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#11
Amérique / La mort de la liberté d’expres...
Last post by JacquesL - 18 Mars 2025, 03:13:58 PM
La mort de la liberté d'expression aux États-Unis ?



par Philip Giraldi

Vous pouvez remercier Israël et ses nombreux amis.

Il ne fait aucun doute que la relation entre les États-Unis et Israël a causé de terribles dommages aux institutions américaines et aux libertés constitutionnelles. Le soutien inconditionnel et bipartite des États-Unis au génocide israélien du peuple palestinien n'est pas passé inaperçu dans le reste du monde, qui méprise désormais le système politique corrompu des États-Unis et ses dirigeants de plus en plus bizarres et déconnectés de la réalité. Il y a eu même des rapports la semaine dernière selon lesquels Washington et Tel-Aviv auraient discuté de l'expédition de plus de deux millions de Palestiniens au Soudan et en Somalie, deux des endroits les plus violents de la planète, pour permettre le développement de la station balnéaire Trump Gaza et l'annexion du reste de la Palestine historique par Israël.

Il est certain que le cancer au cœur de la relation entre Israël et les États-Unis, si l'on peut même l'appeler ainsi, est en place depuis longtemps, alors que les politiciens américains se démènent pour obtenir leur part de l'argent des milliardaires juifs en échange d'une carte blanche en cas de mauvaise conduite d'Israël. Je me souviens qu'en mai 2023, le nouveau président de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, s'est exprimé devant la Knesset israélienne. McCarthy s'est fait un point d'honneur de flatter ses hôtes israéliens en soulignant que son voyage en Israël était son premier voyage à l'étranger en tant que président de la Chambre des représentants, soulignant ainsi la valeur de la relation.

McCarthy était accompagné de la cohorte habituelle de flagorneurs du Congrès qui affluent en Israël à chaque pause. Le groupe était bipartite et comprenait l'odieux Steny Hoyer du Maryland qui a fait et même dirigé l'entourage servile plus de vingt fois. McCarthy, un homme ambitieux qui n'a jamais été réputé pour sa grande intelligence, a prononcé un discours prévisible qui a suscité les ovations pro forma de l'auditoire, mais j'aimerais attirer l'attention sur une partie en particulier où il a déclaré : «C'est le fondement de notre relation spéciale : nous sommes les deux seuls pays de l'histoire qui ont été conçus dans la liberté et consacrés au principe que nous sommes tous égaux. Nos valeurs sont vos valeurs. Notre héritage est votre héritage. Nos rêves sont vos rêves. Les États-Unis sont reconnaissants de leur amitié avec Israël. Nous sommes un meilleur pays grâce à lui. Et nous ne devons jamais hésiter à le défendre... Tant que je serai président de la Chambre des représentants, les États-Unis continueront à soutenir le financement intégral de l'aide à la sécurité en Israël».

Presque chaque ligne de cette partie du discours de McCarthy est soit un mensonge éhonté, soit une déformation de la réalité à un point tel qu'elle en devient incompréhensible, mais elle a servi de cadre au Congrès pour dépouiller le peuple américain tout en le privant de ses libertés. À peu près à la même époque, le lobby pro-israélien basé aux États-Unis travaillait séparément et assidûment à criminaliser toute critique du comportement collectif des juifs et/ou de l'État d'Israël. Personne n'a travaillé plus dur à cette tâche que le gouverneur de Floride, hyper-ambitieux et aspirant à la présidence, dont la performance servile consistant à s'incliner devant le pouvoir et l'argent juifs lors de son propre voyage en Israël a culminé avec la signature d'une nouvelle loi de l'État qui, entre autres, exploite le mécanisme de la «haine» pour criminaliser presque toutes les critiques, voire le scepticisme, concernant l'apartheid israélien, le récit de l'holocauste ou le comportement des groupes et des individus juifs. Lors de la signature, DeSantis s'est vanté que la législation visait très clairement à protéger Israël, soutenant que rejeter «le droit d'Israël à exister est de l'antisémitisme», ce qui est la ligne qui prévaut actuellement parmi les politiciens démocrates et républicains et qui a également été copiée par de nombreuses autres législatures d'État. Outre la Floride, trente-six autres États ont sanctionné toute personne cherchant à boycotter Israël ou à accepter de le faire, parfois en refusant notamment des emplois ou des avantages gouvernementaux.

Il se trouve que, ces deux dernières semaines, Donald Trump et sa bande de laquais sionistes ont finalement touché le fond avec l'arrestation et la menace d'expulsion d'un étudiant qui avait aidé à organiser des manifestations non violentes sur le campus contre le massacre des Gazaouis par Israël. Cette affaire a été suivie par des menaces de Trump contre un membre très respecté du Congrès qui a critiqué un certain nombre de questions concernant à la fois la politique étrangère de l'administration et le Congrès. Au fond, les deux étaient et sont des questions de liberté d'expression relevant du Premier Amendement et reposent toutes deux sur une présomption de la Maison-Blanche selon laquelle, puisqu'elle désigne quelqu'un comme une «menace», elle n'a pas à fournir de preuve que c'est effectivement le cas. Et là, dans la règle d'exception en vigueur, qui permet à l'État juif d'échapper à toute conséquence de ses actes. Toute «liberté d'expression» qui critique ou offense le pays étranger auquel la plupart des politiciens américains et une grande partie des médias américains traditionnels obséquieux doivent leur allégeance principale est clairement considérée comme hors des limites d'un comportement acceptable, même lorsqu'elle soutient toutes les valeurs et tous les principes auxquels les gouvernements américains ont hypocritement prétendu adhérer.

Parallèlement, le gouvernement fait pression sur les universités américaines pour qu'elles répriment sévèrement toute personne qui manifeste en faveur des Palestiniens, en utilisant la formulation de DeSantis selon laquelle ils sont à la fois antisémites et partisans du terrorisme. L'université de Columbia est particulièrement touchée et s'est vu bloquer 400 millions de dollars de fonds fédéraux pour la recherche. L'administration Trump a exigé que Columbia apporte des changements radicaux à la discipline et aux admissions des étudiants avant de pouvoir discuter de la levée de l'annulation des fonds. Elle a également déclaré que l'ultimatum était nécessaire en raison de ce qu'elle a décrit comme l'incapacité de Columbia à protéger les étudiants juifs contre le harcèlement. L'administration Trump a exigé que l'université formalise sa définition de l'antisémitisme afin d'y inclure la critique d'Israël et de placer le département des études moyen-orientales, sud-asiatiques et africaines de l'école sous «mise sous tutelle académique», l'équivalent d'une surveillance constante par le gouvernement. L'université a cédé, réagissant en licenciant un certain nombre d'étudiants impliqués dans les manifestations non violentes après les avoir suspendus et, dans certains cas, expulsés. Il est intéressant de noter que les contre-manifestants juifs, responsables de la plupart des violences, n'ont fait l'objet d'aucune sanction, car, selon l'argument avancé, il n'est question que d'antisémitisme. En effet, pour démontrer son sérieux, le département de la Justice a dépêché une task force dans quatre villes américaines (New York, Chicago, Boston, Los Angeles) pour enquêter sur le problème de l'antisémitisme et des manifestations palestiniennes.

L'étudiant qui a été arrêté a obtenu un master à l'université de Columbia en décembre de l'année dernière. Il s'agit de Mahmoud Khalil, un Palestinien marié à une Américaine qui serait enceinte de huit mois. Khalil a le statut de résident permanent légal aux États-Unis, ce qu'on appelle la «carte verte». L'administration Trump, sans citer aucun précédent ni antécédent de comportement criminel, a insisté sur le fait qu'elle pouvait détenir Khalil sans l'inculper et faire ce qu'elle voulait de lui, alors que le seul problème le concernant est qu'il a exercé sa liberté d'expression, garantie par le premier amendement de la Constitution américaine.

Lundi dernier, le président Trump a confirmé que «l'arrestation et la tentative d'expulsion de Khalil s'inscrivent dans le cadre des efforts de son administration pour sévir contre les «étudiants de Columbia et d'autres universités du pays qui se sont livrés à des activités pro-terroristes, antisémites et anti-américaines»... C'est la première arrestation d'une longue série». Khalil a été envoyé dans une prison fédérale en Louisiane, à mille kilomètres de chez lui à Manhattan, probablement pour l'éloigner de ses partisans à New York, même si le gouvernement ne peut produire aucune preuve qu'il a menacé qui que ce soit ou commis un crime. Mercredi, le département de la Sécurité intérieure a publié un document citant une disposition présumée de la loi sur l'immigration qui donne au gouvernement le pouvoir d'expulser toute personne si «le secrétaire d'État a déterminé que [sa] présence ou [ses] activités aux États-Unis auraient de graves conséquences néfastes en matière de politique étrangère pour les États-Unis». La nature de ces «conséquences» dans le cas de Khalil n'a pas été précisée et devrait être considérée comme contestable par les avocats de la défense.

Le membre du Congrès qui subit des pressions est Tom Massie, du Kentucky. Il envisage de se présenter au siège du Sénat qui sera bientôt vacant dans l'État, mais Trump a demandé au Parti républicain de le soumettre à une primaire afin qu'il ne reçoive même pas l'investiture. En outre, la Coalition républicaine juive s'est engagée à «dépenser sans limite pour bloquer Massie» s'il décide de se présenter. Massie est l'un des plus fervents opposants à la législation visant à soutenir Israël et à criminaliser ce que l'on appelle l'antisémitisme à la Chambre des représentants, de sorte que la perspective de sa candidature «suscite déjà une vive opposition de la part de la communauté juive locale et nationale». Massie est surtout connu dans certains milieux pour avoir affirmé lors d'une interview dans l'émission de Tucker Carlson qu'il était le seul membre du Congrès à ne pas avoir de «type de l'AIPAC» dans son équipe qui lui servirait de «baby-sitter» auprès du lobby israélien. Massie s'oppose également à ce que des membres du Congrès aient une «double nationalité» secrète, ce qui aurait probablement un impact sur la plupart des législateurs juifs américains qui ont également la nationalité israélienne. Massie est très respecté dans les milieux conservateurs et libertaires. Il est systématiquement contre la guerre et critique également la corruption et les dépenses excessives du gouvernement fédéral. C'est ce qui passe pour un comportement malveillant de nos jours.

Si l'administration Trump, travaillant main dans la main avec le gouvernement israélien et le lobby pro-israélien américain, peut se permettre de bafouer la liberté la plus fondamentale de la Constitution américaine, celle de la liberté d'expression, il y aura «l'enfer à payer», pour reprendre la métaphore préférée de Donald. Une fois établi le principe selon lequel le chef de l'État ne peut pas se tromper, même lorsque ce qu'il fait est visiblement suicidaire, les États-Unis que nous, Américains, connaissions autrefois auront disparu à jamais. Et la tragédie est aggravée par le fait qu'elle aura largement été causée par le service inutile rendu à un petit pays raciste qui est manifestement et très ouvertement le plus maléfique de la planète.

source : The Unz Review

https://reseauinternational.net/la-mort-de-la-liberte-dexpression-aux-etats-unis/
#12
Asie, Pacifique / Bombardements américano-britan...
Last post by JacquesL - 18 Mars 2025, 03:02:30 PM
Bombardements américano-britanniques au Yémen après la reprise du blocus par les Houthis



par Jessica Corbett

«Les responsables américains intensifient les attaques meurtrières contre l'un des pays les plus pauvres et les plus dévastés du Moyen-Orient, tout en poussant imprudemment les États-Unis vers une guerre régionale plus large avec l'Iran», a déclaré un groupe pacifiste.

Actualité en cours de développement... Veuillez vérifier les mises à jour éventuelles.

Le président américain Donald Trump a annoncé samedi avoir ordonné à l'armée de «lancer une action décisive et puissante» contre les Houthis au Yémen déchiré par la guerre, en contradiction flagrante avec ce que les critiques ont appelé la «mascarade anti-guerre» des républicains.

Les bombardements américano-britanniques font suite à la redésignation par Trump des Houthis, également connus sous le nom d'Ansar Allah, comme organisation terroriste peu après son retour au pouvoir en janvier et interviennent quelques jours seulement après que le groupe a décidé de renouveler le blocus des navires israéliens.

Shuaib Almosawa a rapporté en début de semaine pour Drop Site News que «le porte-parole militaire du gouvernement dirigé par les Houthis au Yémen a annoncé mardi la reprise du blocus naval visant les navires israéliens transitant par les eaux territoriales yéménites, après l'expiration du délai accordé à Israël pour permettre l'acheminement de l'aide dans la bande de Gaza assiégée».

«Dans une déclaration faite à la télévision et diffusée par la chaîne Almasirah, le porte-parole des Houthis, le général de brigade Yahya Saree, a déclaré que le blocus des navires israéliens couvre désormais les eaux territoriales du Yémen en mer Rouge, en mer d'Oman, dans le golfe d'Aden et dans le détroit de Bab el-Mandeb», selon le journaliste indépendant basé à Sanaa, la capitale yéménite.

Le long message publié samedi par Trump sur sa plateforme Truth Social ne mentionnait pas explicitement Israël ou Gaza. Il déclarait notamment que «financés par l'Iran, les voyous houthis ont tiré des missiles sur des avions américains et pris pour cible nos troupes et nos alliés. Ces attaques incessantes ont coûté aux États-Unis et à l'économie mondiale plusieurs MILLIARDS de dollars tout en mettant en danger des vies innocentes».

Almosawa a rapporté samedi qu'au moins neuf civils ont été tués lors de la nouvelle campagne de bombardements de Trump.

Selon Associated Press :

«Le bureau des Médias houthis a déclaré que les frappes américaines ont touché «un quartier résidentiel» dans le district nord de Sanaa, à Shouab. Les habitants de Sanaa ont raconté qu'au moins quatre frappes aériennes ont dévasté le quartier de Geraf Est dans le district de Shouab, terrorisant les femmes et les enfants de la région.

«Les explosions étaient très fortes», a précisé Abdallah al-Alffi. «On aurait dit un tremblement de terre».

«Les États-Unis, Israël et la Grande-Bretagne ont déjà frappé des zones contrôlées par les Houthis au Yémen. L'armée israélienne a refusé de commenter».

Trump a évoqué les bombardements effectués sous l'ancien président américain Joe Biden, déclarant samedi que la «réponse de son prédécesseur a été pathétiquement faible, permettant ainsi aux Houthis de persister dans leurs agissements».

Le groupe pacifiste américain CodePink a dénoncé d'autres passages du message de Trump, affirmant qu'il «a prétendu que les Houthis mènent une «campagne incessante de piraterie, de violence et de terrorisme» contre l'Amérique et autres navires, avions et drones. Cependant, il omet commodément le contexte critique de ces actions. Les attaques des Houthis contre les cargos étrangers sont une réponse au génocide en cours à Gaza, dans le but de dissuader Israël de poursuivre son plan de nettoyage ethnique de la Palestine».

«Cette campagne a cessé lorsqu'un cessez-le-feu a finalement été mis en place, pour reprendre ensuite en raison des violations incessantes de l'accord de cessez-le-feu par Israël», a poursuivi CodePink, en faisant état des frappes israéliennes qui auraient selon certaines sources tué des secouristes et des journalistes à Gaza.

«Au lieu de s'attaquer aux causes profondes de cette violence, les responsables américains intensifient les attaques meurtrières contre l'un des pays les plus pauvres et les plus dévastés du Moyen-Orient, tout en poussant imprudemment les États-Unis vers une guerre régionale plus large avec l'Iran».

«CodePink et d'autres exigent l'arrêt immédiat de l'intervention militaire américaine au Yémen et dans tout le Moyen-Orient», a conclu le groupe. «Nous appelons le gouvernement à privilégier la paix et la justice en mettant immédiatement fin à toute aide et tout financement militaires à Israël et en tenant Israël pour responsable de la rupture du cessez-le-feu».

Les membres du Congrès de tous bords politiques ont critiqué à plusieurs reprises les bombardements américains au Yémen tout au long de la guerre civile qui dure depuis dix ans, les qualifiant d'illégaux. Justin Amash, ancien membre du Congrès du Michigan, a dénoncé les frappes de samedi sur les réseaux sociaux.

«Je le redis : il est inconstitutionnel que le président Trump se livre à des actes de guerre au Yémen», a expliqué Amash. «Peu importe si vous trouvez approprié que les États-Unis s'en prennent aux Houthis, aux terroristes ou à qui que ce soit d'autre. Le Congrès n'a pas autorisé la guerre au Yémen. S'engager dans cette guerre est tout simplement illégal».

source : Common Dreams via Spirit of Free Speech

https://reseauinternational.net/bombardements-americano-britanniques-au-yemen-apres-la-reprise-du-blocus-par-les-houthis/
#13
Questions mondiales. / Donald Trump et le supplice du...
Last post by JacquesL - 18 Mars 2025, 02:41:07 PM
Donald Trump et le supplice du Tantale



par Leslie Varenne

L'accord sur les « terres rares » entre Kiev et les États-Unis est souvent présenté comme saugrenu, déplacé, alors que sous certains aspects, il est particulièrement cohérent. Sera-t-il réalisable ? Tout dépendra des conditions dans lesquelles sera signée la paix, si elle advient... Quoi qu'il en soit, il est clair que sous Donald Trump II, la géopolitique des minéraux a remplacé la géopolitique des pipes. Ukraine, Canada, Groenland, BRICS, la politique internationale de la nouvelle administration peut se lire à l'aune de cette quête de tantale, gallium, graphite et autres matériaux stratégiques pour garantir à la fois l'indépendance de l'Amérique et sa réindustrialisation.

En préambule, il convient de clarifier les termes. L'expression « terres rares » est un abus de langage trompeur. Les terres rares sont un groupe spécifique de 17 métaux qui ne sont pas si rares, tandis que les minerais critiques sont définis par leur importance stratégique et les risques liés à l'approvisionnement pour les pays qui n'en possèdent pas.

Acte 1. En décembre 2017, sous le premier mandat de Donald Trump, l'United States Geological Survey (USGS), un organisme gouvernemental, publie un rapport alarmant en révélant la dépendance à 100% des États-Unis vis-à-vis de la Chine pour 20 minerais critiques. La Russie, l'Afrique du Sud, le Brésil et le Canada apparaissent également comme des fournisseurs indispensables pour d'autres éléments. Hormis le voisin canadien, les États-Unis sont donc à la merci des pays des BRICS pour leur sûreté nationale comme pour leur économie.

Le locataire de la Maison-Blanche, qui à l'époque déjà, a fait de la Chine son premier adversaire, s'en émeut. Immédiatement après la publication dudit rapport, il signe un décret ordonnant au gouvernement américain de prendre plusieurs mesures pour limiter cet assujettissement. Sauf que ce programme ambitieux n'aboutit pas. Son successeur, Joe Biden, injecte 120 milliards de dollars pour redynamiser le secteur des nouvelles technologies, mais ne s'attaque pas aux racines du problème. Résultat : la dépendance s'accroit.

En décembre 2024, Washington édicte une nouvelle vague de restrictions sur l'industrie chinoise des puces électroniques. Le retour de boomerang ne se fait pas attendre. Pékin riposte immédiatement en interdisant l'exportation de gallium, germanium et antimoine, des matériaux indispensables dans l'électronique, la défense ou encore les semi-conducteurs. Tel est pris qui croyait prendre, l'USGS estime que cette décision pourrait entraîner une perte du PIB américain de 3,4 milliards de dollars.

Acte 2. Janvier 2025, Donald Trump revient dans le bureau ovale et prend ce dossier à bras le corps. Faute de résoudre ce problème, il sait qu'il ne pourra mener à bien son programme MAGA, (Make America Great Again), qui consiste avant tout à se réindustrialiser et à contenir l'expansion de la Chine. Dès lors le président américain veut aller vite, s'emparer de tous les sujets internationaux qui lui offrent des opportunités, quitte à passer en force.

Il conditionne l'accord de paix russo-ukrainien à un autre accord avec Kiev sur « les terres rares ». L'Ukraine possède, en effet, d'importantes réserves de minéraux essentiels. Sauf que 40% de ces ressources en métaux sont contrôlées par la Russie, 100% du plus grand gisement de lithium d'Europe se trouve dans le Donbass.

Mais ô surprise, Moscou, qui comprend bien l'obsession de Washington, ne verrait pas de problème à l'implantation d'entreprises américaines dans les territoires ukrainiens qu'elle a annexés. Cette information est écrite noir sur blanc dans un document des services de renseignement russes qui a fuité le 13 mars dans la presse américaine et qui détaille les conditions dans lesquelles le Kremlin accepterait un accord de paix.

Si cet accord voyait le jour, ce qui à ce stade de l'histoire n'est pas assuré, il pourrait être gagnant-gagnant pour tout le monde. Pour Washington, qui desserrerait l'étau de son assujettissement à la Chine. Pour l'Ukraine, qui pourrait à la fois recréer une industrie et une économie mises à terre par trois années de guerre et donner des emplois à ses anciens soldats.

Quant à la Russie, si elle a toujours mis son véto à la présence de soldats de l'OTAN à ses frontières, même relookés en gardiens de la paix comme l'envisagent les Européens, elle n'a jamais tracé de ligne rouge sur l'implantation d'industries étrangères. Ce pourrait même être considéré comme une garantie de sécurité politiquement moins délicate. C'est probablement à cela que pensait Donald Trump lorsqu'il a dit à Volodymyr Zelensky, lors de leur désormais célèbre rencontre dans le bureau ovale, qu'avec son plan, l'Ukraine n'aurait pas besoin de garantie de sécurité.

Dans le même mouvement, Donald Trump a lancé une OPA sur le Grønland. Le 13 mars, il réitère en déclarant «nous avons besoin du Grønland pour notre sécurité nationale». Dans sa logique éperdue de quête d'indépendance stratégique cela fait sens, l'île regorge de gisements de ressources minérales encore inexploitées. Une étude de 2023 a montré que 25 des 34 minéraux mis en évidence comme des premières matières critiques par la Commission européenne s'y trouvent : titane, tantale, niobium, etc.

Dans le cas de la République démocratique du Congo, l'opportunité vient à Donald Trump puisque c'est le président Félix Tshisekedi qui lui propose un accord minier. Agressé par son voisin rwandais à l'Est, via le groupe armé M23, le Congo qui dispose d'immenses ressources minières et dont l'armée n'est pas en mesure d'assurer la sécurité du pays, verrait d'un très bon œil un pacte à l'ukrainienne : paix contre minerais. Cette offre n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et des discussions préparatoires ont déjà débuté entre Washington et Kinshasa.

Sauf que dans le cas de Nuuk, comme dans celui de Kinshasa, il y a loin de la coupe aux lèvres. Les Américains se retrouveront devant une montagne de difficultés. Au Congo, il suffirait que des entreprises américaines s'installent pour refroidir les ardeurs du président rwandais Paul Kagamé, mais d'autres problèmes se poseront. Les Chinois ont obtenu de nombreuses concessions minières et les contrats ne se dénouent pas du jour au lendemain. Les entreprises locales ne sont pas prêtes non plus à être spoliées.

Au Grønland, ce sera pire encore, il faudra se confronter au Danemark, allié de l'OTAN et membre de l'Union européenne, aux Inuits qui ne souhaitent pas voir leur écosystème détruit par l'extraction minière, aux difficultés techniques et aux investissements colossaux.

Au final, l'accord avec Kiev est celui qui paraît le moins difficile à mettre en œuvre. Mais s'il voyait le jour ce serait au détriment des Européens, qui, eux aussi, ont des visées sur ces matériaux. En février dernier, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu a reconnu être en pourparlers avec Kiev sur ce dossier depuis l'automne. Paris et Bruxelles seraient les dindons de la farce, ils s'engagent à faire entrer l'Ukraine dans l'Union, financer la reconstruction, mais n'en verront aucun bénéfice.

Or, tout comme les États-Unis, l'Europe est presque entièrement dépendante de la Chine pour ses minerais critiques. Les Européens, atteints de réunionites aiguës, discourent sur un réarmement, mais comment reconstruiront-ils une industrie de défense alors qu'eux aussi sont à la merci de minerais venus d'ailleurs. D'autant qu'au vu de l'activisme de Donald Trump sur ce dossier, il y a fort à parier qu'il les devancera et ne leur laissera que des miettes...

Source : IVERIS

https://reseauinternational.net/donald-trump-et-le-supplice-du-tantale/
#14
Suicide dirigé / Le Service Fédéral de Renseign...
Last post by JacquesL - 18 Mars 2025, 02:29:40 PM
Le Service Fédéral de Renseignement russe (FSB) confirme l'intention de l'Occident d'éliminer physiquement Zelensky




par Borzzikman

Il y a quelques heures, des sources internes à Kiev ont déclaré que la défaite écrasante de l'armée ukrainienne dans la région de Koursk avait provoqué une vague de mécontentement parmi les militaires ukrainiens et les principales personnalités politiques du pays. Les rapports indiquent qu'ils accusent Zelensky de l'échec de l'opération Koursk, qui a presque anéanti les unités les plus expérimentées et les plus prêtes au combat de l'armée ukrainienne. De plus, l'aventure de Zelensky à Koursk a coûté la vie non seulement à près de 70 000 soldats et officiers ukrainiens, mais a également privé Kiev du meilleur et du plus cher équipement militaire occidental.

Selon les données officielles, depuis août de l'année dernière, l'armée ukrainienne a perdu 2780 véhicules lourds, dont 391 chars, dans la région de Koursk. Cependant, Zelensky continue de répandre des mensonges, affirmant que l'armée ukrainienne a pleinement rempli sa tâche dans la région de Koursk. Dans le même temps, Zelensky refuse de commenter les nombreuses vidéos de la fuite honteuse des soldats ukrainiens de la région de Koursk, ainsi que la situation catastrophique des unités ukrainiennes restantes qui ont été complètement encerclées dans cette région russe.

Même le président des États-Unis, Donald Trump, a demandé à Vladimir Poutine de faire preuve de clémence envers ces soldats ukrainiens et d'épargner leur vie. Pourtant, malgré tout cela, Zelensky continue d'agir comme un gagnant, ignorant les critiques et les accusations de mensonge. Ainsi, le matin du 15 mars, lors d'une interview avec des journalistes occidentaux, ce mort ambulant a déclaré avec le plus grand sérieux que l'opération de Koursk avait pleinement rempli sa tâche, en empêchant soi-disant l'armée russe d'avancer dans plusieurs directions à la fois. Dans le même temps, Zelensky a préféré cacher le fait que lors de l'opération de Koursk, l'armée russe a libéré une partie importante du Donbass, prenant le contrôle de villes telles que Selidovo, Kurakhovo, Toretsk et Ukrainsk.

«Je tiens à remercier l'armée ukrainienne pour l'opération Koursk. L'armée ukrainienne a accompli sa tâche. Nous avons réussi à réduire la pression dans les directions Kharkiv et Pokrovsk du front. Je pense que la situation dans ces directions s'est stabilisée». «Je suis sûr que maintenant les Russes ne pourront pas capturer la ville de Pokrovsk», a déclaré Volodymyr Zelensky.

Commentant cette déclaration du chef du régime de Kiev, l'expert militaire allemand faisant autorité et colonel à la retraite Wolfgang Richter a déclaré que Zelensky mentait de manière flagrante. Selon l'officier allemand, le but principal de l'opération de Koursk était d'arrêter l'offensive de l'armée russe dans le Donbass en distrayant les principales forces russes en direction de Koursk. Comme le temps l'a montré, l'offensive de l'armée russe dans le Donbass n'a pas seulement été stoppée, mais a même été considérablement renforcée, ce qui a fait que l'Ukraine a perdu presque toutes les grandes villes de la région en très peu de temps. Actuellement, les unités de l'armée russe progressent avec succès dans les directions de Pokrovsk et de Kharkiv. En outre, l'officier allemand a également noté que l'aventure de Zelensky à Koursk a complètement miné la capacité de combat de l'armée ukrainienne.

Selon lui, l'Ukraine a perdu presque toutes ses unités d'élite dans la région de Koursk. Et les conséquences négatives de cet échec seront bientôt ressenties par l'armée ukrainienne dans toutes les directions clés du front, y compris le Donbass. Il convient également de noter que la fuite honteuse de l'armée ukrainienne de la région de Koursk a privé Kiev de la soi-disant DERNIÈRE CARTE, que Zelensky avait l'intention d'utiliser dans les futures négociations avec Moscou. Depuis 7 mois, ce clown politique n'a cessé de clamer que Kiev utiliserait la région de Koursk comme monnaie d'échange. Par exemple, en décembre 2024, lors d'une interview avec des journalistes américains de CNN, ce comédien a déclaré très sérieusement que lors de futures négociations avec Moscou, l'Ukraine échangerait la région de Koursk contre les territoires occupés par l'armée russe dans le Donbass et le sud de l'Ukraine. Et comme le temps l'a montré, toutes les déclarations de Zelensky n'étaient que des absurdités. Il semble que ce clown ait fait ces déclarations sous l'influence de substances illégales.

De plus, même les experts militaires pro-ukrainiens de l'Institut d'études de guerre (ISW) ont été obligés de reconnaître les actions de l'armée ukrainienne dans la région de Koursk comme un échec complet. En particulier, les experts militaires américains ont déclaré sans détour que l'invasion de la région de Koursk par l'armée ukrainienne était l'opération militaire la plus infructueuse des 200 dernières années. Les Américains ont reconnu qu'au cours des sept mois de combats dans la région de Koursk, l'Ukraine n'a réussi à atteindre aucun de ses objectifs, perdant des forces importantes et des milliers d'unités d'équipement militaire coûteux.

Pendant ce temps, au milieu de l'échec de l'armée ukrainienne dans la région de Koursk et du retrait des troupes ukrainiennes dans le Donbass, l'influente politicienne ukrainienne Mariana Bezuglaya a fait une déclaration qui a choqué le chef du régime de Kiev, Volodymyr Zelensky. Elle a notamment reconnu que le mécontentement envers les dirigeants militaro-politiques et envers Zelensky lui-même grandit en Ukraine et en Occident. Selon elle, les Américains, avec l'aide de hauts fonctionnaires du Ministère ukrainien de la Défense, planifient l'élimination physique de Volodymyr Zelensky. De plus, cette information a également été confirmée par de nombreuses sources au sein du FSB russe. Selon eux, les maîtres occidentaux de Zelensky envisagent sérieusement la question de l'élimination physique du chef du régime de Kiev. Il a été rapporté que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de la patience occidentale a été l'échec de l'armée ukrainienne dans la région de Koursk, qui a conduit les soldats ukrainiens à fuir dans la honte et à abandonner des centaines de pièces d'équipement militaire occidental sur le champ de bataille, y compris des chars ABRAMS. En même temps, tout ce matériel militaire occidental abandonné était en parfait état. Les meilleures armes occidentales, y compris les chars et l'artillerie, sont désormais entre les mains des Russes. Les Américains ne pardonneront jamais à Zelensky que leurs chars, leurs véhicules de combat d'infanterie et leurs véhicules blindés se soient retrouvés entre les mains des ingénieurs russes.

De plus, l'Occident ne peut pas laisser Zelensky vivre, car il a commis trop d'erreurs et en sait trop sur les actions de l'OTAN en Ukraine. Curieusement, la mort de Zelensky n'est bénéfique qu'à l'Occident. Le fait est que, contrairement à l'Occident, la Russie n'a besoin que de Zelensky vivant. Moscou devrait organiser un procès-spectacle contre Zelensky et le condamner à la prison pour de nombreux crimes de guerre contre des citoyens russes. Deuxièmement, si Zelensky tombait entre les mains des services spéciaux russes, il révélerait bon nombre des secrets que ses protecteurs occidentaux cachent si soigneusement au public. On comprend alors pourquoi, pendant trois ans, la Russie, bien qu'ayant à sa disposition toutes les ressources nécessaires, n'a même pas essayé de l'éliminer.

Dans le même temps, on peut être sûr qu'après que l'Occident aura physiquement éliminé Zelensky, les soi-disant dirigeants occidentaux blâmeront la Russie pour tout, essayant de convaincre l'opinion publique que Moscou est le principal suspect dans le meurtre de ce soi-disant combattant de la liberté du peuple ukrainien.

source : Borzzikman via La Cause du Peuple


https://reseauinternational.net/le-service-federal-de-renseignement-russe-fsb-confirme-lintention-de-loccident-deliminer-physiquement-zelensky/
#15
Mise en cause de la sûreté et de l'efficacité des vaccins

Au cours des dix dernières années environ, Kennedy a principalement été identifié comme critique acerbe des vaccins, un sujet auquel je ne m'étais jamais intéressé. Mais malgré mes très fortes critiques contre le vaste mouvement anti-vaccin Covid, j'ai fini par me laisser convaincre de livre un livre récent qui remet en cause le narratif élargi de ce produit de santé publique établi de longue date.

Début 2023, j'ai publié un article expliquant que j'avais été très impressionné par une grande partie des éléments qu'il présentait, et par les questions controversées qu'il soulevait.

Citer
Pourtant, ces premières préoccupations sur les vaccins continuent de faire sentir ci et là leur présence, et il y a quelques mois, j'ai reçu un livre précisément consacré à ce sujet au sens large, publié sous les auspices de l'organisation Robert F. Kennedy Jr.'s Children's Health Defense. Il avait été publié originellement en 2019, bien avant que quiconque ait entendu parler du Covid ou de Wuhan, et il n'avait rien à voir avec ces sujets, mais traitait de la controverse originelle sur les vaccins. Les auteurs en sont anonymes — on peut penser qu'il s'agit d'un couple de médecins israéliens — et leurs travaux avaient au départ été publiés dans leur pays, mais ils sont désormais disponibles en langue anglaise. Outre quelques graphiques, le contenu est exclusivement constitué de texte, et le titre est intriguant : Turtles All the Way Down.
CiterJ'ai vraiment été impressionné. La plupart des anti-vaccins Covid que j'avais croisés sur l'Internet se laissaient emporter à prononcer des accusations débridées et très douteuses, faisaient mention de morts en grands nombres, mais je n'ai guère trouvé de grandiosité de cette nature dans la discussion extrêmement sobre étalée sur les 500 pages de cet ouvrage.
Bien que le style et les affirmations factuelles soient de fait relativement contraints, le livre constitue à de nombreux égards un critique bien plus radical envers les vaccins que tout ce que j'avais pu trouver jusqu'alors, et il pratique une attaque frontale contre le rôle traditionnel des vaccins dans la médecine moderne. Turtles vise à renverser ce que la plupart d'entre nous ont cru savoir sur ces mesures établies de santé publique, et je n'ai guère été surpris que les auteurs aient préféré tenir secrète leur identité, par crainte de représailles professionnelles. Selon l'avant-propos de l'édition étasunienne du livre, quelques mois après sa publication originelle, le livre avait reçu une critique des plus favorables au sein du premier journal médical israélien, mais les universitaires d'expérience qui en avaient fait l'éloge se sont ensuite fait incendier par un establishment médical qui n'était pas prêt à remettre en question directement la substance du texte de l'ouvrage. La couverture du livre est garnie des longues recommandations écrites par une dizaine de professionnels de la santé et autres universitaires, un soutien qui me suffit largement pour prendre le livre au sérieux et lui accorder une certaine attention. Il y a à peine plus d'un an, j'avais été stupéfié par le contenu du best-seller écrit par Kennedy, numéro un sur Amazon, et depuis lors j'ai fait preuve de bien plus de prudence avant d'accepter la sagesse conventionnelle de l'establishment médical.

Turtles livre quelque 1200 références, qui remplissent les 273 pages d'un document en ligne mais, comme pour le livre de Kennedy, je n'ai pas essayé d'en vérifier un seul, en partie parce que je ne dispose pas de l'expertise technique pour le faire correctement. Selon les éditeurs, les affirmations produites par les auteurs n'ont pas été réfutées facilement au cours des trois années écoulées depuis sa publication. Sans prendre la moindre position sur les sujets abordés, je vais faire de mon mieux pour résumer certains de leurs arguments centraux, et j'encourage le lecteur intéressé à lire le livre et à se forger sa propre opinion.

Un thème central des antivax est que nombre des vaccins qu'ils critiquent ont de fait présenté de graves effets indésirables, provoquant parfois davantage de dégâts que de bénéfices, et j'avais toujours été très sceptique face à cette affirmation. Après tout, je savais qu'avant leur mise à disposition auprès du grand public, les nouveaux vaccins doivent normalement traverser une longue période d'essais cliniques, qui les soumet à des tests randomisés, en double-aveugle, face à des placebos. Mais le tout premier chapitre de Turtles affirme que ce point est un mythe et une tromperie.

Selon les auteurs, ces essais menés sur les vaccins sont menés non pas face à de véritables placebos comme des solutions salines, mais uniquement face aux vaccins précédemment approuvés. Aussi, un nouveau traitement est considéré comme sûr si son taux d'effets indésirables n'est pas pire que celui des versions précédemment approuvées, mais n'est pas qualifié face à une absence totale de traitement, une approche illogique qui ne semble guère présenter de sens. Ainsi, l'efficacité et la sûreté supposées des vaccins actuels ne sont établies que relativement à une longue suite de vaccins les ayant précédés, qui s'étale souvent sur des décennies, et c'est cela qui constitue la métaphore « Turtles All the Way Down /


Les tortues, jusqu'au bout de la nuit« 
présentée dans le titre de l'ouvrage. Ce type d'affirmation très simple et factuelle semble peu propice à être affirmé s'il n'est pas factuellement vérifié.

Chose assez surprenante, le taux de tests d'effets indésirables est parfois tout à fait significatif. Par exemple, durant les essais cliniques du vaccin Prevnar, l'état d'environ 6 % des 17 000 nourrissons qui ont subi le test a nécessité des visites médicales d'urgence, et celui de 3 % d'entre eux a exigé une hospitalisation. Mais comme le vaccin précédent utilisé pour établir la comparaison présentait des taux tout aussi élevés d'effets indésirables, Prevnar a été considéré comme sûr et efficace, un verdict choquant.

Il est également arrivé qu'aucune version approuvée du vaccin n'ait été disponible pour servir de base à un test par comparaison, et l'on pourrait naturellement supposer que le seul choix possible serait d'utiliser un vrai placebo comme une solution saline. Mais Turtles révèle que dans cette situation, une version délibérément dégradée du même vaccin est administrée à l'autre moitié de la population qui subit le test, c'est-à-dire un produit qui n'apporte aucun des bénéfices attendus, mais contient sans doute les mêmes effets indésirables. La justification la plus plausible de cette étrange méthodologie serait de masquer l'existence de ces effets indésirables, et d'ainsi s'assurer que le vaccin soit approuvé.

Turtles résume cette situation révoltante en affirmant que chaque année, des dizaines de millions de doses de vaccins sont administrés à des nourrissons et à des bébés aux États-Unis, et que pas un seul de ces produits n'a jamais été testé lors d'essais cliniques face à un placebo inerte. Rien de tout ceci n'établit que l'un ou l'autre de ces vaccins soit dangereux, mais cela en soulève sans aucun doute la possibilité de manière très sérieuse. Un aveugle peut piloter un avion sans forcément l'écraser au sol, mais il a sans doute de bien plus grandes chances de s'écraser qu'une personne disposant du sens de la vue.

Après qu'un vaccin a réussi ses essais cliniques et a été approuvé pour l'utilisation dans la population générale, tout problème qui pourrait apparaître est supposé être géré par le VAERS, le « Vaccine Adverse Events Reporting System », dont le nom implique qu'il joue un rôle pour alerter l'attention des autorités de santé publique sur tout problème de cette nature. Turtles consacre un chapitre entier à ce système, que les auteurs décrivent comme très mal conçu et tout à fait indigne de confiance.
En particulier, le système de signalement est complètement basé sur le volontariat, si bien que les professionnels de la santé ne sont pas obligés de remplir des rapports au sujet des effets indésirables qu'ils ont pu croiser, même ceux qui impliquent les réactions les plus graves. Ce point suggère que les signalements sont possiblement largement en sous-nombre par rapport aux problèmes rencontrés, et dans le même temps, n'importe qui peut produire des rapports faux ou trompeurs, sans le moindre processus de vérification.

Il s'ensuit que les données récoltées par VAERS sont statistiquement douteuses, et sans doute très peu fiables, et les auteurs expriment leur méfiance vis-à-vis des raisons pour lesquelles des défauts aussi énormes, au sein d'un système apparemment aussi vital, ont pu rester irrésolues durant des décennies. Ils soupçonnent que ces failles sont peut-être délibérées, et visent à dissimuler les dangers des vaccins que le système est supposé surveiller.

Les auteurs admettent que le lecteur sceptique peut trouver difficile à croire que les effets indésirables d'un produit aussi largement distribué que les vaccins puissent être restés dissimulés durant des décennies, et ils s'autorisent par conséquent à plonger dans l'histoire passée de l'épidémiologie. Ils notent que le cancer du poumon, jadis extrêmement rare, est apparu subitement au début du XXème siècle à peu près en même temps que fumer la cigarette s'est répandu, et que ce phénomène s'est reproduit dans de nombreuses populations. Mais quoique les scientifiques se missent à pointer du doigt la connexion possible et les preuves statistiques qui soutenaient le lien entre les deux phénomènes, la relation de causalité est restée l'objet d'un âpre combat durant des décennies, en partie à cause de la puissance et de la richesse de l'industrie du tabac. Turtles suggère qu'il faut conserver à l'esprit cette histoire tragique, qui a amené à la mort prématurée de millions de victimes du cancer du poumon, lorsque l'on examine le sujet de la sûreté des vaccins.

À la fin des années 1990, de nouvelles questions sur la sûreté des vaccins se mirent à apparaître dans la littérature scientifique, notablement la publication, en 1998, d'une étude extrêmement controversée au sujet de la sûreté des vaccins ROR (rougeole, oreillons et rubéole), réalisée par le docteur Andrew Wakefield et ses collègues du Lancet, un journal médical de premier plan. En outre, l'apparition de l'Internet avait permis pour la première fois à des personnes ordinaires de partager leurs vécus et leurs préoccupations, et de s'organiser pour enquêter sur ces sujets.

Mais selon Turtles, la réponse de l'establishment des vaccins a été de publier une suite d'études pour mettre de côté ces préoccupations, des études dont les auteurs affirment qu'elles étaient gravement percluses de défauts, de biais, et peut-être même écrites sous le joug de la corruption, mais qui n'en furent pas moins lourdement promues par l'establishment médical et ses serviles alliés dans les médias. Ils consacrent la plus grande partie d'un long chapitre à l'analyse de cinq de ces études majeures avec moult détails, et notent que certaines des études les plus influentes contiennent des erreurs qui semblent grièvement mettre en doute leur crédibilité. Chose tout à fait remarquable, les données brutes présentées dans l'une des études les plus importantes, l'étude Madsen de 2002 sur les enfants danois, semblait de fait soutenir la conclusion opposée, suggérant que le vaccin présentait bel et bien des effets indésirables dangereux, mais divers « ajustements » statistiques douteux avaient été employés pour produire le résultat rassurant désiré.

À ce stade, les auteurs soulèvent une question extrêmement simple. Le moyen le plus facile et le plus convaincant de démontrer que les vaccins sont bel et bien sûrs et bénéfiques, et ne présentent que de rares effets secondaires indésirables, serait évidemment de mener une vaste étude d'essais randomisés, comparant le total des conséquences sur la santé de personnes vaccinées, et non vaccinées, chose qu'ils appellent une étude « Vaccinated vs. Unvaccinated » (VU). Pourtant, selon Turtles, aucune étude de cette sorte n'a jamais été menée : « Il semble inexplicable qu'aucune étude VU n'ait été lancée par l'establishment vaccinal durant autant d'années. »


De fait, il existe des populations significatives, comme les Amish, qui ont renoncé aux vaccinations, et dont on pourrait facilement comparer les résultats de santé par rapport à un groupe type de la population publique vaccinée, et Turtles note des remarques plutôt gênantes à cet égard. Une enquête journalistique a établi que le taux d'autisme parmi les Amish ne constituait qu'une toute petite fraction de celle de la population générale, et l'on retrouve la même absence d'autisme parmi les enfants vivant en Israël mais nés en Éthiopie, et non-vaccinés, alors que leurs frères et sœurs nés en Israël sont affectés par un taux d'autisme normal. Un schéma semblable se présente avec les familles d'immigrés somaliens dans le Minnesota ainsi qu'en Suède. Étant donné que ces préoccupations sur l'autisme provoqué par vaccin constituent depuis des années un point de rupture parmi les activistes opposés aux vaccins, il apparaît comme très douteux que les autorités de santé publique n'aient pas voulu répondre par une vaste étude VU pour régler ce sujet une bonne fois pour toutes.

On a demandé de manière répétée des études VU de cette nature, mais la réponse habituelle de l'establishment médical a été de balayer la proposition en la qualifiant de non-éthique, en affirmant que cela reviendrait à refuser à un vaste groupe d'enfants l'accès aux bénéfices de la vaccination ; mais cela constitue une absurdité évidente. Une étude non-randomisée pourrait être basée sur des groupes non-vaccinés, ou une étude rétrospective pourrait s'appuyer sur les historiques de santé des grands nombres d'enfants qui n'ont pas été vaccinés par le passé. Turtles note que 0,8 % de tous les enfants étasuniens sont aujourd'hui totalement non-vaccinés, ce qui constitue une population de 30 000 sujets potentiels pour chaque année de naissance, et il note qu'en Australie ce pourcentage s'établit à 1,5 %. Ces données livreraient évidemment des nombres tout à fait suffisants pour déterminer avec certitude les bénéfices pour la santé des vaccinations. Mais d'autres excuses troubles ou totalement douteuses continuent d'être émises pour ne pas les mener.

Pourquoi donc trouve-t-on une opposition aussi forte à la tenue d'une vaste étude VU ? Turtles propose une réponse simple à cette interrogation.

CiterIl ne peut exister qu'une seule explication : les résultats seraient fortement marqués en faveur des non-vaccinés.

(le texte est en gras dans l'ouvrage). Les auteurs avancent que des études de ce type ont presque certainement été menées, probablement à de multiples reprises, mais que les résultats n'en ont jamais été divulgués au public, car ils étaient orientés dans la mauvaise direction. Après tout, les données sont accessibles depuis de nombreuses années aux autorités gouvernementales, et il semble inconcevable qu'aucune analyse n'ait jamais été menée, il semble bien plus probable que les résultats n'en aient jamais été publiés. Je ne peux pas me prononcer avec certitude sur l'idée que les auteurs ont raison sur ce point, mais je pense que leurs doutes très profonds sont à tout le moins extrêmement fondés.
CiterLa deuxième moitié du livre adopte une perspective historique plus large, et s'intéresse à ce que les auteurs décrivent comme les « mythes fondateurs » de la santé publique, avec principalement le rôle supposé crucial joué par des innovations médicales comme les vaccins pour nous libérer des maladies mortelles du passé. Durant presque toute ma vie, j'avais toujours vaguement accepté ces idées, et je ne les avais jamais remises en cause sérieusement.

Les auteurs relatent une histoire très différente. Ils expliquent qu'à partir du début des années 1960, le Dr. Thomas McKeown, un médecin britannique et chercheur universitaire de premier plan, ainsi que ses collègues, avaient publié une suite d'articles révolutionnaires qui parvenaient à faire peser le doute sur ces hypothèses, et notaient que les immenses réductions de la mortalité des maladies infectieuses en Grande-Bretagne avait en réalité précédé depuis longtemps l'introduction des vaccins ou d'autres traitements médicaux comme les antibiotiques. Plutôt que cela, les réductions brutales de mortalité par maladie ont en très grande partie découlé des améliorations très importantes en matière d'hygiène publique et privée, une conclusion surprenante confirmée ensuite également aux États-Unis. Ils illustrent ces faits par plusieurs graphiques des plus éloquents.





Mortalité pour cause de coqueluche, diphtérie et de rougeole, États-Unis, 1900-1996



Entre autres facteurs, les changements en matière de technologie de transport, comme le remplacement du cheval par l'automobile, ont eu un impact considérable, un cheval produisant en moyenne 11 kilogrammes de crottin par jour, dont une grande partie se trouvait épandue dans les rues des villes. La dépendance qui existait dans les villes envers le cheval produisait d'autres dangers : la ville de New York dut pour la seule année 1880 évacuer 15 000 carcasses de chevaux de ses rues. Dans le même temps, la réfrigération a fortement réduit la consommation de nourriture pourrie ou avariée, et les avancées en matière de nutrition ont amélioré la santé des gens.

Les auteurs soulignent que quarante ans après que McKeown et ses alliés produisirent cette « révolution conceptuelle », les autorités sanitaires de premier plan ont pleinement reconnu l'importance relative de ces divers facteurs. Un rapport produit par l'American Institute of Medicine affirme que

Citerle nombre d'infections empêchées par l'immunisation est en fait très faible en comparaison du nombre total d'infections empêchées par d'autres interventions hygiéniques comme l'eau propre, la nourriture saine, et les conditions de vie assainies.

Mais bien que la communauté académique ait absorbé ces faits, ils n'ont toujours pas été répandus largement, et on ne leur a pas accordé l'attention qu'ils méritent. Par exemple, la plupart des publications du CDC (« Center for Disease Control ») continuent d'insister lourdement sur le rôle central de la vaccination, ce qui conduit à une ignorance importante au sein du grand public. Selon Turtles,
Citerle consensus scientifique au sujet du rôle mineur joué par les vaccins pour réduire la charge des maladies infectieuses s'est transformé en une sorte de « secret public » dans les cercles scientifiques et médicaux : chacun connaît la vérité, mais nul ne daigne la partager avec le public.


Turtles
reconnaît librement que certaines maladies majeures ont été en grande partie éliminées par les vaccins, notablement la variole, et également le fait que les vaccins ont joué un rôle important pour réduire la morbidité d'autres maux très répandus comme la rougeole, voire leur mortalité.


Morbidité et mortalité de la rougeole en Grande-Bretagne (1940-2010)

 
Incidence rapportée de la rougeole, des oreillons, de la rubéole, et de la varicelle aux États-Unis (1960-1979)

Mais ces exemples de réussites peuvent également soulever des questions compliquées et cachées. Au moment même où l'inoculation à grande échelle de vaccins a permis d'éliminer divers maladies infantiles contagieuses mais non mortelles, d'autres changements importants se sont produits en matière de santé publique, parfois très négatifs. Par exemple, des maladies chroniques et incurables, comme l'asthme, l'autisme, et le Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) se sont mis à apparaître pour la première fois en nombres importants, ou en présentant une forte croissance, avec un impact négatif dépassant bientôt largement la diminution des maladies infectieuses. Malgré cela, la plupart de ces maladies chroniques n'ont guère fait l'objet d'attention de la part du CDC ou d'autres organisations de santé orientées vers les maladies infectieuses, qui préfèrent continuer de garder leur attention sur l'éclat atténué de la rougeole ou des oreillons, alors que les millions d'enfants qui souffrent désormais de maladies chroniques reçoivent nettement moins d'attention. Turtles émet le doute très gênant qui suit : ces deux tendances divergentes sont peut-être bien directement reliées, ce qui suggère une fois de plus que des études à vaste portée devraient explorer les liens possibles entre ces nouvelles maladies chroniques et les vaccins qui ont été introduits au cours de la même période.

Les mystères de la polio

La seule voix républicaine a s'être opposée au Congrès à la confirmation de Kennedy a été celle de Mitch McConnell, ancien dirigeant de la majorité au Sénat, et les médias ont souvent expliqué cette opposition en le décrivant comme un survivant de la polio, comprenant de ce fait les terribles conséquences des attaques populistes contre les vaccins. Une semaine ou deux avant les auditions, le Times a fait paraître un article en première page, concentré sur les 300 000 survivants de cette terrible maladie, vaincue à tout jamais grâce au miracle de la vaccination, et Kennedy n'a jamais remis en question le moindre de ces arguments au cours de son témoignage.

Mais comme je l'expliquais dans mon article de début 2023, le récit médical véritable de la polio peut s'avérer considérablement plus complexe que ce que l'on croit habituellement.

CiterTurtles présente l'ensemble de ces sujets de vaccination et de santé publique d'une manière relativement prudente, et quoique j'ai trouvé une grande partie des informations tout à fait surprenantes, presque aucune d'entre elles n'a suscité de ma part le moindre sentiment d'incrédulité. Cependant, l'avant-dernier chapitre du livre est de loin le plus conséquent, puisqu'il occupe presque le quart de l'ensemble de l'ouvrage, et son contenu est nettement plus choquant. Je soupçonne que l'auteur l'a volontairement positionné près de la fin afin que les premiers chapitres aient déjà adouci le scepticisme du lecteur, dans l'objectif de limiter la probabilité que ces éléments explosifs soient simplement écartés sans examen. Le titre de ce chapitre est « Les Mystères de la Polio », et la première phrase décrit l'édifice démesuré sur le point d'être attaqué avec témérité :
CiterLe récit épique de la victoire de la science sur la polio —- davantage que tout autre récit d'une lutte contre la maladie, même le récit digne d'une fable d'Edward Jenner et de son vaccin pour la variole — est le mythe fondateur de la vaccination.
Comme les auteurs le suggèrent, la réussite de l'utilisation du vaccin de la polio pour éliminer cette maladie effroyable a constitué le plus grand triomphe des années 1950 en matière de santé publique, un triomphe qui a sauvé d'innombrables enfants d'une paralysie handicapante et a supprimé le poids d'un règne de terreur qui hantait les familles étasuniennes, tout en élevant le Dr. Jonas Salk et son vaccin à un statut de sainteté profane. L'histoire de cette maladie terrifiante et du vaccin qui l'a éradiquée semble aussi solidement établie que tout ce qui peut l'être en matière de médecine, et la page Wikipédia dépasse les 11 000 mots et comprend presque 150 références.

Pourtant, de manière tout à fait remarquable, Turtles s'emploie à retourner totalement ce récit établi de longue date, et affirme que les faits scientifiques sont en réalité bien plus complexes et ambigus que moi-même ou que la plupart des autres lecteurs auraient jamais pu l'imaginer. Si pour ma part ce long récit ne suffit pas en soi à dépasser les hypothèses considérables en faveur d'une histoire médicale apparemment bien documentée, il a néanmoins soulevé de nombreux autres sujets majeurs dont je n'avais précédemment jamais eu connaissance, et je vais me contenter de présenter les arguments qu'il avance, et exhorter le lecteur intéressé à lire le livre et à se forger sa propre opinion.

Les auteurs commencent en résumant brièvement l'histoire habituelle de la polio, expliquent que la maladie est provoquée par une infection virale qui peut produire des symptômes semblables à ceux d'une grippe, mais que dans moins de 1 % des cas, elle peut également endommager les cellules nerveuses et créer une paralysie sur le long terme. La Polio semble avoir hanté l'humanité durant des milliers d'années, les premiers cas établis semblant illustrés par une stèle égyptienne remontant à 1500 avant Jésus-Christ, et montrant un jeune homme avec une jambe atrophiée, soutenu par une béquille, et la première description médicale de la maladie est apparue dans un livre écrit par un médecin en 1789. Mais la maladie restait extrêmement rare, ne provoqua pas d'épidémie connue, si bien qu'elle ne fit l'objet que d'une faible attention jusqu'à la fin du XIXᵉ siècle, lorsque des épidémies de polio se mirent à éclore en Europe et aux États-Unis. Elles se multiplièrent bientôt en taille, provoquant la paralysie de 9000 victimes dans la ville de New York en 1916, et l'épidémie de polio se mit à venir puis repartir sans que l'on comprenne comment ni pourquoi, avec une augmentation après la seconde guerre mondiale, jusqu'à atteindre un pic au début des années 1950.

Le mystère de la maladie fut résolu en 1908, lorsque le virus responsable de la maladie fut isolé, puis avec le soutien de Franklin Delano Roosevelt, lui-même victime de paralysies conséquentes à la polio, d'immenses sommes d'argent furent investies pour étudier la maladie et rechercher un remède. Cela finit par culminer avec les vaccins Salk et Sabin au début des années 1950, ce qui a conduit à la disparition de la maladie dans le monde industrialisé des années 1960 et 1970, puis sa quasi-éradication du reste du monde pour la fin du XXème siècle.

Pourtant, les auteurs indiquent que ce récit apparemment simple, que j'avais tranquillement considéré comme acquis au fil des années, et que je n'avais jamais remis en question, cache en fait de nombreuses anomalies étranges, des mystères qui ont toujours été connus des cercles scientifiques mais jamais portés à la connaissance du public. On n'a aucune explication sur la raison pour laquelle l'épidémie de polio commença vers la fin du XIXᵉ siècle, ni sur la raison pour laquelle cette épidémie resta totalement confinée aux pays industrialisés, et pourquoi les cas étaient bien plus graves en été et au début de l'automne. La Polio se répandait et s'intensifiait exactement en même temps que les autres maladies infectieuses déclinaient brutalement, la plupart des victimes n'avaient aucun contact identifié avec d'autres personnes infectées, et aucune explication n'était disponible pour comprendre pourquoi le virus ne s'attaquait que si rarement au système nerveux. Il s'avéra impossible d'infecter des animaux de laboratoire par voie orale, alors que c'était la manière suivant laquelle les humains étaient supposés être infectés.

Et de manière étrange, bien que cette maladie elle-même ait supposément été vaincue et quasiment éradiquée par la science médicale, tous ces mystères continuent de rester sans explication de nos jours, malgré plus d'un siècle de recherche, et certains d'entre eux sont même devenus encore plus intrigants.

Comme le soulignent les auteurs, « la polio est l'une des quelques maladies qui sont devenues une menace majeure pour la santé publique au cours des temps modernes », et le registre bien documenté de ses apparitions suit un schéma très étrange. Les premières épidémies en Europe et en Amérique du Nord furent assez visibles pour qu'en sorte un nouveau phénomène clairement représenté, mais nous ne savons toujours pas pourquoi elles sont apparues subitement. Ces épidémies restèrent presque totalement confinées aux pays industrialisés, et dans les rares occurrences où elles se répandirent dans d'autres parties du monde, la maladie resta presque toujours cantonnée aux Occidentaux, et n'affecta que rarement les résidents locaux. Les soldats étasuniens établis dans une base aux Philippines attrapaient la polio, mais les Philippins locaux ne la contractaient pas, et de même en Chine et au Japon. Les soldats étasuniens stationnés dans le Moyen-Orient attrapaient la polio dix fois plus fréquemment que leurs homologues restés aux États-Unis, mais les résidents locaux semblaient presque immunisés. Au début des années 1940, les cas de polio étaient cinq fois plus fréquents parmi les officiers britanniques en poste en Inde que parmi les hommes du rang britanniques, et 120 fois plus fréquents que pour les soldats indiens locaux. De même, les officiers britanniques établis en Afrique du Nord et en Italie avaient presque dix fois plus de chances de contracter la polio que les soldats qu'ils commandaient. On a enregistré de nombreuses autres occurrences semblables à celles-ci, établissant d'étranges schémas d'infection, qui frappaient de manière disproportionnée les personnes d'un statut social plus élevé.

Aussi, durant la période précise au cours de laquelle une amélioration de l'assainissement, des conditions d'hygiène et du régime alimentaire avaient provoqué le déclin rapide d'autres maladies infectieuses au sein des pays industrialisés, la polio commença à monter et à inquiéter. À la fin des années 1940, la tendance frappante qu'avait la polio à frapper les Occidentaux plutôt que les locaux fit monter la théorie selon laquelle « une amélioration de l'hygiène » constituait d'une manière ou d'une autre un facteur important contribuant aux infections, une conclusion largement acceptée par de nombreux experts de premier plan de la polio. On formulait des hypothèses scientifiques pour expliquer cela, mais les recherches empiriques les contredisaient aussitôt.

Cependant, comme les auteurs le notent, les premières épidémies de polio aux États-Unis avaient en fait suivi le schéma exactement opposé, concentrées dans les bourbiers urbains les plus sales et les moins exposés à l'hygiène, ce qui avait amené à penser que la polio était une maladie de la pauvreté. Mais après que la polio faiblit, puis finit par disparaître dans le monde industrialisé au cours des années 1960 et 1970, elle refit subitement apparition dans les pays du Tiers Monde, à un taux semblable au pic des années 1950 en Occident. Aussi, en une ou deux générations, une maladie dont on estimait largement qu'elle était provoquée par la pauvreté et par le manque d'hygiène s'était transformée en maladie associée à l'opulence et à un excès d'hygiène, puis était retournée à ses racines de pauvreté et de saleté. Selon Turtles, ces hypothèses totalement contradictoires étaient parfois acceptées ensemble simultanément par des chercheurs de premier plan sur la polio. Ce très étrange schéma d'infection de la polio soulève la possibilité évidente que la véritable nature de la maladie ait été mal comprise d'une manière tout à fait fondamentale.

Un point central soulevé par Turtles est que contrairement aux perceptions répandues parmi le grand public, les caractéristiques de paralysie flasque de la polio peuvent en réalité présenter un très grand nombre de causes différentes, peut-être jusque 200 selon la littérature médicale, et la plupart de ces causes relèvent de l'empoisonnement ou de l'exposition à des produits chimiques toxiques. Mais au cours des premières décennies du XXème siècle, le profil très élevé de la polio impliquait qu'on apposait l'étiquette « polio » sur toute maladie physique s'y apparentant. Dans certains cas importants, on découvrit ensuite qu'un mauvais diagnostic avait été posé, mais les auteurs se demandent si ce phénomène n'aurait pas pu être plus répandu qu'on ne le comprit à l'époque.

Comme ils l'indiquent, une chose vraiment dramatique à dû se produire à la fin du XIXᵉ siècle pour produire la montée remarquable de l'incidence de la polio paralytique, et ils notent que cette même période a vu l'introduction à une vaste échelle des nouveaux colorants et des pesticides basés sur l'arsenic, le plomb, et d'autres produits chimiques potentiellement toxiques.

Pour exemple suspect, ils expliquent que les exploitants agricoles du Nord-Est des États-Unis se mirent à appliquer de l'arséniate de plomb sur leurs pommiers en 1892, et que l'année suivante, on assista à une forte montée des cas de polio — une augmentation du nombre de cas supérieure à un facteur quatre — dans la région de Boston. Qui plus est, ces cas se présentèrent surtout durant la saison de cueillette des pommes, et la plupart des victimes provenaient des régions rurales autour de Boston, plutôt que de la ville elle-même. Des décennies plus tard, les experts médicaux soulignaient qu'il restait très difficile de distinguer la paralysie induite par la polio de la maladie nerveuse provoquée par un empoisonnement au plomb, et que les erreurs de diagnostics étaient répandues. Les auteurs notent que la montée des cas apparents de polio, passant d'une poignée de cas à des centaines d'entre eux, semble avoir correspondu étroitement à l'utilisation à vaste échelle d'arséniate de plomb, qui n'était pas uniquement bien plus dangereux que les autres pesticides chimiques, mais restait également bien plus longtemps sur le fruit.

À ce stade, Turtles emploie un vocabulaire soigneusement choisi pour proposer une hypothèse remarquablement explosive :

CiterL'hypothèse selon laquelle la polio est une maladie infectieuse et contagieuse — c'est-à-dire, qu'elle est provoquée par un organisme vivant (typiquement une bactérie ou un virus) et est transmise d'une personne à l'autre — n'a pas été remise en question dans les cercles scientifiques depuis des décennies. La version institutionnelle de l'histoire de la polio a coulé une épaisse couche de béton autour de cette hypothèse, et tout scientifique qui oserait la remettre en question se verrait sans doute ignoré ou moqué. La maladie, « comme chacun sait », est provoquée par le virus de la polio — un virus hautement contagieux qui pénètre le corps par la bouche et en ressort par les excréments. Mais la polio est-elle réellement une maladie infectieuse et contagieuse ? Fouiller dans les débuts de l'histoire de cette maladie suggère que la réponse à cette question n'est pas aussi évidente ou univoque que le récit officiel de la polio voudrait nous le faire croire.

Au cours des premières années de la montée de la polio, la nature de la maladie fit l'objet de nombreux débats, et les critiques de la théorie infectieuse soulignaient ne pouvoir trouver aucun exemple de transmission d'une personne à l'autre. De fait, les cas étaient tellement dispersés géographiquement que presque aucune des victimes n'avait pu être en contact avec une autre. Parmi 1400 cas passés en revue, moins de 3% impliquaient plus d'un patient par famille.

Dans le même temps, on trouvait de nombreuses autres instances à grande échelle de paralysie semblable provoquée par des aliments empoisonnés. À Manchester, en Angleterre, une épidémie mystérieuse éclata en 1900, qui paralysa des milliers de personnes et en tua plusieurs dizaines, et que l'on finit par attribuer à de hautes teneurs en arsenic dans l'acide sulfurique utilisé pour traiter le sucre dans les brasseries de bière locale. On détermina par la suite qu'un problème similaire, à des niveaux plus faibles, avait produit des dizaines de cas de paralysie mystérieuse chaque année dans le Nord-Ouest de l'Angleterre à la fin du XIXᵉ siècle. En 1930, 50 000 Étasuniens furent frappées de paralysie dans les régions du Sud et du centre après avoir bu un remède médical breveté contaminé par un produit chimique toxique, et en général, dix jours s'étaient écoulés entre la consommation du produit et les premiers symptômes, ce qui avait totalement masqué la cause véritable des paralysies.

La notion selon laquelle la paralysie attribuée à la polio pourrait en réalité provenir d'un produit chimique semble tout à fait stupéfiante, elle n'est pas facile à accepter, mais elle pourrait contribuer à expliquer le schéma très étrange de propagation de la maladie et son manque apparent de transmissibilité.

Les auteurs examinent également avec soin les études historiques considérées comme ayant établi la nature contagieuse et infectieuse de la polio, et les trouvent très douteuses et incertaines ; ils indiquent que les critiques scientifiques avaient soulevé à l'époque nombre d'objections semblables. Ils notent que malgré l'échec répété d'établir de manière expérimentale que les infections à la polio étaient uniquement ciblées sur les humains, certains des premiers rapports, dans le cadre des épidémies rurales, avaient mentionné que des formes de paralysie semblable avait également frappé des animaux des fermes locales, comme des chevaux, des chiens et des volailles, ce qui suggère qu'un agent toxique aurait pu être responsable du problème.

Aussi, la question se pose naturellement : pourquoi le rôle possible d'un empoisonnement au plomb ou à l'arsenic a-t-il été ignoré dans ces premières études, qui ont conclu qu'une maladie infectieuse était responsable des problèmes ? Les auteurs suggèrent que cela a fait suite à la forte influence de l'industrie chimique, qui distribuait sur le marché ces produits dangereux comme pesticides pour les exploitants de vergers. À l'époque, le gouvernement étasunien ne limitait absolument pas la distribution de ces produits chimiques, et plusieurs pays européens interdirent les pommes étasuniennes pour cette raison précise.

Les auteurs indiquent que les épidémies de polio dans l'hémisphère nord avaient tendance à se produire surtout durant les mois d'été et d'automne, au cours desquels on consommait davantage de fruits et de légumes, et au cours desquels ces produits étaient intensivement traités aux produits chimiques pour les protéger des parasites. En contraste, les autres maladies infantiles infectieuses avaient beaucoup moins de chances de se produire durant ces mêmes mois, car les écoles n'ouvraient pas leurs portes.

À la fin des années 1930, la paralysie par la polio était devenue une maladie notable aux États-Unis, mais son incidence connut une croissance très rapide après la fin de la seconde guerre mondiale, et des épidémies se mirent à affecter également des pays comme l'Allemagne, le Japon et les Pays-Bas, où la maladie avait jusqu'alors été inconnue. Les premières épidémies en France, en Belgique et en Union soviétique furent enregistrées au cours des années 1950. Les historiens médicaux n'ont aucune explication à ce schéma étrange, qui a vu monter la polio au stade de maladie très crainte alors même que de nombreuses autres maladies étaient désormais sous contrôle et avaient tendance à disparaître.

Les auteurs notent qu'une révolution de pesticides se produisait précisément au même moment, le DDT devenant l'insecticide de choix, un produit peu onéreux, puissant, et durable, qui attaquait le système nerveux des nuisibles agricoles courants. Quoique le produit chimique fût officiellement considéré comme parfaitement sûr, des rapports se mirent rapidement à établir des exemples de toxicité envers les humains, allant jusqu'à intégrer comme symptôme la paralysie. Selon certains critiques médicaux de l'époque, le schéma de développement surprenant des infections à la polio, aussi bien aux États-Unis que dans d'autres pays, semblait dans l'ensemble suivre de près l'utilisation en développement du DDT, mais le Département de l'Agriculture et les autres agences fédérales réfutèrent avec force toute possibilité de lien.

Tous les doutes qui pouvaient rester sur la véritable nature de la polio furent apparemment balayés au moment où le vaccin Salk fut produit, en 1955, suivi par la disparition rapide de la maladie, mais les auteurs soulèvent des doutes importants sur cette relation de cause à effet apparemment immédiate. Ils notent que les cas de polio avaient déjà décliné fortement dans tout le pays depuis plusieurs années, et que cette tendance ne fit que se poursuivre, suivie par une montée mesurable de l'incidence de la polio quelques années plus tard. La trajectoire en Israël était encore plus contradictoire, et le long déclin dans le nombre de cas de polios subit de fait un retournement après le début des vaccinations, avant de redescendre quelques années plus tard.




À en croire les auteurs, au début des années 1950, les agences du gouvernement étasunien avaient commencé sans bruit à faire état de préoccupations au sujet des effets sur la santé du DDT et se mirent à déconseiller son utilisation à grande échelle, surtout dans la préparation d'aliments et au sein des foyers. Les auteurs suggèrent que cela pourrait expliquer le vif déclin du nombre de cas de polio au cours des années ayant précédé l'introduction du vaccin Salk.

Ainsi, pour une combinaison de raisons, la polio avait largement disparu des États-Unis et du reste du monde industrialisé dans les années 1970. Mais dans le même temps, l'utilisation répandue de DDT et d'autres pesticides dans de nombreux pays du Tiers Monde fut rapidement suivie par une montée surprenante d'épidémies de polio, qui étaient jusqu'alors inconnues dans ces régions, ce qui amena au lancement d'une campagne de vaccination globale en 1988 pour éradiquer la polio.

Cette opération massive a semblé couronnée d'un grand succès, et en 2013, le nombre de cas de polio rapportés avait chuté de 99,9 %. Pourtant, les auteurs remettent sérieusement en question ce narratif triomphal, et notent que la montée concurrente, et encore plus rapide, du syndrome de « Paralysie flasque aiguë » (PFA – FPA en anglais et sur les graphes ci-après), un mal physique présentant des caractéristiques similaires mais non attribué au virus de la polio. Si le nombre de personnes gravement paralysées est resté constant, ou a même augmenté nettement, peut-être que la réussite supposée de la campagne de vaccination contre la polio a été obtenue par une simple redéfinition, un tour de passe-passe.




Quoique j'ai trouvé le plus gros des sections précédentes produites par Turtles intéressantes et raisonnablement convaincantes, je ne me sentais guère prêt à l'impact incendiaire de ce très long chapitre consacré à la polio, qui m'a totalement sidéré. La simple possibilité que l'une des maladies historiques les plus connues du XXème siècle ait pu en grande partie relever d'une invention et d'un mauvais diagnostic médical est vraiment frappante pour l'esprit.

Les décès dus à la polio avaient été relativement peu nombreux, mais le nombre d'enfants par elle laissés handicapés à vie l'avait établie comme une maladie particulièrement terrifiante, finalement conquise par la découverte héroïque des Docteurs Jonas Salk et Albert Sabin, chose qui valut au premier un prix Nobel. Comme les auteurs le déclarent, l'éradication de la polio avait constitué une réussite remarquée des campagnes massives de vaccination, qui justifia des mesures de santé publique et une expansion à grande échelle des vaccinations. Mon opinion sur tous ces sujets était toujours restée très conventionnelle, et je n'avais jamais douté de ce que j'en lisais dans les journaux ou les manuels. J'ai donc été stupéfait de parcourir ces 125 pages — écrites avec modération et soigneusement étayées — qui établissent de sérieux doutes sur le fait que la maladie contagieuse ait jamais véritablement existé, et donc la plupart des victimes souffraient en réalité de diverses sortes d'empoisonnements, et non de quelque infection virale.

Je me suis souvenu de la controverse autour de l'utilisation du DDT comme pesticide, et de son interdiction, il y a un demi-siècle, à cause de la menace posée par ce produit sur les animaux sauvages. Mais j'avais accepté les arguments voulant qu'il fût totalement inoffensif pour les humains, et je n'avais jamais entendu parler d'un quelconque lien avec une maladie, et encore moins avec un phénomène aussi connu que la paralysie attribuée à la polio.

Il existe d'évidence une différence colossale entre créer de sérieux doutes au sujet d'un sujet scientifique emblématique, et réussir à l'infirmer. Même si j'étais prêt à vérifier les centaines de références universitaires fournies par Turtles pour soutenir son hypothèse révolutionnaire, je ne posséderais sans doute pas l'expertise technique nécessaire pour les évaluer correctement. La victoire remportée sur la polio figure parmi les triomphes les plus célèbres de la médecine moderne, et il ne fait nul doute que ses légions de défenseurs pourraient produire de longues réfutations aux arguments présentés par ces auteurs anonymes, des réfutations que les personnes disposant du niveau d'expertise adéquat devraient soigneusement soupeser. Revenir sur notre compréhension établie de la polio est le type de prouesse monumentale qui demanderait un débat professionnel tout aussi monumental. Mais de mon point de vue, le simple fait de soulever des doutes significatifs au sujet d'un élément apparemment aussi central de l'histoire médical justifie pleinement la lecture du livre produit par ces auteurs courageux.

Peu de temps après la publication de cet article, on m'a envoyé un exemplaire d'un livre de 2008, consacré entièrement à l'histoire étrange et anormale, ainsi que des aspects médicaux de la maladie de la polio, couvrant le même sujet, mais avec beaucoup plus de détails.


The Moth in the Iron Lung, écrit par Forrest Maready, parvient à des conclusions relativement proches de celles de Turtles, et a apparemment servi de source pour certaines des analyses de ce dernier. Aussi, qui s'intéresse fortement à ce sujet devrait envisager de lire également cet ouvrage.

Mettre un point d'arrêt à l'incrédulité sur les sujets de santé publique

L'« effet d'amnésie de Gell-Mann » constitue un aspect important de notre psychologie, qui a été décrit par feu le romancier Michael Crichton lors d'un discours qu'il prononça en 2002 :

CiterPour le décrire en peu de mots, l'effet d'amnésie de Gell-Mann est le suivant. En ouvrant le journal, vous tombez sur un article traitant d'un sujet que vous connaissez bien. Dans le cas de Murray, la physique. Dans mon cas, le show business. Vous lisez l'article, et constatez que le journaliste ne comprend absolument rien des faits ou du sujet traité. Bien souvent, l'article est tellement faux qu'il présente les choses à l'envers — en inversant les causes et les effets. J'appelle ça des articles où « le macadam mouillé provoque la pluie ». Ce type d'article foisonne dans les journaux.

En tous cas, vous lisez avec exaspération, ou avec amusement, les multiples erreurs présentes dans un article, puis passez à la page des affaires nationales ou internationales, et vous lisez cela comme si le reste du journal était, on ne sait comment, plus précis au sujet de la Palestine que le charabia que vous avez lu juste avant. En tournant la page, vous avez oublié ce que vous veniez de constater.

C'est cela, l'effet d'amnésie de Gell-Mann. Je peux ajouter qu'il ne fonctionne pas dans d'autres pans de votre vie. Dans la vie normale, si quelqu'un exagère sans arrêt ou vous ment, vous allez rapidement rejeter tout ce que cette personne raconte. Au tribunal, on trouve la doctrine juridique du falsus in uno, falsus in omnibus, qui signifie trompeur sur un point, trompeur sur tout. Mais dans la sphère des médias, en dépit des preuves dont nous disposons, nous continuons de croire qu'il est utile de lire les autres pages du journal. Dans la réalité, il est presque sûr que non. La seule explication possible de notre comportement relève de l'amnésie.

Même en connaissant ce principe, nous continuons souvent de subir ses effets, et dans mon cas particulier, cela s'est produit en de nombreuses instances séparées.

Au cours des dernières décennies, je m'étais mis à nourrir de plus en plus de soupçons sur le narratif historique établi au sujet de nos guerres et des autres événements politiques majeurs du siècle passé, et j'avais commencé à enquêter sur ces points en détail, ce qui m'a amené à produire ma suite d'articles de la Pravda Américaine.

Mais jusqu'il y a peu, je n'avais jamais appliqué ce scepticisme à nos sujets de santé publique, dont je supposais que la réalité correspondait peu ou prou à la représentation officielle qui nous en était donnée. Mais au cours des dernières années, j'ai conclu que j'avais sans doute eu tort de penser ainsi.

Certaines des controverses sanitaires majeures décrites et résumées dans le présent article ont impliqué de nombreuses pertes de vies humaines, plus nombreuses que la somme de toutes nos guerres du XXème siècle. Aussi, si l'opinion que nous acceptons à leur sujet s'avère incorrecte, ou devrait être corrigée, les implications en sont absolument colossales.

Au fil de la dernière décennie, Robert F. Kennedy a été l'une des personnalités publiques les plus résolues à exiger ce type de réévaluation, et il est désormais installé à la tête du système de santé publique de notre pays, en mesure de traduire certaines de ses préoccupations et certains de ces doutes en enquêtes soignées, et potentiellement en politiques publiques.

Aussi, s'il réussit à mener des actions de cette nature, il pourrait finir par être reconnu comme l'un des dirigeants les plus importants de notre histoire nationale récente.


Ron Unz

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone


https://lesakerfrancophone.fr/la-pravda-americaine-rfk-junior-et-nos-desastres-en-matiere-de-sante-publique
#16
La Pravda Américaine : RFK Junior et nos désastres en matière de santé publique

Publié le mars 13, 2025 par jmarti

Par Ron Unz − Le 17 février 2025 − Source Unz Review

Robert F. Kennedy Junior et le silence des chiens qui aboient



Jeudi 13 février 2025, le Sénat a voté en assemblée plénière la confirmation de Robert F. Kennedy au poste de secrétaire de la Santé et des Services humains [Health and Human Services (HHS)]. Cela a accordé à Kennedy une autorité pleine et entière sur l'une des plus vastes administrations des États-Unis, dont ses 90 000 employés et un budget annuel de presque 2000 milliards de dollars, le double du budget du département de la défense.





On a beaucoup ironisé sur ce scrutin serré — 52 contre 48, qui a suivi très exactement les contours partisans, puisque tous les Démocrates se sont opposés à cette nomination, et que tous les Républicains l'ont soutenue, sauf un.

Non seulement Kennedy a-t-il passé la quasi-totalité de son existence dans le camp des Démocrates libéraux, mais il est l'héritier de la dynastie politique la plus célèbre de ce parti, neveu du président martyr John F. Kennedy, et fils de son frère Robert, qui aurait sans doute réussi à entrer à la Maison-Blanche en 1968 s'il n'avait pas été arrêté net par la balle tirée par un assassin.

Le jeune Kennedy a suivi ces traces illustres, passant presque la totalité de sa vie en tant qu'activiste de très haut niveau pour l'environnement, si bien considéré dans les cercles du Parti démocrate que le président Barack Obama avait envisagé de le nommer en son Cabinet dès 2008. Mais au cours des dernières années, l'opinion entretenue par Kennedy sur les sujets de santé publique lui aura fait perdre tout attrait auprès de son propre camp idéologique. Son scepticisme aigu vis-à-vis de la sûreté des vaccins en général, et du vaccin contre le Covid en particulier, a indigné l'establishment libéral dominant, tout comme ses fortes dénonciations sur les confinements et autres mesures controversées de santé publique adoptée pour contrôler la propagation de cette maladie dangereuse.

Cette rupture idéologique marqué a été jusqu'à l'amener à remettre en question la re-nomination du président Joseph Biden pour les primaires Démocrates, et à lancer une initiative indépendante pour la Maison-Blanche, pour en fin de compte en venir à abandonner cette idée et à soutenir Donald Trump dans cette course. Suite à la victoire de Trump, le président élu a désigné Kennedy comme candidat à la direction du HHS, et l'ancien Démocrate n'a eu de cesse que d'affirmer son intention de « Rendre aux États-Unis leur Santé. » Le scrutin qui s'est tenu la semaine passée au Sénat a désormais apporté à Kennedy l'autorité nécessaire pour définir nos politiques nationales de santé publique.

Au fil des années, Kennedy s'est fait de plus en plus critique des industries pharmaceutique et alimentaire, si bien que le positionner à la direction du NIH, du CDC et de la FDA constituait le pire cauchemar de ces puissantes corporations. Elles ont donc logiquement mobilisé leurs armées de lobbyistes et de chercheurs opposés à Kennedy pour assister leurs alliés médiatiques et politique dans une course pour enrayer sa nomination.

Au coude à coude avec Tulsi Gabbard, nommée directrice des Renseignements Nationaux, Kennedy se sera sans doute classé comme l'une des personnalités désignées par Trump les plus controversées et faisant l'objet de l'opposition la plus farouche. De fait, le volume et la véhémence des attaques que j'ai pu voir lancées contre lui dans nos organes médiatiques dominants comme le New York Times ou le Wall Street Journal ont pu être plus forts encore, ces publications influentes faisant tout leur possible pour soutenir et amplifier la moindre accusation, dans l'espoir de faire hésiter un assez grand nombre de sénateurs pour bloquer sa nomination. Il a été accusé de toutes les iniquités possibles, et a été dénoncé comme étant un théoricien du complot dérangé, dont les opinions bizarres et irrationnelles mettraient gravement en cause la santé publique de notre nation.

Toutes les flèches possibles auront été tirées dans ces attaques remettant en question l'aptitude de Kennedy a occuper ce poste, et il a passé deux jours épuisants à répondre aux questions des Comités du Sénat siégeant sur ce sujet, au sein desquels les équipes Démocrates avaient travaillé leur meilleure stratégie possible pour préparer des attaques aussi efficaces que possible, lancées par les sénateurs en titre contre le candidat sur le grill face aux caméras de télévision.

Mais j'ai noté une bizarrerie : presque aucun des narratifs médiatiques hostiles, et presque aucune des questions posées par les sénateurs, n'auront mentionné le nom de « Sirhan Sirhan ». Ce jeune Palestinien avait été arrêté et condamné pour l'assassinat du sénateur Robert F. Kennedy Sénior, père de Kennedy, en 1968, et une multitude de témoins visuels supposés avaient attesté de ce crime. Mais au cours des dernières années, Kennedy a publiquement déclaré que Sirhan était un pigeon innocent, piégé par les véritables conspirateurs, et appelé à sa libération.

Durant soixante années, nos médias auront investi des ressources colossales pour tourner en ridicule et diaboliser quiconque remettait en cause le verdict officiel des assassinats des Kennedy, survenus dans les années 1960, les qualifiant de « théoriciens du complot, » et rendant ce terme quasiment aussi radioactif que les insultes de « raciste » ou d'« antisémite ». Pourtant, bien que Kennedy se soit de lui-même positionné dans cette catégorie empoisonnée, presque aucun de ses féroces opposants n'a désiré relever ce fait important.

Je pense qu'il existe des raisons évidentes pour lesquelles ces chiens aboyeurs ont maintenu un silence étrange. Non seulement la victime est le propre père de Kennedy, mais ce dernier dispose de preuves sérieuses à ce sujet. Comme le reconnaît jusqu'à sa page Wikipédia ultra-policée, la balle fatale a pénétré l'arrière de la tête du sénateur à bout portant, alors que tous les témoins s'accordent à affirmer que Sirhan se tenait à 2 ou 3 mètres face à lui, ce qui a amené le médecin légiste de Los Angeles à déclarer qu'un second tireur était apparemment responsable. L'arme brandie par Sirhan ne disposait en magasin que de huit coups, alors que les preuves acoustiques démontrent que le nombre de coups de feu a été supérieur à ce chiffre. Dans un article paru en début d'année 2022, j'avais discuté de tous ces éléments de manière très détaillée, et les journalistes et équipiers Démocrates voulant s'en prendre à Kennedy ont sans doute compris que cette thèse était trop forte et puissante, et qu'elle risquait de leur jouer de sale tours s'ils essayaient de s'y aventurer.

Par ailleurs, la question de savoir qui a assassiné le père de Kennedy en 1968 pourrait également être apparue comme trop éloignée de la manière dont il allait administrer le système de santé publique étasunien, presque soixante années plus tard.

Mais j'ai également remarqué un sujet nettement plus récent, et nettement plus pertinent, qui est également resté totalement sous les radars de l'attention publique.

Pendant deux journées consécutives, le New York Times a fait paraître deux articles majeurs résumant les questions intenses subies par Kennedy, et chacun de ces articles contenait cinq ou six sous-titres, ainsi que diverses sections qui soulignaient les points majeurs soulevés contre le candidat :

Fact-checking des affirmations de Kennedy sur la santé lors de son audition de confirmation, 29 janvier 2025

  • Maladie chronique
  • Qui est affecté par le Covid-19
  • Risques posés aux enfants par le Covid
  • Aliments ultra-transformés et obésité
  • Medicare et Medicaid
  • Le fluor dans l'eau

Fact-checking des affirmations de Kennedy sur la santé lors de son audition de confirmation, 2ème jour, 29 janvier 2025

  • Priorisation de la maladie chronique
  • Le Covid-19 chez les enfants
  • Vaccinations contre l'hépatite B
  • Utilisation de l'Adderall
  • Médicaments utilisés à des fins de perte de poids
  • Coût du diabète chez l'enfant
  • Dégâts provoqués par les radiations électromagnétiques

Ces éléments étaient apparemment considérés comme les plus grandes vulnérabilités de Kennedy. Mais j'ai remarqué un sujet qui est resté totalement absent des interrogations, si bien que j'ai laissé un mot à un journaliste très réputé, pour attirer son attention sur cette absence remarquable :

CiterJe sais que vous êtes très sceptique vis-à-vis de mon soutien à l'hypothèse de Duesberg sur le VIH et le SIDA [Si vous ne l'avez pas lu, lisez ce livre, NdT], mais voici un autre point intéressant que vous pourriez examiner.

Comme, j'en suis certain, vous ne pouvez manquer de le savoir, les Démocrates ont édifié une attaque tous azimuts féroce au Sénat contre RFK Jr., et emploient tous les moyens à leur portée pour le discréditer et essayer d'empêcher sa confirmation. Ils se sont concentrés sur tous les moyens possibles de le dépeindre comme une personnalité conspirationniste et bernée, entretenant des idées farfelues et qu'ils faudrait donc maintenir à distance de notre système de santé publique...

Ne trouvez-vous pas très étrange que strictement aucune mention du VIH et du SIDA n'ait été faite durant ces auditions ?

Après tout, Kennedy a publié un best-seller, numéro 1 sur Amazon, qui consacre 200 pages (!) à la théorie selon laquelle le VIH serait inoffensif, et le SIDA constituerait une vaste farce.

Évidemment, je ne m'attendrais pas à ce que les sénateurs aient lu ce livre en personne, mais sans doute que de nombreuses personnes dans leurs équipes l'ont fait, et ont tenu des sessions stratégiques pour décider des sujets à soulever contre Kennedy. Ils ont dû consulter des experts scientifiques et médicaux pour les aider à décider sur quels points Kennedy était le plus vulnérable.

N'est-il pas absolument extraordinaire qu'apparemment, pas un seul sénateur n'ait soulevé les opinions absolument hérétiques de Kennedy au sujet du VIH et du SIDA ?

Cela constitue sans doute l'un des cas les plus extrêmes de « chien qui n'aboie pas » de l'histoire connue.

La seule explication à laquelle je peux penser est que les équipes Démocrates ont conclu que soulever le sujet du VIH et du SIDA allait s'avérer désastreux et contre-productif vis-à-vis de leurs tentatives. Cela ne prouve pas que Kennedy et Duesberg aient raison, mais je pense que cela signifie que de très très nombreuses personnes bien informées craignent qu'ils puissent avoir raison.

Tout en continuant de refuser l'idée que l'hypothèse Duesberg puisse être juste, il a reconnu que quelque chose de très étrange s'était produit :

CiterJe suis d'accord — il est des plus étranges que les sénateurs Démocrates aient laissé passé la chance de s'en prendre à RFK sur le point de ses écrits sur le VIH. Je souscris à votre logique selon laquelle quelque chose a dû alerter les équipes Démocrates et leur faire éviter le sujet.
 

Le VIH, le SIDA et l'hypothèse Duesberg

Bien qu'il existe de manière naturelle une grande réticence à envisager la possibilité que Duesberg ait eu raison et que notre lutte de quarante années contre le VIH/SIDA ait été menée contre un fantôme de la médecine, je pense que cette anomalie pendant les auditions de confirmation de Kennedy doit nous contraindre à commencer à envisager sérieusement cette option, pour choquant qu'elle soit.

Il y a plusieurs mois, j'ai publié un long article résumant cette affaire, et avec Kennedy aux manettes de la politique de santé publique étasunienne, je pense qu'il est désormais utile de revisiter certains de ces éléments importants.

Comme je l'ai rappelé à plusieurs occasions, bien que j'ai critiqué assez vertement le mouvement anti-vax Covid très populaire, j'ai lu à la fin 2021 le nouveau livre écrit par Kennedy : Le Vrai Anthony Fauci.



J'ai été très impressionné par une grande quantité des éléments qu'il apporte, critiquant sévèrement notre industrie pharmaceutique et ses proches alliés dans l'administration de santé publique. Mais j'ai vraiment été totalement choqué par la quasi-moitié du texte — quelque 200 pages —, consacré à une présentation et à une promotion de l'affirmation stupéfiante selon laquelle tout ce qu'on nous a dit sur le VIH et le SIDA depuis plus de quarante années a sans doute constitué une vaste blague, si bien que ce seul sujet est devenu une pièce centrale de l'article que j'ai ensuite produit.

CiterComme nous l'avons tous appris dans les médias, le SIDA est une malade auto-immune mortelle, qui fut diagnostiquée pour la première fois au début des années 1980, affectant principalement les hommes gays et les consommateurs de drogues par voie intraveineuse. Transmise par les fluides corporels, la maladie se propageait le plus souvent par voie sexuelle, transfusion sanguine, ou partage d'aiguilles, et le VIH, le virus responsable, fut finalement découvert en 1984. Au fil des années, toute une gamme de traitements médicaux a été développée, pour la plupart inefficaces au départ, mais plus récemment, tellement efficaces que bien que le statut de séropositif impliquât jadis une sentence de mort, l'infection est désormais devenue une pathologie chronique mais contrôlable. La page Wikipédia actuelle sur le VIH et le SIDA s'étend sur plus de 20000 mots, et comprend plus de 300 références.

Pourtant, selon les informations fournies par le best-seller de Kennedy, premier des ventes sur Amazon, cette image bien connue et solidement établie, que je n'avais jamais remise en cause, est presque entièrement fausse et frauduleuse, et relève pour l'essentiel du canular médical médiatique. Loin d'être responsable du SIDA, le virus du VIH est sans doute inoffensif et n'a rien à voir avec la maladie. Mais lorsqu'on a détecté chez certaines personnes une infection au VIH, on leur a administré les premiers médicaments contre le SIDA, extrêmement lucratifs, qui se sont avérés en réalité des produits mortels et qui ont souvent tué les patients. Les premiers cas de SIDA furent pour la plupart provoqués par l'utilisation massive de ces médicaments interdits, et l'affirmation selon laquelle le VIH serait responsable de ces morts relevait en réalité du mauvais diagnostic. Mais comme Fauci et les entreprises de médicaments avides de profits ont rapidement édifié d'énormes empires sur ce faux diagnostic, ils ont lutté très dur, durant plus de 35 années, pour maintenir et protéger ce faux diagnostic, exerçant toute leur influence pour bannir la vérité des médias, tout en détruisant la carrière de tout chercheur honnête remettant cette fraude en question. Dans le même temps, le SIDA en Afrique était une toute autre maladie, sans doute provoquée principalement par la malnutrition et d'autres pathologies locales.

J'ai trouvé le récit proposé par Kennedy plus choquant que toute autre chose que j'aie jamais eu à lire.

En des circonstances normales, j'aurais été très réticent à adopter des affirmations aussi excentriques, mais la crédibilité de certains des partisans qu'il mentionne était difficile à mettre aux oubliettes.

CiterMalgré tout, le premier soutien, en quatrième de couverture, est celui du professeur Luc Montagnier, le chercheur en médecine qui a remporté un prix Nobel pour la découverte du virus du VIH en 1984, et il écrit : « De manière tragique pour l'humanité, il existe de très très nombreuses contrevérités émanant de Fauci et de ses larbins. RFK Junior présente les décennies de mensonges ». Qui plus est, on nous indique que dès la Conférence Internationale de San Francisco sur le SIDA du mois de juin 1990, Montagnier avait publiquement déclaré que « le virus VIH est inoffensif et passif, c'est un virus bénin. »

Peut-être que ce lauréat du prix Nobel aura soutenu ce livre pour d'autres raisons, et peut-être que le sens de son affirmation frappante de 1990 a été mal interprétée. Mais sans doute que le point de vue d'un chercheur ayant remporté un prix Nobel pour la découverte du virus VIH ne devrait pas rester totalement ignoré lorsque l'on évalue son rôle possible.

Selon les explications de Kennedy, trois autres lauréats scientifiques du prix Nobel ont également exprimé publiquement le même scepticisme vis-à-vis du narratif conventionnel VIH/SIDA, et l'un d'entre eux est Kary Mullis, le célèbre créateur du révolutionnaire test PCR. Dans le même temps, la réaction des médias hostiles à l'encontre du livre de Kennedy a fortement fait monter mes propres soupçons.

En dépit du succès considérable remporté par l'ouvrage, il a été initialement ignoré par les médias dominants. Ce silence a fini par être brisé un mois après sa publication, lorsqu'Associated Press a publié un article choc de 4000 mots, attaquant durement l'auteur et son best-seller controversé.

Mais comme je l'ai noté dans ma propre réponse, cette longue dénonciation a totalement évité le sujet du VIH et du SIDA, qui constituait pourtant la partie la plus explosive et la plus outrancière des éléments avancés par Kennedy. Six journalistes et chercheurs d'Associated Press venaient de passer au moins 10 jours à produire l'article, si bien que leur silence absolu sur ce sujet m'a frappé comme étant extrêmement suspect. Si presque la moitié du livre de Kennedy, affirmant que le VIH/SIDA constituait un canular médiatique médical, et que ses critiques les plus âpres refusaient de le mettre au défi sur ce point, tout lecteur équilibré se doit assurément de commencer à soupçonner qu'au moins certaines des affirmations remarquables produites par l'auteur étaient sans doute justifiées.

Avant la récente épidémie de Covid, le SIDA a constitué durant quatre décennies la maladie la plus en vue du monde, et j'ai commencé à me demander si j'avais pu me faire totalement berner durant toute ces années par mes journaux quotidiens. De fait, Kennedy en personne n'avait jamais été associé au sujet VIH/SIDA, et il souligne que sa couverture avait pour seul objectif « d'apporter de l'air et de la lumière aux voix dissonantes », et il me fallait consulter d'autres sources d'information. Le récit qu'il avançait était extrêmement étrange, mais son livre identifiait également clairement la personnalité la plus importante du débat.

CiterEn 1985, on a découvert que l'AZT, un produit qui existait déjà, tuait le virus VIH dans des tests réalisés en laboratoire. Fauci a alors mené des efforts considérables pour accélérer les essais cliniques sur ce produit, en vue d'en faire un traitement adapté aux personnes séropositives et en bonne santé, et l'approbation de la FDA a fini par être accordée en 1987, ce qui a provoqué le premier moment de triomphe pour Fauci. Vendu à 10000 $ par an et par patient, l'AZT constituait l'un des médicaments les plus chers de l'histoire, et comme les coûts de ce traitement étaient couverts par les assurances santé et les subsides du gouvernement, il constitua une aubaine financière sans précédent pour son fabricant.


Kennedy consacre un chapitre entier à l'histoire de l'AZT, et le récit qu'il dépeint est digne de Kafka, ou peut-être des Monty Python. Apparemment, Fauci avait subi une pression colossale pour produire une percée médicale justifiant ses énormes budgets, si bien qu'il a manipulé les essais cliniques menés sur l'AZT pour dissimuler la nature extrêmement toxique du produit, qui tua rapidement de nombreux patients se le voyant administré, cependant qu'on attribuait leurs symptômes au SIDA. Aussi, à l'issue de l'approbation par la FDA en 1987, des centaines de milliers de personnes en parfaite santé, dès lors qu'ils se sont avérés être séropositifs, ont été placés sous AZT, et le grand nombre de décès qui s'en est suivi a été attribué à tort au virus, et non à la substance anti-virale. Selon les experts scientifiques cités dans le livre, la vaste majorité des « morts du SIDA » après 1987 furent en réalité des victimes de l'AZT.

L'un des grands héros scientifiques du récit proposé par Kennedy est le professeur Peter H. Duesberg, de Berkely. Durant les années 1970 et 1980, Duesberg était largement considéré comme figurant parmi les virologues les plus éminents au monde, et il a été élu au sein de la prestigieuse Académie des Sciences à l'âge de 50 ans, ce qui a fait de lui l'un des plus jeunes membres de l'histoire de cette vénérable institution. Dès 1987, il a commencé à soulever de sérieux doutes vis-à-vis de l'hypothèse VIH/SIDA, et à souligner les dangers de l'AZT, et a fini par publier une suite d'articles dans des journaux sur le sujet, qui ont peu à peu convaincu d'autres acteurs, comme Montagnier. En 1996, il a publié L'invention du virus du SIDA, un ouvrage massif de 712 pages présentant sa thèse, et dont l'avant-propos était écrit par le prix Nobel Kary Mullis, le célèbre inventeur de la technologie PCR, lui-même critique éminent de l'hypothèse VIH/SIDA. Duesberg était tellement certain de la pertinence de ses doutes vis-à-vis du VIH qu'il a été jusqu'à proposer de se faire injecter du sang infecté par le VIH.

Mais plutôt que de débattre ouvertement face à un opposant scientifique de cette force, Fauci et ses alliés ont mis Duesberg sur liste noire, lui coupant tout financement de la part du gouvernement, et ruinant ainsi sa carrière de chercheur, tout en le diabolisant et en faisant pression sur leurs pairs pour qu'ils en fassent autant. Selon des collègues chercheurs cités par Kennedy, Duesberg a vu sa carrière détruite en guise d'avertissement et d'exemple aux autres. Dans le même temps, Fauci a déployé son influence pour empêcher ses critiques d'apparaître dans les grands médias nationaux, ce qui l'assura qu'en dehors d'un étroit segment de la communauté scientifique, peu de gens connussent même l'existence de la controverse en cours.

CiterL'une des affirmations centrales de Duesberg était que la maladie connue sous le nom de « SIDA » ne présentait pas d'existence réelle, mais constituait purement et simplement l'étiquette officielle attachée à un groupe de plus d'une vingtaine de maladies différentes les unes des autres, qui présentaient toutes une variété de causes différentes, dont seulement certaines étaient des agents infectieux. De fait, la plupart de ces maladies étaient connues et traitée depuis des décennies, mais on ne les désignait comme « SIDA » que si la victime s'avérait également séropositive au virus VIH, qui n'avait sans doute rien à voir avec ladite maladie.

En soutien à leur position contraire, les auteurs notent que les divers groupes à hauts risques de « SIDA » avaient tendance à ne développer que certaines versions particulières de la maladie, le « SIDA » des hémophiles se montrant le plus souvent très différent du « SIDA » du villageois africain, et n'ayant que peu de points communs avec les maladies développées par les hommes gays ou les toxicomanes à des drogues administrées par intraveineuse. De fait, le schéma du « SIDA » en Afrique semblait extrêmement différent de celui que l'on trouvait dans le monde développé. Mais si toutes ces diverses maladies étaient en réalité provoquées par un seul virus VIH, des syndromes aussi totalement disparates sautaient aux yeux comme des anomalies dérangeants, difficiles à expliquer d'un point de vue scientifique.

CiterLe Lancet est l'un des principaux journaux médicaux au monde, et en 1996, l'année suivant sa prise de poste d'éditeur en chef au sein de ce journal, Richard Horton produisit à destination des pages du prestigieux New York Review of Books une discussion en 10000 mots des théories de Duesberg, comme décrites dans trois ouvrages et divers articles récemment écrits par le chercheur. Horton faisait de toute évidence partie des personnalités les plus respectables de le l'establishment, mais bien qu'il se montrât surtout favorable au consensus orthodoxe VIH/SIDA, il présenta la perspective totalement contraire de Duesberg de manière équitable et avec respect, mais non sans critiques.

Pourtant, j'ai été frappé par le récit de Horton, en ce qu'il apparaissait comme horrifié par le traitement infligé à Duesberg par le complexe médico-industrial en place aux États-Unis, comme le suggère son titre : « Vérité et Hérésie au sujet du SIDA ».

La toute première phrase de son long article de critique fait mention de la « vaste industrie académique et commerciale établie autour... du VIH » ainsi que du défi fondamental posé par Duesberg à ses bases scientifiques. Pour conséquence, le « brillant virologue » était sujet à des « attaques violentes. » Les principaux journaux scientifiques professionnels avaient affiché une « attitude inéquitable et alarmante, » et en conséquence partielle, d'autres dissidents potentiels s'étaient vus dissuadés d'explorer leurs théories alternatives.

Selon Horton, des considérations financières s'étaient établies comme élément central du processus scientifique, et il notait avec horreur qu'une conférence de presse sur la recherche, mettant en question l'efficacité d'une substance anti-SIDA particulière, était de fait menée par des journalistes financiers, centrés sur les tentatives menées par les dirigeants d'entreprises à détruire la crédibilité d'une étude qu'ils avaient eux-mêmes contribué à construire, mais qui s'était retournée contre leur produit.

Chose importante, bien que Horton se montrât dans l'ensemble sceptique vis-à-vis des conclusions de Duesberg, il se faisait absolument cinglant vis-à-vis des opposants au virologue dissident.

CiterL'un des aspects les plus perturbants du différend entre Duesberg et l'establishment du SIDA est la manière selon laquelle Duesberg s'est vu refuser la possibilité de tester ses hypothèses. Dans une discipline gouvernée par les affirmations empiriques vers la vérité, les preuves expérimentales devraient constituer la manière évidente de confirmer ou de réfuter les affirmations avancées par Duesberg. Mais Duesberg a constaté que les portes de l'establishment scientifique restaient fermées à ses fréquents appels à tests...

Duesberg mérite qu'on l'écoute, et l'assassinat idéologique qu'il a subi restera comme un testament embarrassant des tendances réactionnaires de la science moderne... À une époque où l'on recherche désespérément des idées fraîches et de nouvelles voies d'investigation, comment la communauté du SIDA peut-elle se permettre de ne pas financer les recherches de Duesberg ?

C'est sur cette phrase résonnante que se fermait l'article, paru il y a presque trente années dans une publication prestigieuse et influente. Mais pour autant que je puisse en juger, les critiques vibrantes émises par Horton sont restées lettres mortes, et l'establishment du SIDA s'est tranquillement contenté d'ignorer l'ensemble de la controverse tout en faisant de plus en plus pression sur les médias pour qu'ils ne suivent pas cette controverse. Cela semble confirmer pleinement le récit produit par Kennedy dans son best-seller contemporain, et j'ai récemment résumé cette analyse contestataire et frappante sur la supposée maladie du VIH/SIDA dans un long article.


Nos catastrophes sur ordonnance

Si l'hypothèse de Duesberg au sujet du VIH et du SIDA s'avère correcte, des centaines de milliers de vies étasuniennes ont été perdues pour rien en raison d'une combinaison de cupidité des grandes entreprises, d'opportunisme politique, et d'incompétence médiatique. Mais la plus grande partie de cette calamité s'est produite il y a trente ans, et d'autres désastres de santé publique, à la fois plus récents et considérablement plus vastes, méritent d'être évoqués, d'autant que chacun reconnaît désormais leur réalité et leur portée.

Au poste de secrétaire de la santé et des services humains, Kennedy sera sans doute en mesure d'explorer les raisons profondes de ces désastres, et d'enfin commencer à leur donner le niveau de vigilance qu'ils méritent, puisqu'ils présentent potentiellement des conséquences dramatiques sur la vie et le bien-être de la plupart des Étasuniens.

Durant presque toute mon existence, je n'ai guère accordé d'attention aux sujets de santé publique, mais cela a commencé à changer au cours des dernières années, car j'ai peu à peu découvert que le narratif médiatique standard sur ce sujet était parfois aussi peu fiable qu'il s'est avéré être sur le sujet d'événements politiques ou historiques sur lesquels je m'étais davantage concentré au départ.

Il y a quelques années, j'ai discuté de mon éveil sur ces sujets dans un article :

CiterChacun d'entre nous se spécialise nécessairement en certains domaines, et jusqu'à tout récemment, je n'avais jamais prêté beaucoup d'attention aux questions de santé publique, supposant naïvement que celles-ci étaient entre les mains de fonctionnaires raisonnablement compétents et raisonnablement honnêtes, surveillés par des journalistes et des universitaires aussi fiables.

Pour beaucoup d'entre nous, moi y compris, une fissure importante dans cette hypothèse s'est produite en 2015, lorsque les pages du New York Times et d'autres grands journaux ont été remplies d'articles sur une nouvelle étude choquante menée par Anne Case et Angus Deaton, un couple marié d'éminents économistes, la carrière de Deaton ayant été couronnée quelques semaines plus tôt par l'obtention du prix Nobel dans sa discipline.

Leur remarquable conclusion est que, au cours des 15 dernières années, la santé et les taux de survie des Américains blancs d'âge moyen ont connu un rapide déclin, rompant complètement avec le modèle des groupes américains non blancs ou avec les Blancs vivant dans d'autres pays développés. De plus, cette chute brutale du bien-être physique représentait une rupture radicale avec les tendances du demi-siècle précédent, et était presque sans précédent dans l'histoire occidentale moderne.

Bien que leur court article n'occupait qu'une demi-douzaine de pages dans les Actes de l'Académie nationale des sciences, il a rapidement été approuvé par un grand nombre d'éminents experts en santé publique et d'autres chercheurs, qui ont souligné le caractère spectaculaire de la découverte. Un couple de professeurs de Dartmouth a déclaré au Times : « Il est difficile de trouver des contextes modernes présentant des pertes de survie de cette ampleur », tandis qu'un expert des courbes de mortalité s'est exclamé « Wow ». Leurs résultats frappants étaient illustrés par de nombreux graphiques simples basés sur des statistiques gouvernementales faciles à obtenir.



Les deux auteurs sont des économistes, dont le travail habituel est éloigné des questions de santé publique, et selon leur récit, ils sont tombés sur ces résultats remarquables tout à fait par hasard, en explorant un autre sujet. La question qui m'est naturellement venue à l'esprit était de savoir comment une calamité aussi importante, touchant une grande partie de la population américaine, avait pu être totalement ignorée pendant si longtemps par tous les universitaires et chercheurs travaillant, eux, dans le domaine de la santé publique. Une courte courbe, sur trois ou quatre ans, aurait peut-être pu passer inaperçue, mais quinze ans d'un déclin national aussi meurtrier ?

En outre, la source de ce renversement radical des courbes de mortalité à long terme est étroitement confinée à quelques catégories particulières. Chez les Américains blancs âgés de 45 à 54 ans, les décès dus aux surdoses de drogues et autres empoisonnements ont été multipliés par près de 10 au cours de la période en question, dépassant largement le cancer du poumon pour devenir la première cause de décès.

Mortalité par cause, blancs non hispaniques âgés de 45 à 54 ans (PNAS)

Avec la forte augmentation des suicides et de l'alcoolisme chronique, les décès dus aux drogue sont à l'origine de la grande variation de l'espérance de vie. Cette situation est particulièrement aiguë pour la classe ouvrière, le taux de mortalité ayant fait un bond remarquable de 22 % chez les Américains blancs n'ayant pas fait d'études supérieures.

 

Case et Deaton ont regroupé les surdoses de drogue, les suicides et l'alcoolisme chronique sous le terme de « morts de désespoir » et, en 2020, ils ont étendu leur étude révolutionnaire à un livre portant ce titre, qui a été largement discuté et salué. Leur sous-titre mettait l'accent sur « l'avenir du capitalisme » et ils soutenaient que la cause centrale de la situation mortelle de l'Amérique était l'épidémie de médicaments opioïdes sur ordonnance, produite par l'approbation, en 1996, par la FDA de l'OxyContin, un produit addictif, et sa commercialisation massive ultérieure par Purdue Pharmaceutical. Sous la pression du lobbying d'entreprises, notre gouvernement a « essentiellement légalisé l'héroïne », les conséquences étant exactement celles auxquelles on pouvait s'attendre. En 2015, 98 millions d'Américains – plus d'un tiers de tous les adultes – s'étaient vu prescrire des opioïdes et, en 2017, le nombre d'overdoses et autres décès par désespoir atteignait 158 000.

Le décompte total des morts étasuniens de ce désastre des opioïdes, provoqué par l'utilisation répandue de médicaments sur ordonnance dangereux mais très lucratifs, s'estime à environ un million, et est souvent décrit sous le terme « la Mort Blanche. »

En 2012, j'avais publié un article relatant le récit relativement similaire sur le Vioxx, un autre médicament très profitable mais dangereux.

CiterEn septembre 2004, Merck, l'une des plus grandes sociétés pharmaceutiques américaines, a soudainement annoncé qu'elle rappelait volontairement le Vioxx, son populaire médicament anti-douleur largement utilisé pour traiter les affections liées à l'arthrite. Ce rappel abrupt est intervenu quelques jours seulement après que Merck eut découvert qu'une revue médicale de premier plan était sur le point de publier une vaste étude réalisée par un enquêteur de la FDA indiquant que le médicament en question augmentait considérablement le risque de crises cardiaques et d'accidents vasculaires cérébraux mortels et qu'il avait probablement été responsable d'au moins 55 000 décès américains pendant les cinq années où il avait été commercialisé.

Quelques semaines après le rappel, les journalistes ont découvert que Merck avait trouvé des preuves solides des effets secondaires potentiellement mortels de ce médicament avant même son introduction initiale en 1999, mais qu'elle avait ignoré ces indicateurs inquiétants et évité de procéder à des tests supplémentaires, tout en étouffant les inquiétudes de ses propres scientifiques. Stimulé par un budget publicitaire télévisé d'une centaine de millions de dollars par an, le Vioxx est rapidement devenu l'un des produits les plus lucratifs de Merck, générant plus de 2 milliards de dollars de revenus annuels. Merck avait également secrètement rédigé des dizaines d'études publiées soulignant les aspects bénéfiques du médicament et encourageant les médecins à le prescrire largement, transformant ainsi la science en support marketing. Vingt-cinq millions d'Américains se sont finalement vu prescrire du Vioxx, un substitut de l'aspirine censé entraîner moins de complications.

CiterCette histoire de graves malversations d'entreprises largement pardonnées et oubliées par le gouvernement et les médias est assez déprimante, mais elle passe sous silence un détail factuel crucial qui semble avoir presque totalement échappé à l'attention du public. L'année qui a suivi le retrait du Vioxx du marché, le New York Times et d'autres grands médias ont publié un article mineur, généralement enterré au bas de leurs dernières pages, qui indiquait que les taux de mortalité américains avaient soudainement connu une baisse frappante et totalement inattendue.

CiterUn examen rapide des 15 dernières années de données sur la mortalité nationale fournies sur le site Web des Centers for Disease Control and Prevention [centres de contrôle et de prévention des maladies] offre quelques indices intrigants sur ce mystère. Nous constatons que la plus forte hausse des taux de mortalité américains s'est produite en 1999, année de l'introduction du Vioxx, tandis que la plus forte baisse s'est produite en 2004, année de son retrait. Le Vioxx était presque entièrement commercialisé auprès des personnes âgées, et ces changements substantiels dans le taux de mortalité national étaient entièrement concentrés dans la population des 65 ans et plus. Les études de la FDA prouvaient que l'utilisation du Vioxx entraînait des décès dus à des maladies cardiovasculaires telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, et ce sont précisément ces facteurs qui ont entraîné les changements dans les taux de mortalité nationaux.

Ainsi, bien que les recherches officielles menées par la Food and Drugs Administration indiquassent que le Vioxx avait tué des Étasuniens par dizaines de milliers, on dispose d'indications selon lesquelles le véritable nombre de décès prématurés pourrait en réalité se compter en centaines de milliers.



Notre désastre nutritionnel, étalé sur un demi-siècle

Un point majeur souligné par Kennedy réside dans les conséquences terribles sur le long terme des politiques nutritionnelles et de régime aux États-Unis.

Je n'y ai guère prêté attention à l'époque, mais au cours des vingt dernières années, nos médias se sont emplis de récits concernant notre épidémie nationale d'obésité et de l'énorme risque de diabète, d'hypertension artérielle, et d'autres problèmes sanitaires liés à ces points aux États-Unis. Dans un récent article, j'ai résumé l'état terrible de ces aspects de santé publique :

CiterSelon des études menées par des chercheurs, 74 % des adultes étasuniens sont désormais en surpoids, et presque 42 % de ces adultes souffrent d'obésité clinique, ainsi que presque 15 millions d'adolescents et enfants. Ces taux ont grimpé en flèche au cours des dernières cinquante années.



Nos chiffres d'obésité nationale ne sont pas seulement plus élevés que ceux de toute autre nation développée, mais ils s'établissent quasiment au double de ceux de l'Allemagne, et à quatre fois ceux de la France.

L'obésité est étroitement associée au diabète, et presque 40 millions d'Étasuniens souffrent désormais de cette grave pathologie, cependant que 115 millions d'autres présentent un pré-diabète. Des dizaines de millions d'Étasuniens présentent de l'hypertension et d'autres maladies liées. Ici encore, ces taux ont augmenté de manière spectaculaire sur une ou deux générations.



Ces chiffres sont énormes, et présentent des conséquences sanitaires massives. À lui seul, le diabète se classe comme huitième cause de décès, qui tue annuellement plus de 100 000 Étasuniens, tout en constituant un facteur contributif à 300 000 décès supplémentaires. En contraste, le total combiné de tous les décès par overdose de drogues dépasse tout juste les 100 000.


Une étude
réalisée l'an passé indique que l'obésité faisait croître de façon considérable le risque de décès, potentiellement jusqu'à 91 %, et avec des dizaines de millions d'Étasuniens souffrant de cet état, l'impact sur la mortalité ne peut être qu'énorme. En conséquence, notamment, de ces tendances très négatives, nous dépensons beaucoup plus en frais de santé que toute autre nation développée, et pourtant notre espérance de vie reste dans l'ensemble nettement plus basse, et stagne au lieu de croître.


La cause de cette crise sanitaire m'avait toujours semblé évidente — les Étasuniens mangeraient trop et ne feraient pas assez d'exercice — les pêchés traditionnels de la gourmandise et de la paresse — et les médias semblant fondamentalement dire la même chose.

Mais j'ai récemment eu la grande surprise de découvrir des éléments solides indiquant que nombre de ces problèmes de santé terribles subis par les Étasuniens — obésité, diabète, hypertension et maladies cardiovasculaires — résultaient probablement d'erreurs désastreuses dans les politiques nutritionnelles que notre gouvernement a établies il y a un demi-siècle, encourageant les Étasuniens à abandonner leurs nourritures traditionnelles et saines, au profit d'autres aliments qui auront produit ces funestes résultats.

CiterAussi loin que remonte ma mémoire, les experts sanitaires du gouvernement et les médias relayant leurs avertissements nous informaient de la sorte : manger des nourritures grasses est mauvais pour la santé, et produit des risques très accrus de crises cardiaques, d'AVC, et de nombreux autres maux. Bien que je n'aie jamais prêté beaucoup d'attention à ces sujets, j'avais, à l'instar de la plupart des Étasuniens, toujours supposé que ces faits étaient avérés.

Des décennies de messages médiatiques de cette trempe nous ont affirmé que le petit-déjeuner étasunien traditionnel, constitué de bacon, saucisses et œufs, souvent servi avec des mottes de beurre — un repas croulant sous le gras et faisant donc grossir — était à remplacer par des mets plus sains, comme du muesli, des fruits et du yaourt. Une grande partie de la population a fini par respecter ces directives et a agi exactement ainsi.

L'histoire de ces politiques nutritionnelles officielles désastreuses et mal orientées a été expliquée par Gary Taubes, un journaliste scientifique des plus distingués, dans un article de couverture du New York Times Sunday Magazine, publié il y a plus de deux décennies.

CiterSelon ce cadre nutritionnel, un régime alimentaire sain dépendait d'une composante fondamentale de nourriture à base de céréales, comme le pain, le riz, les pâtes, complétée par des quantités substantielles de fruits et légumes, et consommés ensemble, ces glucides à base de plantes devaient apporter le plus gros des calories nécessaires à tout un chacun. Les produits animaux, comme le lait, le fromage, la viande, le poisson et les œufs présentaient une forte teneur en protéines, et des doses conséquentes de graisses, et ne devaient être consommés qu'avec modération, alors que les portions de nourritures grasses ou sucrées étaient à minimiser. Nombre d'entre nous peinaient à adhérer à ces lignes directrices, mais elles représentaient le fil directeur du mode de vie sain que nous étions tous encouragés à poursuivre.

Mais selon l'article à succès de Taubes, tout ceci n'avait constitué qu'« un bon gros mensonge. » Selon son récit, les nourritures grasses seraient saines, et en consommer constituerait la meilleure manière de maintenir la ligne, alors que les fruits et les yaourts allégés en graisses seraient exactement le type de nourriture dangereuse promulguant l'obésité. Je suis certain que pour quiconque aura suivi ces sujets de près dans la durée, ces affirmations stupéfiantes ont dû ressembler à un article expliquant que la gravité était inversée et que les cailloux tombaient vers le haut.

Taubes a ensuite prolongé son analyse dans Good Calories, Bad Calories, un best-seller très lourdement documenté, paru en 2007.

Citer

Durant toute ma vie, les médias dominants m'avaient toujours informé que les nourritures grasses présentaient une forte teneur d'une chose du nom de cholestérol, qui faisait fortement monter les risques de subir des crises cardiaques et des AVC, et faute d'entretenir le moindre intérêt ou la moindre expertise dans ces domaines, j'avais naturellement supposé que cela était vrai. Mais Taubes expose de manière très convaincante que cette conclusion était fondée sur des éléments scientifiques extrêmement légers, et pouvait s'avérer totalement fausse ; des montagnes de couverture médiatique avaient été produites sur la base de l'équivalent d'un timbre poste d'éléments scientifiques plutôt douteux...

Le même grave déséquilibre entre des éléments factuels minimalistes et les croyances largement répandues se présentait également sur le sujet du lien supposé entre la consommation de sel et la pression sanguine, les régimes alimentaires à base de fibres et le cancer du côlon, et diverses autres pathologies. Mais la mythologie au sujet du régime alimentaire et l'obésité en constituait le pire exemple.

Selon la documentation établie par Taubes, entre les premiers jours de la science nutritionnelle du XIXᵉ siècle, et durant des générations, on avait toujours très largement accepté que les régimes riches en hydrates de carbone comme les pâtes, le pain, les pommes de terre, et surtout le sucre, provoquaient l'accumulation de graisse pour qui en consommait, et que la meilleure manière de perdre du poids était de renoncer à en consommer. Pourtant, dans l'ère de l'après-guerre, des éléments scientifiques maigres ou mal interprétés ont convaincu des nutritionnistes étasuniens énergiques à développer une compréhension totalement différente de l'obésité, fondée sur l'hypothèse que les calories étaient fondamentalement interchangeables, et comme les nourritures à forte teneur en graisse présentaient un contenu calorique nettement plus dense que les hydrates de carbone ou les protéines, il convenait de les éviter pour perdre du poids. Comme Taubes l'évoque de manière évocatrice, leur argument revenait au dogme selon lequel l'obésité était provoquée par les deux pêchés traditionnels de la gourmandise — trop manger — et de la paresse — pratiquer trop peu d'exercice. Cela m'était toujours intuitivement apparu comme plausible, et j'avais accepté cette théorie comme vraie durant toute ma vie.

Mais Taubes affirme que cela ignorait totalement les faits endocrinologiques sous-jacents et que ceux-ci sont nettement plus complexes. Selon ses explications, les gens deviennent gros parce que leurs cellules de graisse prennent de plus en plus de place, en accumulant davantage de molécules de graisses qu'elles n'en libèrent pour le reste du corps, un processus qui est régulé par diverses hormones, avec l'insuline en première place. Lorsque les hydrates de carbone comme les féculents ou les sucres sont ingérés, de l'insuline est libérée dans le sang, ce qui amène les cellules de graisse à absorber les graisses au lieu de les libérer, cependant que le foie convertit le sucre en excès dans le sang en molécules de graisses pour qu'il soit ainsi stocké. Mais manger des nourritures grasses ou des protéines ne produit pas cet impact sur la libération d'insuline dans le sang, ce qui contribue à expliquer la sagesse populaire selon laquelle les hydrates de carbone font grossir.

La notion simpliste selon laquelle toutes les calories sont équivalentes vis-à-vis du contrôle du poids ne considèrent pas ces facteurs hormonaux centraux. Alors que la consommation de graisses ou de protéines apaise notre sensation de faim, la consommation d'hydrates de carbone et surtout de sucre stimule la libération d'insuline, qui peut de fait provoquer des sensations de faim, et amener à trop manger.

Selon la thèse soutenue par Taubes, nos lignes directrices gouvernementales furent produits il y a près d'un demi-siècle, sur la base d'éléments scientifiques très légers, et ont souvent été déterminées par des facteurs totalement extérieurs, idéologiques et politiques.

CiterTaubes avait manifestement investi beaucoup de temps à étudier l'histoire sanitaire scientifique et publique qui avait produit nos politiques en place, et un aspect surprenant de son récit réside dans le caractère fortuit qui semble avoir marqué de nombreux tournants décisifs en la matière.


Par exemple, au milieu des années 1970, le combat pour établir si le régime gras était gravement dommageable faisait rage depuis quelques décennies, et d'éminents experts universitaires en nutrition des deux bords gagnaient tour à tour du terrain, mais sans que cela fût jamais décisif. De fait, selon Taubes, une grande partie du soutien croissant pour l'hypothèse opposée aux graisses n'avait absolument rien à voir avec les recherches ou même les sujets sanitaires, mais était en partie portée par les préoccupations croissantes selon lesquelles la surpopulation allait mener le monde à la famine, sauf si les régimes alimentaires des pays développés passaient de la viande à des produits végétaux beaucoup plus faciles à produire, tout ceci s'étant déroulé avant que la Révolution Verte de l'agronome Norman Borlaug vienne balayer la menace de la famine mondiale. Ainsi, après que le régime étasunien traditionnel, riche en viande, est devenu « politiquement incorrect » pour des raisons géopolitiques totalement différentes, a émergé une tendance à conclure que ce régime était également malsain, alors même que les éléments soutenant cette thèse étaient tout à fait maigres et ambigus.

Taubes expose la journée qui a joué le rôle le plus important dans l'établissement de la politique nutritionnelle des États-Unis et entérinant le dogme opposé aux graisses. Un comité du Sénat sur la nutrition avait été établi en 1968 par le Sénateur George McGovern, dans le but d'éliminer la malnutrition provoquée par la pauvreté, et le vendredi 14 janvier 1977, il avait produit des directives nutritionnelles fédérales déclarant que les Étasuniens pouvaient améliorer leur santé en consommant moins de gras. L'auteur note que les membres du comité ayant convenu de cette décision étaient presque totalement ignorants du débat scientifique sous-jacent, et dans une longue note de bas de page, il évoque même la possibilité dérangeante qu'ils ont été amenés à prendre cette décision par crainte que le comité fût rapidement dissout à moins de s'attirer de la publicité en produisant une déclaration publique spectaculaire.

Une fois adoptée cette position par le gouvernement, le verdict a naturellement influencé les recherches postérieures menées par des enquêteurs de la FDA ou par des universitaires dépendants des financements fédéraux, si bien qu'à certains égards, la doctrine anti-graisses est ainsi devenu une prophétie scientifique auto-réalisatrice. Et après qu'une génération de chercheurs ait investi leur carrière en mettant en avant le rôle néfaste des graisses dans l'alimentation, ils sont sans doute devenus très réticents à reconnaître par la suite qu'ils avaient pu se tromper.

Le résultat de ces changements de régime alimentaire et de mode de vie a été l'opposé précis de ce que leurs avocats avaient prévu, mais notre establishment politique et médical a presque complètement ignoré ces faits, et ne les a jamais remis en question.

CiterCe n'est que dans les années 1970 que le gouvernement des États-Unis a estampillé officiellement et avec vigueur son approbation sur le remplacement des nourritures riches en graisses par des hydrates de carbone dans nos régimes, en favorisant surtout ceux relevant de la catégorie « nourriture saine » comme les mueslis, fruits, et les pains complets. On s'est clairement éloigné du bacon, de la saucisse et du beurre pour passer au yaourt, aux jus de fruits et l'on s'est mis à privilégier les pièces de viande maigre par rapport aux viandes grasses. Dans le même temps, de plus en plus d'Étasuniens se sont mis à pratiquer des exercices quotidiens, comme le jogging ou les exercices de gymnastique, des activités inconnues par le passé voire considérées comme néfastes. Cette combinaison de nourriture moins grasse et d'augmentation des exercices réguliers aurait donc dû être suivie par des changements très remarquables dans le poids et les problèmes de santé des Étasuniens. Et de fait, des changements remarquables ont été observés, mais dans l'autre direction de celle prédite par le cadre nutritionnel promu par le gouvernement et les médias.

L'obésité avait toujours constitué un problème très mineur dans la société étasunienne, mais voici qu'elle explosait subitement. La fraction obèse de la population des États-Unis était restée relativement stable, établie à une personne sur huit ou neuf, mais durant les trente années qui ont suivi, voici qu'elle s'élevait désormais à plus d'une personne sur trois. Dans le même temps, le nombre d'Étasuniens affectés de diabète montait encore plus rapidement, avec un accroissement de presque 300%.

Taubes insiste sur notre consommation de sucre très importante et croissante, dont il estime qu'elle constitue sans doute le facteur le plus important sous-jacent à nos graves problèmes sanitaires.

CiterMais ces préoccupations générales concernant les hydrates de carbone sont très fortement amplifiées dans le cas du sucre, qui n'est que très récemment entré massivement dans notre régime alimentaire. Bien que le sucre soit connu depuis des milliers d'années, il n'était par le passé, jusqu'à il y a quelques siècles avec la création de grandes plantations sucrières sous les tropiques, disponible que pour les plus riches et en quantités très limitées, et on le considérait souvent comme un composé médicinal voire presque magique, doté de puissantes propriétés. Aussi, il ne serait guère surprenant que le système digestif ainsi que le métabolisme du corps humain aient des difficultés à traiter le sucre dans les grandes quantités que nous consommons, et Taubes a produit un grand nombre d'éléments scientifiques qui étayent cette possibilité préoccupante.


Taubes a discuté de ces préoccupations au sujet du sucre dans ses deux livres, mais un an après la publication du second, il a publié un article majeur dans Times, totalement consacré à ce sujet, sous un titre explosif.

 

Au cours des quelques siècles passés, le sucre est devenu l'un des composants les plus omniprésents de notre régime alimentaire ordinaire, et on le trouve en grandes quantités dans une énorme gamme de produits, allant des cookies aux boissons sportives, en passant par le ketchup, et la notion qu'il puisse en réalité être une toxine dommageable pour l'humain apparaît comme une sorte de « théorie du complot » nutritionniste, du genre de celles que l'on ne trouve que dans des coins isolés de l'Internet, et incantées par des excentriques paranoïaques obsédés par le sujet de la santé. Pourtant, cette thèse a bel et bien été énoncée par l'un de nos auteurs scientifiques les plus distingués, dans un long article paru en première page du New York Times Sunday Magazine, et il a ensuite développé cette thèse en un livre très documenté de 350 pages, The Case Against Sugar, également publié par Knopf en 2017.

CiterMais le fructose s'apparente à une catégorie totalement différente, et il n'est métabolisable que par le foie. Taubes souligne que contraindre cet organe à traiter de trop grandes quantités de fructose peut produire des dégâts à long terme dans les tissus de cet organe, tout comme boire trop d'alcool peut découler sur une cirrhose du foie.

Il affirme en outre que les dégâts provoqués au foie par ce traitement du fructose peut découler sur une montée de la résistance à l'insuline, dont il suggère que cela peut constituer le facteur majeur de l'obésité et du diabète. L'ingestion de grandes quantités de sucre produit donc sans doute un impact sur l'obésité nettement plus important que les simples calories supplémentaires ainsi apportées. Il avance même l'hypothèse que la surproduction d'insuline qui en résulte peut faire croître les risques de cancer, une maladie souvent associée à l'obésité et au diabète.

Lorsque les préoccupations de l'opinion publique, au cours des années 1970, concernant les fortes quantités de sucre contenues dans nos boissons et autres aliments, l'industrie a réagi à ces pressions en remplaçant ce sucre ordinaire par du sirop de maïs à haute teneur en fructose, un composé supposément naturel qui apparaissait comme relativement anodin, présentait la même douceur au goût, et disposait de l'avantage supplémentaire d'être encore moins cher à produire. Pourtant, chose ironique, le sirop de maïs à haute teneur en fructose contient en réalité environ 55 % de fructose et 45 % de glucose, et cette substitution a donc pu être encore plus dommageable pour le foie et d'autres organes internes. Et, peut-être par le fruit d'une coïncidence, les courbes en montée lente de l'obésité et du diabète ont connu un nouveau point d'inflexion peu de temps après, et se sont mises à monter plus rapidement.

La discussion de Taubes sur le rôle néfaste du sucre est très lourdement issue des travaux du Dr. Robert Lustig, un endocrinologue spécialisé dans l'obésité infantile à la très réputée École de Médecine de l'UCSF, qui a passé des années à mener des recherches sur ce sujet.

En 2009, Lustig avait donné un cours théorique présentant son analyse sur les effets néfastes du sucre. Son exposé avait été enregistré et mis à disposition sur YouTube sous le titre : Le Sucre : une Vérité Amère, où il s'est attiré de très nombreuses vues, et a fini par retenir l'attention de Taubes.

Lien vers la vidéo



Au cours des années qui se sont écoulées depuis lors, cette vidéo est devenue très virale, et ses 25 millions de vues la classent peut-être comme deuxième conférence académique la plus populaire de l'histoire de l'Internet ; seule la célèbre présentation du professeur John Mearsheimer sur les causes sous-jacentes du conflit russo-ukrainien, publiée en 2015, semble la dépasser.

En 2012, Lustig publiait Fat Chance, son best-seller national qui couvrait tous ces sujets concernant le sucre avec des détails considérables, que j'ai discuté en détail dans un article récent :

CiterUne fois que nous reconnaissons que le sucre — ou plutôt le fructose, l'un de ses composants — constitue notre principal problème diététique, notre évaluation des diverses nourritures et boissons s'en trouve totalement transformée.


Par exemple, on a longtemps compris que les boissons très sucrées étaient mauvaises pour la santé, et au cours des dernières années, les médias ont souvent dépeint Coca Cola et ses rivaux comme une source majeure de nos problèmes d'obésité. Mais je dirais qu'au moins 98 % du public considère les jus de fruits naturels comme une alternative idéale, leur consommation étant encouragée par les programmes nutritionnels du gouvernement.

Cependant, Lustig indique qu'il s'agit d'une absurdité totale. Même si rien ne peut apparaître plus sain qu'un jus d'oranges fraîchement pressées, la vérité malheureuse est que si l'on compte les calories, le jus de fruit contient de fait davantage de fructose dangereux que les sodas sucrés, et s'avère par conséquent pire pour notre santé...

Selon Lustig, la consommation de la plupart des fruits entiers en soi — qu'il s'agisse d'oranges, de pommes ou de poires — est inoffensif, car leur fructose est entouré d'une épaisse couche de fibres indigestes, qui ralentissent fortement leur digestion et mettent donc une pression beaucoup plus faible sur le foie. Mais utiliser un mixeur pour créer des « smoothies » de fruits tellement adorés de nombreux partisans d'un mode de vie sain cisaille ces fibres de cellulose et permet l'absorption très rapide du fructose. Le résultat est donc tout aussi mauvais que les jus de fruits, et pour des raisons semblables, la compote de pomme relève également de cette même catégorie dangereuse...

Certaines des statistiques citées par Lustig sont des plus remarquables. Il explique qu'en 2012, l'Étasunien moyen ingérait 59 kg de sucre par an, soit plus d'un kilogramme par semaine, contre 18 kg par an dans les années 1980, et que 33 % de ce sucre provenait des boissons, les sodas figurant en première place de cette catégorie.

Lorsque la FDA a commencé à classifier les additifs nutritionnels en 1958, le sucre avait été déclaré tout à fait sûr en raison de ses origines naturelles et du fait qu'on le consommait depuis longtemps, et ce sans mener la moindre analyse scientifique ou le moindre essai, cependant que des pressions politiques assurèrent par la suite que la même désignation « officiellement sûr » s'appliquait au sirop de maïs à haute teneur en fructose (SGHF), là encore sans mener le moindre essai. Il s'en est suivi que ces composés pouvaient être ajoutés en quantités illimitées dans tout produit alimentaire, et comme ils ont généralement tendance à améliorer la sensation de goût, cette pratique s'est tellement généralisée que sur les 600 000 articles alimentaires vendus de nos jours aux États-Unis, 80 % contiennent des sucres ajoutés. Trouver un produit alimentaire sans sucres ajoutés est donc bel et bien chose difficile.

J'ai également discuté de l'analyse nutritionnelle fondamentale réalisée par Lustig dans Metabolical, l'ouvrage qu'il a publié en 2020, et ses explications concernant la campagne de lobbying intensif, menée par de grandes entreprises, qui a joué un rôle majeur dans ce désastre.

CiterLustig s'est fait connaître pour son étude sur les dangers du sucre, et il note que les fibres diététiques non comestibles jouent un rôle d'atténuation importante, en empêchant l'absorption rapide du sucre, et amortissant de la sorte tout impact potentiellement dangereux sur le foie. Ceci explique que le fructose contenu dans les fruits entiers reste relativement inoffensif par rapport au fructose des jus de fruits.

Il souligne également qu'il est nécessaire de consommer des fibres en quantité suffisante pour maintenir la santé de notre microbiome, les milliers de milliards de bactéries qui coexistent en symbiose dans nos intestins. Il explique que ces micro-organismes se nourrissent normalement des fibres alimentaires que nous ingérons, mais que si nous manquons d'en consommer, ces bactéries peuvent se mettre à digérer la couche de mucine qui protège nos cellules intestinales, ce qui produit de graves problèmes de santé. Les fibres sont donc bénéfiques à deux titres, ce qui explique leur importance dans notre régime alimentaire. Malheureusement, les fibres ont également tendance à compliquer la conservation de la nourriture sur le long terme, et elles sont donc le plus souvent retirées des plats préparés, si bien que de nombreux Étasuniens en consomment nettement trop peu.

Nos médias et promoteurs de la santé dénoncent régulièrement notre régime comme trop riche en « nourriture préparée », mais dans une large mesure, je pense que ce terme revient à une abréviation pour les plats dont les fibres ont été retirées, et auxquels des sucres ont été ajoutés. Ce sont là les problèmes fondamentaux, et embrouiller le sujet en utilisant des termes plus vagues et plus généraux peut produire des conséquences négatives. Par exemple, nul ne décrirait du jus d'orange fraîchement pressé comme un « plat préparé », mais selon Lustig, c'est tout aussi dangereux que le pire des plats préparés.

...Le mantra nutritionnel de Lustig, répété au travers de son livre, est très simple : « Protéger le foie et nourrir l'intestin. » La source principale des problèmes de foie est le composant fructose présent dans le sucre, alors que les fibres alimentaires protègent le foie tout en nourrissant l'intestin, si bien qu'elles semblent constituer le principal élément sur lequel se concentrer, un plan d'action relativement simple à extraire d'un livre de plus de 400 pages et comportant plus de 1000 notes de référence.

CiterLustig explique également le rôle important du lobbying des grandes entreprises et des campagnes de relations publiques sur notre désastre de santé publique. Il établit une analogie claire et convaincante entre les activités néfastes des grosses sociétés du tabac et des grosses sociétés du sucre, et note que contrairement à ce que l'on pourrait supposer, la première a en réalité pris la seconde pour modèle, et non pas l'inverse : l'industrie du tabac a embauché un lobbyiste du sucre de haut niveau pour lancer ses campagnes en 1954.

Alors que montaient les préoccupations concernant une obésité en croissance rapide et les problèmes de santé s'y afférant, l'industrie sucrière a fort bien réussi à détourner les accusations vers toutes sortes d'autres produits, comme les nourritures grasses ou le sel, et ces produits ont été désignés comme les gros méchants des narratifs nutritionnels standards promus par notre gouvernement et nos médias. Des études financées par les sucriers suggéraient que les sodas ou les desserts étaient dépassés par les frites ou les chips comme causes de prise de poids, tout en omettant le fait que le ketchup comme les chips présentaient de fait un fort taux de sucre. De fait, une étude plus réaliste a semblé montrer que sur tous les éléments proposés dans un menu servi chez McDonalds, c'est les boissons sucrées qui présentaient la corrélation la plus étroite avec la prise de poids des clients.

Les chercheurs et les journalistes d'investigation ont fini par déterrer des documents révélant que le lobby sucrier avait passé des décennies à financer silencieusement des chercheurs scientifiques dont les études désignaient toutes sortes de coupables, en dehors de lui-même.

Mise en cause de la sûreté et de l'efficacité des vaccins
#17
Microphysique / Re : There are no particles, t...
Last post by JacquesL - 11 Mars 2025, 11:56:42 AM
En 2012, voici bientôt treize ans, je découvrais cet article d'Art Hobson.
Quand je le relis, je suis consterné des endommagements faits à cet auteur par la monoculturalité Göttingen-København : il ne sait presque rien des fréquences de photons, de leur longueur en périodes, rien des fronts d'onde, rien des fréquences intrinsèques des fermions : électrons, protons, neutrons, etc. ni rien des longueurs de cohérence. Il ne cite de Broglie qu'indirectement, donc n'en retient que sa pire erreur : oui onde, mais AVEC corpuscule. Le mot "fréquence" apparait deux fois, uniquement en lien avec un oscillateur harmonique. Il n'a aucune expérience de la radiocristallographie, ni de la physique du solide.

Aussi, il ne faut s'ébahir que malgré un départ en fanfare, il n'aboutisse à rien. Il mouille certes ses pattes, mais ne franchit pas le gué. Encore et toujours des "collapses" miraculeusement instantanés.
La mythologie Göttingen-København est un piège à éléphants.
#18
Suicide dirigé / Vaincre la Russie et survivre ...
Last post by JacquesL - 10 Mars 2025, 06:32:01 PM
Vaincre la Russie et survivre à Trump : l'Europe sait elle ce qu'elle fait ?



Non, Macron et les dirigeants européens ne sont pas fous, ils agissent tout à fait rationnellement par rapport à leurs peuples dont ils manipulent l'anxiété. Nous avons déjà repris ce que les Chinois disant aux peuples de l'UE, si vous voulez échapper à la vassalité destructrice des USA, il faut concevoir une Europe de Brest à l'Oural, incluant la Russie et non dirigée contre elle. C'était la position de De Gaulle et de celle de toutes les bourgeoisies nationales et pas compradore vivant de la guerre et de la soumission à l'impérialisme étasunien. Cette position, les Russes affirment non sans preuve qu'elle est celle de Vladimir Poutine. La bourgeoisie compradore est confrontée à une impasse qui va au-delà de la défaite en Ukraine et qui n'a rien à voir avec la menace russe supposée, manipulée, c'est toute la politique en faveur des marchés financiers et des multinationales qui vivent de la guerre qui démontre sa nocivité, ses impasses. Inventer le péril russe fait partie de cela.

Danielle Bleitrach

*

par Irina Alksnis

Selon les médias, le sommet d'urgence de l'UE a convenu d'un plan visant à militariser l'Europe en mobilisant 800 milliards d'euros supplémentaires pour la défense et en réorientant la Banque européenne d'investissement vers le financement de programmes militaires. Comme l'a dit le Premier ministre polonais Donald Tusk avant la rencontre, « l'Europe doit gagner cette course aux armements ».

Les événements et les déclarations du sommet ont été intégrés de manière organique dans le flux d'informations de ces derniers jours et ont amené un grand nombre de personnes à s'interroger une fois de plus : les dirigeants européens sont-ils devenus complètement fous à cause de leur russophobie ?

La réponse est non. Ils sont sans aucun doute soumis à un stress important et à une anxiété aiguë à la lumière des événements actuels, mais ils sont tout à fait sains d'esprit – et ils agissent de manière tout à fait rationnelle. D'autre part, l'Europe a suivi depuis longtemps, avec diligence et en toute connaissance de cause, une voie qui l'a conduite à une situation où les décisions qu'elle prend actuellement restent, en fait, les seules possibles.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe occidentale s'est retrouvée dans une situation de vassalité vis-à-vis des États-Unis et, après l'effondrement de l'URSS, l'Europe centrale et orientale l'a rejointe. Cependant, les Européens ont réussi à obtenir des conditions de vassalité très favorables pour eux-mêmes. La raison en est à la fois objective (cette région était le principal point d'affrontement de la guerre froide, et les Américains ont tout simplement été contraints d'investir massivement dans cette zone) et subjective (la création de nombreux États européens, guidés par des intérêts nationaux, a permis de négocier avec Washington un grand nombre de privilèges pour leurs pays).

Au tournant du siècle, l'Europe a été confrontée à des processus inverses. D'une part, elle a profité de l'effondrement de l'Union soviétique comme d'une corne d'abondance et, d'autre part, diverses tendances négatives se sont clairement manifestées : épuisement des réserves du système socio-économique existant, raréfaction des ressources, changements climatiques défavorables, vieillissement de la population, déplacement du centre de la civilisation mondiale vers l'Asie.

Il s'agissait d'une bifurcation critique et, à ce moment-là, l'Europe s'est vu proposer deux voies pour la suite de son développement. La première proposition émanait de Vladimir Poutine : construire une Europe unie de Lisbonne à Vladivostok en tant que force géopolitique et géoéconomique unique. La seconde proposition émanait de l'establishment libéral-mondialiste, qui avait déjà pris le contrôle de l'« État profond » des États-Unis et commençait à imposer au monde son idéologie – et les pratiques fondées sur cette idéologie.

L'Europe a choisi la deuxième option. Elle met en œuvre les recettes libérales-mondialistes avec beaucoup plus de rigueur et de cohérence que l'Amérique. Alors qu'aux États-Unis, les programmes libéraux et conservateurs s'affrontent, en Europe, la dissidence est réprimée sans hésitation et les vis politiques sont serrées sans compromis. Dans le même temps, au cours des deux dernières décennies, les traditions de défense des intérêts nationaux ont été déracinées de l'establishment européen, à quelques exceptions près, et la loyauté envers le mondialisme, dont le siège était jusqu'à récemment situé de l'autre côté de l'océan, est devenue l'élément principal. Dans le même temps, les élites européennes elles-mêmes ont dégénéré jusqu'à devenir franchement indignes, se transformant en commis du Léviathan mondialiste.

Dans le cadre de la voie choisie par les mondialistes, l'Europe était préparée à une « noyade » contrôlée, mais pas très rapide – avec l'appauvrissement des citoyens, la baisse de la qualité et du niveau de vie, la réduction des programmes sociaux et le contrôle étroit de la population par le biais de l'agenda libéral et de la lutte contre la « menace russe ». Les élites européennes ont rempli avec discipline les fonctions de l'« équipe de fermeture » qui leur avait été assignée, tout en étant elles-mêmes, bien sûr, assurées de trouver une place dans les « canots de sauvetage » des structures mondiales – de la Banque mondiale à l'OMS. Le conflit en Ukraine s'est avéré être un levier extrêmement pratique pour Bruxelles et d'autres capitales européennes pour gérer tous ces processus.

Et c'est à ce moment précis que Donald Trump est revenu à la Maison-Blanche et, contrairement à son premier mandat, a commencé à mettre rapidement en pièces l'ensemble du système établi. Et l'Europe est devenue sa cible la plus importante – à la fois en tant que rempart du mondialisme et en tant que parasite qui vit aux dépens des États-Unis depuis des décennies.

Il y a de quoi paniquer : le Vieux Continent est confronté à la perspective d'une catastrophe systémique rapide (socio-économique et étatique). La désindustrialisation a pris une telle ampleur et un tel rythme qu'il n'est plus possible de l'ignorer en espérant que la situation va s'améliorer d'elle-même. Eh bien, les élites européennes, récemment pleinement confiantes dans leur avenir radieux, ont réalisé qu'elles risquaient de perdre leurs aérodromes de réserve, tout simplement parce que Trump est en train de détruire tout le système des institutions mondiales, où tous ces premiers ministres, chanceliers et présidents comptaient sur des sinécures.

Cela dit, ne sous-estimez pas les Européens ordinaires. Oui, pour le moment, il s'agit d'une société bien nourrie, prospère et choyée (même si beaucoup ont déjà ressenti la détérioration de la vie). Mais elle a derrière elle des siècles de révolutions, de révoltes, de rébellions, de soulèvements et de guerres brutales, précisément en raison de la dureté des conditions de vie. À quelle vitesse les Européens se souviendront-ils de leur passé historique s'ils perdent leur prospérité habituelle et se retrouvent dans une situation analogue à celle de nos années 1990 ?

C'est pourquoi, à l'heure actuelle, la tâche principale des élites européennes est de maintenir le système gérable et de maîtriser leur propre population au cas où la situation socio-économique se détériorerait rapidement. Et cela n'est pas du tout exclu, vu l'attitude de l'administration américaine.

En ce sens, la militarisation et l'exploitation du thème de la menace extérieure est un moyen simple, ancien et, peut-être, le plus populaire de résoudre ce problème. Et puis, on ne peut rien exclure, peut-être sera-t-il possible – une fois de plus dans l'histoire – de soulever l'opinion publique et d'envoyer les Européens appauvris sur le front de l'Est dans l'espoir fantomatique de restaurer la prospérité perdue aux dépens des richesses de la Russie barbare.

Source : RIA Novosti via Histoire et Société

traduction de Marianne Dunlop

https://reseauinternational.net/vaincre-la-russie-et-survivre-a-trump-leurope-sait-ce-quelle-fait/
#19
Suicide dirigé / Quand l’Europe perd les pédale...
Last post by JacquesL - 10 Mars 2025, 06:13:48 PM
Quand l'Europe perd les pédales



par Sonja van den Ende

Les élites européennes, radicalisées et déconnectées, terrifient leurs populations avec des doses quotidiennes de rhétorique guerrière et d'alarmisme à propos de la Russie.

L'obstination de l'UE sur le dossier ukrainien est flagrante et témoigne d'une profonde déconnexion avec la réalité. La guerre est perdue, mais l'Europe ne semble pas en avoir conscience. Au lieu de reconnaître la défaite, les politiciens de l'UE, dans leur confusion, semblent préparer une deuxième phase du conflit. Ils prétendent pouvoir gagner cette guerre sans le soutien des États-Unis, mais que se passera-t-il s'ils échouent ? Imploreront-ils alors un cessez-le-feu ?

Revenons à l'histoire. Les accords de Minsk 1 et 2, signés entre l'Allemagne, la France, l'Ukraine et la Russie (2014-2015), étaient censés mettre fin aux combats et accorder à la région du Donbass une certaine forme d'autonomie au sein de l'Ukraine. Cependant, Zelensky, malgré ses promesses électorales de rapprochement avec la Russie, poursuit d'autres objectifs. Il cherche à récupérer la Crimée et à placer le Donbass sous son contrôle, en intensifiant les campagnes de bombardement. En janvier 2022, les bombardements sur le Donbass se sont intensifiés, faisant de nombreuses victimes civiles, en particulier à Donetsk.

Par la suite, l'ancien Premier ministre britannique, Boris Johnson, et les États-Unis (sous l'administration Biden) ont donné pour instruction à Zelensky de ne pas conclure la paix avec la Russie. Nous nous souvenons des négociations en Turquie qui ont abouti au communiqué d'Istanbul, lequel prévoyait que l'Ukraine abandonne ses aspirations à l'OTAN, impose des restrictions militaires et s'assure le soutien de l'Occident en cas d'agression. Les pourparlers ont failli aboutir à un accord, les deux parties envisageant des concessions importantes, mais se sont brusquement interrompus en mai 2022. L'Occident, peu intéressé par la paix, cherchait la chute de la Russie, et le processus a été interrompu à la suite de l'incident « sous faux drapeau » de Bucha.

Avec l'arrivée de la nouvelle administration de Donald Trump, des initiatives sont en cours pour négocier un traité de paix durable entre l'Ukraine et la Russie – pas seulement un cessez-le-feu, mais une paix durable. Cependant, la position de l'Ukraine a bloqué les progrès. Les États-Unis affirment qu'ils n'ont pas besoin de l'Ukraine ou de l'Europe pour parvenir à la paix, mais cela n'a évidemment aucun sens. La résolution doit venir de l'Ukraine et de la Russie, même si les États-Unis (sous l'administration Biden) ont été à l'origine du conflit. Un traité de paix ou une capitulation est essentiel.

Pourtant, les élites européennes, qui ont subi un lavage de cerveau plus poussé que l'ancienne administration Biden, refusent de céder. Voilà le danger de vendre son âme à l'Amérique, comme l'a fait Europe depuis plus de quatre-vingts ans. En permettant à l'Amérique d'occuper de facto le continent, l'Europe a perdu son identité. Aujourd'hui, abandonnée par l'Amérique, l'Europe est en état de choc et cherche désespérément à se redécouvrir.

L'Union européenne veut s'affirmer comme un continent fort et indépendant, affranchi de l'influence américaine. Cependant, cette quête d'autonomie mène l'Europe sur une voie dangereuse : la guerre. Le plan « Réarmer l'Europe » déclare en effet la guerre à la Russie, ce que nieront les dirigeants européens.

Ils semblent avoir oublié les ravages des guerres mondiales, au cours desquelles des millions de personnes ont péri pour le compte des élites européennes. L'Amérique a d'abord évité de s'impliquer dans la Seconde Guerre mondiale, mais elle a fini par s'en mêler. L'histoire pourrait-elle se répéter, l'Europe provoquant la Russie et l'Amérique étant contrainte de « libérer » l'Europe une fois de plus ? Ou bien l'Europe se libérera-t-elle de la folie guerrière qui s'empare de ses hommes politiques ?

Il est vrai que l'Europe est sous occupation américaine depuis la Seconde Guerre mondiale. L'Amérique a provoqué tous les conflits majeurs depuis 1945, entraînant l'Europe dans les guerres d'Afghanistan, de Libye, d'Irak et de Syrie. Les conséquences sont encore perceptibles aujourd'hui. La plupart des réfugiés sont allés en Europe et l'Amérique s'en est littéralement lavé les mains après avoir mis le feu au Moyen-Orient.

La « leçon » que l'Amérique donne actuellement à l'Europe n'est pas motivée par la pitié ou la colère. Les États-Unis sont au bord de la faillite, aux prises avec la toxicomanie, les sans-abri et l'effondrement des infrastructures. Les slogans « America First » et « Make America Great Again » illustrent une volonté de reconquérir le statut de superpuissance, quitte à faire revivre l'impérialisme, le colonialisme et les arrangements douteux. L'Amérique est préoccupée par sa propre survie.

L'Europe prépare ses citoyens à une guerre avec la Russie depuis au moins 2022. Depuis l'entrée en fonction de l'administration Trump, les médias occidentaux sont saturés de rhétorique guerrière. Les politiciens parlent désormais de plans d'urgence de 72 heures au lieu de 48 heures, faisant allusion à un conflit imminent. Les pays les plus riches, comme les Pays-Bas, sont en train de passer à une économie de guerre.

Alors que les capacités de défense de l'Europe permettraient de gérer un conflit, la bureaucratie et les contraintes budgétaires entravent toute production. La pénurie de soldats complique encore les choses, mais les élites européennes ne se découragent pas. Cependant, une proportion considérable de la population européenne n'est pas disposée à se battre. En Allemagne, les récentes élections ont révélé un large soutien à l'Alternative für Deutschland (AfD), un parti qui prône la paix avec la Russie. Cependant, il semblerait que les élections aient été manipulées et que le parti de Sahra Wagenknecht (BSW) ait été diabolisé sur les réseaux sociaux. Le nouveau Bundeskanzler, Merz, a rapidement approuvé l'augmentation des dépenses de défense, une mesure que le nouveau parlement aurait probablement rejetée.

Le président français Macron a même suggéré le recours à la force nucléaire contre la Russie, tandis que d'autres pays de l'UE, dont les Pays-Bas, ont accusé la Russie d'avoir saboté les négociations sur le cessez-le-feu de 2014. Le Premier ministre néerlandais a alloué 3 milliards d'euros à la défense sans autorisation préalable, donnant la priorité à l'Ukraine plutôt qu'à la stabilité économique de son propre pays.

Mais les médias alternatifs suggèrent que les citoyens européens ne sont pas prêts à se battre contre la Russie, bien que les médias grand public gardent le silence sur la question, préférant discuter de la réintroduction du service militaire obligatoire. Les gouvernements européens se concentrent sur la préparation d'une guerre avec la Russie, prétendument pour protéger l'Ukraine et prévenir une attaque russe sur l'Europe – une notion aberrante, comme ils le savent pertinemment.

Les informations fiables sur l'opinion publique européenne à l'égard d'une guerre avec la Russie sont limitées, car elles sont souvent bloquées ou supprimées. Toutefois, les plateformes de réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter) et les sites de médias alternatifs font état d'une opposition généralisée, en particulier en Allemagne et aux Pays-Bas.

On manque également de données fiables pour le Royaume-Uni, où l'opposition s'exprime principalement sur les médias alternatifs et les réseaux sociaux. Les médias alignés sur l'UE vivent dans une bulle belliqueuse, obsédée par les préparatifs de l'Europe et de l'Occident en vue d'un conflit. La rhétorique des politiciens européens est à la fois inquiétante et imbécile. La dernière fois que l'Europe a fait preuve d'une telle folie, c'était avant la Première Guerre mondiale, lorsque les hommes sont allés à la guerre en sifflotant, pour se retrouver piégés dans une guerre meurtrière qui a coûté la vie à des millions de personnes. L'histoire va-t-elle se répéter ? Une grande partie de la population européenne est vieillissante et de nouveaux arrivants pourraient être appelés à se battre. Seront-ils prêts à mourir pour un passeport européen qu'ils ne recevront sans doute jamais ?

Après l'approbation du plan « Réarmer l'Europe », les politiciens européens se sont adonnés à une frénésie belliciste, prononçant des discours fanatiques et révoquant les traités sur les armes à sous-munitions et les mines antipersonnel. Les élites européennes, radicalisées et déconnectées, terrifient leurs populations avec des doses quotidiennes de rhétorique belliciste et alarmiste sur la Russie. Elles ne comprennent pas la réalité de la guerre et l'impossibilité de vaincre la Russie. Nombre de ces dirigeants, qualifiés de « jeunes leaders prometteurs » par le Forum économique mondial, ont infiltré les instances gouvernementales de l'UE, oubliant que la partie est finie et que la guerre n'est pas la solution.

Les personnalités les plus dangereuses appartiennent aux anciennes élites, comme Ursula von der Leyen (UE) et Mark Rutte (OTAN). Ce sont les plus radicalisés, incapables de s'arrêter, vraisemblablement empêtrés dans des scandales et des chantages, et qui soumettent à leur tour l'UE et les dirigeants politiques européens à leurs pressions. Leur incurie menace de faire replonger l'Europe dans le chaos.

source : Strategic Culture Foundation via Spirit of Free Speech

https://reseauinternational.net/quand-leurope-perd-les-pedales/
#20
L'actualité, les media / Délinquants et «ultra-riches» ...
Last post by JacquesL - 10 Mars 2025, 10:15:58 AM
Délinquants et «ultra-riches» – Comment ils ont fait élire Macron



par Gauthier Mesnier

Adoubé par des milliardaires des médias comme Bernard Arnault ou Patrick Drahi dès 2013 en raison de sa posture «pro-business», Emmanuel Macron était devenu leur candidat favori pour 2017. Fragilisé par une relation amorcée avec Brigitte alors qu'il n'avait que 14 ans et par des rumeurs d'homosexualité, il va être protégé à compter de 2014 par Vincent Bolloré et deux fortes personnalités au passé sulfureux : Michèle Marchand et Xavier Niel.



Dès 2013, Emmanuel Macron prépare minutieusement son avenir politique. Il ne l'affirme pas encore ouvertement, mais dans sa tête, il vise déjà la présidence de la République «et peut-être dès 2017», précise le journaliste Marc Endeweld. Robert Zarader, un conseiller de l'Élysée mis au courant de ces discrètes réunions, confirme que Macron avait très tôt compris que François Hollande aurait du mal à briguer un second mandat.

Problème : l'ancien Premier ministre Alain Juppé est alors en tête des sondages. À 36 ans, le secrétaire général adjoint de l'Élysée est, lui, encore inconnu du grand public. Il sait que, pour gagner une élection, il a besoin de la presse. Pour faire décoller sa carrière politique, Macron va s'efforcer de séduire les milliardaires qui contrôlent les médias : Martin Bouygues, qui règne sur l'empire TF1, Arnaud Lagardère, maître de la presse people avec Paris MatchLe Journal du Dimanche et Europe 1, Bernard Arnault, empereur du luxe et propriétaire des Échos, ou encore Xavier Niel, fondateur de Free et contrôlant Le Monde et L'Obs.

À cette époque, Vincent Bolloré commence discrètement à prendre le contrôle de Vivendi, avec l'objectif d'imposer sa vision et d'éliminer l'esprit frondeur de Canal+. Ces milliardaires, qui ne sont pas issus du monde de la presse mais de l'industrie, du luxe ou des télécoms, ne rachètent pas ces médias pour des raisons économiques, mais pour «exercer une influence», estime Laurent Mauduit, co-fondateur de Mediapart.

Tisser des liens avec les actionnaires des médias

Contrairement à François Hollande, qui entretenait des relations avec les journalistes politiques pour cultiver une certaine proximité avec la presse, Emmanuel Macron adopte une approche différente. Comme le raconte Marc Endeweld, il préfère tisser des liens avec les actionnaires des grands groupes de médias, persuadé que c'est «à ce niveau-là que les décisions sont réellement prises».

Dès 2013, depuis l'Élysée, Macron se rapproche ainsi d'Arnaud Lagardère, qui détient Paris Match, Le Journal du Dimanche et Europe 1. Il l'aidera à revendre ses actions EADS, ce qui permettra à ce dernier d'empocher une confortable plus-value de 1,8 milliard d'euros. Grâce à l'intervention de Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget, Arnaud Lagardère bénéficiera en outre de la «niche Coppé». Il ne paiera pas 700 millions d'euros d'impôts sur cette plus-value, mais seulement 70 millions.

«Macron-mania»

À partir de 2015, une véritable «Macron-mania» se met en place. Paris Match lui offre pas moins de cinq couvertures en un an. Le Parisien, tout juste racheté par Bernard Arnault, lui consacre des articles élogieux. La presse économique et politique vante son «dynamisme», sa «jeunesse» et son «indépendance vis-à-vis des partis traditionnels». Cette stratégie est renforcée par des sondages opportunément diffusés : l'institut Odoxa, créé au moment de sa nomination à Bercy, publie des études favorables à Macron, relayées par des journaux comme Le Parisien.

Pourtant, d'autres instituts plus sérieux montrent qu'en cette année 2015, la moitié des Français ignorent encore qui il est. «Cela montre que le sondage d'Odoxa était bidon, soyons clair», lâche Eric Stemmelen, auteur d'un livre enquête sur Emmanuel Macron, non sans rappeler que cet institut était alors partiellement contrôlé par Bernard Arnault.

Faire taire la rumeur

À l'été 2015, alors qu'Emmanuel Macron envisage de se présenter à la présidentielle, un obstacle inattendu surgit : des rumeurs insistantes circulent sur une supposée liaison homosexuelle entre lui et l'un des policiers du service de la protection (SDLP) chargé de sa sécurité.
Dans l'entourage du Premier ministre Manuel Valls, alors rival politique de Macron, on se frotte les mains. Certains auraient été jusqu'à lâcher que les Français ne sont «pas prêts à élire un président homosexuel». Début 2016, dans Le Point, Nicolas Sarkozy y va à son tour de sa petite phrase à propos d'Emmanuel Macron : «Que voulez-vous que j'en pense? Il est cynique. Un peu homme, un peu femme, c'est la mode du moment. Androgyne».

Brigitte Macron, l'épouse d'Emmanuel, est particulièrement affectée. Elle craint en outre que des photos de son mari en présence d'un homme circulent dans le Tout-Paris. Elle aurait alors sollicité l'aide de Xavier Niel. Patron de Free et du groupe Le Monde, il aurait sondé discrètement quelques propriétaires de presse de la Place de Paris pour savoir si une photo existe. En vain.

Xavier Niel et Michèle Marchand au service des Macron

Pour aider Brigitte, Xavier Niel décide alors de lui présenter son amie Michèle Marchand. «Reine» de la presse people, elle a un passé sulfureux : longtemps mariée au braqueur de banques Maurice Demagny, surprise par la police en 1994 au volant d'une camionnette transportant 500kg de haschisch, elle fera plusieurs séjours en prison. Devenue patronne de boites de nuit, elle se recycle dans la presse people et devient une figure incontournable de l'hebdo Voici. Avant d'en être évincée en 1998 après une prétendue interview d'un ancien garde du corps de Lady Di (morte accidentellement à Paris en 1998, ndlr) jugée «bidon» par l'actionnaire Axel Ganz.

Par l'entremise de Xavier Niel, c'est donc cette ex-trafiquante de drogue reconvertie dans la «peopolisation» des politiques qui va prendre en charge la communication des Macron à un an de la présidentielle de 2017. Des clichés soigneusement mis en scène sont publiés dans Paris-Match : on y voit Emmanuel et Brigitte Macron s'afficher complices et amoureux sur les plages de Biarritz. Peu à peu, le couple devient une figure centrale de la presse people, séduisant un électorat sensible à cette histoire d'amour hors normes. À l'approche de l'élection, toute critique sur leur relation est soigneusement neutralisée...

X = https://x.com/ParisMatch/status/763389972074274817

Dans cette promotion d'Emmanuel Macron, Xavier Niel aurait également joué un rôle important. À l'époque où il avait racheté Le Monde, en 2010, il était tombé sous son charme, le décrivant en 2017 dans Vanity Fair comme «dynamique, intelligent et avec une grande capacité d'adaptation». Mais à l'instar de Michèle Marchand, Xavier Niel a un passé controversé marqué par un passage en prison. En cause ? Ses investissements dans l'industrie du sexe.

Les millions du minitel rose

Dès les années 1990, il devient millionnaire grâce au Minitel Rose, des messageries érotiques facturant à la minute des clients accros à des hôtesses sous pseudos payées pour les faire fantasmer, au risque de plomber leurs factures téléphoniques. Selon deux de ses anciennes collaboratrices interviewées par Off investigation, Xavier Niel aurait toléré l'utilisation de pseudos de nature à attirer des pédophiles. C'est ce que nous a confié Claudia Tavarès, une ancienne prostituée passée par la case prison qui travaillait pour Niel dans les années 1990 comme animatrice minitel rose : «C'était des pseudos comme «Onze ans, à défoncer» ou «Petit Cul à élargir», nous a-t-elle précisé. «S'il fallait avoir une petite chatte sans poils, on avait une petite chatte sans poil», complète Izza, son ex-collègue retirée aujourd'hui à Marseille.


Xavier Niel déménageant l'une de ses sociétés, dans les années 2000

A la question de savoir si ces pseudos ou éléments de langage étaient de nature à attirer des pédophiles, Claudia est catégorique : «Bien sûr, cela attirait des pédophiles. Xavier Niel était d'ailleurs le premier à créer des faux pseudos pour attirer les gens». Et elle raconte cette anecdote : «Une fois, je suis rentrée dans son bureau après avoir repéré le pseudo «Jeune fille, 11 ans, à enculer» et je lui ai dis : «mais putain c'est quoi ce bordel ?» Il m'a répondu : «c'est pour voir si vous êtes alertes et vous travaillez bien». Je n'ai jamais trouvé que l'excuse était bonne». Via son avocate, Xavier Niel nous a fait savoir qu'il «démentait cette allégation», avant de préciser : «Une partie significative du travail de ces collaboratrices était justement de contrôler l'activité, d'assurer la modération et de supprimer tous les pseudos déviants».

Flirter avec la pédophilie

En 1996, quand les gendarmes perquisitionnent ses locaux après la découverte d'images pédo-pornographiques dans les serveurs de sa société Worldnet, Niel déclare sur France 3 : «Quand les services de gendarmerie sont arrivées, ils ont eu accès à de la pédophilie (...) le seul moyen d'éviter ce type de chose c'est qu'au niveau mondial tous les pays puissent trouver une législation qui s'adapte à internet et qui évite ce type d'abus qui sont repréhensibles au plus au point et scandaleux».

«Ce qui était reproché à Worldnet était qu'Internet permettait d'accéder à des contenus pédophiles» nous a confirmé l'avocate de Xavier Niel, qui relativise : «Il était actionnaire de Worldnet à hauteur de 25%, c'est-à-dire actionnaire minoritaire (...) Il ne se mêlait pas de la gestion de la société».

À l'époque, pourtant, c'est bien en tant que «Directeur de Worldnet», que Xavier Niel avait été interviewé sur France 3. «En 1999, le TGI de Paris a jugé que Worldnet et Francenet n'étaient pas responsables des contenus pédophiles stockés sur leurs serveurs», précise enfin son avocate.

Sex-shop et prostitution

En parallèle de ses activités Internet et Minitel, Xavier Niel investit avec son associé Fernand Develter dans des sex-shops, à Paris et Strasbourg. En mai 2004, après que la justice ait constaté la présence d'activités de prostitution dans leurs sex-shop et le fait que Develter et Niel se rémunéraient illégalement en liquide, ce dernier est écroué pendant quelques semaines à la prison de la Santé, à Paris. La justice le soupçonne de «proxénétisme aggravé» et «abus de biens sociaux».

Jugé en 2006, il écopera de deux ans de prison avec sursis et de 250 000 euros d'amende pour «abus de bien sociaux». Dans le volet «proxénétisme aggravé», en revanche, il bénéficiera d'un non-lieu, le juge Van Ruymbeke n'était pas parvenu à établir que Niel savait que ses employées se prostituaient.

Procédures abusives contre Libération

Pour avoir publié de simples comptes-rendus du procès de Xavier Niel, Renaud Lecadre sera visé par cinq plaintes en diffamation. «Niel ne supportait pas qu'on parle de tout cela, a-t-il confié à Off investigation. Il voulait se refaire une virginité, oublier ce passé sulfureux». Le 28 novembre 2008 au petit matin, suite aux plaintes de Niel, Vittorio de Filippis, alors directeur de la rédaction de Libération, sera arrêté devant ses enfants, menotté, insulté et placé en garde à vue au commissariat du Raincy, en Seine Saint Denis.

Une procédure qui suscitera les protestations du personnel de Libération mais aussi du Monde. «Non seulement on a été relaxés cinq fois, sourit aujourd'hui Lecadre, mais en plus, (Niel) a été condamné à nous verser 6000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive. Donc il aura contribué à renflouer Libé, à défaut de nous racheter».

Sur ces procédures, Niel faisait récemment son méa culpa : «Un jour, un juge un peu idiot a envoyé le directeur de Libé en garde à vue. Et ça, je ne le souhaitais absolument pas. Je me suis rendu compte que je déconnais. (...) Donc j'ai arrêté ces procédures». («Une sacrée envie de foutre le bordel, Flammarion, Paris, 2024)

Une hotesse se rebelle

Au-delà de ces soupçons de proxénétisme achevés par un non-lieu, de nouveaux témoignages émergent aujourd'hui sur le passé de Xavier Niel. Dans une interview recoupée à l'écran par une ancienne collègue, Claudia Tavares, a affirmé à Off investigation avoir dû céder à des «avances» de sa part durant plusieurs mois, à compter de 1995.

Cet été-là, cette jeune brésilienne qui s'était prostituée quelques mois à son arrivée en France et avait été incarcérée sept ans (pour un meurtre datant de 1980 dans un contexte de rivalité entre marchandes de silicone) raconte avoir envoyé à Xavier Niel une photo d'elle et de ses sœurs en maillot de bain sur une plage du Brésil. «Quand je reviens, Xavier Niel, dans son bureau, me dit «quel cul !». J'ai répondu que j'avais aussi un cerveau».


Claudia Tavarès (au centre), au Brésil, à l'été 1995 (photo DR)

Cette scène se serait déroulée dans les locaux de Fermic, la société de Niel et Develter située 2, passage de Crimée, dans le 19ème arrondissement parisien. «C'était une petite pièce un peu crado, chaque hôtesse gérait deux minitel», se souvient sa collègue Izza. Derrière des vitrages équipés de stores vénitiens, qu'on aperçoit sur des photos que s'est procuré Off investigation, Niel occupait un petit bureau depuis lequel il surveillait ses hôtesses minitel.


Claudia Tavarès et un collègue dans les locaux de Fermic, 2, passage de Crimée
(Paris 19e) dans les années 1990. Au fond, derrière des stores vénitiens, le
bureau qu'occupait Xavier Niel (photo DR)

Selon Claudia, c'est après avoir «craqué» sur sa photo que Niel, alors âgé de 28 ans, se serait montré de plus en plus entreprenant, l'incitant à des attouchements, puis à des relations sexuelles, toujours à la va-vite, toujours entre deux portes. «Il me demandait de venir dans son bureau une fois par semaine pour des relations sexuelles. C'était toujours dans son bureau (...) Il fermait la porte à clef, il baissait le petit rideau pour que les filles qui sont de l'autre côté ne voient pas», nous a affirmé claudia. Soucieuse de restituer les faits avec honnêteté, elle précise : «je vais accepter, il ne m'a pas forcée. Cela a commencé comme cela».

Employée à l'époque dans le même local que Claudia, sa collègue Izza confirme que Niel la sollicitait régulièrement : «Claudia se faisait de temps en temps appeler à son bureau». Se souvenant avec précision de la configuration des lieux, elle ajoute : «Les pauses étaient chronométrées et il fallait cravacher (...) du coup, comme Xavier Niel s'intéressait à elle (Claudia, ndlr) physiquement, cela lui donnait l'opportunité de faire des pauses».

Relation mal vécue

Consentante au début, Claudia Tavarès aurait progressivement cherché à mettre fin à cette relation avec Niel : «Combien de fois j'ai dit non. Ce «non» n'a jamais été considéré comme un «non». Et quand on dit «non», c'est qu'on n'a pas envie et on ne doit pas forcer une femme qui dit non».

Trente ans après ce qu'elle présente comme une «relation de deux ou trois ans», Claudia Tavarès se montre particulièrement marquée. Avec le sentiment d'avoir été sexuellement utilisée par son ancien employeur : «Xavier Niel ne m'a jamais même pas payé un café. Il a utilisé ma bouche, mes seins, mon vagin, mon cul, mon corps, mon intelligence. Il m'a possédé. Xavier Niel. Corps et âme. Et puis il fallait fermer ma gueule aussi». À Off investigation, Claudia Tavarès rappelle qu'elle avait une double identité franco-brésilienne, que Xavier Niel était son «patron». Elle parle de «peur», de «domination humiliante».

Depuis Marseille, Izza estime elle aussi que Niel abusait de la vulnérabilité de Claudia : «Je pense que si c'était une autre fille, il ne se serait pas permis. Mais Claudia était tellement dans une position de se racheter une vie commune, sortir de la prison, Xavier le savait (...) il en profitait, parce qu'elle avait un contrat de travail, un salaire qui tombait régulièrement pour payer son loyer, c'était... une prise au piège (...) un chantage». Très amère, Claudia Tavarès avait raconté ce traumatisme dans un livre publié en 2021, «La volonté d'exister», ou Niel était surnommé «El Satanas».

«Une ambiance de travail conviviale»

Sollicitée par Off Investigation, l'avocate de Xavier Niel reconnait que sa société employait bien à l'époque Claudia Tavarès : «Cette personne avait en effet été recrutée par l'actionnaire majoritaire de la société Fermic (M. Niel n'en était que l'actionnaire minoritaire) pour la sortir de la prostitution. Elle avait été condamnée pour meurtre et incarcérée à la prison de la Santé».

Mais elle précise que Xavier Niel dément «avoir fait des avances» ou «entretenu une liaison» avec Claudia Tavarès. Il dément aussi qu'elle lui disait «non». Quant au sentiment de Claudia d'avoir été «possédée corps et âme», l'avocate de Xavier Niel nous fait répondre : «Des messages amicaux envoyés par cette personne à M. Niel au cours des 30 années suivantes contredisent cette version et attestent d'une ambiance de travail conviviale».

Quant au témoignage de Izza que Off investigation a recueilli à Marseille, l'avocate de Xavier Niel nous indique : «Après vérifications, rendues difficiles par l'ancienneté des faits allégués qui remontent à 30 ans, aucune trace d'une dénommée «Izza» n'a été retrouvée dans les documents relatifs aux sociétés où a travaillé M. Niel».

Xavier Niel connaissait en revanche cette fameuse «Izza», puisqu'il nous fait préciser : «Claudia Tavares a eu pour témoin de mariage une certaine «Izza Zerkoune». De son côté, Izza Zerkoune, qui ne conteste pas être amie avec Claudia Tavarès, maintient qu'elle a bien été employée par Xavier Niel dans les années 1990 comme hotesse minitel rose passage de Crimée, tout en précisant à Off investigation : «Je travaillais le plus souvent le week-end et j'étais payée en liquide, non déclarée».

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Xavier Niel écrit à Off investigation

Dans le cadre d'une démarche contradictoire, Off Investigation a adressé un mail à Xavier Niel dès le 7 octobre 2024 pour lui proposer une interview sur son parcours dans le cadre de notre troisième saison documentaire de 6×52 minutes sur les actionnaires des médias. Il n'a pas souhaité prendre la parole. Le 10 octobre 2024, nous l'informons que nous le tiendrons néanmoins informé au cas où des témoins le mettraient en cause.

Le 17 février 2025, nous renvoyons un mail à Xavier Niel pour recueillir sa réaction à une perquisition de la gendarmerie dans ses serveurs en 1996 pour des contenus pédophiles, son incarcération en 2004 pour des soupçons «d'abus de biens sociaux» et de «proxénétisme aggravé», des témoignages concernant des relations sexuelles mal vécues par une ancienne collaboratrice dans le minitel rose, une rencontre qu'il avait organisée en 2016 entre Michèle Marchand et Brigitte Macron et des raisons de son rachat de Nice Matin et Bestimage. Il est précisé dans le mail que sauf à accorder une interview filmée à Off investigation sur ces sujets, toute réponse écrite devra impérativement nous parvenir avant le 20 février 2025 pour pouvoir éventuellement être mentionnée dans notre documentaire. Nous ne recevons aucune réponse de Xavier Niel durant trois semaines.

Le 6 mars 2025, soit trois jours seulement avant la diffusion de notre documentaire et alors qu'il est finalisé, une avocate du cabinet Temime se présentant comme «conseil de Xavier Niel», Eléonore Heftler-Louiche, nous adresse un mail avec des éléments de réponse à certaines de nos questions. Ces éléments nous sont transmis trop tardivement pour être intégrés au documentaire. En outre, ils ne nous apparaissent pas suffisants pour remettre en cause la base factuelle collectée au cours de notre enquête. Dans un souci de respect du contradictoire, ils sont néanmoins détaillés dans l'article ci-contre et évoqués sur notre chaîne YouTube, en description de notre documentaire.

source : Off Investigation

https://reseauinternational.net/delinquants-et-ultra-riches-comment-ils-ont-fait-elire-macron/