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Politique française / Financement : comment ils ont imposé Macron au peuple français
« Dernier message par JacquesL le 12 décembre 2017, 06:46:23 pm »
Comment un homme inconnu du grand public un an auparavant, jamais élu, a-t-il pu en moins de deux ans créer un parti  politique, l’animer et rassembler autant d’argent en si peu de temps ? L'article ci-dessous en donne l'explication.

CE JOURNALISTE ÉMET UN  AVIS DÉTAILLÉ QUANT A LA MISE EN PLACE ET L'EXECUTION D'UN COUP D’ÉTAT  CONSTITUTIONNEL :

-------
Hier, nous avons tous pu prendre connaissance des sommes  engagées par les différents candidats lors des dernières élections  présidentielles. On découvre ainsi qu’Emmanuel Macron a dépensé 16,7 millions  d’euros pour sa campagne. C’est même le candidat qui  a dépensé le plus!

Curieusement, aucun journaliste ne soulèvera la question suivante: Comment un homme inconnu du grand public un an auparavant, jamais élu, a-t-il pu en moins de deux ans créer un parti  politique, l’animer et rassembler autant d’argent en si peu de temps.

La réponse à cette question, la genèse de l’histoire, c’est, en quelque sorte, Parker Pointu, commentateur de ce blog qui nous  l’explique… Accrochez-vous, cela décoiffe :

 » Macron est remarqué par Henri de Castries, président  d’AXA mais aussi président du Groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de  Bilderberg ou Club Bilderberg, un rassemblement annuel de plus d’une  centaine de membres essentiellement américains et européens, et dont la  plupart sont des personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique  et des médias.

Ils voient en Macron l’opportunité d’infléchir la politique économique et industrielle française et de contrer les syndicats, pour aller sur une politique libérale à  l’anglo-saxonne.

Cependant Macron ne parvient pas, à  son poste de conseiller économique à l’Elysée, à faire fléchir Hollande et son  gouvernement.

Lors de la réunion du Groupe Bildelberg à Copenhague du 29 mai au 1er juin 2014, la réunion compte de nombreux banquiers notamment de la Deutsche Bank, Christine Lagarde, Benoit  Coeuré, ancien de la BCE, et Macron.

Henri de Castries et  plusieurs banquiers se voient en présence de Macron.

Il est donc décidé de faire pression sur Manuel Valls pour que Mr Macron soit  ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II, en remplacement d’Arnaud Montebourg trop instable.

Jean-Pierre Jouyet est contacté et influence François  Hollande.

Macron est donc nommé Ministre le 26 août  2014.

Castries voit Valls et lui suggère de faire un geste vis-à-vis du patronat, de redorer son blason, qu’il en serait  récompensé.

Le 27 août Valls participe à l’université d’été du MEDEF où il a prononcé un discours salué par une longue « standing ovation ».

Les financiers ont réussi leur  coup.

Leur prodige est à leurs bottes, il n’y a plus qu’à manipuler la marionnette.

Le patronat est satisfait mais le trouve encore trop timide dans ses réformes, ils le poussent  à faire la loi « Macron 2 ».

Mais Valls s’y oppose et donne le projet de réforme à Myriam El Khomri.

Les financiers sont furieux contre Valls et décident sa perte, Valls les a trahis.

Cependant Macron réussit à inclure dans la loi : la réécriture du licenciement économique et le plafonnement des indemnités prud’homales.

Valls rétrograde Macron dans l’ordre protocolaire du gouvernement à l’occasion du remaniement réduit de février 2016.

Le 21 mars 2016 Castries, Gattaz (MEDEF), Mario Draghi (BCE), John Cryan DB, des financiers et les patrons des groupes de presse, Bolloré, Drahi, Bergé se réunissent à Francfort, et décident  d’épauler Macron pour la création d’un parti dévoué à leur cause.

Macron sera épaulé et financé pour créer un parti  politique.

La manipulation est simple: la presse écrite doit lui consacrer de nombreuses unes, notamment la presse féminine, et la presse destinée aux jeunes.

La télévision doit le présenter comme le gendre idéal.

Les patrons de presse créaient des groupes de travail uniquement dédiés à l’image et à la communication Macron.

Bolloré [QUI N’EST PAS SPÉCIALEMENT BRETON] a eu cette réflexion :  « Puisque la mode est aux couguars et aux MILF mettons sa couguar à la une, c’est tendance, les jeunes vont kiffer ! ».

Les  financiers vont élaborer la création du parti.

Ils  créent deux associations : l’« Association pour le renouvellement de la vie  politique » et l’Association de financement du parti : « Association pour le renouvellement de la vie politique » La deuxième sera financée par des fonds privés. Castries et Gattaz invitent Logerot le président de la Commission  nationale des comptes de campagne et des financements politiques, Dargnat qui prendra la présidence de l’association de financement du parti, un ancien de BNP Paribas Asset Management.

La machine est en marche.

Le 6 avril 2016 le parti est  créé.

L’argent des groupes financiers abonde, la campagne est lancée.

Fin avril 2016 Edouard Philippe maire du Havre est invité par Castries et Bolloré, à Paris, ces derniers lui demandent de soutenir Macron puis ils invitent le futur premier ministre à  la réunion Bidelberg qui se tient du 10 au 12 juin 2016 à Dresde.

Une réunion se tient avec Christine Lagarde, Baroso et d’autres financiers.

A l’issue se tient une autre réunion à Berlin où il est décidé de faire de Macron le Président de la France.

Sont présent des financiers, le directeur de la BCE, Drahi, Bolloré, Bergé et surprise : Louvel Président du Conseil supérieur de la Magistrature.

Ils sont rejoints le temps d’un dîner par Madame Merkel.

Dans le même temps, il faut penser à décrédibiliser Hollande, un débat aura lieu le 14  avril 2016 sur France 2.

Les patrons de presse font  pression sur Michel Field, patron de l’info du groupe France Télévision, pour que ce soit Léa Salamé, journaliste aux dents longues, multimillionnaire par son mariage et bobo moraliste qui anime le débat.

Le  14 avril 2016 elle fait son effet et François Hollande ne sera pas épargné.

En novembre, les primaires de droite sont ouvertes, Fillon gagne.

Jugé trop frileux dans son programme par les financiers, ils décident de l’éliminer.

L’affaire Fillon est lancée, bien d’autres élus de droite et de gauche font travailler leur conjoints ou enfants, mais Fillon doit être  éliminé.

Des rendez-vous sont pris par des informateurs dépêchés par les grands groupes de presse avec des journalistes du Canard Enchaîné et de Médiapart, journaux qui ont vu leurs subventions  augmenter en 2017, comme par hasard.

Gaspard  Ganzter, conseiller de Hollande mais aussi camarade de promo de Macron à  l’ENA, rencontrera le directeur du Canard début janvier.

Déchaînement des médias sur Fillon, les journalistes bien obéissants et soi-disant indépendants se déchaînent.

Mais surtout ils prennent soin de ne pas dénoncer les autres politiques qui commettent les mêmes délits.

L’homme à abattre c’est  Fillon.

L’ON VOIT ICI QUE LES BOLLORÉ ET DAHI PARLENT EN EFFET COMME DES ÉTRANGERS QU’ILS SONT…

De l’autre côté, ordre est donné d’axer sur le FN, sachant que lors d’une confrontation Macron-Le Pen, Macron serait  élu.

La Machine médiatique est en route, les magistrats sont dans la course; peu importe si cette campagne est nauséabonde, mais Macron doit sortir vainqueur coûte que coûte.

Lors d’une entrevue, entre Macron, Drahi, et Bolloré, Drahi dit à Macron : «  Ne brusque pas les Français, dis leur ce qu’ils veulent entendre, ce sont des veaux, ils veulent une idole, un homme providentiel, ils sont dans le délire présidentialiste.

Ils haïssent les gens qui réussissent et gagnent de l’argent, ils veulent que tu sentes le pauvre.

Sache les séduire et les endormir et nous  aurons ce que nous voulons.

Beaucoup de gens  (financiers et grands patrons) comptent sur toi, ne les déçois pas !

Sers toi des gens du spectacle, du show-biz, ces arrivistes incultes, qui se disent de gauche parce que cela fait bien, qui critiquent les  financiers et l’argent, mais sont les premiers à faire de l’évasion fiscale, tu verras ils viendront te lécher les fesses par intérêts, ce sont les pires,  je ne les aime pas ! »… Bolloré lui dit : « Le Français veut de l’information instantanée, du scoop, il ne réfléchit pas, du foot, des émissions débiles, du cul, de la bière et il est heureux, il faut leur servir ce qu’ils veulent !  »

Réunion le 11 avril 2017 avec Castrie, Drahi, Jouyet, Sarre et d’autres personnages influents avant le 1er tour des élections, la ligne médiatique est organisée, la presse est dévouée à Macron, mais Mélanchon inquiète, ainsi que le manque de confiance des Français envers  les politiques.

Le 23 avril 2017 ils sont rassurés, Macron est en tête avec 24%.

Drahi félicite Macron et lui dit : «Tu es président. Les Français n’auront jamais les couilles de voter Le Pen et les autres tordus vont venir te lécher les fesses et voteront pour toi ! ».

Cela se finit à la  Rotonde… Macron savait qu’il était président.

Le  24 avril la bourse prend 7 points, les places financières sont aux anges  !

Ces élections présidentielles NE furent qu’à un seul  tour, magnifiquement orchestrées par les médias, la finance et le CAC 40, les Français n’y ont vu que du feu !

Le 7 mai 2017,  Macron est élu et nos patrons de presse et autres vont mettre leur terrible  plan « en marche ».

Le spectacle du Louvre fut un  délire narcissique dont l’analyse révèle bien des intentions que je qualifierais de « déviantes » et bien éloignées des problèmes et attentes des  Français.

Reste maintenant la dernière étape: les législatives.

Faire élire à l’Assemblée Nationale 50% de personnes qui n’ont jamais touché à la politique ou eu un mandat électoral.

Cette manœuvre est organisée depuis Paris dans le cadre d’un mystérieux processus de sélection afin d’achever d’affaiblir le pouvoir législatif, le cœur de la démocratie, en mettant en place une sorte d’aréopage de personnes désignées qui seront à la botte du régime.

Là aussi, personne ne se posera la question du financement de toutes ces investitures.

« Il faut que tout change pour que rien ne change »..

Au second tour des législatives, Macron obtiendra une très nette  majorité.

Le changement est devenu le deus ex machina de la politique.

Il a suffi de le promettre pour conquérir le pouvoir.

Le peuple, par ces élections, a perdu sa souveraineté; maintenant il élit la personne que les financiers et les patrons de presse ont choisie.

Heureusement, 16 millions de personnes se sont abstenues ou ont voté blanc,  signe qu’il y a des français qui font encore preuve d’intelligence, et ne se  laissent pas manipuler.


Parker Pointu
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http://lagauchematuer.fr/2017/08/10/macron-a-depense-plus-de-167-millions-de-pour-sa-campagne-presidentielle-plus-que-tout-autre-candidat/
2
Rando, ski, bivouacs, montagne. / Tarp-absides léger 3F
« Dernier message par JacquesL le 22 novembre 2017, 10:57:15 pm »
Critique et avenir.
Les triangles rectangles d'extrémité déjà présentés en photos sont nettement trop courts. La bonne solution pour usage au sol aussi bien qu'en hamac venté est des triangles équilatéraux, de 150 cm de côté. Ça tombe bien : le premier tissu à parachutes reçu fait exactement 130 cm de large, soit la hauteur de ce triangle équilatéral. Aire à peine inférieure à 1 m², poids de tissu de l'ordre 40 à 41 g par triangle.
Après couture des ourlets, dont les deux extérieurs sont autour d'un ruban gros-grain, le poids monte à 103 g, pour l'ensemble des deux premiers triangles coupés et cousus. On finira vers 205 g à 210 g pour les quatre.

Hésitations : oui mais monter sur quel tarp de 3 m de large ? En priorité sur un qui soit simplifié au point d'être défaillant en points d'ancrage.
Continuer en tissu à parachutes, perméable à l'air ? Je peux hésiter du fait de la grande difficulté à couper droit un tissu aussi fuyant, non calandré.

Résultat sur le tarp léger de 3m x 3m, 3Fgear déjà cité plusieurs fois.
Montage au sol sur deux cannes, à la longueur 120 cm, ce qui donne deux triangles rectangles 3, 4, 5, soit une emprise au sol de deux fois 90 cm = 180 cm :





Poids final 1003 g avec 16 sardines dont 6 fortes, et deux cordons longs d'origine, mais non encore affectés.





Il apparaît que le croisement pourrait être excessif, et que des lignes pour ancrer plus loin dans l'axe sont envisageables. Diagnostic qui sera confirmé et amplifié en montage suspendu sur hamac.







Oups ! J'ai monté la toile à l'envers !











Conclusions immédiates :
Oui, 3 m de tarp, c'est un peu juste pour abriter un hamac de la pluie.
Oui, il faut ajouter des lignes au bout des triangles d'absides. Reste à déterminer la longueur judicieuse.


Deux heures de matelotage plus tard :
Quatre estropes doubles ont été frappées en bout des triangles d'absides. Longueur totale au départ de chaque : 180 cm. A utiliser en double sur hamac, ou en quadruple au sol.
Huit nouvelles lignes de tendeurs sont en place sur les points à quart de côté. Les quatres latérales à partir des deux brins délaissés, après coupure en deux. Les quatre frontales à partir de ligne neuve de 3 mm couleur brun fauve, 2,10 m.
Six tendeurs métalliques de tension ont été ajoutés.
Quatre nouvelles sardines en alu doré ajoutent 38 g de métal de plus. Elles aussi ne conviennent qu'en sol de prairie compact. A présent 20 sardines.

Masse finale : 1081 g. Tous vents, mais sous réserve que les sols soient compacts.

En usage au sol, ajouter un tapis de sol, au minimum (120 x 195 cm) 185 g + 4 sardines 24 g : 210 g environ.
3
Bonjour,

Michel Delord a écrit :
Citation
Le site "Images des maths" du CNRS m’a demandé il y a une dizaine de jours d’écrire un petit texte pour lancer la discussion sur la page « Débat du 18 » et j’ai pensé qu’une contribution traitant du rôle de la Mission Maths Torossian/Villani serait d’actualité.

CQFD : Comprendre les Questions Fondamentales Disciplinaires

Version courte (3 pages)
http://images.math.cnrs.fr/CQFD-Comprendre-les-Questions-Fondamentales-Disciplinaires.html

Version longue (15 pages) à partir de
https://micheldelord.blogspot.fr/2017/11/cqfd-comprendre-les-questions.html
ou
http://micheldelord.info/nt-02.pdf

Bonne lecture

MD
4
Une interview du Saker par une radio slovaque libre, dans l’émission « Casus Belli »

Par le Saker – Le 12 octobre 2017 – Source The Saker

L’interview, menée par Maly Sudiar, assistée d’un interprète, s’est déroulée le 23 août 2017. Elle est en version audio ici.

Maly Sudiar : – Saker, nous venons à vous sur les ondes de Slobodny Vysielac, Radio Freedom. Merci d’être là et, pour commencer, vous pouvez dire quelques mots sur vous-même, comment vous avez commencé à écrire sur les problèmes du monde ?

The Saker : – Je suis né en Suisse dans une famille de réfugiés russes qui avaient fui la révolution bolchevique en Russie, donc je suis un Russe blanc. J’ai étudié la stratégie militaire et accompli des études stratégiques aux États-Unis et j’ai été, pendant une grande partie de ma vie, jusqu’en 1991, un militant anti-soviétique très actif. Le KGB était mon grand ennemi et j’étais un combattant de la Guerre froide.

J’ai finalement travaillé en Suisse pendant de nombreuses années comme analyste militaire en renseignement stratégique. J’ai aussi travaillé pour les Nations unies comme chercheur sur les questions de désarmement. Et c’est pendant mes années à l’ONU que la guerre en Bosnie, en Croatie et plus tard au Kosovo m’a vraiment ouvert les yeux sur combien j’étais naïf lorsque je pensais qu’un côté était bon et l’autre mauvais.

Je pouvais lire des rapports de renseignement et des rapports de la FORPRONU sur ce qui se passait vraiment en Yougoslavie et, en même temps, je lisais l’exact contraire dans la presse. Cela m’a ouvert les yeux sur la véritable nature de l’Empire anglosioniste et, à cause de mon opposition à cette guerre, j’ai perdu mon boulot, puis ma carrière.

J’ai finalement été mis sur liste noire en Suisse et c’est à ce moment que j’ai émigré aux États-Unis, parce que ma femme était citoyenne américaine. Mon épouse est, comme moi, une descendante de réfugiés russes, également de la « première vague », donc sa famille a aussi émigré après la soi-disant guerre civile. Elle et moi faisons partie de la quatrième génération d’émigrés mais nous parlons toujours russe à la maison, et nos enfants aussi.

Quand je suis arrivé aux États-Unis j’ai commencé à tenir un blog uniquement parce que c’était psychothérapeutique pour moi d’écrire ce que je voulais. J’ai écrit principalement sur le Moyen-Orient, mais lorsqu’il y a eu le coup d’État en Ukraine en 2014, j’ai commencé à écrire sur les événements là-bas et mon blog est devenu soudain et très rapidement célèbre parce que j’écrivais en anglais mais à partir d’un point de vue russe. Cela m’a surpris. Je n’avais jamais pensé, à l’origine, que mon blog aurait le moindre succès, mais comme j’étais, par ma formation dans ma carrière, un expert des questions militaires, il m’a été facile de voir que la version officielle de ce qui se passait en Ukraine n’était pas vraie.

Au départ, j’ai écrit sous un nom de plume, The Saker, et pas sous mon vrai nom, Andrei Raevsky, parce que je voulais protéger ma vie privée. Maintenant, presque tout le monde connaît mon vrai nom, mais je continue à préférer mon nom de plume parce que j’y suis habitué. Voici mon résumé. Si vous avez des questions, sentez-vous libre de les poser.

– Merci, Saker. La première question sera : dans vos analyses, n’utilisez-vous que des sources d’informations ouvertes ou avez-vous des relations dans l’armée russe ou américaine ?

– Non. Je suis une personne privée. Je n’ai absolument aucun contact ou, encore moins, accès à une source russe ou militaire. J’ai fait quelques conjectures qui se sont avérées exactes, et je n’utilise que des sources d’information en accès libre, mais je n’ai aucun accès à de l’information classifiée depuis plus de vingt ans déjà.

– Saker, pouvez-vous décrire la situation actuelle aux États-Unis en général ?

– Je ne comprends pas votre question. Pouvez-vous préciser, s’il vous plaît ?

– Comment les gens ordinaires aux États-Unis jugent-ils la situation, les événements de Charlottesville, et que pensent-ils de la politique actuelle ?

– Tout d’abord, je pense que cela dépend beaucoup si les gens continuent à écouter et à croire les médias officiels. Vous devez comprendre que les médias américains mentent plus et mieux qu’aux pires époques de la propagande soviétique. Donc vous pouvez diviser les gens aux États-Unis grosso modo en deux groupes : ceux qui les croient et ceux qui ne les croient pas. En général, l’opinion de ceux qui y croient reflète ce que vous voyez sur CNN. Ils penseront qu’ils pensent, quoique leur dise de penser la machine de propagande.

Mais c’est le second groupe qui est intéressant. Cela va de gens qui savent qu’on leur ment, mais ne savent pas ce qui se passe vraiment. C’est le genre de personnes qui pourraient avoir des sympathies pour des mouvements comme Black Lives Matter ou ce qu’on appelle l’alt-right.

Ceux qui réalisent qu’ils sont manipulés comprennent qu’aucun des côtés à Charlottesville ne représente leurs intérêts. Ils les voient comme faisant partie d’un effort de l’élite dirigeante pour créer conflits et chaos à l’intérieur des États-Unis, dans le double but de cacher qui est réellement au pouvoir dans ce pays et de justifier des mesures politiques et de soi-disant réponses à la crise. Ceux qui comprennent cela sont généralement des personnes plus âgées, je dirais 40, 50 ans et plus, ou plus expérimentées, et elles sont généralement mieux informées, aussi. Mais ce qui est certain, c’est que la majorité des Américains éprouvent une profonde aversion pour le gouvernement fédéral.

– Comme j’ai compris vos articles, Trump était un grand problème et il y avait certains espoirs. Il y avait aussi de grands espoirs chez les gens ordinaires ici en Europe. La question est de savoir si cette tendance à la déception va persister, ou quelle est votre opinion ?

– Vous devez comprendre que ce n’est pas la première fois que cela arrive. Il y avait de véritables et très profonds espoirs avec Barack Obama. La différence entre Barack Obama et Donald Trump est que Barack Obama a toujours été un menteur et qu’il a toujours représenté l’intérêt de ce que nous appelons l’État profond, le véritable pouvoir aux États-Unis.

Donald Trump, je pense, a été élu parce que l’État profond et le Parti démocrate ont fait une terrible erreur et qu’ils ont été arrogants. Ils n’ont jamais cru que Hillary perdrait, mais une fois l’homme arrivé au pouvoir ils ont été efficaces en le détruisant fondamentalement en à peu près un mois.

Vous devez comprendre que l’État profond est plus que seulement la bureaucratie américaine. Pour utiliser une approche marxiste, l’État profond représente une classe sociale. L’État profond n’a pas de décor, de patron, de quartier général ni d’officiers qui mettent en œuvre des politiques spécifiques. Il y a de nombreux complots aux États-Unis, mais pas un complot unique. Ce qui existe à la place, c’est une collusion d’intérêts de classe. Ceux qui ont des intérêts de classe communs les défendent ensemble. L’État profond comprend, bien sûr, une grande partie de la bureaucratie, en particulier les services de renseignement et de sécurité, mais aussi la grande finance, les familles des politiciens influents et des lobbys spécifiques. Chaque élément de l’État profond pousse à une politique spécifique, mais comme des vecteurs en mathématique, il y a une somme vectorielle, à savoir la politique qui en résulte.

J’explique cela parce qu’il est important de comprendre que Donald Trump n’était pas considéré comme un ennemi seulement par la bureaucratie ; tout le système politique l’a considéré comme une menace parce qu’il a promis des choses horribles, par exemple, de mettre fin aux tensions avec la Russie, d’arrêter les guerres d’agression inutiles et de faire ce qu’il appelle « drainer le marécage », qui est un mot codé voulant dire se débarrasser de cet État profond. Il a promis d’unir les forces avec la Russie contre le terrorisme et c’est une autre chose que l’État profond ne peut pas tolérer.

D’abord, l’État profond a besoin d’une menace terroriste pour effrayer les Américains et leur faire accepter les lois anti-terroristes. L’État profond a aussi besoin du terrorisme pour diriger des terroristes contre l’ennemi de l’Empire et, enfin, l’État profond a besoin du terrorisme pour affaiblir la Russie et l’Europe. Donc les promesses de Donald Trump étaient très dangereuses et c’est pourquoi ils l’ont brisé très rapidement. Il leur a fallu environ un mois pour le faire.

Malheureusement, l’homme a prouvé qu’il était très faible et très peu honorable. Il a trahi ses meilleurs amis, comme le général Flynn et, plus récemment, Bannon. S’il vous plaît, comprenez que ce ne sont pas mes héros. Je n’aime pas  particulièrement ni l’un ni l’autre mais ils étaient les alliés et les amis les plus proches de Donald Trump. Et pourtant il les a sacrifiés pour tenter d’apaiser l’État profond.

Je répondrai, enfin, à votre question sur Trump. Les gens ici sont extrêmement déçus maintenant. Ceux qui haïssaient Trump continuent à le haïr, et la plus grande partie de ceux qui avaient mis leurs espoirs en lui ont été déçus. La situation, par conséquent, est très dangereuse et instable.

Une auditrice au téléphone : – Il est évident que le complexe militaro-industriel gagne maintenant du terrain contre le président Trump et ses partisans. Comment prévoyez-vous les développements futurs au sein de la Maison Blanche, aux États-Unis, et comment ces développements influenceront-ils le monde entier ? Tout cela conduira-t-il à la Troisième Guerre mondiale ?

– Mon opinion personnelle est que Trump a été totalement vaincu, mais les principales personnes derrière l’État profond – celles qu’on appelle les néocons, les nouveaux conservateurs, si vous voulez – sont des fanatiques. Ils ne s’arrêteront pas jusqu’à ce qu’ils l’aient complètement humilié. C’est pourquoi je pense qu’ils essayeront de le destituer ou qu’ils le déclareront incapable de gouverner pour cause de folie, ou qu’ils inventeront un scandale quelconque pour le détruire politiquement. Ils l’accuseront de quelque chose, aussi ridicule que ce soit, pour l’humilier et ne pas le laisser achever son mandat. Ils pourraient aussi tout simplement le convaincre de démissionner. Quoi qu’il en soit, les conséquences du processus en cours sont potentiellement catastrophiques.

Vous devez comprendre que l’Empire perd très rapidement puissance et influence. Ce qui est particulièrement frappant, c’est de voir combien l’Empire s’est affaibli en termes militaires. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il dirigeait le monde politiquement, socialement et culturellement. Il dirigeait aussi le monde économiquement. En ce moment, ce n’est plus du tout vrai, et depuis déjà des années, l’Empire s’est affaibli, mais c’était caché parce qu’il gardait une armée dotée d’un fort pouvoir militaire.

– Pour l’utiliser comme un jeune homme ou pour l’utiliser par obligation, comme une fonctionnalité ?

– Non, non, j’ai dit que grâce à sa puissance militaire, les gens ne voyaient pas que l’Empire s’affaiblissait déjà. Maintenant, l’Empire est vaincu partout par des forces comparativement petites et faibles, et il n’a certainement pas les moyens de combattre ses principaux adversaires.

Beaucoup de ceux qui ont voté pour Trump espéraient qu’il sacrifierait l’Empire pour garder les États-Unis forts. Malheureusement, les néocons veulent sacrifier les États-Unis pour garder l’Empire fort. Les conséquences en sont qu’au lieu de faire ce que j’appellerais un « atterrissage en douceur », le coup d’État réussi contre Donald Trump fait maintenant courir le risque d’un effondrement catastrophique.

Cet effondrement pourrait-il aussi déclencher une guerre ? Probablement oui, une sorte de guerre, oui. Les candidats possibles, bien sûr, sont l’Iran, le Venezuela et la Corée du Nord. En théorie, les États-Unis pourraient décider de reprendre l’escalade en Syrie. Je ne crois pas, cependant, que les généraux seront d’accord avec aucune de ces guerres, parce qu’à l’exception possible du Venezuela, je ne crois pas qu’ils puissent les gagner. Et au Venezuela, le mieux que nous pouvons espérer est une victoire initiale suivie d’une guérilla très douloureuse, donc ce serait une fausse victoire, exactement comme les victoires en Afghanistan ou en Irak étaient fausses.

Enfin, si les néocons sont vraiment fous, ils pourraient essayer de provoquer une confrontation militaire avec la Russie, mais les conséquences seraient absolument cataclysmiques, et les États-Unis n’auraient exactement aucune chance de l’emporter, parce que combattre la Russie signifierait se battre près du territoire russe. Après tout, les Russes ne sont pas déployés en Amérique du Sud, ou en Afrique ou en Extrême-Orient, et une attaque conventionnelle sur l’armée russe procurerait un énorme avantage géographique à la Russie.

Bien sûr, les États-Unis pourraient détruire la Russie en utilisant des armes nucléaires, mais seulement au prix de leur propre disparition, également. Je ne vois donc aucune option militaire qui serait viable pour des guerres étasuniennes. Au mieux, ils peuvent faire ce qu’ils font maintenant, une petite poussée en Afghanistan, ce qui est fondamentalement inutile. Et ce qu’ils peuvent faire, c’est ce qu’ils ont déjà fait en Syrie, c’est-dire, aggraver les choses et essayer d’empêcher la paix d’éclater. Donc ils peuvent essayer d’empêcher la paix, mais ils ne peuvent pas conquérir le pays. Ils ne peuvent pas vaincre là-bas.

– J’aimerais aborder un autre thème. La migration. Selon mes informations… J’ai entendu qu’il existe une situation similaire aux États-Unis à celle que nous avons en Europe, que des migrants sont amenés aux États-Unis et qu’ils sont placés dans des bâtiments vides, des installations vides. Quelles sont vos informations à ce sujet ?

– Je n’ai pas entendu ce genre d’information.

– Donc il n’y a pas de vague de migrants qui travaillent aux États-Unis ?

– Il y a un fort mouvement d’émigration vers les États-Unis, principalement d’Amérique latine, mais les États-Unis sont protégés par deux immenses océans. Les problèmes de l’immigration y sont complètement différents de ceux en Europe.

– Jetons un coup d’œil sur l’Europe. Qui sont, selon vous, les marionnettistes de cette vague de migration en Europe, et quel est leur but ?

– Vous présumez que l’immigration est le résultat d’une décision consciente visant à la déclencher. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas. Je pense seulement que cela doit être établi avant de conclure que c’est le cas. Après tout, il y a une explication simple pour la vague d’immigration qui a frappé l’Europe ces dernières années. C’est une conséquence directe du chaos provoqué par l’Empire en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Était-ce ou non un élément délibéré du plan, je pense que la discussion est ouverte. Mais ce qui est certain, ensuite, c’est que pour un Empire faiblissant, une Europe affaiblie est une bonne chose, et je pense que les vagues d’immigration vers l’Europe sont extrêmement dangereuses et qu’elles affaiblissent énormément l’Europe.

Je crois comprendre qu’il y a en effet une conspiration pour aider les immigrants à venir en Europe, en particulier par la Turquie et, à l’évidence, certains pays croient qu’ils peuvent l’utiliser comme instrument politique pour mettre l’Europe sous pression. Mais la Turquie n’a pas créé cette vague de réfugiés. Ils viennent de beaucoup de pays différents. Certains sont en effet en guerre, d’autres non, donc ils viennent pour des raisons économiques.

Qu’ils aient subitement tous pris la décision de se déplacer presque ensemble en Europe est suspect. Ce pourrait être le résultat d’un plan stratégique d’opérations psychologiques. Ce pourrait cependant être aussi la conséquence involontaire de politiques capitalistes d’agression et d’exploitation dans des pays pauvres. Honnêtement, je ne sais pas.

– Comment une personne ordinaire peut-elle comprendre le soutien des élites européennes à la venue de ces masses de gens ?

– C’est très simple. Les élites européennes – ce ne sont pas des élites – les dirigeants européens ne défendent pas du tout les intérêts de l’Europe. Ce n’est qu’une classe compradore

Compradore ? Qu’est-ce que c’est ?

– C’est une expression. Elle vient de l’Histoire de la Chine. C’est une classe qui administre l’Europe pour les Américains.

Vous devez comprendre que l’Europe est une colonie, une colonie développée, riche et bien formée, mais une colonie néanmoins. Il n’existe rien de semblable à une politique européenne simplement parce que ce n’est pas le rôle des dirigeants de l’Europe de formuler une politique qui défend les intérêts européens.

Ils sont coincés entre deux impératifs. D’une part, ils doivent exécuter les ordres venant des États-Unis et, de l’autre, ils sont prisonniers de leur propre idéologie et de leur rhétorique. Vous ne pouvez pas parler de votre amour pour l’Afrique et dire ensuite aux Africains de ne pas venir. Vous ne pouvez pas prêcher l’égalité et dire soudain que certains sont plus égaux que d’autres. Je comparerais ce qui se passe en Europe à la maladie du SIDA, à une déficience du système immunitaire politique. Les politiciens européens ne peuvent pas dire quelque chose de politiquement incorrect, et c’est pourquoi ils ne peuvent s’attaquer à une réalité qui est politiquement incorrecte.

L’autre parfait exemple est la politique totalement suicidaire et irresponsable de l’Europe à l’égard de l’Ukraine. Ce que l’Europe a soutenu en Ukraine est un désastre pour elle, et il y aura un terrible prix à payer à l’avenir pour cette erreur. Mais tout comme dans le cas de l’immigration, les politiciens européens ont été coincés, et à quelques exceptions près, personne n’a pu dire la vérité. Donc ce dont l’Europe a besoin aujourd’hui, c’est un mouvement de libération nationale semblable à celui qui s’est produit dans d’autres pays, qui étaient des colonies. Tant que l’Europe restera une colonie, rien ne changera.

– Saker, quelle est votre estimation de ce qui sera l’avenir de l’Ukraine et ses relations avec l’Union européenne, la Russie, les États-Unis et le monde ?

– En ce moment, l’Ukraine est avant tout un pays artificiel, non viable. Le désastre est si grand qu’il faudra un effort international pour le reconstruire. La Russie, dont l’économie est petite, peut à peine absorber la Crimée. Peut-être qu’avec le temps, beaucoup d’efforts et de réticences, la Russie devra aider le Donbass. Mais l’idée que la Russie pourrait d’une manière ou d’une autre reconstruire l’Ukraine est absolument ridicule et, contrairement à ce que dit la propagande occidentale, la Russie n’a aucun intérêt à acquérir plus de territoire là-bas. Donc il n’y aura pas de solution russe pour la plus grande partie de ce qu’est l’Ukraine aujourd’hui.

Les États-Unis sont loin de l’Ukraine et ne subiront pas les conséquences directes du désastre là-bas. Et cela ne laisse que l’Europe pour assumer les coûts de toute forme de reconstruction.

Prenons un seul exemple, celui des réfugiés d’Ukraine. Déjà beaucoup d’entre eux sont allés en Russie. Vu son état démographique, ce n’est pas un grand problème pour elle de les accepter. Considérant, en outre, que la plupart des soi-disant Ukrainiens sont en réalité culturellement des Russes, cela ne pose pas non plus de problème sociologique. Il y a cependant beaucoup d’Ukrainiens qui sont très anti-russes et n’iront jamais en Russie. Où iront-ils s’ils décident de quitter leur pays à cause de la catastrophe économique et politique ? Ils ne peuvent pas aller à pied en Oklahoma, au Wisconsin ou en Californie, mais ils peuvent très certainement marcher vers n’importe quelle partie de l’Europe. De nouveau, l’Europe sera le continent qui portera la plus grande partie des coûts.

Personnellement, je pense qu’il sera impossible à un camp ou à l’autre de gagner en Ukraine, pour des raisons politiques. En outre, le principal problème de l’Ukraine est la taille importante de son territoire. Si l’Ukraine devait se diviser en entités plus petites, le problème serait beaucoup plus gérable. Il est probable que les gens en Ukraine vont lentement commencer à penser en ces termes. Après tout, si vous considérez la démocratie et l’économie des oblasts de Lvov ou d’Ivano-Frantovsk, par exemple, et si vous les comparez au Donbass, ils sont très différents. Ils sont également différents culturellement. Je remets donc en question la sagesse consistant à dilapider des ressources en essayant de maintenir unie une entité fondamentalement artificielle. En ce moment, je ne crois pas qu’il y ait moyen de convaincre le Donbass de retourner sous la souveraineté de Kiev.

Donc à mon avis, cela ne laisse que trois options possibles : une guerre civile sans fin, une explosion du pays ou peut-être une confédération très, très lâche. Mais même en termes purement politiques, s’il y a la paix en Ukraine, les différentes régions tireront dans des directions différentes. C’est pourquoi je crois qu’une sorte de rupture du pays est finalement inévitable.

– Nous avons une question : lorsque vous écriviez sur la situation en Ukraine en 2014, quelles sources utilisiez-vous pour garder vos informations à jour ?

– Un mélange de sources ouvertes et de contacts personnels que j’avais en Russie et au Donbass. J’ai aussi eu quelques contacts avec des gens qui étaient de l’autre côté en Ukraine, mais je n’avais pas accès à de l’information classifiée ou spéciale.

– J’aimerais revenir à Trump avec des questions que nous recevons de nos auditeurs. La question est si Trump a du soutien chez les politiciens ou s’ils lui tournent le dos à cause des profits qu’ils obtiennent du complexe militaro-industriel.

– Bon, tout dépend de qui vous parlez. Trump a certainement des gens qui le soutiennent, y compris des politiciens. Par exemple, ceux qui veulent que les États-Unis commencent effectivement à produire, aient une industrie qui produit quelque chose et ne fassent pas que spéculer sur les marchés financiers, ceux-là soutiennent Trump. De même, une partie de l’armée soutient Trump. Mais ce sont des gens, pour la plupart des militaires à la retraite, qui ne veulent pas plus de guerres.

Je dirais qu’il y avait des espoirs de la part des Américains libertariens, qui voulaient que les libertés soient restaurées et respectées dans ce pays. Mais il est fondamental, je pense, de comprendre que la raison principale de la victoire de Trump est Hillary. Je pense que beaucoup de gens qui ont voté pour Trump et l’ont soutenu l’aimaient moins qu’ils ne craignaient vraiment Hillary.

Voyez, c’est assez simple. Si vous regardez ce qui se passait l’été et l’automne derniers, Hillary paraissait apocalyptiquement dangereuse. Mais Donald Trump a dit beaucoup de très bonnes choses. Il a dit de bonnes choses. Bien sûr, les gens connaissaient sa personnalité, et pour beaucoup, il avait l’air d’un clown milliardaire, mais entre la certitude de l’horreur de la présidence Hillary et l’espoir que Trump ferait peut-être quelque chose de bon, les gens ont choisi Trump.

Enfin, beaucoup de gens ont remarqué à quel point la propagande médiatique haïssait Trump. Et je veux vraiment insister là-dessus, sur le fait que la campagne de haine contre Trump ici est absolument incroyable. Beaucoup de gens ont conclu… [interruption – un auditeur pose une question par téléphone]

– L’auditeur dit qu’il a entendu à la télévision ukrainienne ou russe qu’il y a déjà des accords entre la Russie et les États-Unis sur le fait que dans l’espace ukrainien, un nouvel Israël doit être créé ou sera créé. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

– Tout d’abord, permettez-moi de vous dire que si j’étais juif, le dernier endroit où je voudrais aller est celui où les sentiments anti-juifs sont les plus forts. Ensuite, j’ai entendu parler de ce rapport. Je sais exactement à quoi votre auditeur fait référence et c’est une absurdité totale. La réalité, malheureusement, est que personne dans un avenir proche ne voudra de l’Ukraine et encore moins  la contrôler.

– Nous avons une autre question d’un auditeur. Elle porte sur le changement climatique, il désire savoir si cette opinion est raisonnable ou si elle est portée seulement par la vague des milliardaires, les partisans du Parti républicain.

– Je dois présenter des excuses et admettre mon incompétence totale sur ce sujet, je ne peux faire aucun commentaire. Je ne suis pas un scientifique.

– Quelle est l’influence du lobby juif de gauche sur Donald Trump et depuis quand en a-t-il sur lui ?

– Ce que je peux vous dire est que la communauté juive est majoritairement contre Trump. Le fait que son gendre Jared Kushner soit un sioniste inconditionnel et un partisan du Likoud ne change rien. Il est assez frappant de voir la haine que la plupart des organisations et des médias juifs éprouvent pour Trump ici. Je connais personnellement et j’ai même des amis juifs qui ont soutenu Trump, mais c’est une minorité. La plupart des juifs de base, les simples juifs aux États-Unis votent traditionnellement démocrate. Ils ont généralement tendance à défendre des idées qu’on appelle libérales ici, et ils sont déjà hostiles à Trump.

Ensuite vous avez les néocons, qui sont majoritairement juifs, mais pas exclusivement. Certains néocons ne sont pas juifs mais la plupart le sont, et ils haïssent passionnément Trump. Donc je dirais que l’influence juive principale aux États-Unis, qui est très forte, est vraiment contre Trump. Par exemple, les juifs sont très influents à Hollywood et dans les médias, et les médias et Hollywood sont à 99% anti-Trump. Et le dernier truc est qu’ils accusent maintenant Trump d’être un raciste et un suprémaciste blanc. Donc le coup d’État des néocons contre Trump et la campagne de haine résultent beaucoup des actions des intérêts sionistes en Amérique.

Une remarque finale : c’est intéressant, une rumeur affirme  que Jared Kushner a joué un rôle essentiel dans l’éviction de Bannon et de Flynn. Donc il semble que même les juifs qui sont prétendument pro-Trump sont largement contre lui. Cela dit, c’est une généralisation. J’ai personnellement des amis juifs qui ont voté pour Trump, donc ce n’est pas du 100%.

– Nous avons une question d’un auditeur qui veut savoir si vous ne projetez pas de retourner en Russie avec votre famille.

– La raison pour laquelle je ne peux pas le faire en ce moment est tout simplement que, d’une part, je n’ai pas la citoyenneté russe. Personne dans ma famille n’a jamais eu la citoyenneté soviétique. La dernière que nous avons eue était la citoyenneté impériale. D’autre part, j’essaie de mettre mes trois enfants à l’université ici. Donc en ce moment, ce n’est pas du tout une option pour moi.

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Jusqu’à présent, les autorités n’ont jamais fait quoi que ce soit contre moi ici, mais avec le retour des néocons au pouvoir, cela pourrait changer. Donc nous verrons ce que l’avenir me réserve.

– Les tensions entre la Russie et la Chine, et les États-Unis, ressemblent parfois à du théâtre ou à des mises en scène pour des troupeaux de moutons. La raison principale est que ce commerce d’armement continue, tout cela dans les empires, et tous gagnent de l’argent dans ces guerres et ils utilisent ces guerres dans leur intérêt. Donc la question : est-ce du théâtre ou est-ce réel ?

– Ce n’est très certainement pas du théâtre. Premièrement, ni la Chine ni la Russie ne sont des empires. Ce sont de grands pays, mais ils n’ont pas d’intérêts impériaux. En plus, au moins en Russie, il n’y a pas de soutien pour aucune sorte d’idées impériales. La Russie a payé trop cher en jouant à l’empire. Les empires sont une catastrophe pour les pays qui s’engagent dans des politiques impériales. Tout comme l’Empire soviétique a été un désastre pour le peuple russe, aujourd’hui l’Empire anglosioniste est un désastre pour le peuple américain. Donc je pense que votre supposition est erronée lorsque vous comparez la Russie, la Chine et l’Empire américain.

En plus, la vente d’armes n’est pas suffisante en soi pour justifier le coût d’un empire. La plupart des guerres aujourd’hui n’exigent pas des armes chères, et la plupart des parties dans les conflits modernes n’ont pas les moyens de se procurer des systèmes d’armement avancés. Dans le cas de la Russie, par exemple, les deux partenaires les plus intéressants pour le complexe militaro-industriel sont la Chine et l’Inde. Les ventes d’armes russes, par exemple au Venezuela, à la Syrie ou au Yémen, sont dérisoires. Enfin, alors même que le complexe militaro-industriel pourrait peut-être vouloir la guerre, il ne représente qu’un intérêt. Il y a beaucoup d’autres intérêts qui ne veulent pas la guerre. Je dirais que la dernière chose que veulent la Russie et la Chine est n’importe quelle sorte de guerre.

Maintenant, pour revenir à l’opposition entre les États-Unis – ou plutôt, dirais-je, l’Empire américain – et la Russie aujourd’hui, vous devez comprendre que c’est une lutte existentielle des deux côtés. Le but de l’Empire est de soumettre la Russie et de la transformer de nouveau en une colonie, comme la Russie l’était dans les années 1990. Le but de la Russie est de faire s’effondrer l’Empire américain parce qu’elle le perçoit à juste titre comme une menace existentielle. C’est aussi le but de la Chine. La Chine et la Russie veulent un monde multipolaire, et pas un monde unipolaire dirigé par une seule puissance hégémonique. L’État profond et les néocons en Amérique le comprennent très bien, et c’est pourquoi ils perçoivent à raison la Russie et la Chine comme des menaces existentielles.

Enfin, la Russie représente aussi des menaces civilisationnelles. La Russie rejette entièrement le modèle civilisationnel occidental, et c’est une autre menace existentielle pour l’Empire. Lorsqu’un pays relativement petit comme l’Iran – petit, en comparaison − choisit un autre modèle de développement, ce n’est pas un problème pour l’Empire. C’est un problème pour la région, oui. D’où l’hystérie des Saoudiens et des Israéliens, qui sont terrifiés par le modèle civilisationnel iranien. Mais l’avenir de l’Empire n’en dépend pas.

Mais lorsqu’un pays de la taille de la Russie s’allie avec d’autres grands pays, comme la Chine ou le Kazakhstan, ou d’autres, cela constitue un défi civilisationnel dangereux pour l’Empire.

Donc, contrairement à votre auditeur, je pense que c’est ce que nous voyons en ce moment, une guerre entre l’Empire et la Russie, mais c’est une guerre informationnelle à 80%, économique à 15% et peut-être militaire à 5%. L’exemple évident en est la Syrie. C’est une différente sorte de guerre, je suis d’accord, mais c’est une guerre dans laquelle un des camps l’emportera et l’autre s’effondrera et disparaîtra.

– Nous ne pouvons pas partir de l’idée que les États-Unis envisageront le scénario suivant pour la troisième guerre mondiale. Elle se passera principalement en Europe et les conséquences principales seront supportées par l’Europe. Les États-Unis souffriront moins et leurs pertes seront supportées pour l’essentiel par leurs citoyens. Là-bas, beaucoup de soldats, ou presque tous, ont la possibilité de choisir entre la prison ou l’armée. Et voici une question supplémentaire : pouvez-vous imaginer l’avenir dans le cas de la mort du président Poutine ?

– D’accord. Ce sont deux questions différentes. Permettez-moi d’essayer de répondre à la première d’abord. L’OTAN est une organisation politico-militaire, mais si vous la considérez en termes de capacités militaires, l’OTAN est à peu près à 80% américaine. Il ne s’agit pas seulement de compter les blindés ou l’infanterie ; cela comprend les ressources essentielles telles que le renseignement, la reconnaissance, la mobilité, le transport. Si une guerre devait intervenir entre la Russie et l’OTAN en Europe, la section étasunienne de l’OTAN jouerait de loin le rôle principal. Les Russes le savent et se défendraient en conséquence, avec des moyens qui provoqueraient immédiatement des victimes du côté de l’armée étasunienne. Les Américains auraient ensuite le choix de l’accepter, ce qu’ils ne feront jamais, ou de monter très rapidement en intensité.

Donc si les États-Unis espéraient qu’une guerre pourrait ne se passer qu’en Europe, c’est une erreur. Avec l’OTAN déployée à l’avant et souvent à une très courte distance de la frontière russe, y compris des forces américaines, une guerre se déclencherait immédiatement et très rapidement aux États-Unis. Donc je ne pense pas que les États-Unis pourraient mener une guerre et espérer qu’il y aura une OTAN en Europe qui ne les impliquera pas très rapidement.

En plus, je dirais, en fait, que l’un des plus importants développements récents de la guerre sont les complexes stratégiques de renseignement, qui sont conventionnels.

– Vous devez répéter mot à mot parce que je ne sais pas ce que c’est.

– Des armes non nucléaires à longue portée, par exemple, des missiles de croisière. Si une guerre devait se produire entre les États-Unis et la Russie aujourd’hui, les Russes seraient en position de frapper les États-Unis comme pays avec des armes conventionnelles. Donc pour la première fois dans leur histoire, les Américains seraient menacés à l’intérieur de leur propre patrie.

Souvenez-vous aussi que la plupart des infrastructures américaines se trouvent le long des deux côtes des États-Unis. Par conséquent, toutes seraient à portée de frappe des missiles de croisière conventionnels des Russes. Donc si les généraux étasuniens pensent qu’ils peuvent utiliser leur déploiement en Europe de l’Est pour combattre uniquement sur le terrain russe, ils se trompent gravement. N’importe quelle attaque étasunienne conventionnelle sur, par exemple, Novgorod, Pskov ou Mourmansk (n’importe laquelle), aurait pour résultat des attaques semblables sur des cibles américaines aux États-Unis. Donc de nouveau, l’idée que la guerre serait limitée à l’Europe est erronée.

– La seconde partie de la question était  de savoir si les relations changeraient au cas où Poutine mourait. Et j’ajouterai, si possible : beaucoup de gens idéalisent la Russie à cause de Poutine. Si vous comparez, quelle est la relation entre Trump et le Congrès et celle de Poutine avec la Douma ? Y a-t-il des similitudes entre eux ?

– Tout d’abord, je dois vous dire que lorsque Poutine a été nommé par l’entourage d’Eltsine pour devenir le président en exercice, j’étais extrêmement méfiant à son égard. Il m’a fallu de nombreuses années pour modifier ma position, mais aujourd’hui, je dois confesser sincèrement que je suis un fan de Poutine et que je l’admire énormément.

Ce que je crois qu’il s’est passé est ceci : à la fin des années 1990, la Russie était dans un état d’effondrement semblable à ce que vit l’Ukraine aujourd’hui. Les deux grandes forces qui restaient, l’argent et les services de renseignement, se sont réunies et ont désigné conjointement deux personnes représentant chaque groupe pour gouverner ensemble. C’est clairement Medvedev qui représente Gazprom et les grands intérêts financiers, et Poutine qui représentait les services de renseignement et l’armée. Il a fallu plus de 10 ans à Poutine pour commencer lentement à l’emporter sur Medvedev. Je décris ces deux camps en les appelant d’une part les intégrationnistes atlantiques – ceux qui veulent que la Russie fasse partie de l’Empire en tant que partenaire à égalité – et le second que j’appelle les souverainistes eurasiatiques. Ils veulent que la Russie devienne une puissance eurasiatique souveraine.

Les élites russes soutiennent largement Medvedev et haïssent Poutine. Mais le peuple russe, dans son immense majorité, soutient fortement Poutine, au moins à 80%. C’est la véritable lutte interne qui se déroule en Russie. La vraie opposition à Poutine, ce sont les intégrationnistes atlantiques et ils représentent le plus grand danger pour lui. La Douma est principalement une farce, qui ne s’occupe pas vraiment de ces questions et dont les partis d’opposition sont plus ou moins loyaux au Kremlin. Il existe aussi une minuscule opposition non systémique, pro-américaine et pro-occidentale. Ils l’appellent opposition non systémique, elle est désespérément pro-américaine, elle recueille un certain soutien à Moscou mais ne peut pas envoyer un seul député à la Douma. Donc j’estime que les sentiments pro-américains ne représentent peut-être pas plus que 2% ou 3% de la population. Le reste de l’opposition à Poutine vient soit des communistes soit des nationalistes. Mais grâce à Dieu, il les garde à peu près sous contrôle.

Donc pour comparer Poutine et Trump, vous pourriez penser Poutine comme un Trump qui réussit, ou Trump comme un Poutine qui a échoué. Dès que Poutine est arrivé au pouvoir, il a efficacement et rapidement écrasé les oligarques qui dirigeaient la Russie. Et c’était aussi la seule option pour Trump. Trump aurait dû faire comme Poutine et utiliser la loi pour se débarrasser de ces gens corrompus et les jeter en prison. Je vous assure que le niveau de corruption au sein des élites américaines n’est pas inférieur à celui des élites russes. Malheureusement, Trump n’a jamais compris qu’il devait sévir contre les néocons immédiatement après avoir pris le pouvoir. En revanche, Poutine l’a parfaitement compris et l’a fait tout de suite, dès qu’il est devenu président.

La mauvaise nouvelle pour la Russie est qu’il n’y a pas de successeur à Poutine. Généralement, les Russes ont une très mauvaise histoire avec les successeurs. Même si Xi Jinping, le président chinois, est un homme très intéressant et compétent, ce qui gouverne la Chine est un système. La Chine est dirigée par un système, des institutions. Malheureusement, la Russie est aujourd’hui dirigée par un seul homme. La plus grande partie de ce qui se passe aujourd’hui en Russie dépend directement de Poutine. Vous pouvez le voir dans la manière dont les gens lui téléphonent pour lui demander de résoudre même des problèmes locaux. En Russie, nous disons qu’il règne dans un « régime manuel », « v ruchnom rezhime ». C’est potentiellement très dangereux. Il y a quelques personnes très bien autour de lui, mais aucune n’a le genre de personnalité qui ferait d’elle un successeur.

Si quelque chose devait arriver à Poutine, je crains que les intégrationnistes atlantiques ne tentent immédiatement de s’emparer du pouvoir. Cela pourrait avoir pour résultat une lutte pour le pouvoir très néfaste dans le Kremlin. Mon espoir est que Poutine le comprend et qu’il a pris des dispositions pour éviter une telle situation. Pourtant j’ai peur qu’il soit tout à fait irremplaçable en ce moment.

– S’il y a une attaque conventionnelle de l’Europe sur la Russie, serait-elle forcée d’utiliser des armes nucléaires ?

– Non. La Russie a une supériorité conventionnelle écrasante, pas en nombre, mais en qualité. Les forces de l’OTAN ne sont pas très efficaces, en réalité. Elles sont mal formées, mal commandées et ne tiendraient pas longtemps face à l’armée russe. Maintenant, bien sûr, je veux préciser cela en disant que je suppose une attaque occidentale de l’OTAN contre la Russie. Les Russes n’ont pas la capacité de projection de puissance pour mener une attaque conventionnelle sur l’Europe occidentale. L’idée que la Russie pourrait attaquer l’Europe est ridicule. Même les trois républiques baltes n’ont absolument rien à craindre de l’armée russe, non parce que les Russes sont des gens intrinsèquement gentils, pacifiques et doux, mais parce qu’il n’y a tout simplement pas d’intérêt ou de scénario rationnel sur la base duquel la Russie voudrait acquérir ces territoires. La Russie n’a pas besoin de plus de terres ou de payer plus d’allocations chômage, donc l’idée d’une attaque russe est tout à fait stupide.

Cependant, si vous pensez que l’OTAN est capable, sous commandement étasunien, de lancer une action militaire contre les forces russes, la Russie riposterait très certainement, et très durement. Donc c’est une possibilité. Cela ne laisserait que deux options aux États-Unis, passer au nucléaire ou renoncer. Comprenez s’il vous plaît que je ne parle pas d’une invasion de toute l’Europe, jusqu’au Portugal et à la France, comme je le craignais pendant la Guerre froide. Je parle d’une opération russe défensive, qui se produirait des deux côtés de la frontière russe. Sur cette partie du territoire, la Russie a un avantage conventionnel écrasant. Mais je peux vous promettre que les blindés russes n’arriveront pas à Prague.

– Dans ce cas, à Bratislava.

– Ni à Bratislava ni dans aucune autre ville d’Europe.

– Si les États-Unis rappelaient tout leur personnel militaire au pays, cela provoquerait-il l’effondrement du système social américain ? Et que pourraient-ils faire de tous ces gens ?

– Non, les États-Unis sont un pays extrêmement riche. Ils dilapident des ressources dans le maintien d’un Empire ruineux. Regardez comment la population soviétique vivait sous l’Empire soviétique. Les empires sont une catastrophe pour l’économie. Si les États-Unis retiraient toutes leurs forces du monde entier et les rapatriaient, cela permettrait des économies absolument fantastiques. Ajouter quelques millions de gens à un pays qui en compte 300 millions n’est pas un grand problème. Mais les économies réalisées en stoppant le financement de l’Empire se chiffreraient en plusieurs milliards de dollars. Ce serait énorme. Nous ne parlons pas seulement de l’argent dépensé pour la machine militaire, mais aussi de celui dépensé pour les sanctions, la subversion, le contrôle économique. C’est immense. C’est un énorme gaspillage d’argent. Pour la propagande, pour tout.

Les empires ont aussi des conséquences sociales terribles. Vous pouvez voir ici des gens dont chacun a perdu un membre de sa famille ou un ami ou qui a été blessé au combat ou qui est pauvre ou sans logis à cause de ces guerres. C’est essentiel à comprendre – si vous êtes la victime d’un empire, vous devez comprendre que le pays qui abrite cet empire est aussi une victime.

Je pense que le peuple américain a les mêmes intérêts que le reste du monde. L’ennemi, la menace, c’est l’Empire, pas les États-Unis en tant que pays. Je vois un empire comme une tumeur maligne, une cellule cancéreuse. Elle est hébergée par un corps, mais elle est aussi l’ennemi de ce corps. Je reçois tous les jours des lettres de vétérans américains qui disent : « J’aime mon pays et je suis un patriote, mais… ». Puis ils commencent à dire combien ils haïssent l’Empire. Exactement comme de vrais patriotes russes seraient opposés à l’Empire russe, de véritables patriotes américains sont opposés à l’Empire américain. Nous avons le même ennemi, l’impérialisme.

– Oh, nous en sommes à la dernière minute, donc nous voudrions vous remercier d’être venu, et nous avons encore beaucoup d’autres questions.

– Merci. Ce fut un plaisir et un privilège.

– Nous avons énormément de questions auxquelles il n’a pas encore été répondu, donc si ça ne vous dérange pas de revenir une prochaine fois et de terminer avec des questions sur la Syrie et autres…

– Avec grand plaisir.

– Seriez-vous d’accord de revenir pour la prochaine émission ?

– Oui, je le ferai. Absolument.

– Nous vous saluons, en Californie, aux États-Unis.

– Non, en Floride. Je suis en Floride.

– Oh, la Floride, désolé. En Slovaquie, c’est bonne nuit et en Floride…

– Bonne soirée.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone
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Asie, Pacifique / Issam Zahreddine a été tué par une mine.
« Dernier message par JacquesL le 18 octobre 2017, 02:03:34 pm »
Issam Zahreddine a été tué par une mine.
https://www.almasdarnews.com/article/breaking-prominent-syrian-general-issam-zahreddine-killed-deir-ezzor/

C'était le général hors pair qui a tenu trois ans dans Deir ez Zor assiégée, et qui y a dirigé la résistance héroïque de la garnison.

"BEIRUT, LEBANON (1:10 P.M.) – The prominent Syrian Arab Army (SAA) officer, Major General Issam Zahreddine, was killed today in Deir Ezzor after his convoy struck a land mine planted by the Islamic State (ISIS).

According to a military source, General Zahreddine was conducting a special operation at Saqr Island in Deir Ezzor, when his vehicle struck the land mine.

General Zahreddine was the commander of the elite 104th Airborne Brigade of the Republican Guard that heroically fought off the Islamic State (ISIS) for several years, while under siege and under supplied.

The General was born in rural Sweida village of Tarba and was 56 years old at the time of his death."

L'article ne le mentionne pas, mais le général est certainement loin d'être le seul tué ou blessé dans l'explosion. Il va beaucoup manquer à son pays. D'après la dernière carte diffusée, l'armée syrienne ne tenait encore guère plus du quart de l'île de Sakr.

Sur le plan technologique, on sait que depuis le début de la guerre de Syrie, les U.S.A. fournissent le maximum d'aide et de renseignements à Daesh.
Là aussi ?

J'avais traîné à vous en informer fin juillet :
Plus c'est gros, mieux ça passe ! L'UE contre Issam Zahreddine.

Assiégé depuis trois ans dans Deir ez Zor, où il dirige une défense héroïque, le général Issam Zahreddine est accusé par l'UE d'avoir organisé une attaque chimique sur Khan Sheikhoun.
EU Official Journal : July 18, 2017.
https://www.almasdarnews.com/article/eu-sanctions-popular-syrian-general-chemical-weapons-attack/
https://www.almasdarnews.com/article/eu-imposes-sanctions-16-syrians-accused-developing-chemical-weapons/
http://tass.com/world/956582
http://tass.com/world/956846
Ils n'ont pas honte, ces pantins qui se gavent sur nos impôts !
Traductions :


Sanctions UE sur un général syrien populaire pour attaque aux armes chimiques.

L'Union Européenne (UE) a sanctionné seize nationaux syriens dont des officiers de l'armée, pour l'attaque par armes chimiques sur la ville de Khan Sheikhoun dans le gouvernorat d'Idlib, début avril 2017.

Parmi les seize syriens sanctionnés par l'UE se trouve le général Issam Zahreddine, qui commande la 104e brigade de parachutistes de la garde républicaine.
Le général Zahreddine est accusé par l'UE d'avoir mené le siège de Bab 'Amr en 2012, et d'avoir réprimé les manifestations de 2011.
"Zahreddine a le grade de Brigadier général, officier sénior  de la garde républicaine, en poste après mai 2011. Comme officier sénior, est responsable de la violente répression contre la population civile, y compris durant le siège de Baba Amr en février 2012." a affirmé l'UE en justification des sanctions.
Bien qu'il commande les forces armées de la campagne de Deir ez Zor, l'UE accuse le général Zahreddine d'avoir joué un rôle dans l'attaque aux armes chimiques dont est accusé le gouvernement.

Mardi (18 juillet) un officier haut gradé dans l'armée syrienne a confié à Al-Masdar News que les prétentions de l'UE sont absurdes et ne méritent aucune considération, tout particulièrement en ce qu'elles prétendent sur le général Zahreddine.
De cet officier : "Comment un homme qui assiégé, combat Daesh (ISIL) dans l'Est de la Syrie depuis trois ans pourrait être impliqué dans une telle attaque ?"


Un lecteur ajoute : "Quelque chose me dit que les sanctions de l'UE sont très en bas de la liste des préoccupations du général Zahreddine par les temps qui courent".
En effet, voyant qu'il ne leur reste plus que deux mois avant que la ville de Deir ez Zor soit secourue par l'une ou l'autre ou la troisième des armées syriennes qui convergent vers elle, les assaillants redoublent d'attaques furieuses.

Fin de citation, 7 août.

Finalement un mois a suffit pour que par une petite route du désert, les camions d'aide humanitaire parviennent à Deir ez Zor.
https://www.almasdarnews.com/article/russian-army-rushes-humanitarian-aid-deir-ezzor-narrow-land-route/

Quant à Le Drian, il prolonge la débilité mentale profonde déjà exhibée en octobre 2016 par Normal 1er :
http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,2287.0.html
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Evident après coup, mais oublié alors : ces quatre petites boucles en gros-grain cousues au milieu de la hauteur des côtés : l'astuce est générale pour tous les ponchos qu'on hésitait à emporter, parce que le parcours prévu est accidenté et peut être venté. Certes cela fait le poids supplémentaire dû à l'élastique (celui des quatre boucles est négligeable)...

Application à un poncho encore plus léger, de One Tigris (celui qui commercialise les sous-hamacs thermiques) :


J'ai peut-être cousu un peu bas, cela tombe au tiers de cuisse.
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Rando, ski, bivouacs, montagne. / Un "tarp" léger 4 m x 3 m.
« Dernier message par JacquesL le 17 septembre 2017, 07:33:03 pm »
Théoriquement, à présent que je sais le faire puisque je l'ai réalisé sur le "tarp" Décathlon, les quatre triangles avant et arrière qui savent fermer une abside, je saurais le refaire pour une bâche plus légère, due à 3F, achetée direct en Chine, de 3 m x 3 m. Oui, mais les quatre jours de travail nécessaires, je n'ai pas trouvé le temps. Et j'ai longuement hésité sur la géométrie convenable.

Aussi quand est arrivé un prix à 45 € pour le même style de bâche en silnylon ultra-léger et ripstop, en 4 m x 3 m, je n'ai guère hésité. Là les suspentes du hamac sont bien abritées de la pluie. Au sol, avec deux boucles de sangle sur la faîtière à un mètre du bord, on peut décider que ce sont là les deux points hauts, et plaquer au sol les extrémités.

De mémoire, puisque je n'ai plus les pesées sous les yeux, les six cordons livrés, en paracord forte et rouge, de 4 m, pèsent 144 g.
La toile et le sac seul 788 g. Total avec cordons 933 g.

Encore inutilisable sans matelotage, qui prend plusieurs heures :
Couper par le milieu deux des cordons livrés --> 4 cordons de 2 m, pour les quatre coins. Compléter en tendeurs alu.
Les quatre cordons laissés à 4 m vont sur la faîtière, deux en extrémités, deux à 1 m du bord.
Quatre paracord de la même classe 550 lb mais brunes et "bon marché", vont aux extrémités, coupés à longueur 3 m.
Six paracords fines brunes de 3 mm vont sur sur les côtés bas du A, en longueur 2 m.
En tout 12 tendeurs de plus, outre les 6 livrés d'origine.
Tous les noeuds sur sangles sont des noeuds de chaise doubles. Dix-huit en tout.

Ajouter 16 sardines : 165 g. Six en cornière alu de 165 mm, à longue pointe, dix sardines fil en titane.
Il en manque deux pour usage au sol, c'est un pari sur les conditions locales. Souvent on peut tailler des petites branches, ou s'accrocher à un végétal.
Total prêt à servir sur sol dur : 1 111 g.
Sur neige ou sol d'aiguilles de pins sans tenue, dispositif d'ancrage à revoir.
Sous cette réserve, c'est une solution polyvalente, sol ou hamac.


Rappel : bâche de 3 m x 3 m, même marque 3 F. Cordons d'origine moins démesurés et plus fins, gréement par mes soins moins riche, seulement 10 sardines fil titane, 792 g. Bien moindre polyvalence en l'état. Devoir compléter l'abri par un poncho pour usage sur hamac, tant que les triangles d'abside n'y sont.
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Amérique / Sanctions, fumée et miroirs depuis une école maternelle sous LSD
« Dernier message par JacquesL le 11 août 2017, 01:32:04 pm »
Sanctions, fumée et miroirs depuis une école maternelle sous LSD
http://lesakerfrancophone.fr/sanctions-fumee-et-miroirs-depuis-une-ecole-maternelle-sous-lsd


Saker US
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Par le Saker – Le 31 juillet 2017 – Source The Saker

Les dernières sanctions étasuniennes et la réponse russe en forme de représailles ont provoqué un torrent de spéculations dans les médias officiels et la blogosphère – tout le monde essaie de donner un sens à une situation qui semble n’en avoir aucun. Pourquoi diable le Sénat américain accepterait-il de nouvelles sanctions contre la Russie alors que celle-ci n’a absolument rien fait pour provoquer un tel vote ? À part Rand Paul et Bernie Sanders, chaque sénateur a voté en faveur de ces sanctions. Pourquoi ? C’est encore plus déconcertant lorsqu’on considère que le seul effet important de ces sanctions sera de provoquer une rupture, et même éventuellement des contre-sanctions, entre les États-Unis et l’Union européenne. Ce qui est absolument clair est que ces sanctions n’auront strictement aucun effet sur la Russie et je pense que personne ne s’attend sérieusement à ce que les Russes changent quoi que ce soit dans leur politique. Et pourtant, tous les sénateurs, excepté Paul et Sanders, ont voté pour. Est-ce que ça a du sens pour vous ?

Essayons de comprendre ce qui se passe ici.

D’abord un simple rappel : comme tous les politiciens étasuniens, du comté jusqu’au Congrès, les sénateurs n’ont qu’une pensée lorsqu’ils votent : « qu’est-ce qu’il y a là pour moi ? ». La toute dernière chose dont se soucie vraiment un sénateur américain, ce sont les conséquences de son vote dans la vraie vie. Cela signifie que pour atteindre la quasi unanimité (98%) dans un vote totalement stupide, il y a eu une sorte de lobby vraiment très influent qui a recouru à des « arguments » très puissants pour y parvenir. Gardez à l’esprit que les Républicains au Sénat savaient qu’ils votaient contre les souhaits de leur président. Et pourtant chacun, excepté Rand Paul, a voté pour ces sanctions, cela devrait vous dire quelque chose sur la puissance du lobby qui les a poussés. Donc qui pourrait avoir ce pouvoir ?

Le site Business Pundit : Expert Driven a utilement publié un article qui liste les 10 lobbies les plus puissants à Washington, DC. Ce sont (dans le même ordre que l’article original) :
  • Le lobby de la technologie.
  • L’industrie minière
  • L’industrie de la défense
  • L’industrie agro-alimentaire
  • Les grands pétroliers
  • Le lobby financier
  • Le lobby des sociétés pharmaceutiques
  • L’AARP (l’association américaine des personnes retraitées)
  • Le lobby pro-Israël
  • La NRA (National Rifle Association)
D’accord, pourquoi pas ? Nous pourrions probablement les réorganiser, leur donner des étiquettes différentes, y ajouter quelques-uns (comme le « complexe de l’industrie carcérale » ou la « communauté du renseignement »), mais l’un dans l’autre, cette liste est correcte. Y a-t-il un nom qui vous saute aux yeux ?

On pourrait faire valoir que la plupart de ces lobbies ont besoin d’un ennemi pour prospérer, c’est certainement vrai du complexe militaro-industriel et de l’industrie de haute technologie qui lui est associé, et on pourrait également raisonnablement soutenir que le pétrole, les mines et l’industrie agro-alimentaire voient la Russie comme un concurrent potentiel. Mais un regard plus attentif sur les intérêts que ces lobbies représentent vous dira qu’ils sont principalement engagés dans la politique intérieure et que la Russie lointaine, avec son économie relativement modeste, n’est pas si importante pour eux. C’est également évident pour l’industrie pharmaceutique, l’AARP et la NRA. Ce qui nous laisse le lobby pro-Israël comme seul candidat potentiel.

« Lobby pro-israël » est évidemment une appellation inappropriée. Le lobby pro-israélien a très peu d’intérêt pour Israël en tant que pays ou, en l’occurrence, pour le peuple israélien. Le lobby pro-Israël devrait plutôt s’appeler le « lobby néocon ». En outre, nous devons nous rappeler que le lobby néocon est différent de tout autre figurant sur la liste ci-dessus. D’une part, il ne représente pas les intérêts des États-Unis. Il ne représente pas non plus les intérêts d’Israël. Il représente plutôt les intérêts d’une sous-couche des élites dirigeantes étasuniennes, beaucoup plus petite en réalité que le 1% de la population, qui partage tout dans l’idéologie commune de domination mondiale typique des néocons.

Ce sont des gens qui, malgré leur contrôle absolument total des médias et du Congrès, ont perdu l’élection présidentielle au profit de Donald Trump et qui maintenant tiennent absolument à le destituer. Ce sont les gens qui utilisent simplement la « Russie » comme un levier propagandiste pour diffuser l’idée que Trump et son entourage sont fondamentalement des agents russes et que Trump lui-même est une sorte de « candidat mandchou à la présidence ».

Gardez à l’esprit que l’Histoire montre que tandis que les néocons sont extraordinairement motivés, ils ne sont pas particulièrement intelligents. Oui, ils ont le genre de détermination fanatique qui leur permet d’atteindre une influence totalement disproportionnée sur la politique des États-Unis, mais lorsque vous lisez vraiment ce qu’ils écrivent et écoutez ce qu’ils disent, vous comprenez immédiatement que ce sont des individus assez médiocres avec une mentalité plutôt étroite qui les rend à la fois très prévisibles et très irritants pour les gens qui les entourent. Ils exagèrent toujours puis finissent stupéfaits et horrifiés lorsque toutes leurs conspirations et leurs plans s’effondrent sur eux.

Je soutiens que c’est exactement ce qui se passe en ce moment.

D’abord, les néocons ont perdu les élections. Pour eux, c’était un choc et un cauchemar. Les « déplorables » ont voté contre les « instructions propagandistes » sans ambiguïté que les médias leur donnaient. Ensuite, les néocons ont tourné leur haine fanatique contre Trump et ils ont réussi à le neutraliser, mais seulement au prix d’un affaiblissement terrible des États-Unis eux-mêmes ! Réfléchissez : en un peu plus de six mois dans l’administration Trump, les États-Unis ont déjà fait en sorte de menacer l’Iran, la Syrie, la RPDC et, dans tous ces cas, avec exactement zéro résultat. Pire, le comportement de Trump à l’égard de l’Europe et la propagande contre lui en Europe ont maintenant placé l’UE et les États-Unis sur une course de collision. C’est absolument extraordinaire : pour les Russes, les tensions actuelles entre l’UE et les États-Unis sont un rêve devenu réalité et pourtant ils n’ont absolument rien eu à voir avec ça – tout a été fait par la stupidité suicidaire des Américains qui ont créé cette situation totalement ex nihilo !

Donc tandis que Kim Jong-un lance des missiles le 4 juillet, l’Armée syrienne se rapproche de Deir ez-Zor, l’Ukraine se transforme en Somalie, l’économie russe recommence à croître et la popularité de Poutine est aussi élevée que jamais, les néocons flippent et, comme c’est typique chez une personne qui perd le contrôle, ils ne font pas des choses qui auraient du sens mais font ce qu’ils ont l’habitude de faire : imposer des sanctions (même si elles sont totalement inefficaces) et envoyer des messages (même s’ils sont totalement ignorés). En d’autres termes, les néocons s’engagent maintenant dans la pensée magique, ils choisissent délibérément de s’illusionner sur leur pouvoir et leur influence et ils font face à leur échec total tout en faisant comme si leurs votes au Congrès étaient importants. La vérité est qu’ils ne le sont pas.

C’est ici que nous devons examiner l’autre idée fausse en la matière : que la réaction russe aux dernières sanctions concerne vraiment ces sanctions. Ce n’est pas le cas.

Pour commencer, attaquons-nous au mythe que ces sanctions nuisent à la Russie. Elles ne lui nuisent pas du tout. Même le 100% russophobe Bloomberg commence à comprendre que quoi qu’il en soit, toutes ces sanctions ont renforcé Poutine et la Russie. Ensuite, il y a la question du calendrier : au lieu d’instaurer des contre-sanctions, les Russes ont subitement décidé de réduire drastiquement le personnel diplomatique des États-Unis en Russie et de confisquer deux de leurs sièges diplomatiques dans un acte clair de représailles à cause de l’expulsion de diplomates et la saisie de sites diplomatiques russes par Obama l’an dernier. Pourquoi maintenant ?

De nombreux observateurs disent que les Russes sont « naïfs » à propos de l’Occident et des États-Unis, que Poutine « espérait » de meilleures relations et que cet espoir le paralysait. D’autres disent que Poutine est « faible » ou même « de mèche » avec l’Occident. C’est tout à fait absurde.

Les gens ont tendance à oublier que Poutine était un officier de la branche du renseignement étranger du KGB, ce qu’on appelait la « Première direction principale » (PGU). En outre, Poutine a récemment révélé qu’il travaillait dans la très secrète « Direction S » de la PGU et qu’il était responsable des contacts avec un réseau d’espions soviétiques illégaux en Allemagne de l’Est (où Poutine travaillait sous la couverture officielle de directeur de la Maison de l’amitié entre l’URSS et la RDA). Si la PGU était « l’élite de l’élite » du KGB et sa partie la plus secrète, alors la « Direction S » était « l’élite de l’élite » de la PGU et sa partie la plus secrète. Ce n’est très certainement pas une carrière pour des gens « naïfs » ou « faibles », pour le dire sobrement. Tout d’abord, les officiers de la PGU étaient des « spécialistes de l’Ouest » en général, et des États-Unis en particulier, parce que ces derniers avaient toujours été considérés officiellement comme « l’ennemi principal » (même si la plupart des officiers de la PGU estimaient, à titre personnel, que les Britanniques étaient leur adversaire le plus capable, dangereux et retors). Si on considère le niveau de formation et d’entraînement admirables dispensé à ces officiers, je dirais que les officiers de la PGU étaient parmi les meilleurs experts de l’Ouest partout dans le monde. Leur survie et celle de leurs collègues dépendaient de leur compréhension correcte du monde occidental. Quant à Poutine, personnellement, il a toujours agi d’une manière très délibérée et mesurée et il n’y a aucune raison de supposer que cette fois-ci les dernières sanctions américaine ont subitement provoqué une sorte d’éruption émotionnelle au Kremlin. Vous pouvez être certains que cette récente réaction russe découle d’une conclusion très minutieuse et de la formulation d’un objectif très précis et à long terme.

Je soutiens que la clé pour comprendre correctement la réponse russe réside dans le fait que les dernières sanctions américaines contiennent une caractéristique absolument sans précédent et carrément choquante : les nouvelles mesures dépouillent le président de l’autorité de révoquer les sanctions. Pratiquement, si Trump voulait lever une de ces sanctions, il devrait envoyer une lettre officielle au Congrès, qui aurait ensuite 30 jours pour approuver ou rejeter la mesure proposée. Autrement dit, le Congrès a maintenant intercepté le pouvoir de la présidence de conduire la politique étrangère et pris sur lui de régenter dans le détail la politique étrangère des États-Unis.

Cela, mes amis, est clairement un coup d’État constitutionnel et une violation grossière des principes de séparation des pouvoirs, qui est au cœur du système politique étasunien.

C’est aussi un signe révélateur de la dépravation totale du Congrès des États-Unis – qui n’avait pas pris de telles mesures lorsque les présidents l’ont contourné et ont déclenché des guerres sans l’autorité nécessaire du Congrès – mais qui maintenant reprend ouvertement la politique étrangère pour éviter le risque que « la paix éclate » entre la Russie et les États-Unis.

Et la réaction de Trump ?

Il a déclaré qu’il signerait la loi.

Oui, le principal responsable est disposé à apposer sa signature sur le texte qui constitue un coup d’État illégal contre sa propre autorité et contre la Constitution qu’il a juré de défendre.

De ce point de vue, la réaction russe est très simple et compréhensible : ils ont renoncé à Trump.

Ce n’est pas qu’ils aient jamais mis beaucoup d’espoir en lui, mais ils ont toujours fortement pensé que l’élection pourrait peut-être donner au monde une chance véritablement historique d’infléchir la dynamique désastreuse impulsée par les néocons sous Obama et peut-être de ramener les relations internationales à un semblant de santé mentale. Hélas, cela ne s’est pas passé comme ça, Trump s’est avéré être une nouille trop cuite dont la seule vraie réussite a été d’exprimer ses pensées en 140 caractères ou moins. Mais la seule chose cruciale, vitale, que Trump devait absolument réussir – écraser les néocons sans merci – il l’a totalement ratée. Pire, son unique réaction à leurs tentatives multidimensionnelles de le renverser a abouti chaque fois à des tentatives maladroites de les apaiser.

Pour la Russie, cela signifie que le président Trump a été remplacé par le « président Congrès ».

Puisqu’il est absolument impossible de faire quoi que ce soit avec ce Congrès, les Russes s’engageront maintenant dans des mesures unilatéralement bénéfiques pour eux, comme de réduire massivement le nombre des diplomates américains en Russie. Pour le Kremlin, ces sanctions ne sont pas tant une provocation inacceptable qu’un prétexte idéal pour passer à un certain nombre de mesures politiques internes à la Russie. Se débarrasser d’employés américains en Russie n’est qu’un premier pas.

Ensuite, la Russie utilisera le comportement franchement erratique des Américains pour proclamer urbi et orbi qu’ils sont irresponsables, incapables de prendre des décisions adultes et, pour l’essentiel, « partis à la pêche ». Les Russes l’ont déjà fait, surtout lorsqu’ils ont déclaré que l’équipe Obama-Kerry était недоговороспособны (nedogovorosposobny : « incapables de passer un accord » – davantage sur ce concept ici).  Maintenant, avec Trump qui signe sa propre disparition constitutionnelle, Tillerson incapable d’obtenir que Nikki ONU ferme son caquet et Mattis et McMaster se battant pour des plans illusoires pour cesser de « ne pas perdre » en Afghanistan, les équipes Obama-Kerry commencent à paraître presque adultes.

Franchement, pour les Russes, c’est le moment de passer à autre chose.

Je prédis que les fous néocons ne s’arrêteront pas jusqu’à ce qu’ils destituent Trump. Je prédis en plus que les États-Unis ne lanceront aucune intervention militaire importante (ne serait-ce que parce qu’ils sont sortis en courant des pays qu’ils peuvent attaquer en toute sécurité et facilement). Quelques « interventions feintes » (comme l’attaque ratée de missiles sur la Syrie) resteront évidemment tout à fait possibles et même probables. Le coup d’État interne au ralenti contre Trump absorbera la plus grande partie de l’énergie pour faire quoi que ce soit et laissera la politique étrangère simplement comme un autre sous-produit de la politique intérieure américaine.

Les Européens de l’Est sont maintenant complètement coincés. Ils continueront à observer avec accablement le désastre ukrainien en cours tout en jouant à des jeux stupides en faisant semblant de sévir contre la Russie (on peut voir le dernier exemple de cette sorte d’« aboiement de derrière une clôture » dans la fermeture plutôt pathétique de l’espace aérien roumain à un avion civil dont le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine était parmi les passagers). Les vrais Européens (de l’Ouest) reprendront progressivement leurs esprits et commenceront à conclure des ententes avec la Russie. Même le Français Emmanuel Macron de Rothschild se révélera probablement un partenaire plus adulte que The Donald.

Mais l’action réelle sera ailleurs : dans le Sud, l’Est et l’Extrême-Orient. La simple vérité est que le monde ne peut tout simplement pas attendre que les Américains reprennent leurs esprits. De nombreux problèmes cruciaux doivent être abordés d’urgence, il y a beaucoup d’immenses projets sur lesquels travailler et un monde multipolaire profondément différent qui doit être renforcé. Si les Américains veulent fondamentalement s’abstenir de tout cela, s’ils veulent briser l’ordre constitutionnel que leurs Pères fondateurs ont créé et s’ils veulent agir uniquement dans leur sphère délirante qui n’a aucun rapport avec la réalité, c’est à la fois leur droit et leur problème.

Washington DC commence à ressembler à une école maternelle sous LSD – quelque chose à la fois comique et dégoûtant. C’était à prévoir, les enfants n’ont pas l’air très brillants : un mélange de tyrans et d’imbéciles mous. Certains ont le doigt sur le bouton nucléaire et c’est extrêmement terrifiant. Ce que les adultes doivent faire maintenant est de trouver une méthode pour garder les enfants occupés et distraits de manière à ce qu’ils ne pressent pas sur le bouton par erreur. Et attendre. Attendre l’inévitable réaction d’un pays qui est tellement plus et mieux que ses dirigeants et qui a maintenant désespérément besoin d’un véritable patriote pour faire cesser le Sabbat de sorcières à Washington DC.

Je terminerai ce billet par une note personnelle. Je viens de traverser les États-Unis, littéralement, de Rogue River en Oregon au centre-est de la Floride. Pendant ce long voyage, je n’ai pas seulement vu des sites d’une beauté à couper le souffle mais également énormément de gens superbes qui s’opposent au bal satanique à DC de toutes les fibres de leur être et qui veulent que leur pays soit libre des puissances démoniaques dégénérées qui se sont emparées du gouvernement fédéral. Je vis maintenant depuis 20 ans aux États-Unis et j’ai appris à aimer et à apprécier profondément les gens honorables et tout simplement superbes qui y vivent. Loin de voir les Américains comme des ennemis de la Russie, je les vois comme des alliés naturels, ne serait-ce que parce que nous avons le même ennemi (les néocons à DC) et aucune raison d’entrer en conflit, absolument aucune. En plus, à bien des égards, les Américains et les Russes sont très semblables, parfois de manière comique. Exactement comme pendant la première Guerre froide je n’ai jamais perdu espoir dans le peuple russe, je refuse maintenant de perdre espoir dans le peuple américain. Oui, le gouvernement fédéral des États-Unis est dégoûtant, mauvais, hideux, stupide, dégénéré et carrément satanique, mais le peuple ne l’est pas. Loin de là. Je ne sais pas si ce pays pourra survivre au régime actuel en tant qu’États-Unis unifiés ou s’il se démembrera en plusieurs entités tout à faire différentes (ce que je considère comme très possible), mais je crois que le peuple américain survivra et vaincra, exactement comme le peuple russe a survécu aux horreurs des années 1980 et 1990.

Aparté :
Après avoir été accusé d’être un « agent payé par Poutine » (Vladimir, s’il te plaît, envoie-moi l’argent !), un « amoureux des juifs » ou même un « crypto-juif », un nazi et un anti-sémite (quelle personne honorable et bonne n’a pas été traitée d’« anti-sémite » au moins une fois dans sa vie), un communiste et un musulman (ou au moins un « propagandiste musulman »), je serai maintenant traité d’« ami des États-Unis ». Bien. Coupable des charges retenues ! J’aime beaucoup ce pays, et j’aime son peuple. En fait, mon cœur se brise souvent pour lui et pour les immenses souffrances que l’Empire anglo-sioniste lui inflige. Dans la lutte entre le peuple des États-Unis et l’Empire, je suis catégoriquement avec les gens que je vois comme des amis, des alliés et même des frères.
En ce moment, les États-Unis semblent se ruer dans un précipice très semblable à celui dans lequel l’Ukraine est tombée (ce qui n’est pas surprenant, vraiment, les mêmes gens infligeant les mêmes catastrophes à tous les pays qu’ils infectent de leur présence). La grande différence est le potentiel immense et inexploité des États-Unis pour rebondir. Il pourrait ne même plus y avoir d’Ukraine dans dix ans, mais il y aura certainement des États-Unis, quoique peut-être très différents, ou même plusieurs pays qui leur succéderont.

Mais pour le moment, je ne peux que répéter ce que les habitants de Floride disent lorsqu’un ouragan dévale sur eux : « accroupissez-vous » et préparez vous aux moments très difficiles et dangereux à venir.

The Saker

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone
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Amérique / Le Pentagone fait son deuil du « Nouveau Siècle américain »
« Dernier message par JacquesL le 11 août 2017, 01:05:59 pm »
Le Pentagone fait son deuil du « Nouveau Siècle américain »

 The End of the ‘New American Century’ Pronounced by the Pentagon



Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 23 juillet 2017 – Source Strategic Culture

Le ministère américain de la Défense aime à publier des rapports, dont beaucoup sont truffés d’une énorme quantité de jargon et de charabia du Pentagone. Mais, un rapport récent, tout en ne manquant pas du jargon typique, contient un message clair et sans ambiguïté. Le projet néo-conservateur de « New American Century », qui a vu les États-Unis s’engager dans des bourbiers en Irak et en Afghanistan, ainsi qu’une interminable « guerre mondiale contre le terrorisme », est mort et enterré.


Un rapport de l’US Army War College (USAWC), intitulé « À nos risques et périls : l’évaluation du risque par le Département de la Défense dans un monde post-suprématie », a fait froncer les sourcils à l’intérieur du périf de Washington et au-delà. Le rapport, rédigé par un Institut d’études stratégiques de l’armée (SSI) et une équipe de l’USAWC dirigée par le professeur Nathan Freier, prend soin de déclarer que ce rapport « ne reflète pas nécessairement la politique officielle du Département de la Défense, ou celle du gouvernement américain ». Il est douteux que le rapport, parrainé par l’état-major interarmées du Pentagone, aurait été commandé si le Pentagone n’avait pas vu la nécessité de se préparer à la fin de la domination militaire unipolaire de l’Amérique qui était en place depuis la fin de la guerre froide.

Le rapport post-suprématie a obtenu ses informations auprès du Département de la Défense et de la Communauté du renseignement des États-Unis, y compris le Joint Staff, le Commandement central des États-Unis (USCENTCOM), le Commandement des opérations spéciales des États-Unis (USSOCOM) et le Bureau du directeur national du renseignement (ODNI) , tous les acteurs essentiels de la stratégie militaire américaine revisitée.

Pour que personne ne croit que le rapport représente une nouvelle façon de penser de l’administration Donald Trump, il convient de souligner que l’initiative et la préparation du rapport remontent à juillet 2016, six mois avant la fin de l’administration Barack Obama. Le rapport était une exigence budgétaire, concernant le Pentagone, contenue dans le budget d’Obama pour l’année fiscale 2017.

Le rapport a acté cinq composantes clés de la stratégie de post-suprématie des États-Unis :

  • Hyperconnectivité et militarisation de l’information, de la désinformation et sous-traitance – cela a déjà entraîné la décision de séparer le US Cyber Command de l’Agence de sécurité nationale pour permettre aux cyber-guerriers de créer un lieu extra-constitutionnel, « plus confortable pour prendre ses aises »  afin de mener des opérations de guerre offensives contre des cibles militaires et civiles.
  • Le statut-quo post-guerre froide qui se délite rapidement.
  • La prolifération, diversification et atomisation d’une résistance efficace contre les États-Unis.
  • Une compétition résurgente, mais transformée, entre les grandes puissances.
  • La dissolution violente ou perturbatrice de la cohésion politique et identitaire
L’acceptation par le Pentagone de l’existence d’un « statu quo post-guerre froide qui se délite rapidement » est peut-être la réalisation la plus importante d’un changement de statut d’une superpuissance, depuis que le Royaume-Uni avait conclu que les jours de l’Empire britannique touchaient à leur fin. Cela avait abouti à la décision du Premier ministre Harold Wilson en janvier 1968 de retirer toutes les forces militaires britanniques de « l’Est de Suez ». Le ministre de la Défense, Denis Healey, a annoncé de manière spectaculaire que toutes les forces militaires britanniques seraient retirées, en 1971, des principales bases militaires du Sud Est asiatique, « à l’est d’Aden », principalement en Malaisie et à Singapour, ainsi que dans le golfe Persique et les Maldives. La décision a vu Aden indépendant devenir une république socialiste, le Yémen du Sud, la location aux États-Unis d’une base militaire à Diego Garcia dans le nouveau territoire britannique de l’océan Indien, ainsi que la déportation des indigènes des îles de Chagos, l’indépendance des États de la Trêve devenus les Émirats arabes unis et le transfert aux Américains du contrôle d’une base navale britannique à Bahreïn.

Le rapport post-suprématie du Pentagone met en cause le besoin de bases militaires étrangères à l’appui des opérations « urgentes dans les zones de surtension ». Le rapport indique que « les considérations de surtension ne peuvent plus être limitées à la lutte avec des armes combinées haut de gamme ». C’est un coup de chapeau aux cyber-guerriers qui pourraient voir leurs propres capacités augmentées suite à une moindre priorité accordée au combat militaire. Le rapport indique également que le Département de la Défense « ne peut plus – comme par le passé – générer automatiquement une supériorité militaire locale cohérente et soutenue sur le champ de bataille ». En d’autres termes, oubliez une réponse militaire américaine telle que l’Opération Desert Shield qui a vu un transfert massif de la puissance militaire des États-Unis en Arabie saoudite avant la reprise du Koweït et la première invasion américaine de l’Irak en 1991.

Le Pentagone considère que certains risques internationaux sont acceptables s’ils peuvent être gérés. Cette atténuation des risques semble être axée sur la menace nucléaire et intercontinentale des missiles balistiques nord-coréens. Le rapport indique que les États-Unis devraient éviter « les objectifs politiques qui se révèlent trop ambitieux ou inaccessibles en pratique. Une victoire militaire des États-Unis sur la Corée du Nord ne serait possible qu’au prix de pertes massives de militaires et civils sud-coréens en Corée du Sud ». Oubliez une victoire militaire américaine contre la Corée du Nord, ce serait « trop ambitieux » et « inaccessible ». Le rapport indique également qu’il y a « des coûts prohibitifs » impliqués dans certaines politiques militaires. Les auteurs insistent pour que la doctrine militaire américaine évite les « objectifs ou les buts qui, à la fin, se révèlent n’être que des victoires à la Pyrrhus ». Il s’agit d’une référence claire aux bourbiers et aux « fausses victoires » précédemment proclamés par les États-Unis et leurs alliés en Irak et en Afghanistan, les deux étant des victoires à la Pyrrhus dans le sens le plus exact du terme.

Un membre de l’équipe d’études post-suprématie a choqué ses collègues en leur disant qu’il est très possible que les États-Unis soient vaincus lors de confrontations militaires. Le spectre du « nous pouvons perdre » a aidé à guider les conclusions du rapport. Parmi les conclusions, citons les possibilités selon lesquelles « la vulnérabilité, l’érosion ou même la perte de l’avantage militaire assumé des États-Unis face à bon nombre de ses défis les plus conséquents en matière de défense » devraient être prises au sérieux et « la restructuration volatile des affaires de sécurité internationale apparaît de plus en plus inhospitalière pour un leadership américain incontesté ». L’émergence de la Chine comme puissance militaire mondiale importante et la résurgence de la Russie en tant que puissance militaire sont des exemples à ce propos. La dérive régulière de la Turquie, s’éloignant de l’Europe vers une vision du monde eurasienne et pan-turque ajoute la nation appartenant à l’OTAN à une liste croissante d’adversaires américains potentiels. Ces derniers et d’autres développements sont perçus par les planificateurs post-suprématie dans le cadre d’une « compétition résurgente, mais transformée, entre les grandes puissances ».

L’équipe d’étude du Pentagone voit aussi clairement la « dissolution violente ou perturbatrice de la cohésion politique et identitaire », comme un tournant critique qui altère, après la guerre froide et suite au 9/11, l’époque où les États-Unis ont dominé les affaires militaires et économiques mondiales. Le succès du référendum de Brexit qui a vu le Royaume-Uni quitter l’Union européenne, ainsi que le soutien populaire pour l’indépendance de l’Écosse et de la Catalogne, sont considérés par le Pentagone comme une « dissolution perturbatrice de la cohésion et de l’identité politiques ». Alors que, dans les rapports passés du Pentagone, il y aurait eu des suggestions sur la façon de contrer cette « perturbation » avec une réponse militaire et contre-insurrectionnelle, dans le monde post-suprématie, le Pentagone appelle simplement à la gestion du risque impliqué. On est loin des bruits de bottes et des sonneries de clairons appelant à la guerre, en Libye, en Syrie, en Somalie ou au Panama.

Le rapport post-suprématie reconnaît que la politique militaire qui a suivi le 9/11 n’est plus praticable ni faisable. Cette politique, énoncée dans le Quadrennial Defense Review (QDR) pour 2001, déclarait : « La fondation d’un monde pacifique (…) repose sur la capacité des forces armées américaines à maintenir une marge d’avance militaire importante par rapport aux autres. Les États-Unis n’utilisent pas cet avantage pour dominer les autres (sic,NdT), mais (…) pour empêcher l’apparition de nouvelles compétitions militaires fonctionnelles ou des conflits géographiques, et les gérer si cela se produit ». Ces temps sont révolus avec la Chine, la Russie, la Turquie, l’Iran, l’Allemagne, la France et l’Inde développant de « nouvelles compétitions militaires fonctionnelles ». Les États-Unis ne peuvent pas les « gérer », alors Washington devra déterminer comment vivre avec les « risques ».

Les auteurs du rapport croient que « le statu quo qui a été couvé et nourri par les stratèges américains après la Seconde Guerre mondiale et qui a pendant des décennies fonctionné au tempo de la baguette du Département de la Défense n’est pas seulement en capilotade, mais peut en fait s’effondrer. Par conséquent, le rôle et l’approche des États-Unis dans le monde peuvent également changer fondamentalement ». C’est une vision convaincante de l’état actuel des affaires mondiales si l’on oublie le chauvinisme souvent entendu à la Maison Blanche de Trump et parmi les membres de droite au Congrès des États-Unis.

Les recommandations post-suprématie voient la priorité principale pour les États-Unis dans la protection du territoire américain : « sécuriser le territoire, les personnes, les infrastructures et les droits des États-Unis contre des dommages importants ». La deuxième priorité est de « sécuriser l’accès aux biens communs et aux régions stratégiques, au marché mondial et aux ressources. » Cela nécessiterait de maintenir les voies maritimes et les routes aériennes ouvertes pour le commerce américain. Les auteurs du rapport sont d’accord avec la déclaration du Premier ministre britannique Theresa May dans son discours à Philadelphie le 26 janvier 2017, six jours après l’investiture de Donald Trump : « Les temps où la Grande-Bretagne et l’Amérique intervenaient dans des pays souverains dans une tentative de refaire le monde à leur image sont terminés… Le Royaume-Uni n’interviendra que là où il y a des intérêts nationaux britanniques (…) les nations sont responsables devant leurs populations et leurs pouvoirs découlent du consentement des gouvernés et ils peuvent choisir de se joindre à des organisations internationales, coopérer ou échanger avec qui ils le souhaitent. »

Il y a un message clair dans le rapport post-suprématie du Pentagone. L’époque des douteuses « coalitions de volontaires » menées par les États-Unis pour prendre des mesures militaires unilatérales est révolue.

Wayne Madsen

Traduit par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone
http://lesakerfrancophone.fr/le-pentagone-fait-son-deuil-du-nouveau-siecle-americain
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Europe / Migrants : l’Italie excédée saisit le navire d’une ONG
« Dernier message par JacquesL le 04 août 2017, 12:46:24 pm »
Dans le cadre d’une enquête commencée en octobre dernier, le procureur de Trapani en Sicile, M. Ambrogio Cartosio, a ordonné la saisie préventive du « Juventa », un chalutier armé par l’ONG allemande Jugend rittet et battant pavillon hollandais. Le magistrat italien n’a pas agi de manière inconsidérée, la justice italienne possède en effet les preuves de la connivence entre cette ONG et les passeurs libyens.



juventa navire ong trafiquant.jpg

Les deux partenaires organisent ensemble le passage de migrants : ils donnent aux passeurs un rendez-vous en mer, par tous les moyens de communication modernes, mais aussi par signalisations optiques. Une fois les bateaux bondés arrivés au lieu de transfert, les migrants montent à bord du navire de l’ONG puis les passeurs récupèrent les bateaux vides pour un nouveau transfert. La police italienne a réussi à filmer ces opérations et c’est avec ces preuves que le procureur Cartosio a ordonné la saisie du bateau.

L’Italie, en première ligne face à la déferlante des migrants, n’en peut plus et n’en veut plus. Depuis plusieurs semaines, elle ouvre enfin les yeux et change de comportement face à ces ONG qui, sous couvert « d’humanitaire » favorisent voire organisent de véritables navettes faisant passer les migrants de Libye vers l’Italie. Depuis 2015, une douzaine de navires « humanitaires » privés patrouillent au large de la Libye et se partagent ce trafic d’êtres humains, en complicité avec les passeurs libyens.

Pour faire le tri entre ces associations, l’Italie a mis récemment en place un code de « bonne conduite » en treize points qui interdit notamment aux navires d’entrer dans les eaux libyennes et de communiquer avec les passeurs, y compris au moyen de toute forme de signaux lumineux et imposant la présence à bord de policiers italiens. Les ONG – qui voient là un sérieux frein à leur activité – rechignent à signer la charte… C’est le cas de « Jugend rittet » et donc la raison de la saisie de son outil de travail, le navire Juventa.

La Commission européenne semble, depuis quelques semaines, prendre enfin, bien que timidement, la mesure du problème de ces ONG qui, sous couvert de sauvetages humanitaires, assurent un véritable service de navette pour les populations africaines en quête d’Europe. Et ceci en complicité avec les passeurs.

Comment ça marche ? Ce sont les gardes-côtes italiens qui, prévenus à l’avance par les passeurs, appellent les navires des ONG pour les orienter 10 ou 12 heures à l’avance vers la zone prévue pour l’organisation du « sauvetage » en mer. Et ce n’est qu’une fois le dispositif en place et par beau temps et mer calme que les passeurs libyens font partir les zodiacs remplis à ras bord de clandestins. Les trafiquants récupèrent les bateaux vidés de leur cargaison humaine pour les faire resservir… Les navires « sauveteurs » débarquent ensuite leur cargaison non pas dans le port le plus proche du lieu du « naufrage » – dans un port libyen, tunisien, voire maltais - ce qui serait logique mais en Sicile où la toute-puissante mafia locale fait le reste. Les migrants tombent sous la coupe des mafieux qui louent les hommes comme quasi esclaves dans les exploitations agricoles et dans le bâtiment, quant aux femmes, si elles ont quelques « attraits monnayables », c’est le tapin qui les attend.

L’agence officielle Frontex, dans un rapport récent établit que cette flotte d’ONG se comporte en complice des contrebandiers qui exploitent le trafic humain et qu’elle contribue directement à augmenter les risques de mort lors des transports.

La European Border and Coast Agency signale que les ONG effectuent des véritables services de navettes pour les migrants qui vont d’Afrique en Italie. Cette flotte de "sauveteurs" réduit les coûts pour les passeurs, ce qui augmente leurs profits. En même temps leur statut d’ONG « altruistes » fait qu’il y a moins de risque d’être intercepté par les officiers de police. Moins de coûts, moins de risque, rien d‘étonnant si le trafic explose.

L’Europe ultralibérale facilite ainsi sournoisement – en agissant sur la bonne volonté, l’altruisme, la compassion des gens - les migrations à travers des ONG et des associations soi-disant altruistes qui font tout pour faciliter l’arrivée massive de migrants. Pour les patronats européens, l’arrivée massive de main-d'œuvre corvéable à merci est un levier fort efficace contre toute prétention de hausse des salaires et de lutte contre la précarité…

Ces ONG sont-elles de formidables organisations humanitaires ou des armes de subversion massive ?

 
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