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jacquesloyal

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Auteur Sujet: Vishwa Jit Gupta et ses faux fossiles, 25 ans de fraudes.  (Lu 1475 fois)

JacquesL

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Vishwa Jit Gupta et ses faux fossiles, 25 ans de fraudes.
« le: 22 décembre 2012, 03:10:55 pm »
Liens : http://www.sciencepresse.qc.ca/scandales/gupta.htm
http://www.nytimes.com/1989/04/23/us/scientist-accused-of-faking-findings.html
http://www.museumofhoaxes.com/hoax/archive/permalink/the_himalayan_fossils_hoax
http://www.albany.edu/~scifraud/data/sci_fraud_2057.html
http://www.downtoearth.org.in/node/29430
http://www.manoramaonline.com/advt/week/Classics/Himalayan-Fraud.htm
http://www.indiaenvironmentportal.org.in/news/fraud-century
http://connection.ebscohost.com/c/articles/9102182323/himalayan-scandal-rocks-indian-science
http://connection.ebscohost.com/c/articles/10490868/researcher-faces-charges-over-himalayan-fossils-scandal
http://www.himalmag.com/component/content/article/3302-Is-Himalayan-Geology-Tainted?.html
http://books.google.fr/books?id=CLYbUQlpb-kC&pg=PA27&lpg=PA27&dq=Vishwa+Jit+Gupta+Himalaya&source=bl&ots=oa8StEV93y&sig=etR8mhdBEf2EaAX9BaXBNWQFr5Y&hl=en&sa=X&ei=C6bVUO_RNrC00QXn6oCgBg&sqi=2&ved=0CGoQ6AEwCQ#v=onepage&q=Vishwa%20Jit%20Gupta%20Himalaya&f=false
http://www.nature.com/nature/journal/v341/n6237/abs/341011a0.html
http://www.nature.com/nature/journal/v338/n6217/abs/338613a0.html

Et pourtant là, il n'y avait qu'un seul faussaire, "membre de l'Académie de l'Inde, doyen de la faculté des sciences de l'université du Pundjab à Chandigarh, - qui compte plus de 80 000 étudiants. Un homme influent dans son pays et respecté dans le petit monde des paléontologues. ", avec sa fraude qui s'étale sur plus de vingt-cinq ans, Vishwa Jit Gupta n'a compromis que 124 scientifiques - dont 68 indiens - et plus de 450 publications dans des revues spécialisées haut de gamme.

Et pourtant il a fallu attendre 1989 pour que le scandale éclate au grand jour, par un article de John A. Talent, dans Nature, et attendre 1991 pour que Gupta soit démis de ses fonctions de professeur. Oh pas pour longtemps : en 1992, il est déjà réintégré.

Si Gupta n'a compromis que 124 scientifiques et 450 publications, c'est léger en comparaison d'autres fraudes et bourdes qui sont à présent enseignées dans le monde entier, imprimées à des millions d'exemplaires dans des manuels, et qui sont à présent aussi intouchables que les contes de fées consignés dans les livres des juifs, ou celui des mouslims.

Références :

    J.A. Talent, "The Case of the Peripatetic Fossils," Nature 338 [1989]: 613-15.
    J.A. Talent, "Chaos with Conodonts and Other Fossil Biota: V.J. Gupta's Career in Academic Fraud: Bibliographies and a Short Biography," Courier Forschungsinstitut Senckenberg, 182 (1995): 523-51.
Plagiarism, Copyright Violation and Other Thefts of Intellectual Property ...
 By Judy Anderson
http://books.google.fr/books?id=O8EqxXsYv3EC&pg=PA140&lpg=PA140&dq=Vishwa+Jit+Gupta+fraud&source=bl&ots=hsADEZq3or&sig=avtH5uzWmvX9Scll_AJ8joILOYs&hl=en&sa=X&ei=N6HVUOqsKdGXhQfDtYHgBA&ved=0CGcQ6AEwCQ#v=onepage&q=Vishwa%20Jit%20Gupta%20fraud&f=false
http://books.google.fr/books/about/Upper_palaeozoics_of_the_Himalaya.html?id=HgsLAQAAIAAJ&redir_esc=y
« Modifié: 30 avril 2014, 03:30:10 pm par JacquesL »

JacquesL

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Deux autres cas de fraudes, un universitaire, l'autre en police scientifique.
« Réponse #1 le: 27 décembre 2012, 11:42:30 pm »
Deux autres cas de fraudes, par simulation d'un travail inexistant, un universitaire, l'autre en police scientifique.

Affaire Diederik Stapel :
http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/12/09/le-scandale-stapel-ou-comment-un-homme-seul-a-dupe-le-systeme-scientifique/#xtor=RSS-32280322

Affaire Annie Dookhan :
http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/10/21/le-scandale-qui-secoue-la-police-scientifique-americaine/
Terrifiant.
Citation
... depuis quelques semaines un scandale secoue la police scientifique américaine, l'affaire Annie Dookhan. Pendant près d'une décennie, cette jeune femme de 34 ans a travaillé comme chimiste au Hinton State Laboratory Institute, un laboratoire d'analyses de Boston, financé par l'Etat du Massachusetts. Son travail consistait essentiellement à identifier les drogues saisies par la police ou à en rechercher les traces sur les pièces que lui confiaient les enquêteurs.

Annie Dookhan était très efficace. Trop. D'après le Boston Globe, quand un chimiste analysait en moyenne entre 50 et 150 échantillons par mois, Annie Dookhan parvenait à en traiter plus de 500. Dès 2007, un de ses supérieurs s'est posé des questions sur cette extraordinaire productivité, sans que cela aille plus loin. Il y a eu plusieurs autres alertes : un collègue qui s'étonnait de ne pas trouver dans les détritus le matériel nécessaire à toutes les analyses qu'elle était censée effectuer ; d'autres qui jugeaient bizarre de ne jamais la voir devant un microscope ; la signature d'une collègue imitée ; et enfin, en juin 2011, Annie Dookhan a été surprise en train de retirer, sans autorisation, des dizaines d'échantillons de drogue d'une salle contenant des pièces à conviction. Une enquête a été lancée en décembre, qui a mené à la démission de la chimiste en mars puis à son arrestation spectaculaire à la fin du mois de septembre. Celle-ci a depuis été libérée sous caution.

Les policiers sont allés de surprise en surprise. Non seulement Annie Dookhan n'avait pas le diplôme de chimie qu'elle prétendait avoir mais elle a également bâclé ou trafiqué de très nombreuses analyses. Ainsi, quand elle prenait en charge 15 à 25 échantillons, si 5 d'entre eux se révélaient positifs, elle déclarait que tout le lot l'était. Elle a aussi reconnu avoir souvent identifié des drogues uniquement en les regardant et sans les analyser. Plus grave : Annie Dookhan a dit aux enquêteurs qu'en présence d'un cas négatif, il lui était arrivé d'ajouter de la drogue à un échantillon pour le rendre positif. Elle risque jusqu'à vingt ans de prison.

L'affaire a provoqué le renvoi ou la démission de plusieurs responsables du laboratoire, qui ont tardé à réagir alors que les signaux d'alerte étaient présents depuis des années. Mais cela n'empêchera pas le scandale de contaminer tout le système judiciaire du Massachusetts. Car, en raison de ces analyses bidon, des personnes ont été condamnées et mises en prison. Au cours de ses neuf ans de carrière dans ce laboratoire, Annie Dookhan a "traité" quelque 60 000 échantillons, concernant 34 000 dossiers. On a pour le moment identifié 1 141 personnes détenues sur la foi d'éléments matériels passés entre ses mains. Comment savoir combien ont été condamnées pour une preuve fabriquée ? Depuis que le scandale a éclaté, les juges ont libéré des suspects ou suspendu leurs sentences dans une vingtaine de cas. Et ce n'est peut-être pas tout. En effet, il se pourrait bien, selon la police, qu'Annie Dookhan ait aussi eu pour fonction de calibrer les machines servant aux analyses et de contrôler au jour le jour leur bon fonctionnement. Comment être sûr désormais qu'elle s'est bien acquittée de cette tâche ? S'il y a eu là aussi des négligences ou des irrégularités, les conclusions dressées par ses collègues de laboratoire dans des milliers d'autres affaires sont-elles valables ?

Pour motiver son geste, la chimiste n'a d'autre explication que d'avoir voulu passer pour une employée modèle travaillant plus vite et mieux que les autres. Ainsi que l'explique au Boston Globe Justin McShane, qui présente la particularité d'être à la fois avocat et chimiste, "dans un laboratoire, vous êtes jugé sur vos chiffres. Il y a une culture de la pression pour que le travail soit effectué sans ressources supplémentaires." Annie Dookhan assure aussi qu'elle voulait simplement que "plus de travail soit fait". Comme l'a fait remarquer Nature dans un article en date du 9 octobre, cette affaire met donc surtout en lumière un système de police scientifique sous haute pression. La revue explique qu'entre 2005 et 2009, le nombre de demandes d'analyses soumises aux laboratoires de police scientifique aux Etats-Unis a presque doublé et que dans un cas sur quatre, il faut plus d'un mois pour obtenir le résultat. Conséquence : le travail en retard s'accumule, notamment pour les expertises ADN et pour l'identification de stupéfiants. Les laboratoires qui travaillent sur les drogues sont, écrit Nature, "submergés sous les cas". C'est probablement aussi en raison de ce surcroît de travail qu'Annie Dookhan a si aisément pu s'affranchir des procédures de contrôle qui ont normalement cours dans un laboratoire.

Il existe plusieurs raisons pour expliquer cette surcharge. D'une part, explique Nature, une décision de la Cour suprême américaine a eu pour effet de permettre aux avocats de faire témoigner plus souvent les experts de la police scientifique : quand ceux-ci sont convoqués au tribunal, ils ne sont pas au laboratoire. Ensuite, le fichage ADN s'est multiplié au cours des dernières années. Il est devenu obligatoire pour les personnes reconnues coupables de crimes et quelques Etats ont même adopté des lois pour que l'on fiche toutes les personnes arrêtées dans des affaires de meurtres, viols ou cambriolages, même si elles sont innocentées par la suite. Autre source de travail supplémentaire pour la police scientifique : les enquêteurs relèvent sur le terrain de plus en plus de matériel biologique ou bien ils rouvrent des vieux dossiers irrésolus (les fameux "cold cases") lorsque la possibilité d'une identification par l'ADN existe. Enfin, le public étant de plus en plus au fait des progrès de la police judiciaire, il ne faut pas non plus négliger la pression de la société dans la demande croissante d'analyses, le désir compréhensible de disposer d'une preuve matérielle, scientifique, irréfutable. ...

Pierre Barthélémy
« Modifié: 28 décembre 2012, 12:15:56 am par JacquesL »

JacquesL

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Re : Gupta et ses faux fossiles, 25 ans de fraudes.
« Réponse #2 le: 13 juin 2013, 09:55:38 pm »
Suite à une observation de la didacticienne Laurence Viennot, on peut discuter de la structure des gourandes collectives durables en sciences. Selon Viennot, ce serait juste comme les gourandes populaires : "Toutes les causalités sont à une seule variable". Et Hop! Comme dans les argumentations politiques, un des illuminés s'exclame : "Les poteaux ! J'ai trop tout compris ! C'est le réchauffement climatique qui nous fait des hivers si froids ! Pis c'est trop le CO2 atmosphérique qui nous fait le réchauffement climatique et les inondations en Inde ! Pis c'est trop le réchauffement climatique qui fait les tremblements de Terre, pis les éruptions volcaniques !", etc.

Or ce n'est pas ce que je constate sur les bourdes savantes et communautaires, elles ne relèvent pas du raisonnement populaire à une seule variable. Voir le cas de la bourde majeure dans le sujet de bac S de Pondichéry :
http://udppc.asso.fr/forum/viewtopic.php?t=1639
La causalité peut varier selon les cas, mais c'est le communautarisme qui fige les bourdes dans la durée. Et là c'est vrai aussi bien des folklores populaires que des folklores savants, le copenhaguisme par exemple. Seul le communautarisme d'une clique, et sa combativité fanatique, peuvent garantir un succès aussi durable (86 ans dans deux mois pour le copenhaguisme, si on date son triomphe du congrès Solvay de 1927) à une sottise aussi dugudue.
D'une manière générale, en sciences nous observons les bourdes qui ont vaincu le temps, ont échappé aux corrections faites à temps, donc nous observons celles qui sont communautaires, qui servent d'identité et de supériorité à une clique contre le restant du monde.

On a vu ci-dessus les soutiens que le monde académique indien a apporté à Vishwa Jit Gupta après qu'il fut mondialement convaincu de fraudes systématiques ; là même fraudeur publiquement confondu, il était localement considéré comme celui qui avait apporté du prestige à la communauté scientifique indienne, contre le restant de la paléontologie mondiale.
« Modifié: 22 juin 2013, 11:23:01 am par JacquesL »

 

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