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La nouvelle tentative de Netanyahu pour attirer Trump dans une guerre contre l’

Démarré par JacquesL, 29 Décembre 2025, 11:25:23 PM

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JacquesL

La nouvelle tentative de Netanyahu pour attirer Trump dans une guerre contre l'Iran

Publié le décembre 29, 2025 par Wayan

Par Alastair Crooke – Le 24 décembre 2025 – Source Conflicts Forum



Ces derniers jours, l'administration Trump a arraisonné et saisi trois pétroliers chargés de pétrole vénézuélien ou destinés au Venezuela (comme le Bella 1). La saisie la plus flagrante, en termes d'illégalité, étant celle d'un navire appartenant à des Chinois, battant pavillon panaméen, apparemment destiné à la Chine et placé sur la liste des sanctions personnelles.

Dans une autre zone de conflit, le Service de sécurité ukrainien (SBU) affirmait vendredi dernier qu'il avait frappé un pétrolier russe dit de la « flotte fantôme« , le Qendil, avec des drones aériens dans les eaux de la mer Méditerranée au large du Maroc. Le SBU n'a pas donné plus de détails sur l'attaque, notamment sur la manière dont le SBU aurait pu déployer un drone en Méditerranée (à 2 000 km de l'Ukraine), ni sur le site à partir duquel il a été lancé. La source du SBU a déclaré que le cargo était vide au moment de l'attaque.

Le président Poutine, pendant son marathon annuel de questions et réponses, a promis que la Russie riposterait.

Ces « blocus« , saisies et attaques sont très clairement des actes de guerre (malgré l'affirmation des États-Unis selon laquelle ils sont les propriétaires de tout le pétrole produit par le Venezuela jusqu'à ce que toutes les réclamations juridiques historiques des États-Unis contre le Venezuela soient satisfaites). Cet épisode est une autre étape dans la dérive vers l'anarchie de la politique étrangère américaine.

Ces actes visent principalement la Chine (qui détient d'importantes parts dans l'industrie pétrolière vénézuélienne) et la Russie qui entretient depuis longtemps des liens avec le Venezuela et Cuba (également placé sous un autre « blocus » par Trump). Ajoutez à cela les 11 milliards de dollars d'armes envoyées à Taiwan ; avec une quantité importante de systèmes de missiles à moyenne et longue portée faisant partie du transfert prévu, dont 82 lanceurs HIMARS avec des missiles ATACMS qui permettront aux forces de Taipei de frapper des cibles de l'autre côté du détroit de Taiwan.

Ce dernier envoi a rendu la Chine furieuse.

Ce que cela suggère, c'est que l'Énoncé de stratégie nationale (SSN) concernant la Chine (il indique que Washington considère la Chine comme ne constituant plus une « menace principale« , mais seulement comme un concurrent économique) n'est qu'une rhétorique dénuée de sens. La Chine est traitée comme une menace contradictoire et répondra de la même façon.

La Chine et la Russie évalueront l'administration Trump par ses actions, plutôt que par sa rhétorique dans le SSN. Et les signaux parlent clairement d'étapes dans l'escalade.

Mettez tout cela dans le contexte des "fuites" de la part de hauts responsables de Trump qui, selon le directeur américain du Renseignement national Tulsi Gabbard, ne sont que « des mensonges et de la propagande« . Elle dit que les déclarations affirmant que "la communauté du renseignement des États-Unis" accepte et soutient le point de vue de l'UE/OTAN, selon lequel le but de la Russie est d'envahir/conquérir l'Europe (afin de "gagner du soutien" pour leurs politiques pro-guerre) » – que ce sont des mensonges poussés par ce qu'elle appelle « les bellicistes de l'État profond et leurs Médias de propagande ... pour saper les efforts de Trump qui veut ramener la paix en Ukraine« .

"La vérité", écrit Gabbard sur Twitter, est le contraire :

Citer"La communauté du renseignement américaine a informé les décideurs politiques, y compris le membre Démocrate de l'HPSCI cité par Reuters, que les services de renseignement américains estiment que la Russie cherche à éviter une grande guerre contre l'OTAN. Elle évalue également que, comme les dernières années l'ont montré, la Russie ... n'a pas la capacité d'envahir et d'occuper l'Europe" — et que "les services de renseignement américains évaluent que la Russie cherche à éviter une grande guerre contre l'OTAN".

Donc, ce que Gabbard nous dit c'est qu'il y a une guerre interne ouverte au sommet de l'administration Trump. D'un côté, il y a la CIA, les faucons et leurs collaborateurs européens, et de l'autre, les analystes du renseignement de Gabbard et une grande partie de la population américaine.

Où est Trump dans cet imbroglio ? Pourquoi se positionne-t-il comme s'il s'apprêtait à une nouvelle série de conflits contre la Chine ? Pourquoi ferait-il cela alors que les structures économiques américaines sont si fragiles et que la Chine a montré qu'elle disposait d'un levier économique avec lequel lutter ? L'explication est-elle la réponse simpliste selon laquelle il s'agit de détourner l'attention des nouvelles publications concernant l'affaire Epstein ?

Pourquoi Trump a-t-il également envoyé Witkoff et Kushner à Berlin alors que l'intention des Européens de faire échouer le processus de négociation avec la Russie était tout à fait évidente ? Les deux « envoyés » américains n'ont pas signé l'Euro-proposition. Ils se sont assis en silence ; pourtant, ils ne sont pas non plus entrés en dissidence, pas même lorsque des garanties de sécurité de l'article 5 (de type OTAN) ont été évoquées ?

De plus, qui a fourni les données de ciblage grâce auxquelles l'Ukraine a (apparemment) pu attaquer le Qendil au large des côtes nord-africaines à 2 000 km de l'Ukraine ? Quelle conclusion Poutine devait-il tirer des deux incidents ? Bien sûr, les Russes auront fait leur propre hypothèse.

Et pourquoi provoquer l'Iran aussi, en saisissant le Bella 1 iranien, ostensiblement signalé en direction du Venezuela ? Est-ce que cela représente le début d'un autre cycle dans la guerre contre les pétroliers iraniens commencée par Israël ? Est-ce que cela convient à Netanyahu et à certains partis israéliens de chauffer la situation vis-à-vis de l'Iran ?

Cela vaut la peine de poser la question car Netanyahu doit partir pour Palm Beach, Miami, le 28 décembre en vue d'avoir une ou peut-être deux réunions avec Trump à Mar-a-Lago au cours des prochains jours (bien que les réunions avec Trump doivent encore être confirmées au moment de la rédaction).

Il semble que ce ne soit ni le Hamas, ni la phase deux de Gaza, qui se cache principalement derrière la visite de Netanyahu mais plutôt l'Iran.

Les problèmes de Gaza et du Hamas sont donc susceptibles de jouer le second rôle dans le « nouveau récit » élaboré par le bureau du Premier ministre israélien : l'Iran ne sera pas présenté à Trump comme se précipitant vers « une percée nucléaire » selon le vieux cliché. C'était le « vieux récit« . Le nouveau, comme l'écrit la principale commentatrice israélienne Anna Barsky en (hébreu) dans Ma'ariv, est :

Citer"La menace la plus immédiate ici, [plus] que le nucléaire lui-même ... [est] la reconstruction systématique [iranienne] de la couche intermédiaire : l'industrie des missiles balistiques, ses lignes de production et la capacité de restaurer la fonctionnalité des systèmes de défense aérienne endommagés".
"Non pas parce que la question nucléaire n'est plus à l'ordre du jour ... mais parce que les missiles sont la clé qui permettra à l'Iran de protéger tout le reste – et aussi d'attaquer. Sans boucliers antimissiles et défense aérienne, les installations nucléaires sont une cible vulnérable. Avec un bouclier [en revanche], ils deviennent un problème stratégique beaucoup plus complexe. Et voici un point qui échappe souvent au discours public : l'Iran ne se réhabilite pas simplement pour revenir à ce qu'il était, mais pour revenir différemment".

« En d'autres termes : la "restauration des missiles" et la "restauration nucléaire" ne sont pas deux axes distincts, mais un seul système – et cela préoccupe grandement Israël. Le missile construit un obus, l'obus permet une puissance nucléaire, et l'énergie nucléaire – même si elle est rejetée – reste l'objectif ultime [iranien]".

Le message que Netanyahu portera à Mar-a-Lago est que "Israël ne permettra pas à l'Iran de reconstruire un parapluie antimissile et de défense qui fermera le ciel au-dessus des sites sensibles".

Trump pourrait être trop préoccupé par la création d'un nouvel ordre régional pour vouloir être entraîné dans une guerre sans issue claire. Netanyahu affirmera probablement néanmoins (comme il le fait depuis plus de 25 ans) que la fenêtre temporelle dans laquelle l'Iran peut reconstruire son parapluie de défense se referme rapidement, et rappellera probablement gentiment au Président que Trump a été placé au pouvoir non seulement pour promouvoir l'image d'Israël mais aussi dans le but de la Realpolitik d'étendre la puissance réelle d'Israël et le contrôle de la région.

Joyeux Noël Donald !


Alastair Crooke

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/la-nouvelle-tentative-de-netanyahu-pour-attirer-trump-dans-une-guerre-contre-liran

JacquesL

Les précurseurs pour une guerre sont en place. L'Iran est le pivot d'intenses joutes politiques pour définir l'avenir de l'Après-Trump

Publié le janvier 5, 2026 par Wayan

Par Alastair Crooke – Le 31 décembre 2025 – Source Conflicts Forum



Lors de la réunion du 30 décembre avec Netanyahu et son équipe, le président Trump s'est publiquement engagé à attaquer l'Iran. S'ils poursuivent leur programme de missiles balistiques, « Oui ». Et pour leur programme nucléaire : « Immédiatement ». " Nous allons déchainer un enfer sur leurs têtes", a déclaré Trump.

A l'inverse de cette belligérance, le langage de Trump, lors de la réunion de Mar-a-Lago, ne reflétait que chaleur et éloges complets envers Netanyahu et Israël. Publiquement, Netanyahu a reçu le soutien public de Trump pour une attaque contre l'Iran et pour la phase deux de Gaza, mais dans les coulisses, écrit Anna Barsky (en hébreu), de nombreux détails restent indéfinis et contestés.

L'escalade du langage envers l'Iran n'est pas une surprise pour Téhéran. Elle s'y attendait. Tous les indices montrant les futures hostilités étaient bien visibles : l'escalade narrative – "des centaines de cellules dormantes d'al-Qaïda prêtes à déclencher un carnage ; Al-Qaïda a trouvé refuge en Iran pendant 25 ans ... [permettant à l'Iran] de suralimenter la propagation du fondamentalisme islamique", a déclaré un « infiltré renseignant le MI5 et le MI6 ». Autre indice, la monnaie iranienne chute précipitamment poussant les Iraniens à descendre dans la rue.

Qu'est-ce qui se cache derrière cette flambée de militarisme américano-israélien ? Les fanfaronnades de Trump sur « les portes de l'enfer » s'ouvrant sur « qui que ce soit » nous sont familières à tous maintenant. Néanmoins, tous les signes montrent que Trump et Netanyahu sont prêts pour un autre cycle guerrier.

Mais pourquoi Netanyahu devrait-il opter pour une action cinétique alors qu'Israël a été si gravement marqué par les frappes de missiles iraniens sophistiqués pendant la soi-disant guerre de 12 jours, en juin ; et que les défenses aériennes israéliennes se sont avérées si déficientes ? Depuis, l'Iran se réarme et se prépare à un nouveau cycle.

Un certain contexte est nécessaire pour expliquer cette voie apparemment irrationnelle suivie par Israël, étant donné les dangers évidents liés à une autre guerre contre l'Iran.

Le premier point à noter est que Netanyahu est en difficulté. Sa chute politique a été prédite à plusieurs reprises auparavant, mais d'une manière ou d'une autre, « Houdini » est parvenu à échapper aux liens et aux menottes d'un destin maléfique. Cette fois, c'est plus sérieux. Le consensus juridique est que Netanyahu est susceptible d'être condamné si ses affaires de corruption aboutissent.

Mais ce n'est qu'un aspect. La pointe de la lance sont les allégations du « Qatargate » – dont le fond est que trois membres de l'état-major immédiat du Premier ministre ont été à la solde du Qatar ces dernières années, y compris pendant la guerre de Gaza (cette accusation n'est pas remise en question). Les questions clés sont les suivantes : Netanyahu savait-il ; sinon, comment est-ce possible ? Et quel était l'avantage recherché par le Qatar en échange de ces paiements ? Ce dernier aspect – ce qu'a obtenu le Qatar en échange de cet argent – n'est pas clair. Il est possible que pour le Qatar, il suffisait simplement d'avoir les gens du Premier ministre sur sa liste de paie (pour un besoin ultérieur en cas de « jour de pluie« ).

En Israël, cependant, ces accusations sont devenues explosives. L'étiquette de "trahison" est largement utilisée, y compris par l'ancien Premier ministre, Nafthali Bennett, et l'ancien ministre de la Défense, Bogie Yalom. Ces Israéliens d'un penchant plus cynique suggèrent que le point primordial de la visite de la famille Netanyahu à Palm Beach n'était pas tant de discuter de Gaza, mais plutôt de faire progresser le lobbying de Trump pour une grâce ou la fin du procès ; à exhorter sur un président aussi prévaricateur qu'Hertzog.

En bref, Netanyahu a besoin d'une « corde » pour le sortir du bourbier de ses démêlés judiciaires et de ses guerres inachevées, et pour être propulsé en avant grâce à une cause populaire par laquelle il remportera les élections générales de 2026. La défaite de l'Iran, pour être clair, serait applaudie ; pas seulement par les Israéliens mais aussi par un Congrès américain enthousiaste ; par les donateurs ; et les deux ailes des structures de contrôle uniparti.

Pour Trump, le calcul serait quelque peu différent. Le principe d'éviter les disputes publiques avec Netanyahu a été établi par l'ancien président Biden, non sans anicroches : "Bibi cherchait délibérément des frictions avec Biden. Avec le président Trump, il les évite", a noté un responsable américain. Trump est également personnellement réticent à s'aliéner certains de ses donateurs les plus fidèles, tels que Miriam Adelson, et des commentateurs tels que Mark Levin.

Cette attitude de Trump peut être comprise dans le contexte des divisions sur le soutien américain à Israël qui a fracturé sa base MAGA (et aliéné les jeunes Démocrates aussi). Les images de femmes et d'enfants morts sortant de Gaza ont galvanisé un groupe de soutien clé, Turning Point USA. Une grande partie de la victoire de MAGA en 2024 était due à ce mouvement de jeunesse avec des milliers de chapitres, des valeurs chrétiennes et une grande énergie. Turning Point USA a le potentiel de lancer une formidable opération « Sortez pour aller voter ».

Un petit groupe de hauts responsables du Parti républicain, en combinaison avec de puissants politiciens établis et des donateurs majeurs, cherche à empêcher MAGA d'étendre sa portée pour prendre le contrôle du Parti républicain, menaçant ainsi la primauté des dirigeants du Parti. Cette « majorité silencieuse » (désormais) sans chef, mais organiquement florissante, n'est plus silencieuse. Les officiels du Parti veulent que Trump soit apprivoisé et de nouveau sous contrôle.

Insérer la question qui divise MAGA – « si vous ne soutenez pas la politique de Netanyahu, vous êtes un antisémite qui hait Israël » – a été fait intentionnellement, par des influenceurs rémunérés attisant la fracture intra-parti, visant à affaiblir le Mouvement. Les dirigeants traditionnels du GOP veulent reprendre le contrôle total.

Du point de vue de Trump, il est tout à fait possible de soutenir l'État d'Israël tout en critiquant la politique de l'administration actuelle de Netanyahu. Cela représente son espoir de compromis qui pourrait garder MAGA entier, à l'approche des élections de mi-mandat. Sous la « stratégie Netanyahu » de Trump à Mar-a-Lago se cache une lutte intense pour contrôler non seulement les résultats à moyen terme, mais aussi la mise en forme de l'élection présidentielle de 2028.

Mais la faction des donateurs pro-Israéliens affirme que la position de Trump (et de Vance) de soutenir Israël, tout en remettant en question sa politique, est une fausse dichotomie ; critiquer Israël est ipso facto antisémite, insiste Netanyahu. Cet effort pour diviser la base MAGA – en utilisant Israël – peut ou non fonctionner. Le problème pour ces chefs de parti de haut niveau est que leur technique de division est maintenant trop bien comprise par la génération Z.

Ainsi, une guerre américano-israélienne contre l'Iran se joue effectivement à différents niveaux, autres que la rationalité quotidienne. C'est, bien sûr, centré sur l'Iran ; mais pour le cercle Trump, c'est aussi un jeu d'échecs compliqué pour savoir qui finira par contrôler MAGA ; et par extension l'ère post-Trump.

Et en Israël, la perspective de la guerre devient aussi un tableau par lequel observer les différentes factions (et leurs donateurs) qui prévaudront dans le chaudron de la future guerre pour contrôler le système et définir ce que sera « Israël ». » Ou plutôt, ce qu'il en restera.

Par conséquent, les doutes et les inquiétudes de l'échelon militaire professionnel en Israël, ou aux États-Unis, peuvent être ignorés par crainte de ne pas avoir l'air suffisamment « en équipe » dans cette ferveur guerrière.


Alastair Crooke

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/les-precurseurs-pour-une-guerre-sont-en-place-liran-est-le-pivot-dintenses-joutes-politiques-pour-definir-lavenir-de-lapres-trump