Pratiquer les vertus citoyennes

Libres commentaires => Asie, Pacifique => Discussion démarrée par: JacquesL le 29 Janvier 2026, 09:05:03 PM

Titre: Purge sans précédent dans l’armée chinoise : chute de cinq des six membres de la
Posté par: JacquesL le 29 Janvier 2026, 09:05:03 PM
�Purge sans précédent dans l'armée chinoise : chute de cinq des six membres de la Commission militaire centrale

(https://i0.wp.com/reseauinternational.net/wp-content/uploads/2026/01/Sans-titre-8-23.png?resize=740%2C431&ssl=1)

par Al-Manar

Selon un reportage de la chaîne de télévision d'État chinoise CCTV diffusé le 24, le ministère chinois de la Défense nationale a annoncé que Zhang Youxia et Liu Zhenli, membre de la Commission militaire centrale et chef d'état-major des armées, ont été inculpés de graves violations disciplinaires et d'activités illégales et font l'objet d'une enquête.

Dennis Wilder, ancien responsable de la CIA, a expliqué dans l'émission Insight présentée par Haslinda Amin sur Bloomberg que la purge par le président Xi Jinping du général Zhang Youxia constitue le bouleversement le plus important au sein de la direction militaire chinoise depuis des décennies. Il a exposé ce que la chute de Zhang laisse entendre sur le contrôle du pouvoir exercé par Xi.

Dans un éditorial du 25 janvier, le Quotidien de l'Armée populaire de libération a déclaré que les accusations portées contre les deux hommes concernaient « le piétinement et la destruction du système de responsabilité des présidents de la Commission militaire centrale ». Il s'agit, non pas d'un simple cas de corruption, mais d'un crime politique qui remet directement en cause l'autorité militaire et l'ordre établi de Xi Jinping.

Le remaniement de la hiérarchie militaire initié par le président Xi Jinping depuis 2023 vise désormais le sommet du pouvoir. La 20ème Commission militaire centrale, créée en octobre 2022 avec sept membres, a été réduite à deux : Xi Jinping et Zhang Shengmin, promu vice-président en octobre dernier, après une série d'épurations. Si le contrôle de Xi Jinping sur l'armée s'est renforcé, certains prévoient que les projets d'expansion militaire pourraient subir des revers.

Avec la chute de cinq des six membres de la Commission militaire centrale, la campagne de rectification de la discipline militaire menée par Xi Jinping dans le cadre de la lutte contre la corruption semble avoir pris fin.

Christopher Johnson, directeur du China Strategic Group et ancien analyste de la CIA, a estimé auprès du New York Times que « c'est une annihilation sans précédent du commandement militaire chinois ».

De son côté, Lyle Morris, chercheur principal à l'Asia Society Policy Institute (ASPI), un groupe de réflexion américain, a affirmé que « la plus grande purge de l'histoire chinoise depuis 1949 est terminée ».

Une source diplomatique à Pékin a déclaré au The Chosun Daily que « l'armée chinoise sera renforcée par de nouveaux fidèles et se concentrera sur des améliorations systémiques afin de bâtir une armée forte en prévision du centenaire de sa fondation l'année prochaine ».

La concentration du pouvoir militaire entre les mains de son allié de longue date, Zhang Youxia, a suscité des inquiétudes chez Xi Jinping. En effet, Zhang Youxia était le plus haut gradé militaire en activité à avoir été purgé depuis les événements de la place Tiananmen en 1989.

Bien que des précédents existent concernant Guo Boxiong (purgé en 2014) et Xu Caihou (purgé en 2015), qui ont occupé le poste de vice-présidents de la Commission militaire centrale après l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping, tous deux étaient déjà à la retraite au moment de leur purge.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, plus de 200 000 fonctionnaires ont été sanctionnés sous prétexte de lutte contre la corruption, dont plus de 110 généraux.

L'éviction de Zhang Youxia est perçue comme le résultat d'une purge de grande ampleur initiée par Xi Jinping en 2023, ciblant la Force des fusées et s'étendant à l'industrie de la défense, aux commandements opérationnels et au cœur même de la Commission militaire centrale.


Des fuites des services chinois vers les États-Unis

En 2022, suite à un rapport du Centre d'études aérospatiales (CASI) de l'Université de l'Air Force américaine révélant des informations détaillées sur la Force des fusées, responsable des capacités nucléaires chinoises, des soupçons de fuite de secrets militaires chinois vers les États-Unis ont émergé.

La purge menée par Xi Jinping a alors débuté au sein de la Force des fusées en 2023 et s'est étendue au Département du développement des équipements et au Département du travail politique, provoquant une purge en cascade.

Dennis Wilder, professeur à l'Université de Georgetown et ancien analyste de la CIA sur la Chine, a expliqué que « Zhang Youxia était l'architecte de cette purge, mais à mesure que l'enquête s'étendait, il en est devenu lui-même la cible ». Ce dernier a ajouté qu'il « est possible que lui ou sa famille aient été impliqués dans des affaires de corruption passées, ou que des adversaires politiques aient divulgué des informations ».

La concentration du pouvoir au sein de l'armée sous l'autorité de Zhang Youxia est présentée comme le contexte de la purge radicale menée par Xi Jinping contre la hiérarchie militaire. Zhang Youxia, qui avait tissé des liens étroits avec Xi Jinping dès son enfance grâce aux relations de son père avec des figures importantes de la révolution, a longtemps été considéré comme un proche collaborateur de Xi Jinping.


Des défis soulevés par ce remaniement

Malgré la règle traditionnelle chinoise des « sept mandats, huit mandats » (rester en fonction jusqu'à 67 ans, prendre sa retraite à 68 ans), le pouvoir réel de Xi Jinping a été consolidé par son double mandat de vice-président de la Commission militaire centrale en 2023.

Certains craignent que ce remaniement militaire n'entrave inévitablement les ambitions militaires de la Chine. Xi Jinping a publiquement affirmé son objectif de se doter d'une armée comparable à celle des États-Unis d'ici les 100 ans de la fondation de l'armée chinoise, des purges successives risquent de saper le moral des troupes et d'exacerber la confusion au sein du commandement.

Le professeur Dennis Wilder a expliqué que « la situation actuelle est comparable à celle où il ne resterait qu'un seul général au sein de l'état-major interarmées américain ».

Un avis partagé par un responsable de la sécurité taïwanaise, qui a affirmé qu'en raison «d'une structure décisionnelle dépendante des dirigeants chinois, l'armée pourrait transformer les tensions internes en conflits externes visant Taïwan».


Source : Al-Manar (https://french.almanar.com.lb/article/9437/)

https://reseauinternational.net/purge-sans-precedent-dans-larmee-chinoise-chute-de-cinq-des-six-membres-de-la-commission-militaire-centrale/
Titre: Chine : La purge militaire comme stratégie de survie – et ce qu’elle révèle pour l’AE
Posté par: JacquesL le 29 Janvier 2026, 09:33:40 PM
Chine : La purge militaire comme stratégie de survie – et ce qu'elle révèle pour l'AES

(https://i0.wp.com/reseauinternational.net/wp-content/uploads/2026/01/Sans-titre-11-18.png?fit=800%2C467&ssl=1)

par Eloi B. Keita

Quand l'infiltration devient une arme, seule la discipline d'État empêche l'implosion.

Il faut sortir du commentaire superficiel et regarder le cas chinois avec la froideur d'un stratège. Ce qui se déroule au sommet de la hiérarchie militaire chinoise n'est pas une simple chronique de corruption, encore moins un «fait divers politique». C'est un événement doctrinal, un signal brutal adressé au monde : les grandes puissances ne tolèrent jamais la vulnérabilité interne, surtout lorsqu'elles entrent dans une phase de confrontation systémique avec leurs rivaux.

On dit souvent : «la Chine monte en puissance». C'est vrai.

Mais on oublie un détail décisif : les puissances montantes sont attaquées avant d'être prêtes, non pas toujours par invasion, mais par subversion.

Et c'est précisément là que l'affaire chinoise doit être étudiée, car elle révèle le cœur de la guerre moderne : l'ennemi principal n'est pas toujours à la frontière ; il est dans les organigrammes.

I. La purge chinoise : le vrai sujet n'est pas la corruption, mais la souveraineté

Les informations autour de l'éviction de hauts responsables militaires chinois sont présentées au public sous deux narratifs concurrents :

Le point décisif est le suivant :
→ même si les termes changent, le centre de gravité reste identique : la question de la loyauté.

Une puissance peut survivre à des scandales financiers.

Elle ne survit pas à une fracture de loyauté dans l'appareil militaire, surtout dans un contexte où la compétition avec les États-Unis est déjà entrée dans une phase de confrontation globale (technologique, maritime, narrative, financière, militaire).

La Chine sait cela.

Et elle agit en conséquence : verrouillage, purge, recentrage.

Autrement dit : discipline d'État.

II. Quand le sommet tremble, c'est que la guerre est déjà entrée dans la maison

Une observation stratégique s'impose : dans les systèmes politiques consolidés, les purges ne sont pas des caprices, ce sont des actes de prévention.

Pourquoi le sommet militaire est-il un enjeu vital ?

Parce que la guerre moderne n'est pas seulement une affaire de canons, mais une affaire de :

Or, l'ennemi le plus dangereux n'est pas celui qui attaque frontalement.

C'est celui qui neutralise le système de l'intérieur.

La Chine, en purgeant ses élites militaires, pose donc un principe universel :

Une puissance infiltrée n'est pas une puissance. C'est une proie armée.


III. L'infiltration : arme impériale par excellence

L'infiltration est la méthode reine des empires depuis toujours.

1) Rome, Byzance : acheter des factions
Les empires antiques ne conquéraient pas seulement par la force. Ils achetaient des clans, divisaient les élites, finançaient des querelles internes, puis entraient comme arbitres. L'Empire devient puissant quand il transforme la politique locale en guerre civile permanente.

2) XVIIIe-XIXe siècles : pactiser avec des élites compradores

Dans l'histoire coloniale, le dispositif central n'est pas la baïonnette. C'est la mise en place d'élites relais, chargées d'assurer la discipline sociale au profit de la métropole.

3) XXe siècle : les renversements «internes» télécommandés

Iran 1953, Congo 1961, Chili 1973 : un grand classique se répète :

4) XXIe siècle : guerre hybride totale

Aujourd'hui le modèle a muté. L'empire n'a même plus besoin de se justifier. Il active :

L'objectif : faire tomber la souveraineté sans déclencher une guerre classique.

Ce modèle est celui que l'AES subit déjà.

IV. La différence entre le fauve et l'impérialiste

Formulons avec une vérité tranchante : les fauves chassent pour manger. Ils s'arrêtent.

L'impérialiste, lui :

L'empire ne cherche pas seulement des profits : il cherche l'ordre, au sens féodal du terme : une pyramide, des maîtres et des sujets.

Et c'est précisément pour cela qu'il ne supporte pas :

V. Le cas chinois : une leçon de méthode, pas un modèle à copier

Soyons rigoureux. Il ne s'agit pas de dire : «faisons comme la Chine». Les contextes sont différents. Les institutions ne sont pas comparables.
Mais il s'agit d'apprendre une logique universelle :

Quand un État se sait visé, il durcit son noyau

La Chine traite les risques internes avec un postulat :

Une puissance qui se prépare à un bras de fer mondial ne tolère pas :

L'erreur occidentale est de croire que ces politiques relèvent d'un goût autoritaire.
Non. Elles relèvent d'un axiome de souveraineté :

sans discipline, pas d'État ; sans État, pas de souveraineté ; sans souveraineté, pas de futur.

VI. Le danger central pour l'AES : la fracture interne

Si l'on doit être brutalement lucide, l'AES ne tombera pas d'abord sous une guerre externe directe. Elle tombera si elle est attaquée sur ces trois points :

1) Fracture civilo-militaire
Opposer le peuple à son armée, accuser l'armée d'être «le problème», transformer les forces en bouc émissaire : c'est une arme classique de neutralisation.

2) Fracture sociale et communautaire
C'est la plus rentable.
L'empire ne détruit pas une nation : il pousse la nation à se détruire elle-même.

3) Fracture institutionnelle
L'outil suprême est la capture des élites administratives, judiciaires et sécuritaires. Dès lors, le pays conserve ses drapeaux, mais perd ses décisions.

VII. Leçon majeure : l'AES doit passer du «moment politique» au «système fédéral»

L'AES est une percée. Mais elle doit devenir une architecture.
Une alliance est une étape.
Une fédération est une armure.
Pourquoi la Fédération est centrale ?
Parce qu'elle permet :

L'empire sait renverser des États isolés.

Il souffre face aux ensembles.

C'est une loi historique :

Donc : la fédération AES est le premier verrou.

VIII. 10 leçons implacables pour l'AES (doctrine de survie souveraine)

Voici la partie la plus importante : la leçon opérationnelle. Les «youtubeurs» et les «tiktokeurs» de l'AES doivent massivement copier, diffuser, décortiquer, analyser en débattre, etc. pour une prise de conscience totale... Ce sont des «idées forces» que je lance, en toute humilité car il y a penseurs et penseur, tout comme il y a intellectuel et intellectuel :

1 ) Contre-ingérence fédérale permanente
Créer une structure AES de contre-ingérence avec :

2 ) Sécuriser le sommet militaire
Le cas chinois montre qu'une armée peut être puissante et pourtant vulnérable si son sommet est fissuré.
Donc :

3 ) Neutraliser le «soft power» hostile

Le «soft power» n'est pas une poésie : c'est une arme.
Identifier les réseaux :

4 ) Doctrine de discipline nationale

La souveraineté exige un coût : discipline, efficacité, exemplarité.
Un État corrompu devient immédiatement une colonie fonctionnelle.

5 ) Guerre narrative
Sans maîtrise du récit :

6 ) Cohésion sociale comme bouclier
Gouverner c'est intégrer :
La fracture sociale est la porte d'entrée de la subversion.

7 ) Économie de souveraineté
L'AES doit transformer sa résilience en doctrine :

8 ) Diplomatie d'ensemble
Toujours parler d'une seule voix.
Toujours négocier en bloc.
Toujours internationaliser les agressions.

9 ) Justice stratégique
Les crimes contre la souveraineté doivent être traités comme tels :

10 ) Fédéralisation progressive
Il faut un calendrier :

Conclusion : le monde n'a pas pitié des peuples qui hésitent

La purge chinoise rappelle une vérité : les États sérieux protègent leur noyau.

La souveraineté est un combat total : idéologique, institutionnel, sécuritaire.

L'AES doit comprendre l'essentiel :

La seule réponse est :

Car l'histoire n'a jamais respecté les faibles.

Elle n'a respecté que les peuples capables de se transformer en puissance.


Dr. Eloi Bandia Keita (https://reseauinternational.net/author/dr-keita/)


https://reseauinternational.net/chine-la-purge-militaire-comme-strategie-de-survie-et-ce-quelle-revele-pour-laes-2/