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Auteur Sujet: Guerre hybride : 8. Stratégies contre l’Afrique Introduction  (Lu 476 fois)

JacquesL

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Guerre hybride : 8. Stratégies contre l’Afrique Introduction
« le: 22 novembre 2016, 11:51:49 pm »
Guerre hybride : 8. Stratégies contre l’Afrique. Introduction

http://lesakerfrancophone.fr/guerre-hybride-8-strategies-contre-lafrique-introduction

Citation
Note du Saker Francophone

Nous revenons avec la longue série d'articles d'Andrew Korybko sur la Guerre hybride. Cet été, nous avons dû interrompre la série sur la Chine que nous espérons finaliser dans les mois qui viennent, nous avons aussi laissé passer le train de la Malaisie, mais nous revenons avec l'Afrique en espérant tenir le rythme d'un article par semaine. Le livre datant de 2015 et en ne sachant pas si l'auteur procède à des mises à jour, il vous appartient de mesurer ces informations à leur juste valeur.
Par Andrew Korybko – Le 4 novembre 2016 – Source Oriental Review : http://orientalreview.org/2016/11/04/hybrid-wars-8-strategies-against-africa-introduction/


Le continent le plus colonisé et le plus exploité de l’histoire du monde est une fois de plus le centre de la concurrence mondiale, bien que cette fois la rivalité entre les grandes puissances ait pris une forme beaucoup plus nuancée, mais pas moins intense.

Les États-Unis, la France et leurs alliés unipolaires veulent conserver l’Afrique comme réserve exclusive de main-d’œuvre, de marché et de ressources dans un avenir prévisible, à la fois pour leur propre intérêt matériel et pour l’avantage stratégique supplémentaire de priver la Chine et d’autres de ses fruits économiques. À l’inverse, la Chine veut intégrer les économies et les populations qui connaissent la croissance la plus rapide dans l’évolution de l’ordre mondial multipolaire et leur donner une juste chance de réussir dans le système mondial.

Le contraste entre le néo-colonialisme de l’Occident et la souveraineté libératrice de la Chine ne peut être plus net et c’est cette opposition de stratégies mondiales et de modèles de développement diamétralement opposés  qui ouvre la voie à la grande bataille par procuration entre les États-Unis et la Chine sur l’Afrique.

Tout autant que la Chine a besoin de l’Afrique pour maintenir ses taux de croissance réguliers dans un avenir prévisible et assurer sa stabilité intérieure, les États-Unis veulent casser ce lien entre l’Afrique et la Chine afin de compenser la durabilité structurelle de leur concurrent numéro un pour le leadership mondial. Le conflit par procuration à l’échelle de l’Afrique est dû au fait que la Chine travaille ardemment à financer, construire et relier entre eux divers projets d’infrastructure afin de créer une trame supra-régionale de corridors de transport intermodaux qui pourrait compléter parfaitement la partie maritime de la route de la soie One Belt One Road. Les États-Unis tentent avec une égale ferveur de prendre le contrôle des nœuds clés le long de ces routes transnationales et d’en perturber stratégiquement des portions cruciales afin d’accroître la dépendance de la Chine à l’égard des zones d’influence unipolaire. En dernier recours, cependant, les États-Unis – l’île monde – de toutes les manières  stratégiquement possibles, vont provoquer des blocages et déclencher une politique de terre brûlée, via une guerre hybride, dans le sillage de leur retrait stratégique vers leur «Forteresse d’Amérique du Nord» autosuffisante, avec en guise de dernier coup de grâce, une guerre par procuration contre la Chine.

Il est plus que probable qu’on n’arrivera jamais à ce stade dramatique où les États-Unis se retirent complètement de l’Afrique ou détruisent totalement ce continent par une guerre hybride. De manière réaliste, il y aura sans doute, au cours des prochaines décennies, un développement mélangé de scénarios se développant sur ce théâtre, chauffé à blanc par la compétition, scénarios intégrant des éléments des deux extrêmes. Il se pourrait que la Chine réussisse à mettre en place plusieurs couloirs ultra-stratégiques de développement de la Route de la Soie en Afrique, alors que les États-Unis en saboteront probablement quelques autres en provoquant une poignée de guerres hybrides pour empêcher indéfiniment les voies existantes d’actualiser pleinement leur potentiel géo-économique. Il n’y a pas de moyen infaillible de savoir avec certitude ce que l’avenir apportera, mais il est possible d’acquérir une hypothèse bien réfléchie sur la structure et la manière systémique avec laquelle le groupe d’États identifié sera visé par les guerres hybrides provoquées par les États-Unis.

Même en tenant compte de la possibilité que certains des futurs scénarios examinés soient naturels, en ce sens qu’ils nécessitent peu ou pas de pressions extérieures pour démarrer, il est fort probable qu’au moins certaines des possibilités étudiées se produiront à des degrés divers et que les répercussions géopolitiques auront sans conteste un impact très négatif sur la Chine et la position du monde multipolaire dans cette nouvelle guerre froide.

Cette partie de l’ouvrage est organisée de la manière suivante : la première partie décrira la situation géopolitique globale de l’Afrique, mettant en évidence l’influence du régionalisme hégémonique et institutionnel (parfois superposé, d’autres fois non) sur les affaires du continent afin d’illustrer clairement les avantages préexistants et les obstacles à la nouvelle vision de la Route de la Soie chinoise. Les chapitres suivants concernant la guerre hybride africaine examineront de façon exhaustive les cinq catégories distinctes d’États, et leurs voisins pertinents, que l’auteur a déjà identifiées comme étant incorporées de manière concordante dans la thèse immédiate. Afin de rappeler au lecteur ce qui a été décrit dans la Partie III de l’Introduction du livre et d’élargir la carte paradigmatique présentée précédemment d’une manière plus structurée, la révision cartographique suivante servira désormais de point de référence pour guider la recherche au-delà de la Partie I :


africa01

Clés

Vert – Corne de l’Afrique
Jaune – Afrique de l’Est / Fédération de l’Afrique de l’Est
Bleu – Centre-Afrique australe
Noir – Ceinture d’États faillis
Rouge – Région du lac Tchad
Lignes hachurées – les pays qui seront inévitablement impliqués dans la catégorie ciblée par la déstabilisation de la guerre hybride, que ce soit comme acteur agressif, victime passive, ou un mélange des deux.

Observations schématiques

Quelques remarques doivent être faites sur la carte ci-dessus avant de commencer la première partie de la recherche sur la guerre hybride africaine.

Cône d’Afrique australe

Bien qu’il soit conceptuellement possible pour tous les États d’Afrique (ou n’importe où dans le monde, d’ailleurs) d’être touchés par la guerre hybride, en gardant l’axiome selon lequel cette méthode de guerre est plus souvent utilisée pour perturber la multipolarité transnationale de projets d’infrastructures de connectivité et / ou de prise de contrôle de celles-ci, on peut supposer que les États susceptibles de révolutionner le plus radicalement les géopolitiques et la géo-économie du continent seront les plus ciblés. Par conséquent, ils seront soumis dans l’avenir à  la plus grande probabilité de les tous types de déstabilisation par la guerre hybride. Tout cela sera décrit en détail dans la première partie, mais pour l’instant, il suffit de savoir que les États identifiés se situent le long des chemins de la Route de la Soie construits aujourd’hui ou des projets futurs les plus probables qu’elle pourrait poursuivre pour atteindre ses grands objectifs stratégiques.

Il convient de préciser à ce stade que le cône de l’Afrique australe n’a pas été inclus dans le modèle ci-dessus parce que ses corridors économiques sont déjà relativement bien établis et utilisés depuis un certain temps par toutes sortes de grandes puissances. En outre, en ce qui concerne la connectivité mondiale de la Namibie et du Botswana via l’Afrique du Sud, et même du Zimbabwe et du Mozambique dans une certaine mesure, cela concerne essentiellement le transport unidirectionnel des ressources naturelles et moins le marché du travail et le potentiel des marchés respectifs. Bien que chacun de ces pays joue un rôle déterminé vis-à-vis de l’économie chinoise, aucun d’entre eux, à l’exception de l’Afrique du Sud (le hub par lequel passent la plupart de leurs exportations, à l’exception du Mozambique) n’est assez important pour susciter une guerre hybride.

En théorie, les perturbations dans la périphérie régionale autour de l’Afrique du Sud pourraient avoir un effet stratégique en exerçant une pression sur le leadership multipolaire du pays et en ouvrant la voie à un scénario de changement de régime. Cependant, étant donnée la corruption endémique de la politique sud-africaine, un coup d’État en douceur signifie que les techniques constitutionnelles et les simples révolutions de couleur (c’est-à-dire le coup d’État anti-Rousseff au Brésil) seraient utilisées dans ce cas. En outre, les ressources des pays à la population clairsemée, comme la Namibie et le Botswana, et le marché général et le potentiel de main-d’œuvre de l’Afrique du Sud sont déjà assez intégrés dans l’économie mondiale, de sorte que de nombreuses parties prenantes unipolaires seraient également touchées par une sévère perturbation dans ou autour de leur point commun d’accès en Afrique. On ne peut pas en dire autant du Zimbabwe et du Mozambique, l’ancien pays riche en minéraux tels que les diamants et le platine, alors que ce dernier est sur le point de devenir l’un des plus grands exportateurs de GNL (gaz naturel liquéfié) au monde; il est tout à fait possible qu’ils soient ciblés dans quelque années. Mais ce serait moins lié aux projets multipolaires transnationaux d’infrastructures de connectivité avec la Chine qu’avec leurs propres potentiels autonomes dans leurs domaines respectifs, ce qui les différencierait stratégiquement des autres pays inclus dans la présente étude (même si cela ne veut pas dire que les techniques de guerre hybride ne seraient pas utilisées – elles le seraient probablement dans une large mesure).

Importance insulaire

Par rapport à ce qui précède, les pays insulaires d’Afrique n’ont pas non plus été inclus dans le panorama continental, bien qu’ils jouent également un rôle important dans son paradigme géopolitique évolutif. Néanmoins, parce que ce sont des nations insulaires, elles ne sont pas directement reliées à autre chose qu’à la haute mer, alors même qu’elles peuvent avoir un statut de nœud de transit précieux pour la Chine comme composante intégrale de ses Sea Lines of Communication, directement affectées par l’étude de la guerre hybride qui a été lancée pour le continent. Néanmoins, étant donné que chacune de ces nations pourrait jouer un rôle central dans l’influence des affaires continentales, si elles étaient correctement utilisées par une grande puissance partenaire, il est intéressant de commenter de façon très concise comment ces pays s’inscrivent dans l’équation stratégique plus large qui sera décrite tout au long de ce travail:


africa02

Jaune – Îles Canaries (Espagne) : Cet héritage permet à Madrid d’exercer une influence près des côtes du Maroc et du Sahara occidental, tous deux riches en poissons et en ressources énergétiques possibles.
Vert – Cabo Verde (anciennement Cap-Vert avant fin 2013) : L’ancienne colonie portugaise relie l’Atlantique du Nord à l’Atlantique Sud. Elle offre une position stratégique près de l’embouchure du fleuve Sénégal, tout en étant positionnée le long d’une importante route océanique que les États-Unis et l’UE doivent prendre pour accéder à l’Afrique de l’Ouest.
Bleu – São Tomé et Príncipe : Une autre ancienne colonie portugaise. Celle-ci est située dans les eaux riches en hydrocarbures du golfe de Guinée et à proximité immédiate du littoral de la plus grande économie de l’Afrique, le Nigeria.
Violet – Comores et le département français d’outre-mer de Mayotte : Ces deux emplacements sont presque au-dessus du bassin du Rovuma du LNG du nord du Mozambique et donc proche de ce qui deviendra probablement une grande zone d’exportation d’énergie dans un proche avenir.
Orange – Seychelles: L’ancienne chaîne d’îles colonisées par le Royaume-Uni se trouve sur la voie d’approche que l’Inde et la Chine doivent contrôler pour accéder au marché florissant de l’Afrique de l’Est. C’est pour cette raison stratégiquement concurrentielle que New Delhi a proactivement cherché à construire une base navale et à positionner certaines de ses unités militaires afin de contenir la Chine.
Sans couleur – Maurice et l’ile française de la Réunion: Ces deux zones insulaires ne sont pas directement concernées par l’ordre géopolitique de l’Afrique continentale, bien qu’elles acquièrent une importance vis-à-vis de Madagascar et du bastion états-unien de Diego Garcia qui contrôle l’océan Indien.

Débordement des conflits trans-régionaux

L’un des aspects les plus frappants de la carte de référence est qu’elle délimite clairement les lignes de faille géopolitiques où les conflits de guerre hybride pourraient facilement devenir trans-régionaux.


africa03

Sur toutes les zones désignées par la carte, il est très probable que des processus violents incontrôlables dans la ceinture des États défaillants de la République centrafricaine (RCA) et du Sud-Soudan seraient ceux qui se répandraient dans d’autres parties de l’Afrique, au moins en ce qui concerne les conflits du continent actuellement en cours (sans tenir compte de ceux possibles qui n’ont pas encore surgi). En particulier, le chaos de la RCA pourrait se traduire par une fuite de réfugiés et de militants au Cameroun et au Tchad, ce qui pourrait conduire les gouvernements respectifs, chrétiens et musulmans, à soutenir leurs propres camps confessionnels dans la guerre civile non résolue du pays. Le récit trompeur du Choc des civilisations, qui serait certainement poussé à dessein par les médias grand public occidentaux, sera discuté plus loin lorsque nous aborderons la ceinture d’États défaillants. Mais pour le moment, il est utile de se rendre compte du potentiel d’infection trans-régionale de la RCA et des répercussions sur la région du lac Tchad. En outre, les difficultés intérieures du pays pourraient se propager vers le sud, dans la partie septentrionale de l’État centre-sud de la République démocratique du Congo (RDC), ce qui représente une double menace de déstabilisation émanant de la RCA.

Le Sud-Soudan peut provoquer quelque chose de semblable à la RCA par rapport à la partie nord de la RDC, et peut-être même à l’État éthiopien de la Corne de l’Afrique et à l’État ougandais d’Afrique orientale. Ces deux derniers États sont activement impliqués dans le processus de résolution des conflits au Sud-Soudan et se heurtent l’un à l’autre pour y exercer une influence afin d’éliminer les tampons défensifs (mais aussi les marchés, bien entendu) pour se protéger eux-même de ce scénario. Il va sans dire que le Sud-Soudan a été créé uniquement parce qu’il a été séparé de force du Soudan après une période de trois décennies de guerre civile et que la dynamique anti-Khartoum n’a pas cessé depuis que Juba a acquis son indépendance en 2011. Le Sud-Soudan représente donc une menace régionale encore plus asymétrique que la RCA, et leur potentiel combiné de déstabilisation explique pourquoi ils sont tous deux catégorisés dans le cadre de la ceinture des États faillis.

Si leurs conflits respectifs se mêlaient en quelque sorte à une conflagration transnationale, cela représenterait une menace de guerre hybride à grande échelle dans le cœur géographique de l’Afrique, mais le scénario le plus proche est désormais la menace surfaite de Joseph Kony. En ce qui concerne les vulnérabilités face à une guerre hybride pour la ceinture des États défaillants et la trans-régionalisation que posent ses conflits internes, il n’est pas surprenant que les États-Unis exploitent la mystique autour de ce seigneur de guerre pour [url+https://www.washingtonpost.com/world/national-security/us-military-opens-a-new-front-in-the-hunt-for-african-warlord-joseph-kony/2015/09/29/73ffef96-66a9-11e5-9223-70cb36460919_story.html]déployer un contingent[/url] limité mais très stratégique de forces spéciales en Ouganda, au Soudan, en RDC et en RCA. En y réfléchissant après coup, mais en s’appuyant sur la tangente des conflits trans-régionaux, il est tout à fait pertinent de rappeler le conflit du Darfour et comment il s’agissait essentiellement d’une compétition par procuration autour du lac Tchad entre l’État régional du Tchad et la ceinture d’États faillis étendue au Soudan, pays influencé par les États du Golfe.

Il ne s’agit plus d’un élément géopolitique intéressant, comme il a pu l’être au milieu des années 2000, mais il a quand même le potentiel de réapparaître à l’avenir, surtout si le processus de dissolution soudanais dirigé vers l’extérieur s’accélère et progresse vers les États du Nil bleu et du Kordofan du Sud.


africa04

Enfin, la possibilité réelle que les tentatives des États-Unis pour déclencher une guerre hybride au Burundi provoquent une réaction de déstabilisation en chaîne dans l’est de la RDC, dans le Rwanda (et par extension jusqu’à l’Ouganda) et l’ouest de la Tanzanie, ferait de cet État géographiquement minuscule un déclencheur disproportionné pouvant bouleverser l’équilibre régional. Bien qu’il n’y ait pas encore au Burundi un conflit actif du même niveau que celui de la RCA et du Sud-Soudan ces deux dernières années, cela ne signifie pas qu’il ne puisse pas se développer rapidement si l’ensemble de l’État tombe sous le coup de la pression de la guerre hybride. Ce scénario inquiétant sera certainement exploré plus longuement, plus tard, dans ce travail.


africa05

En cartographiant les zones transfrontières susceptibles d’étendre des conflits en Afrique, on peut constater indubitablement que c’est l’ensemble au Nord du Centre (ceinture des États faillis) et la partie Est des zones d’Afrique centrale et du Sud qui sont les plus menacés par le déroulement de ce processus destructeur. En conséquence, cette constatation conduit à conclure que la RDC et les zones qui l’entourent immédiatement fournissent le terrain le plus fertile a une transnationalisation des conflits domestiques, ce qui explique un peu (mais pas totalement) pourquoi la Seconde Guerre du Congo a fini par impliquer des États situés loin de l’espace de bataille réel et a été surnommée «la guerre mondiale de l’Afrique». En d’autres termes, les vulnérabilités face a une guerre hybride pour la zone identifiée, combinées avec sa centralité géostratégique évidente sur le continent africain, rend celui ci doublement capable d’aspirer d’innombrables États dans un trou noir de chaos qui pourrait facilement devenir l’apogée ultime d’une guerre entre les États-Unis et la Chine.


Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Spoutnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone

JacquesL

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Guerre Hybride 8. Stratégies de guerre hybride contre l’Afrique (1A)
« Réponse #1 le: 24 décembre 2016, 07:53:11 pm »
Guerre Hybride 8.
Stratégies de guerre hybride contre l’Afrique (1A)

http://lesakerfrancophone.fr/guerre-hybride-8-strategies-de-guerre-hybride-contre-lafrique-1a

Par Andrew Korybko – Le 11 novembre 2016 – Source OrientalReview

Le texte introductif préfaçait les concepts généraux que l’auteur extrapolera plus loin dans la recherche. Maintenant que les bases de la recherche analytique globale et les contours de la carte de référence sont sur la table, il est temps de commencer à explorer l’influence de l’hégémonie et du régionalisme institutionnel sur la géopolitique africaine, en enquêtant largement sur les menaces asymétriques endémiques de chaque région et en commençant à élucider la vision globale de la Route de la Soie de la Chine pour le continent.


Note du Saker Francophone

Citation
Il est utile de se munir d'une carte détaillée pour suivre les analyses de l'auteur, notamment parce que les noms des pays ne sont pas indiqués sur ses cartes, sans doute pour ne pas les surcharger.

Les régions africaines, leurs leaders respectifs (et potentiels) et les scénarios de conflits interrégionaux


La méthode préférée de l’auteur pour expliquer la géopolitique de l’Afrique est de commencer aussi largement que possible et ensuite progressivement de devenir plus spécifique, avec un continuum complet de l’étude menant finalement le lecteur à la solide compréhension des plans visionnaires de la Chine. Pour commencer, il est nécessaire de diviser l’Afrique en cinq régions distinctes et d’identifier l’État au sein de chacune de ces régions qui détient le pouvoir démographique, économique et militaire le plus influent (qualifié de leadership) et possède le potentiel le plus prometteur à long terme (en termes opérationnels) pour devenir un poids lourd régional s’il n’en est pas déjà un :


afr01

Brun – Afrique du Nord – Égypte.
Jaune – Afrique de l’Ouest – Nigeria.
Orange – Corne et Afrique de l’Est – Éthiopie.
Bleu – Centre-Afrique du Sud – République démocratique du Congo (RDC).
Rouge – Cône Sud – Afrique du Sud.

Interprétation

On doit dire immédiatement que la carte ci-dessus est une représentation conceptualisée qui comprend à la fois les réalités actuelles et prospectives (ces dernières en référence à la RDC) et que les zones hachurées sont des estimations brutes de la répartition approximative de chaque région. Il y a certainement des limites à l’influence déterminée de chaque pays, et il est prévisible que des coalitions, en concurrence à la fois dans leur propre sphère et en dehors de celle-ci, se formeront pour contester le leadership de l’État donné sur ladite région. Par exemple, les anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest ont leur propre monnaie contrôlée par Paris et considèrent collectivement l’ascendant régional du Nigeria avec suspicion. Cela a été particulièrement évident quand il s’est agit du Tchad et de son implication militaire contre les terroristes dans le nord-est du Nigeria, sans invitation (mais sans opposition). Certainement imparfaite à certains égards, la carte simplifiée présente un instantané relativement précis des processus géopolitiques plus larges qui sont actuellement en cours en Afrique et permet aux observateurs d’extrapoler assez précisément leur trajectoire prévisible. La carte ne doit donc être considérée que comme un modèle simple de travail par lequel le lecteur peut acquérir une idée généralisée sur le continent et un prisme de perspective à travers lequel il peut ainsi interpréter le reste de l’analyse de la guerre hybride qui s’y déroule.

Points focaux de chevauchement

L’introduction a parlé d’une partie du potentiel de chevauchement entre les régions précédemment identifiées de l’étude sur la guerre hybride, mais vu que la carte la plus récente est quelque peu différente pour catégoriser l’ensemble du continent en blocs géographiques, il est nécessaire d’évoquer succinctement certains des domaines de chevauchement qui n’ont peut-être pas été abordés auparavant.

Liaison centre-nord

Cette poudrière est définie comme la zone de convergence entre le Tchad, la République centrafricaine (RCA), le Soudan et le Sud-Soudan, et elle est marquée par un éventail d’interrelations entre les acteurs étatiques et non étatiques dans leurs affaires respectives. Le Tchad et le Soudan avaient précédemment plaidé en faveur d’une influence dans la région du Darfour, et N’djamena [capitale du Tchad, NdT] exerçait également une influence dans les régions musulmanes du nord de la RCA. Khartoum est impliqué dans une guerre par procuration provoquant des allés et venues avec Djouba [capitale du Sud Soudan, NdT] le long de leur frontière partagée qui voit les deux côtés soutenir un mélange d’acteurs non étatiques rebelles (dont certains sont définis par les gouvernements ciblés respectifs en tant que terroristes). Il est notoire que le croque-mitaine est Joseph Kony, avec son Armée de résistance du Seigneur, qui opère entre la RCA et le Sud Soudan. La carte ci-dessous conceptualise l’interaction dangereuse entre les forces dans cette région totalement déstabilisée et montre que les seuls facteurs manquants sont l’implication de la «diagonale géographique» du Tchad vers le Sud-Soudan et du Soudan vers la RCA ainsi qu’une possible influence humanitaire / militante depuis la RCA jusqu’au Tchad (ce qui n’est pas improbable si les tensions confessionnelles redoublent).


afr02

Grabuge montagnard

La zone montagneuse qui chevauche les frontières de la RDC et de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi est la zone de chevauchement régional la plus propice aux conflits. Après la fin de la Seconde Guerre du Congo ( «Guerre mondiale de l’Afrique»), des milices pro et anti-gouvernementales ougandaises et rwandaises ont fini par contrôler cette partie de la RDC et par s’emparer des gisements rentables situés ici. Il y a beaucoup de trafics transfrontaliers légaux et illégaux entre les deux parties, et il est bien connu que les conflits d’un côté des montagnes pourraient facilement se répandre de l’autre en raison des liens économiques et démographiques bien établis qui les relient. Le Burundi figure dans l’équation parce que c’est le «maillon faible de l’Afrique de l’Est», un État en guerre civile récemment remise sur le métier dans le cadre du programme américain de guerre hybride contre la Chine (qui sera abordé plus tard dans la section appropriée). La déstabilisation dans ce pays pourrait facilement se déplacer vers l’ouest et le nord vers la RDC et le Rwanda, créant ainsi une conflagration ethno-régionale tri-étatique qui en viendrait inévitablement à impliquer aussi l’Ouganda.

Pour le moment, cependant, l’influence dominante entre les deux régions africaines identifiées est assez unilatérale, le Rwanda et l’Ouganda exerçant un contrôle sur la RDC et non l’inverse. Cela s’explique principalement par le fait que leurs ressortissants respectifs et leurs milices affiliées (à la fois pro et anti-gouvernementales) créent une sorte de «profondeur stratégique» qui a profondément pénétré à peu près dans tous les niveaux de la vie dans l’est de la RDC. Cependant, si la RDC est revenue sur les rails après avoir été spectaculairement mise à l’écart par la guerre clandestine de l’Occident contre elle au début des années 1960 et affaiblie par la Première et la Seconde Guerre du Congo, il est prévisible que le flux d’influence transfrontalier s’égalise ou même s’inverse si les facteurs démographiques appropriés sont exploités dans des bonnes conditions géopolitiques.

Quel que soit le mouvement d’influence positif dans l’un ou l’autre sens, si les déclencheurs de guerre hybride transfrontalière sont activés, il est probable que la déstabilisation générale peut également impliquer la Tanzanie et peut-être même la Zambie. La dernière possibilité est plus vraisemblable si une nouvelle campagne séparatiste ou anti-gouvernementale est lancée dans la région du Katanga, ce qui pourrait être le cas si l’ancien gouverneur populaire et le chef de l’opposition Moisi Katumbi agitait le potentiel de régionalisme au cas où le président Kabila entrerait en lice pour ce qui serait un troisième mandat inconstitutionnel, en retardant les élections, ou en l’accusant (à tort ou à raison) de commettre des fraudes électorales pour l’aider, lui ou un successeur politique adoubé, à gagner dans les urnes.


afr03

Terreur dans le Sahara

Le prochain conflit inter-régional en gestation en Afrique va faire intervenir des groupes terroristes au Sahara, en particulier l’interaction entre les organisations militantes transnationales opérant dans les vastes étendues entre le Mali, la Mauritanie, l’Algérie, le Niger et la Libye. La guerre de l’OTAN contre la Libye a détruit l’État le plus prospère et le plus stable d’Afrique et a été le catalyseur de la déstabilisation du reste des États susmentionnés en aval par le canal nouvellement ouvert d’armes et de militants qui a été créé dans l’ancienne Jamahiriya. Ce vaste espace est peu peuplé, mais il est riche en gisements de pétrole, de gaz naturel et d’uranium. Pour cette raison, le terrorisme sahraoui affecte directement le commerce mondial de ces produits de base et les intérêts de certaines grandes puissances et de leurs principales sociétés transnationales.

À titre d’exemple, le leader nucléaire Areva contrôle les mines d’uranium au Niger, et le contingent militaire français à l’intérieur du pays est également chargé de les protéger, entre autres responsabilités. En outre, le mélange de déstabilisation de la région, de faibles prix de l’énergie et l’évolution rapide de l’industrie du GNL [gaz naturel liquéfié] ont conduit à l’abandon définitif de la proposition d’un gazoduc transsaharien partant du Nigeria vers le sud de l’Europe via le Niger et l’Algérie. Mais l’idée qui n’est pas dépourvue de sens demeure une possibilité susceptible d’être un jour relancée.

L’élargissement du périmètre inter-régional de la déstabilisation libyenne qui sévit actuellement au Sahara, le détournement terroriste du mouvement d’autodétermination «Azawad» des Touaregs en 2011-2012 au Mali a également entraîné un effet de retombée de la violence islamique / salafiste au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, des pays hors de la zone du Sahara qui font partie de la grande région de l’Afrique de l’Ouest. Par conséquent, les deux plates-formes de lancement de la déstabilisation inter et intra-régionale peuvent être identifiées comme la Libye et le Mali, ce dernier n’ayant été totalement déséquilibré qu’après l’effondrement de la Libye, suite à la guerre menée par l’OTAN, dirigée par les USA contre ce pays.


afr04

Le Malawi enclavé

Autrefois partie de l’Empire britannique et administré conjointement avec la Zambie et le Zimbabwe en tant que membre de la «Fédération centrafricaine» au cours des derniers jours du colonialisme, le Malawi est classé dans la sphère d’influence régionale du Cône Sud parce que la plupart de ses échanges internationaux se font à travers le Mozambique. Le pays enclavé est l’un des pays les plus pauvres et parmi les moins développés du monde et la pauvreté extrême de l’État a créé une situation où le sentiment anti-gouvernemental peut être facilement manipulé.

Bien que le Malawi ne fasse pas directement partie du grand réseau intégré de la Route de la Soie de la Chine en Afrique, les deux pays se sont rapidement rapprochés sur le plan économique au cours des deux dernières années, après que l’État africain a désavoué ses relations d’une dizaine d’années avec Taiwan, suscitant une consternation discrète des États-Unis et poussant Washington à ordonner à son plus haut diplomate dans le pays de se préparer à un coup d’État et à une éventuelle tentative de guerre hybride.

La position géopolitique du Malawi est telle que toute déstabilisation à grande échelle à l’intérieur des frontières du pays pourrait facilement se propager au Mozambique, mais le plus important pour l’intérêt de la recherche, c’est qu’elle pourrait aussi probablement se déplacer vers le nord en Zambie et en Tanzanie, deux pays pivots impliqués dans la Route de la Soie transcontinentale de la Chine. En raison du potentiel de débordement de ce conflit qui pourrait venir d’un État apparemment minime et supposé géopolitiquement non pertinent comme le Malawi, il est exact de l’appeler «deuxième Burundi» en termes de probabilité qu’il puisse être utilisé pour déclencher une conflagration régionale qui pourrait ensuite compenser la vision intégratrice de la Chine pour le continent.


afr05

Si elle devait coïncider avec une guerre hybride au Burundi, une guerre prospective planifiée au Malawi offrirait une double dose de déstabilisation à la Tanzanie et pourrait être utilisée pour déclencher une plus grande zone de conflit transrégionale entre l’Ouganda et le Mozambique.


afr06

En outre, il existe un potentiel (qui sera discuté à un stade ultérieur de la recherche) qui pourrait soit déclencher une crise sécessionniste du Katanga ou un mouvement antigouvernemental comme mentionné précédemment, soit être programmé pour coïncider avec lui pendant les élections qui sont provisoirement prévues pour la fin de 2016. Si ce scénario se produit, alors une série de conflits latents éclatant simultanément marquerait certainement la fin de tous les plans d’intégration transcontinentaux de la Chine, bien qu’il puisse encore être possible de sauver ceux qui ne traitent qu’avec l’Est Africain (et qui seront également décrits plus loin en détail).


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La vraie guerre mondiale africaine

Le scénario cauchemardesque qui pourrait un jour éclore en Afrique serait de voir les zones de conflit équatoriales et sous-équatoriales actives et potentielles trouver un moyen de se relier les unes aux autres et transformer tout le continent en un champ de bataille de guerre hybride massive. Bien qu’un peu farfelue à l’heure actuelle et tactiquement entravée par le pare-feu géographique de l’immense jungle en RDC, si une autre «guerre mondiale africaine» se déroulait au Congo, la déstabilisation qui en résulterait pourrait suffire à surmonter cette difficulté physique et à engendrer un trou noir de chaos qui déclencherait une véritable «Guerre mondiale africaine» finissant par relier les terroristes sahariens aux militants du lac Malawi. Cela pourrait être réalisé d’une manière assez réaliste par une épidémie de troubles à grande échelle dans la zone tampon entre le Niger et le Tchad et les infrastructures de la Route de la Soie dans la région de la Zambie, de la Tanzanie et du Katanga.


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BASES MILITAIRES ÉTRANGÈRES NON AFRICAINES

En phase avec le thème actuel de la sécurité, les forces armées étrangères non africaines ont laissé une empreinte remarquable sur le continent. Pour la plupart, ce sont principalement les États-Unis et la France qui ont étendu leurs unités sur la totalité de ce continent, même si Washington prétend «officiellement» qu’il n’a qu’une seule installation militaire à Djibouti. Malgré le «jargon» technique des déclarations du Pentagone, le journaliste d’investigation Nick Turse a déterré des tas de preuves montrant que des bases de drones, des hubs logistiques, et d’autres avant-postes cachés facilitant la guerre, sont subrepticement utilisés partout en Afrique. Le lecteur est fortement encouragé à lire les œuvres de cet auteur et à se familiariser avec ses découvertes, car elles détaillent les contours de la guerre de l’ombre que les États-Unis ont menée en Afrique depuis le 11 septembre. Pour résumer le rôle des États-Unis en Afrique de la manière la plus concise possible, le Pentagone effectue régulièrement des exercices d’entraînement avec pratiquement toutes les forces armées africaines d’une manière ou d’une autre et garde une présence plus durable dans la zone contiguë du Sahara et du Sahel qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien et a été appelée «La nouvelle route des épices». Comme on peut le voir à partir du dernier lien, voici une carte montrant à quoi ressemble ce réseau, surnommé aussi «la tranchée de l’hippopotame», d’un point de vue continental, mais il faut garder à l’esprit que l’Éthiopie ne fait plus formellement partie de ces arrangements après avoir demandé aux États-Unis de retirer leur base de drones au début de 2016 dans les mois suivant la publication de l’article original.


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L’autre puissance militaire la plus activement impliquée en Afrique est la France, qui avait colonisé un gros morceau du continent à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. La partie la plus active de sa force est déployée dans la région du Sahel dans le cadre de l’«Opération Barkhane» qui s’étend sur ce que l’on appelle les pays du «G5 Sahel» de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad. Par ailleurs, Paris entretient également des troupes au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en République centrafricaine (RCA) et à Djibouti. Voici à quoi ressemblent les déploiements militaires de la France quand ils sont tracés.


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Rouge: G5 Sahel.
Rose tous les autres.
En comparant les deux cartes, on peut observer un chevauchement militaire entre les États-Unis et la France au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, en RCA et à Djibouti.


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Alors que la majeure partie de la double concentration des bases militaires étrangères se trouve en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, le fait qu’elle soit également présente à Djibouti ne doit pas être négligé. En fait, la minuscule nation de l’Afrique de l’Est a une importance militaire disproportionnée car elle accueille simultanément des bases américaine, française, japonaise, chinoise et bientôt même saoudienne, ce qui en fait une anomalie militaire globale à cet égard. Avec l’accent mis maintenant sur l’Afrique de l’Est, il est opportun d’affirmer que cette partie du continent au-delà de Djibouti est également fortement militarisée par les forces étrangères. Les Émirats arabes unis sont soupçonnés d’avoir une base navale en Érythrée et de projeter des installations dans la région autonome de Somalie, le Somaliland, alors que la Turquie est également en train de construire une base militaire dans le pays déchiré par la guerre civile. En plus de cela, le Qatar maintient une petite quantité de «casques bleus» en Érythrée et à Djibouti depuis 2010, dans le cadre de la responsabilité de l’ONU, supposée être une «médiation» entre les deux parties après un conflit frontalier tendu en 2008. Cette concentration stratégique des forces laisse croire que l’Éthiopie, enclavée mais économiquement prometteuse, est encerclée, en particulier par les États du golfe, l’Arabie saoudite, le Qatar et les EAU, ce fait important sera abordé plus tard lorsque la recherche se focalisera sur la région de la Corne de l’Afrique.


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Rouge : États de la Corne de l’Afrique avec des bases militaires étrangères.
Orange : Éthiopie.

BLOCS MILITAIRES AFRICAINS

Bien qu’il y ait une présence militaire non-africaine diversifiée sur tout le continent, l’Afrique a cependant pu rassembler un réseau de blocs de sécurité militaire régionaux qui fonctionnent sous l’égide de l’Union africaine (UA). Les Forces africaines en attente, telles qu’elles sont nommées, sont divisées en fonction des communautés économiques régionales (CER) et des régions et des domaines de responsabilité définis. Les limites économiques de la plupart de ces blocs géographiques se chevauchent avec celles des militaires et seront décrites plus en détail dans la section suivante, mais pour l’instant, voici l’allocation des bases de l’UA.


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Marron : Capacité régionale de l’Afrique du Nord.
Jaune : CEDEAO.
Pourpre : Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).
Orange : Force de réserve de l’Afrique de l’Est (EASF).
Rouge : Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Note : Le Soudan du Sud n’est pas encore un membre à part entière de la Force de réserve de l’Afrique de l’Est, tandis que l’Angola et le Burundi sont énumérés comme ayant des responsabilités partagées au sein de leur CEEAC, de la SADC et de l’EASF, respectivement. De plus, il est important de souligner que la communauté de l’Afrique de l’Est est partagée entre le Soudan du Sud, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et l’engagement du Burundi envers le FASA, les responsabilités supplémentaires du Burundi envers la CEEAC et l’intégration de la Tanzanie dans la zone de responsabilité de la SADC. Étant donné que le Maroc ne fait pas partie de l’UA en vertu du différend concernant le Sahara occidental, il ne fait partie d’aucun accord sur des forces africaines à quelque titre que ce soit.

La dernière chose à souligner sur les blocs militaires africains est que le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad ont aligné leurs forces pour combattre la menace Boko Haram qui afflige leur bassin commun autour du lac Tchad. Si on replace cela sur une carte, cela ressemble superficiellement à une formidable alliance militaire, mais c’est en fait une force mal coordonnée et en compétition interne dominée par le Nigeria et le Tchad se suspectant mutuellement.


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Andrew Korybko est commentateur politique américain. Il travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, vérifié par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

 

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