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Amérique / Sanctions, fumée et miroirs depuis une école maternelle sous LSD
« Dernier message par JacquesL le 11 août 2017, 01:32:04 pm »
Sanctions, fumée et miroirs depuis une école maternelle sous LSD



Saker US
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Par le Saker – Le 31 juillet 2017 – Source The Saker

Les dernières sanctions étasuniennes et la réponse russe en forme de représailles ont provoqué un torrent de spéculations dans les médias officiels et la blogosphère – tout le monde essaie de donner un sens à une situation qui semble n’en avoir aucun. Pourquoi diable le Sénat américain accepterait-il de nouvelles sanctions contre la Russie alors que celle-ci n’a absolument rien fait pour provoquer un tel vote ? À part Rand Paul et Bernie Sanders, chaque sénateur a voté en faveur de ces sanctions. Pourquoi ? C’est encore plus déconcertant lorsqu’on considère que le seul effet important de ces sanctions sera de provoquer une rupture, et même éventuellement des contre-sanctions, entre les États-Unis et l’Union européenne. Ce qui est absolument clair est que ces sanctions n’auront strictement aucun effet sur la Russie et je pense que personne ne s’attend sérieusement à ce que les Russes changent quoi que ce soit dans leur politique. Et pourtant, tous les sénateurs, excepté Paul et Sanders, ont voté pour. Est-ce que ça a du sens pour vous ?

Essayons de comprendre ce qui se passe ici.

D’abord un simple rappel : comme tous les politiciens étasuniens, du comté jusqu’au Congrès, les sénateurs n’ont qu’une pensée lorsqu’ils votent : « qu’est-ce qu’il y a là pour moi ? ». La toute dernière chose dont se soucie vraiment un sénateur américain, ce sont les conséquences de son vote dans la vraie vie. Cela signifie que pour atteindre la quasi unanimité (98%) dans un vote totalement stupide, il y a eu une sorte de lobby vraiment très influent qui a recouru à des « arguments » très puissants pour y parvenir. Gardez à l’esprit que les Républicains au Sénat savaient qu’ils votaient contre les souhaits de leur président. Et pourtant chacun, excepté Rand Paul, a voté pour ces sanctions, cela devrait vous dire quelque chose sur la puissance du lobby qui les a poussés. Donc qui pourrait avoir ce pouvoir ?

Le site Business Pundit : Expert Driven a utilement publié un article qui liste les 10 lobbies les plus puissants à Washington, DC. Ce sont (dans le même ordre que l’article original) :

Le lobby de la technologie.
L’industrie minière
L’industrie de la défense
L’industrie agro-alimentaire
Les grands pétroliers
Le lobby financier
Le lobby des sociétés pharmaceutiques
L’AARP (l’association américaine des personnes retraitées)
Le lobby pro-Israël
La NRA (National Rifle Association)
D’accord, pourquoi pas ? Nous pourrions probablement les réorganiser, leur donner des étiquettes différentes, y ajouter quelques-uns (comme le « complexe de l’industrie carcérale » ou la « communauté du renseignement »), mais l’un dans l’autre, cette liste est correcte. Y a-t-il un nom qui vous saute aux yeux ?

On pourrait faire valoir que la plupart de ces lobbies ont besoin d’un ennemi pour prospérer, c’est certainement vrai du complexe militaro-industriel et de l’industrie de haute technologie qui lui est associé, et on pourrait également raisonnablement soutenir que le pétrole, les mines et l’industrie agro-alimentaire voient la Russie comme un concurrent potentiel. Mais un regard plus attentif sur les intérêts que ces lobbies représentent vous dira qu’ils sont principalement engagés dans la politique intérieure et que la Russie lointaine, avec son économie relativement modeste, n’est pas si importante pour eux. C’est également évident pour l’industrie pharmaceutique, l’AARP et la NRA. Ce qui nous laisse le lobby pro-Israël comme seul candidat potentiel.

« Lobby pro-israël » est évidemment une appellation inappropriée. Le lobby pro-israélien a très peu d’intérêt pour Israël en tant que pays ou, en l’occurrence, pour le peuple israélien. Le lobby pro-Israël devrait plutôt s’appeler le « lobby néocon ». En outre, nous devons nous rappeler que le lobby néocon est différent de tout autre figurant sur la liste ci-dessus. D’une part, il ne représente pas les intérêts des États-Unis. Il ne représente pas non plus les intérêts d’Israël. Il représente plutôt les intérêts d’une sous-couche des élites dirigeantes étasuniennes, beaucoup plus petite en réalité que le 1% de la population, qui partage tout dans l’idéologie commune de domination mondiale typique des néocons.

Ce sont des gens qui, malgré leur contrôle absolument total des médias et du Congrès, ont perdu l’élection présidentielle au profit de Donald Trump et qui maintenant tiennent absolument à le destituer. Ce sont les gens qui utilisent simplement la « Russie » comme un levier propagandiste pour diffuser l’idée que Trump et son entourage sont fondamentalement des agents russes et que Trump lui-même est une sorte de « candidat mandchou à la présidence ».

Gardez à l’esprit que l’Histoire montre que tandis que les néocons sont extraordinairement motivés, ils ne sont pas particulièrement intelligents. Oui, ils ont le genre de détermination fanatique qui leur permet d’atteindre une influence totalement disproportionnée sur la politique des États-Unis, mais lorsque vous lisez vraiment ce qu’ils écrivent et écoutez ce qu’ils disent, vous comprenez immédiatement que ce sont des individus assez médiocres avec une mentalité plutôt étroite qui les rend à la fois très prévisibles et très irritants pour les gens qui les entourent. Ils exagèrent toujours puis finissent stupéfaits et horrifiés lorsque toutes leurs conspirations et leurs plans s’effondrent sur eux.

Je soutiens que c’est exactement ce qui se passe en ce moment.

D’abord, les néocons ont perdu les élections. Pour eux, c’était un choc et un cauchemar. Les « déplorables » ont voté contre les « instructions propagandistes » sans ambiguïté que les médias leur donnaient. Ensuite, les néocons ont tourné leur haine fanatique contre Trump et ils ont réussi à le neutraliser, mais seulement au prix d’un affaiblissement terrible des États-Unis eux-mêmes ! Réfléchissez : en un peu plus de six mois dans l’administration Trump, les États-Unis ont déjà fait en sorte de menacer l’Iran, la Syrie, la RPDC et, dans tous ces cas, avec exactement zéro résultat. Pire, le comportement de Trump à l’égard de l’Europe et la propagande contre lui en Europe ont maintenant placé l’UE et les États-Unis sur une course de collision. C’est absolument extraordinaire : pour les Russes, les tensions actuelles entre l’UE et les États-Unis sont un rêve devenu réalité et pourtant ils n’ont absolument rien eu à voir avec ça – tout a été fait par la stupidité suicidaire des Américains qui ont créé cette situation totalement ex nihilo !

Donc tandis que Kim Jong-un lance des missiles le 4 juillet, l’Armée syrienne se rapproche de Deir ez-Zor, l’Ukraine se transforme en Somalie, l’économie russe recommence à croître et la popularité de Poutine est aussi élevée que jamais, les néocons flippent et, comme c’est typique chez une personne qui perd le contrôle, ils ne font pas des choses qui auraient du sens mais font ce qu’ils ont l’habitude de faire : imposer des sanctions (même si elles sont totalement inefficaces) et envoyer des messages (même s’ils sont totalement ignorés). En d’autres termes, les néocons s’engagent maintenant dans la pensée magique, ils choisissent délibérément de s’illusionner sur leur pouvoir et leur influence et ils font face à leur échec total tout en faisant comme si leurs votes au Congrès étaient importants. La vérité est qu’ils ne le sont pas.

C’est ici que nous devons examiner l’autre idée fausse en la matière : que la réaction russe aux dernières sanctions concerne vraiment ces sanctions. Ce n’est pas le cas.

Pour commencer, attaquons-nous au mythe que ces sanctions nuisent à la Russie. Elles ne lui nuisent pas du tout. Même le 100% russophobe Bloomberg commence à comprendre que quoi qu’il en soit, toutes ces sanctions ont renforcé Poutine et la Russie. Ensuite, il y a la question du calendrier : au lieu d’instaurer des contre-sanctions, les Russes ont subitement décidé de réduire drastiquement le personnel diplomatique des États-Unis en Russie et de confisquer deux de leurs sièges diplomatiques dans un acte clair de représailles à cause de l’expulsion de diplomates et la saisie de sites diplomatiques russes par Obama l’an dernier. Pourquoi maintenant ?

De nombreux observateurs disent que les Russes sont « naïfs » à propos de l’Occident et des États-Unis, que Poutine « espérait » de meilleures relations et que cet espoir le paralysait. D’autres disent que Poutine est « faible » ou même « de mèche » avec l’Occident. C’est tout à fait absurde.

Les gens ont tendance à oublier que Poutine était un officier de la branche du renseignement étranger du KGB, ce qu’on appelait la « Première direction principale » (PGU). En outre, Poutine a récemment révélé qu’il travaillait dans la très secrète « Direction S » de la PGU et qu’il était responsable des contacts avec un réseau d’espions soviétiques illégaux en Allemagne de l’Est (où Poutine travaillait sous la couverture officielle de directeur de la Maison de l’amitié entre l’URSS et la RDA). Si la PGU était « l’élite de l’élite » du KGB et sa partie la plus secrète, alors la « Direction S » était « l’élite de l’élite » de la PGU et sa partie la plus secrète. Ce n’est très certainement pas une carrière pour des gens « naïfs » ou « faibles », pour le dire sobrement. Tout d’abord, les officiers de la PGU étaient des « spécialistes de l’Ouest » en général, et des États-Unis en particulier, parce que ces derniers avaient toujours été considérés officiellement comme « l’ennemi principal » (même si la plupart des officiers de la PGU estimaient, à titre personnel, que les Britanniques étaient leur adversaire le plus capable, dangereux et retors). Si on considère le niveau de formation et d’entraînement admirables dispensé à ces officiers, je dirais que les officiers de la PGU étaient parmi les meilleurs experts de l’Ouest partout dans le monde. Leur survie et celle de leurs collègues dépendaient de leur compréhension correcte du monde occidental. Quant à Poutine, personnellement, il a toujours agi d’une manière très délibérée et mesurée et il n’y a aucune raison de supposer que cette fois-ci les dernières sanctions américaine ont subitement provoqué une sorte d’éruption émotionnelle au Kremlin. Vous pouvez être certains que cette récente réaction russe découle d’une conclusion très minutieuse et de la formulation d’un objectif très précis et à long terme.

Je soutiens que la clé pour comprendre correctement la réponse russe réside dans le fait que les dernières sanctions américaines contiennent une caractéristique absolument sans précédent et carrément choquante : les nouvelles mesures dépouillent le président de l’autorité de révoquer les sanctions. Pratiquement, si Trump voulait lever une de ces sanctions, il devrait envoyer une lettre officielle au Congrès, qui aurait ensuite 30 jours pour approuver ou rejeter la mesure proposée. Autrement dit, le Congrès a maintenant intercepté le pouvoir de la présidence de conduire la politique étrangère et pris sur lui de régenter dans le détail la politique étrangère des États-Unis.

Cela, mes amis, est clairement un coup d’État constitutionnel et une violation grossière des principes de séparation des pouvoirs, qui est au cœur du système politique étasunien.

C’est aussi un signe révélateur de la dépravation totale du Congrès des États-Unis – qui n’avait pas pris de telles mesures lorsque les présidents l’ont contourné et ont déclenché des guerres sans l’autorité nécessaire du Congrès – mais qui maintenant reprend ouvertement la politique étrangère pour éviter le risque que « la paix éclate » entre la Russie et les États-Unis.

Et la réaction de Trump ?

Il a déclaré qu’il signerait la loi.

Oui, le principal responsable est disposé à apposer sa signature sur le texte qui constitue un coup d’État illégal contre sa propre autorité et contre la Constitution qu’il a juré de défendre.

De ce point de vue, la réaction russe est très simple et compréhensible : ils ont renoncé à Trump.

Ce n’est pas qu’ils aient jamais mis beaucoup d’espoir en lui, mais ils ont toujours fortement pensé que l’élection pourrait peut-être donner au monde une chance véritablement historique d’infléchir la dynamique désastreuse impulsée par les néocons sous Obama et peut-être de ramener les relations internationales à un semblant de santé mentale. Hélas, cela ne s’est pas passé comme ça, Trump s’est avéré être une nouille trop cuite dont la seule vraie réussite a été d’exprimer ses pensées en 140 caractères ou moins. Mais la seule chose cruciale, vitale, que Trump devait absolument réussir – écraser les néocons sans merci – il l’a totalement ratée. Pire, son unique réaction à leurs tentatives multidimensionnelles de le renverser a abouti chaque fois à des tentatives maladroites de les apaiser.

Pour la Russie, cela signifie que le président Trump a été remplacé par le « président Congrès ».

Puisqu’il est absolument impossible de faire quoi que ce soit avec ce Congrès, les Russes s’engageront maintenant dans des mesures unilatéralement bénéfiques pour eux, comme de réduire massivement le nombre des diplomates américains en Russie. Pour le Kremlin, ces sanctions ne sont pas tant une provocation inacceptable qu’un prétexte idéal pour passer à un certain nombre de mesures politiques internes à la Russie. Se débarrasser d’employés américains en Russie n’est qu’un premier pas.

Ensuite, la Russie utilisera le comportement franchement erratique des Américains pour proclamer urbi et orbi qu’ils sont irresponsables, incapables de prendre des décisions adultes et, pour l’essentiel, « partis à la pêche ». Les Russes l’ont déjà fait, surtout lorsqu’ils ont déclaré que l’équipe Obama-Kerry était недоговороспособны (nedogovorosposobny : « incapables de passer un accord » – davantage sur ce concept ici).  Maintenant, avec Trump qui signe sa propre disparition constitutionnelle, Tillerson incapable d’obtenir que Nikki ONU ferme son caquet et Mattis et McMaster se battant pour des plans illusoires pour cesser de « ne pas perdre » en Afghanistan, les équipes Obama-Kerry commencent à paraître presque adultes.

Franchement, pour les Russes, c’est le moment de passer à autre chose.

Je prédis que les fous néocons ne s’arrêteront pas jusqu’à ce qu’ils destituent Trump. Je prédis en plus que les États-Unis ne lanceront aucune intervention militaire importante (ne serait-ce que parce qu’ils sont sortis en courant des pays qu’ils peuvent attaquer en toute sécurité et facilement). Quelques « interventions feintes » (comme l’attaque ratée de missiles sur la Syrie) resteront évidemment tout à fait possibles et même probables. Le coup d’État interne au ralenti contre Trump absorbera la plus grande partie de l’énergie pour faire quoi que ce soit et laissera la politique étrangère simplement comme un autre sous-produit de la politique intérieure américaine.

Les Européens de l’Est sont maintenant complètement coincés. Ils continueront à observer avec accablement le désastre ukrainien en cours tout en jouant à des jeux stupides en faisant semblant de sévir contre la Russie (on peut voir le dernier exemple de cette sorte d’« aboiement de derrière une clôture » dans la fermeture plutôt pathétique de l’espace aérien roumain à un avion civil dont le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine était parmi les passagers). Les vrais Européens (de l’Ouest) reprendront progressivement leurs esprits et commenceront à conclure des ententes avec la Russie. Même le Français Emmanuel Macron de Rothschild se révélera probablement un partenaire plus adulte que The Donald.

Mais l’action réelle sera ailleurs : dans le Sud, l’Est et l’Extrême-Orient. La simple vérité est que le monde ne peut tout simplement pas attendre que les Américains reprennent leurs esprits. De nombreux problèmes cruciaux doivent être abordés d’urgence, il y a beaucoup d’immenses projets sur lesquels travailler et un monde multipolaire profondément différent qui doit être renforcé. Si les Américains veulent fondamentalement s’abstenir de tout cela, s’ils veulent briser l’ordre constitutionnel que leurs Pères fondateurs ont créé et s’ils veulent agir uniquement dans leur sphère délirante qui n’a aucun rapport avec la réalité, c’est à la fois leur droit et leur problème.

Washington DC commence à ressembler à une école maternelle sous LSD – quelque chose à la fois comique et dégoûtant. C’était à prévoir, les enfants n’ont pas l’air très brillants : un mélange de tyrans et d’imbéciles mous. Certains ont le doigt sur le bouton nucléaire et c’est extrêmement terrifiant. Ce que les adultes doivent faire maintenant est de trouver une méthode pour garder les enfants occupés et distraits de manière à ce qu’ils ne pressent pas sur le bouton par erreur. Et attendre. Attendre l’inévitable réaction d’un pays qui est tellement plus et mieux que ses dirigeants et qui a maintenant désespérément besoin d’un véritable patriote pour faire cesser le Sabbat de sorcières à Washington DC.

Je terminerai ce billet par une note personnelle. Je viens de traverser les États-Unis, littéralement, de Rogue River en Oregon au centre-est de la Floride. Pendant ce long voyage, je n’ai pas seulement vu des sites d’une beauté à couper le souffle mais également énormément de gens superbes qui s’opposent au bal satanique à DC de toutes les fibres de leur être et qui veulent que leur pays soit libre des puissances démoniaques dégénérées qui se sont emparées du gouvernement fédéral. Je vis maintenant depuis 20 ans aux États-Unis et j’ai appris à aimer et à apprécier profondément les gens honorables et tout simplement superbes qui y vivent. Loin de voir les Américains comme des ennemis de la Russie, je les vois comme des alliés naturels, ne serait-ce que parce que nous avons le même ennemi (les néocons à DC) et aucune raison d’entrer en conflit, absolument aucune. En plus, à bien des égards, les Américains et les Russes sont très semblables, parfois de manière comique. Exactement comme pendant la première Guerre froide je n’ai jamais perdu espoir dans le peuple russe, je refuse maintenant de perdre espoir dans le peuple américain. Oui, le gouvernement fédéral des États-Unis est dégoûtant, mauvais, hideux, stupide, dégénéré et carrément satanique, mais le peuple ne l’est pas. Loin de là. Je ne sais pas si ce pays pourra survivre au régime actuel en tant qu’États-Unis unifiés ou s’il se démembrera en plusieurs entités tout à faire différentes (ce que je considère comme très possible), mais je crois que le peuple américain survivra et vaincra, exactement comme le peuple russe a survécu aux horreurs des années 1980 et 1990.

Aparté :
Après avoir été accusé d’être un « agent payé par Poutine » (Vladimir, s’il te plaît, envoie-moi l’argent !), un « amoureux des juifs » ou même un « crypto-juif », un nazi et un anti-sémite (quelle personne honorable et bonne n’a pas été traitée d’« anti-sémite » au moins une fois dans sa vie), un communiste et un musulman (ou au moins un « propagandiste musulman »), je serai maintenant traité d’« ami des États-Unis ». Bien. Coupable des charges retenues ! J’aime beaucoup ce pays, et j’aime son peuple. En fait, mon cœur se brise souvent pour lui et pour les immenses souffrances que l’Empire anglo-sioniste lui inflige. Dans la lutte entre le peuple des États-Unis et l’Empire, je suis catégoriquement avec les gens que je vois comme des amis, des alliés et même des frères.
En ce moment, les États-Unis semblent se ruer dans un précipice très semblable à celui dans lequel l’Ukraine est tombée (ce qui n’est pas surprenant, vraiment, les mêmes gens infligeant les mêmes catastrophes à tous les pays qu’ils infectent de leur présence). La grande différence est le potentiel immense et inexploité des États-Unis pour rebondir. Il pourrait ne même plus y avoir d’Ukraine dans dix ans, mais il y aura certainement des États-Unis, quoique peut-être très différents, ou même plusieurs pays qui leur succéderont.

Mais pour le moment, je ne peux que répéter ce que les habitants de Floride disent lorsqu’un ouragan dévale sur eux : « accroupissez-vous » et préparez vous aux moments très difficiles et dangereux à venir.

The Saker

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone
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Amérique / Le Pentagone fait son deuil du « Nouveau Siècle américain »
« Dernier message par JacquesL le 11 août 2017, 01:05:59 pm »
Le Pentagone fait son deuil du « Nouveau Siècle américain »

 The End of the ‘New American Century’ Pronounced by the Pentagon



Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 23 juillet 2017 – Source Strategic Culture

Le ministère américain de la Défense aime à publier des rapports, dont beaucoup sont truffés d’une énorme quantité de jargon et de charabia du Pentagone. Mais, un rapport récent, tout en ne manquant pas du jargon typique, contient un message clair et sans ambiguïté. Le projet néo-conservateur de « New American Century », qui a vu les États-Unis s’engager dans des bourbiers en Irak et en Afghanistan, ainsi qu’une interminable « guerre mondiale contre le terrorisme », est mort et enterré.


Un rapport de l’US Army War College (USAWC), intitulé « À nos risques et périls : l’évaluation du risque par le Département de la Défense dans un monde post-suprématie », a fait froncer les sourcils à l’intérieur du périf de Washington et au-delà. Le rapport, rédigé par un Institut d’études stratégiques de l’armée (SSI) et une équipe de l’USAWC dirigée par le professeur Nathan Freier, prend soin de déclarer que ce rapport « ne reflète pas nécessairement la politique officielle du Département de la Défense, ou celle du gouvernement américain ». Il est douteux que le rapport, parrainé par l’état-major interarmées du Pentagone, aurait été commandé si le Pentagone n’avait pas vu la nécessité de se préparer à la fin de la domination militaire unipolaire de l’Amérique qui était en place depuis la fin de la guerre froide.

Le rapport post-suprématie a obtenu ses informations auprès du Département de la Défense et de la Communauté du renseignement des États-Unis, y compris le Joint Staff, le Commandement central des États-Unis (USCENTCOM), le Commandement des opérations spéciales des États-Unis (USSOCOM) et le Bureau du directeur national du renseignement (ODNI) , tous les acteurs essentiels de la stratégie militaire américaine revisitée.

Pour que personne ne croit que le rapport représente une nouvelle façon de penser de l’administration Donald Trump, il convient de souligner que l’initiative et la préparation du rapport remontent à juillet 2016, six mois avant la fin de l’administration Barack Obama. Le rapport était une exigence budgétaire, concernant le Pentagone, contenue dans le budget d’Obama pour l’année fiscale 2017.

Le rapport a acté cinq composantes clés de la stratégie de post-suprématie des États-Unis :

  • Hyperconnectivité et militarisation de l’information, de la désinformation et sous-traitance – cela a déjà entraîné la décision de séparer le US Cyber Command de l’Agence de sécurité nationale pour permettre aux cyber-guerriers de créer un lieu extra-constitutionnel, « plus confortable pour prendre ses aises »  afin de mener des opérations de guerre offensives contre des cibles militaires et civiles.
  • Le statut-quo post-guerre froide qui se délite rapidement.
  • La prolifération, diversification et atomisation d’une résistance efficace contre les États-Unis.
  • Une compétition résurgente, mais transformée, entre les grandes puissances.
  • La dissolution violente ou perturbatrice de la cohésion politique et identitaire
L’acceptation par le Pentagone de l’existence d’un « statu quo post-guerre froide qui se délite rapidement » est peut-être la réalisation la plus importante d’un changement de statut d’une superpuissance, depuis que le Royaume-Uni avait conclu que les jours de l’Empire britannique touchaient à leur fin. Cela avait abouti à la décision du Premier ministre Harold Wilson en janvier 1968 de retirer toutes les forces militaires britanniques de « l’Est de Suez ». Le ministre de la Défense, Denis Healey, a annoncé de manière spectaculaire que toutes les forces militaires britanniques seraient retirées, en 1971, des principales bases militaires du Sud Est asiatique, « à l’est d’Aden », principalement en Malaisie et à Singapour, ainsi que dans le golfe Persique et les Maldives. La décision a vu Aden indépendant devenir une république socialiste, le Yémen du Sud, la location aux États-Unis d’une base militaire à Diego Garcia dans le nouveau territoire britannique de l’océan Indien, ainsi que la déportation des indigènes des îles de Chagos, l’indépendance des États de la Trêve devenus les Émirats arabes unis et le transfert aux Américains du contrôle d’une base navale britannique à Bahreïn.

Le rapport post-suprématie du Pentagone met en cause le besoin de bases militaires étrangères à l’appui des opérations « urgentes dans les zones de surtension ». Le rapport indique que « les considérations de surtension ne peuvent plus être limitées à la lutte avec des armes combinées haut de gamme ». C’est un coup de chapeau aux cyber-guerriers qui pourraient voir leurs propres capacités augmentées suite à une moindre priorité accordée au combat militaire. Le rapport indique également que le Département de la Défense « ne peut plus – comme par le passé – générer automatiquement une supériorité militaire locale cohérente et soutenue sur le champ de bataille ». En d’autres termes, oubliez une réponse militaire américaine telle que l’Opération Desert Shield qui a vu un transfert massif de la puissance militaire des États-Unis en Arabie saoudite avant la reprise du Koweït et la première invasion américaine de l’Irak en 1991.

Le Pentagone considère que certains risques internationaux sont acceptables s’ils peuvent être gérés. Cette atténuation des risques semble être axée sur la menace nucléaire et intercontinentale des missiles balistiques nord-coréens. Le rapport indique que les États-Unis devraient éviter « les objectifs politiques qui se révèlent trop ambitieux ou inaccessibles en pratique. Une victoire militaire des États-Unis sur la Corée du Nord ne serait possible qu’au prix de pertes massives de militaires et civils sud-coréens en Corée du Sud ». Oubliez une victoire militaire américaine contre la Corée du Nord, ce serait « trop ambitieux » et « inaccessible ». Le rapport indique également qu’il y a « des coûts prohibitifs » impliqués dans certaines politiques militaires. Les auteurs insistent pour que la doctrine militaire américaine évite les « objectifs ou les buts qui, à la fin, se révèlent n’être que des victoires à la Pyrrhus ». Il s’agit d’une référence claire aux bourbiers et aux « fausses victoires » précédemment proclamés par les États-Unis et leurs alliés en Irak et en Afghanistan, les deux étant des victoires à la Pyrrhus dans le sens le plus exact du terme.

Un membre de l’équipe d’études post-suprématie a choqué ses collègues en leur disant qu’il est très possible que les États-Unis soient vaincus lors de confrontations militaires. Le spectre du « nous pouvons perdre » a aidé à guider les conclusions du rapport. Parmi les conclusions, citons les possibilités selon lesquelles « la vulnérabilité, l’érosion ou même la perte de l’avantage militaire assumé des États-Unis face à bon nombre de ses défis les plus conséquents en matière de défense » devraient être prises au sérieux et « la restructuration volatile des affaires de sécurité internationale apparaît de plus en plus inhospitalière pour un leadership américain incontesté ». L’émergence de la Chine comme puissance militaire mondiale importante et la résurgence de la Russie en tant que puissance militaire sont des exemples à ce propos. La dérive régulière de la Turquie, s’éloignant de l’Europe vers une vision du monde eurasienne et pan-turque ajoute la nation appartenant à l’OTAN à une liste croissante d’adversaires américains potentiels. Ces derniers et d’autres développements sont perçus par les planificateurs post-suprématie dans le cadre d’une « compétition résurgente, mais transformée, entre les grandes puissances ».

L’équipe d’étude du Pentagone voit aussi clairement la « dissolution violente ou perturbatrice de la cohésion politique et identitaire », comme un tournant critique qui altère, après la guerre froide et suite au 9/11, l’époque où les États-Unis ont dominé les affaires militaires et économiques mondiales. Le succès du référendum de Brexit qui a vu le Royaume-Uni quitter l’Union européenne, ainsi que le soutien populaire pour l’indépendance de l’Écosse et de la Catalogne, sont considérés par le Pentagone comme une « dissolution perturbatrice de la cohésion et de l’identité politiques ». Alors que, dans les rapports passés du Pentagone, il y aurait eu des suggestions sur la façon de contrer cette « perturbation » avec une réponse militaire et contre-insurrectionnelle, dans le monde post-suprématie, le Pentagone appelle simplement à la gestion du risque impliqué. On est loin des bruits de bottes et des sonneries de clairons appelant à la guerre, en Libye, en Syrie, en Somalie ou au Panama.

Le rapport post-suprématie reconnaît que la politique militaire qui a suivi le 9/11 n’est plus praticable ni faisable. Cette politique, énoncée dans le Quadrennial Defense Review (QDR) pour 2001, déclarait : « La fondation d’un monde pacifique (…) repose sur la capacité des forces armées américaines à maintenir une marge d’avance militaire importante par rapport aux autres. Les États-Unis n’utilisent pas cet avantage pour dominer les autres (sic,NdT), mais (…) pour empêcher l’apparition de nouvelles compétitions militaires fonctionnelles ou des conflits géographiques, et les gérer si cela se produit ». Ces temps sont révolus avec la Chine, la Russie, la Turquie, l’Iran, l’Allemagne, la France et l’Inde développant de « nouvelles compétitions militaires fonctionnelles ». Les États-Unis ne peuvent pas les « gérer », alors Washington devra déterminer comment vivre avec les « risques ».

Les auteurs du rapport croient que « le statu quo qui a été couvé et nourri par les stratèges américains après la Seconde Guerre mondiale et qui a pendant des décennies fonctionné au tempo de la baguette du Département de la Défense n’est pas seulement en capilotade, mais peut en fait s’effondrer. Par conséquent, le rôle et l’approche des États-Unis dans le monde peuvent également changer fondamentalement ». C’est une vision convaincante de l’état actuel des affaires mondiales si l’on oublie le chauvinisme souvent entendu à la Maison Blanche de Trump et parmi les membres de droite au Congrès des États-Unis.

Les recommandations post-suprématie voient la priorité principale pour les États-Unis dans la protection du territoire américain : « sécuriser le territoire, les personnes, les infrastructures et les droits des États-Unis contre des dommages importants ». La deuxième priorité est de « sécuriser l’accès aux biens communs et aux régions stratégiques, au marché mondial et aux ressources. » Cela nécessiterait de maintenir les voies maritimes et les routes aériennes ouvertes pour le commerce américain. Les auteurs du rapport sont d’accord avec la déclaration du Premier ministre britannique Theresa May dans son discours à Philadelphie le 26 janvier 2017, six jours après l’investiture de Donald Trump : « Les temps où la Grande-Bretagne et l’Amérique intervenaient dans des pays souverains dans une tentative de refaire le monde à leur image sont terminés… Le Royaume-Uni n’interviendra que là où il y a des intérêts nationaux britanniques (…) les nations sont responsables devant leurs populations et leurs pouvoirs découlent du consentement des gouvernés et ils peuvent choisir de se joindre à des organisations internationales, coopérer ou échanger avec qui ils le souhaitent. »

Il y a un message clair dans le rapport post-suprématie du Pentagone. L’époque des douteuses « coalitions de volontaires » menées par les États-Unis pour prendre des mesures militaires unilatérales est révolue.

Wayne Madsen

Traduit par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone
http://lesakerfrancophone.fr/le-pentagone-fait-son-deuil-du-nouveau-siecle-americain
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Europe / Migrants : l’Italie excédée saisit le navire d’une ONG
« Dernier message par JacquesL le 04 août 2017, 12:46:24 pm »
Dans le cadre d’une enquête commencée en octobre dernier, le procureur de Trapani en Sicile, M. Ambrogio Cartosio, a ordonné la saisie préventive du « Juventa », un chalutier armé par l’ONG allemande Jugend rittet et battant pavillon hollandais. Le magistrat italien n’a pas agi de manière inconsidérée, la justice italienne possède en effet les preuves de la connivence entre cette ONG et les passeurs libyens.



juventa navire ong trafiquant.jpg

Les deux partenaires organisent ensemble le passage de migrants : ils donnent aux passeurs un rendez-vous en mer, par tous les moyens de communication modernes, mais aussi par signalisations optiques. Une fois les bateaux bondés arrivés au lieu de transfert, les migrants montent à bord du navire de l’ONG puis les passeurs récupèrent les bateaux vides pour un nouveau transfert. La police italienne a réussi à filmer ces opérations et c’est avec ces preuves que le procureur Cartosio a ordonné la saisie du bateau.

L’Italie, en première ligne face à la déferlante des migrants, n’en peut plus et n’en veut plus. Depuis plusieurs semaines, elle ouvre enfin les yeux et change de comportement face à ces ONG qui, sous couvert « d’humanitaire » favorisent voire organisent de véritables navettes faisant passer les migrants de Libye vers l’Italie. Depuis 2015, une douzaine de navires « humanitaires » privés patrouillent au large de la Libye et se partagent ce trafic d’êtres humains, en complicité avec les passeurs libyens.

Pour faire le tri entre ces associations, l’Italie a mis récemment en place un code de « bonne conduite » en treize points qui interdit notamment aux navires d’entrer dans les eaux libyennes et de communiquer avec les passeurs, y compris au moyen de toute forme de signaux lumineux et imposant la présence à bord de policiers italiens. Les ONG – qui voient là un sérieux frein à leur activité – rechignent à signer la charte… C’est le cas de « Jugend rittet » et donc la raison de la saisie de son outil de travail, le navire Juventa.

La Commission européenne semble, depuis quelques semaines, prendre enfin, bien que timidement, la mesure du problème de ces ONG qui, sous couvert de sauvetages humanitaires, assurent un véritable service de navette pour les populations africaines en quête d’Europe. Et ceci en complicité avec les passeurs.

Comment ça marche ? Ce sont les gardes-côtes italiens qui, prévenus à l’avance par les passeurs, appellent les navires des ONG pour les orienter 10 ou 12 heures à l’avance vers la zone prévue pour l’organisation du « sauvetage » en mer. Et ce n’est qu’une fois le dispositif en place et par beau temps et mer calme que les passeurs libyens font partir les zodiacs remplis à ras bord de clandestins. Les trafiquants récupèrent les bateaux vidés de leur cargaison humaine pour les faire resservir… Les navires « sauveteurs » débarquent ensuite leur cargaison non pas dans le port le plus proche du lieu du « naufrage » – dans un port libyen, tunisien, voire maltais - ce qui serait logique mais en Sicile où la toute-puissante mafia locale fait le reste. Les migrants tombent sous la coupe des mafieux qui louent les hommes comme quasi esclaves dans les exploitations agricoles et dans le bâtiment, quant aux femmes, si elles ont quelques « attraits monnayables », c’est le tapin qui les attend.

L’agence officielle Frontex, dans un rapport récent établit que cette flotte d’ONG se comporte en complice des contrebandiers qui exploitent le trafic humain et qu’elle contribue directement à augmenter les risques de mort lors des transports.

La European Border and Coast Agency signale que les ONG effectuent des véritables services de navettes pour les migrants qui vont d’Afrique en Italie. Cette flotte de "sauveteurs" réduit les coûts pour les passeurs, ce qui augmente leurs profits. En même temps leur statut d’ONG « altruistes » fait qu’il y a moins de risque d’être intercepté par les officiers de police. Moins de coûts, moins de risque, rien d‘étonnant si le trafic explose.

L’Europe ultralibérale facilite ainsi sournoisement – en agissant sur la bonne volonté, l’altruisme, la compassion des gens - les migrations à travers des ONG et des associations soi-disant altruistes qui font tout pour faciliter l’arrivée massive de migrants. Pour les patronats européens, l’arrivée massive de main-d'œuvre corvéable à merci est un levier fort efficace contre toute prétention de hausse des salaires et de lutte contre la précarité…

Ces ONG sont-elles de formidables organisations humanitaires ou des armes de subversion massive ?

 
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Histoire / LA NUIT DU 4 AOÛT ET SES CONSÉQUENCES.
« Dernier message par JacquesL le 04 août 2017, 11:50:32 am »
Tous les ans on a droit, au 14 juillet comme au 4 aout, à une réécriture "socialisante" de ces deux épisodes emblématiques de la "Grande Révolution". Malheureusement, cette fameuse nuit n'a de glorieuse que son titre (qui était fait pour ça), et n'a accouché que d'une proposition de "rachat" des servitudes, et d'une vague de répression sans précédent, pour liquider ceux qui ont cru au titre.



LA NUIT DU 4 AOÛT ET SES CONSÉQUENCES

La nuit du 4 août est une des grandes dates de la Révolution. comme le 14 juillet et le 5 octobre 1789, le 21 juin 1791, le 10 août 1792 et le 31 mai 1793, elle marque une des grandes étapes du mouvement révolutionnaire, et elle en détermine le caractère pour la période qui suivra.

La légende historique s'est appliquée avec amour à embellir cette nuit, et la plupart des historiens, copiant le récit qu'en ont donné quelques contemporains, la représentent comme une nuit toute d'enthousiasme, d'abnégation sacrée.

«Avec la prise de la Bastille, — nous disent les historiens, — la Révolution avait remporté sa première victoire. La nouvelle se répand en province, et partout elle provoque des soulèvements analogues. Elle pénètre dans les villages, et à l'instigation de toutes sortes de gens sans aveu, les paysans attaquent leurs seigneurs, brûlent les châteaux. Alors, le clergé et la noblesse, saisis d'un élan patriotique, voyant qu'ils n'avaient encore rien fait pour les paysans, viennent abdiquer leurs droits féodaux pendant cette nuit mémorable. Les nobles, le clergé, les plus pauvres curés et les plus riches seigneurs féodaux, les villes, les provinces, tous viennent renoncer, sur l'autel de la patrie, à leurs prérogatives séculaires. Un enthousiasme s'empare de l'Assemblée, tous s'empressent de faire leur sacrifice. «La séance était une fête sacrée, la tribune un autel, la salle des délibérations un temple», — dit l'un des historiens, généralement assez calme. «C'était une Saint-Barthélemy des propriétés», disent les autres. Et lorsque les premières lueurs du jour jaillissent le lendemain sur la France, — l'ancien régime féodal n'existait plus. La France était un pays régénéré, ayant fait un auto-da-fé de tous les abus de ses classes privilégiées.»

Eh bien ! Cela c'est la légende. Il est vrai qu'un profond enthousiasme s'empara de l'Assemblée, lorsque deux nobles, le vicomte de Noailles et le duc d'Aiguillon, vinrent demander l'abolition des droits féodaux, ainsi que des divers privilèges des nobles, et que deux évêques (ceux de Nancy et de Chartres) parlèrent pour demander l'abolition des dîmes. Il est vrai que l'enthousiasme alla toujours grandissant, et que l'on vit les nobles et le clergé, pendant cette séance de nuit, se suivre à la tribune et se la disputer pour abdiquer leurs justices seigneuriales ; on entendit demander par des privilégiés la justice libre, gratuite et égale pour tous ; on vit les seigneurs laïques et ecclésiastiques abandonner leurs droits de chasse... L'enthousiasme s'empara de l'Assemblée... Et dans cet enthousiasme on ne remarqua même pas la clause du rachat des droits féodaux et des dîmes, que les deux nobles et les deux évêques avaient introduite dans leurs discours : clause terrible, par son vague même, puisqu'elle pouvait signifier tout ou rien, et qu'elle suspendit, nous allons le voir, l'abolition des droits féodaux pour quatre ans, — jusqu'en août 1793. Mais, qui de nous, en lisant le beau récit de cette nuit fait par les contemporains — qui de nous n'a pas été saisi d'enthousiasme à son tour ? Et qui n'a pas passé sur ces traîtres mots de «rachat au denier 30» sans en comprendre la terrible portée ! C'est aussi ce qui arriva en France en 1789.

Et d'abord, la séance du soir du 4 août commença par la panique, et non pas par l'enthousiasme. Nous venons de voir que nombre de châteaux avaient été brûlés ou pillés pendant les quinze derniers jours. Commencé dans l'Est, le soulèvement des paysans s'étendait vers le Sud, le Nord et le Centre : il menaçait de se généraliser. Dans certains endroits, les paysans avaient été féroces envers leurs maîtres, et les nouvelles qui parvenaient des provinces grossissaient les événements. Les nobles constataient avec terreur qu'il n'y avait sur place aucune force capable de mettre un frein aux émeutes.

Aussi la séance s'ouvrit par la lecture d'un projet de déclaration contre les soulèvements. L'Assemblée était invitée à prononcer un blâme énergique contre les émeutiers et à enjoindre hautement le respect des fortunes, féodales ou non, quelle qu'en fût l'origine,en attendant que l'Assemblée légiférât sur ce sujet.

«Il paraît que les propriétés, de quelque nature qu'elles soient, sont la proie du plus coupable brigandage», dit le Comité des rapports. «De tous les côtés, les châteaux sont brûlés, les couvents sont détruits, les fermes sont abandonnées au pillage. Les impôts, les redevances seigneuriales, tout est détruit. Les lois sont sans force, les magistrats sans autorité...» Et le rapport demande que l'Assemblée blâme hautement les troubles et déclare «que les lois anciennes (les lois féodales) subsistent jusqu'à ce que l'autorité de la nation les ait abrogées ou modifiées ; que toutes les redevances et prestations accoutumées doivent être payées, comme par le passé, jusqu'à ce qu'il en ait été ordonné autrement par l'Assemblée.»

«Ce ne sont pas les brigands qui font cela !» s'écrie le duc d'Aiguillon ; «dans plusieurs province le peuple tout entier forme une ligue pour détruire les châteaux, pour ravager les terres et surtout pour s'emparer des chartriers où les titres des propriétés féodales sont en dépôt.» Ce n'est certainement pas l'enthousiasme qui parle : c'est plutôt la peur (1).

L'Assemblée allait, par conséquent, prier le roi de prendre des mesures féroces contre les paysans révoltés. Il en avait déjà été question la veille, le 3 août. Mais depuis quelques jours, un certain nombre de nobles, un peu plus avancés dans leurs idées que le reste de leur classe, et qui voyaient plus clair dans les événements, — le vicomte de Noailles, le duc d'Aiguillon, le duc de la Rochefoucauld, Alexandre de Lameth et quelques autres, — se concertaient déjà en secret sur l'attitude à prendre vis-à-vis de la jacquerie. Ils avaient compris que l'unique moyen de sauver les droits féodaux était de sacrifier les droits honorifiques et les prérogatives de peu de valeur, et de demander le rachat par les paysans des redevances féodales attachées à la terre et ayant une valeur réelle.Ils chargèrent le duc d'Aiguillon de développer ces idées. Et c'est ce qui fut fait par le vicomte de Noailles et le duc d'Aiguillon.

Depuis le commencement de la Révolution, les campagnes avaient demandé l'abolition des droits féodaux (2). Maintenant, disaient les deux porte-paroles de la noblesse libérale, les campagnes, mécontentes de ce que rien n'avait été fait pour elles depuis trois mois, s'étaient révoltées ; elles ne connaissaient plus de frein, et il fallait choisir en ce moment «entre la destruction de la société et certaines concessions.» Ces concessions, le vicomte de Noailles les formulaient ainsi : l'égalité des individus devant l'impôt, payé dans la proportion des revenus ; toutes les charges publiques supportées par tous ; «tous les droits féodaux rachetés par les communautés» (villageoises) d'après la moyenne du revenu annuel, et enfin «l'abolition sans rachat des corvées seigneuriales, des mainsmortes et autres servitudes personnelles (3).»

Il faut dire aussi que depuis quelque temps les servitudes personnelles n'étaient plus payées par les paysans. On a pour cela des témoignages très nets des intendants. Après la révolte de juillet, il était évident qu'elles ne seraient plus payées du tout, — que les seigneurs y eussent renoncé ou non.

Eh bien ! Ces concessions, proposées par le vicomte de Noailles, furent encore rétrécies, et par les nobles, et par les bourgeois, dont un grand nombre possédaient des propriétés foncières comportant des titres féodaux. Le duc d'Aiguillon, qui suivit de Noailles à la tribune et que les nobles ci-dessus mentionnés avaient choisi pour leur porte-parole, parla avec sympathie des paysans ; il excusa leur insurrection, mais pourquoi ? Pour dire que «le reste barbare des lois féodales qui subsistent encore en France, sont, on ne peut se le dissimuler, une propriété, et toute propriété est sacrée.L'équité, disait-il, défend d'exiger l'abandon d'aucune propriété sans accorder une juste indemnité au propriétaire.». C'est pourquoi le duc d'Aiguillon mitigeait la phrase concernant les impôts, en disant que tous les citoyens devaient les supporter «en proportion de leurs facultés». Et quant aux droits féodaux, il demandait que tous ces droits, — les droits personnels aussi bien que les autres — fussent rachetés par les vassaux, «s'ils le désirent», le remboursement devant être «au denier 30», c'est-à-dire trente fois la redevance annuelle payée à cette époque ! C'était rendre le rachat illusoire, car, pour les rentes foncières, il était déjà très lourd au dernier 25, et dans le commerce, une rente foncière s'estime généralement au denier 20 ou même 17.

Ces deux discours furent accueillis par les messieurs du Tiers avec enthousiasme, et ils ont passé à la postérité, comme des actes d'abnégation sublime de la part de la noblesse, alors qu'en réalité l'Assemblée nationale, qui suivit le programme tracé par le duc d'Aiguillon, créa par là les conditions mêmes des luttes terribles qui plus tard ensanglantèrent la Révolution. Les quelques paysans qu'il y avait dans cette Assemblée ne parlèrent pas pour montrer le peu de valeur des «renonciations» des nobles ; et la masse des députés du Tiers, citadins pour la plupart, n'avaient qu'une idée très vague sur l'ensemble des droits féodaux, ainsi que sur la force du soulèvement des paysans. Pour eux, renoncer aux droits féodaux, même à la condition du rachat, c'était déjà faire un sacrifice sublime à la Révolution.

Le Guen du Kérangall, député breton, «habillé en paysan», prononça alors de belles et émouvantes paroles. Ces paroles, lorsqu'il parla des «infâmes parchemins» qui contenaient les obligations de servitudes personnelles, survivances du servage, firent et font encore vibrer les cœurs. Mais lui non plus ne contesta pas le rachat de tous les droits féodaux, y compris ces mêmes servitudes «infâmes», imposées «dans des temps d'ignorance et de ténèbres», dont il dénonçait si éloquemment l'injustice.

Il est certain que le spectacle présenté par l'Assemblée cette nuit du 4 août, dut être beau, puisqu'on vit des représentants de la noblesse et du clergé abdiquer des privilèges qu'ils avaient exercés pendant des siècles sans contestation. Le geste, les paroles étaient magnifiques, lorsque les nobles vinrent renoncer à leurs privilèges en matière d'impôts, les prêtres se levèrent pour renoncer aux dîmes, les curés les plus pauvres abandonnèrent le casuel,les grands seigneurs abandonnèrent leurs justices seigneuriales, et tous renoncèrent au droit de chasse, en demandant la suppression des colombiers, dont se plaignaient tant les paysans. Il était beau de voir aussi des provinces entières renoncer aux privilèges qui leur créaient une situation exceptionnelle dans le royaume. Les pays d'États furent ainsi supprimés, et les privilèges des villes, dont quelques-unes possédaient des droits féodaux sur les campagnes voisines, furent abolis. Les représentants du Dauphiné (c'est là, nous avons vu, que le soulèvement avait eu le plus de force et de généralité) ayant ouvert la voie pour l'abolition de ces distinctions provinciales, les autres suivirent.

Tous les témoins de cette séance mémorable en donnent une description enthousiaste. Lorsque la noblesse a accepté en principe le rachat des droits féodaux, le clergé est appelé à se prononcer. Le clergé accepte entièrement le rachat des féodalités ecclésiastiques, à condition que le prix du rachat ne crée pas de fortunes personnelles au sein du clergé, mais que le tout soit employé en œuvres d'utilité générale. Un évêque parle alors des dégâts faits dans les champs des paysans par les meutes de chiens des seigneurs, et demande l'abolition du privilège de la chasse — et aussitôt la noblesse donne son adhésion par un cri puissant et passionné. L'enthousiasme est à son comble, et lorsque l'Assemblée se sépare à deux heures de la nuit, chacun sent que les bases d'une nouvelle société ont été posées.

Loin de nous l'idée de diminuer la portée de cette nuit. Il faut des enthousiasmes de ce genre pour faire marcher les événements. Il en faudra encore à la Révolution sociale. Car, en révolution, il importe de provoquer l'enthousiasme, de prononcer ces paroles qui font vibrer les cœurs. Le seul fait que la noblesse, le clergé et toute sorte de privilégiés venaient de reconnaître, pendant cette séance de nuit, les progrès de la Révolution ; qu'ils décidaient de s'y soumettre, au lieu de s'armer contre elle, — ce seul fait fut déjà une conquête de l'esprit humain. Il le fut d'autant plus que la renonciation eut lieu par enthousiasme. A la lueur, il est vrai, des châteaux qui brûlaient ; mais, que de fois des lueurs pareilles n'ont fait que pousser les privilégiés à la résistance obstinée, à la haine, au massacre ! La nuit du 4 août, ces lueurs lointaines inspiraient d'autres paroles — des actes de sympathie pour les révoltés — et d'autres actes : des actes d'apaisement.

C'est que depuis le 14 juillet l'esprit de la Révolution — résultat de toute l'effervescence qui se produisait en France — planait sur tout ce qui vivait et sentait, et cet esprit, produit de millions de volontés, donnait l'inspiration qui nous manque dans les temps ordinaires.

Mais après avoir signalé les beaux effets de l'enthousiasme qu'une révolution seule pouvait inspirer, l'historien doit aussi jeter un regard calme, et dire jusqu'où alla l'enthousiasme, et quelle limite il n'osa pas franchir, signaler ce qu'il donna au peuple, et ce qu'il refusa de lui accorder.

Un trait général suffira pour indiquer cette limite. L'Assemblée ne fit que sanctionner en principe et généraliser ce que le peuple avait accompli lui-même dans certaines localités. Elle n'alla pas plus loin.

Souvenons-nous de ce que le peuple avait déjà fait à Strasbourg et dans tant d'autres villes. Il avait soumis, nous l'avons vu, tous les citoyens, nobles et bourgeois, à l'impôt, et proclamé l'impôt sur le revenu : l'Assemblée accepta cela en principe. Il avait aboli toutes les charges honorifiques — et les nobles vinrent y renoncer le 4 août : ils acceptaient l'acte révolutionnaire. Le peuple avait aussi aboli les justices seigneuriales et nommé lui-même ses juges par élection : l'Assemblée l'accepta à son tour. Enfin, le peuple avait aboli les privilèges des villes et les barrières provinciales — c'était fait dans l'Est — et maintenant l'Assemblée généralisa en principe le fait, déjà accompli dans une partie du royaume.

Pour les campagnes, le clergé admit en principe que la dîme fût rachetée ; mais, en combien d'endroits le peuple ne la payait plus du tout ! Et quand l'Assemblée exigera bientôt qu'il la paie jusqu'en 1791, ce sera à la menace des exécutions qu'il faudra recourir pour forcer les paysans à obéir. Réjouissons-nous, sans doute, de voir que le clergé se fût soumis — moyennant rachat — à l'abolition des dîmes ; mais disons aussi que le clergé eût infiniment mieux fait de ne pas insister sur le rachat. Que de luttes, que de haines, que de sang eût-il épargnés s'il avait fait abandon de la dîme et s'en était remis pour vivre, soit à la nation, soit encore mieux à ses paroissiens ! Et quant aux droits féodaux, — que de luttes eussent été évitées, si l'Assemblée, au lieu d'accepter la motion du duc d'Aiguillon, avait seulement adopté, dès le 4 août 1789, celle de Noailles, très modeste, au fond : l'abolition sans rachat des redevances personnelles, et le rachat seulement pour les rentes attachées à la terre ! Que de sang fallut-il verser pendant trois ans pour en arriver, en 1792, à cette dernière mesure ! Sans parler des luttes acharnées qu'il fallut soutenir pour arriver en 1793, à l'abolition complète des droits féodaux.

Mais faisons, pour le moment, comme le firent les hommes de 1789. Tout était à la joie après cette séance. Tous se félicitaient de cette Saint-Barthélemy des abus féodaux. Et cela nous prouve combien il importe, pendant une révolution, de reconnaître, de proclamer, du moins, un nouveau principe. Des courriers partis de Paris portaient, en effet, dans tous les coins de la France la grande nouvelle : «Tous les droits féodaux sont abolis !» Car c'est ainsi que les décisions de l'Assemblée furent comprises par le peuple et c'est ainsi qu'était rédigé l'article premier de l'arrêté du 5 août ! Tous les droits féodaux sont abolis ! Plus de dîmes ! Plus de cens, plus de lods, plus de droits de ventes, de champart ; plus de corvée, plus de taille ! plus de droit de chasse ! à bas les colombiers ! tout le gibier est à tout le monde. Plus de nobles, enfin, plus de privilégiés d'aucune sorte : tous égaux devant le juge élu par tous !

C'est ainsi, du moins, que fut comprise en province la nuit du 4 août ; et bien avant que les arrêtés du 5 et du 11 août eussent été rédigés par l'Assemblée, et que la ligne de démarcation entre ce qu'il fallait racheter et ce qui disparaissait dès ce jour eût été tracée, bien avant que ces actes et ces renonciations eussent été formulés en articles de lois, les courriers apportaient déjà au paysan la bonne nouvelle. Désormais, — qu'on le fusille ou non, — il ne voudra plus rien payer.

L'insurrection des paysans prend alors une force nouvelle. Elle se répand dans des provinces, comme la Bretagne, qui jusqu'alors étaient restées tranquilles. Et si les propriétaires réclament le payement de n'importe quelles redevances, les paysans s'emparent de leurs châteaux et brûlent tous les chartriers, tous les terriers. Ils ne veulent pas se soumettre aux décrets d'août et distinguer entre les droits rachetables et les droits abolis, dit Du Châtellier (4). Partout, dans toute la France, les colombiers et le gibier sont détruits. On mangea alors à sa faim dans les villages. On mit la main sur les terres, jadis communales, accaparées par les seigneurs.

C'est alors que se produisit dans l'Est de la France ce phénomène qui dominera la Révolution pendant les deux années suivantes : la bourgeoisie intervenant contre les paysans. Les histoires libéraux passent cela sous silence, mais c'est un fait de la plus haute importance, qu'il nous faut relever.

Nous avons vu que le soulèvement des paysans avait atteint sa plus grande vigueur dans le Dauphiné et généralement dans l'Est. Les riches, les seigneurs fuyaient, et Necker se plaignait d'avoir eu à délivrer en 15 jours 6.000 passeports aux plus riches habitants. La Suisse en était inondée.

Mais la bourgeoisie moyenne resta, s'arma et organisa ses milices, et l'Assemblée Nationale vota bientôt (le 10 août) une mesure draconnienne contre les paysans révoltés (5). Sous prétexte que l'insurrection était l'œuvre de brigands, elle autorisa les municipalités à requérir les troupes, à désarmer tous les hommes sans profession et sans domicile, à disperser les bandes et à les juger sommairement. La bourgeoisie du Dauphiné profita largement de ces droits. Lorsqu'une bande de paysans révoltés traversait la Bourgogne, en brûlant les châteaux, les bourgeois des villes et des villages se liguaient contre eux. Une de ces bandes, disent les Deux amis de la Liberté, fut défaite à Vormatin le 27 juillet, où il y eut 20 tués et 60 prisonniers. A Cluny, il y eut 100 tués et 160 prisonniers. La municipalité de Mâcon fit une guerre en règle aux paysans qui refusaient de payer la dîme et elle en pendit vingt. Douze paysans furent pendus à Douai ; à Lyon, la bourgeoisie, en combattant les paysans, en tua 80 et fit 60 prisonniers. Quant au grand prévôt du Dauphiné, il parcourait tout le pays et pendait les paysans révoltés. (Buchez et Roux, II, 244). «En Rouergue, la ville de Milhaud faisait appel aux villes voisines en les invitant à s'armer contre les brigands et ceux qui refusent de payer les taxes.» (Courrier parisien, séance du 19 août 1789, p. 1729 (6)).

Bref, on voit par ces quelques faits, dont il me serait facile d'augmenter la liste, que là où le soulèvement des paysans fut le plus violent, la bourgeoisie entreprit de l'écraser ; et elle aurait sans doute contribué puissamment à le faire, si les nouvelles venues de Paris après la nuit du 4 août n'avaient pas donné une nouvelle vigueur à l'insurrection.

Le soulèvement des paysans ne se ralentit, à ce qu'il paraît, qu'en septembre et en octobre, peut-être à cause des labours ; mais en janvier 1790, nous apprenons, par le rapport du comité féodal, que la jacquerie avait recommencé de plus belle, probablement à cause des paiements réclamés. Les paysans ne voulaient pas se soumettre à la distinction faite par l'Assemblée entre les droits attachés à la terre et les servitudes personnelles, et ils s'insurgeaient pour ne rien payer du tout.

Nous reviendrons sur ce sujet si important dans un des chapitres suivants.

(1) «Ravager les terres» voulait probablement dire qu'en certains endroits, les paysans fauchaient les récoltes des seigneurs — «dans le vert», comme disaient les rapports. On était d'ailleurs fin juillet, les blés approchaient de la maturité, — et le peuple, qui n'avait rien à manger, fauchait les blés des seigneurs.
(2) «Les signes de transport et d'effusion des sentiments généreux dont l'Assemblée présentait le tableau, plus vif et plus animé d'heure en heure, n'ont pu qu'à peine laisser le temps de stipuler les mesures de prudence avec lesquelles il convenait de réaliser ces projets salutaires, votés par tant de mémoires, d'opinions touchantes et de vives réclamations dans les assemblées provinciales, dans les assemblées de bailliage et dans les autres lieux où les citoyens avaient pu se réunir depuis dix-huit mois.»
(3) «Tous droits féodaux seront rachetables par les communautés, en argent, ou échangés», disait le vicomte de Noailles. «Tous subiront toutes les charges publiques, tous les subsides, sans aucune distinction,» disait d'Aiguillon, «Je demande le rachat pour les fonds ecclésiastiques, disait Lafare, évêque de Nancy, et je demande que le rachat ne tourne pas au profit du seigneur ecclésiastique, mais qu'il en soit fait des placements utiles pour l'indigence.» L'évêque de Chartres demande l'abolition du droit de chasse et en fait l'abandon pour son compte. Alors, noblesse et clergé se lèvent à la fois pour en faire autant. De Richer demande, non seulement l'abolition des justices seigneuriales, mais aussi la gratuité de la justice. Plusieurs curés demandent qu'il leur soit permis de sacrifier leur casuel, mais qu'une taxe en argent remplace la dîme.
(4)Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne, 6 volumes, t. I, p. 422.
(5) Buchez et Roux, Histoire parlementaire,t. II, p. 254.
(6) Après la défaite de deux grands attroupements de paysans, dont l'un menaçait le château de Cormatin, et l'autre la ville de Cluny, et des supplices d'une sévérité exagérée, disent Buchez et Roux, la guerre continua, mais s'éparpilla. Cependant, le comité permanent de Mâcon s'était illégalement érigé en tribunal : il avait fait exécuter vingt de ces malheureux paysans, coupables d'avoir eu faim et de s'être révoltés contre la dîme et les droits féodaux» (p. 244). Partout, le soulèvement était provoqué définitivement par des faits de moindre importance : des disputes avec le seigneur ou le chapitre pour un pré ou une fontaine ; ou bien, dans un château auquel appartenait le droit de haute et de basse justice, plusieurs des vassaux furent pendus pour quelques délits de maraude, etc. Les brochures du temps, consultées par Buchez et Roux, disent que le parlement de Douai fit exécuter 12 chefs d'attroupements ; le comité des électeurs (bourgeois) de Lyon fit marcher une colonne mobile de gardes nationaux volontaires. Un pamphlet du temps assure que cette petite armée, dans un seul engagement, «tua 80 de ceux qu'on appelait les brigands, et en amena 60 prisonniers». Le grand-prévôt du Dauphiné, soutenu par un corps de milice bourgeoisie, parcourait les campagnes et exécutait (Buchez et Roux, II, 245).



Texte tiré de "La Grande Révolution" de Pierre Kropotkine.
http://kropot.free.fr/Kropotkine-GrdRev.htm#L
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Rando, ski, bivouacs, montagne. / Avec bivouacs de survie, quel duvet ?
« Dernier message par JacquesL le 30 juillet 2017, 09:42:21 pm »
La solution du duvet adaptable aux conditions de survie en bivouac improvisé a fait un gros progrès avec ce duvet-tube, produit par Aegismax :
https://fr.aliexpress.com/item/AEGISMAX-Outdoor-Envelope-95-White-Goose-Down-Sleeping-Bag-Camping-Hiking-Equipment-FP800-M-L/32816536420.html

C'est un tube, plus étroit aux pieds, dont la glissière forte ne ferme qu'un côté. Les pieds ne sont fermés que par un cordon de serrage.
En dimension 200 cm x 82 cm, soit pour eux la grande dimension, avec 450 g de duvet.
Seul avec sac de compression 880 g.
Capuche : 79 g.
Ensemble : 959 g.
Gonflant : 9 à 10 cm environ.
Montage cloisonné.
Ouvrable en couette pour un couple, voire assemblable sans souci si on en achète un second exemplaire.
Permet en bivouac de survie de conserver ses chaussures aux pieds. On n'a plus à craindre qu'elles soient gelées ou remplies de neige durant la nuit.

Quitte à les doubler de Mukluks, si on y a pensé.

Requiert alors un bivanorak, ou l'équivalent fonctionnel

L'offre d'alors incluait une capuche, qui est à présent séparée :







C'est à mes yeux leur meilleure conception pour un sac multi-fonctions multi-saisons.
Il reste à réaliser l'équivalent fonctionnel d'un Bivanorak ou d'un Jervenbag hunter, pour pouvoir utiliser ce très beau duvet dans des conditions de protection et de sécurité convenables : protégé de la pluie, protégé du sol mouillé, protégé de ce qui est abrasif ou déchirant dans le sol.

Dimensions stocké : dans les 70 ou 80 litres.
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Technologie et travail / La régulation c'est surnaturel
« Dernier message par JacquesL le 16 juillet 2017, 09:31:20 am »
Citation de: Pehache
J'ai depuis longtemps remarqué que la plupart des gens avaient du mal avec le concept de régulation pour le chauffage ou la clim. Genre ils ont trop chaud, leur réflexe n'est pas de baisser légèrement la consigne de régulation mais de couper le chauffage, voire d'ouvrir les fenêtres (quand il fait dehors). Évidemment après ils ont froid donc ils remettent le chauffage à fond...

Mais depuis 1 an j'ai pu constater que même parmi une population d'ingénieurs ça restait un concept mystérieux. Je travaille dans des bureaux où il y avait une clim centralisée, mais pas de moyen de réglage bureau par bureau. Il y a un an ils ont installé des "cassettes" avec réglages individuels : on peut donner une T° de consigne, et la régulation (au moins proportionnelle, peut-être PID mais pas pas sûr) se fait par la variation de débit de la soufflerie.

Ca marche plutôt pas mal, et ce genre de truc il faut le laisser sur "On" en permanence avec la T° max souhaitée (en été; je mets 24°C).

Mais quasiment personne ne fait ça (sur une quinzaine de personnes, toutes niveau bac+5). Comportement typique :
- le soir ils l'éteignent (ce qui ne sert à rien...)
- le matin ils ne la remettent pas en marche tout de suite : ils attendent d'avoir trop chaud, ce qui veut dire en général 26-27°C.
- Là ils l'allument. Du coup avec une consigne à 24°C (ou moins), la soufflerie se met à fond pour faire baisser rapidement la T°.
- Comme ils trouvent que la soufflerie leur casse les oreilles, ils forcent le ventilo en vitesse basse
- Comme du coup la température ne baisse pas rapidement, ils baissent la T° de consigne à 16°C, en croyant que ça agit sur la puissance de la clim (mais évidemment ça ne change rien).
- Du coup en fin de journée (si elle n'est pas trop chaude) ils ont trop froid...

Il y a des variantes, mais c'est la trame générale.

Leurs conclusions : "c'est vraiment de la daube ces clims qu'ils ont installées, t'arrive jamais à avoir la température que tu veux".

...

T'as beau leur expliquer le principe pour leur faire comprendre qu'ils font tout de travers, ils n'en démordent pas vraiment. "Non non non, je peux te dire, ça marche pas [justification foireuse ici]".
Bien observé, savoureux, et attristant...

Il a assisté là à l'une des nombreuses conséquences de la destruction systématique de l'esprit analytique, pour laisser boulevard ouvert à la dictature de l'émotion.
Alors capitaine, quand Erwin Rommel a acheté une moto, il a commencé par la démonter intégralement, pour la remonter ensuite, avec la satisfaction de n'avoir oublié aucune vis ni aucun écrou. Certes c'était plus facile à l'époque que de nos jours. Lui et son épouse aimaient bien les promenades à cheval, ils n'ont jamais démonté de cheval en pièces détachées.

Tous les médias aux ordres, dont notamment TV-radio poussent à la dictature de l'émotion. Tous les marchands et publicitaires exploitent la dictature de l'émotion. Toutes les féministes, toutes les avocates exploitent la dictature de l'émotion, et hurlent leur haine contre tout mâle qui oserait manifester encore un zeste d'esprit analytique, qui pourrait démonter une de leurs fraudes.

La princesse NKM crie que tout incroyant, qui demande des preuves aux militants du RCA, est "des connards". Selon Alain Lipietz, les incroyants sont "des criminels". Le croc de boucher n'est plus bien loin. Le petit micron-à-Rothschild déclare que les incroyants sont désormais les complices des terroristes islamiques, et qu'il faut donc ficher les incroyants.
Bientôt le napalm ?
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Asie, Pacifique / L'attaque en Syrie du 6 avril vue par Seymour Hersh
« Dernier message par JacquesL le 30 juin 2017, 12:35:00 pm »
L'attaque en Syrie du 6 avril vue par Seymour Hersh
Dedefensa a énoncé le commentaire qui suit. Puis il a donné la version anglaise du texte de Hersh. Nous donnerons la traduction française par le Saker francophone.
http://www.dedefensa.org/article/lattaque-en-syrie-du-6-avril-vue-par-seymour-hersh
Citation

On peut être assuré que c'est la version la plus proche de la vérité-de-situation de l'attaque de cruise missiles US contre une base syrienne dont on puisse disposer, puisqu'elle vient du maître de cette sorte d'enquête, le journaliste indépendant Seymour Hersh. L'article est paru sur le blog de Die Welt (Welt.de), le 25 juin 2017. L'on a ainsi quelques enseignements dont certains sont des confirmations.

• Personne dans les services de sécurité et d'évaluation US n'a cru une seconde que l'attaque chimique venait de Assad. La décision d'attaquer a été pris par Trump (sinon par “la famille Trump”, avec confirmation du rôle d'Ivanka) sur la foi des articles à sensation affectiviste, évidemment anti-Assad, de la presseSystème.

• Il est donc assuré que Trump agit éventuellement sur de simples réactions d'humeur ou d'affectivité, sans aucune vérification des faits et sans tenir compte des avis de ses conseillers, quand les circonstances y poussent. L'idée selon laquelle le Deep State contrôle complètement Trump est complètement erronée. En un sens, il s'avère bien que Trump est complètement incontrôlable.

J'objecte : au moins l'état juif a pris possession de Trump via sa fille et son gendre Jared Kuschner.

Citation
• Le récit fourmille de situations invraisemblables, montrant l'incapacité où se trouvent les conseillers de sécurité nationale d'intervenir dans le sens de la modération, l'ignorance complète des choses militaires de certains dirigeants US (Tillerson, par exemple) est consternante, etc. C'est pourtant à l'occasion de cette attaque que Brian Williams, de MSNBC, utilisa le mot de «quelle grande beauté» pour qualifier le tir des missiles de croisière, que le très célébré Fareed Zakaria, de CNN et intellectuel fameux du CFR, observa pompeusement: «Je crois que Donald Trump est devenu président des USA [avec cette action]». Trente-neuf des principaux journaux US, dont le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal publièrent des éditoriaux à la gloire du président.

dde.org   

http://lesakerfrancophone.fr/la-ligne-rouge-de-trump
Citation
La ligne rouge de Trump

Note du Saker Francophone

l'article qui suit a fait l'objet d'une analyse par le site dedefensa.org
en date du 26 juin
Par Seymour M. Hersh – Le 6 avril 2017 – Source Die Welt

Le président Donald Trump a ignoré les rapports importants des services de renseignement lorsqu’il a décidé d’attaquer la Syrie après avoir vu des photos d’enfants agonisants. Seymour M. Hersh a enquêté sur la prétendue attaque au gaz sarin.

Le 6 avril, le président des États-Unis, Donald Trump, a autorisé une frappe antimissile Tomahawk tôt le matin sur la base aérienne de Shayrat dans le centre de la Syrie en représailles pour ce qu’il a présenté comme une attaque mortelle d’agent toxiques menée par le gouvernement syrien, deux jours avant, dans la ville rebelle De Khan Sheikhoun. Trump a émis l’ordre de frapper en dépit des avertissements de la communauté du renseignement des États-Unis l’informant qu’elle n’avait trouvé aucune preuve que les Syriens avaient utilisé une arme chimique.

Les renseignements disponibles ont précisé que les Syriens avaient ciblé un site de réunion de jihadiste le 4 avril à l’aide d’une bombe guidée russe contenant des explosifs classiques. Des détails sur l’attaque, y compris des informations sur ses objectifs dits de grande valeur, avaient été fournis à l’avance, par les Russes, aux militaires américains et alliés à Doha, dont la mission est de coordonner toutes les forces aériennes américaines, alliées, syriennes et russes opérant dans la région.

Certains militaires américains et les responsables du renseignement étaient particulièrement affligés par la volonté du président d’ignorer la preuve. « Rien de tout cela n’a de sens », a déclaré un officier à ses collègues après avoir pris connaissance de la décision de bombarder. « Nous savons qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique … les Russes sont furieux. Ils disent que nous avons les renseignements réels et que nous connaissions la vérité … J’imagine que cela n’a aucune importance que nous ayons élu Clinton ou Trump ».

Quelques heures après le bombardement du 4 avril, les médias du monde étaient saturés de photographies et de vidéos de Khan Sheikhoun. Des photographies de victimes mortes et agonisantes, souffrant prétendument de symptôme d’intoxication ont été téléchargées dans les médias sociaux par des militants locaux, y compris les Casques blancs, un groupe de « premiers secouristes » connu pour sa forte association avec l’opposition syrienne.

La provenance des photos n’était pas claire et aucun observateur international n’a encore inspecté le site, mais l’hypothèse popularisée immédiatement à l’échelle mondiale était qu’il s’agissait d’une utilisation délibérée de l’agent toxique sarin, autorisé par le président Bashar Assad de Syrie. Trump a fait sienne cette hypothèse en émettant une déclaration dans les heures qui suivirent l’attaque, décrivant les «actes odieux» d’Assad comme une conséquence de la «faiblesse et de l’irrésolution» de l’administration Obama en évoquant ce qu’il a dit être l’utilisation passée par la Syrie d’armes chimiques.

À la consternation de nombreux membres importants de son équipe de sécurité nationale, Trump na pas pu être influencé au cours des 48 prochaines heures de briefings intensifs et de prise de décision. Dans une série d’entrevues, j’ai appris le désaccord total entre le président et plusieurs de ses conseillers militaires et responsables du renseignement, ainsi que des officiers sur le terrain, dans la région, qui avaient une compréhension totalement différente de la nature de l’attaque de la Syrie contre Khan Sheikhoun. J’ai reçu une preuve de ce désaccord, sous la forme de transcriptions de communications en temps réel, immédiatement après l’attaque syrienne du 4 avril. Lors de l’important processus qui précède la frappe, connu sous le nom de déconfliction, les officiers américains et russes se fournissent régulièrement à l’avance les détails des itinéraires de vol prévus et des coordonnées des cibles, afin de s’assurer qu’il n’y a aucun risque de collision ou de rencontre accidentelle (les Russes parlent au nom de l’armée syrienne). Cette information est fournie quotidiennement aux avions de surveillance AWACS américains qui enregistrent les aéronefs en vol. Le succès et l’importance du processus de déconfliction peuvent être mesurés par le fait qu’il n’y a pas encore eu de collision, voire de frôlement, entre les bombardiers américains, alliés, russes et syriens.

Les officiers de la Force aérienne russe et syrienne ont donné des détails sur le vol soigneusement planifié vers Khan Shiekhoun le 4 avril directement en anglais aux moniteurs de déconfliction à bord de l’avion AWACS, qui était en patrouille près de la frontière turque, à 60 milles ou plus, au nord.

La cible syrienne à Khan Sheikhoun, partagée avec les Américains du centre de commande de Doha, a été décrite comme un bâtiment de deux étages dans la partie nord de la ville. Le renseignement russe, qui est partagé si nécessaire avec la Syrie et les États-Unis dans le cadre de leur lutte conjointe contre les groupes djihadistes, avait établi qu’une réunion de haut niveau de dirigeants djihadistes devait avoir lieu dans le bâtiment, y compris des représentants d’Ahrar al-Sham et du groupe affilié à Al-Qaida, anciennement connu sous le nom de Jabhat al-Nusra. Les deux groupes avaient récemment uni leurs forces et contrôlaient la ville et les alentours. Le renseignement russe présentait le bâtiment en parpaings comme un centre de commandement et de contrôle qui abritait une épicerie et d’autres locaux commerciaux au rez-de-chaussée avec d’autres magasins essentiels à proximité, y compris un magasin de textile et un magasin d’électronique.

«Les rebelles contrôlent la population et la répartition des biens dont les gens ont besoin pour vivre – les aliments, l’eau, l’huile de cuisson, le gaz propane, les engrais pour cultiver leurs champs et les insecticides pour protéger les cultures», m’a expliqué un conseiller principal de la communauté du renseignement américain qui a occupé des postes élevés au Département de la Défense et à l’Agence centrale de renseignement. Le sous-sol était utilisé comme entrepôt pour les roquettes, les armes et les munitions, ainsi que pour des produits qui pourraient être distribués gratuitement à la communauté, parmi lesquels des médicaments et des décontaminants à base de chlore pour nettoyer les morts avant l’inhumation. Le lieu de rendez-vous – un siège régional – était sur l’étage au dessus. «C’était un lieu de rencontre établi», a déclaré le conseiller principal. « Une installation de longue date qui avait la sécurité, des armes, des communications et un centres de fichiers et de cartographie. » Les Russes avaient l’intention de confirmer leur information et ont déployé un drone pendant des jours au-dessus du site pour surveiller les communications et développer ce qui est connu dans la communauté du renseignement comme un POL – un centre de vie. Le but était de prendre note de ceux qui entrent et sortent du bâtiment et de suivre les armes en mouvement et les allées et venues, y compris les roquettes et les munitions.

Une des raisons du message russe à Washington concernant l’objectif visé était de s’assurer que tout agent ou informateur de la CIA qui aurait réussi à se faire admettre dans la direction du djihad était prévenu de ne pas assister à la réunion. On m’a dit que les Russes ont transmis l’avertissement directement à la CIA. « Ils jouaient bien le jeu », a déclaré le conseiller principal. Les indications russes ont noté que le rassemblement djihadiste venait à un moment de pressions intenses sur les insurgés. Probablement Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham recherchaient-ils désespérément un chemin dans le nouveau climat politique. Au cours des derniers jours de mars, Trump et deux de ses principaux aides de sécurité nationale – le secrétaire d’État Rex Tillerson et l’ambassadrice aux Nations Unies Nikki Haley – ont fait des déclarations reconnaissant que, comme l’a déclaré le New York Times, la Maison Blanche « a abandonné l’objectif de presser Assad de quitter le pouvoir, marquant une évolution importante de la politique au Moyen-Orient qui avait guidé l’administration Obama pendant plus de cinq ans » . Le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Sean Spicer, a déclaré à la presse le 31 mars : « il y a une réalité politique que nous devons accepter » , ce qui implique que Assad était là pour rester.

Les responsables du renseignement russe et syrien, qui coordonnent étroitement les opérations avec les postes de commandement américains, ont précisé que la frappe planifiée sur Khan Sheikhoun était spéciale en raison de la grande valeur de la cible. « C’était un coup fumant. La mission était hors de l’ordinaire – nettoie la racaille », m’a dit le conseiller principal. Tout officier des opérations dans la région – dans l’armée, le Corps des marines, la Force aérienne, la CIA et la NSA – devait savoir qu’il y avait quelque chose qui se passait. Les Russes ont donné à la Force aérienne syrienne une bombe guidée et c’était rare. Ils sont avares de leurs bombes guidées et les partagent rarement avec la Force aérienne syrienne. Les Syriens ont assigné leur meilleur pilote à la mission, avec le meilleur assistant. « L’information sur la cible, fournie à l’avance par les Russes a reçu le meilleur score possible de la part de la communauté américaine du renseignement. »

L’ordonnance d’exécution régissant les opérations militaires américaines sur le théâtre d’opérations, qui a été émise par le président du Joint Chief of Staff, fournit des instructions qui délimitent les relations entre les forces américaines et russes opérant en Syrie. « C’est comme un ordre d’opération : Voici ce que vous êtes autorisé à faire » , a déclaré le conseiller. « Nous ne partageons pas le contrôle opérationnel avec les Russes. Nous ne faisons pas d’opérations combinées avec eux, ou des activités directement à l’appui de l’une de leurs opérations. Mais la coordination est permise. Nous nous informons mutuellement de ce qui se passe et dans ce paquet se trouve l’échange mutuel de renseignements. Si nous obtenons un conseil qui pourrait aider les Russes à faire leur mission, c’est la coordination ; et les Russes font de même pour nous. Lorsque nous recevons un conseil génial sur une installation de commande et de contrôle  » , a ajouté le conseiller, en se référant à la cible dans Khan Sheikhoun, « nous faisons ce que nous pouvons pour les aider à agir. Ce n’était pas une frappe d’armes chimiques », a déclaré le conseiller. « C’est un conte de fées. Dans l’affirmative, tout le monde impliqué dans le transfert, le chargement et l’armement de l’arme – il faut que cela apparaisse comme une bombe conventionnelle de 500 livres – porterait des vêtements de protection Hazmat en cas de fuite. Il y aurait très peu de chances de survie sans un tel équipement. Le sarin militaire comprend des additifs conçus pour augmenter la toxicité et la létalité. Chaque lot qui sort est maximisé pour la mort. C’est l’objectif de sa fabrication. Il est inodore et invisible et la mort peut venir en une minute. Pas de nuage. Pourquoi produire une arme que les gens peuvent fuir ? »

L’objectif a été atteint à 6 h 55 le 4 avril, juste avant minuit à Washington. Une évaluation des dommages de la bombe (BDA) par l’armée américaine a déterminé plus tard que la chaleur et la force de la bombe syrienne de 500 livres ont déclenché une série d’explosions secondaires qui auraient pu générer un énorme nuage toxique qui a commencé à s’étendre sur la ville, formé par la destruction des engrais, des désinfectants et d’autres biens stockés dans le sous-sol, son effet a été amplifié par l’air dense du matin, qui a piégé les fumées près du sol. Selon les estimations d’un conseiller principal du renseignement, la frappe elle-même a tué jusqu’à quatre dirigeants djihadistes et un nombre inconnu de conducteurs et d’agents de sécurité. Il n’y a pas de compte rendu confirmé du nombre de civils tués par les gaz toxiques qui ont été relâchés par les explosions secondaires, bien que les militants de l’opposition aient signalé qu’il y avait plus de 80 morts, et des médias tels que CNN ont monté le chiffre jusqu’à 92. L’équipe de Médecins Sans Frontières, traitant les victimes de Khan Sheikhoun dans une clinique à 60 milles au nord, a déclaré que « huit patients présentaient des symptômes – incluant des pupilles resserrées, des spasmes musculaires et une défécation involontaire – qui sont compatibles avec l’exposition à un agent neurotoxique comme le gaz sarin ou des composés similaires » . MSF a également visité d’autres hôpitaux qui avaient reçu des victimes et a constaté que les patients « sentaient l’eau de Javel, suggérant qu’ils avaient été exposés au chlore ». En d’autres termes, les éléments de preuve suggéraient qu’il y avait plus d’un agent chimique pour les symptômes observés, ce qui n’aurait pas été le cas si la Force aérienne syrienne – comme insistent à le dire les militants de l’opposition – avait utilisé du gaz sarin, qui n’a pas, par ailleurs, la puissance de détonation suffisante pour déclencher des explosions secondaires. La gamme des symptômes est toutefois conforme à la diffusion d’un mélange de produits chimiques, y compris le chlore et les organophosphates utilisés dans de nombreux engrais, ce qui peut provoquer des effets neurotoxiques similaires à ceux du sarin.

L’Internet s’est mis en action en quelques heures, et des photographies horribles des victimes ont inondé les réseaux de télévision et YouTube. Les renseignements américains étaient chargés d’établir ce qui s’était passé. Parmi les informations reçues, il y a eu une interception des communications syriennes recueillies avant l’attaque par une nation alliée. L’interception, qui a eu un effet particulièrement fort sur certains assistants de Trump, n’a pas mentionné les gaz nerveux ou le sarin, mais il a cité un général syrien qui a parlé d’une arme «spéciale» et qu’il fallait qu’un pilote hautement qualifié conduise l’avion d’attaque. La référence, comme l’ont compris les membres de la communauté du renseignement américain, mais pas les nombreux assistants inexpérimentés, ni les membres proches de Trump, était une bombe russe fournie avec son système de guidage intégré. « Si vous avez déjà décidé à l’avance que c’était une attaque au gaz, vous aurez inévitablement compris les propos d’une arme spéciale comme impliquant une bombe sarin » , a déclaré le conseiller. « Les Syriens ont-ils planifié l’attaque contre Khan Sheikhoun? Absolument. Avons-nous des interceptions pour le prouver? Absolument. Ont-ils envisagé d’utiliser le sarin ? Non. Mais le président n’a pas dit : ‘Nous avons un problème voyons cela.’ Il voulait foutre la merde en Syrie » .

À l’ONU, le lendemain, l’ambassadrice Haley a créé la sensation médiatique quand elle a montré des photos des morts et a accusé la Russie d’être complice. « Combien d’autres enfants doivent-ils mourir avant que la Russie ne s’en soucie ? » demanda-t-elle. NBC News, dans un rapport typique sur ce jour- là a cité des fonctionnaires américains confirmant que le gaz toxique avait été utilisé et Haley a relié l’attaque directement au président syrien Assad. « Nous savons que l’attaque d’hier a été un nouveau coup bas du régime barbare d’Assad » , a-t-elle déclaré. Il y avait de l’ironie dans la ruée de l’Amérique pour blâmer la Syrie et critiquer la Russie pour son soutien au déni de l’utilisation de gaz par la Syrie à Khan Sheikhoun, comme l’on fait l’ambassadrice Haley et d’autres à Washington. « Ce que la plupart des Américains ne comprend pas » a déclaré le conseiller « , c’est que s’il y avait eu une attaque de gaz toxique autorisée par Bashar, les Russes seraient 10 fois plus contrariés que n’importe qui en Occident. La stratégie de la Russie contre ISIS, qui consiste à obtenir la coopération américaine, aurait été détruite et Bashar serait responsable de l’irritation de la Russie, avec des conséquences inconnues pour lui. Bashar ferait-il cela quand il est sur le point de gagner la guerre ? Vous plaisantez j’espère ? »

Trump, un observateur assidu des nouvelles à la télévision, a déclaré, alors que le roi Abdullah de Jordanie était assis à côté de lui dans le bureau ovale, que ce qui s’était passé était «horrible, horrible» et un «terrible affront à l’humanité». A une question qui lui demandait si son administration allait changer de politique envers le gouvernement Assad, il a répondu : « Vous verrez » . Il a donné un soupçon de la réponse à venir lors de la conférence de presse suivante avec le roi Abdullah: « Lorsque vous tuez des enfants innocents, des bébés innocents – des bébés, des petits bébés – avec un gaz chimique qui est si létal … cela franchit beaucoup, beaucoup de lignes, au-delà d’une ligne rouge. … Cette attaque contre les enfants hier a eu un grand impact sur moi. Grand impact … C’est très, très possible … que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé.  »

Quelques heures après avoir visionné les photos, le conseiller a déclaré que Trump avait chargé l’appareil national de défense de planifier des représailles contre la Syrie. « Il a fait cela avant de parler à qui que ce soit de ce sujet. Les planificateurs ont ensuite demandé à la CIA et à la DIA s’il y avait des preuves que la Syrie avait stocké du gaz sarin dans un aéroport voisin ou quelque part dans la région. Leur armée devait l’avoir quelque part dans la région afin de l’utiliser. La réponse a été : ‘Nous n’avons aucune preuve que la Syrie avait du gaz sarin ou l’a utilisé' » a déclaré le conseiller. « La CIA leur a également dit qu’il n’y avait pas de restes de gaz à Sheyrat [l’aérodrome à partir duquel les bombardiers SU-24 syriens avaient décollé le 4 avril] et Assad n’avait aucun motif de se suicider politiquement. » Tous les gens impliqués, sauf peut-être le président, ont également compris qu’une équipe hautement qualifiée des Nations Unies avait passé plus d’un an, à la suite d’une prétendue attaque de gaz sarin en 2013 par la Syrie, supprimant tout ce que l’on appelait des armes chimiques dans une douzaine de dépôts syriens.

À ce stade, a déclaré le conseiller, les planificateurs de sécurité nationale du président ont été un peu secoués: «Personne ne connaissait la provenance des photographies. Nous ne savions pas qui étaient les enfants ou comment ils ont été atteints. Le sarin est en réalité très facile à détecter car il pénètre dans la peinture, et tout ce qu’il suffisait de faire était d’obtenir un échantillon de peinture. Nous savions qu’il y avait un nuage et nous savions qu’il faisait du mal aux gens. Mais vous ne pouvez pas sauter de là à la certitude qu’Assad avait caché du gaz sarin à l’ONU parce qu’il voulait l’utiliser à Khan Sheikhoun. » Les renseignements ont précisé qu’un bombardier SU-24 de la Force aérienne syrienne avait utilisé une arme conventionnelle pour frapper sa cible : il n’y avait pas d’ogive chimique. Et pourtant, il était impossible pour les experts de persuader le président une fois qu’il s’était fait son opinion. « Le président a vu les photographies de petites filles empoisonnées et a déclaré que c’était une atrocité de Assad » , a déclaré le conseiller principal. « C’est typique de la nature humaine. Vous vous précipitez sur la conclusion souhaitée. Les analystes du renseignement ne discutent pas avec un président. Ils ne lui diront pas ‘si vous interprétez les données de cette façon, je démissionne.' »

Les conseillers en sécurité nationale ont compris leur dilemme : Trump voulait répondre à l’affront à l’humanité commise par la Syrie et il ne voulait pas être dissuadé. Ils avaient à faire à un homme qu’ils considéraient n’être ni méchant ni stupide, mais ses limites en ce qui concerne les décisions de sécurité nationale étaient sévères. « Tous les gens proches de lui connaissent sa propension à agir de façon précipitée quand il ne connaît pas les faits » , a déclaré le conseiller. « Il ne lit rien et n’a pas de connaissances historiques réelles. Il veut des exposés verbaux et des photographies. Il prend des risques. Il peut accepter les conséquences d’une mauvaise décision dans le monde des affaires, il va juste perdre de l’argent. Mais dans notre monde, des vies seront perdues et il y aura des dommages à long terme à notre sécurité nationale s’il s’est trompé. On lui a dit que nous n’avions pas de preuve de l’implication syrienne et pourtant Trump a dit : ‘Faites-le' ».

Le 6 avril, Trump a convoqué une réunion des responsables de la sécurité nationale dans sa station de Mar-a-Lago en Floride. La réunion n’avait pas pour but de décider quoi faire, mais la meilleure façon de le faire – ou, comme certains le voulaient, comment faire le minimum en satisfaisant Trump. « Le patron savait avant la réunion qu’ils n’avaient pas les preuves, mais ce n’était pas le problème » , a déclaré le conseiller. « La réunion portait sur ‘Voici ce que je vais faire’ et ensuite il voulait des options. »

Les renseignements disponibles n’était pas probants. L’homme le plus expérimenté à la table était le secrétaire de la Défense James Mattis, un général du corps des Marines à la retraite qui avait le respect du président et compris, peut-être, à quelle vitesse cela pouvait disparaître, Mike Pompeo, le directeur de la CIA, dont l’agence avait constamment signalé qu’il n’avait aucune preuve d’une bombe chimique syrienne, n’était pas présent. Le secrétaire d’État Tillerson était admiré, en interne, pour sa volonté à travailler de longues heures et sa lecture avide de câbles diplomatiques et de rapports, mais il en savait peu sur la guerre et la conduite d’un bombardement. Les présents étaient ligotés, a déclaré le conseiller. « Le président a été bouleversé par la catastrophe et il voulait des options. » Il en a eu quatre, dans l’ordre de leur importance. L’option 1 était de ne rien faire. Tous les participants, a déclaré le conseiller, ont compris que c’était hors de question. L’option deux était une tape sur la main : bombarder un aérodrome en Syrie, mais seulement après avoir alerté les Russes et, à travers eux, les Syriens, pour éviter de trop nombreuses victimes. Certains des planificateurs ont appelé cela « l’option du gorille »  : l’Amérique brillerait en tambourinant sa poitrine pour provoquer la peur et manifester sa détermination, mais sans causer de dégâts significatifs. La troisième option était d’adopter le programme de frappe qui avait été présenté à Obama en 2013 et qu’il a finalement choisi de ne pas poursuivre. Le plan prévoyait le bombardement massif des principaux aérodromes syriens et des centres de commandement et de contrôle utilisant des avions B1 et B52 lancés à partir de leurs bases aux États-Unis. L’option quatre était une «décapitation» : supprimer Assad en bombardant son palais à Damas, ainsi que son réseau de commande et de contrôle et tous les bunkers souterrains où il pourrait éventuellement se réfugier en cas de crise.

« Trump a exclu d’emblée l’option un » , a déclaré le conseiller principal, et l’assassinat d’Assad n’a jamais été pris en considération. Mais il a déclaré en substance :  « Vous êtes l’armée et je veux une action militaire ». Le président était également initialement opposé à l’idée de donner aux Russes un avertissement préalable à la frappe, mais à contrecœur l’a accepté. « Nous lui avons donné l’option Bisounours – pas trop chaud, pas trop froid, mais juste ce qu’il faut. » La discussion avait ses moments bizarres. Tillerson s’est demandé à la réunion de Mar-a-Lago pourquoi le président ne pouvait pas simplement appeler les bombardiers B52 et pulvériser la base aérienne. On lui a dit que les B52 étaient très vulnérables aux missiles sol-air (SAM) présents dans la région et l’utilisation de ces avions nécessiterait un nettoyage préalable qui pourrait tuer certains défenseurs russes. « Qu’est-ce que ça veut-dire ? » demanda Tillerson. On lui a dit, eh bien, monsieur, cela signifie que nous devrions détruire les sites SAM améliorés le long de la trajectoire de vol des B52, et ceux-ci sont opérés par les Russes, et nous serions confrontés à une situation beaucoup plus difficile. « La leçon dans ce cas était : remerciez Dieu pour la présence de militaires à la réunion », a déclaré le conseiller. « Ils ont fait de leur mieux face à une décision qui avait déjà été prise ».

Cinquante neuf missiles Tomahawk ont été tirés de deux destroyers de la marine américaine en service en Méditerranée, le Ross et le Porter, vers la base aérienne de Shayrat près de la ville de Homs contrôlée par le gouvernement. La frappe a été aussi réussie qu’on pouvait l’espérer en termes de dommages minimaux. Les missiles ont une charge utile légère – environ 220 livres de HBX, la version moderne du TNT militaire. Les réservoirs de stockage d’essence de l’aérodrome, une cible principale, ont été pulvérisés, a déclaré le conseiller principal, déclenchant un énorme incendie et des nuages de fumée qui entravaient le système de guidage des missiles suivants. Jusqu’à 24 missiles ont manqué leurs cibles et seuls quelques Tomahawks ont effectivement pénétré dans des hangars, détruisant neuf avions syriens, beaucoup moins que ce qui a été déclaré par l’administration Trump. On m’a dit qu’aucun des neuf appareils n’était opérationnel : les avions endommagés étaient utilisés pour la récupération de pièces détachées, ce que l’on appelle la cannibalisation. « Ils étaient des agneaux sacrificiels » , a déclaré le conseiller principal. La plupart du personnel important et des avions de combat opérationnels avaient été transporté vers des bases proches quelques heures avant le début du raid. Les deux pistes et les places de stationnement des aéronefs, également ciblés, ont été réparés et remis en service dans un délai de huit heures environ. Dans l’ensemble, ce n’était guère plus qu’un coûteux feu d’artifice.

« C’était un spectacle totalement Trump du début à la fin », a déclaré le conseiller principal. « Quelques conseillers supérieurs en sécurité nationale du président considéraient la mission comme une mauvaise décision minimale présidentielle, une mission qu’ils avaient l’obligation de mener à bien. Mais je ne pense pas que les membres de notre sécurité nationale se laisseront de nouveau embarquer dans une mauvaise décision. Si Trump était parti pour l’option trois, il aurait pu y avoir des démissions immédiates.  »

Après la réunion, alors que les Tomahawks étaient en route, Trump a parlé à la nation depuis Mar-a-Lago et a accusé Assad d’utiliser des gaz toxiques pour étouffer « des hommes, des femmes et des enfants impuissants. C’était une mort lente et brutale pour tant de personnes … Aucun enfant de Dieu ne devrait jamais subir une telle horreur. » Les quelques jours suivants ont été les plus appréciés de sa présidence. L’Amérique s’est ralliée à son commandant en chef, comme c’est le cas en temps de guerre. Trump, qui avait fait campagne comme quelqu’un qui préconisait la paix avec Assad, bombardait la Syrie 11 semaines après son entrée en fonction et était salué par les républicains, les démocrates et les médias. Un célèbre animateur de télévision, Brian Williams de MSNBC, a utilisé le mot «beau» pour décrire les images des Tomahawks lancés depuis la mer. Parlant sur CNN, Fareed Zakaria a déclaré : «Je pense que Donald Trump est devenu président des États-Unis.» Une revue des 100 premiers journaux américains a montré que 39 d’entre eux ont publié des éditoriaux appuyant les conséquences du bombardement, y compris le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal.

Cinq jours plus tard, l’administration Trump a réuni les médias nationaux pour une séance d’information sur l’opération syrienne menée par un haut responsable de la Maison Blanche qui ne devait pas être identifié. L’essentiel de la séance d’information était que la dénégation enflammée et persistante de la Russie concernant l’utilisation de gaz sarin dans le bombardement du Khan Sheikhoun était un mensonge parce que le président Trump avait déclaré que du sarin avait été utilisé. Cette affirmation, qui n’a été ni contestée, ni discutée, par aucun des journalistes présents, a fourni la base d’une série de critiques supplémentaires :

– La poursuite continuelle des mensonges de l’administration Trump au sujet de l’utilisation de sarin par la Syrie a conduit à une croyance répandue dans les médias américains et le public que la Russie avait choisi d’engager une campagne corrompue de désinformation et de couverture pour la Syrie.

– Les forces militaires russes ont été localisées à côté des militaires syriens à l’aérodrome de Shayrat (comme elles sont dans toute la Syrie), ce qui soulève l’hypothèse que la Russie ait été informée de la détermination de la Syrie à utiliser du gaz sarin à Khan Sheikhoun et qu’elle n’ait rien fait pour l’empêcher.

– L’utilisation par la Syrie du sarin et la défense de cette utilisation par la Russie a fortement suggéré que la Syrie avait caché des stocks de cet agent toxique à l’équipe des Nations Unies pour le désarmement qui a passé une grande partie de l’inspection de 2014 à supprimer toutes les agents de guerre chimique déclarés dans 12 dépôts d’armes syriens conformément à l’accord élaboré par l’administration Obama et la Russie après l’utilisation présumée, mais toujours non prouvée, de sarin l’année précédente contre un bastion rebelle dans une banlieue de Damas.

Durant ce briefing, on peut faire crédit à l’orateur d’avoir pris soin d’utiliser les mots «penser», «suggérer» et «croire» au moins dix fois pendant l’événement de 30 minutes. Mais il a également déclaré que son exposé était basé sur des données qui avaient été déclassifiées par «nos collègues de la communauté du renseignement». Ce que l’orateur n’a pas dit, et peut-être pas su, était que la plupart des informations classifiées disaient que la Syrie n’avait pas utilisé le sarin lors du bombardement du 4 avril.

La presse traditionnelle a répondu comme la Maison Blanche l’avait espéré : les narratifs sur la prétendu dissimulation par la Russie de l’utilisation du gaz sarin par la Syrie dominent les nouvelles et de nombreux médias ont ignoré la myriade de réserves formulées par l’orateur lors du briefing. Il y avait un sentiment de guerre froide renouvelée. Le New York Times, par exemple – le premier journal américain – a mis le titre suivant à la une : «La Maison Blanche accuse la Russie de couvrir l’attentat chimique en Syrie.» Le compte rendu du Times a noté le déni russe, mais ce qui a été décrit par l’orateur comme étant une «information déclassifiée» est devenu soudainement un «rapport de renseignement déclassifié». Pourtant, il n’y avait pas de rapport de renseignement officiel indiquant que la Syrie avait utilisé le sarin, simplement un «résumé basé sur des informations déclassifiées au sujet des attaques», comme le mentionnait l’orateur.

La crise est passée en arrière-plan à la fin d’avril, alors que la Russie, la Syrie et les États-Unis restaient concentrés sur l’anéantissement d’ISIS et les milices d’al-Qaïda. Cependant, certains de ceux qui ont œuvré pendant la crise sont restés face à des problèmes persistants. « Les salafistes et les djihadistes ont obtenu tout ce qu’ils voulaient de leur stratagème de battage publicitaire sur le gaz toxique syrien », a déclaré le conseiller principal de la communauté des services secrets des États-Unis, se référant à la recrudescence des tensions entre la Syrie, la Russie et l’Amérique. « La question est  : que faire s’il y a une autre fausse attaque flagrante de sarin créditée à la Syrie détestée ? Trump a monté les enchères et s’est mis dans une impasse avec sa décision de bombarder. Et ne doutez pas que ces gars sont en train de planifier la prochaine attaque simulée. Trump n’aura pas d’autre choix que de bombarder à nouveau, et plus durement. Il est incapable de reconnaître qu’il a commis une erreur.  »

La Maison Blanche n’a pas répondu à des questions précises sur les bombardement de Khan Sheikhoun et de l’aéroport de Shayrat. Ces questions ont été envoyées par courrier électronique à la Maison Blanche le 15 juin et n’ont jamais reçu de réponses.

Seymour M. Hersh

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone
8
Asie, Pacifique / Frappe aérienne en Syrie: « on a un putain de problème »
« Dernier message par JacquesL le 29 juin 2017, 08:38:16 am »
Frappe aérienne en Syrie: « on a un putain de problème »
http://www.mondialisation.ca/frappe-aerienne-en-syrie-on-a-un-ptain-de-probleme/5596301
D'après Brandon Turbeville
Mondialisation.ca, 26 juin 2017
Activist Post 28 juin 2017
Citation
Pendant que les beaux parleurs du Congrès US s’adonnent à des discours auto-promoteurs régurgitant le mensonge de la « menace russe » et poussent à de plus sévères sanctions et actions contre la seule autre superpuissance planétaire, le journaliste chevronné Seymour Hersh a une fois de plus lâché une bombe médiatique qui pulvérise la version officielle de l’attaque aux armes chimiques de Khan Cheikhoun. L’article est un « protocole de conversation » entre un soldat US et un analyste US de la sécurité. Le soldat est en service actif, en poste sur une base aérienne stratégique de la région, bien que le lieu exact de son déploiement soit tenu secret pour des raisons évidentes.
L’échange révèle non seulement que le gouvernement syrien n’a pas lancé d’attaque chimique à Khan Cheikhoun, mais que les États-Unis savaient qu’il n’y avait pas eu d’attaque chimique. De plus, l’échange démontre que tout le personnel concerné n’adhère pas au choix de lancer des missiles Tomahawk sur al-Sha’aryat, ou même à l’ensemble de la mission en Syrie et en Irak. Il révèle de réelles inquiétudes parmi du personnel bien renseigné, selon quoi les Russes ne continueront pas éternellement à jouer les têtes froides, et que la Russie a depuis longtemps désiré la paix dans la région. Plus notablement, l’échange révèle qu’il existe un « agenda secret » en cours de déploiement concernant la Syrie, l’Irak et la Russie.
Une analyse plus détaillée suivra. Pour l’instant toutefois, il importe de lire l’échange tel qu’originellement publié par Welt am Sonntag et Seymour Hersh. Le voici ci-dessous:
6 avril 2017
Soldat US [AS, American Soldier]: On a un putain de problème.
Analyste de la Sécurité [SA, Security Advisor]: Qu’est-ce qui s’est passé? C’est le Trump, qui ignore les renseignements et qui va essayer de frapper les Syriens? Et que nous pissons sur les Russes?
AS: Ça craint… Les choses s’accumulent.
SA: Tu n’as peut-être pas vu la conférence de presse de Trump aujourd’hui. Il a gobé le récit médiatique sans demander à voir les renseignements. Nous allons probablement nous faire botter le cul par les Russes. Putain c’est dangereux. Où sont les adultes, bordel? L’échec de la chaîne de commandement à dire la vérité au Président, qu’il veuille ou non l’entendre, restera dans l’histoire comme l’un de nos pires instants.
AS: Je sais pas. Rien de tout ça n’a de sens. Nous SAVONS qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique. Les Syriens ont frappé une cache d’armes (une cible militaire légitime) et il y a eu des dommages collatéraux. C’est tout. Ils n’ont pas mené la moindre espèce d’attaque chimique.
Et maintenant nous leur balançons tout un tas de TLAMs (missiles Tomahawk) dans le fion.
SA: Ça a toujours été leur agenda secret. En fin de compte, c’est pour pouvoir s’en prendre à l’Iran. Ce que les gens autour de Trump ne comprennent pas, c’est que les Russes ne sont pas un tigre de papier et qu’ils disposent d’une capacité militaire plus robuste que la nôtre.
AS: Je ne sais pas ce que vont faire les Russes. Ils peuvent rester en retrait et laisser les Syriens défendre leurs propres frontières, ou ils peuvent fournir une quelconque forme de soutien tiède, ou encore ils pourraient nous virer de l’espace aérien par la force et nous renvoyer en Irak. Honnêtement, là tout de suite je ne sais pas à quoi m’attendre. J’ai l’impression que tout est possible. Le système de défense aérienne russe est capable de dégommer nos TLAMs. C’est un énorme putain de problème… Nous sommes toujours sur le pied de guerre…
SA: Tu as tellement raison. La Russie ne va pas encaisser ça sans rien faire.
Qui est derrière tout ça? Est-ce que ça vient de Votel? [le Général Joseph L. Votel, Commandant du Central Command US, NdlR]
AS: Je sais pas. C’est d’un gros bonnet en tout cas… C’est un énorme putain de problème.
Il faut que ce soit le POTUS [President Of The United States, NdT].
Ils [les Russes] soupèsent leurs options. Les indices démontrent qu’ils vont se cantonner à être des soutiens passifs de la Syrie, et ne pas s’engager à moins que leurs propres actifs soient menacés… En d’autres termes putain, le ciel est bleu.
7 avril 2017
SA: Que disent, ou que font les Russes? Ai-je raison de dire que nous avons causé peu, ou pas de dommages à la Russie et à la Syrie?
AS: Nous n’avons rien touché du tout, et tant mieux. Ils avaient rétrogradé tous leurs avions, et tout leur personnel. En gros, nous leur avons offert un feu d’artifice extrêmement cher.
Ils savaient où se trouvaient les navires et ont observé toute l’opération, du lancement à son terme.
Les Russes sont furieux. Ils affirment que nous possédons les bons renseignements, et que nous connaissons la vérité sur la frappe contre la cache d’armes.
Ils ont raison.
J’imagine que ça ne comptait pas, que nous ayons élu Clinton ou Trump. Merde.
Personne ne parle de la raison qui nous a fait venir en Irak et en Syrie dès le départ. Cette mission-là est foutue.
SA: Certains de tes collègues sont-ils en colère, ou tout le monde suit-il le script en disant que c’est OK?
AS: C’est une maison de dingues… Bordel, nous avons même informé les Russes une heure avant l’impact.
SA: Mais clairement, ils savaient ce qui allait venir.
AS: Oh bien sûr.
Maintenant, la Fox raconte que nous avons choisi de frapper la base aérienne syrienne parce que c’est de là qu’avaient été lancées les attaques chimiques. Wow. Pas possible d’inventer une merde pareille.
SA: C’est ce qu’ils font. Je veux dire, ils l’inventent.
AS: Putain, c’est tellement vicieux.
SA: Amen!!!
8 avril 2017
AS: Les Russes sont extrêmement raisonnables. En dépit de ce que racontent les infos, ils essayent encore d’apaiser les choses et de coordonner la campagne aérienne.
SA: Je ne crois pas que les Russes comprennent à quel point Trump s’est emballé là-dessus. Et je ne pense pas que nous appréhendons tous les dommages que les Russes peuvent nous infliger.
AS: Ils font preuve d’une retenue extraordinaire, et sont restés incroyablement calmes. Ils semblent surtout intéressés par la désescalade, dans tous les domaines. Ils ne veulent pas perdre notre soutien pour les aider à détruire ISIS [l’État Islamique, NdT].
SA: Mais j’ai le sentiment qu’ils essayent simplement cette approche tant qu’ils sentent qu’elle peut porter ses fruits. Si nous persistons avec cette attitude agressive, ils vont répliquer.
 
Article original en anglais : “We Got A Fuckin’ Problem:” Security Analyst/Soldier Chat Reveals Chem Attack Lies, Secret U.S. Agenda, Activist Post, 25 juin 2017
Traduit par Lawrence Desforges :
https://globalepresse.net/2017/06/26/frappe-aerienne-en-syrie-on-a-un-ptain-de-probleme/
La source originale de cet article est Activist Post
Copyright © Brandon Turbeville, Activist Post, 2017
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De Camp Darby des armes USA pour la guerre en Syrie et au Yémen
http://www.mondialisation.ca/de-camp-darby-des-armes-usa-pour-la-guerre-en-syrie-et-au-yemen/5585055
Mondialisation.ca, 14 avril 2017
Document source :
https://ilmanifesto.it/da-camp-darby-armi-usa-per-la-guerra-in-siria-e-yemen/
Par Manlio Dinucci
ilmanifesto.info
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Citation

Il s’appelle « Liberty Passion » (Passion pour la liberté). C’est un très moderne et énorme navire étasunien de type Ro/Ro (conçu pour transporter des véhicules et des charges sur roues) : long de 200 mètres, il a 12 ponts avec une superficie totale de plus de 50 000 m2., permettant le transport d’une charge équivalente à 6500 automobiles.

Le navire, appartenant à la compagnie étasunienne « Liberty Global Logistics », a fait sa première escale le 24 mars dans le port de Livourne. Ainsi est lancée officiellement une liaison régulière entre Livourne et les ports d’Aqaba en Jordanie et Djeddah en Arabie saoudite, effectuée mensuellement par le « Liberty Passion » et par ses deux confrères « Liberty Pride » (Orgueil de Liberté) et « Liberty Promise » (Promesse de liberté). L’ouverture de ce service a été célébrée comme « une fête pour le port de Livourne ».

Personne ne dit, cependant, pourquoi la compagnie étasunienne a choisi justement le port toscan. Un communiqué de l’Administration maritime étasunienne l’explique (4 mars 2017) : le « Liberty Passion » et les deux autres navires, qui effectuent la liaison Livourne-Aqaba-Djeddah, font partie du « Programme de sécurité maritime » qui, dans un partenariat public-privé, « fournit au Département de la défense une puissante flotte mobile de propriété privée, avec pavillon et équipages étasuniens ». Les trois navires ont chacun « la capacité de transporter des centaines de véhicules de combat et d’appui, parmi lesquels chars d’assaut, véhicules pour le transport de troupes, hélicoptères et équipements pour les unités militaires ».

Claire est donc la raison pour laquelle, pour la liaison avec les deux ports moyen-orientaux, la compagnie étasunienne a choisi le port de Livourne. Il est relié à Camp Darby, la base logistique limitrophe de l’US Army, qui approvisionne les forces terrestres et aériennes étasuniennes dans l’aire méditerranéenne, moyen-orientale, africaine et au-delà. C’est l’unique site de l’armée USA dans lequel le matériel pré-positionné (chars d’assaut etc. ) est basé au même endroit que les munitions : dans ses 125 bunkers se trouve l’entier équipement de deux bataillons blindés et deux d’infanterie mécanisée. Y sont stockées aussi d’énormes quantités de bombes et missiles pour avions, avec les « kit de montage » pour construire rapidement des aéroports en zones de guerre. Ceux-ci et d’autres matériels guerriers peuvent être rapidement envoyés en zone d’opération à travers le port de Livourne, relié à la base par le Canal des Navicelli récemment élargi, et à travers l’aéroport militaire de Pise. D’où sont parties les bombes utilisées dans les guerres contre l’Irak, la Yougoslavie et la Libye.

Dans son voyage inaugural -rapportent des sources documentées (Asianews et autres)- le « Liberty passion » a transporté 250 véhicules militaires de Livourne au port jordanien d’Aqaba où, après avoir traversé le Canal de Suez, il est arrivé le 7 avril. Deux jours auparavant, à Washington, le président Trump recevait le roi Abdullah, pour la seconde fois depuis février, en réaffirmant l’appui étasunien à la Jordanie face à la menace terroristes provenant de Syrie. Alors qu’en Jordanie précisément ont été entraînés pendant des années -par des instructeurs étasuniens, britanniques et français- des militants de l’ «Armée syrienne libre » pour des attaques terroristes en Syrie.

Divers rapports indiquent de croissants mouvements de troupe étasuniennes, dotées de chars d’assaut et véhicules blindés, à la frontière jordano-syrienne. L’objectif serait de s’emparer, en utilisant aussi des troupes jordaniennes, de la bande méridionale du territoire syrien, où opèrent des forces spéciales étasuniennes et britanniques en soutien à l’ « Armée syrienne libre » qui affronte l’EI (Daech). En février déjà le président Trump avait discuté avec le roi Abdullah « la possibilité d’établir des zones sûres en Syrie ». En d’autres termes, la possibilité de balkaniser la Syrie étant donné l’impossibilité de contrôler la totalité de son territoire, à la suite de l’intervention russe.

À cette opération guerrière et d’autres encore, parmi lesquelles la guerre saoudienne qui massacre des civils au Yémen, servent les armes USA qui partent de Livourne. Ville où, à l’invitation du maire Nogarin (mouvement 5 étoiles), viendra probablement en visite le pape François, qui hier a de nouveau dénoncé « les trafiquants d’armes qui font de l’argent su le sang des hommes et des femmes ». Pendant qu’à Livourne on fête le choix du port toscan comme escale de la « Liberty Global Logistics » avec de grandes perspectives de développement. Tant qu’il y a de la guerre, il y a de l’espoir (1).

Manlio Dinucci

Article original en italien :


Da Camp Darby armi Usa per la guerra in Siria e Yemen

Edition de vendredi 14 avril 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/da-camp-darby-armi-usa-per-la-guerra-in-siria-e-yemen/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Note pour la traduction française :

“Finché c’è guerra, c’è speranza” (Tant qu’il y a de la guerre il y a de l’espoir) est le titre d’un célèbre film italien (1974), dirigé et interprété par Alberto Sordi, qui raconte l’histoire d’un commerçant qui s’enrichit en vendant des armes dans des pays du Tiers monde ravagés par la guerre.
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Rando, ski, bivouacs, montagne. / Drap de sac thermique Crivit
« Dernier message par JacquesL le 27 juin 2017, 02:23:10 pm »
Drap de sac thermique Crivit

En magasin, j'ai commencé par le mépriser vu son prix, 12 €, son encombrement, et son poids estimé. Puis j'ai été intrigué par l'épaisseur du tissu en double, extérieurement un jersey laissant espérer un service thermique bien supérieur au simple drap-sac en coton, puis j'en ai acheté un pour voir.

Verdict : 600 à 562 g. La différence pouvant être imputée à une longueur différente pour les zips. Donc plus lourd qu'un sous-sac Grizzly d'origine Carinthia, pesant 530 ou 545 g. Soit 87 g de plus pour la paire.
Mais le service thermique rendu est au delà de la proportion des poids.

La maille du Grizzly est plus serrée, et légèrement moins perméable à l'air.

Mais son velours est bien moins épais que celui du Crivit. Il est probablement moins fragile, mais nettement moins thermique. Couleur bleu ciel ou vert jeune-pousse.

Le zip est toujours à droite. Ils sont pourtant accouplables, à condition de mettre celui de droite sens dessus-dessous : avec la capuche au dessus de la tête, en non en dessous. Du coup le duvet en dessous n'est plus protégé du suint de la tête. Remède : le passe-montagne.
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