La revue de presse internationale pour la semaine du 26 mai au 1er juin 2025Publié le juin 1, 2025 (https://lesakerfrancophone.fr/la-revue-de-presse-internationale-pour-la-semaine-du-26-mai-au-1er-juin-2025) par Wayan (https://lesakerfrancophone.fr/author/wayan)
Par Wayan – Le 1er juin 2025 – Le Saker Francophone
(https://lesakerfrancophone.fr/wp-content/uploads/2025/04/revue-presse-internationale.jpg)
La guerre en UkraineC'est Zaluzhnyi, général de l'armée ukrainienne et ancien ministre de la défense, lui-même qui le dit (https://newsukraine.rbc.ua/news/no-return-to-1991-borders-former-ukraine-1747937054.html?utm_source=substack&utm_medium=email) dans un journal ukrainien :L'Ukraine ne doit pas s'attendre à un retour aux frontières de 1991. La Russie a les ressources nécessaires pour poursuivre la guerre, selon une déclaration de Valerii Zaluzhnyi lors du forum Security Export: Ukrainian Weapons in the World.« J'espère qu'il n'y a plus personne dans cette salle qui croit encore en une sorte de miracle ou d'émerveillement — en un cygne blanc qui ramènera la paix en Ukraine, rétablira les frontières de 1991 ou 2022 et apportera un grand bonheur par la suite », a déclaré Zaluzhnyi. « À mon avis personnel, tant que l'ennemi aura les ressources, la force et les moyens de frapper notre territoire et de tenter des actions offensives localisées, il continuera à le faire. »Selon lui, la capacité de la Russie à faire la guerre dépendra principalement de son accès aux ressources. Il a noté que depuis la fin de 2023, la Russie mène une guerre d'usure.C'est donc un dirigeant ukrainien (https://fr.wikipedia.org/wiki/Valeri_Zaloujny) qui confirme que la Russie mène une guerre d'usure, d'attrition, contre l'Ukraine et est en train de la gagner. À l'encontre du narratif médiatique qui fait croire que l'Ukraine a encore une chance et peut se permettre d'exiger comment les négociations doivent se dérouler. Un narratif médiatique de ce genre (https://foreignpolicy.com/2025/05/19/russia-military-putin-war-ukraine-nato-europe/) :
La Russie a commencé à perdre la guerre en Ukraine. La marée militaire s'est peut-être retournée contre Poutine.Car, avec la reprise des hostilités sur le terrain, la propagande de guerre reprend aussi (https://edition.cnn.com/2025/05/27/europe/russia-aerial-terror-ukraine-war-intl) :
La Russie déchaîne la terreur aérienne contre les civils ukrainiens pour donner l'impression qu'elle gagne, selon des experts.Les médias occidentaux reportent surtout les attaques menées par la Russie mais plus rarement celles lancées par l'Ukraine, gravant ainsi l'image d'une Russie agressive et d'une Ukraine victime dans l'esprit de la population. Voici le point de vue russe (https://francais.rt.com/russie/121243-quand-occident-ferme-yeux-attaques-kiev-civils-mais-condamne-frappes-represailles-russes), celui censuré par les gouvernements occidentaux :
Alors que les attaques ukrainiennes sur les infrastructures civiles passent inaperçues, la Russie est à nouveau accusée de frappes « sans aucune raison » sur l'Ukraine. RT en français rappelle les crimes du régime de Kiev contre les civils russes, tandis que les frappes de représailles de la Russie ne visent que des cibles militaires ukrainiennes.Mais les frappes de représailles russes sont-elles effectuées vraiment « sans aucune raison » ? Il suffit de prêter attention aux nouvelles de ces derniers jours qui dénoncent les crimes du régime de Kiev contre les civils en Russie. Environ 9 000 attaques ukrainiennes contre des civils russes en avril « En avril 2025, les forces armées ukrainiennes ont effectué chaque semaine environ 2 000 frappes sur des cibles civiles, soit environ 300 frappes par jour : au moins 8 929 munitions ont été tirées en un mois », a rapporté Rodion Mirochnik, l'ambassadeur russe itinérant pour les crimes du régime de Kiev. Selon ses données, pour le seul mois d'avril, « au moins 478 civils ont été touchés par des actions des forces armées ukrainiennes : 419 blessés, dont 21 mineurs, et 59 tués, dont 5 mineurs », a-t-il ajouté.Dans le même temps, note Rodion Mirochnik, les cibles des attaques étaient « des immeubles résidentiels et des maisons privées, des infrastructures, des entreprises industrielles, des installations médicales, éducatives et sociales ». En outre, le régime de Kiev « a continué de mettre en œuvre sa tactique de frappes visant délibérément les services de secours, de santé et d'urgence arrivant sur les lieux des bombardements. Plus d'une vingtaine de véhicules médicaux ont été endommagés par les bombardements. Au cours d'une frappe massive de drones ukrainiens sur Koursk, 15 ambulances et véhicules de réanimation ont été endommagés en une fois », a noté Rodion Mirochnik. Le ministère russe de la Défense publie également régulièrement des rapports sur les attaques ukrainiennes sur le territoire russe. Ainsi, le 7 mai, plus de 500 drones ont été abattus en 24 heures, et entre le 20 et le 23 mai, 1177 drones ukrainiens ont été détruits par la Russie, dont près de 800 hors zone de combat. Les attaques ukrainiennes visent des installations civiles. Le 23 mai, une attaque de drones ukrainiens contre un immeuble résidentiel à Ielets, ville située à 350 kilomètres au sud de Moscou, a fait neuf blessés parmi les civils, en endommageant une trentaine d'appartements et un site industriel. En outre, les tentatives du régime de Kiev de lancer des frappes contre Moscou sont récemment devenues plus fréquentes. Le 21 mai, le maire de la ville, Sergueï Sobianine, a signalé qu'au moins 18 drones ukrainiens se dirigeant vers la capitale russe avaient été abattus. L'un d'entre eux est tombé près d'une école maternelle.***
Les combats entre l'Ukraine et la Russie ont redoublé d'intensité après l'échec des négociations lancées par Trump. Des combats dans lesquels les drones prennent de plus en plus d'importance (https://archive.ph/dxWMm#selection-1999.0-1999.310) :
Plus de 2 000 drones Shahed ont été lancés [contre l'Ukraine]
au cours des 20 derniers jours, selon l'Armée de l'air ukrainienne. Pratiquement tous les soirs, un nouveau record est établi. Dans la nuit du 24 au 25 mai, l'armée russe a lancé 300 drones à longue portée et 69 missiles. La veille, c'était 250 drones et 14 missiles balistiques.Les forces de défense aérienne russes (https://www.rt.com/russia/618146-drones-shut-down-moscow/)
ont abattu plus de 150 drones ukrainiens à longue portée en l'espace de 24 heures, a annoncé lundi le ministère de la Défense à Moscou.Dans un résumé des récentes opérations anti-drones publié dans la matinée, le ministère a indiqué que 96 drones avaient été interceptés depuis 20h dimanche (17h00 GMT). Il a ajouté qu'un total de 148 drones ont été abattus dans l'intervalle de 22 heures entre 10h dimanche et 8h lundi. Le ministère a déclaré plus tard qu'environ cinq autres drones avaient été abattus vers 8 heures du matin, heure locale, lundi.Kiev a intensifié ses efforts pour infliger des dégâts au plus profond de la Russie, passant de raids nocturnes à des vagues constantes de drones kamikazes. Un drone aurait heurté dimanche le dôme d'une cathédrale de la région russe de Toula, provoquant un incendie, selon des images et les autorités locales.C'est dans cette atmosphère guerrière que devraient reprendre les pourparlers (https://mid.ru/en/foreign_policy/news/2020534/) pour aboutir à un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine :
Moscou et Kiev ont convenu à Istanbul de préparer des documents exposant les positions respectives des parties sur la réalisation d'un règlement durable.Comme convenu, la partie russe a rapidement rédigé un mémorandum qui expose nos points de vue sur tous les aspects, pour une résolution fiable des causes profondes de la crise. Notre délégation, dirigée par Vladimir Medinsky, est prête à présenter ce mémorandum à la délégation ukrainienne et à apporter les éclaircissements nécessaires lors d'une deuxième série de pourparlers directs de reprise à Istanbul lundi prochain, le 2 juin.L'Ukraine a répondu à l'invitation (https://www.rt.com/russia/618289-ukraine-relays-memorandum-talks-russia/) :
L'Ukraine a officiellement soumis ses conditions de cessez-le-feu à la Russie, a annoncé le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov."J'ai remis notre document au chef de la délégation russe, qui reflète la position ukrainienne. Ils ont reçu ce document", a écrit Umerov, qui dirigeait la délégation ukrainienne à Istanbul, sur X mercredi."Nous ne sommes pas opposés à de nouvelles réunions avec les Russes et attendons leur » mémorandum', afin que la prochaine réunion ne soit pas vide et puisse vraiment nous rapprocher de la fin de la guerre", a ajouté le ministre.Et puis, le samedi avant la réunion, Zelensky commence à tergiverser (https://www.reuters.com/world/europe/ukraine-keeps-russia-guessing-over-participation-june-2-peace-talks-2025-05-30/) :
Kiev a déclaré qu'elle était engagée dans la recherche de la paix, mais qu'elle attendait un mémorandum de la partie russe exposant leurs propositions.« Pour qu'une réunion ait un sens, son ordre du jour doit être clair et les négociations doivent être correctement préparées », a écrit le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy sur X vendredi après avoir accueilli le ministre turc des Affaires étrangères pour des entretiens à Kiev.« Malheureusement, la Russie fait tout ce qu'elle peut pour s'assurer que la prochaine réunion potentielle n'apporte aucun résultat », a-t-il déclaré, citant l'absence de document de la Russie.Il semble que tout le monde, sauf Zelensky, a compris que cette réunion est justement faite pour que chaque partie expose ses propositions. Il aura donc les « documents de la Russie » lundi, s'il envoie une délégation.
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En message de détermination de l'Europe (https://fr.euronews.com/2025/05/26/les-allies-occidentaux-levent-les-restrictions-imposees-a-lukraine-sur-les-armes-de-longue) dans son soutien à l'Ukraine :
Les alliés occidentaux n'imposent plus aucune restriction de portée à l'utilisation des armes à longue portée livrées à l'Ukraine contre des cibles militaires russes, a déclaré lundi le chancelier allemand Friedrich Merz. M. Merz a souligné que les restrictions n'ont pas été levées uniquement pour les armes allemandes.« Il n'y a plus de restrictions sur la portée des armes livrées à l'Ukraine, ni par le Royaume-Uni, ni par la France, ni par nous. Il n'y a pas non plus de restrictions de la part des États-Unis », a-t-il déclaré lors d'un forum de discussion organisé par la chaîne WDR.Il a ajouté que l'Ukraine peut désormais « se défendre, par exemple, en attaquant des installations militaires en Russie ».Mais, tout de suite apparaissent les désaccords sur ce sujet (https://www.politico.eu/article/germany-ukraine-friedrich-merz-war-russia/) brulant :
Le chancelier allemand Friedrich Merz voulait profiter de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Berlin mercredi pour projeter sa détermination face à l'escalade de la guerre de la Russie contre l'Ukraine.Au lieu de cela, le chancelier est sous le feu de ses propres rangs pour des déclarations peu claires qu'il a faites cette semaine sur la question de savoir si l'Allemagne est prête à fournir à l'Ukraine des missiles Taurus à longue portée qui pourraient frapper profondément dans le territoire russe. Le précédent gouvernement de gauche a rejeté cette décision afin de ne pas provoquer l'arme nucléaire de Moscou.Les négociations sur le nucléaire iranienIl n'y a pas que la guerre en Ukraine qui est soumise à la propagande médiatique, les négociations avec l'Iran aussi. La dernière manipulation en cours débute par un article du New York Times (https://www.nytimes.com/2025/05/28/us/politics/trump-iran-nuclear-deal-israel.html) disant ceci :
Alors que l'administration Trump tente de négocier un accord nucléaire avec l'Iran, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a menacé de perturber les pourparlers en frappant les principales installations d'enrichissement nucléaire de l'Iran, selon des responsables informés de la situation.L'affrontement sur la meilleure façon de s'assurer que l'Iran ne puisse pas produire d'arme nucléaire a conduit à au moins un appel téléphonique tendu entre le président Trump et M. Netanyahu et à une série de réunions ces derniers jours entre de hauts responsables de l'administration et de hauts responsables israéliens.Comme d'habitude pour ce genre de manipulation de l'information, ce sont des personnes non nommées qui en sont la source.
Une info qui va pousser Trump à passer un coup de fil à Netanyahou (https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250528-nucl%C3%A9aire-donald-trump-met-en-garde-isra%C3%ABl-contre-toute-frappe-sur-l-iran) :
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a mis en garde le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu contre toute frappe sur l'Iran qui risquerait de faire dérailler les pourparlers sur le nucléaire.« Je lui ai dit que je ne pensais pas que ce serait pertinent maintenant parce que nous sommes très proches d'une solution », a déclaré Donald Trump mercredi pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale, évoquant sa récente conversation téléphonique avec le dirigeant israélien.Alors Netanyahou dément l'info diffusée par le
New York Times :
De son côté, le bureau du Premier ministre israélien a démenti ce mercredi un article du New York Times affirmant que Benyamin Netanyahu menace de faire échouer les négociations irano-américaines en frappant les principales installations d'enrichissement nucléaire de l'Iran. Il s'agit de « fake news », a affirmé le bureau de Benyamin Netanyahu.En fin de semaine, c'est un article de Reuters (https://www.reuters.com/world/china/west-plans-push-iaea-board-find-iran-breach-duties-diplomats-say-2025-05-30/) qui explique que :
Les puissances occidentales se préparent à pousser le conseil de surveillance nucléaire de l'ONU lors de sa prochaine réunion trimestrielle à déclarer l'Iran en violation de ses obligations de non-prolifération pour la première fois en près de 20 ans, une décision qui ne manquera pas d'enrager Téhéran, ont déclaré des diplomates.Cette mesure est susceptible de compliquer davantage les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran visant à imposer de nouvelles restrictions au programme nucléaire iranien qui progresse rapidement.L'AIEA se prépare à envoyer aux États membres ses rapports trimestriels sur l'Iran avant la prochaine réunion du conseil d'administration, qui débutera le 9 juin. L'un d'eux sera un compte rendu plus long et « complet » des questions, y compris la coopération de l'Iran, comme l'exigeait une résolution du conseil d'administration en novembre, et les diplomates s'attendent à ce qu'il soit accablant.« Nous nous attendons à ce que le rapport complet soit sévère, mais il n'y a déjà aucun doute sur le fait que l'Iran ne respecte pas ses engagements en matière de non-prolifération », a déclaré un responsable européen.Une fois ce rapport publié, les États-Unis rédigeront un projet de résolution déclarant l'Iran en violation de ses soi-disant obligations de garanties, ont déclaré trois diplomates. Un quatrième a déclaré que les puissances occidentales préparaient un projet de résolution sans entrer dans les détails.En clair, les « puissance occidentales » déclarent que l'Iran est coupable, quel que soit le rapport de l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) et qu'elles pousseront donc l'ONU à déclarer que l'Iran viole ses accords, alors même que l'Iran est prêt à recevoir l'AIEA (https://www.iranintl.com/en/202411151142) pour inspection de ses installations nucléaires et montrer qu'il ne viole pas ces accords.
Mais l'Iran a l'habitude de ce genre de manipulations. Cet article date de 2019 (https://www.armscontrol.org/act/2019-04/news/iaea-says-iran-abiding-nuclear-deal) :
Le chef de l'organisation internationale chargée de surveiller le respect par l'Iran de l'accord nucléaire a déclaré que l'Iran respectait ses obligations en vertu de l'accord et a mis en garde contre les États qui tentent d'influencer les activités de vérification. Moins de trois semaines plus tard, les États-Unis ont imposé des sanctions contre des responsables iraniens et des institutions qui, selon Washington, s'efforcent de conserver l'expertise liée aux armes nucléaires en Iran." L'Iran met en œuvre ses engagements nucléaires« , a déclaré Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dans ses remarques du 4 mars au Conseil des gouverneurs de l'agence. Amano a exhorté Téhéran à continuer d'adhérer à l'accord, connu sous le nom de Plan d'action global commun (PAGC).Il devient évident pour les observateurs objectifs que les « puissances occidentales » ne veulent pas tant un accord avec l'Iran qu'accuser l'Iran, avec une énorme mauvaise foi, de ne pas respecter ces accords et avoir une excuse pour mettre l'économie du pays à genoux et même le bombarder, comme les Etats-Unis et Israël le menace si souvent. Dans sa folie, Netanyahou va-t-il finalement réaliser son rêve illusoire, détruire l'Iran à coup de bombardements ?
La guerre commerciale de TrumpAprès le coup de semonce de la semaine dernière, lorsque Trump a menacé l'Europe (https://fr.euronews.com/business/2025/05/23/trump-menace-dappliquer-des-droits-de-douane-de-50-sur-les-produits-europeens-a-partir-de-) de 50% de taxes douanières, la présidente de la Commission européenne s'est réveillée (https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250525-donald-trump-confirme-prolonger-jusqu-au-9-juillet-la-pause-dans-les-droits-de-douane-pour-l-union-europ%C3%A9enne) :
Donald Trump a confirmé, dimanche 25 mai, prolonger la pause dans les droits de douane pour l'Union européenne jusqu'au 9 juillet, après « une très bonne conversation » avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Elle vient de m'appeler et elle a demandé une prolongation de la date du 1er juin, et elle a dit qu'elle voulait entamer des négociations sérieuses », a déclaré Donald Trump avant d'embarquer dans l'avion présidentiel Air Force One, dans le New Jersey. « Nous avons eu une très bonne conversation et j'ai accepté de déplacer la date au 9 juillet. (...) J'ai accepté, et elle m'a dit que nous allions rapidement nous rencontrer et voir si nous pouvions trouver une solution », a-t-il ajouté.Et les négociations ont immédiatement commencé (https://www.rfi.fr/fr/monde/20250527-droits-de-douane-les-n%C3%A9gociations-entre-l-ue-et-les-%C3%A9tats-unis-ont-repris-sur-un-ton-plus-positif) :
Lundi 26 mai, le courant est ainsi bien passé, à nouveau, entre les deux camps. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a pu reprendre les négociations avec ses homologues américains : Jamieson Greer, le représentant américain au Commerce, d'une part, mais aussi Howard Lutnick, le ministre du Commerce. Si leurs échanges du vendredi 23 mai avaient été pauvres, celui survenu ce lundi a en revanche été qualifié de « conversation positive », signe que l'ambiance entre Bruxelles et Washington a radicalement changé.***
Mais la guerre commerciale de Trump provoque des remous dans le contre-pouvoir qu'est le judiciaire. Mercredi, la Cour de commerce juge (https://www.reuters.com/business/us-ruling-that-trump-tariffs-are-unlawful-stirs-relief-uncertainty-2025-05-29/) que les taxes douanières de Trump sont illégales :
La décision surprise de mercredi de la Cour américaine du commerce international a menacé de tuer ou du moins de retarder l'imposition des soi-disant « taxes douanières du Jour de la libération » de Trump sur les importations de la plupart des partenaires commerciaux américains et des taxes supplémentaires sur les marchandises en provenance du Canada, du Mexique et de la Chine. Le panel de trois juges du tribunal de commerce a statué que la Constitution donnait au Congrès, et non au président, le pouvoir de prélever des impôts et des droits de douane, et que le président avait outrepassé son autorité en invoquant l'International Emergency Economic Powers Act, une loi destinée à faire face aux menaces pendant urgences nationales.Jeudi, la décision de la Cour du commerce est annulée par un autre tribunal (https://www.reuters.com/business/us-ruling-that-trump-tariffs-are-unlawful-stirs-relief-uncertainty-2025-05-29/) :
29 mai (Reuters) – Une cour d'appel fédérale a temporairement rétabli, jeudi, les tarifs les plus radicaux du président Donald Trump, un jour après qu'un tribunal de commerce américain a statué que Trump avait outrepassé son autorité en imposant les droits et ordonné leur blocage immédiat.La Cour d'appel des États-Unis pour le Circuit fédéral à Washington a déclaré qu'elle suspendait la décision de la juridiction inférieure pour examiner l'appel du gouvernement et a ordonné aux plaignants dans les affaires de répondre d'ici le 5 juin et à l'administration d'ici le 9 juin.Trump est bien décidé à mener l'affaire jusqu'à la Cour Suprême (https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250530-%C3%A9tats-unis-les-droits-de-douane-de-donald-trump-en-suspens-devant-la-justice) :
Donald Trump a conspué ce 29 mai la décision « horrible » et « tellement politique » du tribunal qui a suspendu la veille les droits de douane tous azimuts qu'il a imposés ces derniers mois, une cour d'appel les ayant depuis temporairement rétablis. « La décision du tribunal de commerce international des États-Unis est tellement mauvaise et tellement politique », a lancé le président américain sur sa plateforme Truth Social, disant « espérer que la Cour suprême reviendra rapidement et fermement sur cette horrible décision qui menace le pays ».On assiste à une sorte de guerre civile des pouvoirs qui risque d'être néfaste pour le pays.
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Pendant cet imbroglio politico-judiciaire, les négociations commerciales avec la Chine n'avancent pas (https://www.rt.com/business/618338-us-china-trade-talks-stalled/) :
Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine sont "au point mort" et pourraient nécessiter l'intervention des dirigeants des pays, a déclaré le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent.Interrogé jeudi par Bret Baier de Fox News pour décrire l'état actuel des pourparlers, [Le secrétaire au Trésor] Bessent a déclaré: "Je dirais qu'ils sont un peu au point mort."« Compte tenu de l'ampleur et de la complexité des pourparlers, il faudra que les deux dirigeants se concertent. Ils ont une très bonne relation. Je suis convaincu que les Chinois viendront à la table", a déclaré Bessent.Ce qui, bien sûr, enrage Trump (https://www.rt.com/business/618375-trump-china-tariffs-deal/) :
Vendredi, Trump a communiqué via sa plate-forme Truth social, écrivant " » La Chine, sans surprise pour certains, A TOTALEMENT VIOLÉ SON ACCORD AVEC NOUS. » Il n'a donné aucune précision, mais a déclaré que la Chine était en "grave danger économique" en raison des taxes douanières, avant que Washington n'intervienne avec ce qu'il a appelé un "ACCORD RAPIDE »."" Je vois ce qui se passe et je n'aime pas ça, pour eux, pas pour nous", a écrit Trump, ajoutant » J'en ai assez d'être M. NICE GUY!"Mais comme pour le cas de l'Iran, la mauvaise foi de Trump lui a fait oublier ce qu'il a lui-même décidé, le 14 mai :
Le département américain du Commerce a publié des directives indiquant que l'utilisation des puces d'intelligence artificielle (IA) Ascend de Huawei Technologies Co "partout dans le monde" viole les contrôles à l'exportation du gouvernement, intensifiant les efforts des États-Unis pour freiner les progrès technologiques en Chine.Provoquant une protestation du gouvernement chinois (https://www.newsweek.com/china-accuses-us-undermining-trade-agreement-geneva-talks-2074446) :
À peine une semaine après le début d'une trêve américano-chinoise dans leur guerre commerciale de longue date, Pékin a accusé Washington de violer l'accord temporaire conclu à Genève.Le ministère chinois du Commerce a déclaré lundi que les États-Unis prenaient des « mesures discriminatoires » contre la Chine, après que le Département américain du Commerce a récemment averti les entreprises américaines d'éviter les micropuces fabriquées en Chine, en particulier celles produites par le géant chinois de la technologie Huawei.Il est sur qu'en voyant une telle mauvaise foi, le gouvernement chinois sera peu enclin à vouloir poursuivre des négociations commerciales avec Trump.
Encore moins après la déclaration d'Hegseth (https://www.reuters.com/world/china/pentagon-chief-warns-imminent-china-threat-pushes-asian-allies-hike-defence-2025-05-31/), le ministre de la défense étasunien, au forum sur la sécurité de Singapour :
Hegseth, s'exprimant pour la première fois lors du Dialogue Shangri-La à Singapour, le premier forum d'Asie pour les dirigeants de la défense, les militaires et les diplomates, a souligné que la région Indo-Pacifique était une priorité pour l'administration Trump.« Il n'y a aucune raison de l'enduire de sucre. La menace que représente la Chine est réelle et elle pourrait être imminente », a déclaré Hegseth, dans certains de ses commentaires les plus forts sur la nation communiste depuis son entrée en fonction en janvier. Il a ajouté que toute tentative de la Chine de conquérir Taiwan « entraînerait des conséquences dévastatrices pour l'Indo-Pacifique et le monde », et a fait écho au commentaire de Trump selon lequel la Chine n'envahira pas Taiwan sous la surveillance du président.EuropeVoici pourquoi les dernières élections présidentielles en Roumaine ont été l'objet de tant de manipulations (https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20250526-en-roumanie-la-future-m%C3%A9gabase-a%C3%A9rienne-de-l-otan-face-%C3%A0-la-menace-russe) :
En Roumanie, pays stratégique sur le flanc est de l'Otan face à la menace russe, un grand chantier est en cours sur la base militaire de la mer Noire. Il s'agit d'une première étape qui consiste à construire une nouvelle piste d'avion. Mais si le projet final est mené à terme, elle pourrait devenir la plus grande base aérienne d'Europe et accueillir près de 10 000 soldats permanents. Des inquiétudes émergent cependant, avec la possibilité de retrait de troupes américaines sur le continent.Ce qui risque d'être le cas (https://www.rt.com/news/618183-us-troop-reduction-europe/) :
Les États-Unis devraient annoncer une réduction de leur présence militaire en Europe dans les "prochains mois", a rapporté le quotidien allemand Handelsblatt, citant "des diplomates européens de haut rang »." L'ampleur exacte du retrait n'est toujours pas claire, mais l'OTAN se préparerait à un tel développement, selon le journal.Des rumeurs sur un retrait potentiel circulent dans les médias depuis que NBC News a rapporté en avril que les États-Unis envisageaient de retirer jusqu'à 10 000 soldats d'Europe de l'Est. Le président américain Donald Trump a par la suite confirmé qu'il envisageait un retrait partiel mais n'a donné aucune précision sur son ampleur ou son calendrier.Ce n'est pas 150 mais 800 milliards d'euros que l'UE veut investir dans son réarmement (https://www.rfi.fr/fr/europe/20250527-ue-accord-d%C3%A9finitif-pour-financer-des-projets-communs-d-armement-%C3%A0-hauteur-de-150-milliards-d-euros) :
Ce programme de l'Union européenne, baptisé « Safe », prévoit des prêts de 150 milliards d'euros pour financer, en commun, des achats et des projets d'armement dans les domaines où l'offre européenne reste insuffisante, comme la production de missiles, de munitions, de drones ou encore les systèmes de défense anti-aérienne.La mesure a été soutenue par 26 des 27 pays membres, la Hongrie s'étant abstenue, ont indiqué des diplomates. La décision, approuvée la semaine dernière par les ambassadeurs des 27, a été adoptée définitivement mardi 27 mai par les ministres des Affaires européennes de l'UE, réunis à Bruxelles, a précisé la présidence polonaise du Conseil européen. « Ce n'est qu'une étape et il faudra aller plus loin », s'est félicité le ministre délégué français chargé de l'Europe Benjamin Haddad....« Safe » fait partie d'un programme plus global présenté fin mars par la Commission européenne, qui ambitionne de mobiliser jusqu'à 800 milliards d'euros pour réarmer le continent européen.Israël/PalestineFinalement, un pays européen, l'Espagne, commence à demander (https://www.ynetnews.com/article/b1ak8ilmgg) qu'Israël soit sanctionné pour son massacre des palestiniens :
L'Espagne appelle à des sanctions contre Israël à propos de Gaza : « Nous devons tout faire pour arrêter la guerre »Madrid accueille dimanche 20 nations européennes et arabes ainsi que des organisations internationales dans le but de « mettre fin à cette guerre »La communauté internationale devrait chercher à sanctionner Israël pour qu'il arrête la guerre à Gaza, a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, avant une réunion à Madrid des nations européennes et arabes dimanche pour demander l'arrêt de son offensive.L'Irlande aussi fait un petit pas (https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250527-l-irlande-veut-interdire-l-importation-de-marchandises-issues-des-colonies-isra%C3%A9liennes) :
Le gouvernement irlandais va présenter un projet de loi visant à interdire l'importation de marchandises en provenance des colonies israéliennes, jugées illégales par l'ONU, une première pour un État membre de l'Union européenne, a annoncé mardi 27 mai le ministère des Affaires étrangères.« Le gouvernement estime qu'il s'agit d'une obligation au regard du droit international », a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère.Macron, lors d'un discours prononcé (https://www.reuters.com/world/asia-pacific/france-wants-palestinian-two-state-solution-macron-says-2025-05-28/) pendant sa visite en Indonésie, un pays qui n'a jamais établi aucun lien officiel avec l'Etat israélien :
Macron penche pour la reconnaissance d'un État palestinien, selon des diplomates et des experts, une décision qui pourrait exaspérer Israël et approfondir les divisions occidentales. Le président français s'exprimait en Indonésie.« Seule une solution politique permettra de rétablir la paix et de construire sur le long terme », a déclaré Macron. « Avec l'Arabie saoudite, nous organiserons bientôt une conférence sur Gaza à New York pour donner un nouvel élan à la reconnaissance d'un État palestinien et à la reconnaissance de l'État d'Israël et de son droit de vivre en paix et en sécurité dans cette région. »Même l'Allemagne commence à critiquer (https://www.reuters.com/world/middle-east/germany-shifts-tone-israel-over-incomprehensible-gaza-carnage-2025-05-27/), du bout des lèvres :
« Notre engagement contre l'antisémitisme et notre soutien total au droit d'exister et à la sécurité de l'État d'Israël ne doivent pas être instrumentalisés pour le conflit et la guerre actuellement menés dans la bande de Gaza », a déclaré Wadephul.« Nous sommes maintenant à un point où nous devons réfléchir très attentivement aux mesures supplémentaires à prendre », a-t-il déclaré, sans donner plus de détails.On remarquera au passage que, pour l'instant, toutes ces réactions à l'attitude d'Israël sont surtout des déclarations d'intentions, mais pas d'actions du tout. On constate un blocage terrible à critiquer l'Etat d'Israël. Le monde occidental avait été beaucoup plus rapide à prendre des sanctions contre la Russie.
Par conséquent, Israël continue sa politique d'expansion territoriale (https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250529-un-ministre-isra%C3%A9lien-annonce-la-cr%C3%A9ation-de-22-nouvelles-colonies-juives-en-cisjordanie) :
Le ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, a annoncé jeudi matin la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie occupée, au risque de compliquer encore les relations tendues d'Israël avec une bonne partie de la communauté internationale. « Nous avons pris une décision historique pour le développement des implantations : 22 nouvelles localités en Judée-Samarie », a déclaré M. Smotrich, ministre d'extrême droite, en utilisant le nom par lequel les Israéliens désignent la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.Et les dirigeants annoncent clairement (https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250530-construire-l-%C3%A9tat-juif-en-cisjordanie-isra%C3%ABl-d%C3%A9fie-emmanuel-macron-et-l-onu)leur intention de ne pas respecter les injonctions internationales :
Lors d'une visite à l'avant-poste de colonisation de Sa-Nur, dans le nord de la Cisjordanie, Israel Katz a affirmé que le gouvernement israélien comptait l'élever au rang de municipalité autonome en vertu de son plan annoncé la veille. Sa-Nur est une ancienne colonie démantelée par Israël en 2005 dans le cadre du plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza réalisé par le Premier ministre d'alors, Ariel Sharon.« Il s'agit d'une réponse décisive aux organisations terroristes qui tentent de nuire et d'affaiblir notre emprise sur cette terre », a déclaré le ministre de la Défense dans une vidéo publiée par son bureau.« C'est [...] un message clair [au président français Emmanuel] Macron et à ses amis : ils reconnaîtront un État palestinien sur le papier, et nous construirons ici l'État juif israélien sur le terrain. Le papier sera jeté à la poubelle de l'histoire et l'État d'Israël prospérera et fleurira. », a ajouté Israel Katz.***
Petit à petit, Israël est en train de devenir un pays fasciste (https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250526-marche-nationaliste-et-altercations-%C3%A0-j%C3%A9rusalem-une-journ%C3%A9e-sous-haute-tension), c'est-à-dire un pays où la jeunesse est manipulée par des extrémistes pour répandre la peur dans la population :
En ce lundi matin, Elias profite du calme dans les rues de Jérusalem. Ce vendeur de jus de fruits palestinien sait que cela ne va pas durer longtemps. « On a peur. On sait que ça peut mal tourner, confie-t-il au micro de notre correspondante à Jérusalem, Amira Souilem. Ils vont descendre à plusieurs dans les rues et vont se défouler, casser. Regarde ces dégaines-là qui passent ! Ce sont ces gens-là qui vont faire des problèmes ! On va devoir fermer boutique à 16h, peut-être même 15h, voire 14h. »Ces « gens-là », ce sont les milliers de nationalistes israéliens, en majorité religieux, qui défilent chaque année dans les rues de Jérusalem, y compris dans la Vieille Ville, en brandissant des drapeaux blancs et bleus de l'État hébreu. Ils célèbrent « la Journée de Jérusalem », qui commémore ce qu'ils estiment être la « réunification » de la ville. Israël a conquis et annexé Jérusalem-Est à l'issue de la guerre israélo-arabe de 1967, une annexion non reconnue par la communauté internationale. Pour de nombreux Palestiniens, ce défilé sous haute surveillance est perçu comme une provocation délibérée.Dans les ruelles de la ville sainte, les yeux en disent longs. Manifestants israéliens et commerçants palestiniens se jaugent du regard. Une grappe de jeunes gens nous explique l'importance de cette journée. « Ce jour est très, très important pour nous », dit l'un d'eux. « On a libéré Jérusalem des Jordaniens. On est devenus maîtres de Jérusalem », renchérit un autre. « On est devenu un pays », conclut le premier.La journée donne régulièrement lieu à des violences. Alors que la police a annoncé la veille le déploiement de « milliers » d'agents dans toute la ville pour éviter des incidents, celle-ci ne déroge pas à la règle. Depuis ce matin, des chants appelant aux meurtres d'Arabes se font entendre dans les rues de la ville. Dans l'après-midi, des groupes de jeunes Israéliens ont été vus en train de s'en prendre à des commerçants palestiniens, des passants, des écoliers, mais aussi à des militants israéliens des droits humains et à la police. Certains ont craché sur des passants, proféré des insultes et tenté de forcer l'entrée de maisons.L'ancien premier ministre israélien, Ehud Olmert, avertit de cette grave dérive (https://www.haaretz.com/opinion/2025-05-27/ty-article-opinion/.premium/enough-is-enough-israel-is-committing-war-crimes/00000197-0dd6-df85-a197-0ff64a5c0000) :
« Ce que nous menons actuellement à Gaza est une guerre de dévastation. Oui, Israël commet des crimes de guerre. (...) Le gouvernement Netanyahu est désormais un ennemi de l'intérieur. Il a déclaré la guerre à l'État et à ses habitants. (...) Il est temps d'arrêter, s'exclame encore Ehoud Olmert, avant que nous soyons tous bannis de la famille des nations et convoqués devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, sans aucune défense valable. Ça suffit. »AfriqueLes violences terroristes continuent de plus belle :
Au Niger (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250525-sahel-les-jihadistes-profitent-de-l-absence-de-coop%C3%A9ration-s%C3%A9curitaire-entre-les-%C3%A9tats-de-la-r%C3%A9gion)
, la ville frontalière de Diffa a connu une attaque jihadiste d'une rare intensité en fin de semaine. Dans la nuit du 22 au 23 mai 2025, des combats d'une grande violence ont opposé les Forces de défense nigériennes aux hommes du groupe État islamique en Afrique de l'ouest. Les terroristes ont infiltré plusieurs zones urbaines avant d'être repoussés de l'autre côté de la frontière avec le Nigeria. Selon les témoignages des habitants, les affrontements ont duré une bonne partie de la nuit avec des ratissages jusqu'au petit matin, les civils étant pris entre les deux feux.Au Mali, (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250526-mali-les-jihadistes-du-jnim-d%C3%A9ciment-le-camp-militaire-de-dioura)
une quarantaine de soldats ont été tués le 23 mai 2025 dans l'attaque du camp militaire de Dioura, région de Mopti, dans le centre du pays. Les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, ont revendiqué avoir pris le contrôle du camp, ce que les sources locales, civiles et sécuritaires, jointes par RFI, ont confirmé.Et la Chine est visée (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250525-mali-une-nouvelle-attaque-dans-la-r%C3%A9gion-de-kayes-vise-une-entreprise-chinoise) :
Spécialisée dans le BTP, l'entreprise chinoise Covec construit actuellement la route Kayes-Diéma, dans l'ouest du Mali. Non loin de cet axe se trouvent les installations de la société ayant été la cible de présumés jihadistes. Entrepôts, grues, tracteurs ont été incendiés.« Les jihadistes n'étaient pas du tout nombreux, mais ils avaient le plan des installations, ce qui fait qu'ils ont rapidement atteint leur objectif », explique un travailleur malien de la société. « Sur le site du groupe, les assaillants ont fait ce qu'ils avaient envie de faire et sont repartis sans être inquiétés », ajoute un autre.Il semble que le second objectif des jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, son acronyme en arabe), était de prendre en otages des responsables chinois de la société. Ces derniers n'étaient pas sur le site, un nouveau dispositif sécuritaire étant en vigueur localement.En moins d'un mois, c'est la deuxième fois que de présumés jihadistes mènent des opérations dans la région de Kayes. Début mai, ils avaient déjà visé, dans les parages, un site minier exploité par des ressortissants chinois.https://lesakerfrancophone.fr/la-revue-de-presse-internationale-pour-la-semaine-du-26-mai-au-1er-juin-2025
La revue de presse internationale pour la semaine du 2 au 8 juin 2025
Publié le juin 8, 2025 (https://lesakerfrancophone.fr/la-revue-de-presse-internationale-pour-la-semaine-du-2-au-8-juin-2025) par Wayan (https://lesakerfrancophone.fr/author/wayan)
Par Wayan – Le 8 juin 2025 – Le Saker Francophone
(https://lesakerfrancophone.fr/wp-content/uploads/2025/04/revue-presse-internationale.jpg)
La guerre en Ukraine
En début de semaine, pour faire pression sur la Russie à la veille des « pourparlers de paix », l'Ukraine attaque une série d'aéroports en Russie et détruit 2 ponts au moment où des trains de passagers passaient dessus :
Des aérodromes militaires à travers la Russie (https://www.rt.com/russia/618455-kiev-attacked-military-airfields-russia/) ont été attaqués lors d'une série de frappes de drones kamikazes, a rapporté dimanche le ministère de la Défense du pays, imputant les incidents à Kiev. La plupart des frappes ont été repoussées avec succès, certaines entraînant des dégâts matériels, a-t-il ajouté. Plusieurs avions ont été endommagés et certains des auteurs des attaques sont en détention, a déclaré l'armée.
Des effondrements de ponts (https://www.rt.com/russia/618409-russia-train-derailment-updates/) ont fait dérailler des trains dans deux régions russes, faisant au moins sept morts et plusieurs blessés.
Samedi soir, un pont est tombé devant un train en marche dans la région de Briansk, tuant sept personnes et en blessant 71 autres. Plusieurs heures plus tard, tôt dimanche, un pont ferroviaire s'est effondré sous un train de marchandises en mouvement dans la région de Koursk, blessant le chauffeur et deux de ses assistants. Le Comité d'enquête russe a déclaré que les deux incidents étaient des actes délibérés de sabotage.
Un complot terroriste ukrainien (https://www.rt.com/russia/618374-terrorist-plot-foiled-moscow-investigative-committee/) a été déjoué à Moscou, a affirmé le comité d'enquête russe.
Dans un communiqué publié vendredi, des responsables ont annoncé qu'ils avaient découvert des plans pour une attaque terroriste lors de la perquisition au domicile d'un homme déjà sous enquête pour "justification publique du terrorisme »." Selon le comité d'enquête, les autorités ont saisi le téléphone portable du suspect lors d'une perquisition, qui contenait une conversation avec "un responsable des services spéciaux ukrainiens. » Ce dernier aurait chargé le suspect de récupérer un engin explosif dans une cache située dans une zone boisée à l'ouest de Moscou. "Des enquêteurs du comité d'enquête [de Moscou], ainsi que des agents des forces de l'ordre, ont immédiatement inspecté l'emplacement spécifié dans le parc, où un engin explosif improvisé a été découvert et récupéré", affirme le communiqué.
Puis le fameux Pont de Crimée est de nouveau pris pour cible (https://www.rfi.fr/fr/europe/20250603-l-ukraine-revendique-une-attaque-contre-le-pont-de-crim%C3%A9e-symbole-de-l-annexion-russe) :
Le service de sécurité d'Ukraine (SBU) a revendiqué ce mardi 3 juin une nouvelle attaque contre le pont de Crimée, qui relie la péninsule annexée par Moscou au territoire russe, et a déjà été visé à deux reprises par Kiev depuis l'invasion de 2022.
Pas certain que la Russie soit sensible à ce genre de pression. Cela risque plutôt de renforcer sa rage à ne rien accorder à l'Ukraine pendant ces négociations de paix qui, évidemment, n'aboutiront à rien tant les propositions de départ sont éloignées l'une de l'autre :
Le mémorandum de paix élaboré par la Russie (https://www.rt.com/russia/618553-memorandum-russian-peace-details/) et présenté à la délégation ukrainienne lors des pourparlers à Istanbul, en Turquie, appelle lundi Kiev à retirer ses troupes des anciens territoires ukrainiens qui ont rejoint la Russie et à confirmer son statut neutre et non nucléaire, selon le texte du document consulté par RT.
La proposition se compose de trois parties, qui comprennent les conditions d'un règlement global du conflit ukrainien, des étapes vers un cessez-le-feu et une feuille de route pour la paix qui comprend certaines mesures unilatérales de la Russie.
Le "règlement final » du conflit nécessiterait la reconnaissance internationale des anciens territoires ukrainiens en tant que parties de la Russie. Les deux républiques du Donbass, ainsi que les régions de Kherson et de Zaporozhye, ont officiellement rejoint la Russie à la suite d'une série de référendums à l'automne 2022. La Crimée a voté pour rejoindre la Russie en 2014 à la suite du coup d'État armé du Maïdan soutenu par l'Occident à Kiev. L'Ukraine devrait également retirer toutes ses forces et tous ses groupes armés de ces territoires, indique le document.
Pas de surprises, la Russie ne faisant que répéter ce qu'elle demande depuis février 2022.
Le mémorandum préparé par l'Ukraine (https://www.rt.com/russia/618477-ukraine-memorandum-talks-istanbul/) pour les pourparlers d'Istanbul avec la Russie rejette les principales demandes de Moscou pour la reconnaissance de nouvelles régions russes, la neutralité de Kiev et les limitations de la taille des forces armées ukrainiennes, a rapporté Reuters.
Reuters a rapporté dimanche que le document de Kiev n'inclut pas la reconnaissance de la Crimée, des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, ainsi que des régions de Kherson et de Zaporozhye dans le cadre de la Russie. Selon l'Ukraine, la forme actuelle de la ligne de front devrait être le point de départ des négociations sur le territoire, a-t-il ajouté.
Kiev insiste également sur le fait qu'elle ne peut pas être forcée d'accepter la neutralité, affirmant que son éventuelle adhésion à l'OTAN ne devrait dépendre que d'un consensus au sein du bloc militaire dirigé par les États-Unis, a indiqué l'agence.
Des restrictions sur la taille des forces armées ukrainiennes auraient également été exclues dans le mémorandum de Kiev. Cependant, il appelle la Russie à payer des réparations et à utiliser les avoirs de Moscou gelés par l'Occident pour reconstruire l'Ukraine, a déclaré Reuters.
En bref, l'Ukraine rejette toutes les demandes russes. Il n'y a aucun point sur lequel démarrer une quelconque négociation.
La diplomatie ayant échoué, le conflit Russie/Ukraine va donc continuer sur le plan militaire jusqu'à la défaite totale d'une des parties. Or nous avons vu que la Russie mène le jeu sur le champ de bataille. La campagne d'été que la Russie prépare (https://www.themoscowtimes.com/2025/06/02/russia-intensifies-assaults-in-ukraine-as-summer-offensive-gains-momentum-a89305) risque bien d'être décisive :
La semaine dernière, le New York Times a cité des responsables américains et ukrainiens affirmant que malgré le regain d'engagement diplomatique entre les deux parties, Moscou avait effectivement lancé une offensive estivale et progressait à son rythme le plus rapide depuis novembre 2024.
On estime que les forces russes capturent désormais en moyenne 14 kilomètres carrés par jour, soit deux fois plus qu'en avril. Une grande partie de ces progrès a eu lieu dans l'est de l'Ukraine, en particulier dans la région de Donetsk, dont environ 70% est maintenant sous contrôle russe et où les troupes russes continuent de pousser vers la ville stratégique de Pokrovsk.
Au cours du week-end, l'Ukraine a ordonné l'évacuation de 11 autres villages de sa région de Soumy, limitrophe de la Russie, craignant que Moscou ne se prépare à un nouvel assaut terrestre. Au total, 213 colonies de la région ont reçu l'ordre d'évacuer.
Avec des assauts d'infanterie soutenus par des motos, des scooters et des attaques aériennes, les forces russes ont capturé au moins 18 colonies ukrainiennes au cours de la dernière semaine de mai, selon Julian Röpcke, analyste de la défense au Bild. Cela représente environ 200 kilomètres carrés de territoire ukrainien.
L'intensification de la campagne coïncide avec la nomination par Poutine du colonel général Andrei Mordvichev au poste de commandant des forces terrestres russes.
Malgré l'échec des négociations, Poutine et Trump eurent une longue conversation téléphonique qui montre que les deux dirigeants comptent bien garder contact (https://www.rfi.fr/fr/monde/20250604-l-ukraine-et-l-iran-au-menu-d-un-nouvel-%C3%A9change-entre-trump-et-poutine) dans la tourmente :
Le président américain a précisé que leur appel a duré « une heure et quinze minutes ». Le Kremlin a, pour sa part, qualifié de « positive » et « productive » cette conversation téléphonique entre les deux dirigeants, ajoutant qu'ils avaient décidé de « rester en contact permanent ».
Trump a expliqué (https://www.rt.com/news/618661-trump-putin-phone-call/) :
"Nous avons discuté de l'attaque contre les avions russes par l'Ukraine ainsi que de diverses autres attaques qui ont eu lieu des deux côtés", a-t-il écrit, notant cependant que ce n'était "pas une conversation qui mènera à la paix immédiate."
Trump a ajouté que le président russe "a dit, et très fermement, qu'il devra répondre à la récente attaque contre les aérodromes."
Poutine annonce haut et fort (https://www.rt.com/news/618661-trump-putin-phone-call/) que :
Poutine a qualifié mercredi le sabotage ferroviaire dans les régions russes de Bryansk et de Koursk "sans aucun doute un acte terroriste "du" régime illégitime de Kiev", qui, a-t-il déclaré, » se transforme progressivement en une organisation terroriste."
Ce qui augure d'un changement de méthode de la part du gouvernement russe.
Europe
L'Europe continue de s'armer. C'est au tour du Royaume Uni de lancer sa promesse (https://www.rt.com/news/618428-uk-dramatically-increase-weapons-production/) :
Le Royaume-Uni investira 2 milliards de dollars dans de nouvelles usines d'armement dans le cadre d'une vaste stratégie de réarmement, a annoncé le secrétaire à la Défense John Healey.
Le plan comprend la construction d'au moins six nouvelles usines de munitions et d'explosifs et l'achat de plus de 7 000 armes à longue portée produites dans le pays, y compris des drones et des missiles. Healey s'est également engagé à porter les dépenses de défense à 3% du PIB d'ici 2034.
" Les leçons durement tirées de l'invasion illégale de l'Ukraine par [le président russe Vladimir] Poutine montrent qu'une armée n'est aussi forte que l'industrie qui la soutient », a déclaré Healey dans un communiqué publié samedi. « Nous renforçons la base industrielle du Royaume-Uni pour mieux dissuader nos adversaires et rendre le Royaume-Uni sûr chez lui et fort à l'étranger."
Le Royaume-Uni construira jusqu'à 12 nouveaux sous-marins (https://www.bbc.com/news/articles/c4g2jr1m49no) d'attaque, annoncera le Premier ministre alors que le gouvernement dévoilera son examen majeur de la défense lundi.
Sir Keir Starmer dira que jusqu'à 12 sous-marins nucléaires à armement conventionnel remplaceront la flotte actuelle du Royaume-Uni à partir de la fin des années 2030. Le Premier ministre devrait également confirmer que le Royaume-Uni dépensera 15 milliards de livres sterling pour son programme d'ogives nucléaires.
Et la cause de ce réarmement est clairement exprimée (https://www.rt.com/news/618465-uk-preparing-for-direct-conflict/) :
Le Royaume-Uni prévoit de mobiliser des milliards de livres pour renforcer sa base militaro-industrielle en prévision d'un conflit potentiel avec la Russie, a déclaré le secrétaire à la Défense John Healey.
La déclaration intervient avant la publication de l'Examen stratégique de la défense du gouvernement lundi. Selon la BBC, le rapport devrait présenter la Russie et la Chine comme des menaces majeures pour le Royaume-Uni.
Voyant cela Moscou et Pékin expriment leur point de vue (https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/moscow-poses-no-threat-britain-says-russias-uk-embassy-2025-06-03/) :
L'ambassade de Russie a publié mardi une déclaration critiquant ce qu'elle a décrit comme « une nouvelle salve de rhétorique anti-russe ».
« La Russie ne représente aucune menace pour le Royaume-Uni et son peuple », indique le communiqué. « Nous n'avons aucune intention agressive et n'avons aucun projet d'attaquer la Grande-Bretagne. Cela ne nous intéresse pas et nous n'en avons pas besoin. »
L'ambassade de Chine à Londres a également critiqué le mémorandum de la défense britannique, affirmant mardi dans un communiqué que le document déformait délibérément la politique de défense de Pékin pour justifier l'expansion militaire britannique.
Le mémo décrit la Chine comme « un défi sophistiqué et persistant », citant sa modernisation militaire rapide, y compris un arsenal nucléaire élargi, et affirmant que Pékin utilisait probablement l'espionnage et les cyberattaques, et volait la propriété intellectuelle.
Mais entre promesses de réarmement et possibilité de le faire, s'étend le fossé du gros déficit budgétaire (https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/retards-de-paiement-des-promesses-mais-pas-de-commandes-comme-l-etat-l-armee-francaise-vit-a-credit_AV-202506050342.html) des pays européens :
Le ministère des Armées devra régler d'ici la fin de l'année pour 8 milliards d'euros d'équipements militaires déjà commandés mais pas encore payés. Symbole d'une France qui veut se réarmer mais n'en a pas les moyens.
C'est le grand défi industriel des années à venir. La France (comme l'ensemble de l'Europe) se réarme à vitesse grand V. Des annonces d'investissements privés et publics ont été faites depuis le début de l'année pour augmenter les capacités militaires françaises. Mais avec quel argent ? Les alertes des industriels de la défense se multiplient ces derniers temps. Selon eux, l'économie de guerre se fait à crédit, les commandes se font attendre et l'absence de visibilité inquiète.
Tout cela pendant que le débat sur la façon de réduire l'écrasant déficit budgétaire fait l'objet d'un débat houleux en France.
Israël/Palestine
Il semble bien qu'Israël utilise la distribution d'aide alimentaire pour terroriser les affamés (https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250601-gaza-nouveau-massacre-aux-abords-d-un-point-de-distribution-d-aide-alimentaire) :
Ils étaient des milliers dès l'aube à attendre de quoi manger, dimanche 1er juin, aux abords de l'un des deux centres de GHF à Rafah, dans le sud de Gaza. Certains avaient marché toute la nuit depuis le centre de l'enclave, car les denrées entrent au compte-gouttes depuis le blocus instauré par Israël en mars 2025.
Tout à coup, selon des témoins et la défense civile palestinienne, l'armée israélienne a tiré avec ses drones et ses blindés. Plusieurs personnes sont mortes sur le coup, d'autres ont péri après leur transport à l'hôpital, rapportent ces mêmes témoins. Selon la Défense civile, au moins 31 personnes ont été tuées par des tirs israéliens, et il y aurait plus de 176 blessés.
Mais, selon Israël, tout cela n'est qu'illusion (https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250601-gaza-nouveau-massacre-aux-abords-d-un-point-de-distribution-d-aide-alimentaire) :
GHF a cependant affirmé, dans l'après-midi de dimanche, que les informations faisant état de dizaines de morts et blessés près de leurs centres de distribution d'aide dans le territoire palestinien étaient « fausses ». « Toute l'aide a été distribuée aujourd'hui sans incident », a affirmé un porte-parole de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) dans un communiqué. « Nous avons entendu dire que ces fausses informations avaient été activement fomentées par le Hamas. Elles sont fausses et fabriquées », a-t-il ajouté.
Pourtant, la Croix-Rouge confirme (https://www.bbc.com/news/articles/c991j01lym3o) :
Un » afflux massif de victimes », dont beaucoup ont été blessées par balle ou par des éclats d'obus, a été reçu dans un hôpital de campagne de la Croix-Rouge dans le sud de Gaza, a indiqué l'organisation, à la suite d'informations controversées sur un incident près d'un centre de distribution d'aide à Rafah. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré que 21 personnes avaient été « déclarées mortes à leur arrivée », tandis que des femmes et des enfants figuraient parmi les 179 cas.
Et le fait que le même scénario se répète tous les jours (https://www.reuters.com/world/middle-east/least-24-palestinians-killed-near-gaza-aid-site-medics-say-2025-06-03/) laisse à penser qu'il est écrit par l'armée israélienne :
Au moins 27 Palestiniens ont été tués et des dizaines blessés mardi [3 juin] par des tirs israéliens près d'un site de distribution de nourriture dans le sud de Gaza, ont annoncé des responsables de la santé, au cours d'une troisième journée consécutive de chaos et d'effusion de sang pour gâcher l'opération d'aide.
Six Palestiniens ont été tués (https://www.bbc.com/news/articles/cy5evz4xdklo) et plusieurs autres blessés par des tirs israéliens lors du dernier incident meurtrier [samedi 7 juin] près d'un centre de distribution d'aide dans le sud de Gaza, a annoncé l'agence de défense civile dirigée par le Hamas.
Une constatation confirmée par l'ONU (https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250604-l-onu-d%C3%A9nonce-le-choix-d%C3%A9lib%C3%A9r%C3%A9-d-isra%C3%ABl-de-priver-les-gazaouis-des-moyens-de-leur-survie) :
Le chef des affaires humanitaires de l'ONU a estimé ce mercredi 4 juin que les dizaines de personnes tuées le 3 juin dans la bande de Gaza, alors qu'elles essayaient d'accéder à un centre de distribution de nourriture, sont le « résultat de choix délibérés » d'Israël. « Rien qu'hier, des dizaines de morts ont été constatées dans les hôpitaux après que les forces israéliennes ont annoncé avoir ouvert le feu. C'est le résultat d'une série de choix délibérés qui ont systématiquement privé deux millions de personnes des biens essentiels à leur survie », a écrit ce responsable de l'ONU, Tom Fletcher, dans un communiqué.
Après avoir favorisé la création du Hamas (https://fr.timesofisrael.com/pendant-des-annees-netanyahu-a-soutenu-le-hamas-aujourdhui-on-en-paie-le-prix/) pour créer la division au sein de l'Autorité Palestinienne, Netanyahou réutilise sa vieille technique (https://www.bbc.com/news/articles/cwyn2m9yk0vo) pour créer la division à Gaza :
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé qu'Israël armait des clans à Gaza qui, selon lui, sont opposés au Hamas.
Ses commentaires sont intervenus après que des médias israéliens aient cité des sources de la défense selon lesquelles Netanyahu avait autorisé la fourniture d'armes à un groupe particulier dans le sud de Gaza.
Plusieurs politiciens israéliens ont accusé Netanyahu de mettre en danger la sécurité israélienne.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec ça ? » Netanyahu dit dans une courte vidéo qu'il a tweeté. « Cela ne fait que sauver la vie de soldats israéliens », poursuit – il – « et le faire connaître ne fait qu'aider le Hamas ».
Le groupe, que certains considèrent comme une milice ou un gang criminel, se présente comme une force d'opposition au Hamas. Il dit que son objectif est de protéger les camions apportant de l'aide à Gaza, mais les critiques disent qu'il fait le contraire et qu'il les pille.
Et pourtant, malgré tous les signes (https://www.reuters.com/world/middle-east/us-backed-gaza-aid-group-halt-distribution-wednesday-un-vote-ceasefire-demand-2025-06-04/) montrant qu'Israël perpétue un génocide contre le peuple palestinien :
Les États-Unis ont opposé mercredi leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies qui exigeait un « cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent » entre Israël et les militants du Hamas à Gaza et un accès sans entrave à l'aide dans toute l'enclave déchirée par la guerre. Les 14 autres pays du conseil ont voté en faveur du projet.
Ce qui montre bien que toutes les discussions pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, sous la médiation du Qatar, ne sont qu'un simple paravent de relation publique pour cacher au reste du monde le fait qu'Israël n'a aucune intention d'arrêter son annexion progressive de Gaza.
Il fallait oser et ils osent (https://www.rt.com/news/618715-icc-sanctions-judges-israel-us/):
Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre quatre juges de la Cour pénale internationale (CPI) pour ce qu'ils ont qualifié d ' "actions illégitimes et sans fondement" contre les États-Unis et Israël.
Dans un communiqué publié jeudi, le Secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que les nouvelles sanctions visaient les juges Solomy Balungi Bossa d'Ouganda, Luz del Carmen Ibanez Carranza du Pérou, Reine Adélaïde Sophie Alapini Gansou du Bénin et Beti Hohler de Slovénie pour leurs "actions illégitimes et sans fondement visant l'Amérique ou notre proche allié, Israël."
Loin de subir des sanctions, Israël va même jusqu'à battre un record (https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250605-isra%C3%ABl-a-battu-des-records-d-exportations-d-armes-en-2024-avec-pr%C3%A8s-de-15-milliards-de-dollars) dans l'exportation d'armes :
« Israël a de nouveau atteint un sommet historique pour les exportations dans le domaine de la Défense en 2024 », a déclaré le ministère de la Défense israélien, qui supervise et approuve les exportations des industries d'armement israéliennes, dans un communiqué publié le 5 juin. La majorité des contrats signés (56,8 %) étaient des « méga-contrats » d'une valeur d'au moins 100 millions de dollars chacun, a détaillé le ministère, ajoutant que les « résultats opérationnels » dans la guerre contre le groupe palestinien Hamas dans la bande de Gaza avaient stimulé la demande.
En 2024, 12 % des exportations d'armement israéliennes sont allées aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Maroc. Cela alors que ces trois pays ne représentaient que 3 % l'année précédente.
La répartition des régions vers lesquelles les armes ont été exportées montre que les pays européens représentent plus de la moitié des exportations. L'Allemagne, par exemple, est un client important ces dernières années. Dans le détail, en plus des missiles et des roquettes, l'État hébreu vend des logiciels militaires, dans le domaine de la cybersécurité, de la surveillance et du renseignement. Elle exporte aussi de petites tourelles de chars, et son système de défense antiaérienne, pour intercepter des missiles.
Le gouvernement espagnol a annoncé, mercredi 4 juin, l'annulation d'un contrat à 287,5 millions d'euros qui avait été signé avec une entreprise israélienne en 2023.
Et puisqu'aucune limite n'est imposé au gouvernement israélien (https://www.reuters.com/world/middle-east/israeli-military-issues-evacuation-warning-residents-beiruts-southern-suburbs-2025-06-05/) :
Israël a intensément bombardé la banlieue sud de la capitale libanaise tard jeudi, faisant fuir des milliers de personnes à la veille d'une fête musulmane et suscitant des accusations de hauts responsables libanais selon lesquelles Israël violait l'accord de cessez-le-feu.
Au moins 10 frappes ont touché la banlieue sud de Beyrouth – une zone tentaculaire connue sous le nom de Dahiyeh – dans une vague de bombardements qui a commencé environ 90 minutes après que l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour quatre sites de la région.
La guerre commerciale de Trump
A l'approche de la date limite qu'il a lui-même imposé, Trump pousse à accélérer les négociations (https://www.reuters.com/business/us-pushes-countries-best-offers-by-wednesday-tariff-deadline-looms-2025-06-02/) :
L'administration Trump souhaite que les pays présentent leur meilleure offre sur les négociations commerciales d'ici mercredi, alors que les responsables cherchent à accélérer les pourparlers avec plusieurs partenaires avant une échéance auto-imposée dans seulement cinq semaines, selon un projet de lettre aux partenaires de négociation consulté par Reuters.
Le document suggère une urgence au sein de l'administration de conclure des accords dans des délais serrés. Alors que des responsables tels que le conseiller économique de la Maison Blanche Kevin Hassett ont promis à plusieurs reprises que plusieurs accords étaient en voie d'achèvement, jusqu'à présent, un seul accord a été conclu avec un partenaire commercial majeur des États-Unis : la Grande-Bretagne. Même ce pacte limité s'apparente davantage à un cadre de négociations en cours qu'à un accord final.
Et menace de nouveau (https://www.reuters.com/business/trump-says-he-plans-double-steel-tariffs-50-2025-05-30/) :
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi qu'il prévoyait d'augmenter les droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés de 25% à 50%, augmentant la pression sur les producteurs mondiaux d'acier et approfondissant sa guerre commerciale.
« Nous allons imposer une augmentation de 25%. Nous allons le faire passer de 25% à 50% – les droits de douane sur l'acier aux États-Unis d'Amérique, ce qui sécurisera encore plus l'industrie sidérurgique aux États-Unis », a-t-il déclaré lors d'un rassemblement en Pennsylvanie.
Il a ensuite posté sur les réseaux sociaux que le tarif majoré s'appliquerait également aux produits en aluminium et qu'il entrerait en vigueur mercredi [4 juin].
Le Vietnam fait partie des pays (https://www.reuters.com/world/china/us-made-tough-requests-vietnam-trade-talks-sources-say-2025-06-03/) qui prennent les menaces de Trump au sérieux :
Washington souhaite que les usines basées au Vietnam réduisent leur utilisation de matériaux et de composants en provenance de Chine et demande au pays de contrôler plus attentivement ses chaînes de production et d'approvisionnement, a déclaré l'une des personnes informées des pourparlers, sans préciser si des objectifs quantitatifs étaient inclus.
La liste fait partie d'une « annexe » à un texte-cadre préparé par les négociateurs américains, selon quatre personnes au courant du dossier.
Global Times révèle une des conditions (https://www.globaltimes.cn/page/202506/1335424.shtml) dictées par les Etats-Unis pour que le Vietnam puisse négocier un accord commercial avec eux :
Les États-Unis ont envoyé une longue liste de « demandes difficiles » au Vietnam dans ses négociations tarifaires, y compris des demandes qui pourraient forcer le pays à « réduire sa dépendance » à l'égard des importations de produits industriels chinois, selon un récent rapport de Reuters, citant des sources proches du dossier. Cependant, ce n'est pas un cas isolé. Après que les États-Unis et le Royaume-Uni ont conclu un accord commercial en mai, des inquiétudes ont été soulevées quant au fait que l'accord pourrait être utilisé pour évincer les produits chinois des chaînes d'approvisionnement britanniques.
La guerre commerciale lancée par Trump a donc deux objectifs : un déclaré médiatiquement, MAGA, Make America Great Again et un autre caché dans les « annexes » des accords, MCPA, Make China Poor Again. Un projet un tantinet mégalomane.
Il faut savoir que cette stratégie de « containment » de la Chine ne date pas de Trump mais a commencé avec le « focus sur la région Pacifique » d'Obama. Trump ne fait que l'accélérer.
En attendant que la Chine devienne pauvre, les mesures de rétorsion qu'elle a prise face à son « containment » commencent à se faire sentir en Occident (https://www.cnbc.com/2025/06/05/auto-groups-sound-the-alarm-as-chinas-rare-earth-curbs-start-to-bite.html) :
Plusieurs usines et lignes de production de fournisseurs automobiles européens ont déjà été fermées en raison des récents contrôles à l'exportation de la Chine, selon l'association européenne des fournisseurs automobiles CLEPA, le groupe avertissant de nouvelles pannes à mesure que les stocks s'épuisent.
Le ministère chinois du Commerce a imposé début avril des restrictions à l'exportation sur plusieurs éléments de terres rares et aimants largement utilisés dans les secteurs de l'automobile, de la défense et de l'énergie. Les restrictions sont intervenues dans le cadre d'une réponse à l'augmentation des droits de douane du président américain Donald Trump sur les produits de Pékin.
Certains des éléments des terres rares touchés sont des composants essentiels à la production de moteurs à combustion et de véhicules électriques.
Alors, continuerons-nous à jouer à « qui sera pauvre en premier » ou nous rallierons nous à la politique « win-win » proposée par la Chine ?
Ce n'est pas l'attitude ambivalente de Trump qui permettra de répondre à cette question. Celui-ci a appelé le président chinois Xi Jinping et le compte rendu de cette conversation (https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250605-donald-trump-et-xi-jinping-s-entretiennent-par-t%C3%A9l%C3%A9phone-sur-fond-de-diff%C3%A9rends-commerciaux-et-diplomatiques) le montre bien.
Comme souvent après une conversation directe avec un homologue, Trump se montre très content de la conversation et très aimable :
Donald Trump, qui a entamé un bras de fer commercial avec Pékin, a assuré que sa conversation d'environ une heure et demie jeudi 5 juin avec son homologue chinois Xi Jinping s'était conclue « de manière très positive ».
Le président américain a assuré dans un message sur son réseau Truth Social que ses équipes et celles du dirigeant chinois se rencontreraient « bientôt » pour discuter des droits de douane, à un endroit qui reste à définir, et a assuré qu'il ne « devrait plus y avoir de problèmes à l'avenir » sur l'accès aux terres rares chinoises, un point de friction important entre les deux superpuissances.
Donald Trump a par ailleurs annoncé que Xi Jinping l'avait « gentiment invité » à venir en Chine avec son épouse Melania, et qu'il avait, lui aussi, proposé au président chinois de venir le voir aux États-Unis.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, s'était dit dimanche « sûr » qu'une conversation au plus haut niveau entre les deux présidents pourrait « régler » la question des tensions commerciales
Alors, finalement tout va bien entre la Chine et les USA ? Et bien la version chinoise permet d'en douter :
Les deux hommes se sont entretenus « à la demande » de Donald Trump, a souligné l'agence de presse Chine Nouvelle dans un très bref article.
Le président chinois Xi Jinping a déclaré à Donald Trump qu'ils se devaient de « redresser la trajectoire ». « Pour redresser la trajectoire du grand navire des relations sino-américaines, il nous incombe d'en assurer fermement le gouvernail et d'en fixer clairement le cap, tout en écartant résolument toute interférence, voire toute tentative de sabotage. Cela est particulièrement crucial », a indiqué Xi Jinping, qui a déclaré être ouvert à une visite de Donald Trump en Chine, selon des propos rapportés par l'agence officielle Chine Nouvelle.
Le président chinois Xi Jinping a également exhorté les États-Unis à faire preuve de « prudence » sur la question de Taïwan, île que la Chine considère comme une partie de son territoire. « Les États-Unis doivent traiter la question de Taïwan avec prudence afin d'éviter que la petite minorité de séparatistes partisans d'une "indépendance de Taïwan" n'entraînent la Chine et les États-Unis dans une situation dangereuse de conflit et de confrontation », a indiqué le président chinois à son homologue américain, selon l'agence de presse Chine Nouvelle.
On sent bien l'exaspération monter du côté chinois, en contraste total avec l'optimisme étasunien. Un optimisme de façade qui pourrait servir à créer, pour le public étasunien, l'image d'un Trump faisant tous les efforts possibles pour répandre la paix et la richesse commerciale face à une Chine ne voulant rien céder et négociant de mauvaise foi. Le bon Etats-Unis et la mauvaise Chine.
Pourtant le vendredi 6 juin, confirmant ainsi l'optimisme de Trump, le gouvernement chinois fait un effort (https://www.reuters.com/business/autos-transportation/china-issues-rare-earth-licenses-suppliers-top-3-us-automakers-sources-say-2025-06-06/) pour montrer sa bonne foi :
La Chine a accordé des licences d'exportation temporaires aux fournisseurs de terres rares des trois principaux constructeurs automobiles américains, ont déclaré deux sources proches du dossier, alors que des perturbations de la chaîne d'approvisionnement commencent à faire surface en raison des restrictions à l'exportation de Pékin sur ces matériaux. Au moins certaines des licences sont valables six mois, ont déclaré les deux sources, refusant d'être nommées car les informations ne sont pas publiques.
Alors que le même jour, le ministère du commerce étasunien décidait d'une nouvelle restriction (https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/us-suspends-licenses-ship-nuclear-plant-parts-china-sources-say-2025-06-06/) commerciale contre la Chine :
Les États-Unis ont suspendu ces derniers jours les licences des fournisseurs d'équipements nucléaires à vendre aux centrales électriques chinoises, selon quatre personnes familières avec le sujet, alors que les deux pays s'engagent dans une guerre commerciale dommageable.
Les suspensions ont été envoyées aux entreprises par le département américain du Commerce, ont indiqué les personnes, et affectent les licences d'exportation pour les pièces et équipements utilisés avec les centrales nucléaires.
Les fournisseurs d'équipements nucléaires font partie d'un large éventail d'entreprises dont les ventes ont été restreintes au cours des deux dernières semaines alors que la guerre commerciale américano-chinoise est passée de la négociation des tarifs à la limitation des chaînes d'approvisionnement de l'autre.
Soit Trump est complètement erratique, pensant que ce genre d'attitude déstabilisante est le summum du « art of deal » dont il est si fier, soit des éléments de son administration sabotent délibérément ses efforts pour saboter sa présidence, comme ce fut le cas lors de sa première présidence (https://lesakerfrancophone.fr/ceg18-trump-vs-etat-profond). De plus en plus d'analystes sérieux penchent pour la seconde hypothèse (https://lesakerfrancophone.fr/des-caracteres-courageux-trump-et-eisenhower).
Il semble d'ailleurs que les dirigeants chinois penchent aussi pour la seconde hypothèse, comme le montre ce rapport d'un échange (https://www.reuters.com/world/china/us-chinese-officials-exchange-barbs-shanghai-event-over-trade-2025-06-06/) entre un fonctionnaire étasunien et un fonctionnaire chinois à Shangaï :
Scott Walker, consul général du consulat des États-Unis à Shanghai, a déclaré à un rassemblement d'entreprises américaines visant à célébrer le 110e anniversaire de la Chambre de commerce américaine (AmCham) à Shanghai que les relations économiques américano-chinoises étaient déséquilibrées et non réciproques « depuis trop longtemps ». « Nous voulons mettre fin aux actions discriminatoires et aux représailles contre les entreprises américaines en Chine », a-t-il déclaré.
Dans un discours qui a suivi directement celui de Walker, Chen Jing, un responsable du Parti communiste de Shanghai qui est également président de l'Association du Peuple de Shanghai pour l'amitié avec les pays étrangers, a contré le point de vue de Walker.
« Je crois que le point de vue du consul général est un préjugé sans fondement et ne correspond pas à l'appel téléphonique entre nos chefs d'État hier soir« , a-t-il déclaré.
Les Russes aussi observent ce phénomène (https://tass.com/politics/1968559) :
Moscou devrait prendre très au sérieux les informations selon lesquelles certains cercles aux États-Unis veulent voir la Russie détruite, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Sergey Ryabkov lors d'une conférence de presse à TASS consacrée au prochain Forum scientifique et d'experts internationaux 11th Primakov Readings à Moscou.
« Le fait que certains cercles aux États-Unis aient élaboré et élaborent toujours des plans pour aller vers l'éradication de la Russie en tant qu'État est également indéniable. Il suffit de suivre les discussions qui ont lieu, y compris sur les plateformes de science politique. Nous ne devons pas sous-estimer les conséquences d'un tel état d'esprit », a noté le sous-ministre.
Les négociations sur le nucléaire iranien
Le brouillard informationnel est tel qu'il semble que même les négociateurs eux-mêmes ne savent plus où ils en sont. Ou alors est-ce, là encore, une tactique pour mieux embrouiller l'adversaire.
Cette semaine c'est le magazine Axios qui lance son scoop (https://www.axios.com/2025/06/02/iran-nuclear-deal-proposal-enrich-uranium) :
Scoop : L'offre d'un accord nucléaire américain permet à l'Iran d'enrichir de l'uranium
La proposition d'accord nucléaire que les États-Unis ont présentée samedi à l'Iran autoriserait un enrichissement limité d'uranium de faible activité sur le sol iranien pendant une période à déterminer, a appris Axios, contredisant les déclarations publiques de hauts responsables.
L'envoyé de la Maison Blanche Steve Witkoff et le secrétaire d'État Marco Rubio avaient auparavant déclaré publiquement que les États-Unis ne permettraient pas à l'Iran d'enrichir de l'uranium et exigeraient le démantèlement complet des installations nucléaires iraniennes. Cette proposition secrète montre beaucoup plus de flexibilité sur ces deux sujets.
Un scoop immédiatement démenti par Trump lui-même (https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/denying-report-trump-says-all-uranium-enrichment-banned-under-proposed-iran-deal/), assorti des habituelles menaces :
Le président américain Donald Trump semble nier un rapport dans Axios selon lequel son administration poursuit un accord avec l'Iran qui autoriserait un enrichissement limité de l'uranium.
« L'AUTOPEN [C'est-à-dire Biden dans le langage trumpien] aurait dû empêcher l'Iran depuis longtemps de "s'enrichir ». En vertu de notre accord potentiel, NOUS N'AUTORISERONS AUCUN ENRICHISSEMENT D'URANIUM!, » a écrit Trump sur sa plateforme Social Truth.
Dans un post ultérieur il se vante que l'armée américaine "stocke des armes à un rythme jamais vu auparavant par notre pays". « J'espère cependant que nous n'aurons jamais à les utiliser ! » rajoute-t-il.
Alors que l'Iran l'a dit et le redit (https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-poised-dismiss-us-nuclear-proposal-says-iranian-diplomat-2025-06-02/) :
Téhéran affirme vouloir maîtriser la technologie nucléaire à des fins pacifiques et nie depuis longtemps les accusations des puissances occidentales selon lesquelles il cherche à développer des armes nucléaires.
« Dans cette proposition, la position des États-Unis sur l'enrichissement sur le sol iranien reste inchangée, et il n'y a pas d'explication claire concernant la levée des sanctions« , a déclaré le diplomate, qui a refusé d'être identifié en raison de la sensibilité de la question.
« Le président Trump a clairement indiqué que l'Iran ne pourrait jamais obtenir une bombe nucléaire. L'envoyé spécial Witkoff a envoyé une proposition détaillée et acceptable au régime iranien, et il est dans leur intérêt de l'accepter », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, dans un communiqué. « Par respect pour l'accord en cours, l'administration ne commentera pas les détails de la proposition aux médias. »
Comprenne qui pourra.
On remarquera au passage qu'aucune loi internationale n'empêche l'Iran de développer son nucléaire civil. Pour ce qui est de l'arme nucléaire, Israël a développé clandestinement des bombes nucléaires, estimé à 100 bombes (https://atlasocio.com/classements/defense/nucleaire/classement-etats-par-arsenal-nucleaire-monde.php#google_vignette), sans qu'aucune instance internationale ne dénonce ce pays. Visiblement l'égalité devant la loi n'est pas de mise à l'international.
Au cours de leur conversation téléphonique de mercredi, Trump et Poutine ont aussi abordé le sujet du nucléaire iranien (https://www.rfi.fr/fr/monde/20250604-l-ukraine-et-l-iran-au-menu-d-un-nouvel-%C3%A9change-entre-trump-et-poutine) :
Le président des États-Unis a accusé l'Iran de « traîner des pieds » dans les négociations et ajouté qu'il voulait « une réponse définitive dans un laps de temps très court ». Il a par ailleurs rapporté que Vladimir Poutine avait « laissé entendre » qu'il pourrait « participer » également à ces pourparlers qui se déroulent jusqu'ici entre Iraniens et Américains.
« J'ai dit au président Poutine que l'Iran ne pouvait pas se doter de l'arme nucléaire et je crois que nous sommes d'accord sur ce point », a écrit le Donald Trump, en jugeant que son homologue russe, qui entretient une relation étroite avec Téhéran, « pourrait peut-être jouer un rôle utile pour arriver à une rapide conclusion ».
Le Kremlin a défendu mardi le « droit » de l'Iran à développer son énergie nucléaire civile. La Russie, qui dispose officiellement du plus grand arsenal nucléaire au monde, hérité de l'URSS, et l'Iran se sont largement rapprochés depuis le déclenchement de l'invasion russe en Ukraine en 2022.
Poutine, Trump et même le gouvernement iranien sont d'accord pour que l'Iran ne développe pas de bombes nucléaires. Un accord pourrait donc être rapidement conclu.
Mais, dans sa conversation avec Poutine, Trump, hypocritement, ne dit pas qu'il veut aussi que l'Iran abandonne son nucléaire civil. Pas dupe, Poutine lui rappelle « le droit de l'Iran à développer son nucléaire civil », lui suggérant ainsi que ce n'est pas l'Iran qui « traine les pieds » mais Trump qui est trop exigeant.
Khamenei, l'ayatollah iranien, enfonce encore le clou (https://www.reuters.com/world/middle-east/irans-supreme-leader-says-us-nuclear-proposal-undermines-its-national-power-2025-06-04/) :
« L'enrichissement de l'uranium est la clé de notre programme nucléaire et les ennemis se sont concentrés sur l'enrichissement« , a déclaré Khamenei lors d'un discours télévisé marquant l'anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Ruhollah Khomeiny.
« La proposition que les Américains ont présentée est à 100% contraire à nos intérêts ... Les dirigeants grossiers et arrogants de l'Amérique exigent à plusieurs reprises que nous n'ayons pas de programme nucléaire. Qui êtes-vous pour décider si l'Iran doit enrichir ? », a-t-il ajouté.
Téhéran affirme vouloir maîtriser la technologie nucléaire à des fins pacifiques et nie depuis longtemps les accusations des puissances occidentales selon lesquelles il cherche à développer des armes nucléaires.
Afrique
Cette semaine, le Mali a subi une vague quotidienne d'attaques djihadistes, jusqu'à Tombouctou même (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250602-mali-le-jnim-m%C3%A8ne-des-attaques-simultan%C3%A9es-%C3%A0-tombouctou-et-intensifie-ses-op%C3%A9rations-dans-le-pays) :
le Jnim mène des attaques simultanées à Tombouctou et intensifie ses opérations dans le pays
Au Mali, après l'attaque du camp de Boulikessi (centre) qui a fait plusieurs dizaines de morts dimanche 1er juin, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans a ciblé quatre sites à Tombouctou ce lundi matin.
Le Jnim, lié à al-Qaïda (https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250604-mali-le-jnim-revendique-l-attaque-d-une-localit%C3%A9-limitrophe-de-bamako), affirme avoir ciblé ce mercredi [ 4 juin] à Mamaribougou «un rassemblement de l'armée malienne et de ses alliés russes», avec «un engin explosif» sur «un terrain d'entraînement». Une source sécuritaire malienne a confirmé cette attaque à RFI, sans fournir davantage de détails à ce stade.
Mercredi toujours (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250605-mali-attaques-jihadistes-pr%C3%A8s-de-bamako-mahou-et-tessit-frappes-de-drone-de-l-arm%C3%A9e-pr%C3%A8s-de-kidal), dans le nord, c'est le camp militaire de Tessit, région de Gao, qui a été pris par les jihadistes d'État islamique au Sahel, faisant une quarantaine de morts. L'armée malienne a quant à elle mené une série de frappes de drone dans la région de Kidal. Jeudi 5 juin au matin, une nouvelle attaque a été rapportée dans la région de Sikasso, dans le sud du pays.
L'armée malienne (https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250606-mali-l-arm%C3%A9e-se-retire-d-un-camp-apr%C3%A8s-deux-attaques-jihadistes-meurtri%C3%A8res) s'est retirée vendredi 6 juin d'un de ses principaux camps militaires dans le centre du pays, après deux attaques attribuées à des jihadistes ayant coûté la vie à des dizaines de soldats en quelques jours dans un contexte de recrudescence des violences au Sahel, selon des sources militaires et des autorités locales.
Là encore, certains dirigeants africains soupçonnent la France de soutenir clandestinement ces djihadistes (https://www.rt.com/africa/618518-niger-accuses-western-powers-destabilizing-sahel/) :
Le président par intérim du Niger, Abdourahamane Tchiani, a accusé les puissances occidentales, en particulier la France, d'alimenter la violence terroriste dans le pays africain dans le but d'imposer un "nouveau modèle de gouvernance" contre la volonté du peuple nigérien.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique RTN ce week-end, le général Tchiani a affirmé que "plusieurs complots" avaient été lancés contre le Niger depuis les pays voisins, dont le Nigeria et le Bénin, avec le soutien des gouvernements occidentaux expulsés après la prise de contrôle militaire de juillet 2023.
Il a déclaré que des agents soutenus par l'Occident ont tenu des réunions au Nigeria et dans le bassin du lac Tchad pour coordonner leurs efforts, y compris la contrebande d'armes aux groupes terroristes.
« La France a utilisé plusieurs moyens pour nous déstabiliser... la France a également infiltré tous les mouvements qui ont d'abord été appelés mouvements indépendantistes, puis, le mouvement djihadiste, et enfin, les mouvements terroristes", a-t-il déclaré.
Il a déclaré que Paris avait établi des « cellules françaises » dans la région, l'une dirigée par Jean-Marie Bockel, l'envoyé personnel du président Emmanuel Macron pour l'Afrique, chargée de contrer "l'influence sahélienne »."
Selon Tchiani, la soi-disant "cellule Sahel de l'Elysée" mobilise les services secrets français (DGSE), les diplomates et l'agence de la Francophonie, adossés à des "fonds illimités", pour mener toutes les "opérations subversives" visant à déstabiliser l'Alliance des États du Sahel (AES). "Cette cellule Sahel aura également pour mission de tout faire par tous les moyens pour diaboliser les relations entre les États de l'AES et la Fédération de Russie", a-t-il ajouté.
Non seulement la France mais l'Ukraine est aussi pointée du doigt (https://www.rt.com/africa/618725-ukraine-coordinating-mali-jihadists-attacks/) par certains dirigeants africains, preuves à l'appui :
Des instructeurs militaires ukrainiens entraînent et arment des militants liés à Al-Qaïda au Mali, selon le média local Bamada. La découverte a été faite lors de récentes opérations des Forces armées maliennes (FAMa) à la suite de nouvelles attaques du groupe djihadiste Jama'at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM), a rapporté Bamada.
Des combattants du JNIM auraient attaqué des postes de sécurité à Sirakorola et Tanabougou, dans la région de Koulikoro, au sud-ouest du Mali, le 30 mai. Selon le média, les forces FAMa ont repoussé l'assaut, saisissant des armes, des documents et du matériel—quelques jours après avoir tendu une embuscade aux militants près de Djongue Bambara dans la région de Sofara, où ils ont été piégés alors qu'ils tentaient de fuir de l'autre côté de la rivière Sebedaga.
" Dans une voiture abandonnée par les assaillants, des soldats maliens ont trouvé un téléphone contenant des photos de documents des services de sécurité ukrainiens, ainsi qu'un drone portant une écriture ukrainienne », a déclaré Bamada dans un rapport publié plus tôt cette semaine.
"Une enquête préliminaire de l'armée malienne montre que les drones FPV ont été livrés au Mali via la Mauritanie par des instructeurs militaires ukrainiens liés aux combattants de l'Azawad. Il est fort probable que les Touaregs, à leur tour, partagent cet équipement avec le JNIM dans le cadre de leur alliance », a-t-il ajouté.
"Les documents indiquent que des agents ukrainiens ont coordonné des attaques terroristes contre FAMa près de Mopti, ont fourni des drones équipés de systèmes de livraison ukrainiens et ont même mené des attaques de drones sur des positions maliennes", a rapporté le média.
L'Ukraine cherche-t-elle à toucher la Russie en touchant les russes de la compagnie Wagner travaillant avec l'armée malienne ? Ce qui expliquerait leur départ du pays (https://www.rt.com/africa/618750-wagner-withdraws-from-mali/), pour éviter que l'Ukraine continue de s'attaquer au Mali :
La société militaire privée russe (PMC) Wagner Group a annoncé jeudi la fin de sa mission au Mali, affirmant que ses combattants avaient atteint leurs objectifs et rentraient chez eux.
"Pendant trois ans et demi, les" musiciens « se sont battus côte à côte avec le peuple malien contre le terrorisme », a déclaré Wagner, utilisant le nom informel de ses mercenaires. « Nous avons éliminé des milliers de militants et leurs commandants, qui terrorisaient la population civile depuis des années."
Le groupe a ajouté qu'il avait aidé les patriotes maliens à construire "une armée forte et disciplinée capable de défendre ses terres", et a affirmé que toutes les capitales régionales avaient été remises "sous le contrôle des autorités légitimes. « Wagner a déclaré que "la mission est terminée. Wagner PMC rentre à la maison."
Chine
La Chine continue d'établir son « soft power » (https://apnews.com/article/hong-kong-wang-yi-mediation-legal-2ef92852a2b13528e3e44be7cada1531) à l'international :
Des représentants de plus de 30 autres pays, du Pakistan et de l'Indonésie à la Biélorussie et à Cuba, ont signé la Convention portant création de l'Organisation internationale de Médiation à Hong Kong pour devenir membres fondateurs de l'organisation mondiale, à la suite du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.
Lors d'une cérémonie, M. Wang a déclaré que la Chine préconisait depuis longtemps de gérer les différends dans un esprit de compréhension mutuelle et de recherche de consensus par le dialogue, tout en visant à fournir la "sagesse chinoise" pour résoudre les conflits entre les nations. " La création de l'Organisation internationale de médiation aide à dépasser l'état d'esprit à somme nulle de « vous perdez et je gagne » », a-t-il déclaré. L'organe, dont le siège est à Hong Kong, vise à aider à promouvoir la résolution à l'amiable des différends internationaux et à établir des relations mondiales plus harmonieuses, a-t-il déclaré.
Pékin a présenté l'organisation comme la première organisation juridique intergouvernementale au monde pour le règlement des différends par la médiation, affirmant qu'il s'agira d'un mécanisme important pour la sauvegarde des principes de la Charte des Nations Unies.
La Chine aussi se plaint (https://www.globaltimes.cn/page/202506/1335286.shtml) du double jeu de l'administration Trump :
Ces derniers jours, certains responsables et médias américains ont diffusé le récit selon lequel « les tensions entre les États-Unis et la Chine augmentent à nouveau » parce que la Chine « veut ralentir l'accord » avec les États-Unis. Le Wall Street Journal a également affirmé que « la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine risque de s'effondrer. » De telles tentatives de créer une pression publique sur la Chine par la manipulation médiatique sont, en elles-mêmes, une violation du consensus de Genève.
Lundi, le ministère chinois du Commerce a fermement rejeté ces affirmations sans fondement et a exhorté la partie américaine à travailler avec la Chine, à corriger immédiatement ses mauvaises actions et à sauvegarder conjointement le consensus atteint à Genève.
https://lesakerfrancophone.fr/la-revue-de-presse-internationale-pour-la-semaine-du-2-au-8-juin-2025