Ukraine. Escalade stratégique visant à influencer les négociationsPublié le juin 3, 2025 (https://lesakerfrancophone.fr/ukraine-escalade-strategique-visant-a-influencer-les-negociations) par Wayan (https://lesakerfrancophone.fr/author/wayan)
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Par Moon of Alabama (https://www.moonofalabama.org/2025/06/ukraine-strategic-escalation-intended-to-influence-talks.html#comments) – Le 2 juin 2025
À quelques jours des négociations visant à mettre fin au conflit, le rythme des opérations militaires en Ukraine s'est accéléré.Au cours de la dernière semaine de mai, les forces russes ont pris le contrôle (https://english.nv.ua/nation/russia-occupies-18-settlements-in-ukraine-in-one-week-of-offensive-50518458.html) de 18 localités et de plus de 200 kilomètres carrés de terrain. Au cours des dernières 24 heures, au moins trois autres localités ont changé de mains. L'armée ukrainienne n'est plus en mesure de tenir ses lignes de défense. Sa situation se détériore de jour en jour.Samedi, une attaque russe à la roquette a frappé un camp d'entraînement militaire ukrainien, tuant ou blessant une centaine de soldats. C'est la deuxième fois que ce camp est touché. D'autres agglomérations de forces ukrainiennes avaient déjà subi le même sort. Pourtant, les forces ukrainiennes au-delà de la ligne de front continuent de se regrouper, devenant ainsi la cible d'armes à longue portée.Assumant la responsabilité de ces erreurs répétées, le commandant des forces terrestres ukrainiennes a démissionné (https://militaryland.net/news/commander-of-the-ground-forces-resigns/) :CiterLe commandant des forces terrestres des forces armées ukrainiennes, Mykhailo Drapatyi, a présenté sa démission à la suite de la tragédie survenue au 239e centre d'entraînement, où une frappe russe a tué des soldats d'un bataillon d'entraînement.
La perte est importante :
Citer[Drapatyi] est considéré comme l'un des commandants les plus compétents des forces armées ukrainiennes et était l'un des principaux candidats à la succession de Syrskyi au poste de commandant en chef.
Samedi et dimanche, des groupes de diversion ukrainiens ont utilisé des explosifs (https://twitter.com/ThetruthDW/status/1929412944778985614) pour détruire deux ponts ferroviaires russes dans les régions de Koursk et de Briansk. Ces ponts étaient situés à environ 50 kilomètres au nord de la ligne de front de la région de Soumy. Ces frappes auront un impact, même si ce n'est que pour une courte période, sur l'approvisionnement ferroviaire des forces russes au nord de Soumy.
L'une des explosions a détruit un train civil de passagers. Une dizaine de personnes ont été tuées et une centaine de blessées. Il s'agit probablement d'une attaque terroriste délibérée.
Dimanche matin, une opération à grande échelle menée par les services secrets ukrainiens a permis d'attaquer plusieurs aérodromes stratégiques dans toute la Russie. Des sources ukrainiennes ont revendiqué des attaques (https://kyivindependent.com/enemy-bombers-are-burning-en-masse-ukraines-sbu-drones-hit-more-than-40-russian-aircraft/amp/) contre cinq aérodromes (https://twitter.com/Zlatti_71/status/1929196003535487436) et la destruction de plus de 40 bombardiers stratégiques.
L'évaluation actuelle des dégâts confirme les attaques contre deux aérodromes et la destruction ou l'endommagement d'une dizaine de bombardiers (https://twitter.com/RWApodcast/status/1929249457104658750).
L'attaque aurait été menée à l'aide de 120 drones télécommandés lancés depuis des camions civils positionnés à proximité de ces aérodromes. Des sources ukrainiennes affirment que l'opération a nécessité 18 mois de préparation. Il semble que le réseau de téléphonie mobile russe ait été utilisé pour contrôler à distance les drones (https://twitter.com/DAlperovitch/status/1929264612723102004). Il sera donc relativement facile d'empêcher une autre attaque de ce type en bloquant le trafic pertinent sur ces canaux.
Si cette attaque a une grande valeur propagandiste, elle n'a aucun impact sur la position ukrainienne sur le champ de bataille. Elle incitera plutôt les forces russes à frapper plus fort, probablement par des attaques à longue portée contre les centres de décision ukrainiens.
Les États-Unis affirment n'avoir pas été informés de l'attaque contre des installations stratégiques (nucléaires) russes. Cette affirmation n'est pas plausible. Comme l'affirme l'ancien agent de la CIA Larry Johnson (https://sonar21.com/ukraine-launches-terrorist-offensive-with-western-assistance-on-eve-of-negotiations-in-istanbul/) :
CiterÀ mon avis, aucune de ces attaques n'aurait pu être planifiée et exécutée sans l'aide, voire l'implication directe, des services de renseignement occidentaux et des officiers de l'OTAN. Les drones ont probablement été activés par un signal à distance rendu possible par des satellites occidentaux et/ou des systèmes tels que Starlink. Ces systèmes ont également joué un rôle essentiel en permettant aux drones de se diriger vers les aérodromes ciblés.
Dimanche soir, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a passé un appel téléphonique au secrétaire d'État américain, Marco Rubio. Le contenu de cet appel n'a pas été rendu public.
Dimanche également, les forces russes ont lancé une centaine de drones à longue portée contre des cibles en Ukraine. Lundi matin, une centaine de drones ont été lancés par l'Ukraine en direction de Moscou. Les évaluations des dommages causés par ces attaques ne sont pas encore disponibles.
Cette escalade de la guerre au-delà du champ de bataille immédiat est survenue à la veille des négociations entre l'Ukraine et la Russie à Istanbul, en Turquie.
La position internationale de l'Ukraine continue de se détériorer. Le 6 juin prochain, les privilèges d'importation accordés par l'UE aux produits ukrainiens prendront fin. L'impact sur l'économie ukrainienne sera grave. Hier, la Pologne, le voisin le plus favorable à l'Ukraine, a élu un président conservateur qui n'est pas en faveur de l'Ukraine.
La partie ukrainienne espérait probablement que son attaque contre des aérodromes russes stratégiques inciterait la Russie à retarder ou à rompre les négociations à Istanbul. Celles-ci auront toutefois lieu et se poursuivront.
Les deux parties devraient échanger des mémorandums sur leurs visions respectives de la fin de la guerre.
Je m'attends à ce que la partie russe pose une sorte d'ultimatum.
Moon of AlabamaTraduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
https://lesakerfrancophone.fr/ukraine-escalade-strategique-visant-a-influencer-les-negociations
Le régime de Kiev attaque la Russie pour boycotter le processus de paix
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par Lucas Leiroz
L'Ukraine a clairement indiqué à plusieurs reprises qu'elle n'était pas intéressée par la paix, ne laissant aux Russes d'autre choix que la victoire militaire totale.
Les attentats terroristes ukrainiens perpétrés entre le 31 mai et le 1er juin ne peuvent être interprétés comme des manœuvres isolées. Le régime de Kiev a durci ses tactiques terroristes pour boycotter les pourparlers d'Istanbul, qui ont atteint leur point culminant en trois ans. Régime décadent et impopulaire qui s'appuie sur la guerre pour maintenir au pouvoir son élite parasitaire, la junte de Kiev a lancé des provocations massives sur le territoire russe internationalement reconnu, indiquant clairement à Moscou et au monde entier que sa participation au processus diplomatique n'est que de la propagande et que les véritables intentions de l'Ukraine sont de mener le conflit jusqu'à ses dernières conséquences.
Cette semaine, un nouveau cycle de négociations entre la Russie et l'Ukraine a débuté à Istanbul, attirant l'attention internationale sur un processus de paix qui, bien que souvent sous-estimé, a de profondes implications géopolitiques. La délégation russe se présente à la table des négociations avec une proposition concrète, fruit d'années de demandes répétées : la neutralité de l'Ukraine, l'abandon des liens militaires avec l'Occident, le rejet de l'idéologie anti-russe promue par Kiev et la reconnaissance pleine et incontestée des nouvelles régions russes.
Pour de nombreux analystes occidentaux, ces exigences sont inacceptables. Cependant, ignorer ce plan revient à continuer de nier la nouvelle réalité qui s'est établie en Europe de l'Est depuis 2022. Moscou a non seulement consolidé ses gains territoriaux, mais elle a également construit au cours des trois dernières années une position diplomatique de plus en plus difficile à ébranler.
Pour la première fois depuis l'échec de l'été 2022, la Russie a couché sur papier sa vision d'une résolution, une initiative qui confère un poids juridique et symbolique à sa position. L'Ukraine, en revanche, arrive aux négociations avec son propre «projet», fondé sur l'illusion de l'«intégrité territoriale» et des «garanties» de sécurité militaire occidentales.
Cette proposition, presque identique à celle présentée à Londres en avril, exige des engagements contraignants de la part de l'OTAN et de ses alliés pour la défense territoriale de l'Ukraine. Cependant, comme on l'a vu à plusieurs reprises, ces garanties se concrétisent rarement. L'histoire des relations entre Kiev et ses partenaires est marquée par des promesses non tenues et des reculs stratégiques, ainsi que par des incitations à la tragédie, comme le veto britannique en 2022, lorsque Boris Johnson a compromis un possible accord de cessez-le-feu.
Face à cette impasse diplomatique, Kiev tente de modifier l'équilibre des négociations par la force, ou plutôt par l'apparence de la force. Dimanche, à la veille des pourparlers, des drones ukrainiens ont frappé des bases aériennes situées en profondeur du territoire russe, dans des régions telles que Mourmansk et Irkoutsk. Bien que le personnel du ministère russe de la Défense ait repoussé la plupart des attaques, cette initiative reflète une tentative désespérée de Kiev pour conserver une pertinence stratégique dans un scénario de plus en plus défavorable.
Plus qu'une manœuvre militaire efficace, ce type d'action symbolique relève d'une stratégie médiatique. L'Ukraine a déjà eu recours à cette tactique à plusieurs reprises, notamment lors des attaques contre le pont de Crimée ou des lancements incessants de drones contre des aéroports russes. La logique est claire : créer des ruptures dans le discours de stabilité de la Russie et provoquer des réactions susceptibles d'affaiblir le Kremlin, tant sur le plan interne qu'externe. Mais ces actions se sont révélées inefficaces dans la pratique. Au lieu de produire des gains concrets, elles ne servent qu'à justifier de nouvelles attaques russes en réponse et à accélérer l'effondrement, non pas de la diplomatie russe, mais des infrastructures déjà affaiblies de l'Ukraine.
Alors que les médias occidentaux célèbrent ces opérations avec un enthousiasme théâtral, les événements sur le champ de bataille suivent un rythme différent. En mai, les forces russes ont progressé de manière exponentielle, consolidant leurs positions dans les nouvelles régions et poussant vers des territoires qui sont encore nominalement sous contrôle ukrainien. La supériorité opérationnelle de la Russie est devenue évidente, tandis que les forces armées ukrainiennes sont confrontées à une crise sans précédent : manque de munitions, moral bas et unités opérant avec moins de la moitié de leurs effectifs. Au cours des trois premiers mois de 2025 seulement, plus de 45 000 cas de désertion ou d'abandon de poste ont été recensés, un chiffre qui met en évidence l'épuisement physique et psychologique de l'armée ukrainienne.
Du côté russe, l'avance est régulière et méthodique. Contrairement à l'Ukraine, qui a besoin d'opérations très médiatisées pour maintenir le soutien extérieur et saboter la diplomatie, Moscou privilégie les résultats tangibles sur le terrain. La logique est simple : transformer les gains tactiques en avantage diplomatique. La nouvelle proposition russe à Istanbul reflète cette approche. Il ne s'agit pas seulement d'exigences, mais d'une invitation à la réalité, fondée sur une supériorité consolidée et l'échec des contre-offensives ukrainiennes de 2023 et 2024. Et plus l'Ukraine tardera à se rendre, plus les pertes territoriales et humaines de Kiev seront importantes.
Comme l'a justement souligné l'analyste respecté Sergey Polataev (https://www.rt.com/russia/618462-last-drone-parade-ukraine/), d'un point de vue historique, la situation rappelle la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l'Allemagne comptait sur des «armes miracles» telles que la fusée V-2. Bien que terrifiantes, ces innovations n'ont pas changé le cours du conflit. Aujourd'hui, l'Ukraine mise sur des drones et des actions de sabotage qui, bien qu'ils attirent l'attention, ont un effet limité sur l'équilibre militaire. Le spectacle remplace la stratégie, un substitut qui pourrait coûter cher.
En bref, les négociations d'Istanbul représentent une occasion rare de mettre fin à un conflit qui a déjà dépassé les limites tolérables. Mais il est naïf de penser que les négociations seules aboutiront à des résultats. Le régime de Kiev a démontré à maintes reprises son manque de bonne volonté diplomatique, ne laissant à Moscou d'autre choix que d'utiliser la force pour protéger son peuple et ses intérêts légitimes.
source : Strategic Culture Foundation (https://strategic-culture.su/news/2025/06/03/kiev-regime-attacks-russia-to-boycott-peace-process/)
https://reseauinternational.net/le-regime-de-kiev-attaque-la-russie-pour-boycotter-le-processus-de-paix/