillé et apparemment équilibré de ces événements extrêmement importants. Le sous-titre est « Roosevelt contre Lindbergh dans l'ombre de la guerre, » et il décrit précisément la lutte pour la guerre ou la paix durant les années 1940 et 1941, en reprenant les déclarations de ses deux principaux protagonistes, le très puissant président Franklin D. Roosevelt s'opposant à l'aviateur classé comme plus grand héros national des États-Unis et comme célébrité populaire.



Lorsqu'on comprend le rôle colossal de la puissance médiatique dans la détermination des débouchés politiques, on constate que le combat entre un président étasunien et un citoyen privé, jamais élu, et jamais affecté à un poste de direction, était nettement moins inéquitable que ne pourrait le suggérait le système constitutionnel de gouvernement des États-Unis. L'énorme influence médiatique dont disposait Lindbergh faisait de lui la personnalité en mesure de s'opposer pied à pied à l'un des plus puissants présidents des États-Unis dans l'arène de l'opinion publique.

De fait, quelques années plus tôt, Lindbergh et FDR s'étaient déjà opposés l'un à l'autre sur un sujet nettement moins pesant, couvert par Berg sur cinq ou six pages. Début 1934, Roosevelt avait abruptement révoqué tous les contrats de transport de courrier aérien entre le gouvernement fédéral et de nombreuses compagnies aériennes privées, suggérant que ces contrats avaient été accordés de manière corrompue par l'administration républicaine qui avait précédé la sienne, et ordonnant que des avions de l'armée endossassent la responsabilité de transporter le courrier à la place de ces compagnies privées. L'impact financier potentiel sur l'industrie naissante de l'aviation étasunienne fut dévastateur, et Lindbergh envoya un télégramme de protestation long de 275 mots au président, mettant la presse en copie, et sa déclaration provoqua une énorme attention du public.

FDR, atterré par ce défi, lança ses sbires pour attaquer Lindbergh dans les médias et noircir sa réputation, et durant les quelques mois qui suivirent, une bataille publique fit rage sur ce sujet. Les alliés Démocrates du président disposaient du contrôle total du Congrès, si bien que Lindbergh fut appelé à comparaître face à comité spécial enquêtant sur le sujet, et il s'exprima dans une pièce remplie de caméras et de micros. Mais malgré cet environnement potentiellement hostile, Lindbergh l'emporta haut la main, et un représentant décrivit le courrier qu'il reçut à la suite de cette audition comme favorable à 97% à Lindbergh. Le New York Times et les principaux commentateurs de Washington se rallièrent bientôt à la position de l'aviateur.

Parmi les points soulevés par l'aviateur renommé, le fait que les pilotes de l'armée étaient sans doute inexpérimentés vis-à-vis du transport de très lourdes charges, et cet avertissement s'avéra fondé, puisqu'une bonne dizaine d'avions s'écrasèrent rapidement en tuant leur pilote. Il s'en suivit que malgré des actions visant à conserver la face, le résultat de ce qui resta dans l'histoire connu comme le « Fiasco Air-Mail » fut que l'administration Roosevelt dut totalement rendre les armes et recourir de nouveau à des opérateurs privés pour assurer le transport aérien du courrier. Comme l'expliqua Berg, ce fut la première grande défaite politique que FDR eut à subir depuis son accession à la Maison-Blanche, et aucun des deux hommes n'oublia ni ne pardonna cette escarmouche.

Cet incident s'était produit des années avant le début du récit apporté par Brands, si bien qu'il n'en fait pas mention ; mais cet incident a certainement contribué à expliquer la volonté audacieuse manifestée par Lindbergh à défier directement le président des États-Unis sur le sujet nettement plus important du choix entre guerre et paix.

La lutte sur l'implication des États-Unis dans la seconde guerre mondiale constitua l'un des points de virage les plus importants de l'histoire moderne du pays, et cette histoire est restée dans l'ombre durant plus de 80 ans à cause d'une épaisse couche de propagande congelée, et les faits véritables n'ont que très rarement, voire jamais atteint une partie significative du grand public.

America First, l'énorme organisation anti-guerre que Lindbergh contribua à diriger, perdit cette bataille politique, et il s'en suivit que durant plus de trois générations, elle a été lourdement condamnée, et même diabolisée, dans les descriptions produites par les médias au sujet de cette époque ; et ce destin s'est étendu jusqu'aux dirigeants de l'organisation, parmi lesquels Lindbergh. Ceci explique pourquoi la personnalité qui s'est trouvée classée comme plus grand héros national étasunien du XXème siècle s'est retrouvée reléguée à faire l'objet de quelques phrases à peine dans mes manuels d'histoire.

De nombreux récits contrariens ont été écrits et publiés concernant ces événements importants, mais presque tous ont soigneusement été tenus à l'écart de toute distribution d'envergure, si bien que même parmi la population étasunienne ayant reçu le meilleur niveau d'éducation, je soupçonne que peu de gens sachent réellement que le récit présente deux facettes.

Au vu de ce paysage intellectuel extrêmement biaisé, l'ouvrage de Brands représente un pas en avant remarquable, un récit équilibré concernant cette organisation et de l'échec de la lutte qu'elle mena. Le livre a été écrit par un historien établi et réputé, publié par un éditeur en vue, et a fait l'objet de critiques dans le Journal et dans le Washington Post, deux journaux parmi les plus influents à l'échelon national des États-Unis. L'auteur a été interviewé dans l'émission All Things Considered produite par NPR, par le réseau radio CBS, et dans divers autres médias. Il est probable que cet événement soit une première à l'échelle de plusieurs décennies.

À la lecture du livre de Brands, je suis rapidement tombé sur un exemple frappant de l'objectivité et du courage caractérisant son auteur.

Hitler occupa l'État croupion tchèque en début d'année 1939, mais déclara dans le même temps qu'il ne comptait pas impliquer l'Allemagne dans une guerre majeure. Roosevelt produisit alors une réponse publique, mettant au défi le dictateur allemand d'apporter des assurances de non invasion d'une liste de quelque trente pays en Europe et au Moyen-Orient. [Cet échange édifiant a été traduit par le saker francophone, et le lecteur peut en prendre connaissance dans les annexes 11.4 et 11.5 du livre La Guerre perpétuelle pour une Paix perpétuelle, disponible en libre téléchargement ; NdT]. Lorsque nos livres d'histoire font mention de cet incident, ils font le plus souvent les éloges de FDR pour son sens de l'anticipation et ses avertissements face aux projets d'agression et de conquête à venir des projets nazis.

Mais Brands produit également la réponse apportée par Hitler au travers d'un discours prononcé face au Reichstag, qui présente une image très différente. Hitler souligne que tous les territoires occupés par son armée avaient été sous administration allemande durant plus de 600 ans, longtemps avant que le continent américain fût découvert par les Européens, sans parler de leur colonisation et de l'établissement final des États-Unis en tant que pays. Il poursuit que l'armée étasunienne avait de manière répétée occupé les pays d'Amérique centrale et des Caraïbes, démontrant l'hypocrisie totale des accusations portées à son encontre. En outre, il note que FDR intégrait l'Irlande à la liste des pays potentiellement menacés par l'Allemagne, mais que le président irlandais avait répondu par un discours réfutant toute menace de la part de l'Allemagne, mais soulignant qu'au contraire, son pays avait longtemps été sujet d'une agression britannique continue.

Cet incident s'est produit quelques mois à peine avant l'éclatement de la seconde guerre mondiale, et en relatant les deux facettes du récit, Brands expose très clairement qui est sorti par le haut de cet échange entre Roosevelt et Hitler, une information que je n'avais jamais trouvée dans les récits dominants et établis habituels.

Dans un autre passage de son livre très courageux, Brands note la véhémence stupéfiante avec laquelle FDR s'en prend à ses opposants politiques du mouvement anti-guerre au début de l'année 1940, allant quasiment jusqu'à les accuser de trahison. Ces opposants, quant à eux, estimaient que le président étasunien espérait utiliser l'excuse de la guerre « pour briser le plus vieux tabou de la politique étasunienne » et de briguer un troisième mandat. C'est exactement ce qui se produisit à la fin de la même année, et ce troisième mandat semble avoir constitué le seul espoir de Roosevelt de préserver sa place dans l'histoire :

CiterSon premier mandat avait été empli de réussites législatives, mais son second mandat relevait du désordre. Après la tentative ratée de s'attirer les bonnes grâces de la Cour Suprême, il avait essayé de purger la branche conservatrice du Parti démocrate en 1938, et avait subi un échec cuisant. S'il avait quitté la Maison-Blanche comme prévu, à la fin de son second mandat, il aurait pu être jugé par l'histoire comme médiocre, voire pire — surtout si un Républicain lui avait succédé et avait commencé à démanteler le New Deal. Roosevelt considérait la guerre comme son opportunité de rester en poste, selon les sceptiques. Il parlait de préserver la liberté, mais ce qu'il voulait réellement était de se préserver de l'oubli.

Brands présente ce passage comme un résumé des critiques formulées à l'encontre de FDR, mais mon ressenti profond est que l'auteur semble partager cette analyse. Il avait précédemment publié un livre sur Roosevelt, en 2008, s'étalant sur presque 900 pages, et finaliste du prix Pulitzer, et dans ses interviews récentes, il décrit Roosevelt comme « l'une des personnalités les plus glissantes qu'il ait jamais été amené à croiser. »

L'histoire cachée de la lutte au sujet de la seconde guerre mondiale

Je considère le livre de Brands comme excellent, et comme un pas en avant important vers une compréhension générale du sujet historique important qu'il traite, et rares sont les points énoncés par l'auteur que je réfuterais fermement. Je n'en pense pas moins qu'il manque un nombre important d'éléments à sa discussion, dont certains me semblent très pertinents vis-à-vis de son récit.

Brands est un auteur prolifique, et bien que son ouvrage dépasse les 400 pages, il semble l'avoir écrit en moins d'un an, en dépit d'une charge d'enseignement considérable pour le campus d'Austin de l'Université du Texas, comme il l'indique dans l'un de ses interviews.

Son important intérêt pour les biographies l'a amené à s'appuyer fortement sur les Journaux de guerre de Lindbergh, un document historique précieux qui s'étale sur plus de 1000 pages, qui constitue le corps principal des références citées par l'auteur, complété surtout par des articles de presse, des discours, et d'autres textes contemporains. Ce type d'élément de source primaire devraient constituer la fondation de toute reconstruction historique solide.

Il s'ensuit que Brands a produit un ouvrage excellent et important. Mais il n'intègre aucune bibliographie, et à la lecture de son texte et au passage en revue de ses références, je pense qu'il est très possible qu'il ait pu ne pas connaître certains points importants de la littérature universitaire secondaire qui ont au cours des décennies illuminés fortement son sujet historique.

Par exemple, il ne fait aucune mention des purges majeures dans nos médias, au travers desquelles Roosevelt fit disparaître certains de ses critiques les plus influents, renforçant de la sorte fortement sa main dans sa lutte politique de 1941 contre Lindbergh et le mouvement America First.

En outre, l'auteur ne semble pas connaître la monographie très importante produite par l'historien Thomas Mahl en 1998, au sujet du rôle secret mais considérable joué par les agents de renseignements britanniques dans la perturbation de l'opposition politique à la politique interventionniste de FDR, ni aux éléments très puissants indiquant que FDR manipula délibérément le Japon pour l'amener à attaquer les États-Unis à Pearl Harbor, faisant entrant les États-Unis en guerre, comme il le désirait depuis longtemps.

Brands referme son livre au lendemain de l'attaque du 7 décembre, et son épilogue cite Robert Wood, président d'America First, déclarant sinistrement à Lindbergh « eh bien, il nous y a faits entrer par la petite porte. » Mais l'auteur n'apporte pas le contexte politique qui explique cette phrase très célèbre utilisée par les opposants à FDR, une phrase qui est devenue par la suite le titre de l'important ouvrage écrit en 1952 par le professeur Charles C. Tansill.

D'un autre côté, il est également tout à fait possible que Brands connaisse tout à fait bien ces éléments, mais qu'il estime que citer ou intégrer des éléments « conspirationnistes » de cette nature à son récit pût pousser son ouvrage trop loin en dehors de notre cadre idéologique dominant, ce qui aurait empêché le livre d'attirer l'attention et la couverture médiatiques majeures qu'il a reçues. Si tel est le cas, je peux parfaitement comprendre cette décision stratégique, vu la manière dont son analyse remet déjà en cause nos narratifs historiques habituels.

Je pense cependant qu'il est judicieux de présenter certaines de ces informations de contexte, en citant un long extrait de ma propre discussion, écrite en 2018, sur ces événements historiques importants :

CiterL'année 1940 a semblé marquer le point culminant où certaines des voix dissidentes les plus importantes dans les médias nationaux ont été écartées ou intimidées. Une fois cela accompli, le paysage stratégique s'est évidemment éclairci, facilitant ainsi des manœuvres politiques qui auraient pu être beaucoup plus difficiles dans un climat de surveillance minutieuse par la presse.


DesperateDeception

Compte tenu de l'énorme opposition populaire à une intervention militaire, les perspectives d'un troisième mandat, sans précédent, pour Roosevelt pouvaient sembler difficiles, puisqu'il serait obligé de s'engager fermement dans cette position isolationniste, au risque d'être battu par son adversaire Républicain, issu d'un parti majoritairement anti-interventionniste. Mais dans l'un des rebondissements les plus improbables de toute l'histoire politique américaine, la Convention Républicaine, organisée en juin 1940, à Chicago, choisit comme candidat l'obscur Wendell Willkie, un homme fortement interventionniste qui n'avait jamais exercé de fonction publique et qui, juste quelques mois auparavant, avait toujours été un Démocrate engagé. Il y a deux décennies, l'historien Thomas E. Mahl a abondamment documenté le fait que les agents de renseignement britanniques avaient joué un rôle crucial dans cette tournure extrêmement inattendue, employant même peut-être des moyens mortels. La course entre Roosevelt et Willkie qui en résulta ne laissa donc pratiquement aucun choix aux électeurs en matière de politique étrangère, et FDR fut réélu dans un immense raz-de-marée électoral, lui permettant ainsi de mener une politique étrangère beaucoup plus agressive.

Alarmé par la crainte grandissante de voir les États-Unis attirés dans une autre guerre mondiale sans que les électeurs aient eu voix au chapitre, un groupe d'étudiants en droit de Yale a lancé une organisation politique anti-interventionniste qu'ils ont baptisée « The America First Committee ». Ce groupe a rapidement atteint 800 000 membres, devenant ainsi la plus grande organisation politique de base dans notre histoire nationale. De nombreuses personnalités publiques l'ont rejoint ou l'ont soutenu, avec à sa tête le PDG de Sears, Roebuck, et parmi ses jeunes membres on trouvait les futurs présidents John F. Kennedy et Gerald Ford, ainsi que d'autres notables tels que Gore Vidal, Potter Stewart et Sargent  Schriver. Flynn a officié comme président du chapitre de la ville de New York, et le principal porte-parole de l'organisation était le célèbre aviateur Charles Lindbergh, qui depuis des décennies était probablement classé comme le plus grand héros national des États-Unis.

Pendant toute l'année 1941, une foule considérable à travers le pays a assisté aux rassemblements anti-guerre menés par Lindbergh et d'autres dirigeants, avec des millions d'autres écoutant les émissions de radio des événements. Mahl montre que les agents britanniques et leurs sympathisants américains ont entre-temps poursuivi leurs opérations secrètes pour contrer cet effort en organisant divers groupes politiques activistes prônant l'implication de l'armée américaine, en employant des moyens, normaux ou illégaux, pour neutraliser leurs opposants politiques. Des individus et des organisations juifs semblent avoir joué un rôle extrêmement disproportionné dans cet effort.

Parallèlement, l'administration Roosevelt a intensifié sa guerre non déclarée contre les sous-marins allemands et d'autres forces navales de l'Atlantique, cherchant sans succès à provoquer un incident susceptible d'entraîner le pays dans la guerre. FDR a également inventé les propagandes les plus bizarres et les plus ridicules visant à terrifier les Américains naïfs, par exemple en prétendant avoir la preuve que les Allemands – qui ne possédaient pas de marine de surface importante et étaient complètement bloqués par la Manche – avaient ourdi des plans concrets pour franchir des milliers de kilomètres dans l'océan Atlantique afin de prendre le contrôle de l'Amérique latine. Des agents britanniques ont fourni des falsifications grossières à titre de preuve.

Ces faits, maintenant fermement établis par des décennies d'études, fournissent le contexte nécessaire au discours célèbre et controversé de Lindbergh lors d'un rassemblement de l'America First en septembre 1941. Lors de cet événement il a accusé trois groupes « de pousser ce pays à la guerre, les Britanniques, les Juifs et le gouvernement Roosevelt », déclenchant ainsi une énorme tempête d'attaques et de dénonciations de la part des médias, notamment des accusations généralisées d'antisémitisme et de sympathies nazies. Étant donné les réalités de la situation politique, la déclaration de Lindbergh constitue une illustration parfaite de la fameuse boutade de Michael Kinsley selon laquelle « une gaffe, c'est quand un politicien dit la vérité – une vérité évidente qu'il n'est pas supposé dire ». Mais en conséquence, la réputation autrefois héroïque de Lindbergh a subi des dommages énormes et permanents, les échos de la campagne de diffamation ont été entendus pendant les trois dernières décennies de sa vie, et même bien au-delà. Bien qu'il n'ait pas été totalement exclu de la vie publique, sa réputation n'a plus jamais été la même.

Pendant ce temps, la volonté de FDR de faire entrer l'Amérique en guerre se poursuivait par plusieurs voies parallèles. Au fil des ans, des historiens diplomates ont démontré que, face à une opposition nationale aussi obstinée à une intervention militaire directe en Europe, le gouvernement Roosevelt avait pris de nombreuses mesures visant à provoquer directement une attaque japonaise et à ouvrir ainsi une « porte dérobée pour la guerre », selon le professeur Charles C. Tansill qui a par la suite intitulé ainsi son important livre de 1952 sur cette histoire. Ces mesures comprenaient un gel complet des avoirs japonais, un embargo sur le pétrole, absolument vital pour l'armée japonaise, et le rejet sommaire du plaidoyer personnel du premier ministre japonais en faveur de la tenue de négociations au plus haut niveau avec le gouvernement afin de maintenir la paix. Dès mai 1940, FDR avait ordonné que la flotte du Pacifique quitte son port d'attache de San Diego pour se rendre à Pearl Harbor, sur l'île d'Hawaï, décision fermement contestée par James Richardson, son principal amiral, car étant inutilement provocatrice et dangereuse, celui-ci a été licencié.

L'attaque japonaise du 7 décembre 1941 a en fait marqué le succès de la stratégie de Roosevelt en mettant l'Amérique en guerre. En effet, certains spécialistes ont même fait état de nombreuses preuves montrant que les plus hauts niveaux du gouvernement des États-Unis étaient parfaitement au courant de l'attaque imminente et l'avaient laissée faire pour garantir qu'un nombre suffisamment important de victimes américaines balayeraient tous les obstacles populaires à  une implication à grande échelle dans la guerre mondiale.

Il y eut aussi un attentat très étrange immédiatement après l'attaque de Pearl Harbor, un incident qui a suscité beaucoup trop peu d'intérêt. À cette époque, les films étaient le média populaire le plus puissant et, bien que les non-juifs constituaient 97% de la population, ils ne contrôlaient qu'un seul des principaux studios. Peut-être par hasard, Walt Disney était également la seule personnalité hollywoodienne de haut rang au sein du camp anti-guerre. Et au lendemain de l'attaque surprise par le Japon, des centaines de soldats américains ont pris le contrôle des studios Disney afin d'aider à défendre la Californie contre les forces japonaises situées à des milliers de kilomètres, l'occupation militaire se poursuivant pendant huit mois. Examinez ce que les esprits suspects auraient pu penser si le 12 septembre 2001, le président Bush avait immédiatement ordonné à ses militaires de s'emparer des bureaux du réseau CBS, affirmant qu'une telle mesure était nécessaire pour aider à protéger la ville de New York contre de nouvelles attaques islamistes.

Concernant ce dernier incident, il faut se souvenir que Pearl Harbor fut bombardée un dimanche, et qu'à moins que Roosevelt et ses principaux conseillers fussent pleinement au courant de l'attaque japonaise imminente, ils auraient sans doute dû rester absolument préoccupés par les retombées du désastre. Il semble très peu probable que l'armée étasunienne fût prête spontanément à prendre le contrôle des studios Disney un lundi au petit matin se levant après une véritable attaque « surprise ».

Oswald Garrison Villard et America First
#25
Politique française / Propagande militariste en Fran...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 05:56:05 PM
Propagande militariste en France ou quand Macron se prend pour Napoléon



par Khider Mesloub

Au moment où l'administration américaine, par la voix du président Trump, annonçait sa volonté de négocier un traité de paix avec la Russie pour réorienter la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron, lui, conviait, à huis clos, ce jeudi 20 février, à l'Élysée, une douzaine de représentants des partis politiques et des groupes parlementaires, y compris LFI et le Rassemblement national, dans une coalisation d'union sacrée, pour acter la volonté du gouvernement français d'opérer une accélération militariste.

Macron agite la menace de l'invasion fantasmée de la Russie pour justifier l'économie de guerre et le réarmement

À l'issue de ce Conseil de défense improvisé, le président Macron a déclaré qu'il fallait «revisiter nos choix dans ce monde qui commence» (sic). «Nous sommes en guerre quelque part» (comme en 2020), a-t-il martelé, sur un ton martial. Quelque part ou nulle part ? Pour le moment, nulle part. Mais Macron est résolu à préparer les esprits à un saut militariste, un assaut militaire. Notamment contre la Russie, ne cesse-t-il de ressasser.

Autoproclamé chef de guerre d'une armée de carton composée de majorettes tricolores, dont une partie a été chassée d'Afrique comme des migrants clandestins, Macron a, encore une fois, agité la «menace que représente la Russie pour l'Europe et pour la France».

Aussi, pour contrer cette menace russe fantasmée, d'aucuns diraient désirée avec une volupté masochiste, Macron a défendu l'idée d'«un plan de défense massif et des investissements massifs en Europe». Le mot est lâché : «investissements». Macron agite la menace de l'invasion fantasmée russe pour justifier l'investissement tous azimuts dans l'armée, plus exactement pour légitimer l'augmentation exponentielle des dépenses militaires.

Alors que la Loi de programmation militaire (LPM) actuelle alloue 413,3 milliards d'euros sur sept ans à la défense, soit 50,5 milliards dans le budget 2025, Macron envisage de dépasser les objectifs de l'OTAN de plus de 2% du PIB pour atteindre les 5% ordonnés par Donald Trump.

Pour justifier cette augmentation du budget militaire, Macron a indiqué : «Tous les pays qui sont aux avant-postes dépensent 4 ou 5% de leur produit intérieur brut, quand nous, nous sommes à 2%. Nous étions à de tels chiffres dans les années 1960-1970 et dans les années 1980. Puis, il y a eu la chute du mur et on a beaucoup moins investi sur notre défense. C'est fini, nous allons devoir réinvestir».

Et pour assurer ce «réinvestissement» dans le réarmement de la France, Macron compte porter le pourcentage au chiffre record de 5% du PIB. Soit près de 150 milliards d'euros, trois fois plus que les dépenses militaires dans le budget 2025. «Je ne sais pas si 5% c'est le bon chiffre pour la France, mais, en tout cas, il va falloir monter», a-t-il insisté. Une manne pour l'industrie de l'armement.

Macron prépare les esprits à l'enrégimentement et la militarisation des jeunes

Comment Macron compte-t-il financer ces faramineuses dépenses militaires décrétées de façon discrétionnaire, à l'heure où l'hostile gouvernement macroniste, confronté à un déficit public abyssal, prône la rigueur économique, vote des budgets austéritaires, sur fond de lois sécuritaires et de politiques racistes et autoritaires ?

Pour financer ces investissements militaires, c'est-à-dire ce plan de réarmement massif, le gouvernement compte rogner sur les dépenses dans les domaines publics et sociaux. Macron a annoncé son intention de «revisiter (les) choix budgétaires et (les) priorités nationales», autrement dit, de procéder à des coupes budgétaires dans l'école, la santé, la culture et les services publics.

Macron a également évoqué l'hypothèse de mettre les travailleurs à contribution, au moyen de l'augmentation du temps de travail. Voire de mettre à contribution toute la population, notamment à travers le lancement des «produits d'épargne», c'est-à-dire d'une épargne populaire au service de l'industrie de guerre. Macron a invité «toute la nation à financer certains programmes de défense». «Chacun d'entre nous doit se demander ce qu'il peut faire pour la nation française et la République», a-t-il martelé.

Outre les travailleurs, Macron prépare également les esprits à l'enrégimentement des jeunes et à la militarisation de la société par l'instauration d'une économie de guerre.

Sans évoquer explicitement la question du rétablissement du service militaire pour accroître les effectifs de l'armée, Macron a indiqué, à destination de la jeunesse, qu'«il va falloir inventer quelque chose collectivement qui fasse consensus dans la nation, mais qui permette à notre jeunesse, à toute la nation d'être plus résistante face à ces menaces». Plus résistante ? Entendre : une jeunesse prête à se sacrifier sur les champs de bataille militaire.

Sans nous surprendre, au moment où la France s'enfonce dans le sous-développement, la tiers-mondisation, elle adopte ainsi une posture belliqueuse. La martialisation du discours diplomatique des dirigeants français constitue le pendant de la militarisation de la société française désormais soumise à la tyrannie des restrictions des libertés, à la dictature sécuritaire, tremplin à l'enrégimentement des esprits pour les préparatifs de guerre.

La classe capitaliste française est imprégnée par une logique de guerre

Sans conteste, dans ce nouveau contexte international marqué par le réalignement des alliances et la redistribution des cartes géopolitiques mondiales entre les principales puissances, notamment étasuniennes et russes, la France est de plus en plus clairement marginalisée, voire écartée des nouveaux pactes scellés au sein même du bloc atlantiste (AUKUS). De là s'explique, au plan international, le raidissement de sa diplomatie désormais violemment offensive pour tenter de maintenir désespérément son rang dans le concert des grandes puissances. Et, au plan intérieur, l'extrême-droitisation de ses orientations politiques foncièrement teintées de racisme décomplexé et d'agressivité islamophobe éhontée.

Depuis quelques années, plus que jamais, l'État français est imprégné par une logique de guerre et une guerre idéologique anti-arabe et antimusulmane. L'interventionnisme militaire constitue désormais l'occupation essentielle de l'État français. Pour preuve, ces dernières années, par son activisme militaire, la France a acquis le statut de pays occidental le plus interventionniste, déclassant les États-Unis.

À cet égard, il convient de corréler cette bellicosité de la politique extérieure française (illustrée récemment par les propos diplomatiquement attentatoires et vexatoires à l'égard de l'Algérie) à la crise systémique du capitalisme français, induite, entre autres, par l'émergence de l'Asie comme nouveau pôle de l'économie mondiale, appelé bientôt à représenter 62% du produit intérieur brut mondial.

Les gesticulations militaristes de la France interviennent dans ce contexte d'accroissement de l'hégémonie de la Chine à l'étranger, notamment en Afrique et en Asie. Cette prépondérance géostratégique chinoise s'est illustrée par l'installation de sa première base militaire à Djibouti et par l'investissement dans le développement, la gestion ou l'acquisition de ports stratégiquement positionnés.

Les postures militaristes gesticulatoires de la France visent à compenser sa faiblesse économique, sa marginalisation diplomatique. En proie à une très forte désindustrialisation (en 30 ans, 2,5 millions d'emplois industriels ont été détruits), au décrochage économique, au déclassement social de ses populations actives en voie de paupérisation, la France est réduite à tenter, vainement, de s'octroyer par la force armée fantomatique les moyens de ses ambitions d'hégémonie mondiale. Tout se passe comme si les velléités d'engagements militaires de la France constituaient l'ultime programme politique pour préserver ses positions géostratégiques, son rang de puissance mondiale désormais en déclin.

La surenchère hystérique militariste a submergé tout l'espace médiatique français

En réalité, en particulier depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la France agite, en permanence, la menace d'envoi de troupes en Ukraine pour suppléer son déclassement économique, juguler sa déliquescence politique et culturelle, dévoyer le mécontentement social de sa population fréquemment frondeuse.

Bien avant l'opération militaire russe en Ukraine, la tendance à la militarisation et à la hausse des dépenses militaires était entamée en France. De même, la rhétorique belliqueuse avait envahi la politique internationale des autorités françaises, imprégné les mentalités des dirigeants politiques et des élites culturelles et médiatiques.

Ces trois dernières années, la surenchère hystérique militariste a submergé tout l'espace médiatique français. On assiste à une outrancière militarisation de l'information. Jamais les médias français, notamment les chaînes de télévision, n'avaient été autant colonisés par une horde de généraux de plateaux télévisés, costumés et maquillés, pour mener une véritable guerre de l'information, autrement dit propager, tel un virus létal, leurs discours va-t-en-guerre, notamment contre la Russie. Ce bellicisme médiatique est une première dans les annales. Les plateaux de la télévision française sont devenus des officines d'intoxication mentale polémologique. L'écrivain Georges Bernanos, pour fustiger la France décadente de son époque, avait écrit en 1938, dans Les grands cimetières sous la lune : «La colère des imbéciles remplit le monde». Et des dirigeants politiques et journalistes imbéciles et colériques, la France prise à la gorge en regorge. La colère de l'imbécile France bourgeoise repose sur l'amertume suscitée par son foudroyant déclin.

La politique de militarisation (et donc de la guerre) de la France est confirmée par le dernier Conseil de défense, qui aura réuni l'ensemble des partis politiques, de l'extrême gauche (LFI) à l'extrême droite (RN). Un Conseil de défense présidé par Macron, qui a des ambitions de leadership militaire de l'Europe dignes de Napoléon.

Avec le désengagement des États-Unis de l'Ukraine, Emmanuel Macron entend, dorénavant, jouer le rôle de gendarme de l'Europe. Il escompte surtout s'assurer des bénéfices à l'industrie française de l'armement. Une industrie historiquement liée au gouvernement. Un secteur militaire classé troisième exportateur mondial d'armes.

Avec la militarisation de l'Europe, les entreprises françaises du secteur de l'armement ambitionnent multiplier leurs ventes grâce notamment à l'augmentation substantielle du Fonds européen de défense.

Si, au cours des dernières décennies, pour justifier ses interventions militaires, la France invoquait le prétexte de la lutte contre le terrorisme, désormais, avec l'épuisement de cet alibi devenu inopérant à force d'instrumentalisation outrancière, d'autres mobiles sont allégués pour légitimer ses velléités de guerre, notamment la «menace existentielle» de la Russie.

Pour ses préparatifs de guerre de «haute intensité», selon l'expression tricolore consacrée, l'État français a constitué plusieurs groupes d'experts afin d'étudier toutes les éventualités. Notamment la question de l'acceptabilité par les citoyens d'un nombre élevé de morts, jamais égalé depuis la Seconde Guerre mondiale. À cet égard, les pays ciblés par cette «guerre de haute intensité» ne sont pas nommément désignés. Cependant, tous les experts s'accordent pour citer, outre la Russie, la Turquie, un pays d'Afrique du Nord. Serait-ce l'Algérie ? Par une intervention militaire française épaulée par le Maroc, aidée en arrière par Israël, nouvel allié du Makhzen en voie également de militarisation accélérée, de bellicosité déclarée.

La France n'a pas les moyens de ses ambitions militaristes gesticulatoires

Un auteur a écrit, à juste titre : «La guerre ? Un constant d'échec». C'est le constat d'échec qu'on pourrait établir de la France délabrée, réduite à guerroyer sur les champs de guerre extérieure pour maintenir son rang au prix de la destruction de pays, au lieu d'œuvrer sur les chantiers de son économie intérieure pour bâtir son pays.

Curieusement, d'aucuns vantent le pacifisme de Macron. Or, sous sa présidence, les dépenses militaires auront augmenté de 46%, passant de 32 milliards en 2017 à plus de 50 milliards d'euros actuellement. Budget qu'il entend multiplier par trois pour atteindre les 150 milliards d'euros à l'horizon 2030. Autrement dit, une augmentation vertigineuse de quasiment 500%.

Bien éloigné du prétendu renouvellement démocratique claironné par Macron, ce dernier a imprimé une dimension militariste à son régime, par l'augmentation exponentielle du budget de l'armée, confirmant la préservation de la centralité du complexe militaro-industriel, fleuron de l'impérialisme français, et le durcissement autoritaire du pouvoir, matérialisé par la militarisation de la société, inaugurée par la répression sanglante du mouvement des Gilets jaunes, parachevée par la dictature sanitaro-sécuritaire instaurée à la faveur de l'apparition de la pandémie du Covid-19, exacerbée par ses déclarations belliqueuses à l'égard de l'Algérie et de la Russie.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Hitler avait déclaré, en guise de justification de l'entrée en guerre de l'Allemagne étranglée par le blocus économique imposé par les «Alliés», assoiffée d'espace vital lucratif : «L'Allemagne doit exporter ou périr».

La France, en proie au décrochage économique, qui n'a rien à exporter sinon sa technologie meurtrière et sa propension atavique interventionniste, semble renouer avec cet agenda militariste séculaire : «La France doit guerroyer ou périr».

Mais, aujourd'hui, la France a-t-elle les moyens de ses ambitions gesticulatoires militaristes ?

Macron le freluquet se prend pour Napoléon Ier : il veut envoyer des troupes en Russie, plus exactement à ses frontières, en Ukraine, berceau de la Rous' de Kiev, du monde russe. Pour rappel, la campagne de Russie (ou «guerre patriotique de 1812») est cette expédition militaire menée contre l'Empire russe par l'armée de l'empereur Napoléon Ier, qui s'est soldée par la déroute des troupes françaises, écrasées par les forces russes.

Tout se passe comme si la France était en guerre contre la Russie. À croire que c'est la France qui a été envahie. La peur se nourrit de l'imagination. La psychose s'empare de la population lorsque le sentiment de danger imminent n'est plus réel mais imaginaire. Le gouvernement Macron s'active ainsi à répandre une peur obsidionale. Le véritable ennemi de la bourgeoisie sénile française n'est pas la Russie mais la classe ouvrière française. L'ennemi n'est pas campé à l'extérieur mais tapi à l'intérieur.

Faute de moyens militaires pour mener une guerre à l'extérieur, le gouvernement Macron mène une guerre de propagande belliciste à l'intérieur pour ressouder la nation menacée de dislocation, convaincre les travailleurs à consentir des sacrifices économiques et sociaux, voire politiques, en s'accommodant du durcissement autoritaire, de l'ensevelissement de la démocratie, au nom de la menace imaginaire symbolisée aujourd'hui par la lointaine Russie. Et prochainement par un nouveau pays. Probablement l'Algérie, pays qu'il a déjà lamentablement pris en grippe pour dévoyer l'exaspération politique et la colère sociale des Français.

https://reseauinternational.net/propagande-militariste-en-france-ou-quand-macron-se-prend-pour-napoleon/
#26
Suicide dirigé / Un coup en dessous de la ceint...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 04:56:45 PM
Un coup en dessous de la ceinture : l'Europe ne s'attendait pas à une telle perfidie de la part de Moscou



La Russie a retenu la recommandation de Lénine : l'ironie et la patience sont la vertu du bolchevik... Voici démontées les différentes étapes de la constitution du sophisme de Macron et de l'UE : la Russie est effondrée, son économie est en pleine débâcle, son armée piétine et déserte face à nos guerriers par procuration, Poutine a quarante cancers et il est enfermé dans sa paranoïa, et dans le même temps, on brame qu'il faut se sacrifier, enfin les petits, pas les gros eux, ils s'engraissent, parce que le terrible Poutine et ses chars sont aux portes de notre douce France. J'ajouterai que la situation est telle que le peuple français pourtant considéré comme un des plus rationnels doit avaler ce plat indigeste dans tous les médias pour justifier n'importe quoi. Cela va même jusqu'à l'effort en faveur de la paix qui doit céder à cette schizophrénie et à l'idée que l'on peut faire n'importe quoi à la Russie et qu'il n'y aura aucune conséquence.

Danielle Bleitrach

*

par Kirill Strelnikov

La communauté scientifique mondiale discute activement de la possibilité d'inclure la russophobie dans la liste officielle des maladies mentales. Il s'agit d'un état obsessionnel grave dans lequel le patient est convaincu que la Russie est sur le point de s'effondrer totalement et qu'elle va bientôt asservir le monde entier. Les experts russes suggèrent d'y ajouter la croyance irrationnelle que l'on peut faire des choses désagréables à la Russie et qu'il ne vous arrivera rien pour cela.

En 2022, les autorités européennes ont décidé de jouer à la roulette russe et ont annoncé le « gel » d'actifs financiers russes d'un montant d'environ 300 milliards de dollars, qui se trouvaient principalement dans le dépositaire financier Euroclear. Le schéma était parfait : nous faisons du mal à la Russie sans chars ni avions, aucun soldat occidental ne souffrira, tout est culturel, européen, ce qui était à vous maintenant est à nous. Et qu'allez-vous nous faire ? Allez-vous bombarder les ordinateurs d'Euroclear avec Oreshnik ?
Les responsables russes ont immédiatement averti les Européens qu'il s'agissait d'un vol de fait et qu'il valait mieux le remettre tranquillement à sa place, faute de quoi des représailles s'ensuivraient tôt ou tard. Cependant, les habitants du jardin européen ont pensé que la Russie était tout là-bas et qu'Euroclear était ici à disposition et ont commencé à envoyer à l'Ukraine des dizaines de milliards d'euros d'aide financière directe et de prêts garantis par le produit des avoirs russes gelés.

Ce à quoi on leur a à nouveau dit calmement et fermement que la Russie agirait en miroir et même de manière asymétrique, et qu'elle le ferait dans tous les cas. Dans le même temps, on a clairement expliqué aux « non-partenaires » européens que le vol de l'argent russe leur reviendrait en boomerang, car il n'y a pas que notre argent qui se trouve chez Euroclear : leurs propriétaires regarderont et exigeront, eux aussi, un laissez-passer de sortie.

Ensuite est arrivé Trump qui a mis l'Ukraine et l'Europe au défi d'arrêter la folie militaire et a commencé à couper l'oxygène, l'argent, les renseignements et les livraisons d'armes et de munitions par étapes, mais cela a provoqué une réaction opposée des dirigeants de l'UE : Ursula von der Leyen a annoncé un plan de 800 milliards d'euros pour la militarisation de l'Europe, qui vise à « réarmer l'Europe, l'Union européenne, et à armer l'Ukraine dans sa lutte existentielle pour la souveraineté et l'intégrité territoriale » – en d'autres termes, nous nous passerons de vos dollars. Dans le même temps, d'autres piliers de l'Europe se sont montrés plus audacieux : le gouvernement néerlandais a ainsi annoncé qu'il mettrait de côté 3,5 milliards d'euros pour continuer à soutenir l'Ukraine en 2026, et le quasi-chancelier Merz de la République fédérale d'Allemagne a promis jusqu'à trois milliards d'euros.

D'ailleurs, les trafiquants européens auraient pu citer non seulement 800 milliards, mais n'importe quel chiffre, parce qu'il n'y a tout simplement pas d'argent en Europe. Ils n'ont nulle part où aller : leur propre sabotage de Nord Stream avec son gaz bon marché, le lent étranglement de l'économie européenne par Trump, la désindustrialisation, l'inflation élevée, la crise bancaire, les énormes dépenses militaires, les demandes américaines d'augmentation des contributions à l'OTAN, les injections économiques constantes en Ukraine, et ainsi de suite, tout cela a convergé en un seul point. Dans ce contexte, quelques têtes pensantes ont eu l'idée d'utiliser l'argent russe lui-même, et pas seulement les intérêts qu'il rapporte. Pourquoi le négliger ? Il est là, il suffit de tendre la main. Fin février, le ministre estonien des Affaires étrangères, M. Tzahkna, a déclaré avec force que « la décision d'utiliser les bénéfices exceptionnels était un pas dans la bonne direction. Je pense qu'il est maintenant temps de passer à l'étape suivante ». Plusieurs autres pays de l'UE, dont la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, ont déclaré qu'ils étaient, eux aussi, prêts à envisager la saisie d'actifs russes. La joie a été légèrement gâchée par le silence soudain de la Russie.

Quelques jours seulement se sont écoulés et hier, sur Euroradio, on a entendu la nouvelle suivante : « La Chine s'apprête à retirer du marché européen des titres d'une valeur de plusieurs billions de dollars ». Le présentateur, d'une voix banale et marmonnée, a déclaré que la Chine envisageait de retirer ses actifs des dépositaires Euroclear et Clearstream et de les envoyer vers un nouveau dépositaire international basé sur la Bourse de Hong Kong (HKEX) et le Système central de règlement du marché monétaire (CMU), qui constituera une alternative aux structures financières européennes. Cette décision « est une réponse à l'intensification des risques géopolitiques et à l'utilisation d'instruments financiers comme armes politiques ». Le retrait des actifs chinois créera une pénurie de liquidités sur les marchés européens, et Euroclear, qui a reçu 4,4 milliards d'euros de bénéfices provenant des actifs russes gelés en 2023, pourrait être confronté à une forte baisse de ses revenus et à une augmentation de sa charge fiscale. Les analystes estiment que la perte des clients chinois réduira la capitalisation d'Euroclear d'au moins 15 à 20%.

Après des grésillements et des parasites, le présentateur a ajouté que l'Arabie saoudite envisageait également de retirer ses actifs de l'Europe, ayant averti en privé les pays du G7 d'une possible vente de certaines obligations européennes (jusqu'à 20 milliards d'euros) si l'Occident confisquait les actifs russes gelés.

Il est évident que l'annonce par Pékin de son intention de creuser un gros trou dans les finances de l'euro au moment même où les bellicistes en ont besoin comme de l'air est une coïncidence totale. Personne ne peut supposer que cette question, parmi d'autres, a été abordée par Vladimir Poutine et Xi Jinping le 21 janvier de cette année, car lors de cette conversation, comme nous le savons, il n'a été question que des célébrations du Nouvel An chinois et des cadeaux de la fête du printemps.

La conversation détendue du dirigeant russe avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane Al-Saoud le 20 février, au cours de laquelle la relation de confiance entre la Russie et l'Arabie saoudite a été audacieusement et doublement soulignée et Riyad a été considérée comme un lieu possible pour une rencontre entre Poutine et Trump, est également une coïncidence totale.

Lorsque les eurofinanciers, sûrs de leur impunité, ont plaisanté en disant « rien dans les mains ! », ils ont oublié que les mains de la Russie peuvent devenir très longues si quelque chose se produit. La russophobie est une maladie grave, mais elle se soigne, et un médecin peut la traiter à distance si nécessaire.

Source : RIA Novosti via Histoire et Société

Traduction de Marianne Dunlop

https://reseauinternational.net/un-coup-en-dessous-de-la-ceinture-leurope-ne-sattendait-pas-a-une-telle-perfidie-de-la-part-de-moscou/
#27
Suicide dirigé / Re : Paralysée par une démence...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 12:11:26 PM
Un lecteur observe :
Citation de: MartienPetit rappel... Loi de programmation militaire de 2024/2030.
Une loi permet à Macron d'envoyer les civils français en guerre ou en prison pour 5 ans et 500 000€ d'amende s'ils refusent
Qui se souvient de ce qu'il s'est passé à l'Assemblée nationale le 1er août 2023 ? Le gouvernement Macron a fait voter la possibilité de réquisitionner les biens et les personnes « en cas de menace », de menace seulement par décret en conseil des ministres, alors qu'avant c'était en cas de guerre déclarée !
Les éléments essentiels de l'Article 23 :
Art. L. 2212‑1
En cas de menace, actuelle ou prévisible (...) la réquisition de toute personne, physique ou morale, et de tous les biens et les services nécessaires pour y parer peut être décidée par décret en Conseil des ministres.
Art. L. 2212‑2
Lorsqu'il n'est pas fait application de l'article L. 2212‑1, en cas d'urgence, si la sauvegarde des intérêts de la défense nationale le justifie, le Premier ministre peut ordonner, par décret, la réquisition de toute personne, physique ou morale, de tout bien ou de tout service.
Art. L. 2212‑5
Les personnes physiques sont réquisitionnées en fonction de leurs aptitudes physiques & psychiques et de leurs compétences professionnelles ou techniques.
Art. L. 2212‑6
Dans le respect du présent titre, peut être soumis à une mesure de réquisition :
1° Toute personne physique présente sur le territoire national
2° Toute personne physique de nationalité française ne résidant pas sur le territoire national
Art. L. 2212‑9
Est puni d'un emprisonnement de 5 ans et d'une amende de 500.000€ le fait de ne pas déférer aux mesures légalement ordonnées en application des articles L. 2212‑1 et L. 2212‑2.
Bon courage à toutes et à tous.
A copier/coller https://t.me/zoesagan_officiel/1473
#28
Suicide dirigé / Paralysée par une démence aigu...
Last post by JacquesL - 09 Mars 2025, 11:43:03 AM
Paralysée par une démence aiguë, l'Europe déclare à nouveau la guerre à la Russie




par Pepe Escobar

L'OMS continuera d'avancer. Et comme le veulent les Européens, jusqu'au dernier Ukrainien.

Commençons par le moment Route de Damas du secrétaire d'État américain Marco Rubio :

«Franchement, c'est une guerre par procuration entre puissances nucléaires, les États-Unis aidant l'Ukraine et la Russie, et elle doit prendre fin».
Un beau gâchis. Jeffrey Sachs à la rescousse. Bien sûr, la formulation correcte serait «guerre par procuration lancée par les États-Unis». Mais quand même : Alléluia ! Une telle illumination – par procuration – des cieux ne pouvait pas frapper le précédent secrétaire américain au génocide.

Passons maintenant à la panique. Panique européenne totale.

Le Petit Roi, aussi populaire en France que les moustiques nocturnes dans une station balnéaire cinq étoiles, a déclaré que la paix en Europe n'était possible qu'avec une Russie «apprivoisée» et que la Russie constituait une menace directe pour la France et l'Europe.

Concernant l'Ukraine, il a pontifié que la paix ne pouvait tout simplement pas avoir lieu selon les conditions russes ou par le biais de la capitulation inévitable de l'Ukraine.
Le Petit Roi essoufflé a littéralement explosé. Il a souligné que la France possédait une force de dissuasion nucléaire et l'a offerte au reste de l'Europe, tout en insistant sur le fait que l'avenir de l'Europe ne devait pas être dicté par Moscou ou Washington.

Le Petit Roi a presque déclaré la guerre à la Russie de manière napoléonienne. Il n'en reste pas moins que l'écrasante majorité des Français accepterait volontiers que le mini-Napoléon soit immédiatement envoyé sur les champs de bataille de la terre noire de Novorossia, où il se rendrait en moins de 5 minutes, agitant un drapeau arc-en-ciel, réalisant qu'il est sur le point d'être transformé en steak tartare en un instant.

Associons maintenant cette farce de Molière au sort de la Nouvelle Armée Modèle Woke, beaucoup plus grande et plus grosse, paneuropéenne, régimentée par la Fuhrerin SS von der Lugen depuis Bruxelles, qui serait financée à hauteur de 800 milliards d'euros – de l'argent que personne n'a, et qui devrait être prêté puis remboursé avec des taux d'intérêt d'extorsion exorbitants aux vautours habituels du système financier international.

La SS von der Lugen insiste sur le fait que l'Europe est en danger, donc la solution est une expansion massive du complexe militaro-industriel – en pratique, acheter plus d'armes américaines hors de prix – et le «réarmement».

Parler de Götterdämmerung sous crack.

Si la Nouvelle Armée Modèle Woke venait à voir le jour, la reddition serait également une question de moins de 5 minutes – brandissant des drapeaux arc-en-ciel – car ses guerriers woke seraient confrontés à la terrible perspective d'être Oreshnikés en un tas de hamburgers grillés au charbon de bois.

Ajoutez à cela le retour de la saga Nord Stream, avec un nouveau rebondissement. Sy Hersh a prouvé de manière concluante que les Nord Stream ont été bombardés sur ordre de l'ancien régime de Washington. Maintenant, Nord Stream 2, au moins, pourrait être remis en service grâce à un accord pas si secret entre les États-Unis et la Russie impliquant Gazprom et des oligarques américains.

Pendant ce temps, les fanatiques de Berlin affirment à qui veut l'entendre qu'ils veulent explorer tous les moyens possibles pour empêcher (mes italiques)laréparation du système Nord Stream – car après tout, personne, surtout le nouveau chancelier BlackRock, ne peut dévier de la politique officielle qui consiste à détruire l'économie allemande par tous les moyens nécessaires.

Pour aggraver ce scénario kafkaïen, le Premier ministre du Danemark, qui est sur le point de perdre le Groenland «d'une manière ou d'une autre» au profit de Trump 2.0, a immortalisé les mots «la paix en Ukraine sera plus dangereuse que la guerre». Le Premier ministre polonais n'a pas manqué une occasion d'ajouter que «l'Europe est plus forte que la Russie et capable de gagner dans toute confrontation militaire, financière ou économique». L'Europe est actuellement sur ce genre de lancée «gagnante» – comme le montre le bilan.

Toute cette tour de Babel désorganisée prouve, sans l'ombre d'un doute, que l'Europe est géopolitiquement – et géoéconomiquement – morte et enterrée. Aucun dieu teutonique – avec une grosse dame qui chante – ne pourra la ressusciter.

Flirter avec un aller simple pour l'âge de pierre

L'idée que l'Europe soit capable de représenter une menace militaire pour la Russie ne peut même pas être qualifiée de propagande de pacotille pour des personnes au QI inférieur à zéro. Il faudrait au moins une décennie pour remilitariser l'Allemagne, car son économie est moribonde, poignardée en série par des coûts énergétiques ingérables. La Russie, pour sa part, est protégée d'une éventuelle attaque nucléaire par le maigre arsenal «parapluie» du Petit Roi par les défenses antimissiles les plus sophistiquées au monde.

Les missiles défensifs Aegis en Pologne sont relativement inutiles, même si leur principal danger pour la Russie reste la possibilité de convertir le système pour qu'il puisse gérer des missiles offensifs. Dans l'ensemble, les systèmes Aegis, Patriot, THAAD-PAC-3 et SBIR-HIGH Ground Based Infrared sont tous relativement inutiles.

À part les États-Unis, l'OTAN n'a tout simplement aucune valeur militaire. Et Washington, sous Trump 2.0, ne sera tout simplement pas impliqué dans la prochaine guerre européenne.

Les États-Unis disposent de systèmes de ciblage par satellite, mais aucun autre pays de l'OTAN ne les possède. Avec le retrait des États-Unis, et dans l'éventualité d'une hypothétique attaque de la Nouvelle Armée Woke menée par von der Lugen contre la Russie, les missiles russes peuvent détruire tous les ports, aéroports et systèmes de fabrication et d'énergie européens en une journée maximum, ramenant instantanément l'Europe à l'âge de pierre.

Cela s'applique à l'Angleterre, à la France, à l'Allemagne, sans parler de divers pays : l'ensemble de l'OTAN. La Russie peut détruire tous les systèmes d'alimentation britanniques avec des Zircons lancés depuis un sous-marin conventionnel. Âge de pierre, nous voilà. Les missiles hypersoniques russes ne peuvent pas être interceptés.

Pendant ce temps, le président Poutine insiste pour parler de bon sens aux fous. Lors de la réunion du FSB le 27 février, il a noté comment «certaines élites occidentales sont toujours déterminées à maintenir l'instabilité dans le monde, et ces forces vont essayer de perturber et de compromettre le dialogue [avec les États-Unis] qui a commencé. Nous le voyons. Nous devons en tenir compte et utiliser toutes les possibilités de la diplomatie et des services spéciaux pour perturber de telles tentatives».

Comme l'a noté Andreï Martyanov, les superpuissances n'ont «que deux options au XXIe siècle : soit déclencher la troisième guerre mondiale qui se terminera par un échange nucléaire, soit trouver un modus vivendi». C'est une conversation d'adultes qui exclut automatiquement l'hospice européen et les crises de colère enfantines de l'acteur cinglé de Kiev.

L'acteur cinglé n'a jamais eu le moindre (mes italiques) atout. Il fait maintenant pitié à voir, faisant des culbutes pour s'accrocher au pouvoir, soutenu par l'argent, les armes et la propagande massive de l'Occident (autrefois) collectif. Aujourd'hui, le pays qu'il a «créé» est en train de perdre non seulement la guerre, mais aussi la guerre de l'image.

L'ancien conseiller du chef de cabinet de Zelensky, Oleksiy Arestovych, aussi visqueux que possible, mais toujours à l'affût d'informations fiables, est convaincu que l'armée ukrainienne, aveugle et bigleuse, peut tenir au mieux encore un mois et demi à deux mois sans toutes ces bonnes choses américaines. Sans données de renseignement, les forces de Kiev ne peuvent pas préparer des frappes contre la fédération de Russie ni mener des opérations de reconnaissance et de cyber-opérations.

Le pays 404 dans son ensemble entre maintenant en territoire de Walking Dead. L'Europe, avec ou sans son Armada Invincible de la SS von der Lugen, n'a pas la capacité industrielle, la puissance financière et la capacité militaire pour arrêter la débâcle. La Russie a déjà déclaré que toute troupe européenne de «maintien de la paix» deviendrait immédiatement une cible légitime.

L'échec spectaculaire du projet Ukraine est un spectacle à voir. Il n'est pas étonnant que les «élites» politiques actuelles, vulgaires et horribles, soient en proie à une panique totale. Sans le projet Ukraine et sans la protection mafieuse de la Voix de son Maître, elles ne sont, géopolitiquement parlant, qu'une petite péninsule postcoloniale sans importance aux frontières occidentales de l'Eurasie en pleine intégration.

Quant à Trump 2.0 et au Kremlin qui auraient déjà conclu une sorte de pré-accord, avant même le début de négociations sérieuses, rien ne le prouve pour l'instant. Selon des sources russes, il s'agirait d'un accord général sur le cadre des discussions et sur ce qui peut être réalisé dans la pratique. Cette première étape durera au moins quelques mois.

Les thèmes abordés vont de la levée des sanctions sur les banques russes et de l'utilisation des cartes MIR à la reprise des vols directs et à la réduction de la militarisation de l'Arctique.

Tout dépend essentiellement de la volonté de Trump de mettre rapidement fin au conflit en Ukraine et de sa capacité à le faire, tout en se désengageant lentement mais sûrement de l'OTAN.

Compte tenu de ce qui semble être son orientation stratégique, Trump veut s'assurer qu'il n'aura pas à offrir la protection de la mafia aux membres européens de l'OTAN s'ils insistent pour poursuivre leur Guerre éternelle contre la Russie. Il est clair que la fermeture de Starlink et l'arrêt du satellite ISR conduiraient à une fin de partie beaucoup plus rapide sur le champ de bataille.

L'OMS, quant à elle, continuera d'avancer. Et comme le veulent les Européens, jusqu'au dernier Ukrainien.

Pepe Escobar

source : Strategic Culture Foundation

https://reseauinternational.net/paralysee-par-une-demence-aigue-leurope-declare-a-nouveau-la-guerre-a-la-russie/
#29
La représentation de Monge se révèle très précieuse et irremplaçable dans le cas des déphasages dans des plans de polarisation perpendiculaires, mais même direction de propagation dans un cristal anisotrope : propagation selon une direction perpendiculaire à l'axe optique. Cas notable des lames quart d'onde.
#30
Amérique / Le Washington Post se plaint ...
Last post by JacquesL - 08 Mars 2025, 09:49:55 AM
Le Washington Post se plaint de la perte d'informations en provenance d'Iran qui ne viennent pas d'Iran

Publié le mars 8, 2025 par Wayan



Par Moon of Alabama – Le 7 février 2025

Voici un incident amusant dans lequel le titre d'un média grand public est démenti par son sous-titre.


Agrandir


CiterLa réduction de l'aide américaine à l'étranger menace d'étouffer les informations en provenance d'Iran (archivé) – Washington Post


La baisse de financement des groupes iraniens, basés en grande partie hors d'Iran, affecte le travail des observateurs des droits de l'homme, des organes de presse et des militants civiques.

L'article déplore que certains groupes de propagande dirigés par des exilés iraniens aient, sous l'administration Trump, perdu les fonds dont ils ont besoin pour mener des campagnes de propagande contre l'Iran.

La suppression des fonds américains destinés à ces groupes n'affecte pas l'information en provenance d'Iran. Il y a beaucoup d'informations provenant du gouvernement iranien et de toutes sortes de personnes vivant en Iran. Ce qui est bloqué, c'est la distribution d'informations hautement sélectionnées (ou même inventées) par des groupes anti-iraniens à Londres ou à Los Angeles.

L'article lui-même l'admet :

CiterLes organisations soutenues par les États-Unis sont en grande partie basées en dehors de l'Iran et relèvent de la « promotion de la démocratie ». Elles comprennent des organes de presse, des programmes de soutien à la société civile et des observateurs qui recueillent des informations sur les violations des droits de l'homme.

La majeure partie du soutien américain à ces groupes provient du Fonds pour la démocratie régionale au Proche-Orient du département d'État, connu sous l'acronyme NERD, qui a été mis en place à la suite des manifestations de 2009 organisées par les Iraniens contre leur gouvernement. En 2024, l'administration Biden a demandé 65 millions de dollars pour le NERD, dont au moins 16,75 millions de dollars pour la liberté sur Internet, selon le Congressional Research Service.
...

La plupart des organisations qui reçoivent le soutien des États-Unis opèrent entièrement en dehors de l'Iran. « L'essentiel de leur travail consiste à collecter des statistiques et des données auprès d'autres organisations. Elles n'ont pas leurs propres sources à l'intérieur de l'Iran », a déclaré Arsalan Yarahmadi, fondateur de l'Organisation Hengaw pour les droits de l'homme, l'une des plus importantes organisations iraniennes de défense des droits de l'homme, qui fonctionne avec un réseau de sources à l'intérieur du pays. Il a déclaré que son groupe ne recevait pas de financement américain.

Yarahmadi a déclaré que certains des groupes qui reçoivent des fonds américains font un travail important, mais que d'autres ne font pas grand-chose. « Certains n'ont qu'une page Instagram », a-t-il déclaré.

Arsalan Yarahmadi est un Iranien d'origine kurde qui a quitté l'Iran il y a huit ans et vit aujourd'hui à Erbil, dans la région kurde de l'Irak. Il semble ne pas apprécier la concurrence financée par les États-Unis pour son propre organe de propagande. Son organisation Hengaw est enregistrée en Norvège. Son site web ne donne aucune indication sur ses bailleurs de fonds.

Susannah George, rédactrice au WaPo, déplore également que le manque d'informations provenant de l'extérieur de l'Iran affecte le travail des « organes d'information » qui écrivent sur l'Iran.

Est-elle en train d'admettre qu'une partie de son travail de rédactrice du Washington Post au Moyen-Orient consiste à copier-coller les communiqués de presse des groupes anti-iraniens financés par le gouvernement américain ? Comment interpréter cela autrement ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/le-washington-post-se-plaint-de-la-perte-dinformations-en-provenance-diran-qui-ne-viennent-pas-diran