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#21
Asie, Pacifique / La Thaïlande et le Cambodge po...
Last post by JacquesL - 16 Octobre 2026, 02:23:24 PM
La Thaïlande et le Cambodge poursuivent leurs discussions pour régler leur différend sur la frontière maritime



par Amir Latif Arain

Les deux pays d'Asie du Sud-Est tiennent à La Haye un deuxième cycle de pourparlers dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

La Thaïlande et le Cambodge ont poursuivi jeudi à La Haye un deuxième cycle de pourparlers de conciliation maritime dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), afin de régler leurs différends persistants concernant la délimitation de leur frontière maritime, a rapporté le Thai Inquirer.

Les réunions à huis clos, organisées au sein de la Cour permanente d'arbitrage et prévues jusqu'au 18 octobre, portent sur des questions techniques et juridiques. Les deux parties y présentent des éléments de preuve et exposent les principes sur lesquels reposent leurs revendications maritimes.

Selon les médias cambodgiens, Phnom Penh souhaite parvenir avec Bangkok à un accord global sur la délimitation maritime, conformément au droit international, tout en restant ouvert à une exploitation conjointe des ressources et à un partage équitable de celles-ci.

Le Cambodge cherche à conclure un traité avec la Thaïlande, avec l'assistance de la Commission de conciliation, afin d'établir une frontière maritime unique et globale entre les deux pays, a rapporté le Khmer Times.

Si les deux pays ne parviennent pas à un accord sur la délimitation maritime ou sur une exploitation conjointe, le Cambodge propose que la Commission élabore un rapport contenant des recommandations que les deux parties pourraient utiliser comme base pour de futures négociations, conformément aux obligations découlant de la CNUDM.

La délégation thaïlandaise est conduite par le vice-premier ministre Pakorn Nilprapunt. Le vice-premier ministre et ministre cambodgien des Affaires étrangères, Prak Sokhonn, dirige la délégation de son pays. Le chef de la diplomatie thaïlandaise, Sihasak Phuangketkeow, doit rejoindre les discussions le 17 octobre.

Le premier cycle de pourparlers, organisé à Singapour du 14 au 16 septembre, avait permis aux deux parties de s'accorder sur le mandat de la Commission et ses règles de procédure. Elles avaient également présenté leurs positions et tenu des consultations séparées avec la Commission, sans toutefois annoncer d'accord sur la délimitation de leur frontière maritime.


Source : Agence Anadolu

https://reseauinternational.net/la-thailande-et-le-cambodge-poursuivent-leurs-discussions-pour-regler-leur-differend-sur-la-frontiere-maritime/
#22
Politique française / À force d’attendre l’effondrem...
Last post by JacquesL - 16 Octobre 2026, 02:16:28 PM
À force d'attendre l'effondrement économique de la Russie, Paris a-t-il oublié de regarder ses propres comptes ?




En 2022, Bruno Le Maire promettait l'«effondrement» de l'économie russe. Quatre ans plus tard, Moscou tient, tandis que la dette française approche 120% du PIB et que Paris perd du terrain en Afrique.

RT France

*

par Rodrigue Nana Ngassam

Il est des prophéties qui vieillissent mal. Le 1er mars 2022, Bruno Le Maire annonçait : «Nous allons provoquer l'effondrement de l'économie russe». Il promettait alors une «guerre économique et financière totale» contre Moscou, formule qu'il avait ensuite corrigée. Deux ans plus tard, interrogé sur sa prédiction, il assurait encore : «Je persiste et signe».

Quatre ans après, l'effondrement n'a pas eu lieu.

La Russie paie pourtant cher la guerre : croissance fortement ralentie, inflation élevée, taux directeur à 14%, déficit public prévu autour de 3,2% du PIB et dépenses militaires en forte augmentation. Mais son endettement public reste faible au regard des standards occidentaux : Moscou prévoit une dette d'environ 21,7% du PIB en 2027. Surtout, le pays a réussi à déplacer une part importante de ses débouchés énergétiques de l'Europe vers la Chine, l'Inde et d'autres marchés asiatiques.

Ce n'est pas une économie sans fragilités. C'est en revanche une économie qui a démontré une capacité d'adaptation supérieure à celle qu'anticipaient, en 2022, plusieurs capitales occidentales.

Pendant ce temps, l'ironie a changé de rive.

La dette publique française devrait atteindre 119,3% du PIB en 2026, puis 121,7% en 2027. Le déficit reste supérieur à 5% et la croissance demeure faible : le FMI prévoit seulement 0,6% en 2026. Plus préoccupant encore, le rendement de la dette française à dix ans a atteint environ 4,7%, tandis que l'écart avec l'Allemagne s'est fortement creusé.

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a lui-même averti que Paris devait agir pour éviter qu'une défiance des marchés ne dégénère en crise de dette souveraine. Il a surtout rappelé une réalité inconfortable : la France ne pourra pas simplement compter sur la Banque centrale européenne pour régler ses problèmes budgétaires.

Le contraste est frappant. La Russie, malgré les sanctions et quatre années de guerre, porte une dette publique proche du cinquième de son PIB. La France, qui entendait utiliser la puissance financière occidentale pour mettre Moscou à genoux, approche les 120%.

Comparer mécaniquement les deux pays serait évidemment trompeur. La France dispose d'une économie diversifiée, appartient à la zone euro et conserve un système bancaire solide. La Russie dépend davantage des matières premières et son économie est profondément affectée par l'effort militaire. Mais l'écart budgétaire pose une question de puissance : qui dispose aujourd'hui de la plus grande marge de manœuvre souveraine ?

Cette question prend une dimension supplémentaire lorsque l'on regarde l'Afrique.

Depuis quelques années, la France a quitté militairement le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le Tchad a mis fin à la présence militaire française, le Sénégal a récupéré les emprises permanentes françaises et la Côte d'Ivoire a repris le contrôle de la base d'Abidjan. Parallèlement, Moscou a renforcé ses relations sécuritaires avec plusieurs États sahéliens.

La recomposition est également économique. En Afrique subsaharienne, la part de la France dans les importations est tombée d'environ 8% en 2000 à 2,5% aujourd'hui, tandis que celle de la Chine dépasse 22%. L'Inde, les Émirats arabes unis et la Turquie occupent eux aussi davantage d'espace.

La France est en recul en Afrique, même si ses entreprises y restent importantes et que ses échanges se poursuivent. Mais elle a perdu quelque chose de plus stratégique : un privilège de position qui lui permettait de bénéficier d'un accès préférentiel aux marchés, aux ressources et aux centres de décision de son ancien pré carré.

Le Niger en est l'un des symboles. Après la rupture politique avec Paris, Orano a perdu le contrôle opérationnel de plusieurs actifs et Niamey a décidé en 2025 de nationaliser Somaïr, dont le groupe français détenait 63%. Cela ne menace pas l'approvisionnement nucléaire français, largement diversifié. Mais la portée géopolitique est évidente : une position minière historique française a disparu dans un espace où Paris bénéficiait autrefois d'un accès politique privilégié.

C'est là que la comparaison avec la Russie devient réellement intéressante.

Depuis 2022, Moscou a perdu une grande partie de son marché européen. Il a répondu par un déplacement géoéconomique : davantage de Chine, d'Inde, d'Asie, de Moyen-Orient et d'Afrique.

La France connaît, à certains égards, le mouvement inverse. Elle reste au cœur des marchés occidentaux, mais plusieurs espaces où elle bénéficiait autrefois d'un avantage politique et économique deviennent plus concurrentiels au moment même où ses marges budgétaires se réduisent.

Il ne faut pas inverser les causalités : la dette française n'a pas atteint 120% du PIB parce que Paris a quitté le Sahel. Ses difficultés sont d'abord internes — déficits persistants, dépenses élevées, croissance faible, vieillissement et instabilité budgétaire. Le FMI considère encore le système financier français comme résilient, tout en avertissant que les risques budgétaires pourraient raviver les pressions de marché.

Mais la géopolitique amplifie la vulnérabilité. Une puissance dont les finances se dégradent au moment où se réduisent certaines de ses positions extérieures dispose de moins de moyens pour transformer son influence en avantages économiques, sécuriser ses approvisionnements ou défendre ses entreprises.

C'est peut-être la véritable leçon de la phrase de Bruno Le Maire.

En 2022, Paris pensait démontrer que la puissance financière occidentale pouvait rapidement briser la capacité économique russe. Quatre ans plus tard, Moscou montre qu'un État disposant de ressources, d'une faible dette publique et de partenaires alternatifs peut absorber des contraintes considérables.

La Russie n'est pas sortie indemne des sanctions : son économie est davantage militarisée et soumise à de fortes contraintes. Mais elle ne s'est pas effondrée. La France, elle, voit simultanément sa dette atteindre des niveaux historiques, ses taux d'emprunt augmenter, sa croissance rester faible et son influence relative reculer dans plusieurs régions stratégiques.

À force d'attendre que Moscou tombe, Paris découvre peut-être une règle élémentaire de la puissance : avant de mesurer la fragilité économique de son adversaire, mieux vaut s'assurer de disposer soi-même des moyens financiers et géopolitiques de durer.


Source : RT France

https://reseauinternational.net/a-force-dattendre-leffondrement-economique-de-la-russie-paris-a-t-il-oublie-de-regarder-ses-propres-comptes/
#23
Amérique / La vanité du concept de domin...
Last post by JacquesL - 16 Octobre 2026, 02:06:52 PM
La vanité du concept de domination totale et son coût

Publié le octobre 16, 2026 par Wayan

Par Bill Astore – Le 14 octobre 2026 – Source Blog de l'auteur



L'étrange vanité de l'exceptionnalisme américain est l'ambition décomplexée d'une domination à spectre totale. L'idée est la suivante : l'Amérique doit dominer dans tous les domaines de conflits potentiels, terre-mer-air ainsi que l'espace et le cyberespace et tout autre domaine que vous pouvez imaginer, car c'est la seule façon pour les Américains de se sentir vraiment « en sécurité ». Une telle vanité a un prix élevé, car les dépenses du Pentagone atteignent 1 500 milliards de dollars par an. Mais l'argent n'est pas le plus important. Le plus important est l'état de guerre constant (et les préparatifs pour encore plus de guerre) qui caractérise la politique étrangère américaine depuis 1945. Ainsi que l'érosion de la liberté individuelle et l'appauvrissement des classes moyennes et ouvrières américaines du fait que l'argent s'écoule vers les fabricants d'armements au service d'une ambition impériale sans bornes.

Il y a une caractéristique divine à cette ambition, l'idée que l'Amérique doit être omnipotente, dominant tous les domaines de la guerre, et omnisciente, balayant toutes les données partout, dans une quête sans vergogne d'un pouvoir mondial avec l'exercice sans vergogne de ce pouvoir meurtrier contre des peuples ayant généralement la peau brune ou noire et donc traités comme inférieurs.

En exagérant à peine, on peut dire que le gouvernement américain projette du pouvoir partout et n'aide les Américains ordinaires nulle part. La destruction est favorisée par rapport à la construction. Enrichir les déjà riches est le but, même si les pauvres sont appauvris.

Le contribuable américain, autrefois connu sous le nom de citoyens, est saigné pour des systèmes d'armes inutiles (ICBM Sentinelles, bombardiers nucléaires B-21, Golden Dome), des guerres indésirables (Vietnam, Afghanistan, Irak, Iran) et une structure impériale de projection de force qui garantit pratiquement que la violence sera sans fin. Cette structure impériale, avec son objectif de tout contrôler, de tout connaître, de tout dominer, est soutenue par les Démocrates et les Républicains. Les personnes osant critiquer cette structure impériale, présentes dans les deux partis mais en petit nombre, sont attaquées et systématiquement maintenues à la marge.

Rien de tout cela n'est nouveau. Au début des années 1960, le sénateur George McGovern, pilote de bombardier décoré pendant la Seconde Guerre mondiale, s'était opposé à la poursuite de la "surpuissance" nucléaire et avait appelé à des réductions substantielles des dépenses de défense et au réinvestissement dans les infrastructures civiles. À l'appui de cette initiative, il citait l'avertissement du président républicain Dwight D. Eisenhower de janvier 1961 contre le complexe militaro-industriel. L'initiative de McGovern a été rapidement abandonnée alors que l'administration Johnson intensifiait sa guerre désastreuse en Asie du Sud-Est.


Près d'une décennie plus tard, alors que l'Asie du Sud-Est était ravagée sinon vaincue, McGovern exhortait ses concitoyens à "rentrer à la maison", pour mettre fin à la folie des guerres à l'étranger et des budgets militaires toujours croissants. Il a été largement battu par Richard Nixon lors de l'élection présidentielle de 1972.

Depuis cette défaite, le Parti démocrate a conspiré pour faire taire les candidats anti-guerres qui s'opposent à l'idée de domination impériale. Dennis Kucinich me vient à l'esprit ici. Même les appels modérés à la réforme de la part de candidats comme Bernie Sanders sont rejetés comme étant naïfs ou dangereux. Le résultat a été des Démocrates comme Obama, Biden, Hillary Clinton et Harris qui embrassent ouvertement les « bonnes » guerres (Afghanistan, pour Obama) et qui célèbrent avec enthousiasme la létalité militaire (Harris).

Parallèlement, le Parti républicain n'a jamais voté contre l'augmentation du budget militaire. Rares sont en effet les voix comme Ron et Rand Paul et Thomas Massie qui remettent en question la sagesse des guerres sans fin et leur impact négatif sur les droits et libertés.

Que faut-il faire alors ? Bernie Sanders a appelé à une révolution politique, sûrement un appel correct, mais qui a été stérilisé par l'establishment des deux partis. Elizabeth Warren parle de « grands changements structurels« , mais c'est pour l'économie nationale ; sa politique étrangère est essentiellement la même que celle de Biden/Harris. Quelques Républicains réfractaires s'élèvent contre la guerre en Iran aujourd'hui, mais rares sont ceux qui appellent ouvertement à des réductions majeures des dépenses de guerre.

En bref, pouvoir choisir de sortir de la domination impériale, des guerre et des dépenses en armes colossale est peu probable. Beaucoup de gens (moi y compris) ont écrit des articles sensés appelant à des coupes sombres dans les dépenses militaires, mais les bonnes idées qui vont à contre-courant gagneront peu de terrain sans un mouvement fort et concerté les soutenant.

L'Amérique a désespérément besoin d'un mouvement de masse coordonné contre les guerres sans fin et les dépenses militaires massives, mais les "pouvoirs en place" continuent de doubler la mise pour déclencher encore plus de guerres et obtenir des dépenses de guerre encore plus massives. Ce même establishment continue de multiplier les ennemis des États-Unis. C'est peut-être l'Iran aujourd'hui, mais la Russie et surtout la Chine se profilent derrière, la Corée du Nord et d'autres États "voyous" étant tenus en réserve au cas où.

La pure folie et les dépenses massives de tout cela mèneront probablement à la fin de l'expérience démocratique américaine (bien qu'imparfaitement pratiquée). C'est une sombre conclusion, je sais, mais je suis peu optimiste car les moyens que l'Amérique utilise pour mener ses guerres injustes à l'étranger sont maintenant de plus en plus utilisés dans la "patrie" contre les dissidents présumés.

Rappelez-vous quand les « dissidents » étaient encore considérés comme des citoyens inquiets ? Rappelez-vous quand la guerre était considérée comme une mauvaise chose et que les dépenses en armes étaient considérées comme le moyen le moins judicieux de dépenser nos ressources ?

L'Amérique n'a pas besoin d'être un État guerrier ou dans un état de guerre constante. Une « majorité silencieuse » d'Américains ne veut clairement pas de guerres sans fin et veut ouvertement une vie meilleure pour ses enfants. Mais des jours meilleurs ne viendront pas si cette majorité reste silencieuse ou démobilisée.


Le principal obstacle

Comme Ike l'a dit en 1961, le principal obstacle est le complexe militaro-industriel (CMI), auquel il a ajouté le Congrès en tant que complice reconnaissant. En 65 ans, le CMI a considérablement accru son pouvoir et sa pénétration culturelle. Le terme MICIMATT indique la « communauté » s'est élargie au monde du renseignement, des médias, du monde universitaire et des groupes de réflexion. À cela, nous pourrions ajouter le monde du sport, Hollywood, les jeux vidéo et maintenant les milliardaires de la tech. Tous ces intérêts conspirent pour absorber des milliers de milliards de dollars des contribuables américains, ostensiblement au nom de la sécurité nationale, tout en menant ou en soutenant des guerres sans fin.

Ike a déclaré que seuls des citoyens alertes et bien informés, participant activement à la démocratie, pouvaient contraindre le CMI à freiner ses pires et plus grandioses ambitions. Malheureusement, c'est précisément pourquoi on ment constamment au peuple américain, en particulier à propos des guerres, pourquoi tant de choses sont cachées ou "classifiées", et pourquoi les gens sont encouragés à laisser les experts militaires s'occuper de tout et à croire en eux.

Pire encore, l'idée même de citoyenneté active est maintenant dégradée ; le seul "devoir" qui nous reste actuellement est de voter. À voter Démocrate ou Républicain et à rejeter tout candidat tiers, qui pourrait être anti-guerre, comme non pertinent (et même anti-américain).

Notre sécurité ultime ne réside pas dans l'utilisation d'armes à feu, ou toutes autres armes, et une violence illimitée. Elle réside dans des institutions fortes attachées à la primauté du droit dans lesquelles des individus de caractère peuvent se lever et dénoncer les abus de pouvoir. Revient à la maison, Amérique, vers cette terre de générosité, d'espoir et de paix.

Soyez un citoyen alerte et averti. Et agissez en conséquence.


Bill Astore

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/la-vanite-du-concept-de-domination-totale-et-son-cout
#24
Citoyenneté / Ce qu’un président, une star d...
Last post by JacquesL - 16 Octobre 2026, 01:40:05 PM
Ce qu'un président, une star de cinéma, un membre du Congrès et un téléphone portable ont tous osé dire



par Jasim Al-Azzawi

Tous, à leur manière et en leur temps, ont osé dire une vérité que le pouvoir s'efforçait d'étouffer.

Richard Nixon n'était pas un homme enclin à la clarté morale. Mais dans l'intimité du Bureau ovale, loin de la mise en scène du pouvoir, il s'exprimait avec une franchise que l'histoire pardonne rarement : «Laissez-moi vous expliquer une chose au sujet du lobby juif dans ce pays. Ils croient que faire passer Israël avant tout ne signifie pas faire passer l'Amérique au second plan. Mais un président américain», insistait-il, «doit aborder la question différemment. Il doit toujours penser d'abord à ce qui est le mieux pour l'Amérique. Un président américain doit prendre une décision qui, en fait, ne donne pas aux Israéliens un chèque en blanc».

Nixon allait plus loin : «Tous les premiers ministres juifs que j'ai connus ont mobilisé les juifs américains pour exercer la plus forte pression possible sur les présidents américains au sein du processus politique». Ce n'étaient pas les propos d'un marginal ou d'un adepte de théories du complot. C'étaient ceux du trente-septième président des États-Unis, s'exprimant sur le ton calculé et dénué de sentimentalisme de la Realpolitik.

Marlon Brando, le plus grand acteur de sa génération, était parvenu à des conclusions similaires par une voie différente : non pas celle des coulisses du pouvoir, mais celle des plateaux d'Hollywood. Lorsqu'on lui demanda pourquoi il avait refusé de recevoir le très convoité Oscar, il fut sans détour : «À cause de l'emprise croissante des sionistes sur Hollywood. Ce sont eux qui possèdent les studios», déclara-t-il. «Ce sont eux qui façonnent les histoires. Ils décident qui a voix au chapitre et qui ne l'a pas. Je l'ai vu clairement, et je ne pouvais plus faire partie de ce système». L'acteur qui avait fait ressentir au monde entier le poids du chagrin ou de l'ambition d'un homme avait regardé derrière le rideau et avait refusé, par conscience, de continuer à jouer ce rôle.

Il y a aussi Paul Findley, un représentant républicain de l'Illinois qui a siégé vingt-deux ans à la Chambre des représentants et qui, après avoir perdu son siège, a fait ce que les hommes politiques battus font rarement : il a dit la vérité sur les raisons de sa défaite. Dans son ouvrage de référence paru en 1985, They Dare to Speak Out: People and Institutions Confront Israel's Lobby, Findley a démontré, avec une précision méticuleuse et accablante, comment l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) était devenu la force dominante façonnant la position de Washington au Proche-Orient. Ce lobby, écrivait Findley, avait mis au point un système quasi parfait pour sanctionner les récalcitrants et récompenser ceux qui se pliaient à ses vues. Sa conclusion était sans appel : ce qui passait pour la politique américaine à l'égard d'Israël et des Palestiniens n'en était pas une. Il s'agissait d'une capitulation, drapée dans le langage de l'alliance.

Un président. Une superstar. Un membre du Congrès. Trois hommes issus d'univers radicalement différents, actifs sur cinq décennies, qui se retrouvent au même point critique — et inconfortable — de la carte du pouvoir américain.

«Pendant près de quatre-vingts ans, ce terrain est demeuré une zone interdite du discours politique dominant. La machinerie chargée d'imposer ce silence était redoutable : financement des campagnes électorales, filtrage éditorial et menace constante de l'accusation d'antisémitisme, synonyme de fin de carrière».

Les médias traditionnels ne se sont pas contentés d'être complices de ce silence ; ils en constituaient, à bien des égards, l'architecture même. Ce que Nixon, Brando et Findley avaient observé concernant la concentration du pouvoir au sein des studios, des rédactions et des assemblées législatives ne relevait pas de la paranoïa. Il s'agissait d'une description structurelle de la manière dont certains récits s'imposaient tandis que d'autres étaient discrètement étouffés.

Puis vint Gaza. Puis vint le téléphone portable.

Aucun comité de rédaction n'a validé ces images. Aucun présentateur vedette n'en a fourni le contexte avant leur diffusion. Aucun dirigeant de studio n'a décidé ce que le public était prêt à voir. Les images provenaient directement des décombres de Jabalia, des couloirs de l'hôpital Al-Shifa, des visages de mères portant leurs enfants dans des sacs en plastique. De jeunes enfants ont été ensevelis vivants sous les décombres. Des personnes âgées ont été démembrées. Des hôpitaux ont été détruits. La famine a réduit des êtres humains à l'état de squelettes. La Cour pénale internationale a émis deux mandats d'arrêt à l'encontre du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et de son ministre de la Défense Yoav Gallant, qui avaient menacé de couper l'approvisionnement en nourriture, en électricité et en eau d'une population civile tout entière.

L'armée a une expression pour décrire ce qui a suivi : «la quantité a une qualité qui lui est propre». Le volume massif, incessant et brut — sans filtre médiatique — des images en provenance de Gaza a accompli ce que des décennies de travaux universitaires, de témoignages devant le Congrès et d'enregistrements présidentiels n'avaient pas réussi à faire : briser le monopole du récit. Ce tsunami d'images a horrifié le monde et a poussé les gens — en particulier en Europe et au sein d'une frange croissante de l'opinion publique américaine — à dire ce qui, longtemps, avait été indicible : «ça suffit». Pas en notre nom. Plus d'armes. Plus de chèque en blanc. Plus de couverture diplomatique aux Nations unies ni dans aucune autre instance internationale où l'impunité israélienne était jusqu'alors protégée de toute conséquence.

Le journaliste et correspondant de guerre Sebastian Junger a un jour fait remarquer que la guerre est toujours un récit raconté par les survivants au sujet des morts. Pendant des décennies, dans la version américaine de l'histoire israélo-palestinienne, les morts n'étaient que des abstractions, des statistiques, des notes de bas de page ou des dommages collatéraux regrettables. Le téléphone portable a mis fin à cette abstraction. Il a donné un visage, un nom et un cri à chaque victime. Il a rendu les morts impossibles à occulter. Nous n'assistons pas seulement à un changement d'opinion ; nous assistons à une transformation de l'architecture de la permission. C'est une redéfinition de qui peut prendre la parole, et dans quels espaces, sans risquer de compromettre toute sa carrière. Ce sont les jeunes qui mènent ce mouvement. Ce sont les rues de Londres, de Paris et de Chicago qui le portent.

Nixon craignait de signer un chèque en blanc à Israël. Brando redoutait une culture où certaines histoires ne pouvaient être racontées. Findley a mis en lumière les mécanismes qui, durant des décennies, ont justifié ces deux craintes. Ce qu'ils ne pouvaient prévoir, en revanche, c'est l'appareil glissé dans chaque poche qui, finalement, empêcherait que le silence ne soit total.

Le téléphone portable n'a pas engendré les souffrances à Gaza. Mais il a privé le monde du confort de l'ignorance.

Or, il s'avère que c'est précisément de cette absence d'ignorance que la justice avait le plus besoin.


Source : Middle East Monitor via Marie Claire Tellier

https://reseauinternational.net/ce-quun-president-une-star-de-cinema-un-membre-du-congres-et-un-telephone-portable-ont-tous-ose-dire/
#25
Yemen + Oman / Le Yémen vise la jugulaire (sa...
Last post by JacquesL - 16 Octobre 2026, 09:33:58 AM
Le Yémen vise la jugulaire (saoudienne)



par Pepe Escobar

La maison des Saoud a reçu un avertissement sans appel de la part d'Ansarallah et des forces armées yéménites : si vous continuez à nous attaquer, vous perdrez vos infrastructures pétrolières et toute votre économie.

Ce n'est pas une menace. C'est un fait.

C'est alors qu'est intervenu le grand décideur saoudien, MbS, et sa coterie de conseillers, qui ont insisté pour attaquer un dépôt de la compagnie pétrolière yéménite à Sanaa. Il avait pourtant déjà été annoncé que ce site était vide. Mais les Saoudiens avaient besoin d'une séance photo — flammes à l'appui.

En conséquence, les infrastructures pétrolières saoudiennes étaient vouées aux flammes. Des missiles balistiques et des drones des forces armées yéménites ont pris pour cible le siège d'Aramco à Dammam, la raffinerie d'Aramco à Riyad et celle d'Aramco à Rabigh.

Les recettes issues des exportations de pétrole représentent plus de 60% des recettes fiscales saoudiennes. Le budget militaire, les dépenses faramineuses de la famille royale, les projets de prestige tels que NEOM : tout cela dépend des exportations de pétrole.

ARAMCO est, en termes réels, l'entreprise la plus valorisée de la planète, pompant et commercialisant la majeure partie de ce sang noir qui coule dans les artères des Bals de Vampires successifs.

Pourtant, nous avons désormais ces «terroristes en sandales» — la diabolisation brandie par le syndicat d'Epstein — qui attaquent le Vampire avec mille petits pieux d'argent, oints d'ail frais, peut-être jour après jour. Il en résultera inévitablement un sang noir à prix fort — et rare — pendant des années, une fois que les inévitables manipulations s'effondreront.

L'Axe de la Résistance contrôle désormais de facto les deux voies d'exportation pétrolières de l'Arabie saoudite : le détroit d'Ormuz et celui de Bab el-Mandeb.

Dans le détroit d'Ormuz, la marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) frappe et incendie successivement toute une série de pétroliers, notamment un superpétrolier transportant 2 millions de barils de brut saoudien.

C'est très simple : quiconque désactive ses systèmes de navigation et d'identification sera traité comme une cible hostile et inexorablement détruit par la marine du CGRI.

Parallèlement, les forces armées yéménites contrôlent les hauteurs de part et d'autre du détroit de Bab el-Mandeb. Toutes les attaques menées par les forces saoudiennes de substitution et les mercenaires contre l'emprise yéménite ont échoué.

Si le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb étaient totalement et simultanément fermés — ce qui n'est pas encore le cas —, la maison des Saoud ne pourrait plus exporter une seule goutte de pétrole. Et oui, toute son économie s'effondrerait.

Les aéroports saoudiens sont déjà paralysés : le roi Khalid à Riyad, Najran, Jazan, Yanbu, Al-Jawf, le roi Abdulaziz à Djeddah, Taïf, Dammam. Ansarallah met en œuvre les subtilités d'un «blocus contre un blocus» : la riposte effective au siège de l'aéroport de Sanaa, imposé depuis une décennie par l'Arabie saoudite.

Pas étonnant que le monde arabe regorge de blagues vantant le mois d'octobre comme le «Mois de la sensibilisation au Yémen» à Riyad.


La seule véritable armée de tout le monde arabe

MbS n'aurait qu'un seul choix raisonnable : mettre fin à cette guerre — qu'il a relancée — et lever le blocus sur le Yémen. Ansarallah ne cherche pas à s'emparer des richesses pétrolières de l'Arabie saoudite ; il veut que Riyad cesse de tuer les Yéménites — et de leur imposer la famine.

Pourtant, l'Arabie saoudite, les États-Unis et la secte de la mort au Moyen-Orient ne peuvent concevoir le Yémen que comme dirigé par un gouvernement fantoche facilement malléable. Cela explique la composition de la cellule de guerre actuelle à Riyad : des conseillers saoudiens, du CENTCOM et du culte de la mort, notamment un général de division.

Ajoutez à cela l'opaque Alliance de défense de La Mecque — qui se résume à une approximation teintée de sionisme entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan pour s'en prendre aux combattants d'Ansarallah. Une stratégie pure de «diviser pour régner» — avec, pour couronner le tout, des fonctionnaires saoudiens justifiant une attaque contre un pays musulman au nom de la protection des intérêts israéliens.

Au moins, Ankara et Islamabad commencent à se rendre compte que s'ils abandonnent leur actuelle mise en scène «de défense» et interviennent de manière offensive contre Ansarallah, ils seront instantanément considérés comme des cibles légitimes.

MbS, avec ses conseillers du CENTCOM et israéliens, insiste pour entrer en guerre contre la seule véritable armée de tout le monde arabe, capable de mener une guerre d'usure et de fabriquer ses propres armes de précision : ce n'est certainement pas une bande de frimeurs brandissant des jouets à un milliard de dollars qu'ils ne savent de facto pas utiliser. L'armée yéménite peut écraser l'armée saoudienne en un clin d'œil.

Tout le monde se souvient comment, en 2024 et 2025, les forces armées yéménites ont chassé de la mer Rouge deux groupes aéronavals américains successifs. La marine américaine en a été profondément traumatisée. Tout autant que par la rencontre rapprochée, début septembre, de l'USS George Washington avec un nouveau missile antinavire iranien, qui l'a contraint à se réfugier dans le sud de l'océan Indien.

Il est impossible d'»envahir» le Yémen. La géographie en décide ainsi, notamment les montagnes escarpées du nord-ouest contrôlées par «les Houthis». Contrairement à la diabolisation simpliste véhiculée par les médias sionistes, les Houthis — en réalité Ansarallah — constituent en fait une organisation complexe sur les plans religieux, politique, culturel et militaire, dotée d'une structure administrative sophistiquée qui gouverne la capitale Sanaa et la majeure partie du Yémen.

Les Houthis ne sont pas techniquement chiites ; ils sont zaydites, relativement proches des sunnites. Le terme «Houthi» vient de la famille Houthi — originaire de la ville de Houth — qui a fondé Ansarallah et joué un rôle clé dans le renversement du dictateur Ali Saleh, qui a dirigé le Yémen pendant 34 ans en tant que simple marionnette de l'Arabie saoudite et des États-Unis. Ansarallah s'est débarrassé d'Ali Saleh en 2011 et a pris le contrôle de Sanaa et d'une grande partie du Yémen en 2014.

Puis, en 2015, l'Arabie saoudite a lancé une guerre contre le Yémen, tout en soutenant un gouvernement fantoche «reconnu internationalement» — mis en place dans un hôtel cinq étoiles à Riyad. Comme j'ai pu le constater de mes propres yeux l'année dernière, Riyad a bombardé le Yémen sans discernement pendant 11 ans. Le nombre de victimes civiles varie entre 60 000 — notamment des enfants, des femmes et des personnes âgées — et plusieurs centaines de milliers, sans compter les centaines de milliers d'autres victimes de la famine.

Pourtant, Ansarallah n'a pas été vaincu — même si Riyad continue d'armer des bandes de mercenaires dans le sud du Yémen.

Comme je l'ai longuement évoqué l'année dernière avec des membres du Conseil politique, l'Iran fournit effectivement à Ansarallah des armes et un soutien en matière de renseignement, mais les décisions d'Ansarallah s'inscrivent dans une structure totalement indépendante de l'Iran, présidée par le chef Abdul Malik Al-Houthi.


La facture est désormais bien plus salée

Alors que l'escalade semble échapper à tout contrôle, Ansarallah a désormais revu à la hausse le prix à payer pour la paix : non seulement la fin du blocus et le retrait total de l'Arabie saoudite du Yémen, mais aussi le versement d'indemnités pour tout ce qui a été détruit depuis 2015.

Et si cela ne se produit pas, préparez-vous à ce que les trois provinces du sud de l'Arabie saoudite — Najran, Jizan et Asir — entrent en jeu : il s'agit en réalité de terres yéménites, volées en 1934 par les Britanniques.

Ansarallah a les moyens de reconquérir facilement ces trois provinces. Si cela se produit, ce sera le début de la fin de la maison des Saoud.

Comme le dit le dicton populaire arabe : «Ya Rab» («Ô Dieu !»), mais dans le sens de «Ô Seigneur, fais que cela arrive». De larges pans de la population arabe, tous horizons confondus, ne peuvent que prier pour un avenir du Moyen-Orient bâti sur les cendres des cheikhs pétroliers de la cinquième colonne.


Pepe Escobar

source : Geopolitics Prime

https://reseauinternational.net/le-yemen-vise-la-jugulaire-saoudienne/

#26
Europe / Donald Trump montre sa faible...
Last post by JacquesL - 16 Octobre 2026, 09:15:18 AM
Donald Trump montre sa faiblesse en ne parvenant pas à affirmer son pouvoir sur l'Ukraine

Publié le octobre 16, 2026 par Wayan


Par Moon of Alabama – Le 15 octobre 2026

Vendredi dernier, le président américain Donald Trump annonçait un accord sur l'exportation de gazole russe. Les paiements pour les produits pétroliers russes étaient auparavant soumis à des sanctions américaines. Peu de temps après l'annonce de Trump, le Trésor a levé ces restrictions. L'arrivée de gazole russe vers les États-Unis et les marchés mondiaux entraînerait une baisse des prix à la pompe aux États-Unis.

Trump a également annoncé un « cessez-le-feu énergétique » en Ukraine. La Russie, qui frappe des centrales électriques ukrainiennes et d'autres installations énergétiques, n'a pas été informée de cette décision. L'Ukraine non plus, qui tente de frapper les raffineries russes.

Trump a spécifiquement demandé au président ukrainien Vladimir Zelinski de mettre fin aux attaques contre les raffineries russes, car les produits pétroliers russes sont actuellement nécessaires sur les marchés mondiaux.

Zelenski a rejeté la décision de Trump et a qualifié ce dernier de « faible« . Quelques heures plus tard, des drones ukrainiens ont frappé des terminaux d'exportation de pétrole russe à Rostov-sur-le-Don.

Comme je l'avais commenté :

CiterTrump est susceptible d'être furieux à propos de cette frappe. C'est la défiance ouverte de Zelenski à l'égard de la décision de Trump qui fait paraître Trump faible.

La communication militaire de l'Ukraine sur le champ de bataille dépend du réseau satellitaire Starlink contrôlé par les États-Unis. La capacité de l'Ukraine à frapper la Russie dépend en grande partie des renseignements de ciblage américains.

Si Trump veut être considéré comme sérieux, il devra immédiatement arrêter les deux.

Des informations ont émergé au cours du week-end selon lesquelles les émissaires de Trump en pourparlers avec l'Ukraine avaient menacé de le faire.

Malgré son rejet de la demande de Trump, Zelenski s'est retenu de tirer sur une installation énergétique russe pendant trois jours.

Il a profité de ce temps pour se rendre en Grande-Bretagne et rencontrer le roi Charles ainsi que l'actuel Premier ministre. Il a également eu des entretiens téléphoniques avec divers autres dirigeants européens et politiciens pro-ukrainiens à Washington DC. Ils semblent avoir assuré Zelenski de leur soutien.

Dans la nuit de mercredi à jeudi (13/14 octobre), l'Ukraine a attaqué des raffineries russes dans les régions de Saratov et de Riazan. Dans une interview accordée au Financial Times, publiée mercredi, Zelenski a déclaré qu'il ne respecterait plus la décision de Trump.

Mercredi également, Kiev était de nouveau sous le feu des Russes. Les trois dernières centrales thermiques de Kiev ont été rendues inutilisables.

Kiev a déclaré ne pas avoir reçu l'avertissement habituel signalant des frappes imminentes de la part des services de renseignement américains. Soudain, Starshield, la version militaire contrôlée par le Pentagone du réseau de communication par satellite Starlink, a cessé de fonctionner pour les drones et missiles ukrainiens :

CiterAlors que Kiev a déclaré qu'il était injuste que la Russie continue d'attaquer les centrales électriques et les sous-stations ukrainiennes, elle a respecté l'arrêt pendant trois jours, en partie par crainte que Washington ne cesse de partager les renseignements dont l'Ukraine a besoin pour avertir sa population des frappes russes imminentes. Puis, mercredi, l'Ukraine a déclaré que son armée, sans avertissement, avait perdu un accès essentiel à une version militaire de Starlink, un pilier de ses communications sur le champ de bataille.
Interrogé dans l'interview du Financial Times sur la durée pendant laquelle l'Ukraine maintiendrait la pause, M. Zelensky a déclaré « C'est ainsi. Le bloc est fini ». Il n'a pas fourni de détails ni précisé quand les frappes contre les raffineries – qui faisaient auparavant partie d'une campagne ukrainienne visant à rapprocher la guerre de la population Russe – reprendraient.

Jeudi matin, Trump n'a pas réprimandé Zelenski pour ne pas avoir suivi ses directives. L'armée américaine a déclaré que son flux de renseignements vers l'Ukraine se poursuivait. La fonctionnalité complète du bouclier satellitaire a été, sans commentaire, soudainement restaurée.

Trump s'était encore dégonflé.

La situation est similaire à celle qui a suivi la réunion de 2025 entre les présidents américain et russe à Anchorage. Après cette réunion, Trump avait exigé que Zelenski renonce à certaines zones du Donbass en échange d'un accord de paix avec la Russie. Zelenski, avec le soutien de l'Europe, a résisté à cette demande. Trump n'a pas insisté et s'est dégonflé.

Trump, ou ses négociateurs, espéraient probablement qu'un arrêt des attaques ukrainiennes contre les raffineries russes ouvrirait la voie à de nouveaux accords. Ils n'ont cependant pas réussi, comme après Anchorage, à maintenir la pression sur Zelenski.

À moins que les États-Unis ne soient disposés à utiliser leurs moyens contre l'Ukraine, en refusant l'accès aux renseignements et au Bouclier stellaire, Kiev ne cédera rien à ce que les États-Unis négocient.

Il est donc inutile pour la Russie de poursuivre les négociations avec Washington sur quoi que ce soit en ce qui concerne l'Ukraine.

Le président Trump ne veut pas ou ne peut pas utiliser son pouvoir en ce qui concerne l'Ukraine.

En l'appelant « faible » Zelenski avait raison.

Pendant ce temps, la Russie retarde délibérément les exportations de gazole vers les États-Unis avant les élections de mi-mandat :

CiterLes compagnies pétrolières russes sont prêtes à commencer à exporter du carburant gazole, mais toutes les procédures nécessaires prendront deux à trois semaines, a déclaré jeudi le Vice-Premier ministre russe Alexander Novak.


Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/donald-trump-montre-sa-faiblesse-en-ne-parvenant-pas-a-affirmer-son-pouvoir-sur-lukraine
#27
Politique française / France : travailler ne suffit ...
Last post by JacquesL - 15 Octobre 2026, 11:11:17 PM
France : travailler ne suffit plus pour manger à sa faim



par Mizane Info

Près de 7 millions d'adultes en France hexagonale déclarent manquer de nourriture, selon une enquête OpinionWay réalisée pour Action contre la Faim, dévoilée ce lundi. Une situation alarmante qui frappe particulièrement la jeunesse : un jeune de 18 à 24 ans sur quatre affirme ne pas toujours manger à sa faim.

Alors que la précarité alimentaire s'étend jusque dans les foyers de travailleurs pauvres, l'ONG dénonce les insuffisances des politiques publiques et réclame une loi garantissant le droit à l'alimentation. Dans l'une des premières puissances économiques européennes, des millions de personnes restent contraintes de sacrifier leurs besoins alimentaires les plus élémentaires.


Sept millions d'adultes touchés par la faim en France

Les chiffres révèlent une réalité sociale alarmante. Selon le sondage OpinionWay réalisé du 26 au 28 août 2026 pour Action contre la Faim, 13% des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, soit près de sept millions d'adultes en France hexagonale. Une proportion qui atteint 25% chez les 18-24 ans, particulièrement exposés à la précarité. Les difficultés ne concernent pas uniquement les quantités consommées : 39% des personnes interrogées déclarent manger suffisamment, mais devoir renoncer à certains aliments qu'elles souhaiteraient consommer.

Chez les jeunes adultes, ce taux grimpe à 47%. Derrière ces privations, la question financière apparaît déterminante : 80% des personnes concernées invoquent le manque de moyens. Ces résultats témoignent d'une fracture sociale profonde, dans laquelle l'accès à une alimentation suffisante et diversifiée demeure inaccessible à une part importante de la population.

L'enquête, publiée à l'approche de la Journée mondiale de l'alimentation du 16 octobre, met également en évidence une défiance envers les pouvoirs publics. 73% des personnes interrogées considèrent que le droit à l'alimentation n'est pas réellement garanti en France, tandis que 86% se déclarent favorables à l'adoption d'une loi garantissant une alimentation suffisante, saine, durable et choisie.


Les travailleurs précaires ne mangent plus à leur faim

Cette nouvelle enquête rejoint les conclusions particulièrement inquiétantes du baromètre Ipsos-BVA publié en juin dernier pour l'Association nationale des épiceries solidaires (Andès). Parmi les 1000 travailleurs pauvres ou précaires interrogés, 54% déclaraient réduire leurs portions alimentaires, tandis que 40% sautaient plusieurs repas par semaine pour permettre à d'autres membres de leur foyer de manger.

Les enfants sont directement touchés : 28% des parents reconnaissaient ne pas parvenir à les nourrir à leur faim. Dans les familles monoparentales, 54% des parents se privaient de repas pour nourrir leurs enfants. Plus révélateur encore, 85% des travailleurs interrogés déclaraient se sentir abandonnés par les pouvoirs publics. Ces chiffres illustrent une transformation profonde de la pauvreté française : désormais, travailler ne suffit plus toujours à se nourrir dignement.

La situation dépasse ainsi les publics traditionnellement associés à l'aide alimentaire. Salariés précaires, familles monoparentales, étudiants et jeunes actifs sont confrontés à des arbitrages permanents entre l'alimentation, le logement, l'énergie et les dépenses de santé.


Demande d'une loi pour garantir le droit à l'alimentation

Face à cette situation, Action contre la Faim réclame l'adoption d'une loi-cadre consacrant le droit à l'alimentation en France. Si ce droit est reconnu dans plusieurs textes internationaux ratifiés par la France, il ne bénéficie toujours pas d'une consécration autonome dans la législation nationale. En mars 2026, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) avait déjà recommandé sa reconnaissance constitutionnelle.

Pour Hélène Quéau, directrice de la Mission France d'Action contre la Faim, une réforme législative permettrait de transformer les initiatives dispersées en une véritable politique publique, dotée d'objectifs, de financements et de responsabilités identifiables. L'association défend notamment un meilleur accès aux cantines scolaires, des tarifs adaptés aux revenus des familles, un soutien aux commerces alimentaires de proximité et un encadrement renforcé des pratiques de la grande distribution.


Source : Mizane Info

https://reseauinternational.net/france-travailler-ne-suffit-plus-pour-manger-a-sa-faim/
#28
Décrypter les menaces : l'Iran et les options stratégiques des États-Unis



par Nournews

Les défis auxquels sont confrontés l'Iran et les États-Unis au lendemain de l'accord d'Islamabad n'ont pas diminué. Au contraire, ils ont créé les conditions propices à une campagne militaire américaine à haut risque contre les forces navales iraniennes et les installations tactiques de l'Iran dans toute la région. Ce processus reflète une stratégie dans laquelle Washington mène ce que l'on pourrait qualifier de «diplomatie et conflit parallèles» à l'égard de l'Iran, recourant à plusieurs reprises à ce que l'on pourrait qualifier de «tromperie» et d'«actions surprises».

Une analyse des publications stratégiques américaines montre que de nombreux centres de recherche et penseurs stratégiques ont critiqué les politiques militaires du président Donald Trump à l'égard de l'Iran, avertissant qu'une escalade des tensions entre Téhéran et Washington pourrait révéler des dommages tactiques plus importants pour les forces armées américaines. Trump a toutefois systématiquement rejeté cette approche et a préféré mener une stratégie d'escalade des tensions, de surprises en matière de sécurité et de changement de paradigmes tactiques dans ses relations avec l'Iran.

Lors d'une conférence de presse et d'une interview le 5 octobre, Trump a déclaré que les États-Unis ne mèneraient pas d'action militaire contre l'Iran avant les élections législatives du 3 novembre 2026. Une telle déclaration signale toutefois une menace pour la sécurité fondée sur l'ambiguïté. Il convient de rappeler que les États-Unis et Israël ont lancé à trois reprises par le passé des attaques militaires contre des installations et des institutions iraniennes alors que les responsables de la politique étrangère iranienne étaient engagés dans des négociations diplomatiques visant à résoudre des différends.

Une solution relativement peu coûteuse pour surmonter les menaces pesant sur la sécurité nationale n'est possible que si l'on dispose d'une compréhension globale, sur les plans tactique, opérationnel et stratégique, des politiques agressives de Trump. La préparation tactique est l'un des mécanismes susceptibles de réduire la probabilité d'une agression américaine. Les réalistes soulignent généralement l'importance de l'équilibre des pouvoirs et conseillent aux États de se préparer à la guerre s'ils souhaitent préserver la paix.

Cette approche est une nécessité incontournable pour l'Iran, étant donné que les États-Unis et Israël, en tant qu'acteurs agressifs dotés de l'arme nucléaire, possèdent les capacités nécessaires pour affronter l'Iran. La menace ne peut être neutralisée que par un «équilibre des pouvoirs» et une «capacité d'action réciproque». Washington ne sera susceptible de minimiser la possibilité d'une action militaire et sécuritaire contre l'Iran que lorsque Téhéran disposera de la puissance opérationnelle et des capacités tactiques nécessaires pour riposter dans le cadre d'une action de représailles.

L'histoire des relations internationales montre que la diplomatie, sans soutien tactique et opérationnel, ne peut instaurer la paix pour l'Iran ni pour aucun autre pays dans le contexte de la politique internationale et de la concurrence régionale.

L'Iran est situé dans une région marquée par une crise et une instabilité généralisées. L'intervention des grandes puissances et l'expansion progressive de la puissance d'Israël, agissant en tant que mandataire des États-Unis et du monde occidental, ne feront qu'intensifier davantage les crises régionales. Dans les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont contribué à démanteler la concentration du pouvoir parmi les pays islamiques, ouvrant la voie au démantèlement de l'Empire ottoman.

Aujourd'hui, les pays occidentaux cherchent à mettre en place des mécanismes visant à soutenir Israël et à modifier l'équilibre régional des pouvoirs. Dans ce cadre, ils visent à remodeler les relations politiques et sécuritaires régionales de manière à pouvoir contrôler ou aggraver les crises en modifiant considérablement l'équilibre des pouvoirs. Dans ces circonstances, les pays de la région auront besoin d'une coopération multilatérale. Toute confrontation, rivalité ou tout conflit pourrait accroître considérablement l'ampleur et la portée des opérations militaires américaines et israéliennes contre les pays à majorité musulmane.


1. Scénario n° 1 : agression de haute intensité des États-Unis et d'Israël contre l'Iran

Un scénario d'offensive de haute intensité implique des actions et des opérations militaires à haut risque. Au cours des guerres de juin 2025 et de février 2026, les États-Unis et Israël ont mené des opérations tactiques coordonnées contre l'Iran. De nombreuses unités de défense aérienne américaines, en particulier des systèmes de missiles THAAD de pointe, ont été déployées sur le territoire israélien. Pour contrer les capacités balistiques de l'Iran, les deux pays se sont appuyés sur des mesures tactiques conjointes, tant dans le cadre d'opérations défensives qu'offensives.

La répartition des responsabilités tactiques peut être considérée comme un élément clé de la politique opérationnelle américano-israélienne à l'égard de l'Iran. Au cours des guerres de juin 2025 et de février 2026, les deux pays ont tiré parti de leurs avantages tactiques et opérationnels relatifs face à l'Iran. En conséquence, une part importante des capacités défensives et opérationnelles de l'Iran a été révélée aux attaques des États-Unis et de leur allié stratégique, Israël.

L'expérience des guerres précédentes montre que ces pays ont utilisé des systèmes de suivi intelligents et des équipements tactiques à guidage de précision, ce qui leur a conféré un avantage comparatif considérable sur l'Iran. Ce modèle d'opérations conjointes américano-israéliennes présente deux caractéristiques principales. Premièrement, il implique une coordination en matière de renseignement, de sécurité et de tactique. Deuxièmement, les deux pays intègrent leurs capacités respectives et, comme lors des conflits précédents, cherchent à menacer les infrastructures stratégiques de l'Iran.

Les opérations militaires américano-israéliennes visant des camions-citernes ont entraîné à Téhéran une pollution atmosphérique suffisamment grave pour créer des conditions toxiques. La destruction d'installations sidérurgiques a non seulement sapé les capacités militaires de l'Iran, mais a également soumis la vie sociale et économique de la société iranienne — en particulier les prix de l'immobilier — à une pression considérable.

Si les États-Unis et Israël organisent leur campagne offensive autour d'opérations de haute intensité, les conséquences pourraient poser de sérieux défis sécuritaires et économiques pour l'avenir politique et social de l'Iran.

Un scénario de guerre de haute intensité présenterait trois caractéristiques principales : premièrement, une action militaire conjointe américano-israélienne ; deuxièmement, des attaques contre les centres de commandement et de contrôle de la Défense iranienne ; et troisièmement, des mesures visant à saper la détermination de la population et la cohésion sociale en menaçant la vie quotidienne des Iraniens ordinaires.

Une partie de la rhétorique politique et tactique de Trump a explicitement visé la société iranienne, sa structure sociale, sa culture et sa civilisation. Cela a ouvert la voie à des opérations de haute intensité impliquant des violences, la destruction d'infrastructures, voire des massacres. Des schémas de comportement similaires ont été employés par l'armée américaine dans divers pays qui se sont opposés aux États-Unis et ont mené des politiques de résistance et de Défense nationale et structurelle.


2. Scénario n° 2 : engagement tactique et opérations par étapes

L'action tactique prend tout son sens lorsqu'un agresseur est prêt à mener une guerre et des violences à grande échelle. Compte tenu de leurs vastes capacités militaires, les États-Unis ont acquis une supériorité tactique considérable, ce qui confère à Washington et à Israël une grande liberté d'action face aux pays de la région, notamment l'Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen.

La guerre de haute intensité et les actions militaires étant une caractéristique bien établie de la politique militaire américaine, on ne peut exclure la possibilité d'appliquer la même approche à l'Iran.

John Mearsheimer, spécialiste du réalisme offensif, soutient que les grandes puissances, en particulier les États-Unis, adoptent généralement des politiques agressives à l'égard des autres acteurs. L'histoire des interventions militaires américaines contre l'Iran suggère que Washington a utilisé la diplomatie comme moyen de créer une «ambiguïté tactique» et de permettre une «surprise opérationnelle».

Cette approche indique que les États-Unis ou Israël pourraient lancer une nouvelle opération surprise contre l'Iran, comme lors de périodes précédentes, en s'appuyant sur une tromperie et la surprise tactique.

Ignorer les hypothèses fondamentales qui sous-tendent la politique stratégique américaine constituerait une erreur majeure pour les responsables de la Défense et les décideurs politiques iraniens. Certains groupes sociaux affirment que l'Iran a adopté une position de certitude idéologique et tactique lors des négociations, ce qui complique le processus diplomatique.

La réalité est toutefois que plus l'Iran a fait preuve de souplesse dans les négociations pour parvenir à un accord, plus la République islamique est devenue vulnérable à la suite des pourparlers de Mascate, de Genève et d'Islamabad.

Les États-Unis et Israël possèdent des structures sociales axées sur la sécurité. Lorsque ces pays sont en guerre, leurs groupes sociaux et leurs médias ont tendance à se rallier derrière l'État. Il est donc concevable que Washington ou Tel-Aviv puissent recourir à une surprise tactique à l'approche des élections.

Les politiques économiques, sociales et militaires du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et du président américain Donald Trump seront soumises à l'examen du public respectivement le 27 octobre et le 3 novembre 2026. Ces élections marquent un nouveau tournant dans l'avenir politique du président américain et du premier ministre israélien.


3. Scénario n° 3 : diplomatie et résolution des conflits

Bien que la diplomatie soit un instrument fondamental de la politique étrangère, les États-Unis et Israël restent dans un état de «guerre inachevée». Tout scénario visant à résoudre pacifiquement les tensions sécuritaires existantes entre l'Iran et les États-Unis nécessiterait l'implication des grandes puissances, en particulier la Chine et la Russie.
L'histoire des relations internationales montre que les grandes puissances sont souvent en mesure d'établir un nouvel équilibre des pouvoirs. De nombreuses guerres régionales ont été résolues grâce à des mécanismes diplomatiques. Ignorer ces possibilités et ces circonstances rendrait plus difficile la réduction des défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays.

La question centrale est de savoir si les États-Unis sont prêts à accepter une «guerre sans victoire». Une deuxième considération est que laisser en suspens les dimensions militaires et sécuritaires de la guerre américano-israélienne contre l'Iran affaiblirait les positions de Netanyahou et de Trump au sein de leurs systèmes politiques et sociaux respectifs.

Dans ces circonstances, toute initiative diplomatique dépendrait d'une coordination et de liens stratégiques.


Conclusion

Poursuivre la guerre et éroder progressivement les capacités tactiques de l'Iran semble être l'option stratégique et sécuritaire la plus réaliste pour les États-Unis et Israël. Les deux pays sont prêts à lancer des opérations offensives contre l'Iran.

Bien que la diplomatie puisse constituer un instrument clé dans les relations entre États, Washington combine sa politique diplomatique à une pression militaire. Dans ces circonstances, la structure politique, les mesures de protection et l'ordre social de l'Iran doivent s'adapter aux réalités émergentes, tandis que les mécanismes de défense devraient être renforcés et mis en œuvre pour contrer les menaces potentielles.

Bien que la stratégie de Trump consistant à mener de front la diplomatie et la pression militaire crée une ambiguïté en matière de sécurité, les dirigeants politiques iraniens ainsi que les responsables militaires et de sécurité doivent envisager toutes les options tactiques et les scénarios stratégiques possibles pour contrer ses politiques agressives. Il ne sera possible de surmonter ces menaces que si l'Iran maintient la préparation tactique nécessaire pour faire face à tout scénario et y répondre.


Source : Nournews via China Beyond the Wall

https://reseauinternational.net/decrypter-les-menaces-liran-et-les-options-strategiques-des-etats-unis/
#29
Asie, Pacifique / Exportations chinoises : l’exc...
Last post by JacquesL - 15 Octobre 2026, 09:49:11 PM
Exportations chinoises : l'excédent commercial s'envole en septembre



par Nouvelle Aube

Les exportations chinoises ont progressé de 36,3% en septembre sur un an, selon les Douanes chinoises. L'excédent commercial mensuel atteint 133,5 milliards de dollars, un sommet depuis janvier 2025. Bruxelles juge son déficit «insoutenable» et plafonne les voitures hybrides chinoises. Les ventes vers les États-Unis bondissent aussi, portées par l'intelligence artificielle. Pékin se rapproche d'un nouveau record annuel, au risque d'attiser les tensions avec les Occidentaux.

Les exportations chinoises ont bondi de 36,3% en septembre sur un an. Les Douanes chinoises ont publié ces chiffres mercredi 14 octobre. Pékin se rapproche ainsi d'un nouvel excédent commercial record en 2026. Cette dynamique risque d'attiser les tensions avec les Occidentaux.


Exportations chinoises : des chiffres au-dessus des attentes

Le mois dernier, la deuxième économie mondiale a dégagé un excédent commercial de 133,5 milliards de dollars (119 milliards d'euros). C'est le niveau mensuel le plus élevé depuis janvier 2025.

En effet, les ventes à l'étranger ont progressé de 36,3% sur un an. Les analystes interrogés par Bloomberg en attendaient seulement 25,7%. La performance surprend donc nettement.

Les importations ont aussi fortement augmenté, de 31%. Ainsi, la Chine achète davantage. Mais elle continue de vendre beaucoup plus qu'elle n'achète.

Sur les neuf premiers mois de l'année, l'excédent cumulé atteint 938,1 milliards de dollars. Par conséquent, un nouveau record annuel se dessine. L'an dernier, le total s'élevait à 1200 milliards de dollars.


Bruxelles juge son déficit «insoutenable»

Les exportations chinoises vers l'Union européenne (UE) ont encore progressé de 25,3% en septembre. En revanche, les importations en provenance des Vingt-Sept sont restées stables. Le déséquilibre se creuse donc un peu plus.

Bruxelles juge désormais «insoutenable» son déficit commercial avec la Chine. Il dépasse un milliard d'euros par jour. L'UE affirme vouloir rééquilibrer sa relation avec Pékin.

L'économiste Nguyen Hoang Nam, de Capital Economics, anticipe une aggravation. Selon lui, l'excédent chinois avec l'UE et le Royaume-Uni a atteint un niveau record. Ce constat devrait encore accentuer les tensions commerciales.


Un accord sur les voitures hybrides

Les discussions de la semaine dernière ont déjà produit un résultat. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a négocié avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. Les deux hommes ont conclu un accord sur les véhicules hybrides.

Ainsi, l'UE plafonnera à 350 000 par an les voitures hybrides et hybrides rechargeables chinoises. Ce quota vise à protéger le marché européen.


Des reproches anciens, une défense ferme

De nombreux industriels et responsables européens dénoncent depuis des années l'arrivée de produits chinois moins chers. Selon eux, ces produits fragilisent des secteurs entiers. Ils citent des suppressions d'emplois massives.

Ils accusent aussi Pékin de subventionner ses entreprises. Par ailleurs, ils lui reprochent de freiner l'accès des sociétés européennes au marché chinois.

Pékin rejette ces accusations. Le gouvernement chinois vante la réussite de son industrie et renvoie l'économie européenne à ses propres fragilités. Nguyen Hoang Nam juge d'ailleurs que de nouvelles restrictions européennes n'auraient qu'un impact limité sur l'économie chinoise.


Les États-Unis achètent aussi davantage chinois

Les exportations chinoises vers les États-Unis ont grimpé de 39,6% sur un an en septembre. Elles rebondissent après le net recul de l'an dernier. À l'époque, la guerre commerciale entre les deux pays pesait lourdement sur les échanges.

Le président chinois Xi Jinping a rencontré Donald Trump le mois dernier à Washington. Les deux pays se sont engagés à prolonger la trêve commerciale conclue en octobre 2025. Ils veulent aussi étudier une baisse des droits de douane sur 30 milliards de dollars de produits de part et d'autre.

Cependant, cette détente reste fragile. Les chiffres de septembre montrent que le commerce reprend vite, malgré les différends politiques.


L'intelligence artificielle et l'automobile tirent la croissance

La demande étrangère de produits liés à l'intelligence artificielle (IA) a soutenu ces résultats. Il s'agit surtout de semi-conducteurs et d'équipements informatiques.

Toutefois, une grande part de la hausse vient des prix. Les exportations de circuits intégrés n'ont progressé que de 1% en volume. En valeur, elles ont pourtant bondi de 136% en dollars.

Le secteur automobile suit une autre logique. Les volumes d'exportation de véhicules ont augmenté de 56,3% sur un an. C'est le signe d'une forte demande mondiale pour les voitures électriques et hybrides chinoises.


Ce que révèlent ces chiffres

Cette analyse relève de notre rédaction. La Chine mise sur les exportations parce que sa consommation intérieure peine à repartir. Pékin vise une croissance comprise entre 4,5% et 5%.

Dans le même temps, l'Occident multiplie les quotas et les restrictions. Ces pays prônaient hier le libre-échange. Aujourd'hui, ils protègent leurs marchés dès que la concurrence devient trop forte.

Pourtant, la demande mondiale reste bien réelle. Les États-Unis et l'Europe continuent d'acheter chinois, car les produits sont compétitifs. Les pays du Sud, de leur côté, regardent ce rapport de force avec attention.


Source : Nouvelle Aube

https://reseauinternational.net/exportations-chinoises-lexcedent-commercial-senvole-en-septembre/
#30
Afrique / Reprendre l’État et la valeur ...
Last post by JacquesL - 15 Octobre 2026, 06:39:40 PM
Reprendre l'État et la valeur : la reprise de Kidal et la création de raffineries d'or à travers le Sahel



par Simon Chege Ndiritu

L'instabilité des pays qui ont ensuite formé l'Alliance des États du Sahel (AES), dans les domaines de la sécurité, de la politique et de l'économie, résultait de l'ingérence permanente des États-Unis et de la France. L'assistance militaire de la Russie aide ces pays à retrouver leur souveraineté et à capter davantage de valeur issue de leurs ressources.

Le Mali et l'Africa Corps reprennent pied à Kidal

Le 6 octobre 2026, l'armée malienne, soutenue par l'Africa Corps russe, est rentrée dans la ville stratégique de Kidal, dans le nord, qui avait été prise fin avril par les séparatistes touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) et par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), lié à Al-Qaïda. Cette reconquête de territoires perdus laisse penser que l'État est plus fort grâce au soutien russe, par comparaison avec des décennies de présence américaine et française qui ont maintenu des États faibles, peinant à exercer leur souveraineté sur la sécurité et sur les ressources minérales.

Le lien entre un État plus fort et un meilleur contrôle des ressources minérales est manifeste dans la façon dont les États issus de coups d'État au Niger, au Mali et au Burkina Faso, grâce à l'assistance sécuritaire de la Russie, renforcent leur contrôle sur l'extraction, l'exportation et la valorisation de l'or extrait de leur territoire. Notamment, le Niger a connu une tentative de coup d'État sous forme de mutinerie fin août 2026, au cours de laquelle les mutins ont attaqué le palais présidentiel, la télévision nationale et une base aérienne stratégique, avant d'être repoussés par des forces loyalistes assistées par l'Africa Corps russe. France 24, qui couvrait la mutinerie, a affirmé que l'implication de la Russie montrait que le Niger, ou le Sahel, avait besoin d'une aide extérieure pour maintenir sa stabilité, dans une tentative de justifier la présence militaire française au Sahel, à laquelle les gouvernements issus des coups d'État de l'AES ont mis fin. Toutefois, cette affirmation de ce média a ignoré la manière dont la présence militaire française et américaine a affaibli ces États pendant des décennies, alors que la présence russe crée une stabilité qui leur permet de reprendre le contrôle et de se lancer, pour la première fois de leur histoire, dans la valorisation de leurs ressources.

Pendant de nombreuses décennies, les actions des États-Unis au Sahel ont déstabilisé les États et empêché la souveraineté sur les ressources. Par exemple, des rapports du département d'État américain, dès 2012, signalent que Kidal, Gao et Tombouctou étaient contrôlées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), alors même que l'armée américaine opérait dans le nord du Mali depuis 2005, dans le cadre du Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme (TSCP). L'action militaire américaine a opportunément duré jusqu'au retour des combattants touaregs de Libye après la chute de Kadhafi (elle aussi orchestrée depuis Washington), qui ont rejoint la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et lancé avec succès une rébellion. En 2015, un accord de paix avec le gouvernement malien, faible et comptant sur le partenariat américain, a consenti au contrôle du nord par la CMA. Un état d'instabilité et d'incertitude a persisté malgré les différentes versions du partenariat américain, créant une frustration politique, militaire et économique qui a conduit aux coups d'État de 2020 et 2021. Cette frustration, résultant d'actions américaines qui avaient provoqué la prolifération des militants et des terroristes, a abouti à des coups d'État au Niger et au Burkina Faso.


Le contrôle souverain de l'AES sur ses ressources

Après les derniers coups d'État militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, et l'arrivée de l'assistance militaire russe, les États de l'AES construisent des raffineries d'or et prennent d'autres mesures qui témoignent de l'élargissement de leur souveraineté sur les ressources. Cela n'avait jamais été fait au cours de décennies de domination américaine et française. Le Burkina Faso a inauguré sa première raffinerie d'or, Raffinor BF, le 28 septembre 2026, avec une capacité annoncée de 164 tonnes par an. Il convient de noter que, durant la période du gouvernement colonial français et par la suite, l'or et les autres ressources du pays étaient expédiés à l'état brut ou sortis en contrebande, ne rapportant que très peu de valeur aux citoyens.

De même, le Mali a commencé la construction d'une raffinerie d'or, Sorama-sa, à la mi-2025, avec une capacité prévue de 200 tonnes par an, tandis que le Niger a fait état de projets d'établissement de sa propre raffinerie. En outre, les gouvernements de l'AES ont pu renforcer le contrôle de l'extraction, de l'enregistrement de la production, de la facturation et de l'exportation des métaux précieux. Par exemple, au Burkina Faso, alors qu'auparavant seule une quantité insignifiante d'or était enregistrée comme extraite par les mineurs artisanaux, la quantité enregistrée a augmenté de façon exponentielle après l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement.

Par conséquent, la plus grande partie de l'or extrait par les mineurs artisanaux a pu être sortie du pays en contrebande, privant l'État de recettes. En 2022 et 2023, respectivement 519 et 491 kg étaient enregistrés comme provenant de l'exploitation artisanale, contre 7372 kg d'or fin en 2024. L'année suivante (2025), le chiffre stupéfiant de 43 tonnes d'or a été enregistré pour la production artisanale et semi-mécanisée, ce qui montre un meilleur contrôle de l'or qui aurait pu se retrouver entre les mains de terroristes ou de néocolonialistes. Globalement, le gouvernement du Burkina Faso fait état d'une hausse annuelle de la production d'or, passant par exemple de 60 tonnes en 2024 à plus de 90 en 2025, en raison, entre autres, de la réouverture de nouveaux sites miniers.

Le Mali a connu des changements intéressants après le coup d'État : malgré une baisse de la production d'or, il a augmenté ses revenus issus du commerce de l'or de 547,6 milliards de francs CFA à 835,1 milliards de francs CFA (52,5%), grâce à la participation de l'État à l'exploitation minière, à l'alourdissement de la fiscalité et au recouvrement des sommes escroquées par des sociétés minières par le passé. L'État a gagné en contrôle sur ses ressources par rapport aux précédents gouvernements prooccidentaux.

Il a lancé un audit des sociétés minières à partir de 2023 et a constaté de graves malversations destinées à piller le pays, puis a pris des mesures pour recouvrer des fonds auprès des exploitants, notamment la société canadienne Barrick Mining, B2Gold, Allied Gold, Resolute Mining et Endeavour Mining, ce qui a permis de récupérer 761 Mega-francs CFA (1,2 milliard de dollars). Par la suite, les sociétés minières ont été tenues d'adopter le nouveau code minier, qui accorde à l'État une meilleure protection et de meilleurs retours. Le pays met également en place une agence chargée de gérer la production d'or des producteurs artisanaux après avoir constaté d'énormes écarts entre les relevés des quantités d'or exportées et celles importées par ses partenaires commerciaux.

Le Niger a lui aussi enregistré une augmentation de l'or provenant des mines artisanales, qui a dépassé 3 tonnes en 2025, rapportant plus de 188,3 milliards de francs CFA, tandis que la valorisation a rapporté 124 milliards de francs CFA. Toutefois, parmi les défis notables à l'augmentation de la production d'or figure une situation sécuritaire volatile. L'insécurité fait aussi qu'une partie de la production d'or échappe à l'enregistrement officiel, créant potentiellement des sources de revenus pour des groupes armés, y compris des terroristes.


Par contraste : la distraction permanente des États-Unis

La réalité qui se dessine au sein de l'AES diffère radicalement de ce qui s'est produit durant des décennies de contrôle américain et français. La «stratégie de développement» de Washington pour le Sahel en 1976, intitulée «Post-Drought U.S. Initiatives in the African Sahel», proposait un vaste développement agricole qu'elle n'a jamais mis en œuvre. À y regarder de près, cette stratégie visait à détourner la région de sa richesse minérale, Washington s'engageant à contribuer à hauteur de 1 milliard de dollars et à mobiliser 6,6 dollars supplémentaires d'aide pour développer des puits, l'agriculture et des routes au Sahel. Elle a opportunément passé sous silence le fait que l'or, le pétrole, les minerais métalliques et les terres rares de la région, s'ils étaient récupérés et vendus, pourraient fournir le capital nécessaire pour développer les infrastructures et l'agriculture. C'est pourquoi le département d'État a présenté les choses de manière à montrer que le seul espoir des Africains était de subsister grâce à l'agriculture, tandis que l'Occident s'enrichissait des minerais africains.

Le même rapport reconnaissait que la région offrait d'importantes opportunités minières et commerciales qui devaient être ouvertes aux sociétés américaines. L'Occident a facilité l'exploitation minière de la région par des entreprises, sans aucun investissement, avant de mettre en place de nombreux dispositifs de sécurité après 2000 (l'Initiative Pan-Sahel en 2002, le Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme (TSCTP) en 2005 et le Commandement des États-Unis pour l'Afrique en 2007), qui ont maintenu la région dans l'instabilité et ses minerais en circulation vers l'Occident.


Source : New Eastern Outlook

https://reseauinternational.net/reprendre-letat-et-la-valeur-la-reprise-de-kidal-et-la-creation-de-raffineries-dor-a-travers-le-sahel/