Pratiquer les vertus citoyennes

Libres commentaires => Politique française => Discussion démarrée par: JacquesL le 24 Janvier 2026, 07:19:54 PM

Titre: Une dissimulation par la « Gauche » de la tentative de changement de régime en
Posté par: JacquesL le 24 Janvier 2026, 07:19:54 PM
Une dissimulation par la « Gauche » de la tentative de changement de régime en Iran

Publié le janvier 24, 2026 (https://lesakerfrancophone.fr/une-dissimulation-par-la-gauche-de-la-tentative-de-changement-de-regime-en-iran) par Wayan (https://lesakerfrancophone.fr/author/wayan)

(https://lesakerfrancophone.fr/wp-content/uploads/2015-05-21_11h17_05.png)

Par Moon of Alabama (https://www.moonofalabama.org/2026/01/a-left-cover-up-of-regime-change-failure.html) – Le 23 juin 2026

La page Daily Links (https://www.nakedcapitalism.com/category/links) d'aujourd'hui sur Naked Capitalism (https://www.nakedcapitalism.com/) pointait vers un article sur l'Iran publié par Sidecar (https://newleftreview.org/sidecar), le site-blogs de la New Left Review (https://newleftreview.org/).

Ni la NLR ni Sidecar ne figurent sur ma liste de lecture quotidienne, bien que j'aie déjà présenté plusieurs articles de Sidecar dans ma Week-In-Review.

Selon sa page « À propos«  (https://newleftreview.org/sidecar/posts/welcome-to-sidecar):

CiterLes publications sur Sidecar vous apprendront quelque chose – sur les personnes, les processus, les événements, les structures – qui n'est pas publié ailleurs, mais qui mérite pourtant de l'être.

L'article de Sidecar republié par Naked Capitalism, « Charybde et Scylla (https://newleftreview.org/sidecar/posts/scylla-and-charybdis) » par Eskandar Sadeghi-Boroujerdi (https://www.st-andrews.ac.uk/international-relations/people/es404/Eskandar), ne correspond certainement PAS à ce critère.

L'article traite de la récente manifestation pour un changement de régime en Iran et de la réaction du gouvernement à celle-ci. Son point de vue sur le plan d'action de chaque côté se lit comme la copie directe d'un message contrôlé par la CIA.

Il y est peu fait mention d'émeutiers ou de manifestations violentes :

CiterLes manifestations qui ont débuté à Téhéran le 28 décembre se sont propagées à une vitesse remarquable dans les villes et villages de province tels que Hamedan, Mashhad, Tabriz, Izeh, Qom, Marvdasht, Abdanan, Kerman, Arak, Ispahan et Malekshahi.
...

La circulation numérique des images et des témoignages a aidé à synchroniser les griefs locaux, mais c'est la confluence de blessures économiques et d'un épuisement social plus profond qui a donné aux manifestations leur portée nationale. La violence déployée par les forces de sécurité contre les manifestants dans des villes de province telles que Ilam et Marvdasht a encore enflammé l'indignation du public, et même si Téhéran est initialement restée relativement calme, les manifestations ailleurs avaient déjà commencé à revêtir un caractère explicitement anti-régime.

L'État a d'abord semblé reconnaître le danger d'escalade. Les responsables ont reconnu les griefs économiques des manifestants, tandis que le gouverneur de la banque centrale a été remplacé.
...
La posture de tolérance limitée du gouvernement Pezeshkian s'est évaporée en quelques jours, alors que le contrôle effectif passait à l'appareil de sécurité : les différentes branches du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, aux côtés des services militaires, judiciaires et de renseignement. Il appartiendra aux historiens de reconstituer précisément ce qui s'est passé entre le 8 et le 10 janvier. À cause d'une panne d'Internet presque totale et d'une abondance de désinformation, établir une chronologie définitive reste difficile. Néanmoins, un aperçu des événements commence à se dessiner.

À la suite des manifestations initiales du bazar et de leur diffusion dans plusieurs provinces, Reza Pahlavi, le fils du monarque déchu d'Iran, a lancé un appel public aux Iraniens à descendre dans la rue et à renverser le régime. Selon de nombreux témoignages oculaires, les manifestations du 8 janvier ont été exceptionnellement importantes et pour la plupart pacifiques. Au lendemain de ces manifestations nocturnes, le message de l'État s'est durci. Les forces de sécurité ont envoyé des SMS d'avertissement à des millions de téléphones portables et le président de la Cour suprême, Gholamreza Mohseni-Ejei, a émis une série d'avertissements sévères, menaçant de graves conséquences pour quiconque se joindrait à de nouvelles manifestations. Cette tactique semble avoir dissuadé une certaine participation le lendemain. Malgré cela, le 9 janvier, un noyau important et très engagé de manifestants est retourné dans la rue.

Ils ont été accueillis avec une violence sans précédent. Des vidéos ont circulé montrant des unités de sécurité tirant directement sur la foule, prenant d'assaut des hôpitaux, agressant des manifestants blessés et du personnel médical, et poursuivant des manifestants dans des espaces qui avaient auparavant conservé un certain degré d'immunité informelle.

En quoi ce récit diffère-t-il de tout ce que les principaux médias occidentaux ont écrit. Les forces gouvernementales, tout juste sorties de nulle part, utilisaient la violence contre des manifestations « pour la plupart pacifiques » ?  Bien sûr, et « ce sera la tâche des historiens de reconstruire » cela parce que nous manquons d'informations ?

Après beaucoup de blablas sociologiques et pseudo-gauchistes, Sadeghi-Boroujerdi, l'auteur de l'article, admet finalement qu'il y a eu une violence importante de la part des manifestants. Mais il l'excuse immédiatement comme ayant été causée par « des années de répression » :

CiterDans le même temps, il existe des preuves vidéo de manifestants armés affrontant les forces de sécurité avec des couteaux, des machettes et, dans certains cas, des armes à feu, une indication de la façon dont des années de répression ont radicalisé des segments de l'opposition. Il y a également eu de multiples rapports d'incendies criminels contre des bâtiments gouvernementaux, ainsi que des mosquées et des installations de télévision et de radio d'État, indiquant à quel point la protestation était devenue plus ouvertement insurgé dans certaines localités.

La géographie de la répression qui a suivi a été nettement inégale. Dans certaines régions, des répressions brèves mais féroces ont fait des dizaines de morts en quelques heures ; dans d'autres, des affrontements prolongés se sont déroulés au cours de nuits successives. Ces différences, cependant, n'enlèvent rien au schéma global. Ce qui s'est passé n'était pas une série d'excès isolés ou de manquements à la discipline, mais le déploiement systématique d'une force meurtrière par l'État contre des manifestants civils.

Plus loin dans son trop long article, l'auteur admet enfin que les agents de la CIA et du Mossad ont joué un rôle dans tout cela. Mais il insiste sur le fait que leur rôle n'était que mineur :

CiterReconnaître cela ne revient pas à créditer l'affirmation du régime selon laquelle la mobilisation était d'origine étrangère. Un soulèvement national, enraciné dans des années de dégradation sociale et économique, ne peut être réduit aux machinations de services de renseignement extérieurs, même s'il ne fait guère de doute que les agences de renseignement israéliennes et américaines ont cherché à détourner les manifestations.

À quel point doit-on être bien payé ou stupide pour décrire une opération évidente de changement de régime impérial comme « enracinée dans des années de dégradation sociale et économique » sans souligner que la « dégradation sociale et économique » fait partie intégrante des plans de changement de régime.

Comparez l'écriture confuse ci-dessus avec la clarté avec laquelle John Mearsheimer expose les faits (https://mearsheimer.substack.com/p/the-tag-team-fails-in-iran) :

CiterCe qui s'est passé en Iran est une tentative de l'équipe israélienne et américaine de renverser le gouvernement de Téhéran et de briser l'Iran, de la même manière que les États-Unis, la Turquie et Israël ont fracturé la Syrie. Le mode opératoire en Iran fut ceux que nous avons vus auparavant. Il comporte quatre éléments.

Premièrement, les États-Unis s'efforcent depuis longtemps de détruire l'économie iranienne avec des sanctions.
...
Deuxièmement, l'équipe de terrain s'est mise au travail fin décembre 2025 pour fomenter et soutenir des manifestations violentes qui précipiteraient une réponse violente du gouvernement, ce qui, espérait-elle, déclencherait une spirale de violence que le gouvernement ne pourrait pas contrôler.
...
Troisièmement, les médias occidentaux ont joué le jeu avec l'équipe de terrain et ont raconté que les manifestations étaient principalement une réponse à la politique d'un gouvernement diabolique à Téhéran, et non à cause d'une ingérence extérieure. De plus, les manifestations étaient pacifiques et c'est le gouvernement qui a déclenché la violence.
...
Quatrièmement, l'armée américaine (et peut-être l'armée israélienne) était prête à attaquer l'Iran une fois que les manifestations auraient atteint une masse critique, achevant le régime et créant un chaos en Iran qui, espéraient-ils, briserait le pays.

Mais cette stratégie a échoué, principalement parce que le gouvernement iranien a pu mettre fin aux manifestations rapidement et de manière décisive.

Cette tentative de changement de régime ratée a fait quelque 3 200 victimes (https://x.com/IRIran_Military/status/2014082133539664069).

CiterLes statistiques officielles sur les victimes des récents troubles en # Iran ont été publiées : 2 427 citoyens innocents, y compris les forces de sécurité et les gens ordinaires, ont été martyrisés dans des attaques terroristes et 690 terroristes armés ont été tués.

Au total, 3 117 personnes ont perdu la vie.

Les dégâts matériels furent également lourds (https://x.com/IRIran_Military/status/2014092137525137679).

Le fait que NLR et Sidecar publient un article qui minimise et tente de cacher les émeutes de changement de régime extrêmement brutales et induites de l'extérieur comme des manifestations « pour la plupart pacifiques » qui se déroulent après des « années de répression » témoigne à quel point la « gauche universitaire » a perdu ses repères.

L'analyse des politiques de classe locales dans un pays de taille moyenne importe peu lorsqu'une grande puissance est là pour le détruire. Lorsque vous discutez des griefs locaux, il est important de garder à l'esprit la situation dans son ensemble. Depuis 47 ans maintenant, les forces impériales aux États-Unis et en Grande-Bretagne cherchent à détruire la République islamique et à ré-asservir le peuple iranien. C'est le cadre majeur à travers lequel l'Iran doit être analysé. Les autres problèmes locaux sont principalement des détails de broderie.


Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/une-dissimulation-par-la-gauche-de-la-tentative-de-changement-de-regime-en-iran
Titre: La gauche pacifiste est morte
Posté par: JacquesL le 24 Janvier 2026, 10:03:06 PM
Le moment iranien pour la gauche

(https://i0.wp.com/reseauinternational.net/wp-content/uploads/2026/01/gauche-us.jpg?resize=740%2C431&ssl=1)

Le «moment iranien» de la gauche prouve que l'anti-impérialisme est mort

par José Alberto Niño

Lorsque les progressistes reprennent à leur compte les arguments du département d'État, «l'anti-impérialisme» se réduit à un simple slogan marketing.

La gauche pacifiste du monde anglophone s'est effondrée, et les manifestations en Iran ont mis au jour son état critique. Il ne reste plus que des politiciens progressistes débitant des platitudes sur les droits de l'homme tout en orchestrant systématiquement le consentement pour des frappes punitives, des opérations secrètes et, à terme, un changement de régime à Téhéran.

Le schéma est sans équivoque. Tandis que Donald Trump imposait (https://www.youtube.com/watch?v=5mLwWAxYuKU) des droits de douane de 25% aux partenaires commerciaux de l'Iran, resserrant l'étau économique autour des Iraniens ordinaires déjà affamés par les sanctions, et que des agents du Mossad et des séparatistes terroristes incendiaient des bibliothèques et assassinaient des civils, la gauche prétendument anti-impérialiste n'a offert que de pitoyables déclarations de condamnation contre le gouvernement iranien. En réalité, elle s'est comportée comme le porte-parole du régime (voulu par le duo Netanyahou-Trump).

De même, tandis que Trump déclarait (https://www.iranintl.com/en/202601020726) sur Truth Social : «Si l'Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme c'est leur habitude, les États-Unis d'Amérique viendront à leur secours. Nous sommes prêts à intervenir», les figures progressistes britanniques reprenaient ses arguments dans un langage légèrement plus modéré.

La députée britannique Zarah Sultana a publié (https://twitter.com/zarahsultana/status/2010800541274948037) un tweet magistral, illustrant parfaitement l'art de concilier les inconciliables. «Les images de sacs mortuaires ne laissent aucun doute sur la brutalité de la répression iranienne, et le black-out des communications est indéfendable», a-t-elle écrit. «Partout dans le pays, les Iraniens manifestent contre les graves difficultés économiques qu'ils subissent, largement aggravées par les sanctions américaines. Du Royaume-Uni, la véritable solidarité implique de s'opposer à ces sanctions ainsi qu'aux stratégies et ambitions impérialistes qui les sous-tendent».

Elle a poursuivi : «Parallèlement, ce mécontentement est cyniquement exploité par le gouvernement génocidaire de Netanyahou comme prétexte à une intervention militaire et à un changement de régime, une voie qu'il faut fermement rejeter. Il faut que ce soit clair : seul le peuple iranien a le droit de décider de son propre avenir. Aucune puissance extérieure ne doit dicter sa loi ni s'immiscer dans sa vie. Toute politique sérieuse exige de prendre en compte l'ensemble de ces vérités».

Affirmer la vérité sous tous ses aspects paraît noble jusqu'à ce qu'on comprenne ce que Sultana refuse de dire. Elle ne demandera pas la levée de toutes les sanctions contre l'Iran. Elle n'exigera pas la fin de la campagne terroriste menée par les États-Unis et Israël. Elle ne plaidera pas pour une normalisation des relations entre les États-Unis et Téhéran. Ces omissions ne sont pas fortuites. Elles révèlent que, comme ses collègues, elle soutient tacitement la campagne de terreur de la CIA et du Mossad tout en mentant sur les manifestations pacifiques.

Le député britannique et ancien chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, jadis considéré comme le fer de lance de l'anti-impérialisme britannique, a tenu le même discours. Il a tweeté (https://twitter.com/jeremycorbyn/status/2010812363637752037) : «Je suis consterné par le meurtre de manifestants à travers l'Iran ces derniers jours. Le peuple iranien a le droit de manifester pacifiquement et de faire entendre sa voix, sans craindre une répression violente à l'intérieur du pays ni une ingérence étrangère».

Corbyn a ajouté : «Le peuple iranien, et lui seul, doit décider de son propre avenir. Les dernières menaces d'intervention militaire du président américain contre l'Iran, suite aux attaques menées l'an dernier par les États-Unis et Israël, et après des années de sanctions écrasantes, ne peuvent qu'accroître le risque d'effusion de sang et d'une guerre régionale plus vaste. L'expérience des interventions répétées des États-Unis et de leurs alliés pour changer le régime a démontré qu'elles n'apportent ni liberté ni démocratie, mais conduisent au contraire à davantage de guerre, de répression et de désintégration sociale. De même que nous condamnons le recours à la violence contre les manifestants pacifiques par les autorités iraniennes, nous devons également nous opposer à toute ingérence de puissances extérieures qui attise la violence et prive le peuple iranien de son droit à l'autodétermination. Je soutiens les droits humains de tous, partout dans le monde, et je continuerai à militer pour un monde de paix et de liberté pour tous».


Là encore, aucune revendication concrète.

Corbyn ne demandera pas la levée des sanctions. Il n'exigera pas la fin des opérations clandestines. Il présente la question comme si l'agression américaine et israélienne relevait d'un univers moral distinct des efforts iraniens pour rétablir l'ordre, ce qui lui permet de condamner les deux sans s'opposer à la superstructure suprématiste juive même qui a engendré ces conflits.

Ses critiques des menaces de Trump sonnent creux face à l'escalade actuelle. Le 10 janvier, Trump a déclaré aux journalistes (https://abcnews.go.com/Politics/week-transcript-1-11-26-sen-tina-smith/story?id=129088973) : «Je dis aux dirigeants iraniens : vous avez intérêt à ne pas commencer à tirer, car nous aussi, nous tirerons». Il a précisé (https://www.nbcnews.com/world/iran/violent-crackdown-iran-protests-trump-warns-regime-start-shooting-rcna253259) : «Nous allons les frapper très fort là où ça fait mal. Et cela ne signifie pas forcément un déploiement de troupes au sol, mais bien les frapper très, très fort là où ça fait mal».

Le 13 janvier, Trump annonçait que (https://www.bbc.com/news/articles/czdqy3rmp78o) l'armée américaine étudiait des options militaires contre l'Iran. Il affirmait (https://www.cnn.com/2026/01/11/politics/trump-weighs-potential-military-intervention-in-iran) également que les dirigeants iraniens souhaitaient négocier, mais prévenait : «L'Iran a appelé à négocier... Je pense qu'ils en ont assez d'être battus par les États-Unis... Nous pourrions être amenés à agir avant la réunion».

Dans ce qui est peut-être sa déclaration la plus incendiaire, Trump a publié (https://www.fdd.org/analysis/2026/01/13/help-is-on-its-way-trump-urges-iranians-to-maintain-protest-momentum-after-thousands-killed-in-demonstrations/) le 13 janvier : «Patriotes iraniens, CONTINUEZ DE PROTESTER – REPRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!! Sauvez les noms des tueurs et des agresseurs. Ils paieront cher. J'ai annulé toutes les réunions avec les responsables iraniens jusqu'à ce que le massacre insensé des manifestants CESSE. L'AIDE EST EN ROUTE. MIGA !!!»

Trump dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Ses menaces explicites d'intervention, dissimulées sous un vernis de compassion humanitaire, font partie intégrante de son programme judéo-accélérationniste (https://www.josealnino.org/p/the-judeo-accelerationist-presidency) visant à sécuriser le Moyen-Orient pour les intérêts israéliens.

Pourtant, la réponse de Corbyn a été de publier un fil de discussion reconnaissant ce danger tout en offrant une justification morale aux manifestations, en refusant de dénoncer les acteurs néfastes à l'étranger – à savoir le Mossad et les services de renseignement anglo-américains – qui instrumentalisent ces manifestations pour fomenter une insurrection armée afin de déstabiliser et, à terme, de renverser la République islamique.

De l'autre côté de l'Atlantique, la représentante Alexandria Ocasio-Cortez (démocrate de New York) a abandonné toute prétention d'anti-impérialisme. Elle a tweeté (https://twitter.com/RepAOC/status/2010468396966572324) : «La répression violente des manifestants par le gouvernement iranien est horrible et doit cesser immédiatement. Tout peuple a le droit de manifester contre son gouvernement sans craindre la violence. Je soutiens les Iraniens qui descendent dans la rue pour réclamer un avenir meilleur».

Il s'agit de la même personne qui, en août 2018, avait rendu hommage à (https://twitter.com/AOC/status/1033538876370046977) John McCain en écrivant : «L'héritage de John McCain représente un exemple sans égal de décence humaine et de dévouement au service de l'Amérique. En tant que stagiaire, j'ai beaucoup appris sur le pouvoir de l'humanité au sein du gouvernement grâce à sa profonde amitié avec le sénateur Kennedy. Il a compté énormément pour tant de personnes. Mes pensées accompagnent sa famille».

McCain, artisan de nombreux changements de régime et fervent partisan des interventions militaires au Moyen-Orient, incarnait apparemment la décence humaine dans le cadre moral d'Ocasio-Cortez. Sa déclaration sur l'Iran s'inscrit parfaitement dans cette vision du monde. N'oublions pas qu'en 2021, AOC a commis une grave erreur (https://www.nytimes.com/2021/09/24/us/politics/aoc-israel-iron-dome.html) en votant «présent» sur le financement du Dôme de fer israélien – [ce qui aurait dû entraîner] un vote «non» sans équivoque pour tout anti-impérialiste digne de ce nom.

Elle apporte un soutien inconditionnel aux violences qui secouent l'Iran sans reconnaître l'influence néfaste et occulte qui manipule ces individus. Les médias iraniens ont diffusé des images montrant des agitateurs antigouvernementaux incendiant une bibliothèque historique à Borujen. L'Union européenne a officiellement approuvé ces émeutes visant à renverser le régime, comme l'a souligné (https://twitter.com/MaxBlumenthal/status/2010881325864042977) le journaliste Max Blumenthal.

Lorsque des saboteurs incendient des mosquées, détruisent des hôpitaux et assassinent (https://www.instagram.com/p/DTc3NeejN51/) une fillette de trois ans sur ordre de l'impérialisme judéo-américain, tandis que les progressistes occidentaux acclament ces insurrectionnels comme des combattants de la liberté, le terme «gauche anti-guerre» perd tout son sens.

La coordination entre l'escalade orchestrée par Trump et sa condamnation croissante de l'Iran crée un contexte propice à une intervention militaire. Trump a présenté (https://www.cbsnews.com/news/iran-protests-deaths-mount-trump-warning-pahlavi-calls-for-city-takeovers/) les manifestations comme un mouvement pour la liberté, publiant le 11 janvier : «L'Iran aspire à la LIBERTÉ, peut-être comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à aider ! président DONALD J. TRUMP». Lorsque Corbyn, Sultana et Ocasio-Cortez expriment des sentiments similaires quant au droit du peuple iranien à la liberté, tout en condamnant la réponse du gouvernement, ils offrent un soutien bipartisan à toute décision future de Trump.

Le présentateur britannique George Galloway a parfaitement résumé l'absurdité de la situation lorsqu'il a tweeté (https://twitter.com/georgegalloway/status/2010961177765921220) : «Honnêtement, je n'avais pas prévu que Donald Trump, Benyamin Netanyahou, Nigel Farage, Jeremy Corbyn et Zara Sultana dénoncent l'Iran le même jour sur ma grille de bingo aujourd'hui».

En effet, Nigel Farage, le leader du parti britannique Reform UK, a publié (https://www.iranintl.com/en/202601022241) le 1er janvier : «Je souhaite bonne chance aux forces de la liberté en Iran, comme je le fais depuis des années. Ce régime maléfique doit tomber». Le fait que Jeremy Corbyn et Zarah Sultana se soient retrouvés du même côté que Farage et Trump aurait dû susciter une profonde introspection au sein de la gauche progressiste. Il n'en fut rien. La politique a cette fâcheuse tendance à réunir les alliances les plus improbables.

Cette alliance n'est pas fortuite.


Les politiciens progressistes sont devenus des pions dans une campagne coordonnée de changement de régime.

Ils offrent une couverture de gauche aux politiques interventionnistes, permettant aux médias et aux services de renseignement traditionnels de revendiquer un large consensus idéologique. Lorsque Corbyn et Sultana reprennent à leur compte les arguments du département d'État concernant la répression iranienne, tout en évitant soigneusement de remettre en question les sanctions, les opérations secrètes ou les menaces militaires, ils préparent le terrain pour la guerre.

À quoi ressemblerait une politique anti-impérialiste authentique à l'égard de l'Iran ?

Première exigence : toutes les sanctions doivent être levées.

Deuxième exigence : la fin de la guerre hybride américano-israélienne contre l'Iran.

Troisième exigence : une normalisation complète des relations diplomatiques et commerciales avec Téhéran.

Quatrième exigence, et c'est le plus crucial : un retrait complet de toutes les troupes et de tous les moyens militaires américains du Moyen-Orient.

Malheureusement, les progressistes évitent de défendre ces réformes. Ils préfèrent une vaine démonstration de vertu pour rester bien vus de la classe dirigeante, éludant ainsi le véritable combat politique de notre époque : celui des non-Juifs contre le judaïsme organisé.

Les manifestations en Iran ont révélé une vérité fondamentale sur le progressisme occidental contemporain : la gauche pacifiste est morte. Elle a été remplacée par une poignée de politiciens qui, tout en tenant le discours des droits de l'homme et de l'autodétermination, manipulent l'opinion publique pour soutenir les mêmes politiques impérialistes qu'ils prétendent combattre. Ils condamnent la violence de manière sélective, soutiennent implicitement les opérations de changement de régime, sans jamais opposer de véritable opposition à la machine de guerre.

La gauche pacifiste est devenue pire qu'inefficace, se contentant de répéter la propagande de la CIA et du département d'État qui alimente le programme sanguinaire de l'impérialisme judéo-américain. Ce qu'il faut de toute urgence, c'est une action concrète et implacable, forçant ces puissants à reculer, à se confronter à une résistance véritable et crédible face à cette entreprise géopolitique impie.


Source : The Unz Review (https://www.unz.com/article/the-lefts-iran-moment-proves-anti-imperialism-is-dead/) via Entre la plume et l'enclume (https://plumenclume.com/2026/01/23/le-moment-iranien-pour-la-gauche-par-jose-alberto-nino/)

https://reseauinternational.net/le-moment-iranien-pour-la-gauche/